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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce jeudi, Pascal Praud revient sur l'inquiétude face à un acte II des violences et des émeutes ce samedi.

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Transcription
00:00Justement, cet état, on va l'écouter avec Sébastien Lecornu.
00:02Comment protéger les Français avec les manifestations de samedi ?
00:07Écoutez le Premier ministre.
00:09Évidemment, la préparation de samedi prochain, le ministre de l'Intérieur va y revenir,
00:12où il y a un enjeu de protection, comme d'ailleurs chaque soir de cette semaine,
00:17sur lequel les couvre-feux, aident à un retour au calme.
00:20De cela aussi, nous y reviendrons.
00:22On ne peut pas voir que depuis malheureusement 15 ans ou 20 ans,
00:25on a l'habitude de voir des éléments violents se mélanger à des cortèges en fin de cortège.
00:30Vous le savez, on a pu manifester de nombreuses reprises.
00:33Désormais, c'est dès le début du cortège et même en anticipation même du début des manifestations.
00:38Ça présente pour le corps préfectoral, pour les gendarmes, pour les policiers et pour le gouvernement,
00:44mais évidemment un défi qui est assez inédit dans la mutation de la violence.
00:48Je trouve quand même qu'en termes de parole, on n'est pas dans le déni chez M. Lecornu ni
00:54chez M. Nunez.
00:55Et ça, il faut le saluer. Je les trouve dans leurs interventions.
00:58Heureusement qu'ils sont là. Moi, je le dis, indépendamment de toute idée, etc.
01:03Heureusement qu'ils sont là, parce que le président, lui, n'est pas là.
01:05Heureusement qu'eux tiennent la baraque.
01:06Je suis d'accord.
01:07Je suis d'accord.
01:07Je ne suis pas dans ses prises de parole.
01:08La baraque, on a vu ce qui s'est passé le 17 octobre. Ils étaient où ?
01:12Je suis d'accord, mais Sébastien Lecornu, depuis ce moment-là, je le trouve plutôt...
01:15On n'est pas dans le déni.
01:16Et Laurent Nunez, de la même manière, écoutez ce qu'il dit, parce qu'il dit les choses.
01:22La baraque en paille. Il dit les choses.
01:24Effectivement, à Limoges, il y a eu des débordements extrêmement graves.
01:28Il y a eu des débordements extrêmement graves.
01:30Et d'ailleurs, on y voit la main de l'ultra-gauche, comme le disait M. le Premier ministre à
01:34l'instant,
01:35puisqu'il y avait 3 000 personnes.
01:38C'était plus que ce qu'avaient prévu les services de renseignement.
01:40Pour samedi, s'il devait y avoir de nouveaux mouvements, le dispositif sera renforcé à Limoges.
01:45C'est un engagement que j'ai pris auprès du maire de Limoges.
01:48Donc, évidemment qu'il sera renforcé.
01:50Bon, Emmanuel Macron n'est pas aussi clair, en tout cas, là-dessus.
01:55Bon, pour vous, Pierre Vermeuren, et je rappelle votre livre,
01:58« Le grand dérèglement », c'est aux éditions Edil Jacob.
02:01Je pense qu'on peut tous être d'accord pour dire que la racine du mal,
02:05c'est la crise de l'État, la crise de l'autorité de l'État.
02:11Effectivement, si on n'exerce pas l'autorité quand on est au pouvoir,
02:14ça donne une situation de déréliction telle qu'on la voit actuellement.
02:18Mais cette crise, on la voit dans la rue parce qu'elle est spectaculaire,
02:21qu'elle est offerte au public et à tous.
02:23Et d'une certaine manière, on assure le spectacle pour toute l'Union européenne.
02:27Il y a toujours en France une forme d'hystérie collective.
02:30Et si vous regardez des pays très ennuyeux comme l'Allemagne, la Suisse,
02:34il ne s'y passe pas grand-chose, ou la Pologne.
02:36Et en France, il y a toujours des événements.
02:37Et malheureusement, ils deviennent dramatiques.
02:39En Italie aussi.
02:40En Italie aussi.
02:41Mais nous, on va cumuler en plus la crise financière qui se profile
02:44et qui, là, fait rentrer les choses dans une autre dimension
02:47parce que ça devient très grave.
02:49Donc vous avez la crise politique, vous avez la crise de l'ordre public,
02:51vous avez la crise financière et donc économique, une croissance à zéro.
02:55Et c'est vrai que dans ce contexte-là, l'autorité de l'État,
02:58toujours en France, on compte sur elle, on a besoin d'elle.
03:02Et si elle ne s'exerce pas, il y a une espèce de vide collectif.
03:05Et là, malheureusement, on est dedans.
03:06Il y a une forme de course à l'abîme très difficile à comprendre.
03:09Pourquoi est-ce que tout est fait de la part d'un président de la République
03:12qui voulait tout faire, a-t-il dit, pour faire baisser le Front National
03:16ou le Rassemblement National ?
03:17Pourquoi fait-il tout, apparemment, pour le faire monter depuis longtemps ?
03:23Et actuellement, dans une sorte de mano à mano avec LFI,
03:27il y a là vraiment un mystère politique et intellectuel extrêmement étrange.
03:32Parce que le résultat, c'est ça.
03:33Quel est votre analyse ?
03:35Est-ce que, face à l'incapacité à contrôler la situation,
03:40à la reprendre en main, notamment économiquement et politiquement,
03:44jouer la crise, peut-être par refus de ce qui va arriver,
03:48de ce qui va advenir, et du coup, on précipite les événements ?
03:52Je rappelle que le président de la République a dit qu'il était un joueur,
03:55mais là, on se demande à quoi il joue.
03:56Pour un cas très particulier, on sait que dans ces manifestations,
04:00vous avez eu des casseurs de toute l'Europe qui sont venus.
04:03Il y a eu des Allemands, il y a eu des Suisses,
04:05il y a eu peut-être des Suédois, des Britanniques,
04:07parce qu'ils viennent jouer sur ce terrain de jeu français
04:09qui est ouvert, qui est possible, et on n'en parle pas.
04:12On n'en parle pas, parce que ces black blocs, si vous voulez,
04:15certes, il y a tous les ingrédients en France
04:17pour avoir des émeutes extrêmement violentes,
04:19mais on rajoute donc des casseurs qui viennent du reste de l'Union Européenne,
04:23parce qu'ils ne peuvent pas s'exercer ni en Angleterre ni en France,
04:25ou aux Pays-Bas, et on ne fait rien, on n'en parle pas.
04:28Les frontières ne seront pas fermées samedi,
04:30peut-être que ça se fait dans le secret des conférences interministérielles,
04:34mais il n'y a pas de parole.
04:35Et quand vous dites jouer la crise, c'est assez grave,
04:37c'est-à-dire que vous suspectez le président de la République
04:40d'avoir un cynisme et de pourrir la situation,
04:43pourquoi pas, pour déclencher l'article 16,
04:46et d'avoir à la fin tous les pouvoirs ?
04:49– On n'a aucun élément d'information là-dessus, bien évidemment,
04:52mais si on réfléchit, on se dit, pourquoi ce qui advient, advient ?
04:57Parce qu'il y a quand même des moyens, la France est un État puissant,
05:01elle a les moyens d'interdire ce qui est quasiment
05:04des mouvements insurrectionnels dans la rue,
05:06ce n'est pas moi qui ai employé le terme.
05:07Pourquoi ça n'est pas fait ?
05:09– On peut considérer qu'il a peur, tout simplement.
05:11– Soit c'est de l'incompétence ?
05:13– Non, qu'il a peur.
05:14– Ou c'est de la peur, évidemment.
05:15– Il a peur, il a peur d'un Malikou Séquine, il a peur…
05:20– Mais sauf que c'est jouer avec une boîte d'allumettes
05:23auprès d'un tas de foin, parce que la France est très inflammable.
05:25– Ce n'est pas la même motivation.
05:26– Je suis tout à fait d'accord.
05:27– Ce n'est pas le cynisme là.
05:28Là, vous êtes sur une analyse de cynisme,
05:30et moi je peux être sur une analyse de peur.
05:32– C'est une hypothèse à laquelle il faut réfléchir,
05:34parce que la situation est tellement grave,
05:36il faut quand même l'analyser et aller au bout.
05:39Or, la France a une histoire très inflammable.
05:43On l'a oubliée depuis 50 ans,
05:45parce qu'on a vécu dans une France heureuse et apaisée.
05:47C'était la première fois dans l'histoire française
05:50depuis très longtemps que ça a duré aussi longtemps.
05:52Mais les ingrédients, d'abord français, sont toujours là.
05:57Et puis il s'est passé beaucoup de choses,
05:59que ce soit l'ouverture à l'Union Européenne,
06:01l'ouverture des frontières.
06:02On voit par exemple que dans les casseurs,
06:05pour autant qu'on le sache,
06:06puisqu'il y a eu 2500 personnes qui ont été arrêtées,
06:10et on découvre qu'il y a beaucoup d'étrangers.
06:12Il y a beaucoup d'étrangers,
06:13notamment beaucoup de QTF.
06:14On n'a pas encore les proportions.
06:16Mais ces gens-là, évidemment,
06:17ils n'ont rien à perdre.
06:18Ils n'ont pas de contrat moral avec la France,
06:20ils n'ont pas de contrat juridique,
06:21ils sont sur le point d'être expulsés,
06:23ils viennent de pays pauvres,
06:24ils risquent d'y retourner fortement,
06:26et ils ne risquent rien.
06:27Donc c'est un ingrédient là aussi de déstabilisation.
06:31L'élément que vous dites,
06:32il faut le vérifier,
06:33c'est-à-dire que...
06:33Oui, il faut le vérifier.
06:34Vous dites que dans les comparaisons...
06:36C'était le cas à Nice.
06:37C'était le cas à Nice.
06:39Pourquoi ce ne serait pas le cas ailleurs ?
06:40Non, mais c'est un des ingrédients parmi l'autres.
06:42Et les casseurs européens, les blabloques,
06:43on n'en parle pas.
06:44Oui, moi je...
06:45J'ai le pire.

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