00:00J'imagine, M. De Villepin, vous n'êtes pas d'accord avec lui, mais ce qui nous intéresse, c'est
00:03quelles sont les solutions que vous imaginez si Marine Le Pen est au pouvoir pour contrer à la fois cette
00:12violence et ce climat qui existe aujourd'hui en France ?
00:15D'abord, je voudrais vous dire que ces solutions seront mises en œuvre parce que, tout simplement, la réalité vient
00:22taper au volet des Français, y compris de ceux qui ne voulaient pas voir jusqu'à maintenant.
00:27Voilà. On a des désordres absolument inadmissibles qui relèvent quasiment de la guerre civile sur tout le territoire.
00:35Évidemment, aujourd'hui, si vous voulez, l'histoire nous présente l'addition de dizaines d'années de laxisme.
00:41Voilà. Alors...
00:42Vous êtes ancienne magistrat.
00:44Moi, je suis ancien avocat et ancien magistrat.
00:47Et vous étiez magistrat où ?
00:48J'ai pratiqué des fonctions pénales en Ile-de-France.
00:50Et aujourd'hui, évidemment, vous n'êtes plus...
00:52Et aujourd'hui, naturellement, je ne suis plus magistrat, je suis en disponibilité techniquement.
00:55Bon. Si vous voulez, moi, j'ai vu, de poste où j'étais, la faillite des politiques publiques.
01:02La faillite du système judiciaire.
01:04Vous avez un système judiciaire qui est à bout de souffle, qui n'a plus les moyens d'opérer.
01:09Vous savez pourquoi, aujourd'hui, vous avez finalement très peu d'interpellations qui se traduisent par très peu de garde
01:15à vue ?
01:16Mais tout simplement parce que vous n'avez pas de locaux de garde à vue.
01:18Tout simplement parce que quand on a interpellé la semaine dernière, il n'y avait pas assez d'OPJ dans
01:23les commissariats pour monter les procédures.
01:25Tout simplement parce que, par la suite, il n'y a pas assez de magistrats pour faire face aux comparutions
01:30immédiates.
01:30Donc vous avez un système qui est en voie de clochardisation.
01:34Et ce qui aggrave la situation véritablement, c'est le biais idéologique qui s'est installé depuis quelque temps.
01:40C'est-à-dire ces Français-là qui n'ouvrent pas encore les yeux.
01:44Mais je vous rassure, je crois qu'aujourd'hui, une majorité de Français ouvrent les yeux.
01:48La réalité vient taper à leur volet.
01:50La réalité, c'est quoi, M. Proulx ?
01:52La réalité, c'est qu'aujourd'hui, indépendamment des émeutes, chaque Français, aujourd'hui, peut faire le constat de ce
01:58qu'il n'a plus la même vie qu'avant.
02:01Il ne peut plus sortir aux mêmes heures.
02:03Il craint quand ses enfants sortent.
02:05Les jeunes femmes font attention à elles.
02:07Je défie un Français de me dire aujourd'hui que sa vie n'a pas changé depuis 10 ans.
02:13Et ça, c'est le curseur.
02:14En face de ça, vous avez une justice dans laquelle 70% des Français n'ont plus confiance.
02:19Bon, donc, le chantier est absolument colossal.
02:23Et c'est pour ça qu'il va appeler un sursaut pénal, véritablement.
02:27Le sursaut pénal, ça va être, évidemment, des peines planchées pour un certain nombre d'infractions.
02:33Enfin, il est complètement incroyable que quelqu'un qui soit pris dans des émeutes, en train de voler,
02:39soit traité comme un voleur simple qui a volé trois paires de chaussettes à Décathlon.
02:43Ça, ça n'est pas possible.
02:45Parce que quand on participe à une émeute, même si on vient voler une paire de chaussettes,
02:50on participe à un mouvement collectif de désordre.
02:54Et ça, les peines planchées y répondront.
02:56Alors, avec, évidemment, les aménagements constitutionnels qui s'imposent, évidemment,
03:00parce qu'on ne peut pas faire de miracles non plus.
03:02Mais là, maintenant, il va falloir passer à ça.
03:04Il faut des peines de prison, M. Proulx.
03:06Des peines de prison qui soient exécutoires.
03:09Tout de suite, ça, ça signifie un grand chantier de place de prison.
03:12Je vous rappelle ici que la Macronie nous en avait promis 15 000, plus 3 000 d'ailleurs.
03:19Aujourd'hui, on n'en est même pas à 6 000.
03:22Voyez cette faillite.
03:23Dans ce pays, il y a une inhibition, peut-être judiciaire, en tout cas psychologique,
03:29à passer le pas de se dire, maintenant, c'est tolérance zéro pour un certain nombre de choses.
03:34Mais pardonnez-moi, pas dans l'opinion publique, uniquement dans l'espace médiatique.
03:39L'espace médiatique qui, effectivement, ne pense pas comme l'opinion publique.
03:42Et l'espace médiatique, c'est toujours les mêmes.
03:44C'est-à-dire, journalistes, intellectuels, artistes, personnalités, etc.
03:47Toujours les mêmes.
03:48Parce qu'ils ne sont pas concernés.
03:50Parce que la réalité ne peut pas encore avoir volé, M. Proulx.
03:52Exactement, c'est ce qu'a dit Thibault de Montbréal dix fois.
03:55Mais, par exemple, les émeutiers que vous avez vus rentrer chez Darty,
03:58tous doivent, selon vous, passer par la casse-prison ?
04:01Tous ?
04:01Quand vous voyez tous ces gens qui rentrent, tous ?
04:04Moi, je vais vous dire...
04:04Donc, il faut 100 000 places de prison.
04:06C'est-à-dire, il faut les construire très vite.
04:08Mais pourquoi s'interdire ?
04:10Pourquoi s'interdire ?
04:10Enfin, il y a, si vous voulez, il y a un tas de verrous psychologiques
04:13qu'il va falloir faire sauter.
04:14Y compris la question du casier vierge.
04:18Bon.
04:19Pendant des années, on a pratiqué sur le mode de l'avertissement
04:23à la première condamnation quand la personne avait un casier vierge.
04:27Je veux bien le comprendre pour un certain nombre de faits
04:30qui ne trouvent pas l'ordre public de façon majeure.
04:32Mais quand il s'agit d'un acte grave, pourquoi s'interdire la prison ferme ?
04:37Pourquoi se l'interdire ?
04:38Une place de prison, je crois que ça coûte 400 000 euros.
04:42Donc, à construire.
04:43C'est le chiffre qui est régulièrement donné.
04:46Il n'y a plus d'argent.
04:47Il n'y a plus d'un centime.
04:48Comment vous allez faire ?
04:49Eh bien, écoutez, on est en train d'étudier ça,
04:51mais je peux vous dire au plus près.
04:52Parce que s'il y a bien un parti en France
04:54qui a conscience des enjeux qu'il y a aujourd'hui à rendre à la justice
05:00et à la sécurité sa puissance régalienne,
05:02c'est bien le Rassemblement National.
05:04Et les magistrats, ils vont vous suivre ?
05:06Il y a 9000 magistrats par études en France.
05:08Oui.
05:08Ils vont vous suivre ?
05:09Mais je vais vous dire, monsieur Proulx,
05:10il y a beaucoup de magistrats qui se taisent aujourd'hui.
05:12Il y a beaucoup de journalistes qui se taisent aussi.
05:15Il y a beaucoup d'artistes qui se taisent.
05:16C'est bien le problème.
05:17Il y a beaucoup de gens qui se taisent.
05:18Voilà.
05:18Je ne pense pas qu'ils pensent exactement comme leur communauté, si j'ose dire.
05:23Exactement.
05:24Et puis, il y a des procureurs, il y a des procureurs généraux.
05:27Enfin, le système est fait de telle sorte qu'il y a quand même des possibilités.
05:31Moi, j'aimerais bien d'ailleurs qu'on interroge un chiffre aujourd'hui.
05:33Bon, on a un certain nombre de condamnations.
05:35Vous avez fait remarquer cette semaine d'ailleurs
05:36qu'elles étaient très disparates sur le territoire national.
05:39Ce n'est pas faux.
05:40Bon, moi, j'aimerais bien qu'on comptabilise maintenant
05:42le nombre d'appels des parquets.
05:44Qu'on regarde les réquisitions.
05:46Ben non, il n'y a pas appel, par exemple.
05:47Monsieur Leroy, il ne veut pas faire appel.
05:49Alors, vous êtes sur Europe 1, il est 9h20.
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