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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, Pascal Praud revient sur le dispositif de sécurité mis en place pour faire aux menaces d'émeutes et de pillages en marge de l'acte II de la manifestation ce week-end.

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Transcription
00:00J'imagine, M. De Villepin, vous n'êtes pas d'accord avec lui, mais ce qui nous intéresse, c'est
00:03quelles sont les solutions que vous imaginez si Marine Le Pen est au pouvoir pour contrer à la fois cette
00:12violence et ce climat qui existe aujourd'hui en France ?
00:15D'abord, je voudrais vous dire que ces solutions seront mises en œuvre parce que, tout simplement, la réalité vient
00:22taper au volet des Français, y compris de ceux qui ne voulaient pas voir jusqu'à maintenant.
00:27Voilà. On a des désordres absolument inadmissibles qui relèvent quasiment de la guerre civile sur tout le territoire.
00:35Évidemment, aujourd'hui, si vous voulez, l'histoire nous présente l'addition de dizaines d'années de laxisme.
00:41Voilà. Alors...
00:42Vous êtes ancienne magistrat.
00:44Moi, je suis ancien avocat et ancien magistrat.
00:47Et vous étiez magistrat où ?
00:48J'ai pratiqué des fonctions pénales en Ile-de-France.
00:50Et aujourd'hui, évidemment, vous n'êtes plus...
00:52Et aujourd'hui, naturellement, je ne suis plus magistrat, je suis en disponibilité techniquement.
00:55Bon. Si vous voulez, moi, j'ai vu, de poste où j'étais, la faillite des politiques publiques.
01:02La faillite du système judiciaire.
01:04Vous avez un système judiciaire qui est à bout de souffle, qui n'a plus les moyens d'opérer.
01:09Vous savez pourquoi, aujourd'hui, vous avez finalement très peu d'interpellations qui se traduisent par très peu de garde
01:15à vue ?
01:16Mais tout simplement parce que vous n'avez pas de locaux de garde à vue.
01:18Tout simplement parce que quand on a interpellé la semaine dernière, il n'y avait pas assez d'OPJ dans
01:23les commissariats pour monter les procédures.
01:25Tout simplement parce que, par la suite, il n'y a pas assez de magistrats pour faire face aux comparutions
01:30immédiates.
01:30Donc vous avez un système qui est en voie de clochardisation.
01:34Et ce qui aggrave la situation véritablement, c'est le biais idéologique qui s'est installé depuis quelque temps.
01:40C'est-à-dire ces Français-là qui n'ouvrent pas encore les yeux.
01:44Mais je vous rassure, je crois qu'aujourd'hui, une majorité de Français ouvrent les yeux.
01:48La réalité vient taper à leur volet.
01:50La réalité, c'est quoi, M. Proulx ?
01:52La réalité, c'est qu'aujourd'hui, indépendamment des émeutes, chaque Français, aujourd'hui, peut faire le constat de ce
01:58qu'il n'a plus la même vie qu'avant.
02:01Il ne peut plus sortir aux mêmes heures.
02:03Il craint quand ses enfants sortent.
02:05Les jeunes femmes font attention à elles.
02:07Je défie un Français de me dire aujourd'hui que sa vie n'a pas changé depuis 10 ans.
02:13Et ça, c'est le curseur.
02:14En face de ça, vous avez une justice dans laquelle 70% des Français n'ont plus confiance.
02:19Bon, donc, le chantier est absolument colossal.
02:23Et c'est pour ça qu'il va appeler un sursaut pénal, véritablement.
02:27Le sursaut pénal, ça va être, évidemment, des peines planchées pour un certain nombre d'infractions.
02:33Enfin, il est complètement incroyable que quelqu'un qui soit pris dans des émeutes, en train de voler,
02:39soit traité comme un voleur simple qui a volé trois paires de chaussettes à Décathlon.
02:43Ça, ça n'est pas possible.
02:45Parce que quand on participe à une émeute, même si on vient voler une paire de chaussettes,
02:50on participe à un mouvement collectif de désordre.
02:54Et ça, les peines planchées y répondront.
02:56Alors, avec, évidemment, les aménagements constitutionnels qui s'imposent, évidemment,
03:00parce qu'on ne peut pas faire de miracles non plus.
03:02Mais là, maintenant, il va falloir passer à ça.
03:04Il faut des peines de prison, M. Proulx.
03:06Des peines de prison qui soient exécutoires.
03:09Tout de suite, ça, ça signifie un grand chantier de place de prison.
03:12Je vous rappelle ici que la Macronie nous en avait promis 15 000, plus 3 000 d'ailleurs.
03:19Aujourd'hui, on n'en est même pas à 6 000.
03:22Voyez cette faillite.
03:23Dans ce pays, il y a une inhibition, peut-être judiciaire, en tout cas psychologique,
03:29à passer le pas de se dire, maintenant, c'est tolérance zéro pour un certain nombre de choses.
03:34Mais pardonnez-moi, pas dans l'opinion publique, uniquement dans l'espace médiatique.
03:39L'espace médiatique qui, effectivement, ne pense pas comme l'opinion publique.
03:42Et l'espace médiatique, c'est toujours les mêmes.
03:44C'est-à-dire, journalistes, intellectuels, artistes, personnalités, etc.
03:47Toujours les mêmes.
03:48Parce qu'ils ne sont pas concernés.
03:50Parce que la réalité ne peut pas encore avoir volé, M. Proulx.
03:52Exactement, c'est ce qu'a dit Thibault de Montbréal dix fois.
03:55Mais, par exemple, les émeutiers que vous avez vus rentrer chez Darty,
03:58tous doivent, selon vous, passer par la casse-prison ?
04:01Tous ?
04:01Quand vous voyez tous ces gens qui rentrent, tous ?
04:04Moi, je vais vous dire...
04:04Donc, il faut 100 000 places de prison.
04:06C'est-à-dire, il faut les construire très vite.
04:08Mais pourquoi s'interdire ?
04:10Pourquoi s'interdire ?
04:10Enfin, il y a, si vous voulez, il y a un tas de verrous psychologiques
04:13qu'il va falloir faire sauter.
04:14Y compris la question du casier vierge.
04:18Bon.
04:19Pendant des années, on a pratiqué sur le mode de l'avertissement
04:23à la première condamnation quand la personne avait un casier vierge.
04:27Je veux bien le comprendre pour un certain nombre de faits
04:30qui ne trouvent pas l'ordre public de façon majeure.
04:32Mais quand il s'agit d'un acte grave, pourquoi s'interdire la prison ferme ?
04:37Pourquoi se l'interdire ?
04:38Une place de prison, je crois que ça coûte 400 000 euros.
04:42Donc, à construire.
04:43C'est le chiffre qui est régulièrement donné.
04:46Il n'y a plus d'argent.
04:47Il n'y a plus d'un centime.
04:48Comment vous allez faire ?
04:49Eh bien, écoutez, on est en train d'étudier ça,
04:51mais je peux vous dire au plus près.
04:52Parce que s'il y a bien un parti en France
04:54qui a conscience des enjeux qu'il y a aujourd'hui à rendre à la justice
05:00et à la sécurité sa puissance régalienne,
05:02c'est bien le Rassemblement National.
05:04Et les magistrats, ils vont vous suivre ?
05:06Il y a 9000 magistrats par études en France.
05:08Oui.
05:08Ils vont vous suivre ?
05:09Mais je vais vous dire, monsieur Proulx,
05:10il y a beaucoup de magistrats qui se taisent aujourd'hui.
05:12Il y a beaucoup de journalistes qui se taisent aussi.
05:15Il y a beaucoup d'artistes qui se taisent.
05:16C'est bien le problème.
05:17Il y a beaucoup de gens qui se taisent.
05:18Voilà.
05:18Je ne pense pas qu'ils pensent exactement comme leur communauté, si j'ose dire.
05:23Exactement.
05:24Et puis, il y a des procureurs, il y a des procureurs généraux.
05:27Enfin, le système est fait de telle sorte qu'il y a quand même des possibilités.
05:31Moi, j'aimerais bien d'ailleurs qu'on interroge un chiffre aujourd'hui.
05:33Bon, on a un certain nombre de condamnations.
05:35Vous avez fait remarquer cette semaine d'ailleurs
05:36qu'elles étaient très disparates sur le territoire national.
05:39Ce n'est pas faux.
05:40Bon, moi, j'aimerais bien qu'on comptabilise maintenant
05:42le nombre d'appels des parquets.
05:44Qu'on regarde les réquisitions.
05:46Ben non, il n'y a pas appel, par exemple.
05:47Monsieur Leroy, il ne veut pas faire appel.
05:49Alors, vous êtes sur Europe 1, il est 9h20.
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