00:00Bien, je suis heureux d'être ici au tribunal judiciaire de Lille pour remercier à travers madame la présidente du
00:07tribunal, à travers monsieur le procureur de la République,
00:09l'ensemble des magistrats, des directeurs de grève, des greffiers, des agents du ministère de la Justice ici à Lille
00:16et partout en France
00:16qui ont fait face ce week-end à un week-end extrêmement intense d'activités judiciaires. Ils se sont préparés
00:22pour ça annulant des jours de congés
00:24en ce week-end de départ en vacances. Ils ont été au rendez-vous du service public de la justice
00:29et puis depuis maintenant 48 heures
00:32pour traiter les très nombreuses gardes à vue sur tout le territoire national, déférer les personnes et puis obtenir des
00:39décisions judiciaires très rapides,
00:41des comparutions immédiates depuis 48 heures. Et vraiment, je voulais remercier très sincèrement l'ensemble de l'appareil du ministère
00:48de la Justice
00:49qui en toute indépendance a organisé son service public avec efficacité à l'écoute des victimes comme c'est ici
00:55le cas à Lille,
00:56notamment des commerçants qui ont une place toute particulière dans le procès judiciaire et en leur donnant les informations,
01:02en les faisant assister aux audiences, en écoutant évidemment leurs preuves et leurs propos et en leur donnant rendez-vous
01:09évidemment très rapidement
01:10pour obtenir réparation civile puisque nous avons distingué le procès civil du procès pédale.
01:17Ici à Lille, comme partout sur le territoire national, je remercie particulièrement les parquets qui ont réagi aux instructions
01:24que j'ai pu leur donner de grandes fermetés. Nous avons par exemple deux pillages de magasins au centre du
01:31Vieux-Lille
01:31qui ont donné des réponses extrêmement fermes, notamment pour trois individus qui avaient pillé le magasin Micromania.
01:37Ils avaient entre 20 et 25 ans. Ils ont eu 10 mois de prison ferme chacun avec mandat de dépôt
01:42alors qu'ils n'étaient pas connus
01:43des services de police et de justice. Ils sont au moment où je parle donc incarcérés ou au pillage du
01:49Sephora
01:49d'un début de 28 ans qui lui était connu des services de police, qui a connu aussi 10 mois
01:52de prison ferme avec mandat de dépôt.
01:55Pourquoi la justice est extrêmement ferme devant ces pillages, devant ces agressions de policiers, de gendarmes ou de bâtiments publics
02:01?
02:01Je vais me rendre dans quelques instants saluer M. le maire de Lille et lui apporter le soutien personnel
02:07et le soutien du gouvernement face aux attaques que la mairie inacceptable de Lille a subies.
02:14C'est évidemment parce qu'ils trahissent la France, ceux qui font ça, l'image de la France.
02:18Ils détruisent la vie et la vie économique d'un commerçant, l'image d'une ville, l'image d'un
02:22pays.
02:23Et par ailleurs, si nous ne faisons pas de réponse pénale extrêmement ferme, comme c'est le cas aujourd'hui,
02:28alors les commerçants, alors les habitants feront justice eux-mêmes.
02:32Et le travail de la justice, c'est de faire la justice au nom de la République, au nom du
02:37peuple français
02:37et ne pas laisser l'idée qu'il faut faire justice soi-même pour empêcher d'être cambriolé, d'être
02:41attaqué ou d'être pillé.
02:43Donc je me félicite des réponses pénales extrêmement importantes.
02:46Au moment où je parle, et depuis ce matin que j'étais chez vos confrères de CNews, il y a
02:51eu 149 incarcérations,
02:53c'est-à-dire que nous continuons une montée extrêmement importante de personnes qui sont mises en détention provisoire
02:59ou en mandat de dépôt à la barre des tribunaux.
03:02Et j'ai demandé au procureur généraux de faire appel de toutes les décisions qui ne paraîtraient pas proportionnées
03:07aux instructions que j'ai pu mener et à la demande du président de la République, le chef des institutions.
03:12Monsieur le ministre, sur l'incendie de la mairie de Limoges,
03:16est-ce que vous avez plus d'informations sur le profil du suspect
03:19et puis des éléments éventuellement à nous partager sur l'enquête ?
03:22Alors je ne suis pas procureur de la République de Limoges et encore moins procureur national antiterroriste,
03:27mais j'ai eu l'occasion de dire très tôt, vous l'avez vu, que le parquet national antiterroriste s
03:31'est mis en observateur.
03:32Il l'est toujours au moment où je parle, puisque des informations qui me sont remontées
03:36et sont entrées dans le secret de l'enquête partout sur le territoire national et notamment régionalement.
03:41C'est notamment vrai dans le Limousin, mais c'est vrai ailleurs aussi.
03:44Des organisations d'ultra-gauche, d'extrême-gauche se sont manifestement, je mets du conditionnel,
03:48organisé pour pouvoir atteindre l'autorité de l'État, des policiers, des gendarmes, des sapeurs-pompiers
03:53qui ont été molestés et empêchés de venir éteindre des feux,
03:56c'est notamment le cas à l'hôtel de ville de Limoges,
03:59et atteindre les symboles de la République, à commencer par les mairies.
04:03Et donc cette organisation, je mets là encore des guillemets,
04:06de mouvements que personnellement je qualifie,
04:09et puisque c'est comme ça que le ministère de l'Intérieur les qualifie parfois,
04:12de terroristes, il y en a à l'ultra-droite et il y en a à l'ultra-gauche,
04:16sont très inquiétants pour la sécurité nationale.
04:19Et que le parquet national antiterroriste se saisisse non pas d'une affaire d'islamisme radical,
04:24mais de possibles mouvements d'ultra-gauche,
04:27c'est évidemment extrêmement inquiétant et devrait tous nous interpeller.
04:30Je constate d'ailleurs que le parquet de Limoges a saisi la section antiterroriste ASDAT à Paris
04:36pour pouvoir mener des investigations,
04:38et que c'est le RAID ce matin qui a interpellé une des personnes qui est suspectée
04:42et qui est actuellement en garde à vue.
04:44Il appartiendra au parquet national antiterroriste avec la DGSI et l'ASDAT
04:47de savoir s'ils doivent qualifier ça de terroriste.
04:50Il y a aussi d'autres qualifications dans le Code de sécurité intérieure,
04:53notamment des intérêts fondamentaux de la nation.
04:55Et dans ces cas-là, ce sera le parquet de Paris qui se saisira au détriment du parquet de Limoges.
05:01Et on peut penser d'ailleurs que cette personne n'était pas seule
05:03pour mettre en place l'incendie criminel, là aussi je m'ai dit conditionnel,
05:08qui nous a tous beaucoup touchés à la mairie de Limoges.
05:10Pour ce qui concerne le profil exact, tout ce que j'ai dit dans la presse ne me paraît pas
05:15inexact,
05:16mais ce n'est pas à moi de rentrer dans le détail.
05:18J'imagine que Mme la procureure de Limoges ou le parquet national aura l'occasion de communiquer très prochainement.
05:24M. Dormand, qu'est-ce qui va être mis en place actuellement à Lille pour aider les commerçants à s
05:29'en sortir ?
05:30Je serai, Mme la présidente du tribunal, et M. le procureur communiquer.
05:34Je les remercie de leur travail avec l'association France Victime aussi, qui aide les commerçants.
05:38D'abord, très rapidement, retrouver les auteurs.
05:40Il y a ceux qui sont en garde à vue et qui paraissent aujourd'hui au tribunal de Lille,
05:44et qui doivent avoir, je l'espère, des peines fermes s'ils sont coupables, bien évidemment.
05:48Et puis il y a ceux qui vont être arrêtés dans les prochains jours et les prochaines semaines.
05:52D'abord parce que j'ai demandé au procureur de la République hier, par une instruction de la directrice d
05:56'affaires criminelles des grâces,
05:57de rechercher avec les enquêteurs de la police et de la gendarmerie, les personnes qui sont sur les réseaux sociaux,
06:03ou regarder les photos ou les films qui ont été donnés par les citoyens ou par les commerçants,
06:06ou sur les caméras de vidéosurveillance.
06:08Nous allons utiliser les vidéos de la métropole européenne de Lille, des transports en commun de ceux de la ville
06:14de Lille,
06:15de ceux des commerçants eux-mêmes.
06:17Donc il y aura des interpellations et, je l'espère, demain, des gardes à vue et des condamnations du fait
06:22de ces images.
06:23Deuxièmement, ils peuvent utiliser le fichier étage, c'est-à-dire le fichier des antécédents de la police,
06:28qui est une reconnaissance faciale où il y a des millions de personnes qui sont sur ce fichier,
06:31avec les photos que nous trouvons sur les réseaux sociaux.
06:33Et puis, troisièmement, grâce à un service que j'ai dit, quand j'étais mis à l'intérieur, j'ai
06:38rendu 24h sur 24h compatible,
06:40Pharos, c'est un site de police judiciaire qui regarde ce qui se passe sur les réseaux sociaux
06:45et des outils informatiques qui nous aident à retrouver des personnes,
06:48de pouvoir les confondre et les interpeller des jours, des semaines, parfois des mois,
06:53après des saccages ou des pillages.
06:55Donc d'abord, c'est la promesse de la réponse pénale.
06:57Ensuite, il y a la promesse de la réponse civile, qui consiste à réparer civilement,
07:01c'est-à-dire de pouvoir toucher de l'argent de la part de ceux qui ont été pilleurs de
07:06la casse sociale, économique, psychologique qu'ils ont subie.
07:10Le tribunal est là pour juger de ce préjudice.
07:13Et il y aura évidemment un accompagnement extrêmement fort des commerçants sur ce point.
07:17Ils doivent, ceux qui ont pillé, doivent réparer leur pillage.
07:21Et puis troisièmement, il y a le travail que fait le gouvernement au sens large du terme,
07:24un accompagnement fiscal et social.
07:27Lorsque j'étais ministre des comptes publics, on a déjà eu, dans les intempéries, par exemple, des inondations,
07:31à suspendre des versements de cotisations, de charges sociales,
07:34pour les salariés comme, bien sûr, les patrons, les commerçants.
07:38Il y a tout le travail que fait excellemment Serge Papin.
07:41Je tiendrai demain matin une réunion avec le MEDEF, l'ensemble des représentants des commerçants,
07:46les tribunaux de commerce, les tribunaux des prud'hommes,
07:49la justice et notamment les procureurs de la République, qui ont une compétence civile importante,
07:53pour que la justice soit aussi au rendez-vous, pour entendre les difficultés économiques,
07:57pour pas que dans quelques semaines, dans quelques mois, ces difficultés économiques,
08:00du fait de ces pillages, les empêchent de vivre correctement,
08:04ou de plus licencier des personnes.
08:07Et de manière générale, à écouter la demande des commerçants,
08:09qui doivent être prioritaires dans l'accompagnement des victimes.
08:12Elles sont les premières victimes de ce qui s'est passé ce week-end.
08:14— Quels moyens supplémentaires allez-vous donner aux enquêteurs judiciaires, justement ?
08:18— Alors cela relève du ministre de l'Intérieur. Mais ils sont extrêmement mobilisés.
08:21Ils ont dû à la fois faire face à beaucoup d'interpellations.
08:25Il y a beaucoup de gens qui sont allés sur la voie publique alors que c'était pas forcément leur
08:27métier
08:28parce qu'il fallait prêter main-forte à la police et à la gendarmerie,
08:31qui a subi des agressions inacceptables, si sans force de l'ordre, blessés.
08:36Ça n'a pas empêché ces enquêteurs de travailler tout ce week-end sous l'autorité des procureurs de la
08:40République
08:41pour regarder ces gardes à vue, mais aussi pour ouvrir des informations judiciaires.
08:44J'en suis à une centaine d'informations judiciaires ouvertes.
08:46C'est-à-dire que des procureurs de la République ont saisi des juges d'instruction
08:49pour pouvoir avoir des enquêtes au plus long cours.
08:53Et les OPJ ont fait ce travail. Et je les en remercie.
08:56Et puis ce qui est très important aussi pour le service de M. le procureur de la République, par exemple,
09:01ici,
09:02c'est de travailler sur l'ensemble des autres contentieux.
09:04Il ne s'est pas passé que ça, ce week-end, dans la métropole lilloise.
09:07Et je constate, vraiment en remerciant le tribunal de Lille de son organisation,
09:11et c'est le cas partout en France, que toutes les audiences prévues ce lundi,
09:14alors qu'on ne connaissait pas la violence de ce week-end, ont été tenues.
09:18Donc on a doublé les audiences au tribunal de Lille.
09:20On a mobilisé des magistrats, des greffiers, des agents tout le week-end.
09:24Et pour autant, les gens ont leur divorce, les gens ont leur salle correctionnelle,
09:28les gens attendent parfois, depuis des mois ou des années, des décisions de justice.
09:32Et ça prouve que la justice a su s'organiser avec grande efficacité.
09:35Est-ce qu'il y a des bilans qui ont évolué, notamment le nombre de personnes incarcérées ?
09:39Alors comme je vous l'ai dit, on augmente, puisque les comparaisons médias te donnent leur mandat de dépôt au
09:44moment où je parle.
09:44Et on est à peu près à 150 incarcérations au moment où je parle.
09:48Et ça va continuer, puisque les gardes à vue se finissent.
09:50Et il y a plus de 800 personnes qui sont déférées devant un tribunal, c'est-à-dire sans alternative
09:55aux poursuites,
09:55déférées par escorte policière dans les mandats de dépôt, dans les tribunaux, pour pouvoir être jugées.
10:02Et lorsque les décisions nous paraissent, en tout cas pour le parquet, par la hauteur de ce qui a été
10:07fait,
10:08de voir des condamnations en appel.
10:10Je voudrais souligner l'extrême fermeté de la justice ces derniers jours.
10:13Des gens qui n'ont aucun casier judiciaire qui se retrouve en prison,
10:16je pense que vous qui suivez ces choses-là voient que c'est extrêmement rare,
10:21voire ça n'est jamais arrivé pour des atteintes aux biens.
10:24Je constate, comme vous, qu'il y a des cohortes entières de personnes,
10:27je pense à une dizaine de personnes qui ont été prises à Limoges,
10:29des 10 personnes qui ont été prises à piller un magasin en incarcération immédiate.
10:33Je constate que des gens qui portent des masques sur eux, dans une manifestation,
10:38ont 7 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.
10:41Donc la justice est extrêmement ferme, et je leur remercie,
10:44parce que nous avons vu que le désordre ne peut pas s'installer sur le territoire national.
10:49Nous ne pouvons pas laisser faire une insurrection qui est à la fois un peu politique,
10:53celle de l'ultra-gauche, beaucoup d'opportunités, beaucoup de pillages,
10:56et il n'est pas possible que des manifestants se voient privés de leur droit de manifester,
11:01parce que les manifestations se sont globalement bien placées sur le territoire national.
11:04Pour que le mouvement des lycéens soit entendu,
11:06pour que le mouvement sous le pouvoir d'achat soit entendu du gouvernement,
11:09les décideurs, il ne faut pas que la violence couvre leur voie.
11:13Et donc quand il y a cette violence, non seulement on atteint la liberté de chacun,
11:18on touche au droit de propriété qui est un droit constitutionnel,
11:20on s'en prend aux personnes que sont les forces de l'ordre,
11:23on ternit l'image de la France,
11:24et par ailleurs on empêche les manifestants qui veulent manifester
11:27de dire ce qu'ils veulent sur le gouvernement,
11:29sur le pouvoir d'achat, sur le mouvement de la jeunesse.
11:31Donc je dis aussi aux manifestants,
11:32je dis aussi aux jeunes de France qui veulent mettre en avant des revendications légitimes,
11:36ne laissez pas les violents couvrir votre voie et vos revendications.
11:39Merci.