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Le ministre de la Justice Gérald Darmanin est en visite à Marseille, au surlendemain de celle du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, pour évoquer les suites des violences et pillages du 17 octobre.
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00:00Priorité au direct, Gérald Darmanin.
00:01Je suis heureux d'être ce matin à Marseille pour trois raisons.
00:05D'abord pour remercier les magistrats, les greffiers, les agents du ministère de la Justice
00:11qui tout ce week-end, depuis 48 heures, font fonctionner de façon excellente le service public de la justice
00:18suite aux événements inacceptables, dramatiques de ce week-end
00:22qui ont touché la ville de Marseille mais qui ont touché toute la France.
00:24Et comme je l'ai fait hier à Paris, comme je l'ai fait avant-hier à Lille,
00:30dire vraiment que je suis fier du fonctionnement de ce service public
00:34qui a su soutenir les forces de l'ordre, accompagner les victimes, singulièrement les commerçants
00:40et aujourd'hui jugé avec la fermeté que j'ai demandé tout en respectant l'indépendance de chaque magistrat.
00:46La justice est rendue au nom du peuple français et chacun voit qu'elle est rendue avec fermeté.
00:52Je veux dire dans un deuxième temps que le bilan de ce que nous pouvons constater en matière pénale
00:57est un bilan qui illustre cette fermeté.
01:00Je rappelle qu'il y a eu à peu près 2500 gardes à vue qui ont été faites par les
01:04services de police
01:05ou l'autorité des procureurs de la République.
01:07Il y a encore beaucoup de comparutions immédiates.
01:09Je rappelle qu'on double voire qu'on triple le nombre de comparutions immédiates en ce moment même
01:13pour juger les personnes qui ont été prises, soit qui ont agressé des forces de l'ordre,
01:17soit qui ont pillé des magasins, qui ont été aussi des recéleurs d'objets volés.
01:23Nous avons aujourd'hui, au moment où je vous parle, 174 incarcérations.
01:28C'est un chiffre extrêmement important qui touche notamment des personnes
01:31qui n'ont jamais connu de casier judiciaire.
01:34Et donc pour une des premières fois, si j'ose dire, pour des faits de recel,
01:38pour des faits d'agression, des personnes qui vont directement en détention provisoire
01:43à la demande des procureurs de la République ou qui sont condamnées avec mandat de dépôt.
01:47Sur les 2500 gardes à vue, il y a 917 personnes qui sont déférées avec poursuite,
01:54c'est-à-dire qui sont sorties de leur recul de garde à vue,
01:57amenées par les policiers ou par les gendarmes dans les tribunaux
02:00pour être jugées en comparutions immédiates.
02:03C'est un chiffre tout à fait impressionnant.
02:06Le taux de poursuite est extrêmement important,
02:08à tel point qu'aujourd'hui, au moment où je parle,
02:10tous les dépôts, c'est-à-dire les endroits où, dans les tribunaux,
02:14où on met les personnes en attente d'être jugées, gardées par les policiers,
02:18sont pleins, que ce soit à Paris, à Lille, à Marseille, à Bordeaux, à Toulouse,
02:23ce qui montre la grande efficacité du travail que nous faisons avec le ministère de l'Intérieur
02:29et la grande fermeté, puisque nous ne pouvons plus mettre de personnes aujourd'hui dans les dépôts.
02:33Évidemment, il y a des aménagements qui se font par les présidents de tribunaux
02:36et je les remercie,
02:36mais ça montre que les comparutions immédiates donnent beaucoup de travail aux magistrats.
02:44Nous avons également aussi à constater des illustrations,
02:49notamment ici à Marseille,
02:50mais M. le procureur de la République pourrait le dire mieux que moi,
02:53et sans entrer en état des affaires,
02:54par exemple un individu de 22 ans qui est connu, lui, des services de justice,
02:58qui a jeté un pavé sur des forces de l'ordre,
03:01a eu un enferme de prison avec mandat de dépôt,
03:04ou quelqu'un qui a 34 ans, qui n'est pas connu des services de police ou de justice,
03:09qui a volé des chaussures dans un magasin à Marseille,
03:11trois mois fermes.
03:12Vous voyez que les peines de prison ferme sont prononcées
03:16et suivies par les magistrats du siège dans leur grande majorité,
03:19et je les en remercie également.
03:22Vient le moment désormais de l'exécution des peines.
03:25Nous allons donc mobiliser particulièrement l'administration pénitentiaire,
03:29bien sûr les agents de la protection de la jeunesse,
03:31puisqu'il y a 30% de mineurs qui sont concernés,
03:34et puis évidemment faire, tout faire,
03:36pour avoir un circuit dédié à cette exécution des peines.
03:39Il ne s'agit pas que les gens exécutent leurs peines
03:41dans six mois, dans un an, dans deux ans,
03:43mais le plus rapidement, voire immédiatement.
03:45C'est ce qu'a fait la procureure générale de Paris, par exemple,
03:47pour son ressort, ce que je le remercie.
03:49Et donc nous allons mettre en place un circuit dédié d'exécution des peines
03:52pour les personnes qui ont pillé, qui ont volé,
03:55qui ont attaqué les forces de l'ordre ou les sapeurs-pompiers ce week-end.
03:57Je vais également adresser demain à l'ensemble des chefs de juridiction,
04:03et particulièrement des procureurs de la République,
04:05une instruction pour s'organiser, pour de nouveau ce week-end,
04:08même si nous espérons tous que les choses soient plus calmes.
04:12D'abord à la permanence au parquet,
04:13comme c'était déjà le cas le week-end dernier,
04:15puisqu'une instruction miroir avait été donnée le vendredi
04:17qui précédait ces manifestations,
04:19et pour être évidemment aux côtés des victimes.
04:22Ces victimes, nous les suivons particulièrement dans leur volet commercial,
04:27puisque j'ai tenu également ici à Marseille
04:29avec le président des affaires économiques
04:32et l'ensemble des présidents des affaires économiques,
04:35des tribunaux de commerce,
04:36de la justice économique, de la justice civile,
04:38pour aider les commerçants, les employeurs, les entrepreneurs,
04:41les employés à pouvoir survivre à ces moments extrêmement difficiles pour eux.
04:46D'abord pour qu'on évite les cessations de paiement,
04:48pour pouvoir accompagner gratuitement,
04:50la justice économique civile est gratuite,
04:53les juges consulaires font un travail formidable,
04:55et avec le patronat, avec la confédération des buralistes,
04:58avec la fédération de commerce,
05:00pouvoir ouvrir la porte des tribunaux de commerce,
05:02des tribunaux d'affaires économiques pour les accompagner,
05:04demander au procureur de la République,
05:06qu'ont un volet civil à leur main,
05:08de les accompagner également,
05:10et puis de complémenter, si j'ose dire,
05:11ce que fait le ministère de l'économie et des finances,
05:14et surtout, surtout, de pouvoir accompagner les victimes.
05:17Donc nous avons organisé les comparutions immédiates sur le volet pénal,
05:21nous condamnons à de la prison ferme
05:22les personnes qui ont volé et qui ont pillé.
05:24Ils vont être reconvoqués dans plusieurs jours, plusieurs semaines,
05:28le temps que les commerçants aient le temps de chiffrer
05:30le préjudice qu'ils ont connu sur les intérêts civils.
05:33Donc il y aura ensuite une deuxième audience
05:35où on va faire condamner les personnes, je l'espère,
05:38à rembourser le préjudice qu'ils ont commis aux commerçants.
05:42Et puis nous avons accompagné les victimes que sont les commerçants
05:46pour pouvoir les aider à porter plainte avec constitution de partis civils,
05:52les aider à demander une réparation civile,
05:54et bien évidemment les aider auprès de leur assurance,
05:56auprès de leurs bailleurs, si jamais ils avaient des difficultés,
05:59ce qui peut tout à fait arriver,
06:00notamment pour les plus petits commerces d'entre eux.
06:03Nous allons donc continuer le très bon fonctionnement
06:07du service public de la justice.
06:08Je remercie vraiment singulièrement les magistrats et les agents
06:11qui ont travaillé, qui ont déjà beaucoup de travail,
06:13vous le savez, indépendamment de ces événements de ce week-end.
06:17Et je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'aucun procès,
06:21qu'aucun jugement, qu'aucun citoyen n'a vu son rendez-vous
06:24avec la justice déprogrammé parce que nous avions dû organiser
06:28les comparutions immédiates de ce week-end.
06:30Vous avez vu qu'ici, à Marseille, il y a un grand procès de criminalité
06:33organisé par exemple, mais partout en France,
06:35on n'a pas l'annulation de son rendez-vous de divorce
06:38ou de garde d'enfants ou de difficultés avec la justice pénale
06:41qu'on attend parfois trop longtemps.
06:43Les magistrats, notamment les chefs de juridiction,
06:45ont organisé les choses pour que les choses se fassent en même temps.
06:48Et je les en remercie fortement.
06:50Les Français peuvent être fiers de leur justice aujourd'hui.
06:52Vous avez suffisamment de bras justement
06:54pour pouvoir faire tout ce que vous venez de dire ?
06:56Il y a énormément de volontaires.
06:57Les chefs de juridiction qui sont derrière moi peuvent le dire.
06:59Je l'ai vu hier à Lille et je l'ai vu avant-hier à Paris.
07:01C'est le cas ici à Marseille.
07:02Que ce soit des agents administratifs, des greffiers, des magistrats.
07:05Ils se sont portés volontaires,
07:07parfois venant d'autres endroits que de la justice pénale.
07:10Et oui, nous avons à ce bras.
07:13Évidemment, pour moi, c'est un motif de reconnaissance
07:17pour les serviteurs du service public qu'ils sont.
07:19On a une période scolaire, on était en week-end,
07:21il y a des gens qui étaient en vacances.
07:23Ils ont annulé leur congé,
07:24annulé leur présence auprès de la famille
07:26pour rendre le service public de la justice.
07:28Et je les en remercie.
07:29Est-ce qu'il y a une spécificité ici à Marseille
07:32par rapport aux autres comparutions immédiates
07:35qu'il y a pu avoir, aux autres traitements judiciaires
07:36qu'il y a pu y avoir à Bordeaux, à Paris, etc.
07:39Est-ce que vous avez constaté des choses particulières
07:42par rapport à l'âge, à la sociologie des individus ?
07:45Alors, entre les remontées qui me sont faites
07:47par les procureurs généraux, et je les en remercie,
07:49et puis ce que je constate sur le terrain,
07:52je vois deux phases dans les gardes à vue
07:55et donc dans les personnes qui passent ensuite au tribunal.
07:58Le matin, les interpellations qui ont eu lieu
08:00le samedi matin, samedi midi, samedi en début d'après-midi,
08:02ce sont des individus souvent violents,
08:04connus des services de police et de justice,
08:06parfois d'ultra-gauche, parfois casseurs, black bloc.
08:09Très peu d'interpellations, vous connaissez la violence
08:12avec laquelle les forces de l'ordre ont dû composer,
08:14mais voilà, ce sont ce type de personnes.
08:16Souvent, d'ailleurs, des incarcérations ont été prononcées.
08:18Les manifestations se sont d'ailleurs plutôt paradoxalement bien passées.
08:21Et là, il y a eu peu de casse lors des manifestations
08:25de mouvements de jeunesse ou de contestation
08:27de ce que fait le gouvernement ou du pouvoir d'achat.
08:30Et puis, arrivé à 16-17 heures, des moments de pillage,
08:34des moments d'émeute.
08:35Et là, les magistrats peuvent en témoigner derrière moi.
08:38C'est vraiment une sociologie extrêmement disparate.
08:41Des gens qui ont un casier judiciaire et des gens qui n'en ont pas.
08:43Il y a beaucoup de gens qui n'ont aucun casier judiciaire
08:45qui ont été retrouvés à piller ou à revendre des objets sur Internet,
08:48avec beaucoup de reconnaissance de culpabilité.
08:51Mais en même temps, ce que m'ont dit les magistrats du siège
08:53que j'ai entendu, oui, ils reconnaissent qu'ils ont des portables,
08:58des chaussures, des vêtements, mais ils ne voient pas le problème.
09:00Ils ne voient pas le problème.
09:01Parfois, ils ont volé en famille.
09:03Parfois, il y a des gens qui sont désocialisés,
09:05mais aussi beaucoup de gens qui ont un travail.
09:07S'il y a des gens qui ont des problèmes d'argent,
09:08il y a aussi beaucoup de gens qui n'en ont pas.
09:09Et c'est assez frappant de constater qu'une grande partie des personnes
09:14qui sont aujourd'hui dans les tribunaux n'ont aucun casier judiciaire.
09:18Ils sont de tout âge, de tout sexe, de tout quartier de Marseille.
09:22Il y a des pilleurs qui, évidemment, viennent de certains quartiers difficiles,
09:26viennent de la banlieue parisienne ou de la banlieue lidoise, c'est vrai, évidemment.
09:30Mais les images de caméras de vidéosurveillance le montrent aussi.
09:33Il y a des gens qui n'ont aucun casier judiciaire,
09:35qui se sont livrés à ces pillages,
09:37sans reconnaître vraiment la faute qu'ils ont commise.
09:41Et je voudrais aussi dire que les images de vidéosurveillance,
09:44les images sur les réseaux sociaux,
09:46la police technique et scientifique qui, aujourd'hui, travaille,
09:48vont nous amener à faire de nombreuses interpellations
09:50dans les heures et les jours qui viennent,
09:52puisque nous ne sommes qu'au début de la réponse pénale.
09:55Les services de police judiciaire travaillent sous l'autorité des procureurs de la République.
09:58Et sans doute sera-t-il intéressant de faire un bilan dans une semaine,
10:01donc un jour, pour retrouver ces personnes qui, aujourd'hui, vous l'avez vu,
10:05sans cagoule, sans filtre, discutent sur les réseaux sociaux,
10:08revendent sur des plateformes Internet le fruit de leur vol.
10:12Et donc il y a cette désinhibition devant le vol et devant le pillage
10:17qui est tout à fait inquiétant pour la société française.
10:19Qu'est-ce que ça dit, oui, justement ?
10:21Alors moi, je ne suis pas sociologue.
10:23Chacun son métier.
10:24Je suis là pour faire établir notre public avec les ministres de l'Intérieur,
10:27pour faire fonctionner le service public de la justice.
10:30Donc je n'ai pas pensé plus que ça cet état de société,
10:35mais je constate que les gens sont de moins en moins citoyens.
10:39Et qu'il faut sans doute rappeler des règles qui ne sont pas rappelées
10:41par les services de police et de justice.
10:42Vous savez, la police et surtout la justice, c'est des services publics
10:45qui accueillent des personnes qui ont souvent tout à dysfonctionner.
10:49Quand l'immigration a été dysfonctionnelle, quand l'intégration a été dysfonctionnelle,
10:52quand l'éducation a été dysfonctionnelle, quand les parents ont été dysfonctionnels,
10:55quand l'économie a été dysfonctionnelle,
10:58ben voilà, c'est des policiers, puis les magistrats, puis les agents pénitentiaires
11:02qui se chargent des personnes qui ont des graves difficultés,
11:04même si évidemment ce n'est pas une excuse.
11:06Mais en tout cas, c'est mon constat.
11:08Donc au poste où je suis, j'organise le service public de la justice,
11:10je laisserai à d'autres le soin d'avoir un avis sur la société.
11:12Il y a une campagne présidentielle qui arrive, j'espère que ce sera l'occasion d'en parler.
11:15Est-ce que vous avez des statistiques sur les relax, les prisons fermes et les peines de prison exsourcies ?
11:23Alors je ne l'ai pas encore, d'abord parce que nous sommes à la moitié,
11:26nous sommes au mi-temps des comparutions immédiates,
11:28puisque les gardes à vues viennent se terminer parfois hier et parfois sont encore en cours,
11:32donc c'est un petit peu tôt pour le dire.
11:34Ensuite, je n'ai pas trop embêté les procureurs généraux et les procureurs sur du bâtonnage,
11:37parce que je pense qu'ils ont autre chose à faire en ce moment.
11:38On a inventé un nouveau logiciel qui nous permet justement de faire des remontées d'informations plus intéressantes et plus
11:44chiffrées.
11:45J'ai un rendez-vous demain avec le président de la République,
11:47j'aurai l'occasion de lui faire le premier livrable, si vous le permettez, c'est le chef d'institution.
11:51Et sans doute qu'au début de semaine prochaine, je me permettrai de communiquer plus largement sur cette première semaine,
11:56à la fois sur les profils des personnes de manière générale, tout à fait anonymisées
12:00et évidemment respectant les secrets professionnels, les secrets des enquêtes,
12:06et surtout la réponse pénale qui a été apportée.
12:08— Le maire de...
12:10— Tous les gouvernements ont presque des mandats d'Emmanuel Macron.
12:14Vous êtes un des plus anciens ministres, du coup, c'est le plus vieux, en fait, le ministre de ces
12:17gouvernements.
12:18— J'ai que 44 ans, hein.
12:19— Non, mais pardon, on a eu des exercices comme ministre.
12:23Quel regard vous portez, vous, sur ces 10 ans de politique, du coup,
12:26au regard des éruptions de violences qu'on vient de connaître, du coup, la semaine dernière,
12:30au-delà de la réponse judiciaire et sécuritaire ?
12:32— D'abord, l'éruption de violences, elle n'est pas nouvelle.
12:34Moi, j'étais maire de Tourcoing, sous François Hollande.
12:36Il y avait des émeutes urbaines extrêmement graves.
12:38Je pense que Marseille peut témoigner que les règlements de comptes ne sont pas nouveaux.
12:42Je viens à l'instant de faire une minute de silence devant la plaque du juge Michel.
12:48Je rappelle qu'il est décédé et il a été assassiné avant que je ne sois né.
12:52Et toutes les sociétés occidentales, regardez l'Italie aujourd'hui, connaissent ces mouvements de violence
12:57qui sont tout à fait inacceptables.
12:59Il y a des moments où la France arrive par un incroyable fonctionnement de ses services de police,
13:04de renseignement et de la justice, à lutter contre des maux qui compensaient vraiment terribles,
13:10au point que la société aurait pu basculer.
13:12Je pense au terrorisme.
13:13Vous voyez à quel point les services de renseignement, la police,
13:16la justice a su lutter contre le terrorisme islamiste, par exemple.
13:19Et on peut dire aujourd'hui, même s'il faut toujours faire extrêmement attention,
13:22qu'il y a moins d'attentats qu'il y a dix ans, voilà.
13:24Et c'est une très bonne chose.
13:25Et encore une fois, il faut être très humble devant cette question.
13:27On peut dire également que nous ne sommes pas un pays qui va basculer dans le narcotrafic,
13:31même s'il faut faire très attention, contrairement à d'autres pays qui nous entourent.
13:34Je pense à la Belgique ou aux Pays-Bas.
13:36Et il y a des moments où on arrive à organiser des choses extraordinaires sans aucun problème.
13:39J'ai eu l'honneur d'être ministre de l'Intérieur pendant les Jeux Olympiques, par exemple,
13:42où tout le monde nous avait prédit le pire,
13:44où Laurent Dunaise qui a organisé de façon excellente la venue du pape en France dans plusieurs endroits.
13:48Il y a des moments où on est moins bon.
13:50Et ces moments où on est moins bon, c'est sans doute des moments d'ordre public,
13:53dans des grandes manifestations, où il y a, pas des manifestants,
13:57mais il y a aussi des Black Blocs, des personnes extrêmement violentes.
14:01Nous sommes moins bons dans le renseignement.
14:02Nous sommes moins bons manifestement pour garantir la sécurité publique.
14:05Et il faut qu'on se pose cette question.
14:07Un État doit protéger ses concitoyens.
14:09Il ne s'agit pas de faire le procès de quiconque dans le moment où on a besoin de commander
14:13des troupes.
14:14Mais il faudra évidemment réfléchir à ça.
14:16Si on est bon contre le terrorisme, si on est bon pour réaliser des grands événements,
14:20si on commence à être meilleur sur le marque au trafic,
14:21on est moins bon sur l'ordre public.
14:24C'est un constat.
14:25Et il faut évidemment qu'on se pose la question.
14:26Nous, qui avons été en responsabilité.
14:28Et bien sûr, pour demain, ceux qui vont commander.
14:30Monsieur le ministre, le maire de Marseille met un point d'honneur à l'interpellation
14:33et au déferment des personnes qui se sont introduites dans l'hôtel de ville de Marseille samedi matin.
14:38Est-ce que vous avez des informations concernant des éventuelles interpellations, des éventuellement déferments ?
14:43Alors, je connais bien Benoît Payon.
14:44Je suis venu cinquantaine de fois à Marseille depuis que je suis mis à l'interpellation de la justice.
14:48Et j'ai ici doublé l'effectif de police, créé des CRS qui ont servi à monsieur le préfet d
14:52'intervenir,
14:52notamment une CRS 8, donné les moyens au RAID d'intervenir.
14:56Et je crois que tout le monde a pu voir qu'à Marseille, même s'il y a encore beaucoup
14:59de choses qui sont difficiles,
15:01il y a moins de narcotrafiquants.
15:03En ce moment même, d'ailleurs, vous voyez que ceux qui se met la terreur se passent devant les juges.
15:07Benoît Payon et la ville de Marseille, c'est tout ce que l'État, singulièrement le président de la République,
15:10qui a fait pour renforcer sa sécurité.
15:13J'entends ce qu'il dit, s'introduire dans une mairie, c'est tout à fait inacceptable, y compris symboliquement.
15:18Je l'ai dit hier au maire socialiste de Lille, puisqu'il a vu aussi sa mairie enfoncée.
15:21Je l'ai dit, vilain on dit à monsieur le maire de Limoges, j'ai comparé la chute de la
15:25mairie de Limoges à Notre-Dame.
15:27Il voulait que le parquet national terroriste s'est mis en observateur et que c'est la section antiterroriste qui
15:31gère l'enquête.
15:32Ça devrait tous nous interpeller sur le fait qu'il ne s'agit pas simplement d'émeutier,
15:36mais manifestement, et je mets du conditionnel de gens qui étaient organisés, viendra l'OTAN.
15:40J'ai dit aussi à monsieur le maire de Marseille, pour l'enquête judiciaire, pour les services,
15:43de savoir si cela a été organisé et par qui.
15:47Et est-ce qu'il y a eu une organisation criminelle, terroriste, derrière cela, pour faire des actes de terreur.
15:54Ensuite, oui, tous les moyens sont mis pour retrouver tous ceux qui ont attaqué les bâtiments publics et les commerces.
15:58Monsieur le maire le sait bien, il est venu saluer les magistrats et je les remercie pour les remercier de
16:02leur travail.
16:03Je ne suis pas procureur de la République à Marseille, c'est un métier très difficile que je n'aimerais
16:06pas exercer.
16:07Il est fait excellemment bien ici par le procureur Besson et il aura l'occasion de pouvoir vous communiquer l
16:14'avancée de toutes les enquêtes.
16:15En tout cas, aucun acte, surtout les plus symboliques, restera impuni.
16:20Pour samedi, quel point de vue est-il différent de la semaine dernière pour votre protection et l'engagement des
16:26clients ?
16:28Je fais toute confiance au ministre de l'Intérieur. Vous savez, le ministre de l'Intérieur, c'est un métier
16:31extrêmement difficile.
16:32C'est le poste le plus difficile du gouvernement.
16:35Et donc, je veux dire que Laurent Nunez est un immense professionnel.
16:40Quand il a été mon préfet de police, il a organisé à Paris les Jeux Olympiques de manière excellente.
16:45Il est le chef à contester de ses troupes.
16:48Et il faut faire confiance au ministre de l'Intérieur.
16:50Nous aurons, nous avons, sous l'autorité du Premier ministre et du Président de la République,
16:54a organisé sans doute des choses différemment au ministère de l'Intérieur ce week-end,
16:58également au ministère de la Justice.
16:59Et donc, j'ai confiance dans les forces de police de cette gendarmerie.
17:02Et j'ai confiance au ministre de l'Intérieur.
17:03Et je ne vais pas substituer à son travail.
17:06Je ne sais pas si vous pouvez prendre.
17:07Certains demandent que les militaires de Sentinelle soient aussi engagés dans la protection ?
17:11Mais ils le sont.
17:12Ils le sont.
17:13Ils le sont au quotidien, M. le Préfet pourrait dire mieux que moi.
17:16Simplement, le travail de l'ordre public dans une démocratie,
17:18ce sont les policiers et les gendarmes qui ont été formés pour ça.
17:21Le travail des militaires, c'est de pouvoir, sur des théâtres d'opérations extérieures,
17:25risquer leur vie pour protéger les intérêts de la France.
17:28Il ne faut pas confondre les choses quand on est en démocratie.
17:31Ce qu'il faut aussi, c'est que les citoyens comprennent que lorsqu'on vole dans des magasins,
17:38parfois j'ai vu des images tout à fait étonnantes
17:40où des pères ou des maires de famille avec leurs enfants à très bas âge
17:44contribuer, comme c'était le cas pendant les émeutes de 2023,
17:46d'ailleurs je vous le signale, au désordre.
17:49Les policiers et les gendarmes doivent faire respecter l'ordre.
17:51Le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Justice doit être à leur travail.
17:53Il faut aussi que les citoyens contribuent à la bonne éducation de leurs enfants,
17:57au rappel de l'autorité et distinguer ceux qui relèvent des choses normales,
18:01vivre correctement dans la rue ou des choses anormales,
18:04attaquer la police, insulter les policiers ou piller des magasins.
18:08Je sais que ce sont des choses assez simples, mais il faut manifestement les rappeler.
18:11Est-ce qu'il y a un manque de dialogue social peut-être ?
18:13Bien sûr, le dialogue social est très important.
18:16Il est le fait du Premier ministre et des ministres en charge de cette question.
18:19Moi je suis ministre de la Justice, donc chacun son travail.
18:22Ce n'est pas le ministre de la Justice qui fait du dialogue social,
18:24sauf dans son ministère, c'est bien normal.
18:25Et donc bien évidemment que le dialogue social est très important.
18:27Quand il y a des manifestants, il faut les écouter.
18:29Quand il y a un mouvement de jeunesse, il faut les écouter.
18:31Il y a toujours de la légitimité dans la décontestation.
18:33Après, la démocratie, c'est évidemment d'organiser
18:36le moment où les gens contestent et où les gens administrent.
18:40Et ça c'est tout à fait normal.
18:41Mais même des contestations ne permettent pas d'accepter
18:46qu'on brûle la mairie du Vosges
18:47ou qu'on attaque des policiers à coups de balle de pétanque.
18:50Est-ce que le préfet, c'est certain, le demande,
18:53est-ce que le préfet pourrait demander ce week-end,
18:55enfin ça me dit en tout cas, que les magasins ferment ?
18:57Alors le préfet est préfet, le ministre est ministre.
19:00Et à partir de ce moment, on ne fait pas de micro-management.
19:02Vous voyez, le préfet fera ce qu'il souhaite.
19:05Dans les limites de l'État de droit, comme il a toujours fait,
19:07vous avez la chance d'avoir un excellent préfet ici.
19:08Le maire de Marseille demande aux commerçants de fermer.
19:11Le maire de Marseille est maire de Marseille.
19:13Le préfet est préfet, le ministre est ministre.
19:15Donc chacun, il y aura un dialogue entre le maire et le monsieur préfet.
19:18Et je n'ai pas grand-chose à dire d'autre
19:20que de dire que je reste dans mes compétences constitutionnelles
19:23qui sont déjà bien lourdes.
19:24Si on a vu les gardes à vue étendues jusqu'à 72h, je crois,
19:28au lieu des 48h, pour axer sur une forme de criminalité organisée,
19:33pour vous c'est clair et c'est possible que, justement,
19:36d'essayer de juger les gens sur une association de malfaiteurs,
19:38quasiment, pour les dégradations ?
19:40J'ai rappelé au procureur de la République,
19:41ceux qui le savent déjà, mais parfois il faut répéter la notion
19:45pour fixer bien les choses,
19:47qu'ils peuvent utiliser les articles du code pénal qui existent,
19:50le vol en bonne organisée,
19:51ou l'association de malfaiteurs dans certains cas,
19:53pas dans tous, bien évidemment,
19:54pour pouvoir allonger les gardes à vue,
19:56ce qui leur permet de faire, par ailleurs,
19:58des géolocalisations, des demandes aux opérateurs téléphoniques.
20:00Parce que quand quelqu'un vous dit qu'il n'était pas là
20:02et que son téléphone dit qu'il était là,
20:03c'est quand même très intéressant.
20:05Et puis il faut distinguer, évidemment,
20:06les personnes qui sont des voleurs simples,
20:09si j'ose dire, de gens qui se sont organisés
20:11et les choses sont très différentes dans le code pénal.
20:13Les procureurs de la République font ce qu'ils veulent.
20:15Je donne des instructions pénales générales.
20:17Ça, j'ai le droit et c'est même mon devoir.
20:18Voilà donc pour l'intervention de Gérald Darmanin.