00:00Vous vous sentez violé, clairement.
00:02Quand j'ai appelé la police, ils m'ont dit que clairement qu'ils ne pouvaient rien faire pour moi.
00:05On s'est senti complètement seuls, en fait.
00:07Pas aidé, ni rien du tout.
00:09C'était, t'es livré à toi même, débrouille-toi.
00:11Tout a été cassé, tout.
00:13C'est pas que volé, c'est carrément tout cassé.
00:22Ce mardi 20 octobre, au centre-ville de Marseille, de nombreux commerces restent fermés.
00:27Après les pillages du 17 octobre, l'heure est désormais au bilan des dégâts
00:32et aux démarches auprès des assurances, afin d'engager les travaux nécessaires.
00:37On a mis tous nos sacrifices, toutes nos économies, on a tout.
00:40On espère être bien aidé, qu'on puisse nous aider à se relever et à recommencer.
00:46Je manque à travailler, moi, en fait.
00:48Aujourd'hui, nous, notre profession est particulièrement ciblée,
00:51comme cible prioritaire dans ces moments-là.
00:54Du fait de la valeur, notamment, des produits que l'on vend.
00:57Il faut réagir très fortement, durablement.
01:00Ce sursaut sécuritaire, on n'a plus le choix.
01:02Je défends mes collègues buralistes, les autres commerçants aussi.
01:06Aujourd'hui, je tremble.
01:07Je tremble pour mes collègues aussi pour le 24, samedi prochain, le 5 novembre.
01:11C'est encore des épisodes où on nous annonce la fin du monde.
01:13Sur la rue Saint-Féréol, Eric évalue l'ampleur des dégradations de sa boutique.
01:18Le 17 octobre, téléphone, ordinateur, imprimante, tout a été dévalisé et le mobilier entièrement saccagé.
01:26Je suis obligé de reconstruire, de rebâtir.
01:28Après, il y a les assurances qui vont suivre.
01:30C'est difficile au niveau de la trésorerie parce qu'il faut assurer.
01:33Je vais faire un prêt en banque, bien sûr.
01:35Je vais essayer de rebâtir, mais si ça se reproduit dans un an, je baisserai les bras, je pense.
01:39Je ne continuerai pas, malheureusement.
01:40On ne peut pas faire des prêts et après se retrouver à l'âge que j'ai à la retraite
01:45avec des crédits
01:46alors qu'on a bâti une petite structure pour vivre.
01:49Tout ça, c'est un peu écœurant.
01:51Psychologiquement, je suis touché, mon équipe est touchée.
01:55Dans un climat d'incertitude, les commerçants redoutent une reprise des violences
02:00et misent sur la solidarité pour faire face au pillage
02:04et envisager une reprise sereine de leur activité.