- il y a 6 heures
Inass Touloub, quatre ans en 1987, jetée sans vie en bord d'autoroute, non loin d'un village du Loir-et-Cher. Elle est morte dans de longues souffrances. Violentée depuis la naissance. Mordue, brûlée, cognée... Son visage ne va cesser de hanter les enquêteurs. Il va falloir trente ans pour découvrir son nom et remonter jusqu'à à ses bourreaux qui seront bientôt jugés.
Malgré la détermination des enquêteurs, c'est grâce au FNAEG qu'ils remonteront la piste d'un membre de sa famille en 2017 permettant enfin de mettre un nom à celle nommée pendant 30 ans : "L'inconnue de l'A10" .
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
Malgré la détermination des enquêteurs, c'est grâce au FNAEG qu'ils remonteront la piste d'un membre de sa famille en 2017 permettant enfin de mettre un nom à celle nommée pendant 30 ans : "L'inconnue de l'A10" .
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:07Une fillette de 3 ou 4 ans, découverte morte horriblement mutilée sur l'autoroute A10 près de Blois.
00:11Les enquêteurs ont relevé de nombreuses traces de coups et de morsures, peut-être d'ailleurs certaines de ces morsures
00:17sont dues à une mâchoire humaine.
00:19Bonjour, Inas Touloub, 4 ans en 1987, jetée sans vie au bord d'une autoroute dans le Loir-et-Cher,
00:27morte dans de longues souffrances, frappée, mordue, cognée, brûlée depuis sa naissance.
00:33Il va falloir 30 ans pour découvrir son identité et retrouver ses bourreaux bientôt jugés.
00:39Inas Touloub, la martyr de la A10, l'heure du crime.
00:43Votre rendez-vous 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
00:53Mardi 11 août 1987, autour de 15h20, deux agents d'entretien de la société Coffee Route,
01:01qui nettoie les bas côtés de l'autoroute A10, à hauteur du village de Suèvres, dans le Loir-et-Cher,
01:07sont attirés par un paquet roulé dans une couverture de laine bleue.
01:11Il est à peine à mi-pente du talus derrière la glissière de sécurité.
01:17En s'approchant, les deux hommes distinguent des pieds, qui dépassent, puis une tête aux bouclettes brunes et frisées.
01:23Sous la couverture, le corps d'une petite fille.
01:26Elle porte une robe de chambre à carreaux rouges et bleus, un maillot de corps rayé rose et blanc,
01:33une culotte blanche tachée de sang sur la fesse droite.
01:35Âge estimé, entre 2 et 3 ans.
01:39L'enfant est couverte de cou, une blessure sanguinolente à la joue droite, d'autres à la bouche, au menton,
01:47des brûlures aux fesses causées sans doute par un fer à repasser.
01:50Et puis, il y a toutes ces morsures, très nombreuses, faites par des bouches humaines,
01:56l'une pourvue de petits dents, l'autre plus grande.
01:59Selon les légistes, la victime était battue depuis des mois et des mois.
02:03Pas de viol constaté, l'enfant est mort suite à une hémorragie et rhabillé après le décès.
02:10Elle n'est qu'une plaie de la tête aux pieds, va dire le procureur de Blois, Michel Sabourot.
02:19Mercredi 9 septembre 1987, presque un mois après la macabre découverte,
02:24la petite incolue de la 10 est inhumée dans un cercueil blanc anonyme dans le cimetière de Suevre.
02:29Enfant de sexe féminin, d'une taille de 95 centimètres, d'un poids de 20 kilos,
02:35pouvant être d'origine méditerranéenne ou maghrébine, précise le registre des décès de la commune.
02:42Le jeune juge d'instruction de Blois, Georges Domergue, est le premier à se pencher sur le dossier.
02:49A la rentrée scolaire, il fait diffuser le signalement de la victime à 65 000 écoles maternelles françaises.
02:57Les assistantes sociales sont démarchées, les autorités algériennes, marocaines, tunisiennes alertées.
03:03Qui est-elle ? Peut-on lire sur les affichettes placardées dans les commissariats,
03:08gendarmerie, mairie et bureau de poste.
03:10La photo du visage a été retouchée pour gommer les blessures.
03:14Deux témoins se souviennent d'une voiture blanche stationnée à cet endroit de l'autoroute, dans le sens Paris-Provence.
03:21L'un d'eux parle d'une femme visiblement affolée qui enjambait la glissière.
03:26Un autre automobiliste a vu un break blanc garé sur la bande d'arrêt d'urgence
03:30et un homme en descendre avec un paquet dans les bras.
03:36Lundi 11 décembre 95, 8 ans après le début de l'enquête, l'inconnu de la 10 est exhumé.
03:41L'expertise ADN est compliquée, le squelette trop dégradé.
03:45Il faut attendre deux ans pour qu'un ADN mitochondrial, transmis par la mère, soit prélevé.
03:51L'identification ne pourra se faire que si l'on retrouve donc la mère,
03:55ou par la comparaison avec la lignée maternelle, frère, sœur ou cousin germain de la victime.
04:02En 2008, une nouvelle expertise ADN met cette fois en évidence deux ADN.
04:07Un masculin, un féminin, sur les vêtements de la petite fille,
04:11des personnes potentiellement originaires d'Afrique du Nord.
04:17Et on est là en 2008, plus de 20 ans après la découverte du corps de la petite fille
04:21sur le bas côté de l'autoroute A10.
04:23Pendant toutes ces années, des dizaines d'enquêteurs, des juges, des procureurs
04:26se sont succédés sur le dossier.
04:28Pas question de laisser tomber, ça c'est important parce que c'est assez remarquable.
04:33D'ailleurs en matière judiciaire, on va continuer parce qu'on a le sentiment
04:37que ces efforts vont être payants, surtout grâce à l'ADN qui fait son apparition,
04:40qui rentre dans le paysage des enquêtes criminelles.
04:43Ça aussi c'est très important.
04:45L'inconnu de l'A10 va enfin avoir un nom et une histoire,
04:48mais ça on va le raconter dans la suite de l'heure du crime.
04:52Bonjour Esther Paolini.
04:53Bonjour.
04:54Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime et dans le studio de l'heure
04:58du crime.
04:58Vous êtes journaliste au Figaro et vous êtes l'auteur du livre
05:02Qui est-elle ? Enquête sur la martyr de l'A10, livre publié aux éditions du Rocher
05:09qui sort demain, on peut le dire.
05:11Merci de nous accorder la primeur de votre ouvrage.
05:14Esther Paolini, il y a quelque chose qui est évidemment frappant
05:17et qui frappe toutes les imaginations et c'est pour ça qu'on va aussi beaucoup parler de cette histoire.
05:21C'est le fait qu'on retrouve cette petite fille totalement martyrisée.
05:25Le rapport des légistes, il est très épais et totalement épouvantable.
05:30Oui, effectivement, je pense qu'on peut employer le mot de effrayant.
05:34Il faut s'imaginer la scène.
05:36On a quand même le corps d'une petite fille qui mesure moins d'un mètre sur la table d
05:40'autopsie
05:41et c'est un corps qui est parcouru d'échymose, de contusions, de cicatrices de la tête au pied
05:47et surtout, bien sûr, il y a une quinzaine de morsures qui sont constatées par le médecin légiste.
05:54Certaines sont particulièrement profondes.
05:56Le médecin légiste ira préciser que notamment le mamelon a été arraché.
06:00Alors c'est évidemment sordide.
06:02Il explique que la plaie a dû saigner abondamment
06:04et ce qu'il faut bien préciser, bien sûr, c'est que c'est des morsures humaines.
06:07Il ne s'agit pas de morsures animales.
06:10Et en tout cas, notamment le chef de la section de recherche d'Orléans à l'époque
06:16explique qu'ils sont habitués à côtoyer le sordide, les meurtres.
06:20C'est leur quotidien, mais la mort d'un enfant et la mort dans de telles conditions,
06:24ça suscite vraiment l'effroi des enquêteurs.
06:26Effectivement, on entend le procureur à l'époque qui est complètement choqué par cette histoire
06:30et par les photos qu'on lui a transmises.
06:33C'est horrible, d'autant plus que les légistes le disent, Esther Paolini,
06:37le calvaire de l'enfant, en ce moment-là, on n'a pas son âge exact.
06:41On parle autour de 3 ans, 3 ans, 4 ans.
06:44Il aurait commencé très tôt ?
06:45Elle n'est pas morte ?
06:46Comme ça, on ne vient pas de l'assassiner la veille quand on l'a jetée au bord de l
06:49'autoroute.
06:50Effectivement, on se rend compte que certaines blessures ne sont pas encore cicatrisées,
06:54d'autres sont plus anciennes.
06:55Et surtout, on va étudier aussi son squelette.
06:57Et on va se rendre compte qu'elle a aussi une série de fractures.
07:02Anciennes, c'est ça ?
07:03Voilà, c'est ça, anciennes, notamment au poignet, à l'humérus, sur les côtes.
07:07Certaines ne sont pas consolidées.
07:09Et donc, ce qui est une certitude, c'est que c'était une enfant battue, une enfant violentée.
07:14Ce qu'on saura plus tard, c'est qu'a priori, elle a été préservée les premiers mois de sa
07:17vie
07:18et que les sévices ont commencé après.
07:20Elle est morte d'une hémorragie, elle a suffoqué après avoir été longuement battue, brûlée, mordue, on l'a dit.
07:27On va penser même à des actes d'anthropophagie, tellement ces morsures sont nombreuses et répétées.
07:33Bonjour Pierre-Antoine Souchard.
07:34Bonjour.
07:35Merci, vous aussi, d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'ordre du crime.
07:38Vous êtes journaliste, vous connaissez bien les faits divers et la matière judiciaire.
07:42Vous êtes l'un des réalisateurs de la mini-série documentaire
07:44Inas, la petite martyr de la disque qu'on peut retrouver sur Canal+.
07:50Pierre-Antoine Souchard.
07:51Alors là, on retrouve cet enfant, on est en 1987.
07:551987, c'est une date importante dans l'ADN.
07:57Parce que le premier crime élucidé grâce à l'ADN, il est en Angleterre.
08:01Là, on est au tout début.
08:03Et donc là, les enquêteurs, ils font face à une énigme.
08:05Ils sont totalement dépourvus face à ce corps.
08:08Totalement dépourvus.
08:09La France, à l'époque, en matière de police scientifique,
08:13comme le dit l'un des intervenants du documentaire, c'est le niveau zéro.
08:18Il y a un laboratoire à Paris, il y en a un autre à Lyon,
08:21mais l'ADN, ce n'est pas encore.
08:24On ne connaît pas.
08:26Et donc, il va y avoir des recherches, Pierre-Antoine, dans la France entière.
08:30Alors ça, c'est remarquable parce qu'il y a un premier juge d'instruction,
08:33M. Domergue, qui prend le dossier.
08:35Et lui, il veut y aller.
08:38Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour essayer de trouver une issue.
08:42Alors lui, le premier juge d'instruction, effectivement, Georges Domergue,
08:46mais aussi le parquet avant que le juge ne soit saisi.
08:49Parce que, de mémoire, le juge est saisi au mois de novembre.
08:52Donc, le corps est découvert en août.
08:56Ils font tout.
08:57Ils vont regarder un peu partout.
08:58Ils vont faire appel au laboratoire Le Carme,
09:01qui est un des premiers laboratoires de police scientifique.
09:04Un laboratoire privé à Bordeaux,
09:06qui a déjà résolu quelques affaires criminelles,
09:09donc qui a le vent en poupe.
09:10Et le Carme va orienter les enquêteurs sur une mauvaise piste,
09:16mais qui va rester assez longtemps dans leur tête.
09:19C'est-à-dire qu'ils retrouvent des petits morceaux de sable
09:22dans la poche de la petite chemise de nuit de l'enfant.
09:27Et les analyses de ce quartz disent qu'il provient de la région
09:32d'un village qui s'appelle Marche Noire,
09:34qui est à une trentaine de kilomètres de Blois.
09:38Et donc, les enquêteurs vont se focaliser sur cette zone.
09:41D'accord.
09:41Et au mois de novembre,
09:44ils vont visiter 21 communes.
09:47Ça représente à peu près 3000 familles.
09:49Ils vont demander les livrets de famille
09:52pour vérifier si les enfants sont là,
09:54quels sont les absents.
09:56Et cette piste locale va perdurer
09:58et va un peu égarer les enquêteurs.
10:01Esther Paolini, vous confirmez.
10:02C'est une enquête gigantesque qui s'ouvre.
10:05Effectivement.
10:05Et on se rendra compte que ça va être une enquête
10:08sur trois échelles.
10:09D'abord locale,
10:11puis nationale et même internationale.
10:13C'est-à-dire au niveau national,
10:15on va aller aussi se renseigner
10:16auprès des tribunaux de toute la France,
10:18des services sociaux de toute la France
10:19pour tenter de faire une correspondance
10:21avec peut-être une autre famille
10:22ou une petite fille qui aurait disparu.
10:24On va aussi afficher
10:28un avis de rejoint,
10:29un avis avec une photo
10:31de la petite fille.
10:31Ce portrait retouché.
10:32Voilà, c'est ça.
10:33Dans les mairies,
10:34dans les gares de toute la France.
10:37La presse médicale aussi,
10:38on va faire un appel à témoin
10:39dans la presse médicale.
10:40Et puis,
10:41il y a aussi au niveau,
10:42j'allais dire,
10:43international,
10:44puisque le juge d'instruction
10:45de l'époque
10:46est convaincu
10:47qu'il ne faut pas se limiter
10:47à la France.
10:48Bien sûr.
10:49Il va aller voir
10:50de l'autre côté
10:50de la Méditerranée.
10:51Il va lancer plein
10:52de recherches
10:53de ce côté-là.
10:54un prénom
10:55et un nom
10:56vont soudain surgir.
10:58Inas Touloub,
10:59la martyr de la 10,
11:00ça fait 31 ans
11:01que je souffre
11:02par rapport à cette histoire.
11:03Je me souviens de tout.
11:05L'enquête de l'heure du crime,
11:06on se retrouve
11:06dans un instant
11:07sur RTL.
11:13Merci d'écouter RTL.
11:20L'heure du crime,
11:21présenté par Jean-Alphonse Richard
11:22sur RTL.
11:25L'heure du crime,
11:26consacré aujourd'hui
11:26au martyr de la petite Inas Touloub,
11:28une enfant inconnue
11:30de 4 ans,
11:30découverte morte en 87,
11:32couverte de coups
11:33et de morsures.
11:34En bordure de l'autoroute A10,
11:36en Indre et Loire,
11:3730 ans plus tard,
11:38l'enquête va enfin s'éclairer.
11:44Jeudi 27 avril 2017,
11:46le procureur de Blois
11:48et les gendarmes
11:48de la section de recherche
11:49d'Orléans
11:50sont informés
11:51que l'ADN
11:52a matché.
11:54Il correspond à celui
11:55d'un homme de 33 ans
11:56inscrit au FNAEG.
11:58Ce gérant de fast-food
12:00de Villers-Cotterêts
12:01dans l'Aisne
12:02s'était bagarré
12:03avec un client,
12:04son empreinte génétique
12:05avait été prélevée.
12:06Il ne peut pas
12:08toutefois être l'individu
12:09qui a massacré
12:10la petite fille.
12:11Il n'avait que 3 ans
12:12à l'époque des faits.
12:13mais il est à 99,999%
12:18le frère de la victime
12:20selon les experts.
12:21Il a été élevé
12:22dans une famille nombreuse,
12:24les Touloubes,
12:25originaire du Maroc.
12:26Sept enfants,
12:27quatre garçons
12:27et trois sœurs.
12:29L'une d'elles
12:29est déclarée par la CAF
12:31comme ne vivant plus
12:32au foyer.
12:33Elle se nomme
12:33Inas Touloubes,
12:35née le 3 juillet 1983.
12:37Les enquêteurs sont convaincus
12:39que c'est elle,
12:40l'inconnue de la 10.
12:45Mardi 12 juin 2018,
12:46le père de famille
12:47Ahmed Touloubes,
12:4866 ans,
12:49est interpellé
12:49à Ville Tanneuse
12:50en Seine-Saint-Denis.
12:51Son épouse,
12:52Alima El-Bakhti,
12:5464 ans,
12:54est arrêtée
12:55à Villers-Cotterêts.
12:57Les ADN confirment
12:58qu'ils sont bien
12:59les parents
12:59de la petite victime.
13:00Malgré ça,
13:01le père certifie
13:03n'avoir que 6 enfants
13:04dont 2 filles
13:05et pas 3.
13:07Il ne cite pas
13:08le prénom d'Inas.
13:09Ahmed Touloubes
13:10est séparé
13:11de sa femme
13:11à Lima
13:12depuis 8 ans.
13:13Il l'avait connue
13:13à Casablanca,
13:15une institutrice.
13:16Il la décrit
13:17comme instable,
13:18violente.
13:19Elle lui tapait dessus,
13:20la vie était infernale.
13:22A la deuxième audition,
13:24Ahmed Touloubes
13:24baisse la garde.
13:25Il avoue,
13:26ça fait 31 ans
13:28que je souffre
13:28par rapport
13:29à cette histoire.
13:30Il déclare
13:31que la petite fille
13:32de l'autoroute
13:32est bien Inas.
13:34Son épouse
13:35avait accouché
13:35d'elle au Maroc.
13:36Elle avait laissé
13:37l'enfant là-bas
13:38pendant un an.
13:39un an et demi.
13:40Quand Inas
13:41est rentrée en France
13:42à Vitry-sur-Seine,
13:44Alima a commencé
13:45sans raison
13:45à la frapper.
13:46Elle l'a mordée.
13:48Le mari se souvient
13:49d'une trace de fer
13:50à repasser dans le dos.
13:51Sa femme lui avait expliqué
13:52que la petite était tombée
13:54sur le fer.
13:55Puis elle s'était mise en colère.
13:57Ahmed Touloubes
13:57voulait qu'Inas
13:58soit renvoyé au Maroc
14:00mais sa femme
14:01aurait refusé.
14:05En garde à vue,
14:06Ahmed Touloubes
14:07reconnaît
14:07qu'Inas
14:08a vécu un calvaire.
14:09Il n'osait rien dire.
14:11Il avait peur
14:12de dénoncer son épouse
14:13aux services sociaux.
14:15Il raconte
14:16enfin
14:16cette
14:17mauvaise journée
14:18comme il dit
14:19du mois d'août 87.
14:21Le soir,
14:22quand il est rentré
14:23à la maison,
14:23Inas
14:24s'était allongée
14:25sur le canapé.
14:26Elle était morte.
14:27Alima lui a dit
14:28qu'elle était tombée
14:29dans l'escalier de la cave.
14:30Il a voulu aller
14:31au commissariat
14:32mais il a renoncé.
14:34Le lendemain,
14:35toute la famille
14:36a embarqué
14:37dans la Citroën CX
14:39beige.
14:40Direction le Maroc.
14:41Les enfants dormaient
14:43sur l'autoroute.
14:44Alima lui a demandé
14:45de s'arrêter.
14:46Elle est sortie
14:47à déposer le corps
14:48derrière la glissière.
14:50Il se souvient
14:50ensuite
14:51de s'être arrêté
14:52un peu plus loin
14:53sur une R
14:54d'autoroute.
14:55Il ne tenait plus
14:56sur ses jambes.
14:57Ahmed Touloub
14:58se souvient
14:58qu'Inas était
14:59plus maigre
15:00et plus petite
15:01que ses soeurs
15:01mais elle parlait
15:02très bien,
15:02dit-il.
15:03Il avait inscrit
15:04à l'école,
15:05à plus tôt,
15:06mais sa femme
15:06ne l'a jamais
15:07emmenée là-bas.
15:08Elle avait trop
15:09de marques
15:10sur le corps.
15:12Voilà donc
15:13pour ce premier récit
15:14terrifiant
15:15d'Ahmed Touloub,
15:16le père de la petite
15:17Inas,
15:18confirmation d'une enfance
15:19martyrisée,
15:19une petite fille frappée,
15:21souffre douleur
15:22de sa mère
15:22quand on écoute
15:23évidemment le mari.
15:24On va voir
15:25ce que va déclarer
15:26Alima El-Bakti
15:27aux enquêteurs.
15:28Pourquoi aurait-elle
15:29frappé sa fille
15:30jusqu'à la mort ?
15:31On va en parler
15:32évidemment
15:32dans le chapitre suivant.
15:34Alors effectivement
15:35les Touloub
15:35sont identifiés.
15:37Elle s'appelait
15:38Inas Touloub,
15:38cette petite fille,
15:39elle avait 4 ans.
15:40Enfin,
15:41ce visage parle
15:42et ça c'est très important
15:43évidemment pour l'enquête
15:44qui est l'enquête
15:45où il y a beaucoup
15:46beaucoup de gendarmes,
15:47de magistrats
15:48qui n'ont arrêté
15:49de se succéder.
15:50Pierre-Antoine Souchard,
15:51vous êtes avec nous
15:52dans cette heure du crime,
15:53journaliste.
15:53Vous avez réalisé
15:54un documentaire
15:55pour Canal+,
15:55sur cette affaire.
15:57Est-ce qu'on aurait pu
15:58identifier cette famille
16:00Touloub plutôt ?
16:02Parce que là,
16:02on est resté très loin,
16:0330 ans après,
16:0431 ans.
16:05Oui,
16:05alors cette famille
16:06aurait pu être interpellée
16:07en 1995.
16:11Votre prédécesseur,
16:12Jacques Pradel,
16:14animait une émission
16:15qui s'appelait
16:16Témoin numéro 1
16:17et a consacré
16:17une émission
16:18à la petite martin
16:19de la 10.
16:22Le standard
16:23reçoit de nombreux
16:24appels téléphoniques
16:25avec des informations,
16:27des noms,
16:27des choses comme ça.
16:28Tout ceci est retransmis
16:29à la section de recherche
16:30d'Orléans,
16:30pardon,
16:32qui centralise
16:33cette enquête
16:33et une personne
16:36qui habite plutôt
16:36au 139 rue Jean Jaurès,
16:38là où habitait
16:39la famille Touloub,
16:40dit que pour lui,
16:42cette petite fille
16:43lui fait penser
16:44à une enfant
16:44des Touloub.
16:45C'est étonnant,
16:46il y a tout là.
16:47Il y a tout,
16:48il y a tout.
16:50Donc,
16:51la section de recherche
16:52d'Orléans
16:53délègue
16:54à la brigade
16:55territoriale,
16:55je pense que c'est ça,
16:56de Villers-Cotterêts.
16:58Donc,
16:58il y a deux gendarmes
16:59qui se présentent
17:00au domicile
17:01de M. et Mme Touloub,
17:02qui les reçoivent,
17:03mystère,
17:03on ne sait pas,
17:04c'est pas dans la procédure.
17:05Que s'est-il passé
17:06dans la tête ?
17:07Est-ce que c'est
17:08Mme Touloub
17:08qui a ouvert la porte ?
17:09M. Touloub,
17:10on ne sait pas,
17:11on ne saura jamais,
17:11peut-être le procès
17:12le dira-t-il.
17:13En tout cas,
17:13les gendarmes constatent
17:14la présence
17:15de deux petites filles
17:16en disant
17:16qu'elles sont scolarisées.
17:18Le seul problème,
17:19c'est que quand ils
17:19notent ça sur leur rapport,
17:21ils donnent un prénom
17:22féminin,
17:22un prénom masculin.
17:24Donc,
17:24les gendarmes
17:25se sont complètement trompés
17:26et là,
17:27à cette époque-là,
17:28donc on est en février
17:29ou mars 1995,
17:31on aurait pu,
17:32enfin,
17:33les Touloub étaient identifiés.
17:34Ils sont dans la procédure
17:35depuis cette date
17:36parce que ce document
17:37de gendarmes,
17:38il est dans la procédure
17:39depuis 1995.
17:40Alors,
17:41c'est vous qui avez trouvé
17:41cette affaire,
17:42effectivement,
17:42en réalisant ce documentaire
17:44sur Canal+,
17:44c'est une étape importante,
17:46évidemment,
17:46parce qu'on croyait
17:47que jusque-là,
17:48il n'y avait aucun signe
17:49de cette famille.
17:49Donc,
17:49on est passé à côté
17:50d'un tact.
17:51Le fait est,
17:52c'est que 31 ans plus tard,
17:53on identifie enfin
17:54la petite fille
17:55et ça,
17:55c'est quand même
17:56très important.
17:57Esther Paolini,
17:57journaliste au Figaro,
17:59auteur de ce livre,
18:00je le montre à nos caméras,
18:01qui est-elle ?
18:02Enquête sur la martyr
18:03de la 10,
18:03publiée aux éditions
18:04du Rocher.
18:05Esther Paolini,
18:06évidemment,
18:06vous connaissez vous aussi
18:07très bien cette affaire,
18:08la confession d'Ahmed Touloub,
18:09elle est très longue,
18:10très détaillée.
18:11Et quand il dit
18:12cette affaire me ronge
18:13depuis 31 ans,
18:15on ne peut que le croire
18:16parce qu'il se souvient
18:17de tous les détails,
18:18finalement.
18:19Effectivement,
18:20quand on regarde
18:22ces interrogatoires
18:22d'abord en garde à vue
18:23avec les gendarmes
18:24puis avec le juge
18:25d'instruction,
18:26il est capable
18:26de redonner très bien
18:28chaque détail
18:29de ce 11 août 87.
18:31Quand il est,
18:32alors il explique
18:32comment il est parti
18:34ce jour-là,
18:35il explique qu'il a dû
18:36aller voir un ami
18:37pour aller récupérer
18:38de l'argent
18:38pour partir en vacances
18:39et qu'à son retour,
18:40sa petite fille était,
18:42alors lui,
18:42ce qu'il dit,
18:43en tout cas,
18:43c'est qu'elle était morte
18:43sur un petit canapé
18:47dans l'appartement.
18:48C'est ça.
18:48Voilà, c'est ça.
18:50Alors,
18:51sa femme aurait dit
18:52que c'était un accident
18:52et sauf que
18:54ses deux filles,
18:55lui,
18:55il aurait dit
18:56qu'au contraire,
18:57ce n'était pas un accident
18:58et que c'était elle
18:58qui l'avait poussée
18:59dans l'escalier.
19:00Attention,
19:00parce que c'est la version
19:01du père
19:01qu'il faut prendre
19:02avec des pincettes.
19:04Parce qu'à partir du moment
19:05où il passe aux aveux
19:06et qu'il reconnaît
19:07que c'est bien sa fille,
19:08il va quand même tout faire
19:09pour se dédouaner.
19:10Pour charger,
19:10qu'on épouse.
19:11C'est-à-dire que je n'ai rien fait.
19:12Oui, c'est ça.
19:12Donc, effectivement,
19:13c'est un peu la loi du genre.
19:15Effectivement,
19:15il va essayer de se dédouaner
19:17au maximum.
19:18Et puis,
19:18encore un petit mot,
19:19Esther Paolini,
19:20il y a la mauvaise journée.
19:21C'est le terme employé
19:22par Ahmed Touloub.
19:24Le corps est déposé
19:25sur l'autoroute.
19:26Là, c'est pareil.
19:27On ne sait pas
19:27qui a déposé le corps.
19:28Les versions,
19:29elles se contredisent.
19:30Complètement.
19:31Chacun s'accuse
19:32d'avoir été
19:33à l'origine de cette idée
19:34et d'avoir déposé le corps.
19:37En tout cas,
19:38la maman explique
19:39que sa fille
19:40était encore vivante
19:41dans la voiture
19:43et que petit à petit,
19:44elle avait du mal à respirer
19:45et qu'elle aurait arrêté
19:47de respirer dans la voiture.
19:48Alors, encore une fois,
19:48c'est ses propos
19:49et on ne pourra peut-être
19:51jamais accréditer
19:52une version ou une autre.
19:53Elle se souvient même
19:54d'un détail terrible.
19:55Elle dit que son dernier mot
19:56qu'elle aurait prononcé,
19:57ça aurait été le mot maman.
19:59Ce qui est lourd de conséquences.
20:02A préciser quand même
20:03qu'en tout cas,
20:04il y a deux versions différentes
20:05sur l'heure de la mort.
20:07Le père dit
20:07que ce serait plutôt
20:08la veille au soir.
20:09La mère dit
20:09que ce serait le matin.
20:10Lors du trajet.
20:11En tout cas,
20:13l'heure de la mort
20:13a l'air de plus correspondre
20:15à la version de la mère
20:16avec les conclusions
20:19du médecin légiste
20:20qui est situé
20:21aux alentours de 11h.
20:23Pierre-Antoine Souchard,
20:24un petit mot.
20:25Ahmed Touloub,
20:26il raconte
20:27et il va dire
20:27qu'il s'étend lâche finalement.
20:29Il voyait tout ce qui se passait,
20:31il n'a pas bougé.
20:31C'est ce qu'il raconte.
20:32Il dit lui-même
20:33j'ai été lâche.
20:33Il lui dit
20:34j'ai été lâche.
20:35Il dit même aux enquêteurs
20:36maman,
20:37je suis content.
20:38Finalement,
20:38je peux soulager ma conscience
20:39si je me souviens bien.
20:41Oui,
20:41il est lâche.
20:42Il est...
20:43Après que...
20:44ce qui se passe
20:45dans un huis clos familial,
20:46c'est...
20:47Il essaie de s'échapper
20:48à cette histoire,
20:48ce qui est épouvantable.
20:49Il essaie de s'échapper.
20:51Après,
20:51il explique qu'il travaillait
20:53de 6h du matin
20:54à 23h.
20:55Donc,
20:55c'est son épouse
20:56qui s'est occupé des enfants.
20:57C'est version contre version.
20:58Il faut quand même
20:59faire attention à ça.
21:00Il ne faut pas charger
21:01plus l'une que l'autre
21:03ou l'autre que l'une.
21:05Le témoignage attendu
21:07de la mère
21:08Inas Touloub,
21:09la martyr de la 10,
21:10quand je la tape,
21:11je deviens une autre.
21:13Je ne me reconnais pas
21:14moi-même.
21:14L'enquête de l'heure du crime
21:15que va raconter celle
21:16qui serait à l'origine
21:17de ces 4 années de sévice
21:20infligées à la petite fille.
21:22A suivre
21:22dans un court instant
21:23sur RTL.
21:25Bonne journée
21:25sur RTL.
21:40Elle a indiqué
21:41ne plus avoir de souvenirs
21:42et puis elle a évolué
21:44dans ses déclarations
21:45en indiquant
21:46qu'elle pouvait être
21:47par moments violente
21:48à l'égard d'Inas
21:50mais qu'elle n'est pas
21:51impliquée
21:52dans la mort
21:53de ces dernières.
21:55Retour
21:55dans l'heure du crime
21:56sur l'affaire
21:57de la petite martyre
21:58Inas Touloub
21:584 ans
21:59pendant 30 ans
22:00elle était l'inconnue
22:01de la 10
22:01un corps couvert de plaies
22:03identifiée en 2017
22:05grâce à l'ADN
22:06son père a raconté
22:07la tragédie
22:08sa mère
22:08qui aurait commis
22:09les violences
22:10est entendue.
22:14Mardi 12 juin 2018
22:16Alima El-Bakti
22:1764 ans
22:18est en garde à vue
22:19elle est en mauvaise santé
22:21elle souffre de diabète
22:22elle reconnaît
22:23avoir une fille
22:24prénommée Inas
22:25mais celle-ci
22:26n'est pas morte
22:26elle vit dans le sud marocain
22:28elle a 3 enfants
22:30jusqu'à son mariage
22:31elle lui a envoyé
22:32de l'argent
22:32tous les mois
22:33Alima certifie
22:34que la petite fille
22:35de l'autoroute
22:36n'est pas la sienne
22:37deux jours plus tard
22:39devant le juge
22:40de Blois
22:40Alima El-Bakti
22:41passe aux aveux
22:42elle a nié
22:43car elle n'arrivait pas
22:44à réaliser
22:45qu'Inas était morte
22:46à propos des coups
22:48elle déclare
22:49je tapais
22:50mais pas à ce point là
22:51quand elle criait
22:52je la tapais
22:53je donnais des gifles
22:54la maman ne sait plus
22:55si ces gifles étaient fortes
22:57pour les brûlures
22:58décrites par son mari
22:59elle ne se souvient pas
23:00pour les morsures
23:01elle répond
23:02je ne suis pas un chien
23:04pour moi
23:05c'est pas possible
23:06selon elle
23:07c'est son mari
23:07qui était violent
23:08il tapait tout le monde
23:09et pas seulement
23:10Inas
23:11affirme-t-elle
23:15mardi 21 mai 2019
23:17un an après les interpellations
23:18Ahmed Touloub
23:19et son épouse
23:20Alima El-Bakti
23:21sont confrontés
23:22le mari confirme
23:23que sa femme
23:24frappait Inas
23:25sans arrêt
23:26elle l'a giflé
23:27la mordait
23:28lui tirait les cheveux
23:29il ne disait rien
23:31car sinon
23:31les coups auraient redoublé
23:33Alima El-Bakti
23:34dit qu'il s'agit
23:35de mensonges
23:36au juge
23:36elle précise
23:38quand je la tape
23:39je deviens une autre
23:40je ne me reconnais pas
23:42moi-même
23:42je ne comprends rien
23:44je l'aimais
23:45quand elle est née
23:46la mère de famille
23:47ne se souvient pas
23:48avoir mordu sa fille
23:49mais
23:49ajoute-t-elle
23:51c'est possible
23:52elle raconte
23:54que le jour du Dramina
23:54c'était très faible
23:55elle baissait la tête
23:57elle ne parlait pas
23:58l'enfant serait morte
23:59lors du trajet
24:00sa tête
24:00s'est envolée
24:01dit-elle
24:02elle avait de l'eau
24:03qui sortait de la bouche
24:05son mari s'est alors
24:06arrêté en voiture
24:07il a vu
24:08que la petite fille
24:10était morte
24:12Alima El-Bakti
24:13la confession
24:14confession qui est
24:15plus brève
24:16et beaucoup moins détaillée
24:17que celle de son mari
24:18il faut le noter
24:19Esther Paolini
24:20vous êtes avec nous
24:20dans cette heure du crime
24:21journaliste au Figaro
24:22auteur du livre
24:23Qui est-elle ?
24:24enquête sur la martyre de la 10
24:25qui est publiée
24:26demain
24:27aux éditions
24:28du Rocher
24:30Esther Paolini
24:31Alima El-Bakti
24:32on sent bien que
24:34elle ment presque
24:35désespérément
24:36parce que les faits
24:37sont tellement épouvantables
24:38qu'elle ne peut pas raconter
24:40ce qui s'est passé
24:40c'est ce que pense
24:42en tout cas
24:43le juge
24:44oui effectivement
24:45et d'ailleurs
24:46quand on regarde
24:47les procès-verbaux
24:48d'interrogatoire
24:49on se rend compte
24:50qu'il y a une mention
24:50d'abord à refuser
24:51de signer
24:52et je trouve que ça témoigne
24:53bien de la méfiance
24:54qu'elle nourrissait
24:55d'abord à l'égard
24:56des gendarmes
24:57et du refus
24:58de se confronter
24:58à sa propre réalité
25:00et du coup
25:01elle va d'abord
25:01être dans un déni
25:03en répétant
25:04que Inas est au Maroc
25:05que tous ses enfants
25:07vont bien
25:07et devant les gendarmes
25:08elle va maintenir
25:09cette version des faits
25:10ça va être une femme
25:11très verrouillée
25:12et finalement
25:12il va y avoir
25:13un basculement
25:13devant le juge
25:14d'instruction
25:16après un long silence
25:17elle va finir par répondre
25:18à l'affirmative
25:19en expliquant que
25:19oui c'est bien sa fille
25:20mais pour autant
25:21elle n'est pas capable
25:23d'admettre
25:23les morsures
25:24les sévices
25:25les plus violents
25:25ce que racontent aussi
25:28ces procès-verbaux
25:29c'est qu'elle ne peut pas
25:30s'empêcher de taper
25:32de commettre des violences
25:34sur cet enfant
25:34elle dit
25:35je tapais
25:36oui je tapais
25:37mais elle ne sait plus
25:39même plus si elle s'est arrêtée
25:40à un moment donné
25:41alors effectivement
25:43elle répète
25:44qu'elle tapait régulièrement
25:47sa fille
25:47mais en même temps
25:49elle n'est pas capable
25:49de dire si les violences
25:50étaient fortes
25:51régulières ou non
25:52elle reste souvent vague
25:54ça dépend quand elle faisait
25:55des crises
25:56alors qu'en fait
25:56on a plus l'impression
25:57que c'est la mère
25:57qui faisait des crises
25:58que l'enfant
25:58qui faisait des crises
25:59et elle n'est pas capable
26:01non plus d'expliquer
26:01la brûlure
26:02que Kinas avait
26:03en bas de son dos
26:05et finalement
26:06elle a beaucoup
26:06de troubles de mémoire
26:08mais les experts psychiatres
26:10qui vont l'interroger plus tard
26:12ne seront pas convaincus
26:14par ces problèmes de mémoire
26:15ils diront que ce sera
26:16plutôt une stratégie
26:17d'évitement
26:18oui c'est ça
26:18on se renvoie la balle
26:20encore une fois
26:20on essaie de minimiser
26:22ses responsabilités
26:23Pierre-Antoine Touchard
26:24vous êtes journaliste
26:24vous avez réalisé un documentaire
26:26pour Canal Plus
26:27sur cette affaire
26:28et merci encore d'être avec nous
26:29dans cette heure du crime
26:30il y a quelque chose d'étonnant
26:32c'est que
26:32ce papa
26:33et cette maman
26:3431 ans après
26:35il n'y a pas beaucoup de regrets
26:37dans ce qu'ils disent
26:38enfin ils parlent d'eux
26:39ils essaient d'esquiver
26:40l'un et l'autre
26:41leurs responsabilités
26:42mais
26:43je n'ai pas lu de mots
26:45de regrets
26:46d'excuses
26:47quasiment
26:48dans leurs propos
26:51non
26:51peut-être
26:52c'est assez compliqué
26:53pour eux
26:54d'admettre
26:54qu'ils ont
26:56tué leur enfant
26:57chacun
26:58avec leur responsabilité
26:59tué leur enfant
26:59je voudrais quand même
27:01signaler
27:01que quand les enquêteurs
27:02vont interpeller
27:04madame Elbakti
27:06sur un livre de chevet
27:07qui est à côté
27:08de son lit
27:08il y a une photo
27:10d'Inas
27:10avec sa grand-mère
27:11cette photo
27:12elle accompagne
27:13tout le temps
27:14madame Elbakti
27:15elle est toujours avec elle
27:17dans ce livre
27:17qui est à côté d'elle
27:18donc l'enfant
27:19est présent
27:20il faut aussi préciser
27:21qu'Inas
27:22elle est née au Maroc
27:23comme ses deux soeurs aînés
27:24mais simplement
27:25elle est restée
27:25beaucoup plus longtemps
27:26au Maroc
27:26que ses deux soeurs
27:27elle est restée
27:27un an et demi à peu près
27:28presque deux ans
27:29quand ses parents
27:31viennent la récupérer
27:31donc c'est une enfant
27:33qui ne connait pas
27:34ses parents
27:34elle ne connait que
27:35sa grand-mère
27:36qu'elle considère
27:36comme sa mère
27:37donc le père
27:38et la mère
27:38sont des inconnus
27:39ses soeurs
27:40sont des inconnus
27:41donc
27:43quand la mère
27:43dit que c'était
27:44une enfant difficile
27:44c'est une enfant
27:45qui ne connaissait pas
27:46ses parents
27:46et qui ne savait pas
27:47pourquoi elle avait été
27:48arrachée
27:48à ce qu'elle pensait
27:50être sa mère
27:51Petit détail
27:52qui est sordide
27:53mais qui est important
27:54aussi dans l'enquête
27:54policière
27:55Esther Paolini
27:57il y a des morsures
27:58énormes
27:58très nombreuses
27:59sur cet enfant
28:00il y a des analyses
28:01odontologiques
28:02qui vont être conduites
28:03on ne sait pas
28:03qui a mordu l'enfant
28:05au final
28:05Alors en fait
28:06il va y avoir
28:06plusieurs expertises
28:08durant les 30 ans
28:09d'abord le médecin légiste
28:10va penser que c'est
28:12peut-être plusieurs
28:13personnes qui ont pu
28:14la mordre
28:15ensuite
28:15l'année suivante
28:16un expert estime
28:18non non il n'y a eu
28:18qu'un seul mordeur
28:19et puis finalement
28:20en 2018
28:20l'IRCGN
28:22qui a du coup
28:23des techniques
28:23beaucoup plus
28:25pointues qu'à l'époque
28:26refait des analyses
28:27et là
28:28on arrive à la conclusion
28:29qu'il y aurait
28:30effectivement
28:30plusieurs mordeurs
28:32l'un serait
28:33adulte
28:34et tendance féminine
28:35donc ça irait
28:36plutôt vers la mer
28:36et d'autres morsures
28:39qui sont beaucoup moins
28:40violentes
28:40et beaucoup moins profondes
28:41auraient été causées
28:42par des mâchoires
28:43d'enfants
28:44âgés de 7 à 9 ans
28:46ce qui en fait
28:46semble correspondre
28:47à la fratrie
28:48à l'âge des grandes soeurs
28:49des grandes soeurs
28:50effectivement
28:51on ne saura pas
28:51c'est peut-être
28:52des actes d'imitation aussi
28:54si la maman mordait
28:55pourquoi pas
28:55les enfants peuvent mordre aussi
28:56effectivement
28:57on s'inspire aussi
28:58toujours de ce genre de choses
28:59les souvenirs
29:01justement
29:01des frères et des soeurs
29:03Inas Touloub
29:04la martyr de la 10
29:05nos parents
29:06ne nous avaient pas parlé
29:08mais nous avions compris
29:09je savais
29:10ce qu'il s'était passé
29:11l'enquête de l'heure du crime
29:12on se retrouve
29:13dans un instant
29:13sur RTL
29:29Au programme de l'heure du crime
29:31la petite martyr Inas Touloub
29:32morte sous les coups
29:34et les sévices
29:34en 1987
29:35pendant 30 ans
29:37elle a été
29:38l'inconnue
29:39de l'autoroute A10
29:40identifiée grâce à l'ADN
29:41ses parents rattrapés
29:43et écroués
29:43ses 6 frères et soeurs
29:45tout petits à l'époque
29:46vont témoigner
29:50Vendredi 24
29:51et mercredi 29 mai 2019
29:53les enfants du couple
29:55Touloub el-Bakti
29:56partie civile
29:57sont entendus
29:58par le juge
29:59l'une des filles
30:009 ans à l'époque des fées
30:02se souvient de sa soeur Inas
30:03comme d'une enfant
30:04qui parlait beaucoup
30:05entre Inas et les parents
30:07c'était dur
30:08dit-elle
30:09ma mère était en souffrance
30:10et avait du mal avec nous
30:12et encore plus avec Inas
30:13la soeur
30:14décrit le départ en voiture
30:16dans la nuit du 10 au 11 août 87
30:19c'était pas la panique
30:20mais on sentait quelque chose
30:22de dramatique
30:23on s'est arrêté un moment
30:25après je me rappelle plus
30:26elle se souvient d'Inas
30:28inerte
30:29enroulée dans quelque chose
30:30dans les bras de sa mère
30:32nos parents ne nous avaient rien dit
30:34mais nous avions compris
30:36je savais ce qu'il s'était passé
30:38elle n'a plus jamais reparlé d'Inas
30:39avec ses parents
30:40une autre soeur
30:416 ans au moment du drame
30:43se souvient du climat de violence
30:45qui régnait dans la maison
30:46si j'avais eu la maturité suffisante
30:48j'aurais compris que tout ça
30:49était ce qu'on appelle
30:51la folie
30:52dit-elle
30:55jeudi 13 juin 2019
30:57et mardi 11 août 2020
30:59Ahmed Touloub
31:0068 ans
31:01et Alima El-Bakti
31:0266 ans
31:02sont remis en liberté
31:03et placés sous contrôle judiciaire
31:05en 2022
31:074 ans après les mises en examen
31:09le parquet demande
31:09que le couple soit renvoyé
31:11aux assises
31:12l'affaire va longtemps se perdre
31:14dans des méandres juridiques
31:16notamment sur la qualification des faits
31:18meurtre
31:19violence volontaire
31:20ayant entraîné la mort
31:21sans l'intention de la donner
31:22ou encore acte de torturer
31:24de barbarie
31:25le débat
31:27va s'éterniser
31:29alors on va revenir
31:30au témoignage des frères
31:31et des soeurs
31:32surtout des soeurs
31:32parce que ce sont les plus grandes
31:33à l'époque
31:34je l'ai dit
31:349 ans et 6 ans
31:35elles ont quelques souvenirs
31:36de ce qui a pu se passer
31:38cette nuit-là
31:38cette nuit terrible
31:40du 11 août 87
31:41mais je voudrais juste
31:42un petit mot avec vous
31:43Pierre-Antoine Souchard
31:44vous connaissez bien ce dossier
31:45vous avez réalisé
31:46un documentaire là-dessus
31:48un petit mot là-dessus
31:49sur les morsures
31:50parce que c'est important
31:52tout ça est assez flou
31:53on a relevé des morsures
31:54d'une bouche
31:56sans doute adulte
31:57d'autres morsures
31:58qui appartiendraient
31:59à des enfants
32:00est-ce qu'on sait
32:01avec certitude
32:02qui a mordu
32:03le plus violemment
32:04la maman
32:05et ce que signifient
32:06toutes ces morsures
32:07alors
32:09pardon
32:09les morsures
32:10les plus
32:12pardon pour ce mauvais
32:13agressives
32:13agressives
32:14incisives
32:15sont celles
32:15d'un adulte
32:16a priori
32:17qui correspond
32:18à la mâchoire
32:19et à la dentition
32:20de la mère
32:21ensuite il y a
32:22des morsures
32:23beaucoup plus
32:25légères
32:25qui sont des
32:26morsures
32:27d'enfants
32:27donc il faut pas
32:28je crois qu'il faut être
32:29très précautionneux
32:31et ne pas laisser croire
32:32que les enfants
32:32auraient pu mordre
32:33comme leur mère
32:34ou l'adulte
32:35leur soeur
32:37est-ce que c'est
32:37de l'imitation
32:38est-ce qu'ils jouaient
32:39ensemble
32:40au lion
32:41et à l'antilope
32:43je ne sais pas
32:43c'est un enfant
32:44comment on peut en faire
32:45donc il faut
32:46être très prudent
32:47sur les morsures
32:49les morsures
32:50de petite taille
32:51et c'est important
32:52de le souligner
32:52c'est pour ça que je voulais
32:53qu'on revienne avec vous
32:53là dessus
32:54parce qu'effectivement
32:55on n'est pas l'impression
32:56que là
32:58les enfants
32:58auraient pu se jeter
33:00sur la soeur
33:00c'est absolument pas le cas
33:02en l'espèce
33:02dans cette histoire
33:03mais ça a été dit au début
33:04on s'est posé beaucoup de questions
33:05là dessus
33:06Esther Paolini
33:06vous êtes avec nous
33:07journaliste au Figaro
33:08vous sortez un ouvrage
33:09là dessus
33:10sur cette affaire
33:10qui est-elle
33:11en quête sur la martyre
33:12de la 10
33:13il y a quelque chose d'étonnant
33:15dans ces témoignages
33:16des enfants
33:17en tout cas
33:18des plus grandes soeurs
33:19parce qu'elles ont des souvenirs
33:20ce que j'ai dit
33:21c'est que la loi du silence
33:24elle a été absolument
33:26respectée à la lettre
33:27c'est un secret de famille
33:29tout le monde sait
33:30mais personne ne dit rien
33:32effectivement
33:32et les premiers jours
33:34après la disparition d'Inas
33:35les grandes soeurs
33:36ont posé des questions
33:37ont tenté de comprendre
33:39et en fait
33:40elles se sont bien rendues compte
33:41qu'elles n'auraient pas de réponse
33:42de la part de leurs parents
33:43et elles ont fini par en fait
33:43arrêter de poser des questions
33:45et finalement
33:46la disparition
33:47l'absence d'Inas
33:48a fini par devenir
33:49un non-sujet
33:50on a repris le quotidien
33:51comme si de rien n'était
33:52et comme si finalement
33:53presque elle n'avait jamais existé
33:55la plus grande soeur va dire
33:56qu'elle avait compris
33:58elle va le dire
33:59d'ailleurs
34:00l'interrogatoire
34:01il est très important
34:02il est très intéressant
34:03chez le juge
34:04elle va dire
34:05j'avais compris
34:06on savait
34:07mais
34:08voilà
34:09c'était tellement terrifiant
34:10qu'on n'allait pas plus loin
34:11on n'allait pas poser de questions
34:12oui effectivement
34:13et elle parle aussi
34:14d'un espace
34:15tellement douloureux
34:16qu'on n'y va plus
34:17je pense que
34:18à cet âge là
34:19elles ont compris
34:20c'était là quelque part
34:21mais
34:21elles vivaient avec le poids
34:22du secret
34:23et on finit par grandir
34:24avec ce poids
34:25toute leur vie
34:26pendant 30 ans
34:27Pierre-Antoine Souchard
34:29c'est étonnant
34:30effectivement
34:30cette révélation
34:31qui fait exploser
34:33une famille
34:33mais qui avait déjà
34:34implosé
34:35j'ai envie de dire
34:37alors je pense que
34:38pour les deux grandes
34:40c'est aussi un mécanisme
34:41de défense
34:42pour elles
34:42c'est à dire qu'elles savent
34:43mais on n'en parle pas
34:44et donc elles enfouissent ça
34:45au plus profond d'elles-mêmes
34:47et en espérant
34:48que ça ne ressortira
34:49jamais un jour
34:49mais ça
34:52c'est ressorti
34:53et après pour les autres
34:56pour les autres enfants
34:57ils découvrent
34:57l'existence
34:58d'une petite soeur
35:01il y en a un
35:02c'est l'ADN
35:03c'est son ADN
35:04qui a permis
35:05d'identifier
35:05toute la famille
35:06donc chacun
35:06doit porter une part
35:08de ce secret
35:09c'est terrible
35:10pour les enfants
35:12c'est quelque chose
35:13qu'on ne souhaite à personne
35:1739 ans plus tard
35:18le procès
35:20Inas Touloub
35:21la martyr de la 10
35:22mon père
35:23ça fait longtemps
35:24qu'il ne parle plus
35:25il est complètement mort
35:27de l'intérieur
35:27l'enquête de l'heure du crime
35:29je vous retrouve
35:29dans un instant
35:30sur RTL
35:32Gardez RTL
35:33toujours avec vous
35:34plus d'infos
35:35plus de musique
35:36téléchargez l'appli RTL
35:40L'heure du crime
35:41présentée par
35:42Jean-Alphonse Richard
35:42sur RTL
35:44Dans l'heure du crime
35:45le calvaire
35:46de la petite
35:46Inas Touloub
35:47morte sous les coups
35:49et les sévices
35:49à 4 ans
35:50en 1987
35:51laissé au bord
35:52de l'autoroute A10
35:533 décennies
35:54pour l'identifier
35:55grâce à l'ADN
35:5639 ans plus tard
35:58ses parents
35:58vont être jugés
36:03Lundi 2 novembre
36:042026
36:05Ahmed Touloub
36:0674 ans
36:07et Alima El-Bakti
36:0872 ans
36:09sont attendus
36:10devant la cour d'assises
36:12du Loire-et-Cher-Ablois
36:13La mère de la petite
36:14Inas va comparaître
36:15pour torture
36:16et acte de barbarie
36:18ayant entraîné la mort
36:19le père va lui
36:20être jugé
36:21pour complicité
36:21Il n'était pas intervenu
36:24par lâcheté
36:25a-t-il reconnu
36:26quand son épouse
36:27frappait Inas
36:28pour un oui
36:29ou pour un non
36:33Une des sœurs d'Inas
36:35âgée de 6 ans
36:36au moment des faits
36:37avait suivi
36:37une psychothérapie
36:38qui avait fait remonter
36:39des choses
36:40en elle
36:41Quelques mois
36:42avant les interpellations
36:43elle avait interrogé
36:44son père
36:45sur Inas
36:46Il n'avait rien dit
36:47Mon père
36:48ça fait longtemps
36:49qu'il ne parle plus
36:50Il est complètement mort
36:52de l'intérieur
36:53avait-elle déclaré
36:55au juge
36:56On a le soulagement
36:58de se dire
36:58que cette chaîne sensible
37:00cette chaîne d'attention
37:02autour de cet enfant
37:04elle a tenu
37:05C'est bien ce moteur
37:07sensible
37:08cette compassion
37:09profonde
37:10cette adoption
37:11collective
37:11de cet enfant
37:12qui a empêché
37:13ce dossier
37:14de sombrer dans l'oubli
37:16La voix de Georges Domergue
37:17ancien juge d'instruction
37:19à Blois
37:19ça a été le premier
37:20juge d'instruction
37:21dans cette affaire
37:22et il a tout fait
37:22pour faire avancer
37:24le dossier
37:24c'était dans l'émission
37:26enquête criminelle
37:26sur W29
37:28Pierre-Antoine Souchard
37:29journaliste
37:30est avec nous
37:30vous connaissez parfaitement
37:31ce dossier
37:33question très simple
37:34pourquoi ce procès
37:35vient-il aussi tard ?
37:37Parce que l'effet
37:37était à peu près établi
37:39clair
37:39il y avait eu des témoignages
37:41on avait la famille
37:42sous la main
37:42on aurait pu juger
37:45déjà il y a quelques années
37:46ce dossier
37:47alors ça vient aussi tard
37:48parce qu'il y a un problème
37:49de qualification juridique
37:50au départ
37:51si je ne me trompe pas
37:52les parents sont mis en examen
37:54pour violence volontaire
37:55ayant entraîné la mort
37:55sans intention de la donner
37:56le parquet n'est pas d'accord
37:58il fait appel
37:59donc tout ça prend du temps
38:00et après pour sécuriser le dossier
38:02il va y avoir des appels
38:04devant la chambre de l'instruction
38:05donc le dossier
38:06aurait pu peut-être arriver
38:08quand même
38:09on a perdu beaucoup de temps
38:103 ou 4 ans plus tôt
38:11voilà
38:11quand on écoute
38:12le juge Georges Domergue
38:14lui il faisait avancer les choses
38:17il faisait bouger
38:17puis après ça s'est immobilisé
38:19ça s'est perdu
38:20et alors je voudrais
38:20pardon
38:21juste rajouter une chose
38:22les parents sont en liberté
38:24sous contrôle judiciaire
38:25donc le dossier
38:26n'est plus prioritaire
38:27pour l'audiencement aux assises
38:29oui alors ça
38:29on rentre effectivement
38:30dans les subtilités
38:32exactement
38:32effectivement des affaires judiciaires
38:34mais le fait est
38:35c'est qu'il y a beaucoup de retard
38:37aussi qui a été pris
38:38dans cette affaire
38:39Esther Paolini
38:40journaliste au Figaro
38:41auteur d'un ouvrage
38:41là-dessus sur cette affaire
38:43ou qui est-elle
38:45c'est le titre de votre ouvrage
38:46qui est-elle
38:46c'était ce qui a été marqué
38:48sur la vie de recherche
38:49quand on ne connaissait pas
38:51l'identité d'Inas Touloub
38:53question très importante
38:54qui va être au coeur même
38:56du procès
38:56est-ce que
38:58la mère de famille
38:59qui est la plus exposée
39:00le mari est renvoyé
39:02pour complicité
39:02est-ce qu'elle voulait
39:03tuer sa fille ?
39:06je me garderais bien
39:07d'apporter une réponse
39:08ce sera à la cour d'assises
39:09d'en décider
39:10en tout cas
39:12là elle est renvoyée
39:13pour acte de torture
39:14ayant entraîné la mort
39:15sans intention
39:16de la donner
39:17ils encourt
39:17tous les deux
39:18la réclusion criminelle
39:19à perpétuité
39:20maintenant on va voir
39:22à quel point
39:23elle va pouvoir
39:23s'exprimer
39:24devant la cour d'assises
39:27à quel point
39:28est-ce que
39:29sa mémoire aussi
39:30va peut-être
39:31faire défaut
39:32parce que
39:32les années passent
39:34c'est possible
39:36qu'on n'ait pas
39:37toutes les réponses
39:37pendant ce procès
39:39et que c'est possible
39:40aussi qu'il y a
39:41une part de secret
39:42qui continue
39:43même après le verdict
39:44oui on risque
39:45d'être encore
39:45un petit peu
39:46dans l'approximation
39:47et dans le flou
39:47je suis d'accord
39:48avec vous
39:48mais encore une question
39:49pour vous Esther Paolini
39:52la famille
39:54c'est compliqué
39:54pour eux
39:55d'aller à ce procès
39:56ils ne veulent pas
39:57y aller à ce procès
39:58je ne parle pas
39:58là des mises en examen
39:59mais même
40:00les filles
40:01et les garçons
40:02ils n'ont pas envie
40:03de raconter
40:04c'est quelque chose
40:05de particulier
40:06dans cette affaire
40:07c'est qu'en fait
40:07les frères et sœurs
40:08ont découvert
40:09en tout cas pour certains
40:10ont découvert
40:10l'existence d'une sœur
40:11au moment de l'arrestation
40:12de leur père
40:13de leur père et de leur mère
40:14pardon
40:14et donc c'est une violence
40:15inouïe pour eux
40:18et depuis
40:19évidemment
40:19ils redoutent
40:20le moment
40:20où l'attention médiatique
40:22va de nouveau
40:22se braquer sur eux
40:24en tout cas
40:24ils ont été constitués
40:25partie civile
40:26donc ils sont partie
40:27prenante au procès
40:29alors de ce que
40:30j'ai cru comprendre
40:30ils soutiennent
40:31quand même
40:31plutôt leurs parents
40:32ce qui du coup
40:32est un positionnement
40:34de partie civile
40:34qui peut interroger
40:35quand même
40:36ça arrive de temps en temps
40:37ça arrive
40:38voilà
40:39et surtout effectivement
40:40ils redoutent
40:41de devoir déposer
40:43à la barre
40:43et je crois avoir compris
40:45qu'ils ont fait
40:46des demandes
40:46de pouvoir témoigner
40:47à huis clos
40:48ou alors en visioconférence
40:49pour ne pas avoir
40:50à être confronté
40:52à la presse
40:52non écoutez
40:53on va voir évidemment
40:54ce qui va se passer
40:54ce procès qui est important
40:55c'est un procès
40:56pour la mémoire
40:56pour la mémoire
40:57de cette petite fille
40:58et ça c'est quand même
41:00extrêmement important
41:00justement
41:01Pierre-Antoine Souchat
41:02qu'est-ce qui vous a marqué
41:03vous le plus
41:04dans cette histoire
41:04est-ce qu'il y a
41:05un moment
41:06un déclic
41:07quelque chose
41:08qui vous a frappé
41:09particulièrement
41:09lorsque vous avez enquêté
41:10sur cette affaire
41:12moi ce qui m'a frappé
41:13c'est
41:14la façon dont cette petite fille
41:16a été adoptée
41:17par le village de Suev
41:19une petite fille inconnue
41:21trouvée sur un bord
41:22de l'autoroute
41:23ce bord de l'autoroute
41:25correspond à la commune
41:25de Suev
41:26donc elle va être
41:26enterrée à Suev
41:27et Suev c'est un petit village
41:29du Loir-et-Cher
41:29aujourd'hui c'est
41:30on va dire
41:31presque une ville d'ortoir
41:32de blois
41:33mais à l'époque
41:34c'est encore un village animé
41:35et les gens se prennent
41:38d'affection
41:39d'affection
41:39et puis se disent
41:40mais c'est
41:41cette pauvre enfant
41:42donc on va
41:42ça va devenir
41:44l'enfant du village
41:44à ce point que la tombe
41:46a été fleurie
41:46la nouvelle tombe
41:48c'est une collecte
41:49au sein du village
41:51j'ai le monument funéraire
41:53il y a une plaque de céramique
41:54ici un ange repose
41:55qui a été posée
41:56dès les premiers jours
41:57dès les premiers jours
41:58par les habitants du village
42:00qui se relaient
42:01c'était toujours
42:02l'une des tombes
42:03les plus fleuries
42:03et c'est une tombe
42:05qui a fait l'objet
42:05de surveillance aussi
42:06à chaque anniversaire
42:08pour voir si l'assassin
42:09revenait sur les lieux du crime
42:10donc les gendarmes
42:11se mettaient dans un hangar
42:12municipal à côté
42:13et étudiaient qui pouvait venir
42:15voilà
42:16Esther Paolini
42:17je termine cette émission
42:18avec vous
42:18pourquoi vous avez fait ce bouquin
42:20qui est-elle
42:20en quête sur la martyr de la 10
42:22parce que cette histoire
42:23elle est tellement cruelle
42:24et épouvantable
42:25qu'elle a frappé
42:26votre imagination
42:27ou bien c'est l'histoire
42:28d'un secret de famille aussi
42:31ce livre il est aussi
42:32parce qu'on pourrait croire
42:32que c'est une anomalie
42:34dans l'histoire criminelle
42:36et en fait on se rend compte
42:36qu'elle est tristement banale
42:39et il y a les mêmes ressorts
42:40qui arrivent encore
42:41trop nombreuses fois
42:42c'est-à-dire une famille
42:44qui passe sous les radars
42:45une enfant violentée
42:47dans l'indifférence
42:48que ce soit de l'entourage
42:49peut-être aussi des voisins
42:50etc
42:51et en fait c'est une affaire
42:52qu'on retrouve encore
42:53beaucoup trop de fois
42:54malheureusement
42:55dans nos tribunaux
42:56aujourd'hui
42:56donc ce sera en procès
42:58pour l'exemple
42:58vous êtes d'accord avec ça
42:59évidemment
42:59tous les deux
43:01nos invités
43:01aujourd'hui de l'heure du crime
43:02merci beaucoup
43:03Esther Paolini
43:04et Pierre-Antoine Souchard
43:06d'avoir été nos invités
43:07dans l'heure du crime
43:07aujourd'hui
43:08merci à l'équipe de l'émission
43:09rédactrice en chef
43:10Justine Vigneault
43:11préparation Marie Bossard
43:12Lily L'Abbaye
43:13réalisation en direct
43:14Jonathan Griveaux
43:15merci à l'équipe de l'émission
43:15merci à l'appliquer de l'émission