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  • il y a 29 minutes
Regardez le débat entre Catherine Tricot, directrice de la revue "Regards", et Carl Meeus, rédacteur en chef du "Figaro magazine".
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 20 octobre 2026.

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Transcription
00:01RTL Soir, c'est avec Anne-Sophie Lapix
00:07Depuis le début du mouvement des lycéens, le gouvernement pointe du doigt LFI, accusé de souffler sur les braises et
00:13de manipuler la jeunesse.
00:15Pour Bruno Retailleau, le parti de Jean-Luc Mélenchon est fasciné par la violence et organise l'insurrection.
00:21Il faut selon lui tout simplement l'interdire.
00:24Alors pour le président du Sénat, Gérard Larcher, la question doit être posée après les violences du week-end dernier.
00:30Alors on la pose, faut-il interdire LFI ?
00:33On en débat, dans les grands esprits se rencontrent.
00:35Nos invités Catherine Tricot, directrice de la revue Regards, bonsoir.
00:38Bonsoir.
00:39Et Karl Méhus, rédacteur en chef du Figaro Magazine, bonsoir.
00:42Bonsoir.
00:42Karl Méhus, pourquoi faudrait-il interdire LFI ?
00:45Alors il y a beaucoup de raisons qui au moins méritent qu'on en discute.
00:50Après, est-ce qu'il faut l'interdire concrètement ? On verra.
00:53Moi je vois au moins deux raisons principales.
00:55La première, la plus récente, c'est quand vous entendez des dirigeants de LFI, et pas des moindres,
01:00Bali Bagayoko, qui a été élu maire il n'y a pas longtemps, qui explique que la violence est légitime.
01:05Peut être légitime.
01:07Je suis désolé, quand on voit comment ça s'est traduit ce week-end, on se pose des questions.
01:13Ça il le dit aux côtés des lycéens.
01:15Il le dit aux côtés des lycéens, et c'est d'ailleurs, certains policiers datent le basculement de cette prise
01:20de parole.
01:21C'est peut-être un peu excessif, donner beaucoup de pouvoir à M. Bagayoko.
01:27Mais en tout cas, le fait est qu'il donne une sorte d'autorisation.
01:31Le deuxième élément, qui est plus ancien, c'est quand même que Jean-Luc Mélenchon s'est associé avec la
01:38jeune garde,
01:39qui est ce mouvement, à l'origine, pour certains, de ses membres, à l'origine de la mort d'un
01:45jeune étudiant à Lyon,
01:46et que l'on sache...
01:48Quentin de Ranc, voilà.
01:49Quentin de Ranc, voilà.
01:50Exactement.
01:51Mais il est malheureusement quand même mort d'y comporter.
01:55Je vous rappelle le contexte.
01:56Exactement, vous avez raison.
01:58Mais que je sache, LFI n'a pas sorti de ses rangs le fondateur de la jeune garde,
02:04qui est aujourd'hui député Raphaël Arnaud.
02:07Réponse, Catherine Secault.
02:08Tout ça ne tient absolument pas debout.
02:12Non mais sur rien, il n'y a rien.
02:14Il n'y a rien de...
02:15Oui, même ça.
02:17Oui, mais on a le droit de le penser.
02:20Non mais je veux dire, on a le droit de le penser, ça ne justifie pas l'interdiction.
02:24On a le droit de penser quoi ?
02:25Que la violence est légitime.
02:26Je ne peux pas être d'accord.
02:28Et d'ailleurs...
02:28Mais est-ce que c'est le rôle d'un élu de le dire ?
02:30Non, non, non, non.
02:31Ce que je veux vous dire, c'est que ça ne justifie pas.
02:34Un élu peut le penser, peut le dire.
02:36Et d'ailleurs, si vous permettez, si on rappelle le contexte, puisque vous l'avez fait tout à l'heure,
02:41Bali Bagayoko est auprès de lycéens qui sont un peu chaud bouillants et leur dit
02:45la violence peut être légitime, mais il ne faut pas l'utiliser, je vous demande de ne pas le faire.
02:50C'est-à-dire qu'en fait, ils cherchent, parce que c'est quand même une question,
02:53c'est comment on fait pour parler à une jeunesse qui est un tout petit peu rétive,
03:00voire déconnectée de toutes les institutions, des élus, etc.
03:04C'est une précaution de langage alors, vous pensez ?
03:06Moi, je pense que pas une précaution de langage, je pense qu'il le pense,
03:09et je pense qu'on peut le penser, mais surtout ce que je pense,
03:12c'est qu'il a cherché le chemin pour parler aux jeunes.
03:15D'ailleurs, tout son comportement...
03:16On a vu le résultat.
03:17Tout son comportement, par exemple, vous savez très bien qu'il y a eu des images truquées,
03:21mais qu'il y a une poubelle qui prend feu, on a fait comme si c'était lui qui l
03:25'avait allumé,
03:26alors qu'en vérité, quand on regarde la vidéo, Bali Bagayoko va éteindre la poubelle.
03:32C'est-à-dire qu'en fait, il cherche, il fait même, comme c'est en plus un entraîneur de
03:36basket,
03:36il a des grands bras, etc.
03:38Et il fait de son corps une barrière pour dire aux jeunes, ne poussez pas, reculez, etc.
03:43C'est-à-dire qu'en fait, je crois que c'est totalement injuste de lui faire ce reproche,
03:47mais en dehors de ça, je veux dire, en dehors de ça,
03:50il y a des tas de partis, de gens, d'intellectuels, historiquement,
03:55de gens qui pensent que la violence est trop légitime.
03:57On ne peut pas l'interrompre.
03:58Hier, l'un de nos invités nous a remarqué que dans les manifestations,
04:01on voyait des drapeaux de l'extrême-gauche, de la Confédération nationale du travail,
04:04de l'Union pour la reconstruction communiste, de la révolution permanente,
04:07et que ces groupes ont toujours professé une action violente,
04:10et que les filles ne rejettent pas ces groupes, ne les condamnent pas.
04:13C'est une ambiguïté.
04:14Alors, je ne dirais pas les choses comme ça.
04:18LFI a toujours récusé la violence comme mode d'action.
04:21En revanche, ce qui est vrai, c'est qu'elle ne coupe pas les ponts avec eux.
04:24Avec ceux qui sont violents.
04:25Et ce n'est pas avec ceux qui sont violents.
04:27Attention, ils revendiquent la violence.
04:28La jeune garde, ce n'est pas des seins.
04:30Je ne suis pas en train de parler de la jeune garde,
04:32je parle par exemple de révolution permanente, de la CNT, des anards, etc.,
04:37qui peuvent avoir une théorisation de la violence,
04:41et LFI est en relation avec eux, ne coupe pas les ponts avec eux,
04:45mais la théorie, le discours politique de LFI n'est pas un appel à la violence.
04:50Vous pouvez même toujours écouter Mélenchon dire, ça nous desserre.
04:54Si vous le faites, ça desserre le combat.
04:56Ça va nous desservir politiquement.
04:58Donc, il leur demande de ne pas le faire.
05:00Et il n'y a pas de contre-exemple à ça.
05:02Karl Meus, pour être clair, Jean-Luc Mélenchon devrait condamner les violences des manifestations.
05:06Alors, c'est le but de la réunion que Sébastien Lecornu a convoquée à Matignon avec les partis politiques.
05:12Il leur a adressé une lettre d'ailleurs, dans laquelle il explique bien qu'il aimerait en préalable
05:18que tous les partis condamnent la violence.
05:20Mais on a envie de dire que c'est bien le moins.
05:22Pourquoi faire, a répondu Jean-Luc Mélenchon ?
05:24Pourquoi faire ?
05:25Condamner la violence ?
05:28C'est là où on voit, c'est exactement la même stratégie avec l'antisémitisme.
05:35On ne peut pas clairement dire, c'est de l'antisémitisme.
05:39Parce que si on l'attaque devant les tribunaux, vous perdrez.
05:42Parce qu'il pourra dire, mais je n'ai pas dit ça.
05:44Mais il joue avec les connotations antisémites quand il parle de Glucksmann au lieu de Glucksmann.
05:50Quand il joue avec les prénoms, avec les noms.
05:52Ça renvoie à toute une époque où les antisémites le faisaient.
05:58Et là, pour la violence, c'est pareil.
06:00Évidemment, il n'appelle pas au grand soir.
06:02Mais enfin, pardon, il ne faut pas oublier.
06:04Jean-Luc Mélenchon, c'est un trotskiste.
06:06Comment les trotskistes ont pris le pouvoir avec les bolcheviques à l'époque ?
06:10Alors allons-y.
06:12Juste Catherine Grégo sur le manque de clarté.
06:14Alors, moi ce que je veux dire, c'est que cette réunion, je la trouve fautive.
06:18Parce qu'en vérité, la réunion qui est convoquée par le Cornu, c'est qu'en fait, elle ne vise
06:24que la France insoumise.
06:26C'est-à-dire que du coup, on fait un pont d'or au Rassemblement national qui est totalement valorisé
06:32là-dedans.
06:33Et le seul qui serait mis en demeure d'eux, c'est la France insoumise.
06:37Et encore une fois, je rappelle que la France insoumise, du point de vue de l'expression politique,
06:45et l'ambiguïté, s'il y a ambiguïté, c'est celle que je disais tout à l'heure.
06:49C'est qu'en fait, la France insoumise a des relations politiques avec...
06:53Il y a un député dans son groupe qui est du Parti Ouvrier Indépendant.
06:57Le I, ce doit être indépendant, POI.
07:00Il y a en effet le fondateur de la Jeune Garde.
07:03C'est-à-dire qu'il y a des militants de l'extrême-gauche.
07:05Le NPA soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
07:08Donc, il y a des relations politiques avec l'extrême-gauche.
07:10Il ne faut pas se fâcher.
07:11Mais vous ne pouvez pas dire que Jean-Luc Mélenchon...
07:14Jean-Luc Mélenchon a toujours dit qu'il pensait que ça desservait.
07:17Et je crois que là, on peut le dire.
07:18Les premiers sondages qui sortent montrent que ça ne lui profite pas
07:21et que ça profite davantage à Marine Le Pen, évidemment.
07:24Alors, très concrètement, est-ce qu'on peut interdire un parti à la FI ?
07:28Est-ce qu'il y a des motifs qui pourraient permettre d'interdire à la FI ?
07:32Puisque c'est la proposition de Bruno Retailleau.
07:34Non, c'est un peu compliqué.
07:35D'abord, parce qu'il y a la représentation démocratique.
07:38LFI a des élus, tout ça.
07:40On constate juste que certains ont des pudeurs de gazelle avec LFI
07:45qu'ils n'ont pas avec le Rassemblement National.
07:47Puisqu'une partie de la gauche réclamait l'interdiction du Rassemblement National.
07:50Ça n'a pas été fait.
07:51Mais en l'occurrence, pour l'instant, le Rassemblement National a démontré
07:55qu'il jouait le jeu démocratique.
07:56C'est le cas aussi de LFI.
07:58C'est pour ça que c'est un peu difficile de dire qu'il faut l'interdire.
08:02C'est un slogan, en fait, de dire qu'il faut l'interdire.
08:04C'est de la politique.
08:06C'est-à-dire que ça vise, et on voit bien la stratégie de Bruno Retailleau et aussi de Gérard
08:14Larcher,
08:15ça vise à empêcher les socialistes, peut-être les écologistes et peut-être les communistes,
08:21à de nouveau s'associer avec Jean-Luc Mélenchon et LFI.
08:25Ça vise à séparer ces deux gauches dont Manuel Valls avait dit qu'elles étaient irréconciliables.
08:29Et on voit bien que tout ça se fait dans une politique présidentielle
08:31à empêcher un rassemblement des voix.
08:34Non, franchement, je pense que ce n'est pas ça le fond du sujet.
08:36Je pense qu'en l'occurrence, ça permet de parler d'autres choses
08:38et de détourner l'attention.
08:40C'est-à-dire qu'en fait, là, on ne parle plus en ce moment que de la question des
08:43violences.
08:44Et on a totalement oublié que 800 000 personnes manifestaient
08:47pour des sujets qui étaient bien sérieux et bien réels
08:50et dans une ambiance qui était plutôt bon enfant, plutôt joyeuse.
08:53On en parlait juste avant, hors plateau.
08:55C'était quand même ça qui a dominé les manifestations.
08:57Et ce matin, Marie-Lise Léon, qui est la secrétaire générale de la CFDT,
09:01a été très, très ferme sur le sujet.
09:03Il n'est pas question pour les syndicats de renoncer à défendre ces revendications
09:07et à la manifestation du 5 novembre.
09:09Ce que je veux dire, c'est que là, on est devant un gouvernement qui a perdu pied,
09:13qui ne sait plus comment récupérer le truc
09:15et qui, donc, est en train d'essayer de détourner l'attention
09:17en essayant de raconter des salades sur LFI,
09:20mais qui s'occupe véritablement de répondre aux revendications
09:23et ça ira mieux.
09:25Alors, Bruno Retailleau estime, par ailleurs,
09:27que si Marine Le Pen l'emporte, LFI organisera une insurrection.
09:31Est-ce que c'est une accusation farfelue ?
09:34Non.
09:35Non, non, ce n'est pas farfelue.
09:36Justement parce qu'on voit bien la façon dont ils ont essayé
09:39de manipuler le mouvement des lycéens
09:42pour les emmener vers, justement, des révoltes avec de la casse
09:48et après, on a vu ce qui s'est passé.
09:50On voit bien, Bruno Retailleau parle de répétition générale.
09:53Et on le sait, Jean-Luc Mélenchon veut que l'affrontement avec Marine Le Pen,
09:59il pense qu'il ne va pas gagner, mais que derrière, il y aura évidemment des manifestations,
10:05il y aura une révolte antifasciste et c'est là-dessus qu'il compte.
10:11Donc, le problème, c'est qu'en fait, plus vous avez cet affrontement qui se dessine,
10:15plus les anticorps qu'il génère vont aussi monter,
10:18parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas de cet affrontement
10:20entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
10:22Je crois qu'on prête beaucoup trop à Jean-Luc Mélenchon,
10:25ce n'est pas lui qui a décidé le mouvement.
10:26Il est malin, quand même.
10:28Non, mais il fait de la politique.
10:28Non, mais il n'a pas décidé, mais qu'il veuille le récupérer,
10:31ce serait une faute politique de ne pas le faire, d'ailleurs.
10:33Exactement, ce n'est pas lui qui décide ni du mouvement lycéen,
10:36ni de ce qui se passera, si, par malheur,
10:38Marine Le Pen devenait présidente de la République.
10:40Merci beaucoup à tous les deux d'être venus débattre.
10:43On va retrouver Florian Gazon qui a sélectionné pour vous le meilleur d'RTL.
10:46A tout de suite.
10:50Bonne soirée sur RTL.

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