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Regardez le débat entre Henry Blunden, lycéen, et Anne Genetet, députée Renaissance et ancienne ministre de l'Education nationale.
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 02 novembre 2026.
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 02 novembre 2026.
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00:06Les mesures qui ont été lâchées par le gouvernement pour moi c'est des miettes, on n'a aucune garantie
00:10que ça se passe.
00:11C'est vraiment l'histoire qu'on se taise et qu'on arrête de se mobiliser et qu'on retourne
00:14en cours bien gentiment.
00:15Le remplacement de Parcoursup en 2028 par une plateforme qui utilise l'IA pour trier les gens, franchement c'est
00:21vraiment rien.
00:23Témoignage d'une lycéenne au micro de Frank Hanson à Lille.
00:26Alors 1% des lycées étaient de nouveau bloqués en cette rentrée des vacances de la Toussaint.
00:30Mais attention, demain les organisations ont appelé à une journée noire.
00:33Comment sortir de la crise ? Il faut savoir arrêter une grève, dit-on souvent, mais à quelles conditions ?
00:40On en débat dans les grands esprits se rencontre avec nos invités Henri Blunden, porte-parole du syndicat Les Lycéens,
00:47bonsoir.
00:48Bonsoir, merci de me recevoir.
00:49Et Anne Jeunetay, députée Renaissance et ancienne ministre de l'Éducation nationale sous le gouvernement Barnier en 2024, bonsoir.
00:56Henri Blunden, d'abord 41 lycées perturbés, ça fait donc 1% selon le ministère de l'Éducation nationale.
01:01Est-ce que le mouvement s'essouffle ? Est-ce que la peur de perdre son année est en train
01:06de prendre le dessus ?
01:08Non, je ne le pense pas. Je pense que les lycéens viennent de reprendre le rythme scolaire, c'est la
01:15rentrée.
01:16Donc forcément, il y a un débat démocratique ensuite qui s'installe, il y a une reprise scolaire qui s
01:21'installe également.
01:21Je pense que demain, le mouvement va être beaucoup plus impressionnant, que la journée de jeudi 5 novembre, elle aussi
01:27va être très impressionnante.
01:28Sur demain, vous avez des informations sur ce qui se prépare ?
01:31Très peu, très peu. Je sais juste en tout cas que l'appel des syndicats au blocus et au blocage
01:36des lycées a été très bien pris en compte
01:38et sera effectuée, je pense, dans les meilleures conditions possibles.
01:44Est-ce qu'Anne Jente, on peut se dire que les concessions du gouvernement ont pu un peu calmer les
01:50esprits ?
01:52Je ne sais pas, je pense plutôt, ça va peut-être, ma réponse va vous étonner, que pour moi, les
01:56lycéens ont gagné quelque chose de très important.
01:58Ils ont gagné de la visibilité. Aujourd'hui, on a des sondages d'opinion qui le montrent très bien.
02:03On a 9 Français sur 10 qui sont parfaitement au courant de ce que demandent les lycéens.
02:09Certains à peu près pour 8 sur 10, ce qui est quand même considérable.
02:11Il y a très peu de mouvements qui ont une telle compréhension, une telle entente, une telle réception de la
02:15part de l'opinion publique.
02:16Pour moi, c'est ça la grande victoire des lycéens et qui, quelque part, est légitime et justifiée.
02:21Ils avaient des attentes qui étaient très justes, que j'ai vues, dont je peux témoigner quand j'étais ministre
02:25de l'Éducation nationale.
02:26On n'a pas besoin de visiter beaucoup de lycées pour se rendre compte que certains d'entre eux ont
02:30des conditions d'entretien du bâti très inquiétantes.
02:33On n'a pas besoin de visiter beaucoup de lycées non plus pour se rendre compte qu'on a des
02:38soucis de remplacement des enseignants.
02:41Je me rappelle très bien l'année dernière d'une intervention dans un lycée à Confluence-Saint-Honorin où ces
02:45étudiants me disent
02:45« C'est la première fois que j'en ai pris la conscience et ils m'ont dit
02:48« Mais vous savez que nous sommes en compétition les uns contre les autres avec notre plateforme Parcoursup. »
02:53Il n'y a pas besoin de voir beaucoup de lycées pour vite se rendre compte de la mesure de
02:55ce qui se passe.
02:56Vous ne l'aviez pas dit à vos collègues et au gouvernement ?
03:00Chacun mène sa barque comme il l'entend.
03:01En tout cas, moi je regrette de n'être resté que trois mois, ça je peux vous le confirmer.
03:04Mais en tout cas, moi ce que je veux dire aujourd'hui aux lycéens, c'est qu'il me semble
03:07qu'ils sont là pour tout.
03:08Ils le disent, ils ont envie d'avancer.
03:09S'ils manifestent, c'est parce qu'ils ont envie d'étudier, de travailler, d'apprendre des choses.
03:12Il y a trois piliers pour eux aujourd'hui.
03:14Il me semble être le réussite académique qui exige qu'ils reprennent les cours.
03:17Ceux qui ne dispensent pas, puisqu'ils ont déjà gagné cette lumière, cette mise en lumière de leurs revendications,
03:22de continuer à appuyer sur le bouton nos revendications et de faire fonctionner cette démocratie lycéenne qui ne fonctionne pas.
03:28Et le troisième, c'est le bâti scolaire, un bâti digne pour lequel, là aussi, il faut pouvoir avancer en
03:34ayant conscience que ce n'est pas en claquant dans les doigts.
03:36Alors, on va revenir sur les concessions faites par le gouvernement la semaine dernière.
03:41Le remplacement en deux ans de Parcoursup, même si on ne sait pas trop bien sur quoi ça va déboucher.
03:45La création de 15 000 places dans l'enseignement supérieur, surtout dans des BTS.
03:49L'embauche de 500 enseignants.
03:51L'assurance qu'il n'y aura pas plus de 28 élèves dans les classes de seconde de la moitié
03:54des établissements les plus défavorisés.
03:57Et puis, 4 milliards de prêts à taux préférentiels aux collectivités locales pour faire les travaux pour le fameux bâti.
04:04Les représentants des lycéens avaient l'air plutôt contents en sortant de leur rencontre avec le Premier ministre il y
04:10a une semaine.
04:11Vous vous êtes fait un peu avoir ?
04:13Non, écoutez, considérer que les représentants syndicaux étaient plutôt contents, ça je n'en suis pas tout à fait certain.
04:19Et on a entendu quand même des choses positives, en tout cas, il saluait cette question.
04:22Effectivement, quand on...
04:24Il n'y était pas, mais...
04:25Je n'y étais pas, mais en revanche, quand on voit effectivement qu'un Premier ministre dit
04:29« Oui, dans deux ans, il y aura l'abrogation de Parcoursup ».
04:31Très bien, évidemment, première réaction, on est content.
04:34Mais après, quand on observe, dans deux ans, qui sera au gouvernement ?
04:38Mais personne ne le sait.
04:39C'est tout le problème de votre négociation.
04:40Mais personne ne le sait.
04:41On ne l'a dans six mois, de toute façon.
04:42Le problème, c'est qu'on n'a aucune garantie de rien.
04:45C'est-à-dire que le plateformement a 28 élèves dans les classes de seconde
04:48pour la moitié des lycées les plus défavorisés.
04:52Je veux dire, pourquoi pas les premières ? Pourquoi pas les terminales ?
04:55Et puis, je veux dire, on a aussi sur les rythmes scolaires.
04:57Que propose le gouvernement pour alléger les rythmes scolaires ?
05:01Supprimer l'enseignement scientifique.
05:03Pour faire simple, supprimer la SVT, supprimer la physique chimie.
05:07Donc, les deux matières...
05:07Supprimer, mais c'est pas rendre compatibles certaines options.
05:11On voit que ces deux matières sont vitales pour ce qui est du réchauffement climatique
05:15et on veut les amoindrir.
05:17Enfin, ce n'est pas sérieux.
05:18C'est profondément insuffisant.
05:19Et quand on regarde dans le détail de tout ça,
05:20je veux aussi parler de l'orientation et de Parcoursup,
05:23quand on voit qu'on crée 15 000 places,
05:25alors que toutes les organisations syndicales en demandent 250 000,
05:28c'est effectivement assez faible, assez insuffisant et pas très sérieux.
05:32250 000, on se rend compte que c'est colossal quand même.
05:34C'est une demande...
05:35C'est une grande demande, mais si on va sur les blocus,
05:38on s'aperçoit que c'est une demande qui est tout à fait partagée.
05:40250 000, ça fait beaucoup d'universités nouvelles en fait.
05:44Anne Junte, vous estimez que le gouvernement a fait le maximum ?
05:47Le maximum, je ne sais pas.
05:48En tout cas, il a apporté des réponses.
05:49Je peux entendre qu'elle ne soit pas complètement satisfaisante pour certains,
05:52mais néanmoins, sur par exemple le plafonnement à 28 élèves en classe de seconde.
05:58En fait, en pratique, parce que vous vous interrogez,
06:00vous avez raison, vous vous posez la question,
06:01est-ce qu'on va pouvoir le faire ?
06:02Qui sera au pouvoir au gouvernement ?
06:04Quand on prépare une rentrée scolaire pour septembre 2027,
06:07elle se prépare en ce moment.
06:08Donc l'engagement à faire 28 élèves par classe en septembre 2027,
06:12c'est possible avec le gouvernement actuel.
06:14Ça, ça tient.
06:15Il y a une irrégularité quand même qui est assez impressionnante,
06:19c'est-à-dire que pour justement alléger, faire ce plafonnement-là,
06:23le gouvernement prévoit 500 postes de professeurs en plus.
06:27Seulement, on a des chiffres contraires.
06:29Et il revient sur les suppressions de postes ?
06:31Oui, on nous dit qu'en réalité, il faudrait 2250 enseignants en plus
06:36et 1100 classes en plus.
06:37Donc il y a une incohérence, il y a une incompatibilité,
06:39le calcul n'est pas bon.
06:41On est là aussi pour parler de la sortie de crise,
06:44quelle est la mesure qui ferait que vous réfléchiriez à cesser le mouvement ?
06:49Écoutez, je n'ai pas envie, si vous voulez, de mettre en avant une mesure
06:54parce que je pense qu'il y a plusieurs mesures.
06:56Mais il est vrai que l'abrogation imminente de Parcoursup
07:00serait effectivement quelque chose qui pourrait nous calmer.
07:02Notre effort.
07:03Enfin, nous calmer.
07:04Du moins, quand même prêter notre attention.
07:07Une concession sérieuse.
07:08Oui, mais ça, on ne le peut pas.
07:10Il va falloir qu'on ait un moment donné...
07:11Vous avez un choix à faire, vous inscrire dans les établissements de l'enseignement supérieur
07:15en janvier prochain.
07:16Ça voulait dire qu'on ne peut pas le faire cette année.
07:18On ne peut pas.
07:18D'une part, pour janvier...
07:19Alors, moi, je considère, j'assume complètement le fait de dire
07:23pour entrer à l'université, il faut sélectionner.
07:26Il faut qu'aujourd'hui, Parcoursup, son ambition,
07:29c'était qu'il ait moins d'échecs en fin de première année de licence.
07:32Nous avons un peu amélioré, nous sommes passés de 60% d'échecs à 50% d'échecs.
07:36Je sais que ça reste beaucoup trop et envoyer un jeune vers l'échec est une épreuve terrible.
07:41J'entends que vous défendiez votre bilan, c'est parfaitement normal,
07:43et le bilan de vos collègues.
07:44Le problème, madame, c'est que...
07:46Je ne défends pas un bilan, je défends un outil
07:47qui permet, comme ça se fait dans tous les pays au monde,
07:49de sélectionner tout le monde.
07:50Et qui est construit par les élèves,
07:51tout le monde ne peut pas, tout le monde...
07:53Et construit par les enseignants.
07:54Oui, mais pas forcément...
07:55Regardez ce que proposent les plateformes d'enseignement supérieur,
07:58les filières d'enseignement supérieur, pardon,
07:59et derrière, on doit vous préparer à travers ces filières
08:02à des métiers qui insèrent, qui sont insérants.
08:05L'objectif de faire des études supérieures, BTS, BUT, peu importe,
08:09c'est de pouvoir, derrière, s'insérer par le travail,
08:12sur le marché du travail.
08:13Les 15 000 places de BTS majoritairement,
08:15nous en avons absolument besoin.
08:16Il y a des métiers qui embauchent aujourd'hui,
08:18qui n'ont pas les jeunes formés pour se faire.
08:20Oui, absolument, et rien sur les filières générales.
08:21Donc, il y a toujours ce débat sur Parcoursup,
08:24on sent que c'est au cœur un peu de la revendication des étudiants.
08:29Sébastien Lecornu est prêt à vous recevoir la semaine prochaine.
08:32Qu'est-ce qu'il doit faire de plus
08:34pour que vous réfléchissiez à cesser le mouvement ?
08:37Nous écouter.
08:38Est-ce que vous avez l'impression de ne pas du tout être écouté ?
08:40Il y a eu quand même des mesures qui allaient dans votre sens.
08:42Oui, il y a des mesurettes qui vont dans notre sens,
08:44et il y a eu surtout un mois de silence,
08:46et ça, on ne le pardonne pas.
08:47Un mois de silence, quand on est l'exécutif
08:49et qu'on a un mouvement social qui se crée,
08:51mettre un mois avant de réagir, c'est un pardonner.
08:53Qu'est-ce que ça veut dire, on ne le pardonne pas ?
08:54On ne le pardonne pas.
08:55Ça veut dire que vous restez, vous n'avancerez pas ?
08:58Quand je dis qu'on ne le pardonne pas,
08:59c'est-à-dire qu'on ne pardonnera pas à M. Lecornu,
09:02effectivement, d'avoir mis un mois avant de prêter l'oreille aux jeunes.
09:05La jeunesse, c'est l'avenir.
09:06C'est l'avenir de notre pays.
09:07La nouvelle génération, c'est celle qui va porter le pays dans les défis de demain.
09:12Donc, mettre un mois avant d'écouter ces revendications
09:14qui sont totalement légitimes et totalement normales,
09:16c'est choquant.
09:17Vous nous posiez la question
09:18de qu'attendons-nous de Sébastien Lecornu
09:21pour la réunion de la semaine prochaine ?
09:23D'abord, de nous écouter.
09:25Ensuite, pour ce qui est de mon syndicat,
09:28dont j'ai l'honneur d'être le porte-parole,
09:29nous avons créé des groupes de travail
09:31qui planchent en ce moment sur des propositions,
09:34des solutions extrêmement concrètes,
09:35sur des sujets qui vont du bâti scolaire
09:37jusqu'au rythme scolaire,
09:39jusqu'à l'effectif dans les classes
09:41et à l'orientation.
09:43Donc, on aimerait effectivement
09:44que nos syndicats,
09:45qui sont force de proposition,
09:47soient écoutés, soient entendus,
09:49et que ça débouche sur des propositions politiques.
09:50Merci beaucoup à tous les deux
09:52d'être venus débattre dans les grands esprits
09:54ce qu'on rencontre.
09:55On va retrouver Florian Gazan
09:57qui a sélectionné pour vous
09:58le meilleur d'RTL,
09:59politique, expert, humoriste.
10:01C'est la story d'RTL après la pause.