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Regardez le débat entre Carl Meeus, rédacteur en chef du "Figaro magazine", et Nathanaël Combary, président du conseil d'administration de Renouveau lycéen.
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 06 octobre 2026.
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 06 octobre 2026.
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00:0218h, 20h, c'est RTL Soir.
00:30Des témoignages de lycéens qui manifestaient aujourd'hui à Lille, rassemblés par Franck Hanson.
00:35256 000 manifestants selon la police, 450 000 selon la CGT.
00:40Des lycéens mais aussi des syndicats, les profs et les parents des lycéens.
00:44Les cours étaient suspendus dans près de 900 lycées, soit un quart des 3700 établissements français.
00:50C'est ce que les lycéens ont appelé l'acte 3.
00:53Alors quelle sera la suite et surtout comment sortir de la crise ?
00:57C'est la question que se pose sans doute le gouvernement.
00:59On en débat dans les grands esprits, ce rencontre avec Karl Méhus, rédacteur en chef du Figaro Magazine.
01:04Bonsoir.
01:05Bonsoir.
01:05Et avec Nathanael Combary, président de Renouveau Lycéen.
01:10Bonsoir.
01:10Bonsoir.
01:11Alors le Premier ministre a décidé de suspendre les cours en fin de semaine pour un temps de démocratie interne.
01:17C'était un peu l'annonce du jour, parlons-nous.
01:20Est-ce que c'est une bonne idée Nathanael Combary ?
01:22Moi ce que je pense et ce que je regrette c'est que j'aurais préféré que M. le ministre
01:25essaye de consulter les lycéens
01:26ou du moins les élus lycéens avant de prendre cette décision.
01:29Il ne l'a pas fait ? Il n'a pas déjà reçu des élus lycéens ?
01:32Le ministre de l'Éducation, oui.
01:34M. le ministre, aujourd'hui on n'a pas eu du tout de retour de sa part.
01:38Vous voulez le Premier ministre ?
01:39Ce qu'on veut c'est qu'en tout cas si c'est M. le Premier ministre qui s'exprime,
01:41oui je pense que la moindre des choses ça serait au moins d'avoir des remontées d'informations
01:45de ce que les lycéens revendiquent.
01:47Donc oui ça serait pertinent.
01:48C'était un peu l'idée de la plateforme des doléances qui a été ouverte hier
01:53à priori par le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffrey.
01:57C'est un peu tard, Carméus ?
01:59Oui, c'est un peu tard mais ce n'est pas trop tard.
02:02On le sait, la réaction du gouvernement dans un premier temps a été de sous-estimer complètement ce mouvement.
02:08Ils étaient occupés, le Premier ministre, par le budget.
02:11Tout l'ensemble du gouvernement, c'est malheureux à dire, mais par la visite du pape
02:14qui médiatiquement a aussi un peu monopolisé l'attention et on a passé complètement sous les radars
02:20les premiers lycées qui ont été fermés et bloqués.
02:24Ensuite ils ont fait une réaction, j'allais dire policière, enfin régalienne,
02:29qui était peut-être un peu disproportionnée par rapport aux demandes.
02:32Et maintenant on voit bien que là ils essayent de gagner du temps.
02:35On sait qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses,
02:37donc ça va être compliqué de faire un chèque, de dire on débloque des milliards.
02:41Dans un moment où justement sur le budget on sait qu'il faut faire des économies,
02:45qu'on est regardé par tous les marchés.
02:48Et donc là, la semaine passée a permis de dégager des revendications et des leaders avec qui parler.
02:56Ce qui n'était pas évident au départ.
02:57Au départ c'était très gazeux, il y avait des revendications par lycée.
03:02Maintenant il y a des interlocuteurs.
03:06Ils ne sont pas tous copains les uns avec les autres,
03:08mais au moins le gouvernement a quelqu'un à qui parler.
03:11Et là on voit bien que le gouvernement essaye de gagner un peu de temps.
03:14Alors c'est reporté à vendredi, on sait que d'ici 15 jours on va être dans les vacances.
03:18Donc si on peut gagner ce temps-là, c'est tout ça de pris.
03:21Et vous disiez, il a un problème de moyens le gouvernement.
03:24Du coup, pour l'instant, ce sont surtout des mesures qui sont gratuites.
03:29Tout simplement, déjà le fait d'ouvrir le dialogue, cette plateforme.
03:31Et puis une autre proposition de Sébastien Lecornu aujourd'hui sur Parcoursup,
03:36la plateforme d'orientation post-bac. On l'écoute.
03:38Je note quand même que tous celles et ceux qui veulent la suppression de Parcoursup
03:41ne disent jamais par quoi ils le remplacent.
03:43Est-ce qu'il y a un besoin de davantage de transparence ?
03:46Le ministre et moi, nous sommes convaincus.
03:47La réponse est oui.
03:49Est-ce qu'il faut beaucoup plus de simplicité ?
03:51La réponse est oui.
03:52Tout ce qu'on peut corriger, évidemment que de bonne foi, nous le corrigerons.
03:56Nathalie Combré, ça vous paraît suffisant ?
03:59Corrigeons.
04:00Corrigeons, non. Sur Parcoursup, il y a beaucoup de choses à revoir.
04:02Je pense qu'à titre personnel et chez Renouveau Lycée,
04:05on pense que Parcoursup, c'est la moins pire des solutions.
04:09Avant, on avait un système qui s'appelait APB.
04:11C'était basé sur le tirage au sort.
04:12Et encore avant, il fallait faire la queue devant la fac pour déposer son dossier.
04:15Sur Parcoursup, il y a plusieurs choses à revoir.
04:17D'abord, dans son calendrier.
04:19On le voit qu'il est calqué sur le calendrier scolaire,
04:21que c'est compliqué, c'est un calendrier qui peut être vu comme stressant
04:24et ressenti comme stressant par de nombreux lycéens.
04:27Il y a aussi, évidemment, un problème d'équilibre entre l'offre et la demande.
04:30Parcoursup met justement en relation la demande des lycéens
04:33et l'offre que les filières post-bac proposent.
04:38Justement, adaptons d'année en année cette offre et cette demande-là.
04:41Alors, je précise que tout à l'heure, Karl Méliuz disait qu'ils sont différents,
04:45ils ne sont pas tous d'accord.
04:46Vous, votre mouvement, il est proche du parti ex-présidentiel du parti de Gabriel Attal.
04:52Écoutez, ce week-end, on m'a en effet reproché d'être adhérent.
04:57Jean-Luc Mélenchon m'a précisément reproché d'être adhérent au parti Renaissance.
05:02Oui, en effet, nous, chez Renouveau Lycéen, c'est une association qui a été créée
05:05pour regrouper des lycéens qui venaient de partout, des lycéens politisés ou non.
05:09parce qu'aujourd'hui, il faut aussi vivre avec une réalité.
05:11Les lycéens, certains sont intéressés par la politique, certains de gauche ou de droite
05:15et certains ne sont pas politisés.
05:17Donc, voilà, Renouveau Lycéen, c'est une association qui est apartisane.
05:21On n'est pas rattaché à un parti politique ni à un mouvement de jeunesse,
05:24mais on est apolitique.
05:25On est, pardon, on n'est pas apolitique parce que quand on fait de l'associatif,
05:29on a justement des orientations, des idées et on est force de proposition sur les sujets qu'on traite.
05:34Mais quand on entend des lycéens qui sont soutenus par LFI,
05:37vous ne vous sentez pas forcément concerné par ce soutien-là ?
05:41Pas forcément.
05:41Moi, je pense que vous savez, apprendre est un droit et être en colère aussi.
05:47Donc, moi, toutes les revendications des lycéens, je les entends.
05:50Moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est d'avoir des remontées de terrain
05:52et c'est ce que nous avons, d'être force de proposition sur différents sujets.
05:55On vient de parler de Parcoursup.
05:56Je pense qu'il y a tout un sujet aussi sur le bâti scolaire qui est très important.
05:59Il y avait une réunion aujourd'hui avec les présidents de région
06:03parce que c'est eux qui ont en charge le bâti scolaire, c'est-à-dire les bâtiments tout simplement.
06:07Exactement.
06:08Et nous, c'est justement, pour être force de proposition, nous le sommes.
06:11Nous, ce qu'on a évidemment demandé et quelque chose qu'on continue de demander,
06:14c'est une augmentation de l'adresse qui est la dotation régionale sur l'équipement scolaire
06:20qui est attribué du gouvernement aux régions
06:23pour justement avoir un bâti scolaire qui est aujourd'hui en France vieillissant
06:27et plus adapté aux conditions météorologiques et climatiques actuelles.
06:30Voilà, nous, ce qu'on demande et ce qu'on constate surtout, c'est un deux points, deux mesures
06:33entre ce que fait le gouvernement.
06:35Oui, le budget de l'éducation nationale augmente, mais d'ailleurs, dans ce budget,
06:38il comprend les pensions de retraite.
06:40Et à côté, on voit justement des coûts budgétaires dans ces dotations.
06:43Alors, il augmente, mais alors, il augmente de 1,4%, d'un milliard 3,
06:48alors que l'inflation est de 1,8%.
06:50Il augmente ou il n'augmente pas, Carmeus, la budget de l'éducation nationale ?
06:54On n'a pas bien compris.
06:55Oui, corriger des variations de l'inflation, oui, il augmente,
06:58mais c'est le plus gros budget de l'État.
07:01C'est ça, le problème.
07:02Et c'est pour ça qu'on ne peut pas non plus dépenser des milliers de cents.
07:06Mais il y a deux choses que n'a pas osé ou n'a pas voulu dire M. Combary en
07:10face de nous.
07:10La première, c'est que vous avez évoqué les filles.
07:13M. Combary n'a pas pu manifester aujourd'hui parce qu'il y avait des menaces à son encontre.
07:17C'est quand même juste scandaleux.
07:20La gauche proclame à longueur de temps qu'il faut laisser la liberté de manifestation,
07:26mais par les pressions qu'elle met, par la violence qu'elle instaure,
07:30elle empêche un certain nombre de gens de manifester.
07:33La deuxième, je vais être un peu plus provocateur, c'est qu'il y a un mot que vous ne
07:35prononcez pas.
07:36Ce n'est pas une question d'offre et de la demande.
07:38Ce n'est pas un problème de parcours sup.
07:39Le problème, c'est la sélection.
07:40On a refusé de faire de la sélection à l'entrée au niveau du bac.
07:46On a refusé de faire la sélection à l'entrée à l'université.
07:48On est en train de refuser de faire des sélections à la sortie en licence.
07:52Et donc, il faut le dire, les politiques ont menti aux jeunes en leur disant
07:56« Pas de problème, vous aurez le bac. 80% d'une classe d'âge peut avoir le bac.
08:01Et après, on vous donnera des débouchés. »
08:03Oui, c'est des débouchés dans des filières qui n'ont pas de débouchés professionnels.
08:06Et donc, ça donne une jeunesse qui, aujourd'hui, est complètement désemparée
08:09parce qu'elle voit bien, ils ne sont pas idiots.
08:12Tout le monde comprend le système.
08:13Tout le monde comprend que par poursup, c'est peut-être mieux que ce qu'il y avait avant.
08:18Mais ce n'est pas correctement fait.
08:23Et qu'il n'y a pas assez de place pour tout le monde.
08:24Et qu'en fait, c'est un système de débrouille.
08:27Et dans un système de débrouille, ceux qui ont les réseaux se débrouillent mieux que les autres.
08:32Alors, Nathanael Combarie, vous êtes peut-être moins radical que d'autres manifestants.
08:37Mais alors, qu'est-ce qu'il faut faire pour sortir de la crise ?
08:40Qu'est-ce que vous attendez pour sortir de ce mouvement lycéen ?
08:42Nous, ce qu'on attend, c'est justement d'avoir des chiffres, des investissements clairs,
08:48des engagements clairs.
08:48On en a eu des premiers, justement, lors de notre première réunion,
08:51notre première rencontre avec M. le ministre.
08:53Il a dit qu'il allait consulter ses collègues du gouvernement,
08:56prendre le temps d'échanger pour savoir justement ce qu'il pouvait nous proposer.
09:00On va le rencontrer en fin de semaine.
09:01Nous, on attend maintenant des mesures claires, des investissements financiers.
09:05Il ne faut pas le nier aussi, mais on a aussi d'autres propositions
09:07qui ne nécessitent pas d'investissement, d'évolution de la copie budgétaire
09:11qui a été dévoyée le 1er octobre.
09:13Après, voilà, moi, je pense notamment, et je l'ai évoqué tout à l'heure,
09:16au bâti scolaire.
09:17Cette mobilisation, elle a commencé au lycée Saint-Exupéry à Créteil,
09:20puis elle s'est déplacée dans toute l'île de France,
09:22notamment au lycée Paul-Éluard à Saint-Denis.
09:24Et le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, dès 2023,
09:28les professeurs du lycée se sont mis en retrait de leur fonction
09:30pour justement alerter la région sur les conditions du bâti scolaire.
09:33Il y a un gros sujet sur le bâti scolaire qu'il faut régler.
09:36Alors, Sébastien Lecornu a promis des réponses concrètes
09:38sur un certain nombre de dossiers, dont le bâti scolaire,
09:41dont Parcoursup, pour la fin octobre,
09:44c'est-à-dire avant le retour des vacances, tout simplement,
09:47parce que c'est quand même ça le pari, en fait,
09:49c'est que les choses se calment pendant les vacances.
09:52Est-ce qu'il faut quand même s'attendre
09:54à des répercussions durables de ce conflit sur les élections, notamment ?
09:58Oui, bien sûr, parce que vous posez la vraie question,
10:01c'est qu'en fait, la séquence de ces derniers jours,
10:04c'est en gros comment on récupère les électorats.
10:07La France insoumise essaye de récupérer cet électorat jeune,
10:11dont on sait qu'il vote plutôt en faveur des insoumis,
10:16quand il vote.
10:17Le problème, c'est qu'il y en a une grande majorité qui ne vote pas.
10:19Et donc, il faut les politiser,
10:21et c'est ce qui est en train de se faire en ce moment.
10:23Et de l'autre côté, vous avez la droite et le Rassemblement national,
10:26qui, eux, essayent de récupérer,
10:28ils l'ont déjà, mais en tout cas,
10:30les mobiliser aussi,
10:31un électorat qui veut de l'ordre.
10:33Quand il voit les violences,
10:35quand il voit les lycées qui brûlent,
10:36se disent, ça ne va pas,
10:38c'est la chien-lis,
10:39comme on disait en mai 68.
10:40Et donc, on voit bien que là,
10:43il y a deux débouchés politiques
10:45dans sept mois,
10:46parce que c'est assez rapide.
10:47Merci à tous les deux d'être venus débattre
10:49dans RTL Soirée,
10:50dans les grands esprits de rencontre.
10:52On va maintenant retrouver Florian Gazon,
10:53qui a sélectionné pour vous
10:54le meilleur d'RTL.
10:56C'est sa story,
10:56juste après la pause.
10:58Peu importe.
10:59Bonne soirée.
11:00Si t'en mets la nuit des autres.
11:03Sur RTL.
11:04L'amour gagne du temps.