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  • il y a 10 minutes
Regardez le débat entre Dominique Simonet, spécialiste des États-Unis et co-auteur de "Requiem pour le monde libre" (éditions de l'Observatoire), et Aurore Lalucq, eurodéputée et co-présidente de "Place publique".
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 04 novembre 2026.

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Transcription
00:01RTL Soir, c'est avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Par des victoires éclatantes et sans appel, le peuple américain a désavoué la dépravation, la corruption et l'incompétence de
00:14ce canard boiteux qu'est le président Donald Trump.
00:21C'est le verdict de John Ossoff, réélu sénateur démocrate en Géorgie la nuit dernière.
00:27C'est une victoire sans appel comme on dit, les démocrates ont reconquis le Sénat et disposent de 54 sièges
00:32sur 100, c'est pas fini, il en reste encore 2 à attribuer.
00:36Et puis dans l'autre assemblée à la chambre des représentants, il devrait bénéficier de la majorité plus d'ivois.
00:41Alors ce raz-de-marée bleu c'est un grand nom à Trump qui s'est tant impliqué dans la
00:45campagne.
00:46On va voir ce que les électeurs lui reprochent précisément, mais on va aussi voir ce qui peut changer pour
00:51nous les Européens qui subissons les décisions de Donald Trump.
00:54Fondant débat dans les grands esprits, ce rencontre avec nos invités, Dominique Simonnet, spécialiste des Etats-Unis et co-auteur
00:59de Réquiem pour un monde libre aux éditions de l'Observatoire.
01:02Bonsoir.
01:02Bonsoir.
01:03Et Aurore Laluc, eurodéputée et coprésidente de Place Publique.
01:06Bonsoir.
01:07Bonsoir.
01:07Alors on s'y attendait un peu à cette victoire des démocrates, mais là évidemment on est bien au-delà.
01:12Comment ? On l'explique, c'est un grand nom à Donald Trump et tout ce qu'il a fait
01:17à la Maison-Blanche, Aurore Laluc ?
01:18Oui.
01:19Alors déjà c'est une bonne nouvelle parce qu'on se dit que le pire n'est jamais certain et
01:22que la démocratie américaine est bien vivante.
01:25Donc ça, ça fait quand même du bien, on ne va pas bouder notre plaisir.
01:28Mais ça veut dire qu'en fait la toute-puissance de Donald Trump n'existe pas.
01:33La toute-puissance des milliardaires qui l'entourent, des magas qui ont déversé des millions pour tenter d'influencer les
01:41votes, ça ne marche pas non plus.
01:43Il y a des limites.
01:44En fait c'est ça aussi le message d'hier soir.
01:46Il y a des limites.
01:48Et la limite, c'est celle que les gens ont le pouvoir.
01:51Les électeurs ont le pouvoir.
01:53Et c'est ça en fait aussi la leçon d'hier, c'est que la toute-puissance de certains politiques
02:00n'existe pas.
02:01Alors justement, on parle des électeurs.
02:03Qu'est-ce qui a pesé le plus, Dominique Simonnet ?
02:07L'inflation, le plein d'essence ou de gazole ?
02:11Le coût de la vie, évidemment.
02:13Le coût de la vie, c'est ce décalage entre ce que les électeurs,
02:18et quand je dis des électeurs, c'est beaucoup aussi ces électeurs qui avaient fait confiance à Trump
02:23qui n'étaient pas forcément des magas farouches, forçonnés,
02:26mais qui pensaient qu'il était plus à même que les démocrates à améliorer leur vie
02:33et qui le voient à la télévision qui aligne des chiffres macroéconomiques.
02:40Ils ne sont pas mauvais.
02:41La croissance n'est pas mauvaise, le chômage n'est pas mauvais.
02:43Mais quand ils vont au supermarché ou à la pompe,
02:46là, ils se trouvent devant quelquefois des prix qu'ils ne peuvent pas surpasser.
02:53Donc, il y a ce décalage.
02:55Donc, un sentiment de trahison.
02:57Je crois qu'il y a vraiment ça, un sentiment de trahison,
02:59qu'il n'a pas tenu ses promesses.
03:02Donc, il tolérait un peu ces foucades, ces outrances,
03:07tant qu'il pouvait espérer d'avoir leur vie améliorée.
03:13Mais comme ce n'est pas le cas, là, ça devient intolérable.
03:16Et je pense qu'il y a aussi un rejet, d'ailleurs, de ces méthodes,
03:19de la manière dont Trump a brutalisé le monde politique, la société.
03:24Donc, il hystérise le monde,
03:26plus tous ses répercussions, effectivement, évidemment,
03:29la guerre en Iran qu'ils ne maîtrisent pas,
03:31les droits de douane qui ont des conséquences directes sur le pouvoir d'achat.
03:36Tout ça, les Américains, même électeurs républicains,
03:40se sont dit trop, c'est trop.
03:41Et il y a un rejet à la fois de Trump et de cette méthode aussi,
03:45et du Trumpisme.
03:46Ce qui ne veut pas dire qu'il y a un rejet durable des républicains, bien évidemment.
03:51Est-ce que les démocrates ont quand même bien joué ?
03:54Est-ce qu'ils ont juste bénéficié du rejet de Trump
03:56ou est-ce qu'ils ont eu une nouvelle stratégie qui donne de l'espoir ?
04:00C'est ce qui leur avait un petit peu manqué lors des dernières élections.
04:03Oui, tout à fait, les deux.
04:04C'est-à-dire qu'effectivement, la fiction proposée par Donald Trump,
04:09qui ne correspond pas à la réalité des Américains
04:11qui, eux, commençaient à souffrir, à jouer, ça c'est sûr,
04:15mais la qualité des candidats,
04:18les nouveaux candidats, les nouveaux visages
04:21qu'on a pu voir aussi dans ces campagnes au sein des démocrates, à jouer.
04:23Si vous voulez, ce n'est pas un changement dans le sérail
04:27qui s'est produit hier soir du côté des démocrates,
04:30c'est un changement de sérail.
04:31Il y a un vent de fraîcheur aux Etats-Unis.
04:34Et on a vu des discours bien plus ambitieux que d'habitude
04:37quand on écoutait Ossoff, par exemple.
04:40Il parlait de grandes nations,
04:45de Great Spirit ou quelque chose comme ça.
04:47On retrouve l'esprit de ce qu'on pouvait voir chez Roosevelt,
04:50de ce qu'on pouvait voir chez Johnson,
04:52de ce qu'on pouvait voir chez des présidents.
04:54On était d'accord ou pas ?
04:55Mais ils avaient une vision pour le pays.
04:57Et puis je finirai juste par Talarico au Texas
04:59qui lui a dit
05:00c'est la politique de l'amour
05:03contre celle de la division
05:05qui a gagné hier.
05:06Donc il y a des gens
05:07en particulier,
05:08très assumés,
05:09en fait,
05:10qui ont défendu des choses
05:14beaucoup plus en rupture
05:15que les démocrates traditionnels.
05:17Et ça, c'est une leçon aussi.
05:18C'est intéressant que vous parliez d'histoire
05:19parce que moi ce qui me fascine
05:21c'est cette régularité
05:23de la démocratie américaine.
05:25En fait,
05:25le pouls de la politique américaine
05:28ça bat tous les deux ans.
05:30Et tous les deux ans,
05:31vous avez soit
05:34le renouvellement de la Chambre,
05:35un tiers du Sénat,
05:36et puis tous les quatre ans
05:37arrive en plus l'élection présidentielle.
05:40Ça dure depuis 1789,
05:42depuis que George Washington
05:44a pris ses fonctions.
05:45ça n'a jamais varié,
05:48ça a toujours été comme ça.
05:49Donc dans cette structure-là,
05:53avec les contre-pouvoirs,
05:54avec tous ces équilibres,
05:55on a douté un moment avec Trump,
05:58d'ailleurs la hantise
05:59des pères fondateurs,
05:59c'était de dire
06:01il y aura un démagogue
06:02qui va se mettre
06:02dans les interstices
06:03de ce mécanisme.
06:05On a douté
06:06et là, aujourd'hui,
06:07on se dit
06:08maintenant ça fonctionne quand même
06:09cette démocratie.
06:10ça fonctionne.
06:11Et c'est vrai que les démocrates
06:13ont, juste pour
06:14continuer à ce que disait
06:15Aurore Laluc,
06:16les démocrates ont changé de stratégie.
06:18Ils étaient partis
06:18dans des dérives
06:19de considérations identitaires,
06:21communautaires,
06:22diviser la société
06:23en l'émietté.
06:25Là, eux,
06:25ils se sont justement
06:26focalisés sur le pouvoir d'achat.
06:29Ils se sont plus rapprochés
06:30des gens
06:30et ils ont sans doute
06:32repris un petit peu
06:33des classes populaires
06:34que les républicains
06:35leur avaient volées.
06:36Avec des personnalités
06:37qui ont émergé,
06:37vous parliez de Talarico
06:38qui est un ancien séminariste aussi.
06:41C'est peut-être pour ça
06:41qu'il a un discours
06:42assez religieux.
06:43Il y a aussi
06:43John Ossoff
06:44qu'on entendait
06:45au début
06:46de l'émission
06:48qui est un sénateur
06:50qui est cité
06:52comme un possible
06:53candidat démocrate
06:54aux prochaines élections.
06:55On va en venir
06:56quand même
06:57aux conséquences
06:58qui nous intéressent
06:59particulièrement.
07:01À savoir
07:02la guerre en Iran
07:03qui a fait flamber
07:04le prix du pétrole
07:05et du gaz.
07:05L'Ukraine,
07:06le revirement américain
07:07en faveur de Poutine
07:08et les taxes douanières
07:09sur nos exportations
07:10de 15%
07:11et même de plus
07:12sur les véhicules.
07:13Sur ces trois sujets-là,
07:14quels changements
07:15on peut attendre
07:16avec la victoire
07:17des démocrates ?
07:18D'abord sur l'Iran,
07:19sur la crise
07:20du détroit d'Harmouz.
07:21C'est là
07:22où les nouvelles
07:23sont moins bonnes.
07:24C'est-à-dire
07:24que ce qui est bien,
07:26c'est qu'hier soir
07:26il s'est passé quelque chose
07:27et que la démocratie américaine
07:28n'est pas morte.
07:29En revanche,
07:31quelle va être
07:32la réaction
07:32de Donald Trump ?
07:33Mais je vais vous dire,
07:34moi je crains
07:34et je crois qu'on craint tous,
07:37voire même,
07:38il peut être de plus en plus
07:39provocateur,
07:40de plus en plus outrancier.
07:41Il va pouvoir faire pareil ?
07:43Moi je crains
07:44que malheureusement,
07:45il ne va pas s'embarrasser.
07:47On l'a vu
07:48sur un très très grand
07:49nombre de sujets
07:49où il passe par décret
07:50signé de sa propre main,
07:52etc.
07:54Malheureusement,
07:54et c'est là où
07:55c'est aussi
07:56attention du côté européen.
07:58Attention du côté européen.
07:59Ne nous disons pas
07:59c'est bon,
08:00les démocrates reviennent.
08:01Déjà, on ne sait pas
08:01exactement ce que vont faire
08:02les démocrates
08:03si un jour il revient au pouvoir.
08:05Ça c'est le premier point.
08:06Et le deuxième point,
08:06non.
08:07Là, il faut continuer, nous,
08:08à créer notre souveraineté
08:10pour ne plus dépendre
08:11des Etats-Unis
08:12et bien apprendre
08:13nos leçons.
08:14Dominique Simonnet,
08:16le Congrès ne va rien
08:17pouvoir faire
08:18si Donald Trump
08:20décide de bombarder
08:20de nouveau l'Iran ?
08:21Alors,
08:22il est quand même
08:22affaibli,
08:23Donald Trump,
08:24dans ses pouvoirs.
08:27La Chambre
08:28et le Sénat
08:29ça l'empêche
08:30de nommer.
08:31Il y aura des commissions
08:32d'enquête
08:33qui vont le harceler.
08:35Sur lui
08:35et sur tous ses proches.
08:37Absolument,
08:38à commencer sans doute
08:38par Piteksek.
08:40Il y aura
08:41des batailles budgétaires
08:43à n'en plus finir,
08:43donc il va être
08:44très très handicapé.
08:46Simplement,
08:47il reste le commandant
08:47en chef,
08:48il a un droit de veto,
08:49ça veut dire
08:49qu'une loi
08:51ou une résolution
08:52qui est prise
08:52par la Chambre,
08:55s'il oppose son veto.
08:56Il faut les deux tiers
08:57dans les deux chambres
08:58pour pouvoir le surmonter.
09:00Bill Clinton
09:01a vécu ça
09:01pendant...
09:02Il a vécu
09:03un nombre considérable
09:04de vétos.
09:07Les deux tiers
09:08au Sénat,
09:09c'est pas gagné quand même.
09:10Là,
09:11il y a 54...
09:12Même s'il y a une avance...
09:1454 sénateurs démocrates,
09:15il faudrait,
09:16je crois,
09:16une douzaine pour...
09:17Donc,
09:18pareil pour une procédure
09:19d'impeachment,
09:20si jamais les démocrates
09:21s'aventuraient à tort,
09:23à mon avis,
09:24dans cette piste,
09:28il faut aussi,
09:29là,
09:29les deux tiers au Sénat,
09:31pas à la Chambre,
09:31mais au Sénat.
09:33Donc,
09:34voilà.
09:34Mais,
09:35j'ai oublié
09:35votre question.
09:36C'était si on allait pouvoir,
09:38si on pouvait arrêter
09:40Donald Trump
09:40s'il a la volonté
09:41de bombarder l'Iran.
09:43Est-ce que le Congrès
09:45peut l'en empêcher ?
09:46Le Congrès peut...
09:47Non,
09:48le Congrès peut pas
09:49l'en empêcher.
09:49Le Congrès peut prendre
09:50des résolutions,
09:51qu'il mettra son veto,
09:53il reste le commandant-chef,
09:54il peut totalement intervenir.
09:56On a actuellement
09:56des forces considérables
09:58militaires au large
10:00de...
10:01Enfin,
10:01dans la région.
10:01Il y a deux groupes
10:02aéronavales,
10:03il y en a un troisième
10:03qui se dirige.
10:06Et on sait que Donald Trump
10:07a très envie d'en finir
10:08parce qu'il s'est enlisé.
10:10Souvenez-vous des...
10:10On en avait parlé ici,
10:11souvenez-vous des objectifs.
10:14C'était d'empêcher l'Iran
10:16d'avoir le nucléaire,
10:17de limiter son problème
10:18statistique
10:19et de limiter son influence
10:20sur les proxys,
10:21donc le terrorisme
10:22dans la région.
10:23Tout ça est carrément
10:25oublié.
10:25Le seul but,
10:26c'est d'essayer
10:27de dégager
10:28le détroit d'Armouse.
10:30Donc,
10:30il veut en sortir
10:31parce que ces deux tiers
10:32des Américains
10:32sont défavorables
10:34à cette guerre
10:34et ça ne peut pas
10:36non plus continuer.
10:38Et sur l'Ukraine,
10:39parce que j'aimerais quand même
10:40qu'on en parle,
10:41est-ce qu'on peut espérer
10:41là aussi un changement ?
10:43Moi, je ne crains que non.
10:44Enfin, très sincèrement,
10:45pour exactement les mêmes raisons
10:46qui viennent d'être développées.
10:48Sincèrement,
10:48je ne pense pas
10:49qu'il n'y aura
10:50d'inflexion
10:50dans sa politique
10:51au niveau international,
10:53en réalité.
10:54Le seul point,
10:56c'est que le Congrès
10:57va lui rendre
10:58la vie
10:58un peu plus difficile
11:00et ça va être
11:00un caillou
11:01dans sa chaussure
11:01permanent.
11:02Alors, peut-être
11:02qu'on va avoir
11:03des bonnes surprises
11:03et j'espère,
11:04mais je préfère regarder
11:05les choses
11:06de manière réaliste.
11:08Je pense que ça va
11:08être très compliqué.
11:09Il y aura des commissions
11:10d'enquête,
11:10notamment sur son
11:11enrichissement personnel
11:12lié aux cryptos
11:13ou ce genre de choses.
11:14Ça, c'est sûr,
11:15on en avait parlé
11:15avec les démocrates,
11:16ils vont le faire.
11:17Et d'ailleurs,
11:18la corruption
11:19a joué un rôle
11:20dans le discours
11:22des Américains.
11:23Il était très anticorruption.
11:25Cette espèce
11:26de fossé
11:27entre leur galère
11:30au quotidien
11:31d'un point de vue
11:31du pouvoir d'achat
11:32et puis une espèce
11:33de luxe assez vulgaire
11:35et au centastoire
11:35a été vraiment
11:36quelque chose
11:36d'insupportable pour eux.
11:38Après, je crains
11:39malheureusement
11:39que du côté international,
11:41ça ne change pas grand-chose.
11:42Eh bien, merci beaucoup.
11:45On va rassurer.
11:46Ça commence avec
11:46une espèce d'euphorie
11:48et puis voilà,
11:49tout de suite,
11:49on douche un peu
11:50tous les espoirs.
11:52Mais bon,
11:52merci en tout cas
11:53à tous les deux
11:53d'être venus débattre.
11:55On va retrouver
11:56Florian Gazan
11:57qui a sélectionné
11:57pour vous le meilleur
11:58d'RTL,
11:59politique,
11:59expert,
11:59humoriste
12:00et vos témoignages.
12:00C'est la story RTL
12:01après la pause.
12:03Bonne soirée
12:07sur RTL.
12:08Comme oh,
12:09gang,
12:10just tell.

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