00:00Bonjour, je m'appelle Moana, j'ai 37 ans et je vais vous parler de mon parcours de PMA solo.
00:05Je suis à quelques semaines de mon premier transfert, donc j'ai très hâte.
00:09J'ai eu plein de déclics dans le parcours PMA solo.
00:11Premier déclic, je me suis séparée de mon ex-compagnon, j'ai passé toute ma vingtaine avec lui.
00:16J'étais vraiment dans un désespoir d'avoir une famille un jour quand on s'est séparé.
00:20Et donc à 29 ans, je me suis dit, si jamais je ne trouve pas de partenaire, je ne rencontre
00:25personne, je fais un bébé seul.
00:27La deuxième, je dirais, trois ans plus tard, à 32 ans, j'ai fait des rencontres vraiment désastreuses sur le
00:33plan du dating.
00:34Je commençais à m'inquiéter et je me suis dit que peut-être que j'avais ma part de responsabilité,
00:38que j'avais une sorte de pression autour de la maternité.
00:42J'ai décidé de congeler mes ovocytes pour descendre un peu la pression autour de la maternité.
00:47Ça a fonctionné et en même temps, je me suis rendu compte que mes enfants me manquaient.
00:52Deux ans plus tard, je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose.
00:54Donc là, j'ai décidé vraiment de m'inscrire au sécosse et j'ai commencé le parcours.
00:57Alors la première étape, c'était pour moi de prendre rendez-vous avec un gynécologue spécialiste de la fertilité
01:03parce que je crois que j'avais besoin que quelqu'un me prenne par la main et me dise voilà
01:07comment ça va se passer, etc.
01:08Sauf que c'est un parcours qui n'est pas linéaire dans le sens où dans tous les sécosse de
01:13toutes les régions, ça se passe différemment.
01:14Les protocoles sont différents, les formulaires sont aussi différents.
01:17Au sécosse, il y a un protocole un peu strict.
01:19Il faut d'abord trois inséminations qui sont infructueuses avant de commencer la FIV.
01:23C'est vraiment différent en fonction du profil de la femme, de son bilan de fertilité notamment.
01:28Donc en fait, les traitements sont tous différents.
01:31Parfois, il n'y a pas de traitement pour les inséminations.
01:33On peut faire sur cycle naturel ou avec un traitement hormonal.
01:36J'ai attendu deux ans avant d'avoir mon dossier qui était accepté et ensuite le don de sperme.
01:42Je pense en tout cas qu'il ne faut pas attendre d'être sûr.
01:45Il ne faut pas attendre d'avoir toutes les informations pour se lancer parce qu'on apprend des choses au
01:48fur et à mesure.
01:49Et aussi ne pas attendre d'être prête parce que le parcours est tellement long qu'on a le temps
01:53de se décider au fur et à mesure.
01:56Pour le choix du donneur dans mon parcours, ça a été particulier parce que j'ai fait plein de décès
02:00dans plein d'endroits différents.
02:01J'ai été beaucoup intéressée par des banques de sperme internationales très connues où on peut justement choisir le donneur
02:08sur catalogue.
02:09C'était très joli, c'était très humain.
02:10On voyait des photos, on entendait la voix.
02:12Il y avait une lettre aussi qui était écrite sur ses intentions.
02:15On voyait l'écriture, c'était une lettre manuscrite.
02:17Mais c'est extrêmement cher, donc c'est assez discriminant.
02:19Globalement, ça va entre 8 000 euros et je dirais 12 000, 13 000 euros.
02:23Il faut partir à l'étranger parce que ce n'est pas autorisé sur le sol français d'avoir un
02:26donneur dont on connaît les informations.
02:29Pour la FIV, en France, c'est complètement pris en charge.
02:32Comme financièrement, je me suis rabattue sur le parcours public.
02:37Là, concrètement, on nous demande de choisir quelques critères physiques.
02:41La couleur des yeux, la couleur de la peau, la couleur des cheveux, une origine ethnique.
02:46J'ai eu du mal par rapport à ça et par rapport à mon métissage.
02:49C'était difficile pour moi de choisir caucasien ou afro-descendant.
02:52Finalement, j'ai demandé un donneur typé méditerranéen avec les cheveux noirs, les yeux noirs et la peau mate.
02:58Et puis quand je suis allée chercher mes paillettes au Secos, donc les paillettes c'est là où il y
03:02a le don,
03:02on m'a dit que oui, on avait bien respecté mes demandes et que c'était un donneur caucasien.
03:06Donc là, j'ai été assez étonnée qu'aucasien, ça veut tout et rien dire.
03:10Ça pourrait être un homme roux à la peau blanche, ce qui m'irait parfaitement au final.
03:13J'ai juste envie d'avoir mon bébé dans les bras et je sais que je le trouverais beau et
03:17que je l'aimerais.
03:18Mais c'est très perturbant.
03:20En France, l'enfant a le droit de demander des informations sur son donneur à partir de ses 18 ans.
03:26Il peut avoir des informations identifiantes ou non identifiantes.
03:29C'est uniquement le choix de l'enfant.
03:31Moi, je trouve ça très dommage qu'on ne puisse pas avoir d'informations plus tôt.
03:34Je trouve que dans le développement de l'enfant, c'est important d'avoir des choses à lui dire plutôt
03:39s'il le demande.
03:41Connaître l'âge auquel le donneur a fait son don, ses intentions, peut-être avoir une petite lettre, son physique.
03:48Quelque chose qui permette à l'enfant de se raccrocher à ses origines, je pense que c'est essentiel.
03:52Je reçois évidemment beaucoup de commentaires, notamment sur les réseaux sociaux, à quel point c'est un choix égoïste.
03:58Dans l'idée, si on fait un enfant, de toute façon, c'est un peu égoïste parce que c'est
04:01son choix qu'on soit à deux ou seul.
04:03Les études montrent que les enfants qui sont issus de mamans solo by choice,
04:08qu'en fait, il n'y a pas de différence avec des enfants qui sont heureux dans un cadre familial
04:12classique, famille nucléaire.
04:14J'ai envie d'accompagner un enfant dans la vie, de lui apprendre plein de choses.
04:18Mais je ne sais pas ce que je pourrais dire qui justifierait ce choix-là, parce que c'est vrai
04:22que c'est un choix qui est personnel.
04:23J'ai toujours voulu être maman et ça s'est vraiment défini autour de la vingtaine.
04:27Je n'ai pas envisagé d'autres solutions.
04:29Si tu parles de l'adoption, ce n'est pas du tout une solution que j'ai envisagée.
04:32Je trouve ça formidable.
04:33C'est un parcours incroyable, une belle aventure, parce que ça me paraît vraiment difficile.
04:38Et puis surtout, j'ai envie d'être enceinte.
04:40Je suis fière de ce parcours, donc je n'ai pas envie de le cacher.