00:00Oui, la formule, elle choque, et en fait, je trouve que c'est une scène très intéressante parce qu'elle
00:04nous change des génuflexions habituelles à droite devant le terrorisme moral et intellectuel de la gauche radicale.
00:11Alors, il y a un personnage que nous avons vu, elle s'appelle Laura Fleur Whitaker.
00:17Elle est militante, elle est fille, et c'est la parfaite caricature de ce qu'on pourrait appeler l'extrême
00:22-gauche Instagram.
00:24Alors, on la voit, elle est magnifique, il faut le dire, elle a les cheveux magnifiquement coiffés, manifestement.
00:30Elle nous dit qu'elle écrève la faim, elle a les moyens d'aller chez le coiffeur, c'est important
00:33de le dire.
00:35Et si on fouille un peu, parce qu'on a passé la journée, en fait, la Twittersphere s'intéressait à
00:39son cas toute la journée.
00:41Elle voyage en Malaisie, en Égypte, en Oman, en Sicile, en Croatie, en Grèce.
00:47Franchement, si c'est ça l'écrève la faim d'aujourd'hui, le monde a changé.
00:50Elle nous dit, présentant son existence sous le signe le plus atroce, ma mère souffre tellement qu'elle est obligée
00:56d'amener ses propres gâteaux au travail,
00:59parce qu'elle n'a pas les moyens d'aller à la cantine.
01:01Alors, c'est peut-être vrai, mais dans ce cas-là, je dirais, cher ami, prive-toi d'un voyage
01:05en Croatie et fais manger ta mère.
01:07Bon, mais quoi qu'il en soit.
01:10Donc, et si je peux me permettre, tous ces voyages, franchement, c'est vraiment mauvais pour le bilan carbone.
01:14Il y a un manque de respect pour la planète chez madame Lola Fleur Whitaker qui me renverse.
01:19Et elle a étudié dans les meilleurs établissements, des écoles qui coûtent très cher, notamment au Royaume-Uni, aujourd'hui
01:24à la Sciences Po.
01:25Mais quoi qu'il en soit, elle dit, nous crévons de faim.
01:28Alors, certains, je ne dis pas que c'est mon cas, moi, je ne conteste pas sa parole,
01:32mais certains l'ont accusé de mentir, de mentir publiquement pour être capable de faire partir son message.
01:36On pourrait appeler ça la taquia progressiste à laquelle nous sommes habitués.
01:40Quoi qu'il en soit, on revient sur la scène où il y avait des drapeaux algériens et palestiniens et
01:46d'autres dans le cadre des manifestations de l'émeute de samedi.
01:50Et elle nous dit, M. Lysnard, vous savez pourquoi il y avait des drapeaux algériens.
01:54Et là, elle prépare son couplet sur les émeutes du 17 octobre 61, que nous connaissons.
01:59Évidemment, personne ne conteste leur existence historique.
02:03où on dit qu'il y a eu, un récit dominant dit qu'il y a eu 300 morts.
02:07Jean Sevilla, dans son livre plus récent sur la vérité cachée autour de la guerre d'Algérie, dit, oui, il
02:12y a eu 30 morts.
02:13C'est 30 de trop, c'est terrible, mais 30, ce n'est pas 300.
02:16Corrigeons quand même, le souci des faits devrait être plus important que la passion de la légende.
02:21Quoi qu'il en soit, mais que dit Lysnard devant cela?
02:24Elle nous dit, il y a la guerre d'Algérie, rappelez-vous, 17 octobre 1961.
02:28Donc, elle ne sape pas avoir un argument d'autorité morale pour casser Lysnard en disant,
02:33à genoux, couche et répète ensuite les bonnes prières.
02:36Et Lysnard, un peu comme dans Le Père Noël est une ordure,
02:39film de référence pour des citations de circonstance,
02:42dit, ça ne nous intéresse pas, ça ne nous intéresse pas.
02:43Vous vous rappelez de la circonstance, c'est, tu avances quand je recule.
02:46Bon, il dit, ça ne nous intéresse pas, ça ne nous intéresse pas.
02:49Monsieur est en forme.
02:51C'est l'histoire, surtout qu'il l'était.
02:54Et c'est assez intéressant, pourquoi?
02:55Parce que dès lors, il dit, je cite exactement,
02:58« Je m'en fous, je n'étais pas né, j'en ai rien à cirer. »
03:03Alors là, on pourrait dire, est-ce qu'il veut dire qu'il n'a rien à cirer
03:05de ce qui s'est passé en octobre 1961?
03:07Non.
03:08Il dit, parce qu'il ajoute,
03:10« Je vois clair dans votre rhétorique,
03:12je vois clair dans votre manœuvre,
03:14je vois que vous cherchez à écraser le présent,
03:16c'est-à-dire des émeutes pilotées par l'ultra-gauche,
03:20des émeutes ethniques selon plusieurs,
03:22à tout le moins une émeute,
03:23pour reprendre la formule de Maréchal,
03:25des écueils racaillaux-gauchistes. »
03:27Donc, on est devant cette séquence-là,
03:28et elle cherche à ramener ça vers le passé,
03:31certaine de sa puissance d'intimidation morale,
03:34et dit, « Non, non, je ne rentrerai pas dans le jeu,
03:36je ne rentrerai pas dans le jeu. »
03:37Alors, évidemment, à gauche, on est scandalisés.
03:39« Oh là là, David Lissnard tournerait en ridicule
03:42ce qu'ont vécu les Algériens en octobre 1961. »
03:45Il dit tout simplement, « Nous ne sommes plus en 1961.
03:48On n'est plus en 1945.
03:50On n'est pas en 1933.
03:52On est en 2026.
03:53Et par ailleurs, évidemment,
03:54on va en trouver à gauche, au centre, à droite,
03:56pour s'indigner,
03:57parce que là, c'est l'occasion de prendre la pause.
03:59Oh là là, ce que dit Lissnard, c'est très grave.
04:02Il oublie l'importance de l'histoire.
04:03Il n'oublie pas l'importance de l'histoire.
04:04Il rappelle qu'on ne doit pas vivre
04:06sous le signe du rétroviseur permanent.
04:08Et de ce point de vue,
04:10dénonçant le terrorisme de l'ultra-gauche
04:12et les camps d'entraînement,
04:13parce que c'est la bonne formule,
04:14les camps d'entraînement
04:15qui préparent les militants d'ultra-gauche,
04:18ce qu'on pourrait appeler
04:19la guérilla urbaine aujourd'hui,
04:21eh bien, ils confrontent frontalement
04:23cette jeune femme et disent,
04:25je pense qu'auprès de plusieurs, en fait,
04:27il y a un sentiment de soulagement.
04:29Ça fait un peu penser à la gifle de Bérou,
04:31je crois, c'est en 2007,
04:33quand on dit, « Tu ne me fais pas les poches. »
04:34Eh bien, ce coup-là, c'était,
04:36« Tu ne me feras pas la leçon. »
04:38Imaginons, Mathieu Beaucoté,
04:39que cette attitude devant la gauche
04:41se généralise.
04:43Qu'est-ce que cela voudrait dire?
04:45Ce sera une révolution.
04:47Ce n'est pas une réforme,
04:48mais une révolution, en fait.
04:49Imaginons, il y a deux scénarios.
04:50D'abord, devant les journalistes.
04:52Parce que vous le savez,
04:52souvent, un homme de droite,
04:55droite nationale, droite libérale,
04:56conservatrice,
04:56qui se retrouve devant
04:57les grandes chaînes
04:59de la Pravda collective
05:01est obligé de se justifier
05:02et d'exister en permanence.
05:04Eh bien, imaginons
05:04qu'un homme politique
05:05décide désormais
05:06de ne plus se laisser intimider
05:08ou imposer les catégories
05:10médiatiques,
05:10ou idéologiques
05:12qui imposent
05:12les médias dominants.
05:13Imaginons qu'ils disent
05:14« Cette question,
05:14elle est orientée.
05:15Cette question,
05:16elle est piégée.
05:17Ce que vous cherchez à faire,
05:17en ce moment,
05:18c'est de la propagande,
05:19c'est de l'idéologie.
05:20Ce n'est pas du journalisme.
05:21Nous voyons ce que vous faites
05:22et nous tenons
05:22à le souligner. »
05:25Il y aurait une portée,
05:25c'est-à-dire que ça inverserait
05:26le rapport de force.
05:27Et désormais,
05:28les journalistes
05:28se sentiraient moins autorisés
05:30à tout dire,
05:30à dire n'importe quoi
05:31sur le mode
05:32de l'intimidation morale
05:33s'ils avaient dans eux
05:34des gens qui sont capables
05:35et qui oseraient leur répondre.
05:36Premier élément.
05:37Et devant leurs adversaires,
05:38ils pourraient apprendre
05:39à ne pas céder.
05:40Et là,
05:40je vais donner quelques exemples
05:41de ce que voudrait dire
05:42être une droite
05:42qui n'est pas simplement
05:43une non-gauche.
05:44Par exemple,
05:45sur les sujets historiques,
05:46et là,
05:46je reprendrai même
05:47Lysnard,
05:48ça lui a pris du temps,
05:49Lysnard,
05:49je dirais,
05:50à avoir une posture
05:51aussi affirmée.
05:52Quelquefois,
05:52il y a des rechutes.
05:53Quand il dit,
05:53par exemple,
05:54« LFI,
05:55c'est le fascisme rouge. »
05:58Non, non, non,
05:59n'a pas besoin
05:59de passer par la case fasciste
06:01pour devenir totalitaire.
06:02Les communistes
06:02sont parfaitement capables
06:03d'être totalitaires
06:04par eux-mêmes.
06:05Ils n'ont pas besoin
06:06de passer par Rome
06:07ou par Berlin
06:08pour vouloir,
06:08en dernière instance,
06:09tuer des gens par millions.
06:11Petit rappel historique,
06:13Lénine, autrement dit,
06:13n'a pas été à l'école
06:14de Mussolini
06:15pour devenir le personnage
06:16que l'on sait,
06:16Trotsky non plus.
06:17Quoi qu'il en soit,
06:18lorsqu'il parle
06:18de fascisme rouge,
06:20lui-même une petite rechute,
06:21mais je tiens ça
06:21pour secondaire.
06:22Par ailleurs,
06:23on pourrait dire
06:24sur la question
06:24des inégalités.
06:25Quand une partie de la droite
06:26dit oui, oui,
06:27c'est absolument essentiel
06:28de lutter contre
06:28les inégalités,
06:29les inégalités,
06:29c'est absolument terrible,
06:30non.
06:31La droite pourrait répondre
06:32théoriquement,
06:32il faut lutter contre la misère,
06:34il faut lutter pour créer
06:36les conditions
06:36de l'ascenseur social
06:37pour que chacun,
06:38quel qu'il soit,
06:39puisse avoir une chance
06:40de se réaliser dans la vie,
06:42mais une fois que c'est dit,
06:43certains plus talentueux,
06:45certains qui font
06:45les meilleurs choix,
06:46certains qui font
06:46le moins bon choix,
06:47il y aura des inégalités
06:48à la fin,
06:48et les inégalités,
06:49c'est l'autre nom
06:50de la disparité
06:51des talents
06:52et des possibilités
06:53de chacun.
06:54Vouloir l'égalité
06:54à tout prix,
06:55c'est vouloir à terme
06:56couper la tête
06:56à tout le monde.
06:57L'obsession égalitariste,
06:59c'est l'autre nom
06:59de la fin de la prospérité
07:00et la fin des libertés.
07:01La droite pourrait cesser
07:03de pratiquer la généflexion
07:04devant les totems égalitaristes.
07:06Sur la question
07:06du racisme systémique
07:07ou structurel,
07:08on peut cesser
07:09de dire théoriquement,
07:10oui, bien sûr,
07:11il y a du racisme,
07:12nous le condamnons,
07:13mais le racisme systémique
07:14va trop loin.
07:14On pourrait dire,
07:15non, la France est un pays
07:16où le racisme
07:17est absolument périphérique
07:18et marginal aujourd'hui.
07:19Le seul racisme
07:20qui tue aujourd'hui
07:21à grande échelle,
07:22c'est le racisme anti-blanc
07:23et l'antisémitisme.
07:24Mais l'idée d'un racisme d'État,
07:26là, on cherche à atténuer
07:27la thèse,
07:27surtout à propos des policiers.
07:28On aime frapper sur des policiers,
07:29on aime cogner sur des flics.
07:31Quand on parle
07:31de violence policière,
07:32il faudrait dire,
07:32non, il n'y a pas
07:33de violence policière.
07:34Il y a des violences
07:35anti-policières.
07:36Et il y a un parti
07:37à l'Assemblée nationale
07:37qui trouve ça
07:38à peu près normal.
07:40Sur la question,
07:41et là, c'est intéressant,
07:41sur la question des cultures.
07:42Moi, ça me frappe,
07:43cette question.
07:44On dit souvent,
07:45ah oui, mais vous savez,
07:46en France,
07:46des gens viennent de cultures
07:48quelquefois
07:48qui sont très éloignées
07:49de la nôtre
07:49pour vivre,
07:50enfin,
07:50d'avoir la possibilité
07:51de la liberté chez nous.
07:53Donc, de pays venant de,
07:53je ne sais pas,
07:54des pays musulmans,
07:55quelquefois,
07:56ou de pays du sous-continent indien,
07:58le Pakistan, l'Inde,
07:59etc.
07:59Prenez les exemples
07:59que vous souhaitez.
08:00Et là, on dit,
08:01oui, mais ils ont la chance
08:01de venir chez nous,
08:03vivre une pleine liberté.
08:04Nous n'avons rien
08:04contre leur culture d'origine,
08:05mais ils doivent embrasser
08:06les valeurs de la République.
08:08Théoriquement,
08:09la droite devrait avoir
08:09le droit de dire
08:10un instant,
08:11il y a certaines cultures
08:11qui ne doivent pas
08:12s'établir en France.
08:13Désolée,
08:14elles ne s'intégreront pas.
08:15Les individus,
08:16oui, les individus,
08:16c'est très bien,
08:17mais certaines cultures
08:18n'ont pas leur place ici
08:19parce qu'elles ne sont pas
08:21intégrables.
08:21Et sur la question de l'impôt,
08:22je termine là-dessus,
08:23vous connaissez ma petite
08:23passion antifiscale,
08:25on pourrait dire aussi,
08:25tout à l'heure,
08:26vous connaissez la phrase
08:27des cocus de droite,
08:28ça ne me dérange pas
08:28de payer beaucoup d'impôts
08:29pour plus que j'ai
08:30de bons services.
08:30Non, tu te fais voler,
08:32bonhomme,
08:32ose le dire.
08:34Alors,
08:35dernière question,
08:36Mathieu Bocoté,
08:36David Nislard,
08:37est-ce que là,
08:37il vient de donner
08:38un coup d'accélérateur
08:39à sa campagne
08:40parce que tout le monde
08:40en parle.
08:41Alors là,
08:41il se passe peut-être
08:42en effet quelque chose.
08:44C'est-à-dire là,
08:45on est devant
08:45le moment de transgression.
08:46Vous savez en politique
08:47qu'il faut un moment
08:47de transgression fondateur
08:48et Nislard,
08:49en ne se pliant pas
08:50au terrorisme moral
08:52de la gauche radicale,
08:54dis-je,
08:54a refusé.
08:55Donc, il y a un effet
08:56d'accélération.
08:56Alors,
08:57toutes les missions
08:57n'étaient pas égales
08:58par ailleurs,
08:58mais sur cette séquence-là,
09:00il réussit à gagner
09:01quelque chose,
09:01il frappe les esprits,
09:02il frappe l'imaginaire.
09:04Et on peut imaginer,
09:05alors je comprends
09:05parce que moi,
09:06vous savez,
09:06quand j'étais plus jeune,
09:07je croyais au hasard,
09:08maintenant j'y crois
09:09un peu moins.
09:09Et je me dis
09:10que l'opération Nislard,
09:11qui est une opération
09:12qui est politiquement
09:13intéressante à voir se déployer,
09:15globalement,
09:15elle repose en partie
09:16sur la chose suivante,
09:17il y a un créneau
09:17à prendre à droite.
09:18Si la candidature
09:19Retailleau ne lève pas,
09:20c'est l'hypothèse de certains,
09:22si la candidature
09:23d'Édouard Philippe
09:24ne lève pas non plus,
09:24et si pour mine une raison,
09:26Reconquête ne réussit pas
09:26à avoir ses signatures,
09:27il y a beaucoup de si,
09:28vous me direz,
09:29il y a un espace
09:30qui se dégagerait
09:31pour une candidature
09:31à Nislard.
09:32Et là,
09:32à partir de là,
09:33s'il est à 10,
09:3412 % dans les sondages,
09:35demain ou après-demain,
09:36ça devient objet
09:36de spéculation médiatique
09:38et les chroniqueurs,
09:38les journalistes
09:39n'aiment rien tant
09:39que spéculer
09:40sur le troisième homme
09:42inattendu
09:42qui vient bouleverser
09:44une présidentielle.
09:45Quoi qu'il en soit,
09:46on verra ce qui se passe,
09:47mais là,
09:47il y a un événement politique
09:48qui se passe,
09:49les autres candidats
09:49qui comptent dans le jeu
09:51devraient s'intéresser
09:52à cette candidature,
09:52quelque chose s'est vraiment passé.
09:54Quoi qu'il en soit,
09:55Lysnard hier a joué
09:56une carte gagnante,
09:56celle de la transgression,
09:58c'est le contraire
09:58de la dédiabolisation,
10:00il se peut que ça fonctionne
10:01à l'occasion.