00:00On aimerait bien qu'au lieu de dire au gouvernement,
00:03même si manifestement il ne nous entend pas,
00:05mais il aurait peut-être intérêt à nous entendre,
00:07que pour régler la question, pour faire en sorte de répondre aux Français,
00:13et quand même, j'entends bien qu'il y a des millions de Français qui s'interrogent,
00:15mais il y a des millions de Français qui quand même soutiennent aussi ce mouvement,
00:18il faut répondre politiquement, comme Jacques Chirac a su le faire à un moment donné.
00:22C'est-à-dire qu'il faut lâcher des choses.
00:24Il y a une chose qui est quand même très importante,
00:26c'est que tous les précédents que vous donnez, il y a des textes,
00:29il y a une loi, un projet de loi, je mets 68 de côté qui n'a rien à voir,
00:34mais là, il n'y a pas un projet de loi.
00:36– Si, si, ça existe, non, non, ça émerge, non, non.
00:38– Il n'y a pas un projet de loi, il n'y a pas un texte qu'on peut
00:41retirer.
00:41– Vous avez raison.
00:42– En plus, les manifestations et la manifestation témoignent de samedi,
00:46il y a des gens qui sont là pour le lycée,
00:48il y en a d'autres qui sont là pour l'université et le pouvoir d'achat.
00:51– Le moteur quand même, le moteur sur lequel peuvent s'adosser le reste,
00:55c'est quand même un très fort mouvement de la jeunesse.
00:57– Oui, le lycée, le lycée.
00:59– Donc, il y a quand même des revendications qui émergent.
01:01Il y en a au moins deux principales.
01:03– Lesquelles, alors ?
01:03– Je vous les donne, il y a des revendications budgétaires
01:06pour avoir plus d'enseignants qu'ils ont…
01:08– Ils ont répondu déjà, même si c'est insuffisant.
01:11– Non, non, mais non, il y a le budget baisse de l'éducation
01:14et le budget de l'enseignement supérieur, si vous retirez l'inflation,
01:16mais je ne vais pas rentrer en détail.
01:17Il y a une revendication qui est, comment dire,
01:21budgétée à 10 milliards par le mouvement, qui est mise sur la table.
01:24Il pourrait y avoir une réponse.
01:25Et la deuxième revendication, vous le savez bien, c'est Parcoursup.
01:28Très franchement, je ne comprends même pas le gouvernement.
01:31Parce qu'il va falloir qu'à un moment donné, il cède quelque chose.
01:33Sinon, je vais vous dire, c'est qu'à un moment donné,
01:36le mouvement va se tourner vers autre chose.
01:38– C'est-à-dire quoi ?
01:41– Dans le mouvement, vous avez entendu des mobilisations,
01:44des gens qui disent Macron démission.
01:46C'est-à-dire que s'il n'y a pas une réponse à la revendication,
01:48les gens vont considérer que ça bloque.
01:49– Vous allez aller jusqu'à la démission ?
01:51– Non, nous, on ne dit rien.
01:53Nous, c'est le mouvement qui fait ces…
01:55Je dis simplement, là, je vous fais une analyse politique froide.
01:57S'ils ne sont pas capables de répondre à un mouvement
02:00qui ne va pas faiblir,
02:01et de répondre politiquement par un certain nombre de mesures,
02:04donc je n'ai pas eu le temps de finir,
02:05mais la bragaçon de Parcoursup pourrait en être une.
02:08Et très franchement…
02:09– Sauf que matériellement, c'est impossible.
02:10– L'orientation, vous la choisissez à la fin de l'année, là.
02:12– Oui, il pourrait très bien dire,
02:14on est dans un moment exceptionnel, d'accord ?
02:16On abroge Parcoursup, et puis c'est très bien,
02:18parce que le débat présidentiel va permettre à chacun
02:20de dire ce qu'il veut mettre en place,
02:21et ce qu'il mettra en place dès le mois de mai.
02:23– Oui, mais attendez, moi, je rentre à l'université l'année prochaine.
02:26– Mais je vais vous dire une chose, M. Tréa,
02:28vous le savez très bien,
02:29CPE qui était promulgué dans le journal officiel,
02:31c'était impossible de le retirer, d'accord ?
02:32Donc, ce n'est pas vrai.
02:34À un moment donné, il va bien falloir qu'il dise…
02:36Il ne peut pas penser en disant,
02:38comme il le fait, on va faire des tables rondes,
02:40on va débattre, ça, les gens ne sont pas fous.
02:42Et puis, vous avez des mesures sur le pouvoir d'achat,
02:44je pense notamment au prix du carburant.
02:46– Mais quand vous dites qu'ils vont se tourner vers autre chose,
02:47qu'est-ce que vous voulez dire ?
02:48– Ça déjà, s'ils avaient des propositions politiques,
02:49mais ils ne veulent pas…
02:50– Quand vous dites qu'ils vont se tourner vers autre chose,
02:52qu'est-ce que vous voulez dire ?
02:52– La démission du président.
02:54– À un moment donné, M. Macron est venu dimanche à la télé
02:56pour ne rien dire.
02:57Il part quatre jours, il laisse le dossier, d'accord ?
03:01Et il n'a absolument rien dit,
03:02sauf que M. Lecornu va recevoir les gens.
03:06Est-ce que vous savez que des rangs de la majorité,
03:08aujourd'hui, il y a des gens qui se demandent
03:09si M. Macron doit rester jusqu'au bout ?
03:11Est-ce que vous le savez, que ça monte ?
03:13Parce que s'il y a un point de blocage
03:15qui fait qu'il ne peut pas y avoir une issue politique,
03:18si lui-même n'entraîne pas son gouvernement
03:21à donner des réponses politiques,
03:22moi, je pense que ça peut dire…
03:23– Qu'est-ce qui se passe s'il démissionne ?
03:24– Qu'est-ce qui se passe s'il démissionne ?
03:26C'est M. Larcher qui occupe l'impérim ?
03:28– Oui, il y a des élections avant.
03:29– Enfin, encore une fois, c'est parce que…
03:32Comprenez bien, ce mouvement,
03:34personne ne peut lui dicter ce sur quoi il avance.
03:37Je dis simplement que si vous avez un mouvement
03:39d'une telle ampleur,
03:40parce que c'est un mouvement d'une ampleur historique,
03:42il n'y a aucune réponse politique qui est donnée.
03:45Ne croyez pas qu'avec des couvre-feu,
03:47tout ça va rentrer tranquillement.
03:48Ce n'est pas vrai.
03:49– Sous-titrage ST' 501