00:00L'édito politique avec Guillaume Daré et Guillaume, les émeutes de ce week-end, évidemment, elles ont un retentissement considérable.
00:06Il y a même un débat qui est en train de monter en ce moment. Faut-il reporter la date
00:11de l'élection présidentielle ? Pourquoi cette question aujourd'hui ?
00:14Parce que voici en l'état les dates prévues pour la prochaine présidentielle. Premier tour le 18 avril, second tour
00:21le 2 mai.
00:21Or, ça ne vous a pas échappé que le 2 mai, c'est le lendemain du 1er mai.
00:26Mais bravo, de grands défilés syndicaux habituellement prévus, un peu partout en France, auxquels, malheureusement, on l'a vu, parfois,
00:33eh bien, viennent s'ajouter des black blocs et de la casse.
00:36Ça s'est déjà vu. Et après ce qui s'est passé le week-end dernier, eh bien, plusieurs responsables
00:39politiques, jusqu'où c'est tout simplement inconscient d'organiser le second tour le 2 mai,
00:44changer la date de la présidentielle, c'est ce que demande l'un des principaux candidats, Bruno Retailleau.
00:49On va prendre le risque de manifestations et de troubles à l'ordre public, et le lendemain, aller aux urnes.
00:55Mais si on voulait bordéliser le second tour, mais on ne s'y prendrait pas différemment.
01:01C'est une date qui est une mauvaise date pour l'expression de la démocratie.
01:05Il serait encore temps de l'achanger.
01:06L'expression de la démocratie mérite du calme, mérite de la sérénité.
01:11Alors, vous voyez, il pointe un risque d'embrasement, un risque d'émeute la veille du second tour de l
01:15'élection présidentielle.
01:16Et pour plusieurs responsables, eh bien, ça peut troubler la sincérité du scrutin et jouer sur le choix des électeurs.
01:21Moi, je calcule aussi, c'est dans six mois l'élection présidentielle, Guillaume Daria.
01:25Est-ce qu'on peut changer les dates comme ça ?
01:26Écoutez, j'ai échangé avec plusieurs constitutionnalistes.
01:28En soi, me disent-ils, rien ne l'empêche.
01:30La décision a été actée en Conseil des ministres, mais le décret de convocation des électeurs n'a pas encore
01:35été pris.
01:36Et par exemple, le constitutionnaliste Benjamin Morel m'explique que même un décret peut être défait par un autre décret.
01:42Changer la date, donc pourquoi pas ?
01:44Mais la marge de manœuvre reste étroite en termes de date.
01:47Pourquoi ? Parce que l'article 7 de la Constitution prévoit que, justement, l'élection du nouveau président a lieu
01:5320 jours au moins et 35 jours au plus
01:55avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice, qui est prévu le 14 mai.
02:00Ça veut dire que la seule autre possibilité, ce serait un premier tour le 11 avril et un second le
02:0425.
02:05D'accord, ok. Pourquoi pas ? Mais est-ce qu'Emmanuel Macron est prêt à ça ?
02:08Il faut faire redescendre la pression, me disait hier soir un proche conseiller du président,
02:13qui considère que ça s'emballe un peu vite sur cette question,
02:16qui rappelle que la date est fixée après consultation des partis politiques
02:19et qui écarte pour l'instant, en tout cas, tout changement.
02:22Il m'assure que des leçons seront tirées.
02:24Si on se trouve avec un second tour Le Pen-Mélenchon,
02:27j'espère bien que cette fois-ci, il n'y aura pas un défaut d'anticipation des forces de sécurité.
02:33Si on en est réduit à espérer, c'est un peu inquiétant.
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