00:00Et à 7h21 sur Europe 1, l'édito éco, Dimitri Pavlenko.
00:03Bonjour Marc Toati.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa et bonjour à tous.
00:05Bonjour Marc.
00:06Vous nous parliez lundi, Marc, des conséquences des émeutes auprès des investisseurs.
00:09Aujourd'hui, vous nous dites, bah ça a déjà commencé, expliquez-nous.
00:12Ah oui, c'est tout à fait ça mon cher Dimitri.
00:13En fait, lundi, je vous expliquais que les coûts économiques des émeutes,
00:16notamment en termes de pillage et de baisse de l'activité commerciale et touristique,
00:20allaient avoisiner les 5 milliards d'euros d'ici la fin de l'année.
00:23Et je confirme cette estimation qui a été reprise un peu partout.
00:26Mais je veux vous parler également du dangereux impact auprès des investisseurs
00:30et notamment sur les taux d'intérêt de notre dette publique.
00:33Eh bien, ça n'a pas tardé.
00:34Dès lundi, et cela s'est confirmé hier,
00:36le taux d'intérêt des obligations de l'État français à 10 ans a de nouveau dépassé les 4,9%,
00:41se rapprochant dangereusement des 5% du jamais vu depuis juillet 2002.
00:46Encore plus grave, l'écart de taux d'intérêt avec l'Allemagne a dépassé 1,5 point.
00:52C'est énorme.
00:52Un sommet depuis novembre 2011 et la dernière grave crise de la dette publique européenne.
00:57Enfin, les écarts de taux d'intérêt avec les autres pays de la zone euro, là aussi, se sont creusés.
01:00Un exemple rapide, l'écart avec le Portugal a dépassé 1 point de taux de pourcentage, un niveau historique.
01:06Autrement dit, les investisseurs s'inquiètent et fuient la dette publique française.
01:10Mais est-ce que ce n'est pas un simple coup de chaud ? Vous pensez que ça va durer
01:13?
01:13Malheureusement, oui, Dimitri, ça va durer.
01:15Et ce d'autant que, hasard du calendrier, la Banque de France vient de publier le détail des détenteurs de
01:20la dette publique française pour le deuxième trimestre 2026.
01:22Et tenez-vous bien, la part des non-résidents dans la détention de notre dette publique a encore augmenté.
01:27Elle atteint désormais 59,7%.
01:3011 points de plus qu'en 2022.
01:32La France reste donc l'un des pays développés qui dépend le plus des investisseurs étrangers pour financer cette dette.
01:39Et seul petit problème, c'est que depuis 2020, la Banque de France ne publie plus le détail de ces
01:44non-résidents.
01:44On ne sait pas qui ils sont.
01:45Alors, procedons par déduction.
01:47Les Japonais, on l'a vu, ne veulent plus notre dette.
01:49Les Américains sont de plus en plus réticents, tout comme les Anglais et les Chinois.
01:53Les Européens veulent bien nous aider, mais du bout des doigts.
01:56Donc, qui reste-t-il ?
01:57Eh bien, les pays du Golfe.
01:58Bien, c'est bizarre.
01:59N'est-ce pas là que M. Macron, en urgence, est parti, en dépit de la crise dramatique qui sévit
02:04en France ?
02:04Au total, ces évolutions sont évidemment très dangereuses, car elles signifient que nous perdons notre souveraineté financière.
02:10Un mot du CAC 40 aussi, il a également fortement reculé depuis lundi.
02:13Oui, tout à fait.
02:14C'est-à-dire, moins 1,5% en deux jours.
02:16Et encore, le CAC a été sauvé in extremis en fin de séance par le rebond de la bourse américaine.
02:21Depuis août dernier, sa chute atteint 10,2%.
02:24Encore plus dramatique.
02:26Imaginez que depuis le début 2026, le seul grand indice boursier qui enregistre une baisse parmi les pays développés, c
02:32'est le CAC 40.
02:33Oui, c'est incroyable.
02:34Donc, en conclusion, que ce soit en matière de croissance, de taux d'intérêt et de bourse, la France était
02:39déjà la risée du monde avant les émeutes.
02:41Elle devient désormais le cancre de la planète, tant en matière économique, financière que sociale et sociétale.
02:48Quelle tristesse !
02:48Signature Europe 1, Marc Toiti. Merci Marc.