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Télématin reçoit Benjamin Ball, cofondateur du site 17octobregiletjaune.net
Télématin reçoit Benjamin Ball, cofondateur du site 17octobregiletjaune.net
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00:00On va se projeter sur la fin de la semaine, comme on le fait ce matin dans les journaux.
00:03Dans trois jours, il doit se tenir une nouvelle journée d'action contre la vie chère.
00:08Et évidemment, vous l'imaginez, l'intiquitude grandit après les violences survenues en marge des rassemblements du week-end dernier.
00:14On va en parler avec celui dont le nom revient souvent, comme étant l'un des organisateurs du mouvement.
00:18Bonjour Benjamin Bolle.
00:19Bonjour.
00:20Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes le cofondateur du site 17 octobre Gilets jaunes.
00:25À l'heure où l'on se parle, est-ce que la journée d'action de samedi est maintenue ?
00:29Bien sûr qu'elle est maintenue. Ce sera une journée d'ampleur avec toutes les personnes mobilisées, tous les secteurs,
00:34lycéens, étudiants, syndicats, gilets jaunes, quartiers populaires, paysans, mouvements climats, infirmières, pompiers.
00:42Tout le monde sera dans la rue.
00:43Ça veut dire que vous avez pris des contacts avec eux et vous êtes en train d'agréger les personnes
00:49dont vous parlez autour de cette journée d'action ?
00:51Cette journée d'action est en train d'agréger vraiment tous les secteurs.
00:54Tous les secteurs commencent à y appeler. On voit les visuels fleurir partout sur les réseaux sociaux.
00:58On voit les événements se créer. On voit les communiqués sortir. On voit les newsletters s'envoyer.
01:03Je pense que le gouvernement ne prend pas la mesure de cette colère.
01:07Vous avez une estimation du nombre de participants ?
01:09On ne sait jamais combien il y aura de personnes. Ce que je peux vous dire, c'est qu'à
01:11l'heure actuelle, il y a déjà 340 mobilisations qui sont référencées sur la cartographie.
01:16Et ça va continuer et ça s'accélère.
01:18Qui pilote cette mobilisation ? Est-ce que ce sont les Gilets jaunes historiques, lycéens, étudiants ?
01:24C'est ça qui va étonner le gouvernement, c'est qu'il n'y a pas de pilote. C'est
01:27-à-dire qu'il y a des hubs, il y a des nœuds, il y a des endroits différents d
01:31'où la mobilisation part.
01:33Et ces endroits différents convergent. C'est tout simplement ce qui est en train de se passer.
01:36Donc ça veut dire que personne ne décide concrètement quand et où on va manifester ?
01:41Il y a des gens qui disent, nous on aimerait bien pouvoir manifester ici. Et par exemple, notre cartographie, on
01:46a remarqué qu'il y avait de très nombreux points sur la carte qui se mettaient pour le 24.
01:52Et donc du coup, on a annoncé que le 24 serait une grande journée de mobilisation.
01:56Mais donc ça veut dire que ce ne sont pas des manifestations qui sont déclarées en préfecture ?
02:00Moi je viens d'envoyer avec quelques collègues une déclaration en préfecture hier soir pour un parcours qui part de
02:07Bastille et qui va à Opéra.
02:09Donc oui, cette manifestation est déclarée. La CGT Paris annonce qu'ils vont venir à Bastille. L'Union étudiante également.
02:18Donc clairement, tout le monde va venir à Bastille.
02:21Je vais le formuler autrement. Qui est responsable si la manifestation dégénère ?
02:26Emmanuel Macron.
02:28Pas vous. Vous ne portez pas une part de responsabilité en organisant ?
02:33Il faut voir les choses de la manière suivante.
02:35Quand vous avez un président de la République qui ignore, méprise, ment aux Français et aux Françaises depuis tant d
02:43'années,
02:44eh bien la colère elle monte. Et à un moment donné, quand cette colère elle éclate,
02:48le responsable de la situation, c'est bien le président de la République, ses gouvernements successifs
02:53et les préfectures qui ne savent pas faire leur boulot.
02:55Vous évoquez la colère, justement, dimanche après les dégradations des manifestations dans le week-end.
03:00Vous avez indiqué, et je vais vous citer, que cette colère, je ne la condamne pas, je la salue.
03:03Pour être bien clair, vous saluez la colère sociale ou vous saluez la colère de ceux qui ont cassé ?
03:10Moi, je salue la colère sociale et je salue l'ensemble des manifestants et manifestantes qui ont manifesté ce jour
03:18-là.
03:18Et je suis vraiment consterné de voir que face à la colère des lycéens, des lycéennes, des étudiants, des étudiantes,
03:26des gilets jaunes,
03:27des pompiers, des infirmières du mouvement climat, etc., la seule réponse, c'est la répression.
03:31Moi, j'appelle à un sursaut républicain. Je pense que nous sommes dans un moment grave, un moment grave de
03:36l'histoire,
03:37où nous avons un monarque républicain qui va, à l'encontre du droit international, taper contre des jeunes.
03:44Et c'est extrêmement grave ce qui est en train de se passer.
03:46Vous parlez de répression. Qu'est-ce que vous dites aux commerçants qui ont tout perdu,
03:51dont les magasins ont été vandalisés, cassés, pillés, et dont on entend encore la détresse aujourd'hui dans les journaux
03:57?
03:57Écoutez, moi, j'ai moi-même été commerçant. Et qu'est-ce qui s'est passé ?
04:01Mon commerce a coulé parce que nous n'avons reçu aucune aide.
04:05L'ensemble des aides qui sont données aux entreprises, l'immense majorité, va aux grandes multinationales.
04:10C'est-à-dire que nous avons…
04:11Ce n'est pas la question que je vous pose. Là, je vous parle…
04:12J'y réponds. Je commence par ça. Et là, qu'est-ce qui se passe ?
04:15Nous avons un transfert de l'argent qui part des impôts de toute la population.
04:19Je dis bien toute la population pour arriver dans les poches de quelques milliardaires.
04:22Ça, c'est le boulot de Macron depuis qu'il est arrivé.
04:24Ce que je dis aux commerçants et aux commerçantes qui ont eu ces drames qui leur sont arrivés,
04:28je leur dis, venez avec nous, on va discuter avec Macron,
04:31on va exiger de ce gouvernement et de ce président de la République…
04:35Vous entendez bien que ce n'est pas audible. Aujourd'hui, venez avec nous en manifestation pour certains commerçants
04:40qui ont tout perdu, dont les magasins ont été cassés en marge des manifestations.
04:45Baissez le rideau, venez avec nous, venez manifester avec nous.
04:49Nous allons obtenir toutes les revendications nécessaires pour l'ensemble de la population
04:52et pas seulement les lycéens, lycéennes, étudiants, étudiantes, mais aussi les commerçants.
04:56Je reviens à l'organisation de samedi. Vous appelez à manifester.
04:59Est-ce que ça veut dire que vous avez un service d'ordre, des responsables identifiés
05:04et des consignes, par exemple, de dispersion en cas de violence ?
05:07Nous avons des gens qui se portent volontaires pour pouvoir sécuriser les cortèges.
05:12La principale sécurisation vise à éviter, bien entendu, qu'il y ait des personnes
05:17qui se fassent molester par la police. Nous avons vu qu'un cortège tout à fait pacifique,
05:22Place de la République, mais on a eu le cas dans de nombreuses villes en France.
05:25Les témoignages sont quasi unanimes. Les débuts de manifestations,
05:29alors que les gens étaient tranquillement en train d'arriver sur le début du parcours,
05:32ont été tout de suite réprimés. Vous avez vu ces images incroyables d'un orchestre,
05:37l'orchestre du Nouveau Monde, qui a été bombardé de gaz lacrymogène.
05:41Franchement, ce n'est pas ça la République.
05:43Et les éléments violents qui se détachent de la manifestation pour casser ?
05:46Est-ce que vous avez prévu un service d'ordre pour essayer de les retenir,
05:51contenir les manifestants, protéger les manifestants ?
05:54Vous me demandez de faire le boulot de la préfecture,
05:57vous me demandez de faire le boulot du ministère de l'Intérieur.
05:59Moi, je vous demanderai, je vous interroge.
06:00Eh bien, c'est à eux de faire leur travail.
06:03Nous, on fait notre rôle.
06:05Notre rôle, c'est de faire en sorte que les colères sociales s'agrègent.
06:08Et nous demandons des états généraux,
06:10c'est-à-dire que l'ensemble des parties prenantes,
06:13l'ensemble des secteurs concernés,
06:15soient reçus à l'Elysée
06:16pour pouvoir discuter avec le président de la République
06:19et qu'ils puissent répondre à l'ensemble des revendications.
06:21Vous souhaitez poursuivre le mouvement samedi,
06:23mais aussi le 5 novembre et le reconduire.
06:25Le but, c'est quoi ?
06:26C'est d'obtenir des résultats ou c'est de bloquer le pays ?
06:28Le but, c'est de créer un rapport de force
06:30face au gouvernement et aux multinationales
06:32que ce gouvernement sert.
06:35Et donc, pour pouvoir gagner ce rapport de force,
06:37il est nécessaire que nous continuions la mobilisation
06:39tant que nous n'aurons pas obtenu une satisfaction
06:42sur l'ensemble des revendications
06:43de l'ensemble des secteurs concernés.
06:45Merci beaucoup, Benjamin Brun,
06:47d'avoir été avec nous ce matin.