- il y a 2 mois
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Aujourd'hui, dans les "4V", Myriam Encaoua revient sur les questions de l'actualité avec Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe.
Aujourd'hui, dans les "4V", Myriam Encaoua revient sur les questions de l'actualité avec Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe.
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00:04Bonjour Benjamin Haddad, 3 500 milliards de dettes et des taux d'emprunt record,
00:09la France est-elle devenue le plus mauvais élève de l'Europe ?
00:13Vous avez raison de poser ce contexte. Effectivement, on est dans un contexte de
00:17pression sur les taux d'intérêt. En France, comme d'ailleurs chez nos voisins, on a une dette,
00:22on a un déficit. Et c'est pour ça que le débat budgétaire qui va s'ouvrir dans les prochaines
00:26semaines, il est absolument crucial pour l'avenir de notre pays.
00:28Mais vous parlez aux Allemands, vous parlez à la Commission européenne, est-ce qu'ils sont inquiets ?
00:32Est-ce qu'ils nous croient encore capables de sérieux budgétaires ?
00:34Mais je vais vous dire, je n'ai pas besoin de franchir le Rhin pour me poser cette question.
00:37La question de l'avenir de notre pays, de notre souveraineté, notre capacité à financer nos services
00:41publics, de financer les mesures d'urgence que nous avons votées pour les agriculteurs,
00:45de financer le réarmement du pays dans un contexte géopolitique qu'on connaît avec la menace de la Russie,
00:50il est posé là, il sera posé dans les prochains mois devant les parlementaires.
00:54Le Premier ministre l'a dit, c'est un moment de responsabilité.
00:56Bien sûr, on est dans une année électorale, on va avoir chacun qui va se concentrer sur les élections,
01:03mais ça ne doit pas nous détourner de la priorité qui doit être la nôtre dans les prochains mois,
01:07c'est de faire passer ce budget pour financer les services publics, pour l'avenir du pays,
01:13pour continuer à réduire nos déficits.
01:14C'est aussi effectivement la crédibilité de notre pays en Europe qui en dépend.
01:18Qui dans l'opposition, en toute franchise, va voter 30 milliards d'efforts d'économie à 8 mois de la
01:24présidentielle ?
01:25On va tout droit vers la ceinture et vous le savez, non ?
01:27Je crois que les Français ne veulent ni de l'instabilité ni du désordre,
01:30ils attendent de la responsabilité de leurs dirigeants politiques,
01:33y compris parfois de prendre des mesures qui s'imposent effectivement pour nos enfants, pour l'avenir.
01:37Alors, vous l'avez vu, nous avons réussi à trouver des compromis, c'est pas facile.
01:41On arrive avec une première copie et puis nous aurons après des débats parlementaires
01:46avec les socialistes, avec les républicains, avec tous ceux qui veulent continuer à faire avancer le pays.
01:50Vous y croyez encore ?
01:51Oui, bien sûr que j'y crois.
01:52Une crise financière, Benjamin Haddad ?
01:53Je me rappelle, l'an dernier, on nous a dit qu'on n'y arriverait pas.
01:56Que ce soit sur le PLFSS ou sur le PLF, sur le budget de l'État,
02:00nous avons réussi à dégager des compromis.
02:01Nous avons laissé faire le débat parlementaire comme le gouvernement s'y était engagé.
02:06Et le Premier ministre, là, une fois de plus, vous avez eu sa lettre au parlementaire,
02:09attend maintenant un débat restant.
02:09Une crise financière.
02:11Est-ce qu'elle est possible avant l'élection présidentielle ?
02:14C'est ce que dit François Bayrou.
02:15Vous y croyez ?
02:16Vous la redoutez ?
02:17Une attaque sur les marchés ?
02:19Mais la question, ce n'est pas de crainte, de redouter.
02:21La question, c'est dans l'action et dans la responsabilité.
02:23Donc, dans le contexte, effectivement, économique,
02:26dans le contexte de pression sur les taux d'intérêt,
02:28d'augmentation des prix d'énergie, de contexte géopolitique,
02:31le détroit d'Hormuz, l'Ukraine,
02:33la responsabilité qui est la nôtre, c'est de débattre et de faire adopter le budget.
02:37Ce que propose Jean-Luc Mélenchon, c'est d'effacer une partie de la dette.
02:39Il a ses mots, la foutre au feu.
02:43Est-ce que d'autres pays l'ont fait, après tout, la restructuration de la Grèce ?
02:46C'est possible ?
02:47Ou est-ce que pour vous, c'est le Frexit assuré ?
02:50Mais c'est totalement irresponsable.
02:52Et vous voyez bien, d'ailleurs, c'est ce que disent les économistes sérieux.
02:56On ne peut pas, du jour au lendemain, d'un trait de stylo,
02:59dire qu'on va effacer 20% de la dette.
03:00C'est la crédibilité budgétaire de la France.
03:03Est-ce que c'est légal ?
03:05Mais déjà, ce n'est pas possible.
03:07Dans le cadre européen, vous avez l'eurosystème,
03:09et donc vous ne pouvez pas le faire sans avoir un dialogue concerté
03:11avec vos partenaires qui, au fond, paieraient cette annulation de la dette.
03:15Mais surtout, quel message vous envoyez à vos autres créanciers ?
03:18Quel message vous envoyez aux banques, aux autres partenaires internationaux ?
03:22C'est que la France ne respecte pas ses engagements ?
03:25C'est que la France ne paie pas sa dette ?
03:26Tout ça n'est pas sérieux.
03:28La seule façon, encore une fois, c'est de continuer cet effort de redressement
03:32de nos finances publiques, qui a été déjà entamé par le gouvernement l'an dernier,
03:35donc de réduction de nos déficits, en réduisant progressivement,
03:39de façon ciblée, de façon responsable, la dépense publique.
03:41Un mot sur la contribution de la France au budget européen.
03:44Vous savez que chaque année, le RN considère que c'est beaucoup trop.
03:48L'année dernière, c'était près de 30 milliards d'euros.
03:52Est-ce que vous avez les chiffres ? Est-ce qu'ils seront en hausse ?
03:54Alors, les chiffres ne sont pas encore consolidés,
03:56donc ils seront présentés dans le cadre du débat budgétaire le mois prochain.
03:59Et nous, on continue d'ailleurs de négocier avec l'Union européenne
04:02pour essayer de maîtriser les dépenses,
04:05notamment les dépenses administratives de la Commission européenne,
04:06de trouver aussi des nouvelles recettes au niveau européen.
04:09C'est ce qu'on a fait avec la taxe sur les petits colis,
04:10qui avait été faite d'abord au niveau français
04:12et qui après a été élargie au niveau européen.
04:15La contribution, elle suivra la trajectoire,
04:16qui avait été votée en fait dès 2021,
04:19y compris par les parlements nationaux.
04:20C'est un budget de 7 ans.
04:22Mais que dit le RN ?
04:23Le RN, il dit, au fond, cette contribution,
04:26il faut arrêter de la payer,
04:27ou il faut unilatéralement décider d'un rabais,
04:29de la réduire de 5, de 10 milliards.
04:31Mais ça n'existe pas, ça.
04:33Et je veux vous dire,
04:34même la Hongrie de Victor Orban a toujours payé sa contribution,
04:37même les Britanniques avant le Brexit.
04:39Ce que propose le RN, au fond, c'est un Frexit déguisé.
04:43C'est de continuer à dire,
04:44en réalité, on ne va pas respecter.
04:47Moi, je me rappelle de Marine Le Pen devant les affiches Frexit
04:49il y a une dizaine d'années.
04:51C'est plus dans son programme.
04:52Et aujourd'hui, c'est totalement dans le programme,
04:54de façon hypocrite.
04:55Alors, on est à 8 mois, Benjamin Haddad.
04:56C'est de respecter nos engagements vis-à-vis de l'Union européenne,
04:58c'est de payer notre contribution.
04:59La France est le premier récipiendaire de fonds européens.
05:04C'est l'argent que touchent nos agriculteurs.
05:0510 milliards d'euros de la PAC chaque année.
05:07C'est les subventions pour les entreprises,
05:10les PME, les start-up,
05:11pour l'espace, pour nos secteurs de la défense.
05:13C'est dans l'intérêt de la France,
05:15d'être dans l'Union européenne.
05:16Et, encore une fois, d'être un partenaire actif
05:18et responsable de l'Union européenne.
05:19Vous avez vu les derniers sondages.
05:21Marine Le Pen à 35%.
05:22Jean-Luc Mélenchon est en pleine dynamique.
05:24Édouard Philippe est talonné par Gabriel Attal.
05:27Qui est le meilleur candidat, selon vous, du bloc central ?
05:31Je soutiendrai Édouard Philippe dans cette élection présidentielle.
05:34Parce que je pense qu'il est le mieux placé
05:36pour rassembler notre famille politique et élargir,
05:39et notamment faire l'alliance du centre et de la droite,
05:42que j'espère, pour un message réformateur,
05:45pour un message ferme sur le régalien,
05:48sur la sécurité et sur les migrations,
05:49et pour continuer à porter une ambition forte
05:51sur la scène internationale et européenne.
05:54Et si dans deux mois, Gabriel Attal est mieux placé,
05:56est-ce que vous soutiendrez à ce moment-là ?
05:58Vous savez, on vient d'en parler.
06:00Quand on voit le concert de démagogie et d'irresponsabilité
06:03entre la France insoumise qui nous explique
06:05qu'on peut effacer la dette française,
06:06entre le Rassemblement national qui nous explique
06:08qu'on peut revenir à la retraite à 60 ans,
06:11Édouard Philippe est celui qui a le courage
06:13de dire les choses sur les finances publiques,
06:16sur les retraites, d'assumer,
06:17de dire la vérité aux Français,
06:19y compris parfois des mesures qui ne sont pas populaires,
06:21mais qui devront être nécessaires
06:22pour préserver la souveraineté,
06:24pour préserver l'avenir de notre pays.
06:25Dans un moment où les deux forces populistes
06:28d'extrême-gauche et d'extrême-droite
06:30sont anti-européennes
06:31et sont des agents d'ingérence,
06:32en particulier de la Russie,
06:33il continuera à apporter cette ambition européenne
06:36que nos compatriotes appellent de nos voeux
06:38et dont on a besoin
06:39quand on est entre les États-Unis,
06:40la Chine et la Russie.
06:41Est-ce que vous allez rejoindre Horizon,
06:42le parti de Édouard Philippe ?
06:43Mais au fond, tout ça,
06:45ça n'a pas d'intérêt.
06:46Vous savez, ces questions...
06:47C'est quand même important, Gabriel Attal,
06:50le chef de votre parti aujourd'hui,
06:51vous êtes à Renaissance.
06:52Déjà, je pense que nous faisons partie
06:53de la même famille politique
06:55et que, bien sûr, nous aurons vocation
06:56à tous nous rassembler.
06:57Sinon, ce sera la catastrophe pour le pays.
06:59Derrière le meut placé, quand ?
07:00Est-ce qu'il faut accélérer le rassemblement ?
07:02Moi, je crois que quand on arrivera vers l'hiver,
07:05il faudra effectivement qu'on se rassemble
07:06avec Gabriel Attal,
07:07avec Bruno Rotaillot, je le souhaite aussi.
07:09Dès le premier tour ?
07:09Oui, dès le premier tour,
07:10l'alliance du centre et de la droite,
07:12derrière ce message réformateur,
07:13derrière ce message européen.
07:16Et puis, vous savez, moi,
07:17je suis un homme libre.
07:18J'ai été militant dans ma jeunesse.
07:20À un moment, je ne me reconnaissais plus
07:22dans l'offre, dans le discours politique.
07:24Je suis parti travailler.
07:25J'ai travaillé aux États-Unis,
07:26dans des think tanks.
07:27J'ai toujours défendu mes convictions
07:28en tant que chercheur dans les think tanks.
07:30La liberté, la défense des démocraties,
07:32la laïcité, la construction européenne,
07:35l'autonomie stratégique.
07:37Je me suis engagé avec Emmanuel Macron
07:38dès le début de la création d'En Marche,
07:40quand il était à 5% dans les SLA.
07:40Et vous ferez donc la campagne d'Edouard Philippe ?
07:42Je serai dans la campagne d'Edouard Philippe.
07:44Merci.
07:44Je serai toujours en suivant mes convictions,
07:46en suivant mon patriotisme,
07:47en suivant mon esprit de liberté.
07:49Merci beaucoup, Benjamin Haddad.