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  • il y a 7 minutes
L'éclairage économique de Marc Touati sur un sujet d'actualité.

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Transcription
00:00L'économie avec vous Marc Toiti. Marc, depuis lundi, vous nous expliquez à juste titre que les émeutes vont coûter
00:06cher, voire très cher à la France.
00:08Et si j'ai bien compris, ça continue. Expliquez-nous.
00:10Tout à fait. Je confirme à mon estimation à peu près 5 milliards d'euros de coûts jusqu'à la
00:14fin de l'année en termes économiques.
00:15Mais ce qui compte aujourd'hui, c'est qu'on a également, et ça qu'en public ne le voit
00:18pas forcément, c'est pas comme je le dis aujourd'hui,
00:20on a un dérapage des taux d'intérêt. C'est-à-dire qu'on a une défiance qui s'installe
00:24auprès des investisseurs français et internationaux
00:26qui délaissent la dette publique française. On l'a vu depuis lundi, on a frôlé les 5% de taux
00:31d'intérêt sur le taux d'intérêt à 10 ans.
00:33Pareil hier, c'était vraiment 4,99. On était à la limite, c'est-à-dire que c'est un
00:39plus haut depuis 2002.
00:41C'était un autre monde. Et ce qui est très inquiétant, c'est de voir que l'écart de taux
00:45d'intérêt par rapport à l'Allemagne notamment
00:47est en train d'exploser. Je vous fais un petit graphique, ce qu'on appelle en anglais le spread.
00:51C'est-à-dire l'écart de taux d'intérêt. Regardez bien, c'est complètement fou.
00:53On a aujourd'hui 1,5 point de plus sur le taux d'intérêt que paye la France par rapport
00:59au taux d'intérêt que paye l'Allemagne.
01:00On n'a pas vu ça depuis 2011. Donc en gros, ce qui est fou, c'est qu'en Allemagne,
01:04le taux d'intérêt baisse un petit peu
01:05alors que nous, ça augmente. Donc on a bien ce mouvement de défiance où les investisseurs se disent
01:09« Bon, je préfère acheter de la dette publique allemande que française », mais ça se creuse.
01:13Pas seulement vis-à-vis de l'Allemagne, par rapport au Portugal par exemple.
01:16Vous vous rendez compte ? Il y a un point d'écart en plus pour le taux français par rapport
01:20au taux allemand.
01:21Dans le même temps, on l'a vu encore hier, deuxième jour consécutif de baisse de la bourse française, le
01:26CAC 40,
01:26moins 1,5% sur deux jours, plus de 10% de baisse depuis le mois d'août dernier.
01:33Le CAC 40 est la seule grande bourse du monde développé qui baisse depuis le début de l'année.
01:38Il y a donc cette défiance qui est en train de s'installer et ça, c'est évidemment extrêmement dangereux.
01:42– C'est incroyable. Vous nous dites qu'il y a un autre danger dont on parle un peu moins
01:47ces derniers jours,
01:47c'est l'inflation. Les prix repartent à la hausse.
01:50– Ce télescope, on a effectivement ces émeutes, malheureusement, qui sont dramatiques,
01:55mais on a bien entendu cette inflation qui continue d'augmenter.
01:58C'est-à-dire qu'on a eu les chiffres du mois de septembre, confirmés par l'INSEE,
02:01que ce soit en France et dans la zone euro.
02:03Donc au niveau de la zone euro, on a 3,8% d'inflation.
02:06Au niveau de la France, on a 3,4% d'inflation aux normes européennes, aux normes harmonisées.
02:11C'est-à-dire que je vous rappelle, l'objectif de la Banque centrale européenne, c'est combien ?
02:14C'est 2%.
02:15– L'INSEE donne combien ?
02:17– Alors l'INSEE donne 3,1 et Eurostat 3,4.
02:20– Mais l'INSEE est au-delà de 3.
02:22– Oui, tout à fait. Même 3,2, ils ont révisé à la hausse.
02:24Mais surtout, le drame, c'est que quand on voit, on a encore vu hier,
02:26les prix du pétrole qui sont passés à 110 dollars le baril,
02:29comme quoi la visite de M. Macron au PTC, ça ne va pas marcher, ça continue d'augmenter.
02:34Et donc ça veut dire qu'on n'a pas encore cette augmentation des prix du pétrole
02:37ou également des matières premières, 47% d'os des prix des matières premières au niveau mondial.
02:41Ça, on va l'avoir demain, sur l'inflation de demain.
02:43Et donc, ce qui veut dire que l'inflation va encore augmenter.
02:46Donc, première peine, effectivement, on a ces taux d'intérêt qui augmentent.
02:49Deuxième peine, l'inflation qui augmente, parce qu'à la fin, c'est évidemment les Français qui payent.
02:52Ça veut dire moins de pouvoir d'achat, moins de consommation, plus de chômage.
02:55Donc, c'est là cet effet malheureusement dramatique.
02:58– Voilà, et le gouvernement a annoncé hier qu'il allait aider les entreprises affectées par les émeutes
03:03et prendre à sa charge le chômage partiel.
03:05Ce sont des bonnes nouvelles ou pas ?
03:06On va continuer à dépenser de l'argent.
03:08– Voilà, c'est la moindre des choses, bien entendu.
03:10Mais c'est le problème français, de l'État français, il agit une fois que le mal est là.
03:13On aurait préféré qu'il agisse avant, avant qu'il y ait autant d'émeutes, si vous voulez.
03:16Mais là, évidemment, il sort le carnet de chèques, le nouveau quoi qu'il en coûte.
03:20Il y a quelques exemples.
03:21Donc, voilà, il va faire un prêt zéro pour les entreprises.
03:23Justement, encore une fois, c'est le prêt garanti par l'État.
03:25Là, c'est un prêt à taux zéro.
03:27Donc, effectivement, l'État va prendre à sa charge le chômage partiel pour 60%.
03:31Donc, évidemment, tout ça.
03:32Là, on voit l'importance d'avoir une réduction des déficits publics lorsque ça va bien.
03:37Parce que justement, quand ça va mal, on a besoin d'augmenter ses dépenses.
03:39Mais comme quand ça va bien, on a quand même des déficits qui se creusent,
03:42ben là, c'est encore plus dramatique.
03:43Et là, c'est le cercle pernicieux.
03:44Ça veut dire plus de déficits, donc plus de dettes.
03:46Nouvelle phase de hausse des taux d'intérêt.
03:48Donc, défiance qui s'accroît, récession et ainsi de suite.
03:51C'est ça, aujourd'hui, qui est dramatique.
03:52Et malheureusement, il faut être clair, l'État, l'argent public, ça n'existe pas.
03:56C'est votre argent.
03:57C'est l'argent des Français.
03:58Et à la fin, qu'est-ce qui va augmenter ?
03:59C'est encore nos impôts.
04:00Donc, c'est ça, le drame.
04:01C'est que c'est encore les Français qui, malheureusement, vont payer.

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