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  • il y a 3 heures
Chaos: Le témoignage bouleversant dans "24h en France" sur Cnews de Raphaël, commerçant à Paris qui raconte sa nuit d'enfer samedi dernier face aux casseurs

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Transcription
00:00Le remercie d'être venu sur le plateau. Bonjour Raphaël, merci d'être parmi nous cet après-midi.
00:06Vous êtes une de ces victimes, on en parlait tout à l'heure, de ce qui s'est passé, de
00:10l'horreur subie ce week-end.
00:12Vous êtes garagiste, vous avez des motos, c'est dans le 11e arrondissement, et vous, vous avez refusé, avec plusieurs
00:19de vos amis,
00:20et bien tout simplement de laisser les casseurs pillés trop facilement, des amis qui sont venus vous prêter main-forte.
00:26Tout le monde a monté la garde, et vous avez subi non pas un, mais deux préjudices.
00:32Racontez-nous, on voit les images là de votre commerce, racontez-nous ce qui s'est passé, comment vous avez
00:38vu ces hordes arriver,
00:41et tout simplement le film de la nuit quoi.
00:44Alors bonjour, merci de me recevoir sur ce plateau.
00:47Effectivement, je suis commerçant sur Paris 11e, et on a dû faire face samedi soir à des scènes de chaos
00:55total.
00:56Chose que je n'avais jamais vue jusqu'à présent, comme je le disais sur d'autres plateaux,
01:01on est habitué des manifestations sur le boulevard auquel je suis,
01:06on a toujours un maintien de l'ordre en place, avec des policiers, des CRS,
01:11qui arrivent à contenir les énergumènes qui veulent s'en prendre à des commerces.
01:17Sauf que là, samedi soir, on était dans une autre dimension, il n'y avait rien de tout cela,
01:23ou du moins les équipages étaient en trop... il y avait trop peu de présence policière par rapport au nombre
01:29de casseurs.
01:30J'ai reçu un appel vers 7h30 du soir, de mes salariés qui m'informaient que le magasin venait d
01:36'être pillé.
01:38Donc je m'y suis rendu directement, sans comprendre ce qui se passait,
01:44et sans pouvoir mesurer vraiment l'ampleur des dégâts.
01:47En arrivant sur place, je me suis retrouvé face à des casseurs toujours présents,
01:53cagoulés, équipés, casqués, gantés, donc on était vraiment sur des scènes apocalyptiques.
02:00Excusez-moi, mais ils étaient combien, en grosso modo ?
02:03De ce que j'ai vu en arrivant sur place, il y avait au moins une vingtaine de groupes présents
02:09encore sur le boulevard,
02:10des groupes constitués de 7 à 10 personnes, réparties sur le boulevard,
02:14donc moi je les ai vus en essayant de me garer, tout simplement,
02:17parce que ce qui était incroyable, c'est qu'on pouvait quand même circuler en voiture.
02:21Donc ça montre le réel problème avec le dispositif policier,
02:24puisque habituellement, dans ce genre de manifestation, on ne peut pas y accéder.
02:29Donc là, j'ai pu parfaitement me garer, arriver devant ma boutique,
02:32et me retrouver face à des casseurs qui passaient devant, et mesurer l'ampleur des dégâts.
02:37Donc en fait, ils arrivent, et ils forcent le passage,
02:39et comment vous arrivez, vous et vos amis, je ne sais pas combien vous étiez, à résister ?
02:44Comment ça se passe, ce face à face, là ?
02:45Alors, sur les vidéos qu'on voit, c'est une boutique qui était fermée au moment des faits,
02:50où je n'étais pas encore présent, donc ils ont tout cassé, tout pillé,
02:54pendant que c'était fermé, ils ont tout volé, des motos, des accessoires,
02:58enfin, ils ont vraiment détruit les lieux, arraché les télés des murs, cassé les murs, le sol,
03:02enfin, vraiment, c'est des scènes de chaos.
03:04Et donc, en arrivant sur place, sur les coups de 7h30, enfin, 8h15, pardon,
03:10je n'ai pu que constater les dégâts, et c'est à ce moment-là, où, sur le même boulevard,
03:14j'ai une deuxième boutique qui est située à une cinquantaine de mètres,
03:19où j'ai entendu du bruit métallique, et en tournant ma tête, j'ai compris qu'il y avait des
03:24personnes
03:25en train de vandaliser mon deuxième magasin, et c'est à ce moment-là,
03:28où je n'ai pas mesuré, et je n'ai pas réfléchi, à ce moment-là,
03:34où j'ai couru vers eux, et je me suis retrouvé face à 40 personnes.
03:38Ils vous ont menacé ?
03:39Ah, ben, ils étaient en train d'arracher mon rideau,
03:41quand je suis arrivé, ils se sont mis à courir,
03:46je ne sais pas, peut-être que le fait de me voir arriver en courant,
03:49ça les a peut-être, pas intimidés, mais de se dire peut-être que la police est arrivée derrière,
03:53donc ils ont couru, mais ils sont revenus,
03:55à la charge, en me disant qu'ils voulaient récupérer des motos,
04:00et cette fois-ci, je leur ai dit qu'ils ne pourraient pas faire ce qu'ils avaient fait sur
04:04le magasin précédent,
04:05alors c'est peut-être pas eux, mais ce que je venais de subir sur l'autre magasin,
04:08ça n'allait pas se reproduire, parce que là, c'était deux fois de trop,
04:12et je n'ai pas réagi à ce moment-là.
04:14Et à ce moment-là, ils se contentent de ça, ils repartent,
04:15ou bien ils commencent à vous intimider physiquement ?
04:17Non, ils sont approchés de moi, ils ont, je dirais pas,
04:22ils n'ont peut-être pas voulu en découdre,
04:24mais ils ont essayé, en tout cas, de montrer leur supériorité.
04:28Moi, j'ai été rejoint par mes frères à ce moment-là,
04:31et on a dû leur faire comprendre qu'ils n'allaient rien faire du tout,
04:35et que ce magasin allait rester protégé, parce que tout était dedans.
04:38Vous aviez de quoi vous défendre ?
04:39On avait de quoi se défendre très sommairement.
04:42On a pris des choses qu'on trouvait par terre, des barres de bois qui restaient par terre,
04:49un club de golf, j'avais un club de golf avec moi, histoire d'intimider, je dirais,
04:53mais en réalité, face à 40 personnes, si s'était passé quelque chose,
04:57je pense qu'on aurait eu de graves problèmes.
04:59Ça a duré longtemps ?
05:01Ça a duré moins de deux minutes, mais deux minutes, c'est très long,
05:06face à 40 personnes, à essayer de se défendre, si je puis dire,
05:12en faisant comprendre qu'on ne lâcherait pas.
05:15C'est vrai que moi, j'espérais qu'un équipage passe à ce moment-là,
05:18malheureusement, personne.
05:20Au final, ils ont compris qu'ils ne pourraient pas rentrer aussi facilement dans le magasin,
05:24ils sont repartis.
05:25Et c'est à ce moment-là où j'ai croisé un équipage de police,
05:27je les ai interpellés en leur disant ce qui venait de se passer.
05:30Et malheureusement, ils m'ont dit qu'ils étaient 3 pour 100 hommes,
05:33et qu'on était, nous, 7 ici, et qu'on avait de quoi se défendre,
05:36et qu'ils me souhaitaient bonne chance.
05:37C'est ça qu'on vous a dit ?
05:39Oui.
05:40Les policiers ont dit qu'on a autre chose à faire, on ne peut pas rester.
05:43Alors, ce n'est pas qu'ils avaient vraiment autre chose à faire,
05:44mais qu'ils étaient complètement dépassés.
05:47Ils étaient vraiment totalement perdus face à ce qui se passait.
05:53Pardon, mais comment on fait pour voyer une moto, ou des motos, en ce qui vous concerne ?
05:57Ils n'avaient pas accès aux clés. Comment ils ont fait ?
05:59C'est très simple.
06:00Ils ont déjà commencé par casser le rideau métallique,
06:03puisque le magasin est quand même protégé par un rideau métallique qui pèse des centaines de kilos,
06:07donc c'est quand même relativement lourd.
06:08Ils ont réussi à l'arracher, le détruire, briser les vitrines à coups d'extincteurs,
06:12donc les dévisions sont procurées via les réseaux sociaux.
06:17Après avoir fait ça, ils ont pu rentrer dans le magasin.
06:19Il faut savoir que déjà, en faisant ça, ça prend quand même quelques minutes.
06:20Ils n'arrivent pas à le faire en quelques secondes.
06:22Tout ce temps-là, pas de police.
06:24Ils sont rentrés dans le magasin en cassant toutes les vitrines.
06:27Les motos étaient face à eux.
06:28Donc la plupart, ils sont rentrés vraiment à des dizaines et des dizaines,
06:32comme on peut le voir sur les images.
06:34Nous, les clés sont stockées dans un armoire à clés,
06:36un peu comme une agence immobilière,
06:38où on va vraiment avoir des clés en sécurité.
06:40Ils ont fouillé, ils ont cassé le coffre à clés,
06:43ils ont pris les clés, ils sont repartis avec des motos en roulant.
06:47Il y a des vidéos d'ailleurs qui circulent sur les réseaux.
06:48Et d'autres, ils m'en ont laissé deux par terre dans le magasin,
06:52sans les clés, bien évidemment.
06:53Ils sont partis avec.
06:56Et vous en avez même retrouvé, vous me disiez,
06:57une dans la rue, un peu plus loin, qu'ils ont abandonné.
06:59Ils ont abandonné.
07:00Donc moi, j'ai été recueillir le témoignage des commerçants autour,
07:03vraiment qui étaient désabusés de ce qu'ils avaient pu voir toute la journée,
07:08en étant tout à fait désolés pour nous,
07:11en nous disant qu'ils n'ont rien pu faire.
07:13Mais ce qui est logique, on ne peut pas non plus intervenir sur des situations pareilles.
07:15Donc ils m'ont dit, là où étaient partis les gars avec les motos,
07:19j'ai été dans la rue de derrière.
07:21J'ai trouvé un de mes véhicules garé, plutôt bien garé d'ailleurs,
07:25mais sans les clés.
07:27Ils ne l'avaient pas saccagé au moins ?
07:28Ils l'ont fait tomber, donc il y a quelques dégâts matériels sur le véhicule.
07:33Mais j'ai dû aller le repousser pour le remettre en sécurité derrière.
07:37Votre préjudice, vous l'estimez à combien ?
07:39Et ça va m'emmener vers la suite de mes questions sur ce que vous attendez maintenant comme réparation.
07:43Alors on est encore en plein inventaire, je n'ai pas l'ampleur des dégâts précis,
07:47mais je peux déjà vous dire que ça se situe à plusieurs centaines de milliers d'euros.
07:51Et ce qui est très difficile, c'est que maintenant pour la réparation du préjudice,
07:55on sollicite nos assureurs.
07:57Et là, on est obligé de lire les contrats, de lire entre les lignes.
08:01Je pense que chacun d'entre nous ici ne lit pas forcément toutes les conditions générales,
08:04les conditions particulières de tous les contrats.
08:06Et c'est là où on s'aperçoit qu'il y a quelques petits trucs qui vont nous coûter beaucoup
08:10d'argent.
08:11Et vous vous dites, je ne vais pas récupérer bon l'argent si facilement que ça ?
08:13Ah ben, je ne vais pas récupérer tout le préjudice, ça c'est sûr et certain.
08:16Le magasin, vous allez pouvoir le rouvrir et à quelle échéance ?
08:19On va pouvoir le rouvrir en faisant les travaux, en étant indemnisé pour ça,
08:23parce que pareil, il faut de la trésorerie pour pouvoir financer tout ça.
08:25Et de la trésorerie avec les temps qui courent, ça devient très difficile.
08:28Déjà, rien que pour la sécurisation de la boutique, après les événements samedi soir,
08:33c'est une facture qui s'élève à plus de 3 000 euros quand même pour des panneaux de bois.
08:36Il faut les régler tout de suite.
08:38Les travaux, il faut les engager rapidement.
08:41Le remplacement de la vitrine, il faut l'engager rapidement.
08:43Donc ça présente des coûts importants qu'on ne peut pas maîtriser pour l'instant.
08:45Et à titre personnel, sur une note plus personnelle, ça se voit, vous êtes un bonhomme, un sacré gaillard.
08:49On voit que vous n'avez pas peur, d'ailleurs l'effet le prouve.
08:52Mais comment vous vous sentez aujourd'hui ? Vous êtes en colère ? Vous êtes dépité, triste ?
08:57Un peu détroit.
08:58Je suis très en colère par rapport à ce qui s'est passé.
09:00Je ne comprends pas comment ça a pu arriver en France, des événements pareils, que dans tout le pays, on
09:08a dû faire face à des événements similaires.
09:11Parce que je ne suis pas le seul à cette fait piller.
09:15Je ne comprends pas où se trouve l'État à ce moment-là de défendre ses concitoyens, de défendre les
09:22commerces.
09:22On paye énormément de charges, énormément d'impôts, comme tout le monde.
09:26Qu'est-ce qu'on fait avec ça ? On a des dépenses partout et nous, on se retrouve seuls
09:30dans la rue à devoir se défendre nous-mêmes.
09:32Donc je suis très en colère par rapport à ça.
09:33Je suis très peiné aussi parce que c'est des années de travail et ces casseurs ne se rendent pas
09:38compte de ce qui brise derrière.
09:41Je ne suis qu'un simple patron, j'ai du personnel, je perds de famille, je travaille pour ma famille,
09:46comme tout le monde.
09:47Et là, tout est mis à mal parce qu'ils en ont décidé.
09:50Alors moi, j'ai une petite question. Vous savez qu'il y a la présomption de légitime défense quand on
09:54est pillé, quand on est un commerçant.
09:56Est-ce que vous pensez justement vous armer en vous disant si ça se reproduit et que la police n
09:59'est pas là et qu'il faut que je protège moi-même ma boutique, il faut que je sois mieux
10:03équipé ?
10:04C'est très difficile de pouvoir imaginer un tel scénario.
10:09Mais je ne vous cache pas que forcément, c'est des idées qui traversent l'esprit, bien évidemment.
10:13Parce que mine de rien, face à des hordes de sauvages enragés qui sont prêts à tout pour faire ce
10:21qu'ils veulent,
10:23on se dit que peut-être si on est abandonné par la police, il faudrait peut-être trouver des solutions
10:27alternatives.
10:28Ce que je n'espère pas.
10:29peut-être réagir, peut-être Marine Baranès, parce que c'est un traumatisme qu'il a subi.
10:32C'est ce que j'allais dire.
10:34Moi, j'entends et j'entends ce que vous dites de ce sentiment de peur qui a dû vous envahir
10:44au moment où vous êtes face à 20 ou 30 ou 40 personnes qui veulent tout casser.
10:52Et aujourd'hui, j'ai envie de vous dire comment vous avez dormi.
10:56Oui, mais vous voyez, c'est-à-dire que les préjudices, c'est évidemment financier, mais c'est aussi psychique.
11:04C'est-à-dire que ça fait des victimes psychiques qui vont demain élever leurs enfants en disant
11:11« Attention ! » ou quand il va y avoir du bruit ou quand on va voir quelqu'un tout
11:15en noir avec un casque qui va avoir des réminiscences psychiques.
11:19Ce pays malade psychiquement.
11:21Il va falloir le reconstruire.
11:22Est-ce que vous avez bien dormi ? Comment vous vous sentez globalement ?
11:25Non, bien évidemment, samedi soir, je n'ai absolument pas dormi.
11:28Je suis rentré chez moi sur les coups de 4h du matin, le téléphone en main, essayé de scruter les
11:34réseaux, essayé de scruter des vidéos où je pouvais retrouver des choses.
11:37Vraiment…
11:37Des réactions post-traumatiques ?
11:38Voilà, je n'ai pas dormi. Le dimanche, j'ai dû y retourner pour vraiment bien mesurer l'ampleur des
11:44dégâts.
11:44C'est quelque chose que je voulais faire samedi soir, sauf que finalement, en me retrouvant face à ces ordres
11:47de gars, je n'ai rien fait de tout ça.
11:50J'étais en train d'essayer de trouver des solutions pour se protéger.
11:53Maître Rowe, vous n'avez pas entendu une dernière réaction ? Peut-être que si vous voulez lui poser une
11:56question, vous vous adressez à lui ?
11:57Moi, c'est un peu inquiétant parce que je comprends votre position. Quand Amoré vous demande si légitime défense, vous
12:04ne pourriez pas envisager de vous armer ?
12:07Le problème, c'est que quand on est face à 30 personnes, ils n'avaient quand même pas l'air
12:12non plus d'être très pacifistes et très calmes.
12:16Vous seriez avancé si vous aviez eu de quoi vous défendre ?
12:20Alors, je ne saurais pas vous dire très honnêtement parce que c'est une réaction, je pense, d'instinct et
12:25sans réflexion.
12:26Parce que si j'avais réfléchi, je pense que je n'y aurais pas été. J'ai quand même trois
12:31enfants et vous noteriez bien que face à 40 personnes, je n'aurais pas eu envie de me retrouver à
12:34l'hôpital.
12:34Vous avez quand même bien jugé les choses à ce moment-là aussi, vous n'avez pas fait n'importe
12:38quoi.
12:39Et puis, est-ce que c'est utile de se mettre en risque à tel point ?
12:44Eh bien, franchement, moi, c'est mon galopin.
12:49Oui, non, mais vous n'avez pas d'art, vous l'avez fait sans ça, sans rien.
12:52Je peux me mettre en danger pour mon avenir, je peux me mettre en danger.
12:57Mais est-ce que ce n'est pas ce que certains cherchent d'ailleurs, qu'on peut se poser la
13:00question, que les gens s'arment, mais que finalement, ce soit le chaos total, mais la guerre civile, pour le
13:08coup.
13:08Merci beaucoup. En tout cas, on vous souhaite bien du courage.
13:11Merci beaucoup d'avoir accepté de témoigner et on suivra évidemment ce qui se passe pour votre boutique en particulier
13:17dans les jours et semaines à venir.
13:18Merci à tous. Dans un instant, l'info de Vino, à la suite de l'actu, bien sûr, sur CNews.
13:23Et je vous dis à demain dès 13h pour Polyjustice, 24h en France.

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