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Dans son édito du 21/10/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur la présence de milliers d'opposants au RN attendus au congrès du parti à Orléans.

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Transcription
00:00Alors, selon les manifestants, qu'on verra, qui sont portés par des figures politiques de gauche,
00:05c'est au nom de la démocratie qu'il faudrait chercher à en finir avec le RN.
00:08Et peut-être même l'interdire, si possible, de tenir cet événement.
00:11Nous y reviendrons.
00:13Donc, le point de départ, les grandes figures, en fait, c'est le congrès, mais c'est en même temps
00:16du RN.
00:17Et c'est le premier événement de campagne qui va rassembler les grandes figures de ce courant et ses alliés,
00:22donc Marine Le Pen, Bardella, Ciotti, Marion Maréchal et d'autres, qui seront présents.
00:27Certains prendront la parole, d'autres non.
00:29pour marquer le début de cette campagne présidentielle.
00:33Vous l'avez dit, c'est le premier parti de France.
00:35Ce n'est pas un détail, c'est-à-dire que c'est le premier parti,
00:37c'est le parti qui spontanément, aujourd'hui, a le plus d'appui des électeurs français.
00:42Ça en fait un acteur démocratique de premier plan.
00:44Eh bien non, le gratin de la gauche militante,
00:46qui rassemble à la fois les partis politiques, le PS, les communistes,
00:51des gens comme les Soulèvements de la Terre, les syndicats, la Ligue des droits de l'homme,
00:55plusieurs groupes se rassemblent pour dire « cet événement est scandaleux ».
00:59Et je vais vous lire les extraits de leur tribune,
01:01donc ce sont les progressistes du Loiret,
01:03pour dire pourquoi ce congrès est scandaleux.
01:06J'en cite quelques extraits rapidement.
01:09Je commence.
01:10Consciente, les forces progressistes, du grave danger que représente le RN
01:14pour nos libertés, nos droits, notre démocratie et de vivre ensemble,
01:17nous considérons que la construction d'un mouvement antifasciste
01:20et d'un rassemblement à la hauteur de nos valeurs progressistes
01:22est une responsabilité collective face à la banalisation de l'extrême droite.
01:27Au-delà de leurs idées nauséabondes, racistes, sexistes,
01:33LGBTQIA plus phobes,
01:34le RN, de même que les autres partis ou groupes suels d'extrême droite,
01:38défend avant tout les intérêts des classes dominantes,
01:41de la bourgeoisie et des ultra-riches cramponnés
01:43à un système capitaliste et à bout de souffle.
01:45Là, je commente ici, c'est pour ça que le RN est aussi fort à Paris, n'est-ce pas
01:48?
01:48C'est pour ça qu'il y a eu tel appui dans la grande bourgeoisie parisienne.
01:52Poursuivons.
01:52Comme la majorité de la population française,
01:55nous ne voulons pas d'une société raciste, sexiste, homophobe, transphobe, validiste,
02:00ça, c'est de s'ajouter,
02:02intolérante et repliée sur elle-même,
02:04faite de divisions, de surveillances généralisées,
02:07de répression, d'appauvrissement et d'attaques contre nos libertés.
02:10La gauche s'oppose aux attaques contre les libertés.
02:12Ça aussi, c'est de l'humour.
02:14Et là, dernier point que je cite,
02:15« La société fasciste, que nous propose le RN, fasciste,
02:18et ses affidés, n'est pas une fatalité et doit être combattue.
02:23La continuité de la lutte menée par les résistants, point E, point S,
02:27contre le fascisme, nous oblige.
02:29Nous avons le devoir d'empêcher les héritiers, point R, point S,
02:32non, héritiers et R, de Pétain, de reprendre le pouvoir. »
02:37Fin de citation.
02:38Tout est là, mais c'est là, total.
02:40Les héritiers de Pétain, hein.
02:42Pétain, fascisme, validiste, transphobe, alléluia.
02:46Tout est là.
02:47Non, pas alléluia, non, non.
02:49On est alléluia.
02:51Alors, ce qui me frappe là-dedans, c'est voir les gens qui y sont.
02:54Veiller quand même un peu.
02:55Les communistes, le PCF, le PS, les écolos, Génération,
03:00mais aussi, le point levé,
03:02le point levé, c'est l'aile jeunesse de révolution permanente,
03:05un mouvement clairement trottisquiste et violent.
03:08Donc, ces gens-là n'ont pas de problème à s'allier ensemble.
03:11L'union des gauches s'opère sans gêne avec des gens ouvertement violents.
03:16Ça ne dérange pas parce qu'on est contre le validisme pétainiste transphobe du RN.
03:21Alors, très honnêtement, j'ai lu ça, c'est d'un kitsch absolu.
03:24Il existe une telle chose que le kitsch progressiste de gauche.
03:27Et là, on y était, vous connaissez, chez Orwell,
03:29on dit l'anglais sous le régime de 1984,
03:32devient Langsot, l'anglais socialiste.
03:35Et bien là, maintenant, c'est vraiment une langue progressiste.
03:37C'est le français reconstruit par l'imaginaire progressiste.
03:41Et c'est un français incompréhensible qu'on parle dans cette tribu militante particulière
03:45qui est le progressisme enragé.
03:47Et ces gens-là ont des références éculées.
03:49Pétain, quand même.
03:50Pétain, il pourrait être un peu plus imaginatif.
03:52Il y a, dans le monde d'aujourd'hui, d'autres forces dont on peut se méfier.
03:54On doit vraiment toujours se tourner vers Pétain.
03:56D'ailleurs, pourrait-il définir minimalement ce qu'il était...
03:58Aucune chance.
03:59Quoi qu'il en soit, la référence est là.
04:00Mais au final, vous l'avez dit, l'enjeu pour eux, c'est de faire taire,
04:04d'empêcher cet événement, pas de le perturber par la violence.
04:07Ils le disent.
04:08On veut le recouvrir par notre militantisme, faire du bruit, faire en sorte...
04:12On veut l'invisibiliser.
04:13Mais de quelle manière ?
04:15Eh bien, en faisant en sorte que cette voix ne soit plus entendue
04:18parce qu'elle est contradictoire avec la démocratie.
04:20Les faire taire, c'est démocratique.
04:21Les laisser s'exprimer, c'est instrumentaliser la démocratie au service de la haine.
04:25Comprenez le raisonnement.
04:26Orwell.
04:28N'avons-nous pas connu quelque chose de semblable
04:30avec la candidature d'Éric Zemmour pendant la campagne de 2022 ?
04:34Ah bien, c'est le moins qu'on puisse dire.
04:35Et là, la violence était au rendez-vous.
04:36C'est-à-dire, rappelez-vous, le meeting de Villepinte.
04:38Un meeting assez impressionnant, un rassemblement syndicat.
04:41C'était, peu importe ce qu'on en pense, c'était un bel événement.
04:43Eh bien là, il y a une bande d'extrême-gauche qui arrive
04:46pour semer la pagaille, pour user de la violence.
04:50Réaction sur place de gens qui se défendent, ainsi de suite.
04:52Récits médiatiques dominants de l'événement.
04:54La violence au cœur de l'événement d'Éric Zemmour.
04:57On recouvrait l'événement.
04:59Le message n'était plus entendu.
05:00Le discours n'était plus entendu.
05:02Tout ce qu'on voyait, c'était la violence collée au nom de Zemmour.
05:05Comment ? Parce que des militants radicaux s'en étaient mêlés.
05:10Si je peux me permettre, je me rappelle à l'époque, soit dit en passant,
05:12on avait interviewé dans le cadre du Grand Rendez-vous
05:14un leader politique de gauche important qui se représentera à la présidentielle
05:17qui disait qu'il est légitime, il est légitime d'avoir une croix,
05:21vous savez, comme une cible sur la tête de Zemmour.
05:23On nous avait dit ça en off.
05:24Parce que franchement, avec les idées qui sont les siennes,
05:26il doit au moins avoir peur un peu.
05:28Et je me souviens d'un autre type qui voulait être candidat à la présidentielle,
05:31mais qui en off, finalement, il n'a pas réussi.
05:33Elle nous avait dit, Zemmour, ma réaction, ta, ta, ta, ta, ta, ta, ta.
05:36Je m'en souviens très bien.
05:37Il n'a pas été candidat.
05:39Mais je ne dirai pas son nom.
05:40Je ne suis pas un traître.
05:42Je ne suis pas une balance.
05:43Enfin, quoi qu'il en soit.
05:45Quoi qu'il en soit, ça a été dit.
05:47Oui, je m'en souviens très bien.
05:48Alors moi, ce qui me frappe là-dedans,
05:49c'est que la violence politique contre ce que le régime appelle l'extrême droite
05:52n'est pas chose nouvelle.
05:53Dans les années 80, à l'émission de L'heure de vérité,
05:58Jean-Marie Le Pen disait,
05:59la violence politique, bien sûr que je la condamne,
06:02d'autant que ce sont mes troupes qui la subissent régulièrement.
06:05Nous sommes la cible, on pense ce qu'on veut du personnage,
06:08mais il y a une violence constante contre le Front National.
06:11à l'époque, mais on ne le mentionnait pas
06:12parce que c'était considéré comme une violence légitime.
06:14Mais laissons de côté la violence
06:16et voyons tout simplement ce qui se passe en ce moment.
06:18C'est tout un dispositif qui cherche à censurer,
06:21à persécuter juridiquement, administrativement,
06:25médiatiquement, politiquement, la droite nationale
06:26pour l'empêcher de traverser l'élection
06:29et d'appliquer son programme.
06:31Donc, ce dispositif, présentons-le,
06:33sous le signe de la censure, bien évidemment,
06:34l'assimilation juridique de tout,
06:36les critiques de l'immigration massive, on l'a dit, à la haine.
06:39Donc, vos propos peuvent vous conduire devant les tribunaux
06:42si vous contredisez le régime trop directement.
06:44Et les médiatiques, la certitude du bannissement social
06:47et des sales étiquettes qui vous seront collées
06:49si vous osez, encore une fois, remettre le régime en question.
06:52Et avec, soit dit en passant, une logique d'enquête permanente
06:55sous le signe véritablement de services de renseignement privés
06:58comme Mediapart aujourd'hui,
06:59ou une conversation hypothétique que vous auriez pu avoir
07:02à 17 ans sur Messenger, en privé, sur les réseaux sociaux,
07:06eh bien, apparemment, ça sert à juger un homme d'aujourd'hui.
07:08Il est universitaire.
07:10N'oubliez pas que le savoir officiel dans nos sociétés
07:12qui vient de l'université est marqué très fortement à gauche
07:15et dès lors que vous avez des convictions un peu à droite,
07:17vous ne pouvez pas faire carrière dans les lieux universitaires
07:20qui produisent la connaissance.
07:21Il y a une forme de bannissement,
07:23une forme de cléricalisme d'extrême-gauche
07:25à l'université aujourd'hui.
07:26Et les bancaires, on en a souvent parlé,
07:28mais il faut le redire ici,
07:29les associations identitaires, les associations de droite,
07:31les associations militantes de cette mouvance
07:33sont souvent débranchées sur le plan bancaire,
07:36n'ont pas accès à l'existence bancaire.
07:38Ceux qui pensent que ça ne compte pas dans une vie
07:40ne comprennent rien à la réalité des choses,
07:42l'équivalent n'est pas vrai à gauche.
07:44Il est politique, bien évidemment,
07:46cette idée qu'on ne doit jamais, jamais s'allier
07:48avec le Rassemblement national ou la droite nationale.
07:51Notre ami Patrie Léthus, il y a un instant,
07:53je suis persuadé franchement qu'au fond de lui-même,
07:55il ne croyait pas la moitié de ce qu'il disait à ce sujet-là.
07:57Il y a d'un côté un parti milicien bolchevique
07:59qui pratique la taquia progressiste
08:01et de l'autre des gens qui disent « votre programme économique n'est pas très bon ».
08:04Et pourtant, il est incapable de dire
08:05« avec eux, il y a moyen de s'entendre parce que ce sont des démocrates,
08:08même si je ne suis pas d'accord avec eux ».
08:09Avec eux, la démocratie est en danger.
08:10Il est constitutionnel, soit dit en passant,
08:12le bannissement, le dispositif de bannissement de la droite nationale.
08:16Quand Richard Ferrand dit il y a deux semaines, je crois,
08:18« vous ne pourrez pas faire votre référendum, ce n'est pas possible.
08:21Les institutions vous interdisent d'appliquer votre programme ».
08:25Et donc, on pourrait multiplier les références,
08:27mais ce qu'on comprend, c'est que c'est tout un régime
08:29qui dit « vous êtes illégitime, nous vous tolérons
08:31parce que vous êtes trop gros
08:32pour qu'on puisse vous dissoudre ou vous interdire,
08:34mais vous êtes un danger ».
08:35Qu'est-ce que cela annonce pour l'élection présidentielle ?
08:38L'élection la plus sale, je crois, de l'histoire de la cinquième.
08:43Le blocage par l'eau.
08:44Il faut comprendre.
08:45Imaginons que le RN réussisse à traverser les épreuves,
08:47encore qu'on pense de ce parti.
08:49Il traverse les épreuves.
08:51Le conseil constitutionnel ici,
08:53enfin compagnie, tout le système va chercher à le bloquer,
08:55à le neutraliser,
08:56à les transformer en collection, finalement,
08:57de manchots et de cul-de-jatte,
09:00incapables d'appliquer le début d'un quart de huitième de programme
09:02parce qu'on dira que c'est antirépublicain.
09:04Les institutions, l'État jouera contre le gouvernement
09:06et l'Assemblée, très probablement.
09:09Ensuite, par le bas, le soulèvement, on le dit,
09:11le soulèvement, l'émeute, l'insurrection,
09:13la violence, les ministres d'ultra-gauche,
09:15le désir mélenchonien de la tentation,
09:17appelons-soir la tentation bolchevique.
09:18J'ai tendance à croire, de mon point de vue,
09:20que le haut et le bas de la société sont liés,
09:22d'une certaine manière.
09:22C'est le refus viscéral de la droite nationale
09:25parce que s'il arrivait au pouvoir,
09:27ce ne serait pas qu'un changement de gouvernement.
09:28Ce serait, à certains égards,
09:30une réinterprétation de la Ve République.
09:31Ce serait un changement de bloc social au pouvoir.
09:33Et tout cela est intolérable pour le régime
09:35qui prend les moyens nécessaires
09:36pour en finir avec ce parti.

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