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Manuel Valls, ancien Premier ministre, était l'invité de Sonia Mabrouk ce mercredi 21 octobre. Il est notamment revenu sur les violences qui ont secoué le pays lors de la mobilisation du 17 octobre. 

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Transcription
00:00Bonsoir Manuel Valls.
00:01Bonsoir Sonia Mabrouk.
00:02Merci d'être avec nous et avec France Olivier Gisbert,
00:06ancien Premier ministre, ministre de l'Intérieur également.
00:10Comment est-ce qu'on en est arrivé là, M. Valls ?
00:12Comment dans notre pays, la sécurité et l'État peuvent à ce point,
00:15ça fait mal de poser cette question,
00:17plier face à des destructeurs et des pilleurs ?
00:20Nous avons eu le...
00:22pas le sentiment, nous avons vécu une forme d'effondrement,
00:26un effondrement, j'espère provisoire.
00:29momentané de l'État.
00:32C'est le sentiment que je partage avec à la fois beaucoup de tristesse
00:37et de colère, mais que partagent surtout l'ensemble de nos compatriotes.
00:42D'abord, il y a eu, ça a été dit, répété, y compris assumé par le gouvernement,
00:48il y a eu des failles, des failles en termes d'organisation,
00:52de prévision, d'anticipation du maintien de l'ordre.
00:56Alors, je vois en tout cas que cela est en train de changer
00:59et qu'on est en train de préparer les prochains rendez-vous,
01:03notamment celui de samedi prochain, avec la volonté de mettre le paquet...
01:09Mais qui a failli ? Vous avez été au cœur de la machine, Place Beauvau.
01:12D'assumer les responsabilités.
01:13J'ai entendu quand même, à un moment, une critique sur nos renseignements.
01:16Nos renseignements, quand même, qui nous ont prémunis,
01:20qui nous ont protégés de plusieurs attentats.
01:22Oui, mais ce sont des boucs émissaires, personne n'y croit.
01:24Oui, moi je n'ai pas apprécié, je n'ai pas aimé, je n'ai pas apprécié
01:29que notamment le Président de la République, dans son allocution de dimanche,
01:34jette en pâture le renseignement territorial.
01:37Ce n'est pas tout à fait le même type de renseignement.
01:41C'est l'ensemble d'un dispositif d'un aveuglement.
01:46Vous savez, quand...
01:46C'est difficile de gouverner.
01:48Moi, je ne suis pas là pour donner des leçons.
01:52Vous dites quand même clairement sur Emmanuel Macron qu'il y a une faillite.
01:55Oui, mais c'est parce qu'il y a un triple déficit aujourd'hui
01:59qui prend à la gorge le pays
02:00et qui, d'une façon, est en train de converger d'une manière étonnante.
02:05D'abord, il y a le déficit public, massif,
02:08qui empêche de donner des réponses concrètes aux Français
02:12en termes de pouvoir d'achat ou aux attentes des lycéens.
02:16Il y a un déficit, malgré tout, de dialogue social.
02:19Vous avez évoqué tout à l'heure la loi El Khomri.
02:22Ça a été difficile.
02:23Il y a eu des violences.
02:24Mais les syndicats réformistes, la CFDT, l'UNSA, la CFTC,
02:29soutenaient la loi que nous portions avec Meryem El Khomri.
02:32Et puis grâce à ça, il y a eu des emplois au début du premier quinquennat de Emmanuel Macron.
02:38Merci de le rappeler.
02:39On est loin de cette situation.
02:41Il y a un déficit politique et démocratique.
02:45C'est-à-dire qu'on a déstabilisé le pays avec la dissolution.
02:52C'est quoi la France ?
02:54C'est mille choses.
02:55On parlait très bien.
02:55Ce fut un grand pays ?
02:56Mais ça l'est toujours.
02:57Ça l'est toujours avec un État qui tient ?
02:59Mais c'est un État qui crée la nation.
03:02C'est un État puissant qui est incarné.
03:05Quand l'État se désagrège après les réformes qui ont percuté les préfets,
03:11la mise en cause de l'ENA et surtout...
03:16Les pilleurs, les casseurs, ceux qui ont brûlé la Meryem El Khomri.
03:19C'est-à-dire qu'une certaine conception de l'État, d'une certaine verticalité,
03:23et que cet État est mis en cause parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée
03:27nationale,
03:27parce qu'il y a des déficits qui grèvent l'avenir,
03:30parce qu'il y a un déficit de dialogue social,
03:32parce que le Président de la République pense que lui tout seul, il peut tout faire.
03:36Ce n'est pas normal que le Président de la République, dimanche,
03:39mette en cause les services de renseignement,
03:40que depuis le Qatar ou l'Arabie Saoudite, il annonce une réunion sur le renseignement.
03:45Ce n'est pas son rôle.
03:46Quand j'étais ministre de l'Intérieur, ou quand Bernard Cazeneuve l'était,
03:49le Président de la République, François Hollande,
03:53respectait les compétences et les prérogatives.
03:55Il n'y avait pas des injonctions contradictoires sur ce sujet fondamental
03:59qui est la sécurité des Français.
04:01Je vous l'assure, contrairement à ce que j'ai entendu tout à l'heure,
04:04comme chef du gouvernement ou comme ministre de l'Intérieur,
04:06je n'ai jamais eu le sentiment, malgré la violence des attaques terroristes,
04:11malgré une économie qui n'allait pas bien,
04:13malgré les frondeurs, et je mélange tout cela,
04:15pour vous dire que la situation n'était pas facile,
04:16je n'ai jamais eu le sentiment de perdre le contrôle de l'État.
04:19– Même après les terribles attentats, vous n'avez pas l'impression
04:22que tout avait lâché, cédé, effondré ?
04:24– Non, on ne lâchait pas, c'était difficile.
04:26Je n'ai jamais eu le sentiment, au contraire,
04:28comme ministre de l'Intérieur, j'avais le sentiment profond
04:30que les préfets, que les forces de sécurité intérieure,
04:33que les services de renseignement,
04:35tenaient bon malgré la violence de l'attaque
04:37que nous étions en train de subir.
04:39– Vous avez dit quelque chose de très juste
04:41sur l'absence de délégation.
04:44C'est assez très fapant, sous Emmanuel Macron.
04:47On a le sentiment que chaque personnage est un…
04:51comment dire ?
04:52Bon, d'ailleurs, ce sont très souvent des zombies
04:54ou des gens sans grande personnalité.
04:56Ils sont utilisés, et puis ils sont jetés,
04:58et de toute façon, il faut qu'ils soient aux ordres.
04:59Et d'ailleurs, on disait à propos de Laurent Nunez,
05:02tout le monde sait que c'est un super technicien,
05:04le seul reproche peut-être qui pourra lui être fait,
05:06si jamais il y a eu une enquête parlementaire
05:07qui arrive au bout des choses,
05:09il a sans doute un peu trop écouté le président,
05:11qui lui a dit « calme, calme »,
05:12comme il l'avait dit d'ailleurs publiquement en français,
05:14puisqu'il avait dit que les policiers manquaient d'empathie,
05:16donc il fallait surtout calmer, calmer.
05:18C'est pas comme ça que ça se fait.
05:19C'est-à-dire, c'est vrai que les manifestations,
05:22vous le savez très bien,
05:22il faut de la dissuasion.
05:24Mais je veux dire, si on fait…
05:26– Il faut de la dissuasion, oui, bien sûr,
05:27il faut de la masse, il faut impressionner.
05:28– On peut poser la question à M. Valle,
05:30jusqu'où la dissuasion ?
05:32Est-ce que vous, à l'intérieur…
05:33– Mais la dissuasion, c'est la présence,
05:34on le voit très bien,
05:35on a un spécialiste du maintien de l'ordre ici,
05:37je ne vais pas…
05:38– Je ne vais pas le spécialiste.
05:39– Non, Président, y compris le ministre.
05:40– Vous avez été longtemps ministre de l'intérieur.
05:41– Non, mais y compris le ministre de l'intérieur.
05:43– Vous savez qu'il faut la masse, c'est très important.
05:45– Oui, mais il doit aussi laisser les hommes, les femmes
05:49qui commandent les forces de sécurité,
05:51ce sont des professionnels, il doit avoir des consignes,
05:54il doit avoir des objectifs clairs.
05:56Je me rappelle toujours, quand je suis rentré
05:58dans la première fois, dans mon bureau
06:00comme ministre de l'intérieur,
06:02mon directeur de cabinet, un grand préfet,
06:04m'a dit, M. le ministre, le plus difficile,
06:06le plus difficile pour un ministre de l'intérieur,
06:08c'est le maintien de l'ordre,
06:09et notamment quand il y a des étudiants
06:11et des lycéens dans la rue.
06:12Donc ça nécessite, évidemment,
06:15beaucoup d'intelligence, beaucoup de doigté,
06:17– Je peux vous livrer un sentiment personnel, c'est très rare,
06:19mais quand j'ai entendu le ministre de l'intérieur
06:21dire qu'à un moment, l'État, les institutions ont lâché,
06:25je ne sais pas, c'est vertigineux pour les citoyens.
06:28– On l'avait vu quand même.
06:29– Le dire, je suis d'accord,
06:31mais le dire, ça veut dire que demain, on est…
06:33– Quand je parle d'effondrement,
06:35c'est exactement ce même sentiment,
06:38c'est-à-dire, au fond, encore une fois,
06:40nous sommes frappés par une multiplicité de crises,
06:44mais malgré toutes ces crises,
06:45il y a quelque chose qui nous est reconnu,
06:48ou qui nous était reconnu,
06:49ce que vous parliez au passé, par nos voisins,
06:52c'est la capacité de l'État à tenir.
06:55Si cet État, à un moment, faillit,
06:58donne le sentiment de baisser les bras,
07:01donne le sentiment que la rue est aux mains des violents,
07:04alors que pourtant, il y avait aussi beaucoup de manifestants pacifiques,
07:08il y avait entre 500 000 et 800 000 personnes,
07:10ils expriment des angoisses sur le pouvoir d'achat et sur la NIR,
07:13il faut évidemment prendre en compte,
07:15mais là encore, le discours du président de la République dimanche dernier,
07:19il aurait dû être prononcé quelques semaines auparavant.
07:22– Vous êtes devenu son premier opposant,
07:24c'est la faute à Emmanuel Macron.
07:25– Non, je…
07:26– Je caricature, d'ailleurs, il vous a répondu,
07:29la question lui a été posée sur deux anciens premiers ministres,
07:32vous et Édouard Philippe,
07:33il a dit que ce sont des commentateurs.
07:34– Oui, mais le problème, c'est que lui,
07:36il est le chef de l'État qui commentait dimanche…
07:38– Lui, c'est le commentateur en chef ?
07:40– Non, moi, écoutez…
07:42– C'est le problème ?
07:43– J'essaie, j'essaie,
07:44je sais que le maintien de l'ordre est difficile,
07:48et d'ailleurs, vous en parlez sur l'antenne aussi…
07:51– Mais vous diriez une faillite de l'État ?
07:53– Mais là, il y a eu…
07:54– Ceux qui nous regardent veulent comprendre…
07:56– Il y a eu un effondrement,
07:59et cet effondrement donne ce sentiment d'une faillite de l'État.
08:03Mais comme les policiers et les gendarmes sont des gens remarquables,
08:06comme il y a encore un encadrement,
08:08comme il y a encore des préfets…
08:09– Mais dites-moi, dans un grand pays comme la France,
08:10généralement, quand ça se passe, il y a des démissions ?
08:12Il y a des responsabilités, M. Valls ?
08:14– Je vais vous répondre là-dessus.
08:16La seule chose que j'espère, et je crois que ça sera fait,
08:20c'est qu'il y ait, d'une certaine manière, un sursaut,
08:24et que ce sursaut, il ait lieu dès cette semaine.
08:27– Vous l'avez vu, le sursaut ?
08:28– Non, mais le sursaut, c'était la capacité à empêcher…
08:32– Oui, peut-être l'état d'urgence, vous, vous l'aviez déclenché
08:34après les attentats du Bataclan.
08:35– Moi, je pense, je vous réponds.
08:37D'abord, sur la démission, vous savez, quand on ne démissionne pas
08:41après les émeutes qu'il y a eu en Nouvelle-Calédonie,
08:43avec 14 morts, plus personne ne démissionne après.
08:50là, est-ce qu'il fallait démissionner ?
08:52Il faut une continuité, mais on ne démissionne pas beaucoup en France,
08:57je vous l'accorde.
08:59Il y a eu 14 morts, alors c'était peut-être à 8000 kilomètres.
09:03– Non, évidemment.
09:04– Il y a eu 14 morts, dont deux gendars, personne n'a démissionné.
09:07Et ça a été une vraie faillite du président de la République
09:09sur le dossier calédonien, que j'ai essayé de reprendre après,
09:12et vous savez que je n'ai pas pu le mener jusqu'au bout.
09:14La faute à qui ? Bon, donc, sur ces questions-là,
09:18l'histoire repassera.
09:20Mais moi, j'espère tout simplement que, grâce aux professionnels
09:23des forces de sécurité, la question du maintien de l'ordre
09:27et de la protection de ceux qui manifestent,
09:29comme de ceux qui vivent et travaillent dans ces quartiers
09:32et dans ces villes, sera repris.
09:33– Qui étaient vraiment ces casseurs, ces pilleurs,
09:35ces fauteurs de troupes, ces destructeurs ?
09:36La porte-parole du gouvernement, hier à votre place,
09:38elle a dit cette phrase déclenchant un tollé à gauche,
09:42des factieux et des racailles.
09:44Bon, c'est assez bien résumé.
09:46Des factieux, c'est-à-dire l'ultra-gauche,
09:50elle est là, c'est 5 000 personnes,
09:52ils agrègent parfois du monde,
09:54ils ont leur liaison européenne, internationale,
09:58on les retrouve partout, des black blocs,
09:59français, italien, allemand, espagnol, belge ou hollandais,
10:03donc on les connaît, ils arrivent à agréger du monde,
10:06ils sont sur des réseaux sociaux extrêmement protégés.
10:10Il y a aussi une partie de gens qui peuvent se laisser entraîner,
10:14et puis vous avez les voix, appelez-le,
10:15moi je ne participe pas trop de ce vocabulaire,
10:17mais bon, racailles, on sait d'où ça vient,
10:22voyous, pilleurs, oui, bien évidemment,
10:25et dont les profils d'ailleurs, en tout cas ceux qui se font…
10:28– On lui a reproché de parler comme le Rassemblement national.
10:30– Oui, comme Nicolas Sarkozy, en l'occurrence,
10:34si le débat devient sur le vocabulaire,
10:36c'est qu'on a perdu le sens de l'intérêt,
10:41je pense que les Français, dans leur conversation,
10:43savent comment les dénommer,
10:44mais la violence, une espèce de joie, non ?
10:49À voler, à se mettre en scène,
10:52que ce soit sur TikTok,
10:54il y a des dizaines, des centaines de petits gens,
10:59de commerçants, de salariés.
11:00J'ai remonté le boulevard Sébastopol l'autre jour,
11:03c'était pas les boutiques de luxe,
11:07tout le tas d'attaque est insupportable,
11:10mais c'était des commerces de quartiers populaires.
11:15Ça, ça n'est pas suffisamment dit,
11:16c'est-à-dire qu'un peu partout en Europe,
11:18c'est le cas d'ailleurs à Milan aussi, je l'ai remarqué,
11:20vous avez le Keffier,
11:22et le drapeau palestinien,
11:24rien à voir avec la cause des Palestiniens.
11:27Tout ça est utilisé par une partie de l'ultra-gauche,
11:31aujourd'hui, comme un élément de toutes les luttes,
11:34des minorités, des luttes du genre.
11:36C'est le vrai catalyseur de la conjonction des luttes ?
11:40Ça peut être aussi un catalyseur,
11:42c'est insupportable,
11:43et d'ailleurs c'est à relier
11:44avec les déclarations infamantes de Jean-Luc Mélenchon,
11:48à propos du procès de Rima Hassan.
11:51– C'est Netanyahou.
11:52– Repartant, grosso modo, c'est Netanyahou et c'est Israël.
11:55– C'est les Juifs, c'est les Juifs.
11:55– Et donc là, derrière ça, il est habile,
11:58il y a quelque chose qui se passe dans ce pays,
12:01et je crois que c'était François-Olivier Gisbert
12:02qui le disait sur le plateau tout à l'heure,
12:04vous voyez bien qu'en plus ça prend,
12:05il y a une partie de la population
12:07qui est prêt à accepter une forme de violence,
12:09une justification,
12:11et ce qui est en train de se passer,
12:13et lui, ça lui sert.
12:14– Et le discours antisémite, il est passé crème.
12:17C'est-à-dire, c'est Netanyahou,
12:18l'histoire de Rima Hassan,
12:19sa déclaration qui est quand même incroyable.
12:22– Oui, mais parce que j'ai l'impression
12:24que quand on traîne des propos antisémites
12:26aujourd'hui ou hier,
12:28ça ne fait pas beaucoup de mal,
12:29et au fond, ça se généralise.
12:30– Manuel Valls, il faut qu'on interroge
12:32toutes les responsabilités.
12:32– À l'extrême droite comme à l'extrême gauche.
12:34– Aussi, est-ce qu'il y a des décennies de lâcheté,
12:36est-ce qu'il y a des décennies de politiques
12:37qui ont failli, que ce soit la politique d'autorité,
12:40politique migratoire,
12:41dit une partie de la classe politique ?
12:43Est-ce que vous assumez aussi,
12:44non pas pour ici trouver des boucs émissaires,
12:47mais aussi des faillites qu'on paye aujourd'hui très cher
12:49en monnaie sonnante et trébuchant ?
12:51– Prenons deux exemples.
12:53L'un, je vais l'assumer,
12:53et l'autre, je vais me livrer à une critique.
12:55Il n'y a pas de problème.
12:56La première, c'est en matière de sécurité.
12:58Quand nous sommes arrivés au pouvoir en 2012,
12:59nous avons rétabli des postes,
13:01pas suffisamment sans doute,
13:02de policiers, de gendarmes et magistrats
13:04qui avaient été mis en cause par ce qu'on appelle la RGPP,
13:07la Revue des Politiques Publiques,
13:08par Nicolas Sarkozy,
13:09qui pourtant était en train de défaire ce qu'il avait fait
13:11comme ministre de l'Intérieur.
13:12J'ai rétabli le renseignement territorial
13:15qui avait été mis en cause avec la fin des RG.
13:18Et quand j'étais ministre de l'Intérieur,
13:20il y avait quelques discussions à gauche me concernant.
13:23Je n'étais pas un mou.
13:25J'incarnais, c'est ainsi,
13:27c'est ce qu'avait voulu François Hollande,
13:29l'autorité, et ça a été vrai aussi pour Bernard Kassner.
13:31– Ça c'est pour le bon point, le verre à moitié plein.
13:33– Et ensuite, oui, il y a bien évidemment,
13:36mais il ne faut pas aller trop vite,
13:38mais bien évidemment qu'il y a eu un échec en partie,
13:41en partie de l'intégration, de l'assimilation,
13:46du rapport à la France, du rapport à la nation.
13:49– Marine Le Pen n'a même plus besoin de faire campagne.
13:51– Bien évidemment.
13:52– Vous ne pensez pas, avec de telles images ?
13:54– L'élection présidentielle, c'est au mois d'avril
13:56et au mois de mai prochain.
13:58– Vous ne pensez pas qu'elle est parfois presque déjà gagnée ?
14:02– Oui, mais ceux qui sont déjà élus au mois de novembre,
14:05au mois de décembre et au mois de janvier,
14:07ne le sont pas.
14:08Mais pardon, bien évidemment,
14:11c'est les violences, le discours de…
14:14Mais Jean-Luc Mélenchon et les filles,
14:16leur stratégie, c'est la confrontation avec le RN.
14:19C'est un deuxième tour avec le RN.
14:21Ils savent qu'ils ne vont pas gagner,
14:22puisque c'est une manière pour eux de poursuivre la lutte,
14:25l'insurrection et le chaos.
14:26Ce sont les meilleurs amis.
14:28– Vous pensez qu'ils préparent un troisième tour électoral dans la rue ?
14:32– Ils le disent, ils appellent eux-mêmes à l'incivisme,
14:35et pas que d'ailleurs, s'il y avait une victoire du RN.
14:38J'espère que les choses se passeront bien à Orléans samedi prochain,
14:42en termes de manifestation.
14:44Mais vous voyez bien ce qu'il y a derrière.
14:47Donc ça veut dire, je vais le dire d'une autre manière,
14:49pour empêcher cela,
14:50c'est-à-dire que ceux qui ne volent ni du RN, ni de l'EFI,
14:53il est temps peut-être qu'ils se réveillent,
14:55qu'ils assument des responsabilités.
14:57Est-ce qu'on peut avoir deux candidats LR,
15:00plusieurs candidats du centre ?
15:02C'est impossible.
15:03– D'ailleurs, on ne sait pas qui vous soutenez.
15:04– Moi, je soutiendrai celui ou celle,
15:07celui qui sera en capacité d'être au second tour,
15:11d'éliminer Jean-Luc Mélenchon au premier tour,
15:12et de battre RN.
15:13– En train de réfléchir à ce mouton à cinq pattes,
15:16je ne le trouve pas.
15:17– Moi non plus, pas pour l'instant.
15:19– C'est plus compliqué,
15:20vous n'avez pas de candidats, donc à l'heure actuelle.
15:22– Mais il ne faut pas se raconter d'histoire,
15:27ayant la marre de mentir aux Français.
15:28C'est vrai aussi sur l'état de nos finances publiques
15:31et sur ce que nous pouvons proposer demain,
15:33sur la réforme.
15:34Et la deuxième chose, c'est,
15:36il faudra un candidat, une équipe,
15:38et qu'il assume que ce sera une coalition,
15:40une coalition politique,
15:42mais une coalition aussi qui devra parler
15:44à une très grande majorité de Français.
15:45– Entre qui et qui ?
15:47– D'où à où ?
15:49– Il faudra que ça aille des socialistes
15:50qui le veulent, des sociodémocrates,
15:52jusqu'au centre-droit.
15:54Il faut que ça soit très large.
15:55– C'est-à-dire jusqu'à la droite, quoi.
15:56– Très large, jusqu'à la droite, bien évidemment.
15:58– Donc de M. Glucksmann à M. Rotaillot.
16:00– Mais il n'y a pas une autre,
16:01pour ceux qui refusent le RN et les filles,
16:03il n'y a pas une autre solution.
16:04Le reste, le reste, ce sont des bêtises.
16:07Je vais vous parler bientôt comme Robert Ménard,
16:09ce sont des conneries.
16:10– On va l'accueillir, Robert Ménard,
16:11il arrive avec nous, M. le maire de Béziers.
16:14Donc, Robert Ménard aussi dans la…
16:17– Non, mais moi, je ne veux pas parler
16:18à la place de Robert Ménard, il est assez grand.
16:20– Bonsoir, Robert Ménard, merci d'être avec nous.
16:22– Bonsoir, c'est bien pour le faire.
16:22Mais j'entendais qu'il disait,
16:24ou peut-être que j'ai mal compris,
16:26que il faudra peut-être que Bruno Rotaillot
16:28et Elissina, c'est ça, se retirent en tout cas
16:32et trouvent des solutions.
16:33C'est-à-dire, on voit bien qu'il y a tellement
16:35de candidats aujourd'hui.
16:36– Il pourrait être candidat aussi, d'ailleurs.
16:37– C'est son droit, il n'a pas de problème.
16:40– Peut-être qu'il va l'annoncer ce soir ?
16:41– Non, il vient dialoguer avec des lycées.
16:44– Non, non, et la question que l'on pose,
16:46c'est-à-dire, est-ce que ce qu'on est en train de voir,
16:49déjà, facilite l'arrivée ?
16:50Est-ce que c'est un tapis de rose, si je puis dire,
16:53pour Marine Le Pen ?
16:54C'est la question qui était posée à Manuel Valls,
16:56qui attend un candidat providentiel pour la République.
16:59– Mais qui reste surtout préoccupé
17:01par la situation internationale et nationale,
17:03c'est ça qui me préoccupe.
17:04Et ce qu'il faut, c'est des vraies réponses aux Français.
17:08Sinon, évidemment…
17:08– Je pense qu'on a le droit d'être optimiste.
17:10C'est-à-dire que, bon, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:12Mélenchon parle d'une convergence des luttes,
17:14aujourd'hui, il y a une convergence des crises.
17:16Il y a effectivement ce qui se passe dans la rue.
17:18Il y a aussi, quand même, un problème extrêmement important,
17:21on venait d'en parler, c'est les finances publiques,
17:23c'est-à-dire avec une dette, le mur de la dette qui s'élève.
17:27Et aujourd'hui, les taux d'intérêt,
17:28qui sont aujourd'hui à 5% avant de passer peut-être à 6%.
17:32Et ça veut dire ça, ça veut dire une crise,
17:34ça veut dire une récession,
17:35ça veut dire des taux d'intérêt qui vont augmenter en France,
17:38puisque c'est des taux d'intérêt à 10 ans.
17:39– Et qui les paieront ? – Oui, et qui les paieront ?
17:42– Et donc, moi, personnellement, j'ai toujours pensé,
17:44étant optimiste, qu'il fallait être au fond du trou
17:47pour rebondir, parce que la France a toujours su rebondir,
17:49il y a des histoires de sursauts tout le tournant d'histoires,
17:52et je pense que nous approchons du fond du fond.
17:54– François Lége, peut-être qu'entre Robert Ménard et Emmanuel Valls,
17:56il y a un terrain d'entente.
17:58– Non, mais il y a un terrain d'entente sur ce point-là.
18:01– Monsieur le Premier ministre, il faut juste des gens courageux,
18:04qui ne mentent pas aux gens, qui ne leur fassent pas de promesses,
18:06dont ils savent pertinemment qu'ils ne les tiendront pas.
18:09C'est ça qui nous discrédite.
18:12– Dans presque tous les programmes aujourd'hui,
18:15c'est vrai pour les filles, c'est vrai pour Marine Le Pen,
18:17quand elle présente son projet sur les retraites,
18:20tout le monde sait que ça n'est pas viable,
18:22que ça ne marchera pas.
18:23– Il faut être honnête aussi, tout le monde sait que c'est la BCE,
18:28c'est la Banque Centrale Européenne et le FMI,
18:31qui risque de s'occuper des…
18:32comment dire…
18:33– Mais comme nous sommes des patriotes et que nous payons
18:35la dépendance du pays, il faut l'éviter.
18:38– Il faut l'éviter.
18:39– Merci Emmanuel Valls, merci d'avoir été notre invité,
18:41merci François-Olivier Gisbert, merci de nous avoir accompagnés.

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