00:00PHP, c'est un module logiciel qu'on va retrouver à peu près sur 70% des sites, des serveurs
00:05internet mondiaux.
00:07Donc on est aux alentours de 23 millions de serveurs web qui ont été rendus potentiellement vulnérables
00:15par la découverte de ces deux failles avec un score de criticité de l'ordre de 9 sur 10.
00:23Ce score, on a aussi dans la cybersécurité un petit peu notre propre échelle de Richter.
00:27Donc ce score de 9 sur 10 veut dire quoi ?
00:30Veut dire que l'exploitation par des hackers de ces failles pourrait permettre une prise de contrôle à distance
00:37de systèmes informatiques, voire de vol massif d'informations.
00:42Alors je pense qu'effectivement, les gens qui ont eu du mal à se connecter hier sur un bon nombre
00:48de services,
00:49que ça soit au niveau d'entreprises, que ça soit au niveau d'organismes publics, étatiques, ministériels,
00:55et dans le côté anxiogène de la chose par rapport aux dernières attaques, on pensait cyberattaques.
01:03Beaucoup d'entreprises et d'organismes publics, je le répète, ont par précaution éteint leurs serveurs
01:12de manière à pouvoir appliquer ce correctif.
01:14Donc on est rentré dans une forme de confinement numérique pendant quelques heures,
01:19de manière à éviter que des hackers, au travers notamment de l'intelligence artificielle,
01:24puissent attaquer massivement, globalement, un bon nombre d'entreprises et de collectivités notamment.
01:32Je pense que la réactivité est à saluer.
01:36Pourquoi ? Puisque l'annonce de la vulnérabilité a été faite le 20 octobre,
01:39les correctifs déployés ou rendus disponibles en tout cas par PHP
01:46ont été mis à disposition des entreprises et des organismes publics le 21.
01:53Et il y a eu notamment une communication qui a été faite par le CERD France.
01:57Alors le CERD France, c'est quoi ?
01:58C'est le centre gouvernemental d'alerte qui est rattaché à l'Agence nationale des systèmes,
02:03sécurité et information.
02:04Quand est-ce que la mise à jour sera disponible ? On a une petite idée ?
02:09Alors la mise à jour est déjà disponible.
02:11D'accord.
02:11Et c'est important de dire qu'il faut sans tarder appliquer ces correctifs.
02:19Oui, c'est ça.
02:19Alors les grands groupes ont pu, et on l'a vu, c'est la raison pour laquelle notamment
02:25un bon nombre de serveurs ont été mis hors service, justement, le temps d'appliquer ces correctifs.
02:31Maintenant, il y a deux risques qui sont importants.
02:34Le premier risque, ce sont peut-être les petites entreprises qui n'ont pas la même réactivité
02:39que ces grands groupes.
02:40Et si je reviens à ces grands groupes, eh bien, on est dans un monde de tout connecté.
02:45Ça veut dire qu'on pourrait imaginer, par exemple, un grand industriel,
02:49eh bien, qui a un certain nombre de partenariats avec des entreprises plus petites,
02:54qui peut être des fournisseurs, qui sont peut-être moins équipés,
02:58qui ont peut-être une force de réactivité moins équipée, également.
03:02Et donc, faire face à des hackers qui ne vont pas viser ces grands groupes,
03:06mais vont viser ces plus petites entreprises, de manière ensuite à rebondir
03:10et pirater les systèmes d'information d'entreprises plus importantes.
03:17Je pense qu'il est important de dire qu'aujourd'hui, pourquoi il y a eu une telle réactivité
03:22que je salue encore une fois, c'est parce que les hackers, de plus en plus,
03:26font appel à l'usage de l'intelligence artificielle,
03:30ce qu'on appelle l'intelligence artificielle offensive,
03:33de manière à automatiser, eh bien, leurs attaques.
03:37Donc, il était nécessaire de réagir sur un temps très court.