00:027h, 9h30, RTL Matin, avec Céline Landreau.
00:077h17, l'enquête RTL maintenant et ce matin, comment discrètement un réseau d'opposants russes en exil
00:13permettent à des prisonniers ukrainiens de parler à leur famille.
00:17Bonjour Nicolas Burnan.
00:18Bonjour Céline, bonjour à tous.
00:19Selon Kiev, environ 7000 militaires ukrainiens sont actuellement détenus dans des prisons en Russie
00:24et vous avez pu rencontrer une dissidente russe qui leur permet de garder le contact avec leurs proches.
00:31Oui, cette rencontre se déroule dans un appartement, quelque part dans l'est de la France.
00:35Le lieu est tenu secret.
00:37Anastasia est assise sur un canapé, deux téléphones portables sont posés sur une table.
00:41Le numéro de son organisation circule au sein des détenus ukrainiens.
00:46L'un d'eux appelle depuis sa prison.
00:49Les détenus peuvent utiliser une ligne fixe en prison.
00:52Ils ont seulement le droit d'appeler des numéros de portables russes.
00:55Il est interdit d'appeler des numéros ukrainiens.
00:58J'appelle alors leur famille avec cet autre téléphone.
01:00Ils peuvent s'entendre et parler ensemble.
01:03La femme rapproche les deux appareils, active le haut-parleur.
01:06La conversation peut commencer.
01:09Cette opposante politique russe reçoit une vingtaine d'appels par jour.
01:13Quand j'étais assignée à résidence en Russie, j'avais l'impression que personne ne se souvenait de moi,
01:18comme si ma vie avait disparu.
01:20Je comprends pourquoi c'est si important pour eux d'entendre une voix,
01:23qu'ils ne se sentent pas oubliés,
01:25qu'ils aient l'illusion que leur famille est à côté d'eux.
01:47Et vous avez pu écouter ces appels téléphoniques, Nicolas ?
01:52Ces appels peuvent durer jusqu'à une quinzaine de minutes, le maximum autorisé en prison.
01:57Ces conversations sont tolérées par les gardiens, mais elles sont systématiquement écoutées.
02:02Les détenus font donc attention aux mots qu'ils prononcent.
02:05Dima est âgé de 25 ans.
02:06Ce militaire ukrainien téléphone à sa mère une fois par semaine.
02:09Allô ?
02:10Salut maman.
02:10Comment ça va aujourd'hui ?
02:12Ça va, je pense que je suis malade.
02:13Il fait très chaud pendant la journée.
02:15On a vraiment froid la nuit.
02:16J'ai terminé de lire mon livre.
02:17Je vais aller à la bibliothèque après le déjeuner pour prendre quelque chose de nouveau à lire.
02:21Je n'ai pas le droit de faire de sport pour l'instant.
02:23On se rappelle dans quelques jours.
02:24D'accord mon chéri, je t'aime.
02:26Je t'aime maman.
02:28Bon, ça ressemble à une conversation très ordinaire.
02:31Nicolas, mais pour les familles, c'est bien plus que ça.
02:33Oui, car ces appels sont souvent le seul moyen de savoir si leur proche est toujours vivant.
02:38Svetlana est restée des années sans nouvelles de son fils Oleg.
02:42Il a été capturé en mai 2022 lors de la bataille de Mariupol.
02:46Elle a reçu un premier appel la semaine dernière.
02:49Il m'a raconté qu'il vit dans un baraquement avec une cinquantaine de personnes.
02:53Les hommes sont battus.
02:54Il y a des cas de tuberculose dans la prison.
02:56Il est blessé et il n'a plus de médicaments.
02:59Cela faisait cinq ans que je n'avais pas entendu sa voix.
03:02C'est mon unique enfant.
03:03Je sais maintenant qu'il est en vie.
03:05Grâce à Dieu, je veux juste le revoir vivant.
03:09Cette mère de soldat attend maintenant que le nom de son fils figure un jour sur une liste d'échanges
03:14de prisonniers
03:14et qu'elle puisse enfin le revoir de retour en Ukraine.
03:17Nicolas Burnon, Service international d'RTL.