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Robert Ménard, maire divers droite de Béziers, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:05Et notre interview ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Robert Ménard.
00:10Bonjour à vous.
00:10Bonjour Laurence Ferrari.
00:12Merci d'être avec nous.
00:13Emmanuel Macron promet que l'État va tout faire, Robert Ménard, pour empêcher un retour des scènes inacceptables qu'on
00:18a vu les 17 et 18 octobre.
00:19Il va réunir un conseil de sécurité tout à l'heure.
00:22Est-ce que vous lui faites confiance pour tirer les leçons du fiasco de la semaine dernière
00:25et surtout, le croyez-vous lorsqu'il affirme qu'il sera intraitable ?
00:30Personne ne le croit, ce n'est pas moi.
00:32Que moi je ne le crois pas, au fond, ce serait assez secondaire pour lui.
00:35Mais moi je vois dans ma ville où les gens qui le disent, plus personne ne le croit.
00:40Ses propos sont démonétisés, ils n'ont aucune valeur.
00:43Il parle dans le vide donc ?
00:45Personne ne peut le croire, il dit le contraire.
00:46Il y a fait 10 ans, là on parle de ce sujet, mais sur plein d'autres choses,
00:50il a un vrai talent de dire une chose et son contraire.
00:54En 10 jours, vous ne pouvez pas dire aux policiers que vous manquez d'empathie
00:59et maintenant leur dire, ah non non, je suis avec vous.
01:02Vous savez, moi j'ai discuté avec des policiers, parce que les policiers,
01:04ils sont comme vous et moi, une fois qu'ils ont enlevé l'uniforme,
01:07souvent, en plus dans les CRS, c'est des gamins et tout, tu discutes avec eux.
01:11Ils sont sidérés d'avoir été, je les cite, abandonnés.
01:17Attendez, moi je me dis qu'un jour, un jour, si tu continues,
01:20s'ils continuent à les traiter comme ça, les gens, ils diront,
01:22mais tu vas aller te faire casser la figure par les petits cons en face de moi,
01:26à ma place, il n'a qu'à y aller, lui, pour leur demander ce que c'est l'empathie.
01:30Et maintenant, il te dit, ça y est, il montre les muscles, c'est différent.
01:33D'abord, s'ils montraient les muscles, ils l'ont mieux fait de rester ici,
01:36plutôt que de se faire...
01:36C'était une erreur de partir trois jours alors que le pays était à feu à sang.
01:39J'ai entendu plein de gens me dire, ils s'adressent aux Français comme si c'était...
01:44C'est vrai que ce qui s'était passé était terrible.
01:46Ils réunissent tout le monde, je ne sais pas, on m'a dit 16 millions de gens,
01:50chez vous comme ailleurs, à 20h, et tu te tires le lendemain.
01:54Mais enfin, ça ne va pas bien si la situation...
01:56Madame, si la situation est aussi grave que ça, tu ne t'en vas pas.
02:00Tu dis, tu appelles tes interlocuteurs, écoutez, il se passe quelque chose en France,
02:04on remet ça une semaine, ça n'aurait rien changé.
02:06Et puis ça fait celui qui est...
02:09J'allais dire qui est attentionné, il n'est pas attentionné,
02:11il est dans un autre monde, tu ne vas pas voir un concert la veille avec ta femme,
02:16comme ça, comme tu...
02:17Mais en fait, tu ne peux pas faire ça, Madame.
02:19Il y a des choses, ça s'appelle de la décence par rapport au pays,
02:22tu ne peux pas faire ça.
02:24Mais je ne sais pas, peut-être qu'il vit sur une autre planète.
02:26Mais il vit en France en tout cas.
02:28Est-ce qu'on va pouvoir tenir six mois, six mois et demi jusqu'à l'élection présidentielle ?
02:31Mais bien sûr que non.
02:32Et qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
02:33Mais il faut qu'il parte.
02:34Il faut qu'il démissionne.
02:35Mais attendez, comment vous voulez faire ?
02:37Je ne dis pas que ça réglera tout, mais il cristallise aujourd'hui.
02:40Mais même parfois de façon injuste.
02:42Aujourd'hui, il pourrait dire, ça c'est de l'eau,
02:45puisque c'est de l'eau,
02:46et il y aurait la moitié des Français qui dirait, non, c'est du vin.
02:50Tellement ils n'en peuvent plus.
02:52Il est au-delà de la décribilisation.
02:55Il est aujourd'hui radioactif.
02:57Aujourd'hui, il n'y a pas un gouvernement de M. Macron qui puisse être accepté par les Français.
03:04Il suffit qu'il présente que, mais même de très très loin, il y ait l'ombre d'Emmanuel Macron
03:10sur une décision pour qu'elle soit inacceptable pour les gens.
03:13Il a trompé les gens.
03:15Il a trompé les gens.
03:17Il a menti.
03:18Il a trompé.
03:19Il s'est moqué des Français.
03:21Et aujourd'hui, c'est l'effet boomerang.
03:24Les gens ne le supportent plus.
03:25Alors quand c'est comme ça, si tu aimes la France, et je ne doute pas, je ne veux pas
03:29douter qu'il l'aime,
03:30tu te tires, tu dis, ça va, écoutez, on n'a qu'à avancer de six mois, et alors, je
03:35veux dire, qu'est-ce que ça va changer ?
03:37Il ne sera pas prévident dans six mois.
03:38Il n'est pas candidat.
03:39Tu t'en vas et tu dis, voilà, si ça doit calmer les choses, je m'en vais, il y
03:43a des élections, et peut-être que c'est une en sortie.
03:46Il a dit qu'il présiderait jusqu'à la dernière seconde et qu'il ne lâcherait pas une seconde.
03:49Et qu'est-ce qu'on fait si samedi ça recommence ?
03:52Qu'est-ce qu'on fait si tous les samedis ça recommence ?
03:54Qu'est-ce qu'on fait si demain, des commerçants, on aura le bol de voir leur boutique cassée ?
04:00Mais dans ces cas-là, on dira, c'est la rue qui décide, Robert Ménard ?
04:02C'est la rue qui décide si le président doit démissionner ?
04:04Non, mais non, ce n'est pas la rue qui décide.
04:06Quand tu es à ce point incapable d'assurer l'ordre, tu en tires des conclusions.
04:13D'abord, tu ne dis pas non que le ministre de l'Intérieur ne démissionne pas.
04:17Enfin, je t'en foutrai.
04:19Vous savez ce qu'il va se dire ?
04:20Moi, je dis, on n'est pas à la guerre civile.
04:22Non.
04:23Aujourd'hui, non.
04:23On est à la pré-guerre civile.
04:25On est dans des guérillas urbaines.
04:28Avec une différence énorme, c'est que pour l'instant, personne n'a tiré sur personne.
04:33Et je ne veux pas, attendez, je ne veux pas faire l'oiseau.
04:34Et ça, ça serait le point de bascule selon Robert Ménard, évidemment.
04:37Parce que vous, vous excluez comme ça, on est tous les deux ici,
04:42vous excluez que, je vous le disais, que des commerçants excédés.
04:45Attendez, moi, je connais commerçants.
04:47Alors, à Béziers, tout s'est bien passé, tant mieux.
04:49Mais ça peut mal se passer samedi, d'ailleurs.
04:52Ces fois, c'est toute la vie des gens, madame.
04:55Leur boutique, leur commerce, c'est toute leur vie.
04:57Donc, vous n'excliez pas un geste d'autodéfense, c'est ça ?
05:00Parce que vous, vous l'excliez, vous savez.
05:02Moi, attendez, je vais vous dire quelque chose.
05:04Je connais des gens, et Dieu sait que je ne l'aurais jamais imaginé.
05:07Des gens comme vous, comme moi, raisonnables,
05:09qui me disent, moi, c'est un pas, je vais, j'ai acheté une arme.
05:14Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ?
05:16Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ?
05:18Donc, autodéfense, donc, milice privée,
05:20donc, on ne fait plus confiance à l'État,
05:21l'État ne nous protège plus, on se protège de même.
05:23Et qu'est-ce qui s'est passé samedi dernier ?
05:25Il y a des endroits entiers où, moi, je suis le dernier à taper sur la police,
05:29ou parce qu'ils n'étaient pas assez nombreux,
05:31ou parce qu'il y a eu peut-être des fautes de commandement,
05:34ou des ordres qui n'étaient pas les bons.
05:38Attendez, vous avez bien vu qu'il y avait des endroits,
05:40les gens pouvaient saccager comme vous voulez.
05:42Combien de commerces ? 300 commerces à Marseille ?
05:45300, 3000 sur tout le pays.
05:47Voilà.
05:48Parce qu'un milliard d'euros de dégâts.
05:49Mais vous vous rendez compte ?
05:51Qu'est-ce qu'on attend ?
05:52Et là, c'est une journée, ce n'est pas l'affaire Naël,
05:54ça avait duré 10 jours.
05:55Bien sûr.
05:56Là, c'est une journée.
05:57Est-ce que vous redoutez le même scénario samedi ?
05:59Là, il y a beaucoup de réunions,
06:00ça s'agit dans tous les sens pour faire des schémas de sécurité,
06:03et on espère que le maintien de l'ordre sera assuré,
06:05il y a beaucoup plus de policiers qui sont déployés sur le terrain.
06:07Vous pensez que ça peut se répéter ou pas, samedi ?
06:10D'abord, j'espère évidemment que non.
06:12Ensuite, quand j'ai vu des gens...
06:14Vous savez, je fais la part entre...
06:16Je suppose que vous faites comment ?
06:18Entre les 500, 800 000, on ne va pas discuter de ça,
06:21personnes qui ont manifesté.
06:22Un, qui ont le droit de manifester.
06:24Deux, qui ont le droit de penser différemment de moi, évidemment.
06:27Trois, qui ont le droit d'avoir des revendications légitimes.
06:30Enfin, ce n'est pas le problème.
06:31Et un certain nombre de petits salopards.
06:33Est-ce que ces gens-là sont prêts à redescendre dans la rue ?
06:37Oui.
06:37Est-ce qu'ils vont pouvoir ?
06:40C'est toute la question que vous vous posez, que je me pose.
06:42C'est pour ça que je pense qu'il faut mettre...
06:44Donc, c'est le test, là.
06:46Ça me dit que c'est le test de la République.
06:47C'est pour ça que je suis sidéré du débat qu'il y a en ce moment,
06:50par exemple, sur l'armée.
06:52Bien sûr qu'il faut que l'armée soit en l'armée.
06:54Mais attendez, elle l'est.
06:55Les sentinelles, ils sont chez moi l'été.
06:58Et ils calment des gens.
06:59Ils calment des gens.
07:00Rien qu'en les voyant.
07:01Vous avez, vous, envie de vous frapper avec un type qui est habillé en traînés militaires
07:05et qui a une arme ?
07:07Vous savez, ça calme un certain nombre d'armes.
07:08Mais là, ils seraient affectés à des missions statiques
07:10pour justement libérer les policiers d'autres tâches.
07:12Vous avez vu ce qui s'est passé à Limoges ?
07:14Je ne sais pas.
07:15Moi, ça s'est passé.
07:16Ils ont voulu manifester.
07:17Ils sont venus à un moment donné devant la mairie.
07:19Oui, moi, je serais ravi et j'applaudirais s'il y avait un certain nombre de militaires
07:25des opérations sentinelles qui soient devant mon hôtel de ville.
07:28Non seulement parce que ça le protégerait
07:29et deuxièmement parce que ça permettrait au reste de la police d'aller dans toute la ville.
07:34Et je suppose que ce que je vous dis là, ce n'est pas moi.
07:36Demandez à n'importe quelle maire.
07:37Et aujourd'hui, n'importe quelle maire.
07:39De droite, comme moi, ou de gauche.
07:41Ça y est, ils ont compris qu'il fallait armer la police.
07:44Oui, ils l'ont tous demandé.
07:45Attendez, le temps qu'ils ont mis.
07:47Je peux vous dire quand même un truc.
07:48Est-ce que vous demandez juste l'état d'urgence, du coup ?
07:50Si ça se reproduit, ça me dit.
07:52Ah, si ça se reproduit ?
07:53Il faut l'état d'urgence, il n'y a plus à...
07:54Comment on pourra éviter ça ?
07:57Mais je vais vous raconter un truc parce que depuis trois jours,
08:00je suis en boucle, tellement ça m'énerve.
08:03Vous vous rendez compte que, Dieu merci, il y a des polices municipales.
08:07Nous, il y a plus de gens dans la rue, à Bézier, dans tout un tas de villes
08:10avec la police municipale que la police tout court.
08:12C'est ça, la réalité.
08:14On a des drones.
08:15On a des gens qui pilotent les drones.
08:16et on nous refuse de le faire.
08:19Mais le ministre, là, tiens, puisque je pense qu'il vous écoute le matin.
08:22Mais M. Nunes, au lieu de me casser les bonbons avec un certain nombre de trucs,
08:27donnez-moi l'autorisation comme au maire d'utiliser les moyens qu'on a.
08:31Je ne vous demande pas d'argent.
08:32Je ne vous demande rien.
08:33Je dis, on a des drones.
08:35Pour surveiller une ville, comment vous faites sans drone ?
08:37Comment vous faites ça aide ?
08:38Non !
08:38Il nous emmerde en nous disant non.
08:41Enfin, qu'est-ce que c'est arc-bouté sur des bêtises ?
08:44Encore un mot sur ces manifestations.
08:45Il y a, d'un côté, ceux qui voulaient manifester contre la vie chère,
08:48vous l'avez dit.
08:49Les syndicats, d'ailleurs, appellent à nouveau un mouvement le 5 novembre.
08:52Et puis, il y a les tous les autres, les casseurs, les pilleurs,
08:54les groupes usuls d'extrême-gauche extrêmement bien organisés.
08:58Est-ce que vous, vous voyez l'implication de la France insoumise
09:01dans l'articulation de ces groupes d'extrême-gauche ?
09:03Jean-Luc Mélenchon dit, mais la violence, ce n'est pas moi.
09:05Je ne l'ai jamais voulu ni souhaité.
09:08Mais d'abord, c'est lui et ses lieutenants.
09:10On a expliqué combien de fois que ça pouvait être légitime.
09:13Quand tu dis, dans certaines circonstances, la violence, elle est légitime,
09:16c'est-à-dire que tu la bénis, la violence.
09:18À moi, il y a un truc qui m'exaspère,
09:20mais je n'ai pas eu droit avec vous ce matin.
09:22Maintenant, c'est l'ultra-gauche.
09:24Vous savez, l'ultra-gauche.
09:24Comme ça, on ne cite pas.
09:26Attendez, pardon, il y a un parti aujourd'hui
09:28qui s'appelle la France insoumise
09:30où un certain nombre de gens,
09:32d'abord, dans ce parti, tiennent un discours insupportable
09:35de violence et peu républicain.
09:37Je dis républicain, un dessin, je n'utilise jamais ce mot,
09:39mais comme ils disent toujours, c'est républicain.
09:42Deux, ils sont prêts à tout.
09:44Ils sont prêts à flatter tout le monde.
09:45Madame Pateau, par exemple,
09:46qui ne condamne pas l'incendie de la mairie de Limoge ?
09:48Enfin, vous vous rendez compte ?
09:49Mais moi, vous savez, alors, je suis maire,
09:51vous direz, je suis de parti pris.
09:53Mais quand j'ai vu le campanile tomber,
09:56enfin, ça ne vous a pas fait quelque chose à vous ?
09:58Comme Notre-Dame.
10:00Comme Notre-Dame, comme tout le monde.
10:01Et là, tu te dis, moi, j'ai réuni tout un tas de gens lundi,
10:04des maires en particulier,
10:05qui étaient comme moi, et pas que de droite comme moi,
10:08qui étaient sidérés par ça.
10:10Et vous avez Madame Pateau qui dit ça.
10:12Mais vous vous rendez compte ?
10:13Vous vous rendez compte les bouts de feu que c'est ?
10:16Vous vous rendez compte leur part de responsabilité ?
10:19Non, l'ultra-gauche, c'est eux l'ultra-gauche.
10:22Oui, j'ai compris qu'il y avait encore,
10:23je savais qu'il y avait encore plus à gauche.
10:24Mais c'est eux, c'est eux qui donnent le tempo,
10:27c'est eux qui donnent le là,
10:29c'est eux qui écrivent la partition que les autres jouent.
10:32Ils sont prêts à tout pour gagner.
10:34Et ils se disent, plus ce sera le bordel.
10:36Et mieux ce sera pour eux.
10:37Mais attendez, ils ont joué les jeunes et les immigrés.
10:39Comme si tous les jeunes étaient des voyous,
10:41et comme si tous les immigrés, vous savez, étaient des islamistes.
10:44Sauf que c'est faux.
10:45Et j'espère qu'ils vont prendre plein la gueule aux élections,
10:48parce que les gens diront, ça va l'instrumentalisation.
10:50Pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon est qualifié dans à peu près tous les quatre figures.
10:52Oui, mais attendez ça.
10:55Ils sont suicidaires, ils sont abrutis.
10:58Tous ceux qu'il y a au milieu, ils sont tous divisés.
11:00Qu'est-ce qu'ils pensent ?
11:01Ils pensent quoi ?
11:02Que leur petite chamaillerie, ça va peser quelque chose ?
11:06Vous vous rendez compte ?
11:07Moi, je ne sais pas.
11:08Je me dirais, je n'ai pas envie qu'il y ait ce face-à-face
11:11entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
11:13Et je m'organiserai pour ça.
11:15Non, non.
11:17Ils trouvent qu'il y a mieux à faire, se s'engueuler entre eux.
11:19Qu'ils continuent à s'engueuler.
11:20Alors justement, vous avez déjeuné, Robert Ménard, avec Bruno Rotailleau et David Lysnard cette semaine.
11:24Est-ce que vous avez réussi à les mettre d'accord à ce qu'ils s'assemblent, se rassemblent, s
11:29'allient tous les deux ou pas ?
11:31Comment ça s'est passé ?
11:32Plutôt sympathique.
11:34Je leur avais demandé de venir.
11:35Ils ne vont pas être désagréables comme ça.
11:36Quand on vous invite, en général, vous êtes agréables.
11:39J'imagine.
11:42J'essaye de trouver.
11:44D'abord, tu les écoutes, honnêtement.
11:47Oui, un est un peu plus libéral que l'autre.
11:49L'autre est un peu plus...
11:50Il est conservateur, pour ne pas dire réac, il n'aime pas ça.
11:53Vous voyez comment ils sont et tout ça.
11:56Mais enfin, attendez, à part de prendre une loupe et d'être comme vous, comme moi, branchés sur la politique,
12:02comme on l'est tous les deux, pour le commun des mortels, c'est de la droite.
12:06Voilà.
12:07Bonnet blanc, blanc bonnet.
12:08Mais oui, enfin, Dieu merci.
12:09Il y a des différences.
12:10Il les monte en épingle les uns et les autres.
12:13Mais enfin, ce n'est pas vrai.
12:14Vous leur avez dit quoi ?
12:15Ouvrez les yeux et mettez-vous ensemble.
12:17Je leur ai dit, vous êtes suicidaire, vous voulez perdre.
12:20Attends, il faut les...
12:20Ouais, on fait six et demi, alors un passe devant l'autre et tout.
12:24Mais coco, enfin, ça va, c'est six et demi.
12:27Je veux dire, il faut faire 50, madame, il faut gagner 50% des voix.
12:31Aucun des deux, vous êtes en état de gagner quoi que ce soit.
12:34Vous n'êtes même pas gagné.
12:35Qu'est-ce que je raconte ?
12:36De ne même pas être au deuxième tour.
12:38Alors, j'ai discuté, ça a duré une heure et demie de discussion pour les entendre dire à la fin,
12:43mais à l'arrache, comme on dirait chez moi, à l'arrache, que quand même, non, jamais ils se présenteraient
12:50un contre l'autre devant les Français.
12:52Donc, il y en aura des deux qui se désisteront à la fin.
12:54Enfin, comment, sinon, tu n'as aucune crédibilité dans ce que tu dis.
13:00Tu ne peux pas dire, madame, on ne peut pas dire à la fois, regardez la France insoumise et le
13:05résultat de ce qu'ils prônent, on l'a vu samedi.
13:08De l'autre côté, on ne peut pas dire Marine Le Pen, oui, honnêtement, elle a été mieux que Macron
13:14dimanche dernier, disons les choses, et moi je le reconnais bien volontiers.
13:18Elle a été plus présidente que notre président actuel.
13:22Mais enfin, tu ne peux pas dire comme ils le disent et comme je le pense, que sur le terrain
13:25économique, social, c'est n'importe quoi, et elle fait des promesses qu'elle ne tiendra jamais.
13:29Et les promesses non tenues, c'est la pire des choses.
13:31Tu ne peux pas dire ça, madame.
13:34Et au milieu, te dire, puisque nous, en gros, ils sont au milieu, on ne va pas se donner les
13:39moyens de présenter une alternative.
13:41Là, il n'y en a pas.
13:42Les quatre, là, les quatre, parce que tu rajoutes les deux anciens premiers ministres de M. Macron.
13:46Édouard Philippe et Gabriel Attal.
13:47Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont faire tous moins de 10% ?
13:49Et ils seront contents ?
13:51Donc, vous voulez une primaire ? Vous voulez les appliquer ?
13:53Du côté de David Lysnard, il est d'accord.
13:57Du côté de... Ah, il était un peu plus d'accord, Bruno.
14:01Il était moins opposé à...
14:03Et les deux autres ?
14:05Gabriel Attal, que j'ai rencontré, m'a dit qu'il était d'accord.
14:09Et du côté d'Édouard Philippe, que j'ai rencontré aussi, il m'a dit,
14:13mais de toute façon, non, je suis contre une primaire, mais je vous garantis, c'est ce qu'il m
14:17'a dit.
14:17Donc, moi, je ne voudrais pas de ce qu'il m'a dit.
14:18Je suppose qu'il est sérieux quand il dit des choses.
14:21Il me dit, de toute façon, si en janvier, ce n'est pas moi parmi les quatre dont nous parlons
14:27tous les deux,
14:27ce n'est pas moi qui suis en tête, je me retirerai au profit de celui qui est en tête.
14:32Moi, je n'ai pas le traité de menteur, je n'ai aucune raison de le penser.
14:35Mais s'il ne trouve pas un moyen de présenter une alternative, et je sais bien que ce n'est
14:40pas la même chose,
14:41mais à un moment donné, tu te dis, il y a le pire et le pire, on va l'éviter.
14:48Robert Ménard, ce week-end, il y a aussi ces inquiétudes sur le samedi,
14:52les manifestations et les pillages éventuellement dans toutes les villes,
14:56et il y a à Orléans le congrès de rassemblement national.
14:5910 000 militants qui vont écouter Marine Le Pen, discours au dimanche,
15:02et une grande inquiétude du côté de la sécurité.
15:04Les renseignements annoncent des milliers d'éléments radicaux qui vont converger vers Orléans
15:09pour tenter, évidemment, d'en découdre avec les militants RN.
15:12Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Est-ce que c'est acceptable dans une démocratie ?
15:16Marine Le Pen aurait-elle dû annuler ce qu'elle refuse absolument ?
15:18Elle a raison.
15:19Ce n'est pas à nous d'annuler ?
15:21Elle ne va pas annuler son congrès, parce qu'il y a certains mots de gens
15:24qui osent te dire que le rassemblement national, c'est le fascisme,
15:29et qu'ils sont antifascistes, et qui ont exactement un comportement de petits fachos de gauche.
15:34Parce que quand même, vous vous rendez compte, le raisonnement,
15:37il y a un parti qui, par ailleurs, aujourd'hui, ne cueille plus de 30% des voix,
15:42mais même, ils recueilleraient 5% des voix, tu n'interdis pas à un certain nombre de gens de te
15:47représenter.
15:48Et en plus, c'est les mêmes qui menacent comme ça, vous savez, qui ont toujours à la bouche,
15:53on est des démocrates, vous, vous êtes des fachos, nous, on est d'extrême-gauche,
15:56on sait ce que c'est les droits de l'homme, patati patatoum,
15:59qui se comportent comme des petits salopards.
16:02J'espère qu'on fera de ça un test pour la démocratie en France.
16:06Il est invraisemblable que le Rassemblement national ne puisse pas se réunir.
16:10Il est déjà invraisemblable que des abrutis menacent d'interdire de fait ce congrès, évidemment.
16:20Et j'espère, et j'espère que toute la classe politique, toute la classe politique en commun,
16:25selon...
16:26Vous y croyez ?
16:27Mais non, je n'y crois pas, mais c'est ça.
16:29C'est pour ça qu'ils n'ont aucune crédibilité, madame.
16:31Parce qu'ils ont des haut-le-coeur à géométrie variable.
16:36Parce qu'ils aiment la démocratie quand ça leur sert.
16:39Ils n'aiment pas la démocratie quand ça sert les autres.
16:41Ils sont...
16:43Comment vous dire ?
16:44Ils sont infâmes.
16:45Ils sont minables.
16:46Ils sont minables.
16:47Ça devient un déjeunement sévère, alors.
16:48Mais attendez, vous attendez, vous, que la France insoumise dise à ces petits connards,
16:54quand même, le Rassemblement national, bien sûr, qu'il a le droit de se réunir.
16:59Imaginez...
16:59Écoutez, on va juste faire un truc, et un truc terrible pour tout ça.
17:03Imaginons un dixième de seconde, un dixième de seconde,
17:06que ce soit les militants du Rassemblement national, Marine Le Pen en tête,
17:11qui menacent la tenue d'un congrès de la France insoumise.
17:14Enfin, vous imaginez le tollé général, le tollé.
17:17Et là, au fond, c'est chérubin, mais je t'en foutrai des chérubins.
17:21Mais ça veut dire, Robert Bernard, qu'on est en train de glisser dans autre chose qu'une démocratie.
17:27On risque d'arriver dans un régime libéral.
17:29Qu'est-ce qui se passe ?
17:30En réalité, on veut faire taire les médias qui ne pensent pas exactement comme il faut.
17:34On veut faire taire les partis qui ne disent pas ce que les médias ne veulent pas entendre.
17:38Qu'est-ce qui s'est passé samedi matin ici ?
17:41Nos locaux ont été attaqués.
17:42Qu'est-ce qui s'est passé dans vos locaux ?
17:43Mais ils sont fous furieux.
17:45Mais bien sûr, vous doutez un instant que la France insoumise,
17:49Dieu nous en préserve, était au pouvoir.
17:52Vous savez, vous pensez sérieusement que les choses ne changeraient pas ?
17:56Vous pensez que votre liberté de ton ne serait pas menacée ?
18:00Ils ont dit qu'ils nous fermeraient.
18:01Donc oui, on sait à peu près.
18:02Attendez, vous vous rendez compte ?
18:04Mais vous vous rendez compte qu'il y a des gens qui disent ça ?
18:06Moi, je peux être en désaccord avec...
18:08Dans une indifférence générale.
18:09Dans une indifférence générale.
18:10Mais attendez, moi, interdire...
18:12Je ne sais pas.
18:14Regardez, j'ai dit du bien de Bruno Rotaillot tout à l'heure.
18:16Mais quand Bruno Rotaillot dit qu'il faudrait interdire la France insoumise,
18:20c'est une immense connerie.
18:21Il ne faut pas la dissoudre.
18:22Il est interdire.
18:23Attendez, madame, vous voulez interdire quelqu'un ?
18:26Vous, quand les gens menacent ces news ici,
18:28vous diriez tiens, en revanche, pour vous interdire LCI,
18:32ce serait une bonne idée.
18:34Ça ne vous viendrait pas à l'esprit.
18:35Je veux dire, c'est ça.
18:36Et ce qui est le pire, c'est que les types qui nous donnent des leçons
18:39de morale, qui sont dans le camp du bien,
18:42nous, dans le camp du mal, nous, on est les injustes,
18:44les égoïstes, eux, ils sont les généreux,
18:47les universalistes, c'est les mêmes
18:49qui veulent toujours interdire les médias,
18:52vous, qui ne pensez pas comme eux,
18:54les partis qui font leur congrès,
18:55qui ne pensent pas comme eux.
18:57Est-ce qu'il y a un moyen, Robert Ménard,
18:58et c'est la fin de notre intratégorie,
18:59de réconcilier ces deux Frances-là ?
19:02Est-ce qu'il y a encore une voie, un chemin ?
19:05On en est à se poser la question.
19:06Je le pense sincèrement.
19:08Je pense qu'il y a 80% des Français
19:11qui ne sont pas dans cette logique-là.
19:13Vous savez, moi, je vais dans des quartiers difficiles.
19:16Je vais prendre un exemple.
19:17Et quand je parle d'immigration,
19:18vous savez ce que je pense de l'obligation
19:20de limiter l'immigration et tout.
19:23Mais les gens, les immigrés en question,
19:25ils sont d'accord.
19:26Évidemment, comme moi, les écoliers,
19:29vous avez discuté avec des lycéens,
19:3180% pensent la même chose.
19:33Le problème, c'est qu'on n'arrive pas.
19:35Comme aujourd'hui, on en est à,
19:37il faut toujours hurler plus fort que l'autre.
19:39On n'a au centre personne qui est capable
19:41de porter cette parole des 80%,
19:44mais de la porter de façon forte, forte.
19:47Il ne faut pas qu'il soit gnagnant,
19:49il ne faut pas qu'il se cache derrière, je ne sais pas quoi.
19:51Il ne faut pas qu'il s'excuse tous les matins
19:53de ce qu'ils sont.
19:54Il ne faut pas avoir honte de ce que c'est ce pays.
19:56Il ne faut pas avoir honte de ce qu'on pense.
19:58Moi, je n'ai pas honte de ça.
20:00Et ça ne se fait contre personne, madame.
20:02Il n'y a pas besoin tous les matins de dire
20:04« Oui, la France, est ce qu'elle est ? »
20:05« Oui, mais elle n'est pas bien,
20:06elle n'est pas capable de faire ceci. »
20:08La France, c'est un pays formidable.
20:10Défendons-le.
20:11Mais là, je ne trouve pas cette voie-là.
20:13Il y a des gens que j'aime bien dans les candidats et tout,
20:16mais il ne faut juste pas qu'ils sortent de leur coquille,
20:19qu'ils s'affirment pour ce qu'on a envie d'entendre.
20:22Moi, dans la rue à Béziers,
20:24les gens ont peur.
20:25Les commerçants, vous ne pouvez pas savoir.
20:26Ils sont sérovisés, oui.
20:28Alors que nous, il n'y a pas eu de problème.
20:29La peur qu'ils ont.
20:30Mais ils ont juste envie qu'on tape du poids sur la table
20:34et qu'on leur dit aux uns et aux autres
20:35« Nous, on est raisonnable.
20:38On sait que c'est compliqué.
20:40Mais ce n'est pas parce que c'est compliqué
20:41qu'on ne va pas y arriver.
20:42Et on a juste la volonté.
20:44Il manque du courage et de la volonté. »
20:46Merci Robert Ménard d'être venu ce matin
20:48dans la matinale CNews et Europe 1.
20:50Bonne journée à vous.
20:50Merci Robert Ménard.
20:51Merci Laurence Ferrari.
20:52Dans un instant sur Europe 1,
20:54Eugénie Bastier, Julia De Funès,
20:56Le Livre du Jour aussi,
20:57le dernier roman de Laurent Dunez.
20:59Ne riez pas, c'est vrai.
20:59A tout de suite.