- il y a 12 heures
Petits-bourgeois, voyous, militants d’ultragauche, sympathisants LFI : qui sont vraiment les casseurs du 17 octobre ? Portrait exclusif d’un casseur, témoignages de policiers, profils des premiers interpellés : notre enquête révèle les visages, les motivations et les méthodes de ceux qui ont semé le chaos.
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00:02Ils sont les nouveaux ennemis de la République.
00:04Ils saccagent les commerces,
00:07attaquent les forces de l'ordre,
00:10sèment le chaos et revendiquent haut et fort leur haine de la France.
00:17Suite aux émeutes du 17 octobre,
00:19plus de 2500 personnes ont été placées en garde à vue.
00:22Mais derrière les masques, qui sont ceux qui cassent et qui pillent ?
00:25L'un d'entre eux a accepté de nous parler.
00:27La fois que la police arrivait, ils nous poursuivaient et ça fait partie du juin.
00:31On sait qu'en sortant et quand ils sont allés casser, on s'expose à des risques.
00:35Vous avez peur de la police ?
00:37Non, pas vraiment.
00:38Nous tenterons de répondre à la fameuse question posée par Emmanuel Macron.
00:42Compte-t-il dans la tête ?
00:43Enquête sur le profil des casseurs.
00:45Il y a deux catégories de population qui n'ont absolument rien à voir.
00:49Vous avez d'une part des manifestants d'ultra-gauche
00:53et d'une autre part des pilleurs venus des banlieues.
00:57Voilà, ça commence bien !
00:59Y a-t-il un lien, comme certains l'affirment, entre immigration et ultra-violence ?
01:03Je suis de confession musulmane.
01:05C'est malheureux, mais 80% c'est ma communauté et j'ai honte de le dire.
01:09Toujours la même chose.
01:10Voilà, on nique la police.
01:13On nique l'État, on nique la police, on nique la France.
01:17Révélation sur l'incroyable business de ceux qui revendent leur butin sur les réseaux sociaux.
01:22Toute cette marchandise se retrouve maintenant dans la nature.
01:25À Marseille, dans les rues ravagées par la casse et les pillages,
01:28nous irons à la rencontre des commerçants à bout.
01:31Aujourd'hui, je saigne et je pleure de voir cette France.
01:35Je me sens complètement dépité, impuissant,
01:38sans savoir qu'est-ce qu'il va se passer demain.
01:41Ce policier présent lors des émeutes est également à bout de nerfs.
01:44Aujourd'hui, je suis dégoûté.
01:45Je cherche une porte de sortie parce que je ne veux plus travailler dans ce monde.
01:50Alors que de nouveaux rassemblements sont annoncés ce week-end.
01:53Je crois qu'on aime tellement la France qu'on va revenir samedi 24.
01:58Le samedi 24 octobre, ça sera le début de la révolution française.
02:02À quoi faut-il s'attendre ? Faut-il craindre le pire ?
02:09Il ne faut éluder aucun scénario, mais vraiment se préparer à tout.
02:13Enquête sur le vrai visage des casseurs.
02:20Quelque part en banlieue parisienne, un casseur a accepté de nous parler.
02:25Mitch, 25 ans, travaille en tant que commis dans un restaurant.
02:28C'est en tombant sur un appel à manifester sur les réseaux sociaux
02:32que ce jeune de cité a décidé de participer aux manifestations du 17 octobre.
02:37Généralement, tu arrives sur les réseaux sociaux et tu vois que directement dans la page d'accueil,
02:41en vrai, il y a des gens qui vont retweeter ou qui vont parler de choses en rapport avec ce
02:46qui s'est passé.
02:47Donc généralement, c'est là qu'on prend les informations et qu'on pourra aller prendre rendez-vous,
02:50les fonds de ralliements, etc.
02:52J'ai vu un appel à manifester sur les réseaux sociaux.
02:55J'ai décidé de sortir de chez moi avec un groupe d'amis.
02:58On a fait un peu le tour de Paris.
03:00On a commencé par Concorde.
03:01Ensuite, on est allé vers Bastille, Châtelet, Rivoli, avant de finir sur République.
03:07Mitch n'en est pas à son coup d'essai.
03:09Lors des célébrations de la victoire du PSG en Ligue des Champions,
03:12il était déjà sorti avec l'intention d'en découdre.
03:14Cette fois, à l'envie de provoquer des troubles,
03:17s'ajoutait une colère qu'il souhaitait exprimer.
03:19C'est un sentiment de trouble en général, en vrai de vrai.
03:22La vie chère, les conditions dans lesquelles on vit,
03:25le fait qu'on n'est pas trop aidé,
03:27que là où on vit, nous, c'est un peu compliqué.
03:29On n'a pas autant de chances que les autres de s'en sortir.
03:33Il affirme avoir brisé des vitrines
03:35et pénétré dans plusieurs magasins en plein pillage.
03:37Je suis quand même rentré dans les magasins pour voir ce qui s'y passait
03:39et voir en gros c'était quoi le délire à l'intérieur, principalement.
03:43C'était quoi comme magasin ?
03:44Il y avait des franqueries,
03:47des magasins de téléphones,
03:50des magasins de nourriture.
03:51Pour justifier ces vols,
03:53Mitch avance un argument.
03:54Il s'agirait, selon lui, de redistribuer les richesses.
03:57Les casseurs seraient, selon lui,
03:59des robins des bois des temps modernes.
04:01Après, les gens, quand ils ont cassé, principalement,
04:03ils ont redistribué, en vrai,
04:05tout ce qu'ils ont récupéré, c'est-à-dire qu'il y avait des clochards dans la rue,
04:07ils sont allés leur redistribuer des boissons et de la nourriture.
04:10Et même quand les gens passaient dans la rue,
04:11ils offraient un peu à tout le monde des boissons et de quoi manger.
04:14Est-ce que tu as de la peine pour les commerçants ?
04:16Malheureusement, c'est un dégât collatéral.
04:18Je pense que ce n'était pas le but des gens sortant de chez eux,
04:20de viser les commerçants indépendants et les petits commerçants.
04:23Malheureusement, ils se trouvaient là,
04:25ce qui fait qu'ils ont pris aussi un peu pour tout le monde, malheureusement.
04:27S'il dit éprouver de la peine pour les petits commerçants,
04:30il reconnaît avoir eu moins de scrupules à s'en prendre aux grandes enseignes.
04:34Si on s'enseigne, on aura moins de peine pour eux que pour un petit commerçant
04:36parce que c'est une enseigne et plus généralement, c'est une marque.
04:39C'est aussi une manière d'attaquer le capitalisme ?
04:41Dans un certain sens, mais c'est plus l'objectif de tout casser, en vrai.
04:45Ce jour-là, ni Mitch ni ses amis ne se sont fait arrêter par la police.
04:49La fois que la police s'arrivait, on courait.
04:51Ils nous poursuivaient et ça fait partie du genre.
04:53On sait qu'en sortant et qu'en décision d'aller casser, on s'expose à des risques.
04:56Mais l'envie de manifester est plus forte que le risque en cours.
05:00Vous avez peur de la police ?
05:02Euh... Non, pas vraiment.
05:04Mitch le reconnaît lui-même.
05:05Ce 17 octobre, dans les rues de Paris, c'était le chaos.
05:09C'était une ambiance post-apocalyptique, j'irais.
05:11On aurait dit que c'était un peu la fin du monde, ou la révolution.
05:15C'est-à-dire que c'était l'anarchie de partout, des poubelles de partout.
05:19Tout le monde était là pour montrer qu'il n'était pas content.
05:22Ce qui fait que ça a donné lieu à des échauffes frais et des bagarres avec la police, notamment.
05:32Mitch nous avoue avoir dirigé des tirs de mortier vers les policiers.
05:35On avait récupéré des mortiers.
05:36Quand on se faisait chargé par la police, on a décidé de tirer sur eux
05:39pour pouvoir s'échapper et mettre en plus de bordel, en vrai.
05:43Quand tu tires sur un policier, tu te dis quoi ?
05:47À ce moment-là, en vrai, je ne me dis rien du tout.
05:49Je me dis juste que c'est soit lui, soit moi.
05:50Donc, chacun pour sa gueule, en vrai.
05:52Mais sur le moment, c'est l'anarchie.
05:54Ça veut dire qu'il ne faut pas réellement attention aux états d'âme.
05:57C'est plus la police contre le peuple.
05:59Donc, à partir du moment où il y a la lune de la police, c'est eux contre nous, en
06:02vrai.
06:07Pour expliquer son hostilité envers la police,
06:09le jeune homme évoque des comportements racistes
06:12dont il dit avoir été victime de la part de certains agents.
06:15En vrai, ce n'est pas tous les flics qui sont mauvais,
06:17mais il y a quand même une partie qui est raciste et qui ne fait pas très mal son travail,
06:21en fait.
06:21J'ai déjà été victime d'abus de la part de la police,
06:24alors que je n'avais rien fait.
06:25Je sortais du travail et ils me sont tombés tués.
06:27J'ai fini en garde à vue.
06:28Ils m'ont bousculant un peu, ils m'ont chahuté.
06:30Ils m'ont demandé ce que je foutais en France.
06:32Alors que je suis né en France, c'est que je suis français.
06:34Ce à quoi j'ai répondu en essayant de rester le plus tranquille possible,
06:37mais ça n'aura pas suffi,
06:37parce que j'ai quand même dormi en garde à vue.
06:45Si l'extrême gauche est souvent pointée du doigt dans les violences,
06:48Mitch, lui, se déclara politique
06:50et assure n'appartenir à aucun mouvement.
06:52Toi, politiquement, tu te situes où ?
06:56Honnêtement, moi, je m'enchaîne un peu de la politique.
06:57Je ne me sens pas concerné parce que j'essaie de me renseigner,
07:01mais moi, à mon échelle, je ne me sens pas spécialement impacté.
07:03Là, c'est juste un instinct animal
07:06qui fait qu'on a juste envie de rentrer
07:07et de foutre le bordel en fait.
07:15Mobilier urbain fracassé.
07:23Vitrines pulvérisées.
07:27Commerce vidé de leur stock.
07:41Au matin du dimanche 18 octobre,
07:43le centre-ville de Marseille offre un spectacle de désolation.
07:47Dans les rues Saint-Féréol et Paradis,
07:49presque entièrement bouclées,
07:50les riverains et les commerçants crient leur colère et leur désarroi.
07:53Aujourd'hui, je saigne et je pleure de voir cette France.
07:59Sur les trottoirs, quelques traces de sang
08:01témoignent encore de la violence des pillages.
08:04Pour la cité phocéenne, le réveil est brutal.
08:08Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône,
08:11ils étaient plus de 30 000 à participer au pillage.
08:15Ça dépasse tout ce qu'on peut imaginer, c'est un film.
08:18Dans leur viseur, les enseignes les plus prestigieuses de l'hypercentre,
08:21notamment les boutiques de luxe gérées par Édouard Frogeot,
08:23une figure historique du commerce marseillais.
08:26Ici, on est rue Grignan, c'est la rue emblématique un peu à Marseille pour le commerce du luxe.
08:30J'ai plusieurs magasins dans cette rue et tous les magasins ont été complètement pillés, saccagés.
08:41Je me sens complètement dépité, impuissant, sans savoir qu'est-ce qu'il va se passer demain
08:46parce qu'on doit tout reconstruire.
08:49Tout est vraiment abîmé, c'est vraiment une situation chaotique.
08:53Vous pouvez, si vous voulez, aller juste jeter un coup d'œil.
08:57À l'intérieur de son commerce, le spectacle est saisissant.
09:00Tout est fracassé, dévasté, pulvérisé.
09:03Le préjudice est estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros.
09:06Il y avait plusieurs milliers de personnes dans la rue
09:09et plusieurs centaines de personnes ont pu rentrer dans la boutique pour tout casser.
09:15C'est une partie de chez moi.
09:16Je travaille avec ces boutiques et j'y suis attaché comme une maison, comme ma maison.
09:21C'est mon outil de travail, mais mon outil de travail, c'est une partie de soi-même.
09:24C'est une atteinte directe à la personne.
09:27Au lendemain de cette nuit de chaos, le choc laisse place aux interrogations pour ce commerçant.
09:32Comment est-ce qu'on n'a pas pu avoir une protection un petit peu plus proche des commerces et
09:39des points sensibles ?
09:40J'ai l'impression que tout était en retard sur cette action, que personne n'était préparé,
09:45que manifestement les ordres aussi qui ont été donnés étaient plus de rester en retrait plutôt que d'aller au
09:52contact.
09:54Quelques mètres plus loin, toujours rue Grignan, pour ces autres commerçants, le constat est tout aussi amer.
10:02Ce jour-là, le centre-ville a tout simplement été sacrifié.
10:06La seule chose que j'ai à vous dire, on a été abandonnés.
10:09On a été abandonnés.
10:11Moi, j'ai fait partir mes équipes.
10:13Je les ai mis en sécurité.
10:14Je suis restée pour protéger la boutique.
10:17Il est arrivé une horde.
10:21Ce n'était pas les lycéens qui manifestaient, madame.
10:23Ce n'était pas ça.
10:24Absolument pas.
10:25C'était des gens qui voulaient en découdre.
10:28Ils avaient la haine sur leur visage.
10:31Ils avaient la haine.
10:32Marseille a été pillée de 8h du matin jusqu'à 23h.
10:35Il faut vous dire que j'ai certains magasins qui ont subi des assauts pendant 3h.
10:403h, c'est long.
10:41Ce n'est pas 3 minutes.
10:43Quoi qu'il en soit, certains de ces commerçants, à l'image d'Edouard Frogeot, ont mieux anticipé cette journée
10:48d'émeute que les autorités.
10:50Les salariés n'étaient pas sur place parce qu'on avait prévu, nous, de toute façon, des manifestations beaucoup plus
10:55virulentes.
10:56On était peut-être mieux informés, je ne sais pas.
10:59Mais en tout cas, on avait prévu de ne pas faire venir nos salariés pour ne pas les mettre en
11:02danger.
11:03Aujourd'hui, tous les salariés sont au chômage partiel.
11:08Plus personne travaille.
11:10Donc, en plus de ça, ça coûte à l'État.
11:12Dans un autre de ces points de vente, le commerçant nous prouve une nouvelle fois qu'il avait mieux anticipé
11:17le chaos que l'État lui-même.
11:19Vous voulez voir là aussi ?
11:27Là, on est dans une autre de nos boutiques qui a été aussi vandalisée.
11:30Il n'y a pas grand-chose qui a été pris parce que tout était à l'abri.
11:33On avait tout enlevé déjà.
11:37Des commerces comme les nôtres, on en dissipe quand même.
11:40On est préparé, on ne laisse pas la marchandise sur place.
11:44On avait anticipé quand même ce genre d'action puisque ce n'est pas la première fois que ça arrive
11:49ailleurs.
11:51Voilà.
11:52Ce matin, deux agents de la police scientifique sont à l'œuvre dans l'une des boutiques d'Edouard Frogeot.
11:57Leur mission, traquer le moindre indice pour retrouver les vandales.
12:04On relève des empreintes et de l'Aden.
12:07Face à l'ampleur des dégâts, même ces professionnels aguerris restent stupéfaits.
12:11On ne comprend juste pas tout ce qui se passe en ce moment et pourquoi ça en arrive là.
12:15Je veux dire, c'est des commerçants qui travaillent toute leur vie.
12:18C'est beaucoup de personnes à qui il arrive quelque chose sans qu'ils aient rien demandé.
12:26Quand on regarde, c'est inhumain.
12:30Inhumain, je dirais.
12:32C'est un bon combat.
12:34Selon le bilan officiel communiqué par la Chambre de commerce et d'industrie,
12:38ces femmes de la police scientifique vont avoir beaucoup de travail
12:41puisque 317 commerces ont été pillés et saccagés à Marseille.
12:44Je voulais vous remercier pour votre travail maintenant parce que tout le monde paye les pots cassés,
12:49mais vous, ça vous donne beaucoup de travail.
12:51Donc je vous félicite en tout cas pour le travail que vous accomplissez
12:54qui va sûrement peut-être servir à essayer d'éclaircir un peu plus de choses
12:59dans cette incompréhension totale.
13:03Voilà, je vous en prie.
13:05On est débordé par une population qui n'a pas vraiment les mêmes valeurs
13:09que celle du travail et celle de la République.
13:13Il y a deux mondes qui s'affrontent aujourd'hui, deux mondes qui cohabitent,
13:16mais c'est deux mondes qui ne peuvent pas s'entendre.
13:18Donc la réponse, à mon avis, doit être d'abord dans la protection des biens publics,
13:25dans la protection des personnes, dans la protection des commerces.
13:28Si on n'est pas capable de protéger tout ça,
13:31ça veut dire que la République est foutue, elle ne marchera plus.
13:36Nous décidons de continuer d'arpenter le centre de Marseille
13:39pour saisir pleinement ce qu'il s'est passé ce 17 octobre.
13:43Dans la rue, c'est une véritable scène de guerre.
13:48Ces commerçants ont tout vu et ces stigmates viendraient de Rix entre pilleurs.
13:51Dès qu'ils ont réussi à ouvrir le magasin,
13:53ils se partageaient les choses en se battant,
13:55se mettant des coups de couteau, tout ça.
13:57Je l'ai vu, il y avait du sang partout.
13:59Donc il faut arrêter.
14:02Ils se sont retrouvés à se battre à la fin d'entre eux
14:04pour se partager les richesses voulées.
14:07Et on était au milieu du chaos.
14:08On a essayé de se confiner tant bien que mal
14:10dans ce qui était plus ou moins ouvert.
14:12C'est barbare.
14:14Du sang par terre, ils se coupent.
14:17On a même vu des gens se poignarder
14:18pour se prendre de la marchandise.
14:20Enfin, pour vous dire, quoi.
14:22C'est très, très violent.
14:25Je ne sais pas comment on peut appeler ça.
14:26Encore une manifestation, pour moi, c'est comme une guerre.
14:36Ces pillages n'avaient rien de spontané.
14:38Cette habitante en est convaincue.
14:39Les casseurs étaient organisés.
14:41Leur objectif, s'offrir une véritable virée shopping.
14:45Au nom de la garde, voilà ça va valoir 220.
14:47Mais qui supporte aujourd'hui ?
14:48Alors aujourd'hui, les cinq s'accélisent.
14:52Là, on commence à voir la file d'attente des gens
14:54qui attendent que les personnes cassent.
14:58Une fois qu'ils ont cassé, ils pourront aller se servir.
15:01Donc là, ça attend, ça attend.
15:02Et donc là, on a le groupe de casseurs
15:04qui est en train de commencer à casser
15:06avec la file d'attente derrière
15:07qui viendra se servir juste après.
15:10Et vous remarquerez, dans la rue,
15:12il n'y avait aucun policier, aucun CRS, personne.
15:15Il y en a qui sont cagoulés,
15:16mais on voit aussi qu'il y en a qui sont très à l'aise
15:18et qu'ils ne le sont plus.
15:19Ils ont enlevé leurs cagoulés
15:20et ils font leur shopping impénément.
15:22On est sur une journée shopping sympa
15:25avec les gens qui marchent doucement.
15:27Il y a une bonne ambiance, ils rigolent dans les rues.
15:29En fait, c'est un côté révoltant et injuste de voir ça
15:33parce que c'est le travail de toute l'économie.
15:36On la construit tous ensemble
15:37et c'est tellement injuste.
15:41Pour ces Marseillais et tous les commerçants
15:43attaqués en France,
15:44cette journée est le symbole de la faillite de l'État.
15:46Aujourd'hui, Elisa, à l'image de tous les riverains
15:48que nous avons rencontrés,
15:49laisse éclater sa colère.
15:51Moi, ce qui me rend folle,
15:52c'est que ces gens-là, je ne veux pas leur trouver d'excuses.
15:54Je pense qu'on a assez fait du Montessori de Racaille.
15:56C'est des gens qui ont mis, je pense,
15:59la majeure partie de Marseille hors d'eux.
16:01Parce qu'ils ont pris les manifestants.
16:03C'est indécent ce qu'ils ont fait.
16:08Ce que j'ai envie de leur dire, c'est que c'est dégueulasse,
16:11que j'espère qu'ils vont payer.
16:12Parce que ce n'est pas à nous de payer,
16:14on a suffisamment d'impôts, de charges,
16:15on travaille, on fait tout ce qu'on peut.
16:16Qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ?
16:19Ils ont zéro neurone.
16:20Qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ?
16:22Vous pensez qu'on peut discuter avec ces gens ?
16:24Il n'y a rien à dire.
16:25Ils criaient ni que la France.
16:26Ils disaient qu'on va même brûler la France et tout.
16:28Ils ont rigolé.
16:28Ils ont pris sur la France.
16:30En partant du centre-ville de Marseille,
16:32cette retraitée, heurtée par les dégradations
16:34subies par la mairie de Marseille,
16:38nous confie qu'elle a bien du mal à reconnaître son pays.
16:41C'est très choquant ce qui a été fait à Marseille
16:44puisqu'ils ont renversé la Marianne,
16:47qui est le symbole de la République.
16:52On se demande quand même où va notre pays.
16:56On a vu des drapeaux qui n'étaient pas des drapeaux français.
16:59Donc ça, c'est aussi assez choquant, surprenant.
17:04Cette habitante tient à rappeler que ce chaos
17:06survient à peine trois semaines après la venue du pape en France.
17:09Entre la ferveur pacifique de cet événement
17:11et le spectacle de désolation qui s'offre aujourd'hui à la France,
17:14le contraste est saisissant.
17:16Il y avait un million de personnes sur les Champs-Elysées,
17:18j'y étais, où on applaudit la police.
17:21Tout était pacifique.
17:23Ils aient une chaleur de bœufs dans les métros.
17:26Ils ont chanté.
17:28Et 15 jours plus tard, on voit ça.
17:30On se demande si on est dans le même pays.
17:37Au-delà des dégâts,
17:38les pillages alimentent aussi un commerce clandestin.
17:41Si certains dérobent des articles pour leur usage personnel,
17:44D'autres cherchent à transformer leur butin en argent.
17:52Dès le lendemain des manifestations,
17:54des annonces apparaissent sur les plateformes de vente entre particuliers.
17:57Vêtements neufs, cosmétiques, articles proposés en série,
18:01des mises en vente qui interrogent sur la provenance de ces marchandises.
18:04Certains vendeurs revendiquent même explicitement l'origine de leurs produits.
18:14Les gens qui ont pillé toutes ces marchandises,
18:16ils n'avancent pas pour eux.
18:17Quand vous raflez un magasin de parfum,
18:19vous n'allez pas vous mettre 30 sheets de parfum par jour.
18:22Donc qu'est-ce qu'ils font ?
18:23Ils sont assez rationnels.
18:25Ils se disent, très bien, on a volé tout ça.
18:27En plus, c'est souvent des choses neuves.
18:28On a les étiquettes, les boîtes, etc.
18:30Maintenant, on va les revendre.
18:30Et donc, toute cette marchandise, évidemment,
18:32se retrouve maintenant dans la nature.
18:35Et ce qu'on appelle le recel,
18:36c'est-à-dire qu'elle va être revendue sur des sites comme Vinted,
18:40sur Le Bon Coin.
18:42Face à ces annonces,
18:43les plateformes de revente comme Vinted et Le Bon Coin
18:45affirment renforcer leur contrôle
18:47pour repérer et retirer les offres susceptibles de concerner des biens volés.
18:52Depuis ce week-end,
18:53nos équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer
18:56les annonces susceptibles de concerner des biens volés.
18:59Et nous avons renforcé le contrôle des annonces suspectes.
19:04Mais les casseurs ont plus d'un tour dans leur sac
19:07et contournent déjà ces sites de vente pour écouler leurs produits.
19:12Venez en privé ceux qui ont du stock à vendre du 17.
19:15Maquillage du 17 octobre, pas cher.
19:17Il va y avoir des trafics plus opaques par les réseaux sociaux,
19:20par les messageries cryptées comme Telegram,
19:22ou tout simplement par le bouche-à-oreille dans les quartiers.
19:26Ces publications peuvent aussi devenir des indices pour les enquêteurs.
19:30Un compte, une photo, un article reconnaissable,
19:33autant de pistes pour remonter jusqu'aux auteurs des pillages.
19:36Mais identifier tous les vendeurs et établir l'origine des produits volés
19:39reste un travail de longue haleine.
19:42La police, elle va évidemment regarder ce qui se passe sur les réseaux sociaux
19:46pour essayer de savoir qui a fait quoi.
19:48Mais il faut bien comprendre qu'on a des milliers et des milliers de casseurs,
19:52de pilleurs qui se sont servis,
19:55des milliers et des milliers de marchandises.
19:57Et face à cela, on a quelques centaines d'enquêteurs.
19:59Donc on va pouvoir n'en attraper qu'une infime partie.
20:02Et encore, il va falloir prouver que les personnes qui vendent ces marchandises
20:06sont aussi des pilleurs et non pas seulement des receliers.
20:08Parce que la peine n'est évidemment pas la même.
20:09Et eux vont bien sûr dire,
20:11« Ah non, mais moi, ces affaires que je vends, je les ai trouvées par terre,
20:13moi je n'ai pas touché, je ne suis pas allé piller, etc. »
20:16Donc ça va être très compliqué pour la police de rétablir la justice là-dessus.
20:22Mais alors, qui sont réellement les casseurs et les pillards ?
20:27Qui se cache derrière ces scènes de violence ?
20:31En analysant les images et les rapports d'enquête,
20:34un premier élément effrappant, la jeunesse des émeutiers.
20:39Nombreux d'entre eux sont mineurs
20:41et certains portaient des couteaux lors de leur interpellation.
20:44« La violence, elle est de plus en plus forte
20:46et elle est de plus en plus jeune.
20:49On a des éléments qui sont à peine au sortir du collège.
20:55Et en fait, ça démontre une chose,
20:57ça démontre que cette violence, elle s'est installée dans notre société,
20:59qu'elle s'est banalisée
21:02et qu'elle touche aussi, je dirais, une grande partie de l'échelle sociale.
21:08Puisqu'il y a aussi des jeunes qui sont des fils à papa
21:12qui sont venus pour revendiquer, mais aussi pour avoir quelques sensations
21:17et qui n'hésitent pas à faire preuve de violence très forte,
21:22voire à instrumentaliser les autres qui sont un petit peu moins outillés.
21:28Autre élément visible sur les images et dans les rapports,
21:31des femmes participent elles aussi aux dégradations et au pillage.
21:34On a eu des familles, des mères de famille,
21:37et on a eu des filles, ce qui est beaucoup plus rare,
21:39des femmes, des jeunes femmes qui étaient parmi ces émeutiers
21:41qui ont elles aussi profité des pillages.
21:43Et d'ailleurs, on a vu que beaucoup de magasins de parfums étaient pillés.
21:48Et a priori, ce n'est pas parce que les pilleurs hommes
21:52qui étaient en très grand nombre avaient envie de se parfumer.
21:55C'est soit parce qu'ils se sont dit que ça se revend bien,
21:57soit parce qu'ils se sont dit que je vais aussi en faire profiter
21:59ma petite amie, ma grande soeur, ma mère, etc.
22:04On a aussi des jeunes filles qui sont très présentes.
22:08Aujourd'hui, la violence, elle n'exclut pas les jeunes filles, malheureusement.
22:13Dans les quartiers, vous avez des bandes de jeunes filles désormais
22:15qui font preuve aussi de force et de violence pour pouvoir s'imposer
22:19et survivre dans ces quartiers, tout simplement.
22:22Et elles font partie de cette mobilisation,
22:25de ceux qui ont cassé et de ceux qui ont pillé.
22:29Vous avez de nombreuses images qui ont circulé.
22:32On voit de très jeunes femmes et parfois aussi, là ça m'a surpris,
22:36des mamans qui étaient présentes pour récupérer les éléments
22:41qui ont été volés dans les magasins, qui ont été détruits et pillés.
22:47Une recrudescence de jeunes et de femmes parmi les émeutiers.
22:55C'est aussi le constat de cette responsable d'une société de sécurité privée
22:59présente sur le terrain le 17 octobre.
23:01C'est beaucoup d'enfants, c'est-à-dire des mineurs,
23:06complètement désinhibés, prêts dans un mouv' qui, au bout d'un moment,
23:11en cours de soirée, ne maîtrisait même plus.
23:13Il y avait beaucoup de filles.
23:14Il y avait à peu près, je dirais, 20 à 30 % de filles.
23:18C'est assez nouveau.
23:19Là, aujourd'hui, les filles, elles y vont.
23:21Elles courent avec eux, elles provoquent.
23:24Personnellement, pour avoir vécu quand même plusieurs expériences
23:28dans la sécurité privée, c'est une des pires que j'ai vécues.
23:32Mais derrière ces images, les motivations des casseurs diffèrent.
23:35Plusieurs observateurs distinguent les militants d'extrême-gauche
23:39venus chercher l'affrontement.
23:40Niquez les PVG ! Niquez, niquez les PVG !
23:54qui n'ont absolument rien à voir,
23:55ni sur le plan sociologique, ni sur le plan politique.
23:57Vous avez d'une part des manifestants d'ultra-gauche.
24:00Par exemple, eux vont s'attaquer au symbole du capitalisme.
24:02Des agences bancaires, des agences immobilières,
24:05des McDonald's, des marques de luxe.
24:12Et d'une autre part, des pilleurs venus majoritairement
24:17de la périphérie des villes, des banlieues,
24:19qui, eux, se greffent opportunément sur la casse qu'il y a
24:25pour pouvoir piller.
24:27Et à l'inverse, eux ne veulent absolument pas combattre le capitalisme,
24:30ils veulent en profiter.
24:32Et eux, ils vont plutôt viser les commerces
24:35qui vendent des parfums, des chaussures, des jeux,
24:38à peu près tout ce qu'ils peuvent trouver, même des tabacs,
24:40que ce soit des commerces indépendants ou pas.
24:42Ils font feu de tout bois.
24:49Et donc, ces deux populations ne se côtoyaient pas,
24:53intervenaient à des moments différents.
24:54Et là, ce qui est assez inédit dans ce qui s'est passé,
24:57c'est que, voyant le chaos créé par des manifestants d'ultra-gauche,
25:01ces populations de pilleurs, casseurs, etc., des périphéries,
25:05ont décidé de se greffer sur ce mouvement.
25:07Et les deux populations, conjointement,
25:10ont créé ce chaos absolument phénoménal.
25:13Eh bien, moi, je comprends leur violence.
25:15Parce que leur violence, elle a de vraies causes.
25:20Une scène illustre ce décalage.
25:22D'un côté, un militant d'extrême-gauche brandit une pancarte
25:25« Bismillah, c'est les ténèbres »,
25:27détournant une formule arabe qui signifie « au nom de Dieu »
25:30pour dénoncer la situation politique.
25:32De l'autre, un jeune musulman s'oppose à l'utilisation de cette expression religieuse.
25:37C'est quoi, ça ?
25:37Mais c'est une phrase d'accroche, c'est un tchat.
25:39Il y a le nom d'Allah, il y a le nom d'Allah pour enlever ça tout de suite.
25:42Il y a le nom de Dieu.
25:44Il y a le nom de Dieu pour enlever ça tout de suite.
25:46Tu te touches pas, t'as compris ou pas ?
25:47Ça, c'est le nom de Dieu.
25:48On joue pas avec l'islam.
25:50On joue pas avec l'islam.
25:51Casse-toi, casse-toi.
25:52On joue pas avec l'islam.
25:53On joue pas avec l'islam.
25:55Casse-toi.
25:55On joue pas avec l'islam.
25:58Il y a pas de bismillah ici.
26:00Deux manifestants réunis dans la rue,
26:02mais qui ne partagent manifestement pas les mêmes références.
26:07La question de l'origine des personnes mises en cause
26:10alimente également le débat.
26:11Quelle place occupent les personnes issues de l'immigration parmi les interpellés ?
26:21Ce sont, pour le dire,
26:24clairement, ce sont des enfants de l'immigration.
26:26Voilà, ça commence bien.
26:29Oh, voilà, celui-là, il coûte cher.
26:31C'est carré, ça.
26:32Ouais, c'est ma gueule.
26:32Voilà, c'est 31 débat.
26:34Il suffit d'aller interroger des personnes
26:36qui ont vu de près ces casseurs
26:38pour le dire.
26:40On a, par exemple, cette commerçante musulmane
26:43qui a tenté de protéger son magasin
26:44et qui dit, c'était à 80% des gens de ma communauté.
26:59Le profil, c'est à peu près les mêmes profils
27:02que l'on retrouve le soir de la victoire du PSG
27:06lors de la Ligue des champions.
27:07C'est ceux qu'on retrouve aussi Halloween, le Nouvel An.
27:11C'est les mêmes qui vont provoquer des violences urbaines
27:14avec la mort de Naël en l'été 2023.
27:18Établir un lien entre une partie de la jeunesse
27:20issue de l'immigration et les émeutes
27:22reste un sujet tabou dans de nombreux médias.
27:25Cette sociologie, on la connaît très bien.
27:27Elle est très difficile pourtant à évoquer dans les médias.
27:30Il y a une volonté de ne pas voir
27:31et un déni volontaire sur ce sujet.
27:37Il y a évidemment des personnes qui sont issues de l'immigration,
27:40mais ils sont français.
27:41Ils sont le résultat d'une éducation en France
27:46avec des parents souvent qui sont aussi nés en France.
27:49Donc c'est un échec de l'éducation,
27:52de la chute, voire de la disparition de l'autorité,
27:55de la crainte de la force publique aussi en France.
28:03Nous avons pu consulter un document de police confidentiel
28:07concernant 24 personnes mises en cause
28:09dans le pillage du magasin d'Arti,
28:11place de la République à Paris.
28:13Voici la liste exhaustive des prénoms des casseurs.
28:16Marc Junior, Ibrahima, Matisse, Boubacar, Sidi, Djibril, Sekou,
28:25Diokira, Kenichi, Marmoud, Francisco, Zachary,
28:31Johan, Adama, Doumacy, Ali, Mohamed, Yassine,
28:37Fouseigny, Vincent, Messaoud, Mefta, Ryan, Saïd Brahim.
28:51Pour briser l'omerta sur le profil des casseurs et des pilleurs,
28:55nous avons recueilli le témoignage d'un policier présent à Paris
28:58lors des manifestations du 17 octobre.
29:02Franck, la trentaine, côtoie régulièrement de jeunes délinquants
29:05dans le cadre de ses missions.
29:07Je suis dans un groupe qui voit au quotidien la misère, on va dire.
29:11On est au quotidien avec les jeunes de cités, entre guillemets.
29:16Ils s'en foutent de tout.
29:18Ils n'ont plus peur de la justice.
29:21Ils n'ont plus peur des amendes.
29:23Ils n'ont plus peur de rien.
29:26Lors de ce samedi noir, ce policier avoue avoir été sidéré
29:30par la violence dont il a été témoin.
29:33Le 17 octobre, Paris s'est devenu un carnage, une zone de guerre.
29:40Les pillages.
29:43On renversait les poubelles avec les bouteilles de verre,
29:46on les balance sur la police.
29:47On casse tout, on casse tout.
29:55Ils étaient en groupe.
29:58Certains ont des groupes de 50, 60.
30:07Et ils n'avaient pas peur.
30:09Ils étaient équipés, tout habillés de noir
30:11pour être difficilement reconnaissables.
30:13Capuché, masque.
30:16Mais alors derrière les masques,
30:18quel est le vrai visage de ceux qui cassent et pillent ?
30:21C'est la cité qui se révolte.
30:23C'est la cité qui monte à Paris.
30:26C'est toujours la même chose.
30:30Voilà, on nique la police.
30:32On nique l'État, on nique la police,
30:34on nique la France.
30:38C'est tout le temps la même chose.
30:40Ils profitent sûrement de la casse des mouvements ultra-gauche.
30:44Ça, c'est vrai.
30:47Je pense que l'ultra-gauche casse
30:48et derrière, la cité vient piller.
30:50Selon lui,
30:51beaucoup de ces jeunes casseurs
30:52ont grandi sans limite suffisamment posé
30:55avec un manque de repères éducatifs
30:57et de cadres familiales.
30:58Moi, j'interviens dans des cités,
31:00je vois des mamans toutes seules.
31:03Souvent, ici encore une fois,
31:04de l'immigration.
31:06Ces mamans, elles sont superbes.
31:07Elles sont toutes seules.
31:09Il n'y a pas de papa.
31:11Ils sont peut-être trois, quatre dans la famille.
31:14Dans la rue, livrés à eux-mêmes
31:15avec le stup facilement atteignable.
31:18Ils veulent de l'argent rapidement, facilement.
31:20Ces jeunes, issus de quartiers dits défavorisés,
31:24Franck les côtoie au quotidien.
31:25Et d'après lui,
31:26leurs revendications ne sont pas toujours légitimes.
31:29Starf, voilà comment je mets des sens.
31:30Je donne de l'argent à Blanc, je donne gratuit.
31:34Moi, j'ai affaire à des jeunes aujourd'hui,
31:35là où je travaille.
31:36Ils ont tout.
31:37Ils ont des stades de foot,
31:38ils ont des services de sport dans les jardins,
31:43en libre-service, les piscines.
31:44Ils ont tout.
31:45La mairie de Paris leur donne des tickets
31:47au moment de l'été
31:47pour aller visiter des musées gratuitement.
31:50Enfin, ils ont tout.
31:51Ils n'ont pas à se plaindre.
31:52Ce 17 octobre,
31:54le policier raconte avoir vécu l'enfer.
31:56Insulte.
32:01J'ai le projectile.
32:05Affrontement.
32:09Et à la violence du terrain
32:10s'ajoute le sentiment
32:11d'être systématiquement soupçonné
32:13de violences policières.
32:18Une défiance envers la police
32:19que les discours d'extrême-gauche
32:21alimentent au quotidien.
32:22L'amende d'intervention est filmée,
32:25repostée, enregistrée, en discrétion,
32:28pour attendre la moindre faute du policier.
32:32Écoeuré, ce père de famille
32:34qui touche environ 2000 euros par mois
32:36songe à claquer la porte.
32:38Quand je suis rentré,
32:38j'étais passionné.
32:39Aujourd'hui, je suis dégoûté.
32:41Je cherche une porte de sortie
32:44parce que je ne veux plus travailler
32:46dans ce monde.
32:47En France, je ne veux plus travailler
32:48en tant que policier.
32:49Je me mets en danger pour rien.
32:53Je travaille pour rien.
32:54La seule chose qui me retient aujourd'hui,
32:55c'est mon groupe de copains.
33:02Après ce week-end d'une violence inouïe,
33:04plus de 2500 personnes ont été placées
33:07en garde à vue.
33:08Dès lundi, des dizaines de prévenus
33:10ont été présentés en comparution immédiate.
33:12Une procédure permettant de les juger
33:14rapidement après leur garde à vue.
33:16Mais si la justice a été rapide,
33:18a-t-elle été suffisamment sévère ?
33:20La réponse judiciaire,
33:22est-ce qu'elle a été à la hauteur ?
33:23Est-ce qu'il y a eu assez de sévérité ?
33:26Je n'en suis pas convaincue.
33:28La réponse judiciaire,
33:30c'est malheureusement un schéma
33:32qui se reproduit systématiquement.
33:34À chaque fois qu'il y a des émeutes,
33:37les responsables politiques disent
33:38« il y aura des peines sévères,
33:39on sera intraitable, etc. »
33:41Et à chaque fois, ça recommence.
33:42Donc, il y a un moment,
33:43il faut quand même se poser la question
33:45de comment la justice est rendue.
33:46Il y a peut-être un problème
33:47de système de la justice.
33:48Qu'est-ce qui va se passer ?
33:49Gérald Darmanin,
33:50comme pour les précédentes émeutes,
33:52a dit « on va être intraitable
33:53et les parquets vont requérir
33:54des peines maximales ».
33:56J'ai demandé d'être extrêmement ferme,
33:58impitoyable envers ceux
33:59qui ont attaqué des policiers,
34:00des gendarmes,
34:01des sapeurs-pompiers,
34:02qui ont pillé des commerces
34:03et qui ont attaqué
34:04des bâtiments publics.
34:05Mais ce ne sont pas les parquets
34:07qui jugent,
34:07ce sont les juges.
34:08Et les juges,
34:08ils sont indépendants.
34:10Et ils vont avoir devant eux,
34:11comme à chaque fois,
34:14les émeutiers,
34:14les pilleurs,
34:15les plus amateurs,
34:16ceux qui se sont fait attraper,
34:17souvent ceux qui sont passés
34:18en deuxième ou en troisième vague,
34:20ce ne sont pas les plus professionnels,
34:21pas les plus téméraires.
34:22Ils auront parfois
34:23un petit casier.
34:25Les juges,
34:26ils vont se dire
34:26« je ne vais pas envoyer en prison
34:28quelqu'un qui a volé
34:29trois paires de baskets
34:30et deux switchers
34:31alors que c'est la première fois
34:32de sa vie ».
34:33Et donc,
34:33ils vont ressortir libres
34:34avec une peine de prison
34:35avec sursis.
34:36Et les seuls
34:36qui vont aller en prison,
34:37c'est que vraiment,
34:38ceux-là,
34:39c'est leur huitième ou neuvième fois
34:41qu'ils auront eu affaire
34:41à la justice.
34:43Il faut bien comprendre
34:44que l'immense majorité des pilleurs
34:45ne verront jamais un juge.
34:46Ici, à Nice, par exemple,
34:48sur 22 majeurs
34:49présentés devant le tribunal correctionnel,
34:51seuls trois ont été incarcérés
34:53à l'issue de l'audience.
34:54Les peines prononcées
34:55suscitent également des critiques.
34:57À Rouen,
34:58un livreur tunisien récidiviste
35:00retrouvé avec 16 000 euros de bijoux
35:02après le pillage
35:03d'une boutique de rachat d'or
35:04a écopé de huit mois
35:05de prison ferme
35:06alors que le code pénal
35:08prévoyait jusqu'à 14 ans
35:09pour un tel délit.
35:11Pour Franck,
35:12le policier présent sur le terrain
35:13pendant les émeutes,
35:14certaines décisions
35:15témoignent d'une trop grande
35:17indulgence envers les casseurs.
35:19J'ai l'impression que la justice
35:21souvent est du côté
35:22de ces casseurs.
35:24J'ai pu assister plusieurs fois
35:24à des auditions au tribunal.
35:28Il suffit que le jeune
35:29en fasse peur.
35:30J'ai pas de famille,
35:31je suis en foyer,
35:32machin tout.
35:33Ça change tout.
35:34Pour moi, il y a une idéologie.
35:35Pour moi, la justice,
35:36elle n'est pas avec nous.
35:37Les magistrats s'appuient
35:38sur la loi,
35:39sur l'état du domaine,
35:40aujourd'hui
35:41et sur les faits
35:43qui sont présentés
35:44avec parfois aussi
35:46une vision un peu idéologique
35:47de l'excuse sociale
35:49qui peut atténuer
35:52la gravité des faits.
35:54Vous êtes la bonne victime
35:56ou la mauvaise victime.
35:57Il y a une vision un peu
35:58idéologisée
35:59et puis un droit
36:01qui est sans doute
36:02plus adapté
36:04à la jeunesse
36:05de la délinquance
36:06et au niveau
36:07de la violence
36:08dont elle peut faire preuve.
36:11Cette avocate
36:12qui défend
36:12quatre casseurs
36:13porte un autre regard.
36:15Selon elle,
36:16la prison n'est pas
36:16une réponse adaptée.
36:18Il ne faut pas oublier
36:18qu'on a des prisons
36:19qui font l'objet
36:20de surpopulations carcérales.
36:22et aujourd'hui
36:23on a une réponse pénale
36:24qui est sévère
36:25et ça pourrait être
36:26totalement contre-productif
36:27d'envoyer ces personnes
36:28en détention.
36:29Face à des décisions
36:30qu'il juge trop clémentes,
36:32certains internautes
36:32entendent prendre le relais.
36:34Sur les réseaux sociaux,
36:35un mot d'ordre circule
36:36« Balance ton casseur ».
36:38Le mot « Balance ton casseur »
36:40il vient d'un sentiment
36:40d'injustice tout à fait légitime.
36:42C'est-à-dire qu'il faut bien
36:43comprendre qu'on a
36:44énormément de gens,
36:45beaucoup de commerçants
36:46qui se sont retrouvés
36:48face à des pilleurs
36:49totalement démunis
36:50et qui n'ont rien pu faire.
36:52Et quand ils ont tenté
36:53de résister,
36:54beaucoup d'entre eux
36:55se sont fait molester,
36:56piétiner, agresser.
36:58Et donc c'est tout à fait normal
37:00face à cette, je pense,
37:02ce sentiment d'humiliation
37:03partagé par beaucoup de Français
37:04de se dire
37:05comment on peut reprendre le contrôle.
37:06On ne peut pas compter
37:07sur la police
37:08parce que la police est débordée.
37:09Comment on fait aujourd'hui
37:11pour éviter que ça se reproduise
37:12et pour surtout,
37:14nous en tant que citoyens,
37:15se réapproprier notre pays ?
37:19Mais cette initiative
37:21en inquiète d'autres.
37:22Entre risque d'erreur
37:23et appel à la vengeance,
37:25la recherche des responsables
37:26peut-elle basculer
37:27dans une forme
37:28de justice populaire ?
37:29Ce mouvement est assez inquiétant.
37:32Il en dit long
37:33sur l'état
37:34de la société française.
37:35Ce balance ton casseur
37:37se raconte finalement
37:39une France
37:40où les gens n'ont plus confiance
37:41en l'état
37:42qui est censé protéger
37:43les personnes
37:44et les biens
37:45en une justice
37:47qui est censée punir
37:48ceux qui cassent
37:49et ceux qui pient.
37:51Et donc,
37:51on en arrive
37:53finalement
37:53à essayer
37:54d'être enquêteurs
37:56sur les réseaux sociaux
37:57à la place de la police.
37:59Il y a une vraie rupture
38:01de confiance
38:01et c'est très inquiétant.
38:08Le cauchemar
38:09des émeutes
38:09du 17 octobre
38:10est malheureusement
38:11loin d'être terminé.
38:15Sur les réseaux sociaux,
38:16de nombreux jeunes
38:17ont lancé un appel
38:18au chaos
38:18ce samedi 24 octobre.
38:20Mais pas seulement.
38:21Je crois qu'on aime
38:22tellement la France
38:23qu'on va revenir
38:24samedi 24.
38:25Le samedi 24 octobre,
38:26c'est le début
38:27de la révolution française.
38:28On a des appels
38:29sur les réseaux sociaux
38:30à reproduire
38:31ce qui s'est passé
38:31le week-end
38:32du 17 octobre
38:32le 24 octobre.
38:33Les pilleurs se disent
38:35« Ok, on y retourne.
38:36C'était juste
38:37un entraînement
38:37le 17 octobre.
38:38On va refaire
38:38la même chose en pire.
38:40Et j'allais dire
38:40le bouquet final
38:42ou l'apothéose
38:44de tout ça,
38:45c'est le 31 octobre,
38:46Halloween,
38:47où on sait
38:47que c'est déjà
38:47une soirée
38:48où il y a
38:48des émeutes urbaines
38:49en banlieue.
38:50Mais là,
38:50le risque,
38:50c'est que
38:51tous ces émeutiers
38:52éparpillés
38:52dans les zones
38:54périphériques
38:55convergent vers
38:55le centre
38:55de la capitale
38:56et se disent
38:57« Cette fois-ci,
38:58cette année-là,
38:58comme les autres années,
38:59on va faire
39:00des émeutes,
39:00mais là,
39:01on va tous
39:01se focaliser
39:02sur le centre-ville
39:02et au passage,
39:03on va se servir,
39:04on va les piller. »
39:04Des jeunes des quartiers
39:05populaires de Marseille
39:07envisagent de monter
39:07à la capitale
39:08pour multiplier les dégâts.
39:10Écoutez bien
39:10ce que je vais vous dire.
39:11Le 24 octobre,
39:12les Marseillais
39:13vont venir à Paris.
39:14Le 24,
39:15j'ai entendu
39:15que nous,
39:17Marseille,
39:17on va partir à Paris.
39:20Ils savaient pas
39:21c'est quoi
39:21les ténèbres !
39:22Ça va être une union
39:23de Paris
39:24et de Marseille.
39:25Mitch,
39:26le casseur,
39:26sera assurément présent
39:27pour manifester sa colère,
39:29quitte à participer
39:30à nouveau
39:30à la destruction
39:31de magasins.
39:32C'est des journées
39:32de revendications
39:33qui vont être
39:33beaucoup plus fortes
39:34que la première.
39:35Le but,
39:36c'est d'essayer
39:36d'en faire encore
39:37plus de revendications
39:38et je pense que
39:39tant qu'il n'y aura pas
39:40d'écoute
39:40ou de prise de position
39:41de la part du gouvernement,
39:43ça continuera dans ce sens.
39:43En vrai, le 17,
39:44c'était pas réellement une date,
39:45c'est plus un état d'esprit
39:47le 17 octobre.
39:48C'est le début
39:49du changement,
39:49je dirais.
39:50Tu penses que ça va changer
39:51vraiment ?
39:51C'est intérêt à ce que ça change,
39:53sinon je pense
39:53qu'on court droit
39:54à la catastrophe en réalité.
39:56Lors de cette nouvelle journée noire,
39:58les casseurs et pillards
39:59iront-ils encore plus loin
40:01en s'introduisant
40:02dans les immeubles
40:02comme certains le craignent déjà ?
40:12On a vu des images
40:13dans Paris
40:14d'un immeuble
40:15dans lequel
40:15certains casseurs
40:17ont pénétré
40:18c'est vraiment
40:19la panique
40:21chez les habitants.
40:22Donc,
40:22il ne faut éluder
40:24aucun scénario
40:25et vraiment se préparer
40:26à tout.
40:27Les commerçants,
40:28eux,
40:29se préparent au pire.
40:30À Marseille,
40:31cette gérante de boutique
40:32qui ne se sent plus
40:32vraiment protégée
40:33par l'État
40:34à vous songer
40:35à l'autodéfense.
40:36C'est grave
40:36parce que les gens
40:37vont s'armer maintenant.
40:38Moi,
40:39je peux vous assurer
40:39que les commerçants,
40:41là,
40:41vraiment,
40:42c'est la goutte de trop.
40:43Il va y avoir des drames.
40:45Il va y avoir des drames.
40:47Franck,
40:47le policier,
40:48sera à nouveau sur le terrain.
40:49Il redoute
40:50une escalade de la violence.
40:51Pendant les émeutes,
40:52ils sont capables
40:52d'aller chez les gens.
40:53On appelle ça des VPE,
40:55ils veulent par réfraction.
40:57Comme Jack King,
40:58ils sont capables.
40:59Selon lui,
40:59nous ne sommes qu'au début
41:00d'une situation
41:01sans précédent.
41:02Moi,
41:02je pense que ça va être
41:03comme ça
41:04jusqu'aux élections.
41:06Et alors,
41:06attention aux élections
41:07sur qui va être élu.
41:08Je pense que ça va être
41:09une catastrophe
41:10si c'est le RN
41:11qui est élu.
41:13Parce que
41:13l'extrême-gauche
41:15déteste le RN
41:16forcément
41:17et déteste
41:18les résultats
41:18par les jambes.
41:20Alors,
41:20combien de temps encore
41:21les Français devront-ils
41:22supporter
41:23ces scènes de violence
41:24et de pillage ?
41:25Et quelle réponse
41:25apporter à ceux
41:26qui saccagent
41:27leur commerce
41:28et leur quartier
41:28avec le sentiment
41:29de pouvoir agir
41:30en toute impunité ?
41:31On dit
41:32qu'il faut que la peur
41:33change de camp
41:34quand on parle
41:35des violences faites
41:35aux femmes.
41:37Là aussi,
41:37il faut que la peur
41:38change de camp.
41:38Et aujourd'hui,
41:40les casseurs,
41:41les pilleurs,
41:43les black blocs
41:44n'ont pas peur.
41:46Et c'est les Français
41:47qui ont peur.
41:47Et il faut que cette peur
41:48change de camp.
41:49Et donc,
41:50il faut que la réplique
41:50soit à la hauteur.
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