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  • il y a 38 minutes
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?

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Transcription
00:02BFM Business avec la Tribune et Air et Cosmos présente
00:09Air et Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:13Jean-François Fallaché, bonjour.
00:15Bonjour Jean-Baptiste.
00:16Vous êtes le directeur général de Telsat, merci beaucoup d'être avec nous.
00:20Vous étiez venu nous voir il y a 8 mois dans cette émission Air et Défense,
00:22il s'est passé beaucoup de choses depuis, on va en parler.
00:24A mes côtés, comme chaque semaine, Michel Cabirol,
00:27le rédacteur en chef à la Tribune en charge de l'aérospatiale, de la Défense et du Transport.
00:30Bonjour Michel.
00:31Bonjour Jean-Baptiste, et j'étais là il y a 8 mois.
00:33Et vous étiez là il y a 8 mois, et vous serez encore là dans 8 mois.
00:37Jean-François Fallaché, Iris Carré, on va commencer avec Iris Carré
00:40parce qu'il s'est quand même passé beaucoup de choses depuis 8 mois,
00:43et notamment cet été, la fameuse constellation européenne
00:46qui est en cours d'élaboration, qu'on doit voir arriver dans quelques années
00:50avec plus de 348 satellites en orbite.
00:53Étape importante franchie cet été,
00:55avec la signature de plusieurs grands contrats industriels,
00:59quasiment 16 milliards d'euros ont été mis sur la table.
01:01Est-ce que le programme est vraiment parti ?
01:03Est-ce qu'il reste encore des choses aujourd'hui à contractualiser ?
01:06Alors, effectivement, cet été on a passé une étape importante
01:10puisque jusque-là, nous travaillions avec la Commission européenne,
01:14avec l'ESA, avec deux autres opérateurs satellitaires européens
01:19que sont la société SES Luxembourgeoise et ISPASAT, nos collègues espagnols.
01:24Nous travaillons tous ensemble à faire le design, à préparer cette constellation,
01:28et aussi avec les industriels européens.
01:31Ça a été une phase importante parce que sur un programme d'une telle ampleur,
01:35il faut savoir ce qu'on veut réaliser et les services qu'on veut offrir.
01:38Et cet été, on a passé une étape décisive
01:41puisqu'effectivement, on a signé un accord
01:45pour bâtir cette constellation européenne, Iris Carré,
01:50et on a signé un accord d'un côté avec la Commission européenne et l'ESA
01:56en tant qu'investisseurs,
01:58parce que nous aussi, EUTELSAT, on va investir dans cette constellation.
02:02Donc nous, on va investir plus de 3 milliards d'euros dans cette constellation.
02:06Et d'un autre côté, on a signé des contrats pour bâtir ces satellites
02:11qui vont constituer cette constellation avec des entreprises européennes.
02:16Donc pour les plus importantes d'entre elles, il s'agit d'Airbus,
02:21il s'agit de Thales Alenia Space, d'une société belge qui s'appelle Aerospace Lab.
02:27Qui était avec eux il y a quelques semaines.
02:29Voilà, et de l'allemand OHB.
02:31Voilà, donc on a signé les contrats visant à construire ces satellites
02:35et construire ce qu'on appelle dans le jargon les payloads.
02:38C'est-à-dire, le satellite c'est un peu le véhicule
02:40qui permet de porter une charge utile
02:45qui elle-même va rendre le service de communication très haut débit.
02:48Donc étape très importante pour un projet qui, vous l'avez dit,
02:51est un projet majeur.
02:53Donc Iris Carré, ça va viser à faire la constellation souveraine européenne
02:57avec les premiers satellites qui vont être lancés en 2029-2030.
03:02Et ça va être une constellation duale
03:04qui va être à la fois servir les États
03:08et aussi des objectifs commerciaux.
03:11C'est la raison pour laquelle nous on investit ces 3 milliards E-Telsat.
03:15Et cette constellation, elle sera pleinement opérationnelle
03:20pour nous sur le sujet commercial en 2032.
03:23Donc au passage, on a aussi, en même temps qu'on a signé cet été cet accord-là,
03:28on a signé aussi la commande de 229 satellites supplémentaires
03:34chez Airbus pour notre constellation actuelle OneWeb.
03:36Parce que nous ne l'oublions pas, aujourd'hui on a la constellation européenne
03:41qui vole, qui rend des services, qui s'appelle OneWeb.
03:44Qui fonctionne.
03:45Et qui fonctionne.
03:46Et donc on l'a étendue de façon à ce qu'on puisse,
03:50le moment venu, à partir de 2032,
03:53migrer notre base client OneWeb vers cette constellation Iris Carré
03:57qui donc va commencer à être très concrète début 2029-2030
04:02et qui deviendra pour nous, sur la partie commerciale,
04:06opérationnelle dès mi-2032.
04:08Est-ce que vous considérez qu'il y a encore une incertitude
04:12sur le financement de la constellation Iris Carré
04:14puisque le cadre financier 2028-2034 de la Commission
04:19n'est pas encore voté ?
04:22Est-ce que vous considérez que cette incertitude est majeure ou mineure ?
04:27Alors, c'est un projet qui a démarré Iris Carré
04:30dans cette phase de design et de ce qu'on appelle de dérisking
04:36qui a démarré il y a deux ans,
04:38qui va durer jusqu'en 2022-2033.
04:41Donc, en fait, elle se trouve effectivement ce projet à cheval
04:44sur deux phases budgétaires de la Commission européenne.
04:48Donc, on a engagé d'ores et déjà, vous l'avez dit,
04:50on a signé les contrats, on a engagé ces contrats
04:53avec les fonds qui sont aujourd'hui disponibles
04:56et en 2028, on va passer dans une autre phase budgétaire.
05:01Effectivement, techniquement, il y a une incertitude
05:03que je considère mineure parce que c'est une constellation
05:06qui est souveraine dans le contexte géopolitique
05:09dans laquelle on se trouve, elle me paraît absolument critique
05:12pour l'Europe.
05:13Et voilà, on n'a pas beaucoup de doutes que les budgérés
05:17seront débloqués dans le cadre de cette deuxième phase budgétaire européenne.
05:22Sur la constellation Iris Carré, on a l'impression qu'elle peut grossir encore
05:28parce qu'il y a des pays qui sont intéressés, comme la Hongrie,
05:31comme la Pologne, qui ont déjà promis de l'argent en plus.
05:35Et on a aussi, en tout cas, la Commission négocie aussi avec l'Espagne
05:40sur sa future constellation.
05:41Est-ce qu'elle sera interopérable avec Iris Carré ou pas ?
05:44C'est des dossiers que vous regardez aussi, vous, dans le cadre de SpaceRise ?
05:50Oui, alors tout à fait.
05:51Alors, ce qu'on a démarré là, c'est une constellation qui, comme je le disais,
05:56va être financée par la Commission européenne.
05:58Or, les budgets de la Commission européenne viennent des pays européens,
06:01de l'ensemble des pays européens, au prorata de différentes choses,
06:07mais c'est financé par la Commission.
06:08Certains pays, et notamment on a signé avec la Pologne il y a l'été,
06:13un accord, souhaitent investir plus dans cette constellation.
06:18Et donc, il y a des discussions en cours avec ces pays
06:21pour voir à quoi ces investissements supplémentaires pourraient correspondre.
06:24Donc, effectivement, ça peut être de l'extension du nombre de satellites.
06:28Alors, on part aujourd'hui dans Iris Carré avec un premier nombre de 66 satellites
06:34qui vont avoir des charges utiles gouvernementales, et seulement gouvernementales.
06:39Et ensuite, une constellation qui sera complétée par 264 satellites supplémentaires
06:46qui seront à la fois, qui seront duos, qui seront commerciaux et gouvernementaux.
06:51Et effectivement, on peut avoir plus de satellites dans le futur.
06:55On peut avoir aussi, alors c'est une constellation qui va être,
06:57je vais rentrer un peu dans certains détails, qui va être inclinée,
07:00c'est-à-dire qu'elle ne va pas être polaire, c'est-à-dire que les satellites passent plutôt
07:05sur des zones peuplées, ne vont pas forcément bien couvrir l'Arctique au départ.
07:10Donc, il peut y avoir aussi des satellites polaires pour compléter ça
07:12et avoir une connectivité arctique.
07:15Et ça, typiquement, c'est des financements qui peuvent être apportés
07:18par des pays qui seront intéressés à ce service-là.
07:21Une petite précision technique, on va voir effectivement une constellation
07:24avec 348 satellites qui vont être fabriqués par différents constructeurs.
07:28On a le belge Aerospace Lab, on a Airbus, enfin on a des plateformes de travail
07:32qui sont très différentes.
07:34Comment ça va se passer en termes d'interopérabilité dans le ciel, dans l'espace en l'occurrence ?
07:38Alors, c'est une très bonne question.
07:40Alors, c'est une constellation qu'il faut bien comprendre
07:42qui va être vraiment de nouvelles générations
07:47par rapport à ce qu'on a aujourd'hui, qui est OneWeb, qui vole et qui fonctionne,
07:51dans la mesure où elle va être à la fois basse orbite, Léo,
07:55et elle va être aussi moyenne orbite.
07:57C'est-à-dire qu'on va avoir des satellites qui vont voler à 1200 kilomètres
08:01pour la basse orbite, et une couche de satellites qui vont voler à 8000 kilomètres,
08:06un peu plus haut, et qui vont pouvoir eux-mêmes délivrer des services,
08:09mais aussi servir de backbone à cette couche Léo.
08:12Donc ça, c'est une grande nouveauté.
08:14La constellation, donc, couche, ce qu'on appelle moyenne orbite à 8000 kilomètres,
08:19elle va être construite par OHB et SES.
08:22SES, qui est notre partenaire dans SpaceRise, opérateur satellitaire luxembourgeois.
08:28La couche Léo, en fait, les 66 premiers satellites vont être construits par Airbus
08:33avec une charge utile qui sera faite par Thales Alenia Space,
08:38et les 264, les satellites seront créés par Aerospace Lab,
08:42et la charge utile sera faite, là aussi, par Thales Alenia Space.
08:46Donc le service lui-même est rendu par la charge utile.
08:51Les satellites, je le redis, c'est le véhicule.
08:54C'est-à-dire, c'est le véhicule qui porte les charges utiles,
08:58qui dispose des panneaux solaires,
09:00qui dispose de la capacité à fournir de la puissance.
09:04Peu importe le moteur, en fait.
09:05En fait, si vous voulez, si on prend une analogie avec, par exemple,
09:08des fautes de camions, vous avez le camion, c'est le satellite,
09:12c'est un peu trivial ce que je veux dire,
09:13parce que la technologie est quand même beaucoup plus avancée,
09:14mais le conteneur, c'est finalement la charge utile,
09:17et vous pouvez avoir ce que vous voulez dans ce conteneur.
09:19Ça peut faire des communications très haut débit,
09:21ça peut faire de l'observation,
09:23ça peut faire du direct-to-device pour discuter avec nos mobiles.
09:27Donc c'est ça, l'analogie.
09:29Donc les satellites, les 66 premiers faits par Airbus,
09:33les 264 par Aerospace Lab.
09:35Par contre, la charge utile elle-même est faite par Thales Alina Space,
09:38ce qui explique en fait que ça va être homogène.
09:41Deux petites précisions sur Iris Square.
09:45Est-ce que vous avez, vous, confiance en cette start-up
09:48qui a déboulé, pas de nulle part,
09:51mais en tout cas qui a déboulé sur la constellation Aerospace Lab ?
09:55Est-ce que vous avez confiance dans le fait qu'elle va pouvoir
09:59techniquement, technologiquement et industriellement
10:01fournir tous ces satellites ?
10:03Ça, c'était la petite première précision.
10:05Deuxième précision, vous avez évoqué le fait que SES
10:08va faire la charge utile des satellites de moyenne orbite.
10:13Est-ce que c'est un modèle industriel qui vous intéresse, vous, Eutelsat ?
10:18Alors, peut-être pour aller directement sur votre deuxième remarque.
10:23Effectivement, SES a décidé de se lancer
10:26dans la construction de charges utiles.
10:30Donc, c'est le modèle que l'on voit aujourd'hui
10:33chez nos concurrents américains,
10:35que ce soit SpaceX, Starlink, Amazon.
10:39SES a décidé de construire eux-mêmes,
10:42et ils ne l'ont pas décidé là à l'instant.
10:44Ils avaient préparé ça depuis quelques années.
10:48C'est un autre métier, ce n'est pas le métier d'opérateur de satellites.
10:51Ce n'est pas le choix qu'on a fait, nous, Eutelsat.
10:53On a fait le choix de rester dans nos métiers,
10:55de s'appuyer sur des industriels.
10:57Alors, quant à Aerospace Lab,
10:59comment cette période-là, qui vient de se dérouler
11:01avant la fameuse signature du mois d'août, s'est passée ?
11:05On a fait des designs, on a fait des cahiers des charges,
11:07et puis on a, bien sûr, travaillé avec les industriels.
11:10Ça a été un appel d'offres, en fait.
11:12Et cet appel d'offres, il a abouti,
11:14pour la partie satellitaire des 264 au choix d'Aerospace Lab.
11:19Donc, il y a eu une compétition,
11:20il y a eu des offres qui ont été faites
11:22par chacune de ces entreprises.
11:25Et il est vrai qu'on a choisi, là,
11:27de faire croître aussi,
11:29et ça, c'était un choix commun du Consortium Space Rise
11:32et de la Commission européenne.
11:34On a fait le choix d'un acteur
11:37qui n'est pas complètement nouveau.
11:39Aerospace Lab, c'est quand même 500 personnes,
11:41c'est une entreprise qui fait plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires,
11:43à qui on a décidé de confier,
11:45parce qu'ils avaient des designs beaucoup plus agressifs,
11:47ils avaient des designs beaucoup plus en avance.
11:52Et donc, oui, c'est un risque,
11:54mais voilà, on a quand même des concurrents qui sont formidables,
11:56et il faut qu'on prenne des risques si on veut,
11:58et c'est ce qu'on souhaite à travers les risques carrés,
12:01être à la hauteur de ce qu'on voit arriver
12:03chez nos amis américains,
12:05et aussi avec les constellations chinoises
12:08qui sont à nos portes.
12:09Est-ce qu'ils sont moins chers aussi ?
12:11Alors, il y a aussi, vous avez raison de le dire,
12:13il y a bien sûr l'aspect économique qui a pesé aussi,
12:16parce que, in fine, nous, dans la partie commerciale,
12:20Telsat, on se doit et on veut avoir la capacité,
12:23bien sûr, de vendre des services de broadband
12:26qui soient commercialement dans les prix du marché.
12:29Et je le redis, cette constellation Iris Carré,
12:32parce que parfois on l'oublie,
12:33c'est une constellation basse et moyenne orbite,
12:35elle vole, elle va rendre des services partout sur la planète,
12:39et pas seulement en Europe.
12:41Donc, nous, les opérateurs commerciaux
12:43qui sommes réunis au sein du consortium SpaceRise,
12:46on va, bien entendu, commercialiser cette capacité
12:49partout sur la planète,
12:50comme on le fait aujourd'hui avec OneWeb.
12:53Il faut qu'on parle du direct-to-device.
12:54Vous l'avez évoqué, d'ailleurs, il y a quelques instants,
12:56la connexion directe des téléphones portables aux satellites.
12:59D'ailleurs, le chef de l'État avait souhaité,
13:00à l'occasion du Space Forum,
13:02une alliance européenne autour du direct-to-device.
13:04On a eu cette semaine, d'ailleurs, un partenariat entre Orange,
13:07entre Deutsche Telekom, entre Telefonica et Vodafone,
13:10pour une initiative, on va dire, autour du direct-to-device.
13:13Comment vous vous placez, vous, Telsat,
13:15sur ce dossier spécifique,
13:17en termes de relais de croissance, en termes d'avenir,
13:19en termes de... Comment vous regardez ça ?
13:20Alors, le direct-to-device, effectivement,
13:22c'est la possibilité d'avoir accès, finalement,
13:25à de la connectivité,
13:26à de la connectivité à travers, non plus,
13:28les réseaux mobiles terrestres,
13:30mais à travers les réseaux satellitaires
13:32et les constellations satellitaires.
13:34C'est un nouveau champ qui s'ouvre.
13:37Notre constellation actuelle, OneWeb,
13:39elle fournit des services broadband
13:41avec des antennes plates,
13:43partout sur la planète,
13:44mais elle ne délivre pas ce service.
13:46Donc, nous, on considère qu'on est quand même
13:48très bien placés pour aller dans le direct-to-device,
13:51puisqu'on est, aujourd'hui,
13:53vous avez deux constellations dans le monde
13:55qui fonctionnent,
13:57celle de Starlink et la nôtre.
13:59Donc, on considère qu'on est quand même
14:00très bien placés pour aller sur ce segment-là.
14:03Donc, on travaille avec un certain nombre
14:04de partenaires pour arriver à l'heure
14:08lorsque ces services-là devront être développés.
14:11Voilà.
14:12Et il y a une initiative des opérateurs européens
14:17pour, effectivement,
14:18on l'a vu la semaine passée,
14:21participer à l'appel d'offres qui aura lieu en 2027
14:25sur les fréquences européennes,
14:26puisque l'Europe va remettre au pot
14:28des fréquences qui sont, aujourd'hui,
14:30utilisées par deux acteurs américains
14:32que sont Starlink et Viasat,
14:35de notre côté.
14:35Juste très concrètement,
14:37alors, le nerf de la guerre,
14:38ce sont les fréquences, évidemment,
14:40mais pour vous, opérateur de OneWeb,
14:44technologiquement,
14:44c'est quelque chose de plutôt simple
14:45à mettre en œuvre ?
14:46Alors, c'est une constellation nouvelle à bâtir.
14:50Ce n'est pas simple technologiquement,
14:52comme vous en doutez.
14:55Pourquoi ce n'est pas simple ?
14:56Parce que donner accès broadband
15:00à des antennes qui font, on va dire,
15:0450 cm par 30 cm, c'est une chose.
15:06Un téléphone portable,
15:07ça émet à beaucoup moins de puissance.
15:09Donc, il faut avoir des satellites
15:10qui soient capables d'émettre
15:11avec plus de puissance
15:12pour ces téléphones portables
15:13et qui soient capables d'écouter
15:15avec des oreilles beaucoup plus grandes
15:16pour que les signaux passent.
15:18Donc, c'est une technologie
15:19qui n'est pas simple
15:20et c'est une technologie
15:21qui est vraiment à la pointe
15:22et qui va nécessiter
15:23des investissements supplémentaires.
15:25Et donc, c'est ce modèle-là
15:27qu'on est en train de bâtir
15:28et auquel on travaille
15:29avec des partenaires
15:30pour pouvoir se positionner
15:32avec une solution, là encore,
15:34souveraine et européenne.
15:36Est-ce que pourriez-vous,
15:37Telsat, ou même dans le cas de SpaceRise,
15:39opérer cette constellation ou pas ?
15:41Alors, c'est effectivement le modèle
15:43sur lequel on travaille aujourd'hui
15:45puisque notre savoir-faire aujourd'hui,
15:47il est bien d'opérer
15:48une constellation basse-orbite.
15:49On opère une constellation
15:50de 650 satellites basse-orbite
15:52avec OneWeb.
15:53Aujourd'hui, elle fonctionne.
15:55On a fait des investissements
15:56qu'on avait annoncés il y a un an
15:58et qu'on a annoncés encore cet été.
16:00À l'horizon 2030,
16:01on aura 1300 satellites OneWeb
16:03qui vont orbiter.
16:05Et puis, on a surtout une demande
16:07et un business qui est en forte croissance
16:09avec OneWeb.
16:10OneWeb, c'est,
16:11à la fin de l'année fiscale précédente
16:12de Telsat,
16:1325% de notre chiffre d'affaires.
16:15C'est un chiffre d'affaires
16:17qui est en croissance de 70%
16:19si on se compare à l'année 2025.
16:22Donc, voilà,
16:22c'est une réalité.
16:24Ce sont des services
16:25qu'on fournit,
16:26et je le redis encore,
16:27qu'on ne vend pas seulement en Europe,
16:29qu'on vend aux États-Unis,
16:30qu'on vend sur tous les continents
16:31et aussi sur les océans
16:33et dans les airs,
16:33puisqu'on équipe des avions,
16:34on équipe des bateaux
16:35avec des antennes OneWeb
16:37pour fournir de broadband
16:38partout sur la planète.
16:39Et ça, c'est aujourd'hui.
16:40Et sur OneWeb,
16:41vous restez définitivement,
16:42peut-être pas,
16:43mais pour l'instant,
16:43sur les institutionnels,
16:45sur les entreprises
16:46et pas sur le grand public.
16:47Exactement.
16:48Justement,
16:49sur OneWeb,
16:50est-ce que vous disposez encore
16:51de capacités inutilisées ou pas ?
16:54Alors, sur OneWeb,
16:55vous avez raison de le dire,
16:56le sujet de ces constellations,
16:58c'est la capacité,
17:00comme d'ailleurs
17:01beaucoup des réseaux
17:01de télécommunication,
17:02comme les réseaux mobiles.
17:04Donc,
17:05la capacité aujourd'hui
17:06de OneWeb
17:08est suffisante
17:09pour qu'on puisse tenir
17:10notre croissance
17:11jusqu'en 2030-2032.
17:13C'est la raison pour laquelle
17:14on a commandé
17:14des satellites supplémentaires
17:16pour aller jusqu'en 2032,
17:18date à laquelle
17:18on va avoir
17:20ce qu'on appelle maintenant
17:21OneWeb Next,
17:22qui est la prochaine version
17:24de OneWeb,
17:25qui sera portée
17:26par Iris Carré
17:27et qui, elle,
17:27nous permettra
17:28de doubler,
17:28triper la capacité
17:29qu'on aura à ce moment-là
17:30pour continuer la croissance
17:32parce qu'on pense
17:33que la demande
17:33va continuer à augmenter
17:34dans ce domaine-là,
17:36finalement,
17:38de la connectivité
17:39très haut débit,
17:40finalement,
17:41là où les réseaux classiques
17:42de télécom ne vont pas.
17:43Aujourd'hui,
17:44est-ce que vous pensez
17:45que l'arrivée,
17:46en tout cas,
17:46le chiffre d'affaires
17:47de OneWeb
17:48compense l'érosion
17:49de vos activités
17:50historiques ou pas ?
17:51Alors,
17:51c'est effectivement
17:52exactement ce qui est
17:53en train de se produire
17:55parce que,
17:55si vous regardez
17:56les deux dernières années,
17:57finalement,
17:57le chiffre d'affaires
17:59de Telsat
18:00est resté stable
18:01en légère croissance
18:03alors que notre business
18:05historique
18:06qui, en fait,
18:07est de la diffusion vidéo
18:09par des satellites
18:09géostationnaires
18:10ou de la connectivité
18:11avec des satellites
18:12géostationnaires,
18:13lui,
18:13est en décroissance.
18:15On en avait parlé
18:16il y a huit mois.
18:17On regarde de moins en moins
18:19la télé avec la parabole,
18:20mais beaucoup plus
18:21avec les mobiles
18:22et puis la fibre
18:23dans nos géographies.
18:24On a la chance
18:24d'avoir des satellites
18:26géostationnaires
18:26sur beaucoup de géographies,
18:28notamment le Golfe,
18:29l'Afrique,
18:29l'Amérique du Sud,
18:30où là,
18:31on n'a pas encore
18:32cette décroissance
18:32qui se matérialise,
18:33mais globalement,
18:34ça va se passer.
18:35Et donc,
18:36en fait,
18:36la croissance de OneWeb
18:38compense effectivement
18:39la décroissance
18:40de notre business
18:41géostationnaire
18:42et ça va s'accélérer
18:43dans la mesure
18:44où on a prévu
18:44de la croissance
18:45de chiffre d'affaires.
18:46On aura un chiffre d'affaires
18:48chez Telsat OneWeb
18:49qui sera entre 1,5
18:51et 1,7 milliards d'euros
18:52en 2027,
18:54lié, en fait,
18:55à la croissance
18:56de cette constellation
18:57OneWeb basse orbite.
18:59On parle de OneWeb,
19:00Jean-François Fallaché,
19:02disons-le clairement,
19:03est-ce qu'on va vous voir
19:04arriver en Ukraine,
19:05remplacer Starlink
19:06dans les mois
19:07qui viennent,
19:07par exemple ?
19:08Alors,
19:08vous n'allez pas nous voir
19:09arriver en Ukraine
19:10puisqu'on est déjà en Ukraine.
19:11Sur les drones.
19:12On est déjà en Ukraine.
19:15Notre constellation
19:19fonctionne en Ukraine aujourd'hui.
19:21C'est une géographie
19:23importante pour nous.
19:26C'est une des géographies
19:27où OneWeb est le plus utilisé.
19:30Et donc,
19:30effectivement,
19:31quand vous lisez
19:31ce qui s'est passé
19:32dans les semaines précédentes,
19:34ça ne va,
19:34on pense,
19:34que continuer.
19:35Et on peut vous voir
19:37adapté sur des drones
19:38comme c'est le cas
19:38aujourd'hui avec Starlink ?
19:39Alors,
19:40écoutez,
19:40nous,
19:40on est une entreprise
19:41qui vend des services
19:43du haut,
19:44c'est des services
19:44de communication au débit.
19:46On n'a pas
19:47une vocation
19:48strictement militaire,
19:51mais,
19:52effectivement,
19:52on peut voir
19:53nos antennes
19:55utilisées
19:55sur différents objets,
19:58entre autres,
19:58des drones.
19:59Justement,
20:00on aborde
20:00ce domaine
20:01de la souveraineté.
20:02Que peut garantir
20:04au Telsat
20:04un gouvernement
20:05européen
20:06qu'un opérateur
20:07US
20:08ne peut pas lui garantir,
20:09grosso modo ?
20:10Écoutez,
20:11je crois que,
20:12tout d'abord,
20:13on a chez Telsat
20:15une gouvernance
20:15assez classique.
20:17En tant que directeur général,
20:19j'ai un conseil d'administration.
20:20Ce conseil d'administration
20:21définit la stratégie
20:22et l'ordre de décisions
20:23très importantes
20:24valide,
20:25bien sûr,
20:26les décisions
20:26que la direction générale
20:27veut prendre.
20:28Donc,
20:29typiquement,
20:29si un jour,
20:30on voulait décider
20:32de couper un pays
20:34ou de ne plus offrir
20:35les services sur un pays,
20:36ce n'est pas une décision
20:37seule du directeur général.
20:38C'est une décision
20:40de notre conseil d'administration
20:42avec une gouvernance
20:43classique
20:44qu'on trouve en Europe.
20:46Vous savez qu'on a
20:47deux États
20:47au capital de Telsat,
20:49l'État français,
20:50l'État anglais,
20:52des actionnaires puissants,
20:53le groupe Parti indien,
20:56le groupe CMACGM,
20:58donc ça,
20:59c'est une première protection.
21:01Et la deuxième chose,
21:02c'est que OneWeb
21:03est la propriété
21:05d'une société européenne,
21:07E-Telsat,
21:08et nos satellites
21:10sont opérés ici,
21:13en Europe,
21:14sur le sol européen.
21:14Voilà,
21:15donc on est
21:15une entreprise souveraine.
21:18En cas de décision
21:19qui viendrait
21:20d'une entreprise
21:21soit américaine,
21:22soit chinoise,
21:24de ne plus fournir
21:26les services en Europe,
21:27on a une constellation
21:29aujourd'hui
21:29qui fonctionne.
21:30Et qui fonctionne,
21:32je le redis encore une fois,
21:32pas seulement sur l'Europe,
21:33qui est capable
21:34de délivrer des services
21:35de broadband très haut des vis
21:36sur l'ensemble de la planète
21:37avec des antennes plates
21:39qui sont des antennes
21:40qui peuvent être adaptées
21:41à soit de la mobilité aérienne,
21:45de la mobilité terrestre.
21:46On a fait beaucoup de tests
21:47ces derniers,
21:48depuis qu'on ne s'est pas vus
21:49sur des trains,
21:50par exemple aussi.
21:51Et puis,
21:51on a des solutions
21:52aussi plus adaptées
21:53à des usages militaires,
21:55notamment notre dernière antenne
21:56s'appelle le MANPAC.
21:58Elle se met dans un sac à dos
21:59et elle permet
22:03d'ailleurs pas que
22:04des forces militaires,
22:05à des forces de secourisme,
22:08par exemple,
22:09d'avoir de la connectivité
22:10très vite en tous lieux
22:13et en particulier
22:14quand, encore une fois,
22:15les réseaux classiques
22:15télécom ne fonctionnent pas.
22:17Un mot sur GovSatCom.
22:19Est-ce qu'on pourrait vous voir
22:21prendre une place
22:22dans les années qui viennent
22:23au sein de GovSatCom,
22:24en tout cas redistribuer
22:25des capacités aux États ?
22:26Il y a déjà eu des contrats
22:28signés avec la Déjà,
22:29notamment Centor,
22:29je crois.
22:31Oui, alors bien sûr,
22:32on a d'ores et déjà
22:33une place dans le GovSatCom.
22:34Alors, GovSatCom,
22:35pour vos téléspectateurs,
22:35c'est une initiative européenne
22:38qui vise à acheter
22:39de la capacité en gros
22:41pour pouvoir la redistribuer
22:42aux États membres.
22:43Donc, on a aujourd'hui
22:45des capacités géostationnaires
22:46dans le GovSatCom
22:47et on est en discussion
22:48pour qu'en fait,
22:49OneWeb fasse partie
22:51de ces capacités
22:53préachetées d'une certaine façon
22:54par la Commission européenne
22:55et à l'usage
22:57des gouvernements européens.
22:58À quel horizon ?
22:59Alors, c'est en cours.
23:00C'est en cours ?
23:01On espère plutôt plus vite.
23:03D'accord, mais vous pensez
23:03qu'en 2027,
23:04ça sera possible ?
23:06On l'espère.
23:07En tout cas,
23:07on est activement
23:08en train de travailler.
23:08D'accord, mais sur des services
23:10commerciaux, évidemment.
23:11Ah, je parle de GovSatCom ?
23:13Oui.
23:14Oui, d'accord.
23:15Justement, vous avez évoqué
23:18le marché des militaires.
23:20Est-ce que, finalement,
23:22vous avez l'impression
23:23que les ministères des armées
23:25différents vous achètent
23:27suffisamment de services
23:29ou de données satellitaires ?
23:31Aujourd'hui, on a l'impression
23:32que c'est un marché
23:34qui est un peu plan-plan,
23:35si j'ose dire.
23:36Alors, on est très, très actifs
23:39sur ce marché-là.
23:40On a signé un contrat
23:41très important
23:42avec la Direction Générale
23:43de l'Armement
23:47qui utilise déjà
23:49et qui va pouvoir utiliser
23:50plus encore
23:52les services de OneWeb.
23:54Donc ça, c'est un gros contrat
23:57qu'on a signé
23:58qui s'appelle Nexus
23:59de 1 milliard d'euros
24:02sur une période de 10 ans.
24:03On en avait parlé
24:04lorsqu'on s'était vus
24:05il y a 8 mois.
24:07Donc on voit
24:07nos antennes
24:08de plus en plus utilisées
24:09par l'armée française.
24:12Et on est en discussion
24:13avec beaucoup de gouvernements.
24:15Bien sûr,
24:16vous savez,
24:18les Anglais sont nos actionnaires,
24:20donc pas mal de discussions
24:21avec les militaires anglais,
24:22mais aussi avec d'autres
24:24pays européens.
24:25Je ne vais pas tous les citer,
24:26mais on a des discussions
24:28actives avec
24:29une bonne dizaine
24:30de pays européens
24:31pour qu'ils utilisent
24:33de façon un peu plus massive,
24:35on va dire,
24:35les services OneWeb
24:36dans leurs pays respectifs.
24:38Et vous pensez
24:38que ça va déboucher ?
24:39Ce n'est pas que l'on prend,
24:40c'est qu'on est d'ores et déjà utilisé
24:43et donc on est en train
24:44d'accélérer avec ces pays-là.
24:45D'accord.
24:46Juste une dernière question
24:47pour moi,
24:47je sais que Michel
24:48dans un et d'autres,
24:48parce qu'on arrive vraiment au bout.
24:49La question fondamentale,
24:50les lancements,
24:51les lanceurs.
24:53On a SpaceX
24:54qui semble fermer le robinet
24:56pour changer de génération de fusée.
24:58Falcon, c'est terminé,
25:00place à Starship.
25:01On a les capacités européennes
25:02qu'on connaît.
25:03On a parlé d'une nouvelle constellation
25:04possible dans l'avenir
25:05pour le Direct-to-Device.
25:06Il y a le renouvellement,
25:08la modernisation de OneWeb.
25:09Vous allez avoir besoin
25:10de capacités de lancement
25:11très importantes
25:12dans les années qui viennent.
25:14Comment vous regardez ?
25:15C'est toujours cette question
25:16qui reste absolument cruciale
25:18pour vous.
25:18C'est une question
25:19qui est effectivement cruciale.
25:21C'est public maintenant.
25:23Donc, effectivement,
25:24SpaceX a décidé
25:26d'arrêter Falcon
25:29à horizon 28-29
25:31et de réserver
25:32ses nouvelles capacités
25:33pour le gouvernement américain
25:36et pour leurs propres besoins.
25:38D'où l'importance
25:40d'avoir la capacité
25:41en Europe
25:42et d'ailleurs
25:42dans d'autres pays du monde
25:43d'avoir des lanceurs
25:44souverains, là aussi.
25:45Donc, on a Ariane
25:47qui fonctionne,
25:48comme vous l'avez vu,
25:49extrêmement bien.
25:50Donc, clairement,
25:51nous, on pousse énormément
25:54pour que les capacités
25:55d'Ariane augmentent
25:56et que les fréquences
25:58de lancement d'Ariane
25:58puissent augmenter.
26:00C'est des investissements
26:01colossaux pour Ariane
26:03et les pays européens,
26:03mais je pense que c'est
26:04absolument critique.
26:05Et puis aussi,
26:05vous avez aussi beaucoup
26:07de nouvelles entreprises
26:09qui ont des projets
26:10de lanceurs
26:10en France,
26:11en Allemagne,
26:12en Europe,
26:13dans d'autres pays
26:13qu'on pousse là aussi
26:14beaucoup.
26:15Alors, nous,
26:15on les aide
26:16comme on peut les aider
26:17Telsat,
26:18c'est-à-dire en signant
26:18des contrats de lancement
26:19avec eux.
26:20On a signé un contrat
26:20très important
26:21avec Maya,
26:22Maya qui est
26:24l'un des petits moyens
26:27lanceurs européens
26:28en cours de constitution
26:29avec aussi la volonté
26:30de faire des fusées
26:31réutilisables.
26:33Donc, on a signé
26:34un contrat important
26:35avec eux
26:35pour les aider
26:36dans leur développement
26:37et vous en avez d'autres.
26:39Vous avez la société
26:40RFA en Allemagne,
26:41ISAR en Allemagne,
26:42PSD Space en Espagne
26:44et en discussion
26:45avec tous ces acteurs-là.
26:46Puis aussi,
26:47vous avez d'autres acteurs.
26:48Vous avez des acteurs
26:48qui sont capables
26:50de lancer en Inde,
26:51au Japon.
26:52Donc, on discute
26:53avec, d'une certaine façon,
26:55toute la planète
26:55pour assurer, bien entendu,
26:57les lancements futurs
26:58dont on va avoir besoin
27:00pour lancer
27:01les satellites supplémentaires,
27:02les 669 satellites supplémentaires
27:05OneWeb.
27:06Et puis, bien sûr,
27:08la constellation Iris Carré
27:10où les lancements
27:11vont commencer là en 2029
27:12et ça ne vous surprendra pas,
27:14ça sera principalement
27:14avec Ariane.
27:16Eh bien, c'était le mot de la fin.
27:17Un grand merci à vous,
27:19Jean-François Fallaché,
27:19d'avoir été avec nous.
27:21J'en profite pour vous dire
27:22que la semaine prochaine,
27:22Michel, on recevra
27:23le délégué général
27:24pour l'armement,
27:26M. Payou,
27:27qui sera avec nous.
27:28Bonne semaine,
27:28même lieu, même heure,
27:29à la semaine prochaine.
27:30Merci.
27:32R et Défense
27:33sur BFM Business
27:35Sous-titrage Société Radio-Canada
27:37Sous-titrage Société Radio-Canada

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