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  • il y a 7 heures
Laëtitia Delecluse, 38 ans, mariée, deux petites filles, employée dans une maison de retraite. Plus aucune nouvelle d'elle à la fin de l'été 2014. Elle avait confié son mal-être. Adressé des messages comme quoi elle préférait partir. Ceux qui la connaissent ne croient pas à ces paroles. Qui est derrière ces faux adieux ?

Les enquêteurs vont chercher cette mère de famille pendant presque un mois avant de se pencher sur la version du mari. La suite va s'avérer épouvantable.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL avec Jean-Alphonse Richard.
00:06C'est dans la nuit qu'elle a disparu et dans la nuit elle était a priori au domicile avec
00:12seulement ses filles et son conjoint.
00:14Monsieur a énormément varié, j'insiste sur les conditions du départ, a donné des versions fantaisistes.
00:20Ça fait donc de lui à cette heure le suspect numéro 1 dans cette procédure.
00:27Bonjour, Laetitia Delecluze, 38 ans, mariée, deux petites filles, employée dans une maison de retraite.
00:34A la fin de l'été 2014, elle disparaît.
00:37Elle avait auparavant confié son mal-être, adressé des messages suicidaires.
00:42Ceux qui la connaissent ne croient pas à ses paroles.
00:45Qui est derrière ces faux adieux ? Laetitia Delecluze, la maison de l'horreur.
00:50L'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait divers et tout de suite.
00:54Sur RTL.
01:02Jeudi 4 septembre 2014, dans la matinée, deux femmes, Karine et Aurélie,
01:09signalent à la gendarmerie du Tillot, à une cinquantaine de kilomètres d'Épinal,
01:14la disparition de leur amie Laetitia Delecluze.
01:17Elles ont deux bonnes raisons de s'inquiéter.
01:20Tout d'abord, Laetitia était absente ce matin à son travail.
01:23La résidence Antoine, un établissement pour personnes âgées de la région.
01:27Et ça ne lui arrive jamais.
01:29Ensuite, parce que le mari de Laetitia, Daniel Rudenko,
01:34les a appelés vers 8h pour dire que son épouse était introuvable,
01:40injoignable sur son portable.
01:41Il raconte qu'au cours de la nuit, alors qu'il était en plein sommeil,
01:45il a été réveillé par une voiture venue se garer devant la maison.
01:50Des portières ont claqué, puis le véhicule est reparti en trombe.
01:55À son réveil, Laetitia n'était plus dans la maison.
01:58Un ami du couple, Christian, également prévenu, s'est rendu à leur domicile.
02:04Il a trouvé Daniel Rudenko incrédule et triste.
02:08Il lui a dit que Laetitia était partie.
02:10Il lui a montré qu'elle avait embarqué quelques affaires,
02:14brossadans, déodorants, téléphones et cartes bancaires.
02:17La sœur et le frère de Laetitia, alertés, contactent à leur tour la gendarmerie.
02:22Ils ne croient pas une seconde à un départ volontaire, tout simplement,
02:27parce que Laetitia ne serait certainement pas partie sans ses filles.
02:309 et 7 ans, elle les adore.
02:33Elle ne fait pas un pas sans elle.
02:35Un signalement de la disparue est diffusé.
02:3838 ans, brune, les yeux bleus, environ 1m75.
02:42Les gendarmes lancent les premières recherches.
02:44Des fouilles sont effectuées dans une usine désaffectée,
02:47proche de la maison du couple, dans le village de Ramonchamp.
02:54Entendu par les enquêteurs, des proches de Laetitia de Lecluse
02:57décrivent une femme qui aurait beaucoup changé ces derniers mois.
02:59Jusque-là, le couple qu'elle formait avec Daniel Rudenko, un athlète, 1m90, plus de 100 kilos,
03:07ce couple paraissait idéal.
03:08Deux petites filles, l'achat d'une grande maison.
03:11Mais depuis, tout a changé.
03:13Daniel avait quitté la boîte de BTP qu'il employait pour se mettre à son compte.
03:18Il a alors fait de mauvaises affaires.
03:21Il ne travaille plus que par intermittence.
03:24Laetitia est de plus en plus triste.
03:26Elle se laisse aller, constate sa sœur Jennifer.
03:30Le couple, en crise, fait chambre à part.
03:33L'épouse a parfois confié qu'elle avait envie de divorcer.
03:35Mais depuis, son mari la harcèlerait.
03:39Daniel lui aurait confisqué la clé de la boîte aux lettres.
03:42Lui seul aurait accès à l'ordinateur familial.
03:45Les proches sont convaincus que le mari ne serait pas étranger à la disparition.
03:50Daniel Rudenko est attendu.
03:52Il confirme que son couple traverse une mauvaise passe financière.
03:57Mais il y a plus grave à ses yeux.
03:59Laetitia a des problèmes de comportement.
04:02Elle est dépressive, violente avec leur fille.
04:05Un jour, elle a traîné l'aîné par les cheveux.
04:08L'enfant avait des bleus.
04:09Laetitia est allée encore plus loin, selon Rudenko.
04:12Elle a tenté d'empoisonner les petites.
04:15Il les a retrouvées quelques semaines auparavant, groggy et somnolentes.
04:19Elles avaient bu un soda.
04:20Il les a conduites à l'hôpital.
04:23Des traces de somnifères ont été retrouvées chez l'une d'elles.
04:27Il montre le certificat médical qui mentionne une suspicion de maltraitance.
04:32Ce cas a d'ailleurs été signalé à la justice.
04:38Les gendarmes visitent le domicile de Daniel et Laetitia, rue de la Filature, à Ramonchamp.
04:43La maison est en ordre.
04:45Daniel Rudenko conduit les enquêteurs dans toutes les pièces.
04:47On lui fait remarquer qu'il a une petite blessure à l'annulaire gauche.
04:52Il évoque un accrochage sur un chantier.
04:55La Peugeot 306 de la disparue est restée stationnée dans le garage.
04:59On retrouve à bord le téléphone portable de Laetitia de Lecluse.
05:03Pas de taches de sang dans l'auto.
05:05Un chien pisteur ne marque aucune direction qu'aurait pu prendre la mère de famille.
05:11Pour le mari, Laetitia est très certainement partie avec quelqu'un venue la chercher dans la nuit.
05:16Mais il n'a aucune idée de qui il peut s'agir.
05:21Un mari qui, bien sûr, reste dans le viseur des enquêteurs.
05:24Il est tout simplement la dernière personne à avoir vu vivante la disparue.
05:30Daniel Rudenko qui, par ailleurs, est d'emblée désigné par la famille de Laetitia comme un possible suspect.
05:35Mais à ce stade, il n'y a aucune preuve de son implication.
05:38Il n'y a pas de témoin.
05:40Et puis, il y a cet avis médical qui laisse entendre que la maman a peut-être empoisonné ses filles.
05:45Alors, elle pourrait avoir un gros coup de cafard.
05:47Elle pourrait avoir des remords, d'énormes regrets au point peut-être d'attenter à sa vie.
05:53On va parler de tout ça dans la suite de l'heure du crime.
05:55Il faut que l'on retourne ensemble dans cette heure du crime dans le village de Ramonchamp.
06:00C'est dans les Vosges.
06:01Bonjour Sergio Degouveia.
06:05Sergio Degouveia, est-ce qu'il est avec nous Sergio ?
06:08Il n'est pas avec nous.
06:09Oui, si, si, je suis là. Bonjour Monsieur Richard.
06:11Sergio Degouveia, vous êtes journaliste à Vosges Matin.
06:15Je vous posais la question.
06:17Personne ne croit à une disparition volontaire.
06:20Mais ça, c'est immédiat.
06:25On a un petit souci de transmission.
06:26Maître Gérard Welzer, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
06:29Vous êtes, vous, l'avocat de Daniel Rudenko.
06:32Alors, on va parler plus longuement, évidemment, de Daniel Rudenko.
06:35Je vous repose la question, maître Gérard Welzer, que je posais à Sergio Degouveia.
06:40C'est étonnant parce que tout de suite, on se dit, ce n'est pas très clair cette histoire.
06:45On ne croit pas du tout à la disparition volontaire.
06:52Eh bien, on a encore un petit problème aujourd'hui.
06:54On n'a pas de chance, évidemment.
06:56Écoutez, dès qu'on va retrouver nos interlocuteurs, évidemment, on va reprendre cette discussion autour de cette affaire.
07:04Alors, je le disais, effectivement, il se posent beaucoup de questions autour de cette affaire.
07:07On se demande comment, évidemment, cette femme a pu disparaître.
07:12C'est la première question qui se pose.
07:14Sergio Degouveia, êtes-vous avec nous ?
07:18Il n'est pas avec nous.
07:20Ah, si, si, si, vous m'entendez ?
07:21Voilà, je vous entends, Sergio Degouveia.
07:23Oui, c'est clair.
07:23Décidément, ce n'est pas terrible aujourd'hui.
07:24C'est la tempête.
07:25A priori, il y a un petit souci technique.
07:26C'est la tempête qui souffre sur la France, qui nous cause bien des soucis.
07:30Sergio Degouveia, journaliste à Vosges Matins.
07:32Personne ne croit à la disparition volontaire.
07:35Absolument pas.
07:36Absolument pas, parce que Laetitia de Lécluse, pour ses proches, est quand même une mère aimante
07:41qui ne peut pas disparaître ainsi en laissant derrière elle ses deux filles.
07:46Ses deux filles qui ont 9 et 7 ans, elle y tient plus que tout.
07:49Partir comme ça, c'est inimaginable pour tous les proches, que ce soit sa famille,
07:54que ce soit ses voisins, que ce soit également ses collègues de travail.
07:58Elles sont indissociables.
08:00Cette mère et ses deux filles, c'est vraiment une fusion complète.
08:04Donc, cette disparition de son propre chef, en tout cas, est inenvisageable pour tout le monde.
08:10Ça, c'est clair.
08:10Voilà, donc il y a ce signal qui a envoyé.
08:12On se pose des questions.
08:13Sergio Degouveia, qui est ce couple ?
08:16Daniel Rudenko, Laetitia de Lécluse.
08:19Longtemps, on l'a dit, c'est un couple idéal.
08:20Il s'adore, il s'aime.
08:23Oui, le prime abord, c'est vrai qu'ils avaient l'air d'être le couple idéal.
08:28Une mère aimante avec ses enfants.
08:30Un papa poule également.
08:31Donc, il renvoyait l'image de quelqu'un, d'un couple vraiment qui fait le parfait amour,
08:36alors qu'en vérité, en coulisses, ça ne se passe pas du tout bien.
08:39Puisque depuis qu'il s'est mis à son compte, finalement, les choses sont allées de mal en pire pour
08:43ce couple.
08:44Situation financière qui se dégrade et surtout, ça impacte la vie de famille, le quotidien,
08:50avec une femme qui a des envies de partir, avec ses deux filles,
08:55et qui rend quelque peu paranoïaque Daniel Rudenko,
08:59qui va épier tous les faits et gestes de sa femme,
09:02la surveiller, la suivre même,
09:05pensant même par un moment qu'elle a peut-être un amant.
09:07Ça va très très loin.
09:08Pour elle, c'est devenu infernal.
09:09C'est l'enfer à la maison.
09:11Elle vit carrément dans une prison psychologique quelque part, chez elle.
09:15Ah oui, et ça c'est important.
09:16C'est un climat un petit peu toxique, un petit peu nocif qui règne sur ce couple.
09:21Bonjour, Maître Gérard Welser.
09:23Bonjour.
09:24Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans cette Heure du Crime.
09:26Vous êtes l'avocat de Daniel Rudenko, je le disais.
09:28Daniel Rudenko, on va en reparler beaucoup dans cette histoire.
09:31Évidemment, ça va être notre fil rouge.
09:33Tout de suite, là, évidemment, on est au tout début de l'affaire.
09:36Il a tout de suite des mots très durs pour son épouse.
09:39Il va dire, elle a cherché à empoisonner mes filles.
09:42Oui, c'est vrai.
09:43C'est-à-dire qu'après sa disparition, la disparition de Laetitia le 4 septembre,
09:48M. Rudenko va accuser Laetitia de Lécluse d'avoir cherché à empoisonner ses filles.
09:54Il va essayer de monter un stratagème avec le téléphone portable
09:59pour montrer qu'elle avouait avoir empoisonné ses filles.
10:04Il va faire une mise en scène, malheureusement, parce qu'il est perdu.
10:08Il va faire une mise en scène pour faire croire qu'elle est partie volontairement.
10:13Ça ne se passe pas très bien, on l'a dit, au sein du couple.
10:17Mais Maître Gérard Welser, même avec la belle famille, ça ne se passe pas bien.
10:21Il y a Tony, le frère de la disparue.
10:24Il va épier le mari pour savoir s'il n'aurait pas fait quelque chose de grave.
10:28Oui, c'est vrai qu'avec la belle famille, ça ne se passait pas très bien.
10:31Pourtant, Daniel Rudenko n'a jamais été condamné, il n'a pas de casier judiciaire.
10:36Ses anciennes compagnes ont été entendues, elles le présentent comme quelqu'un de protecteur,
10:41de sympathique, de séducteur.
10:43Mais la belle famille n'appréciait pas Daniel Rudenko.
10:47Et puis, il est vrai que les derniers temps, l'ambiance était très tendue
10:51entre Daniel Rudenko et la victime.
10:55D'étranges SMS, les regrets de l'épouse disparue.
11:01Laetitia Delecluze, la maison de l'horreur.
11:04J'ai creusé un trou avec une grosse cueillère.
11:06J'ai découpé les jambes car le corps ne rentrait pas dans le trou.
11:11L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:17Toute la journée, RTL vous accompagne.
11:25L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
11:30L'heure du crime consacrée à l'affaire Laetitia Delecluze.
11:33Cette femme mariée, mère de deux petites filles, a disparu de chez elle en septembre 2014.
11:37Son couple battait de l'aile.
11:40Le mari est suspecté, mais des SMS semblent accréditer l'hypothèse d'un départ volontaire.
11:48Les gendarmes se penchent sur les échanges téléphoniques entre Laetitia Delecluze et Daniel Rudenko au soir de la disparition de
11:55l'épouse.
11:55Le 3 septembre.
11:57Le mari a évoqué plusieurs SMS.
12:00Onze messages sont effectivement retrouvés entre les époux qui étaient sur le point de se séparer.
12:05A 22h19, Laetitia prévient son mari.
12:10Je rentre, je prends quelques affaires et on vient me chercher.
12:14Débrouille-toi avec les gamines, dit-elle.
12:16Rudenko répond aussitôt.
12:19Tu délires là ou quoi ?
12:20Elle est petite, tu y as pensé ?
12:22Il lui demande ensuite à quoi elle joue.
12:24Il lui reproche d'avoir drogué les filles.
12:27A 22h37, Laetitia Delecluze explique qu'elle part justement à cause de cette histoire.
12:34Elle reconnaît l'empoisonnement.
12:36C'est pour cela que je veux m'en aller.
12:37J'ai menti à tout le monde, même à mes parents, ma soeur, mon frère, mes collègues de travail.
12:42Dans les textos suivants.
12:43Le mari tente de la ramener à la raison.
12:45Il lui dit que les filles ont besoin d'elle.
12:47Il lui demande de revenir, s'expliquer, à la maison.
12:50La nuit se passe.
12:51Le 4 septembre au matin, entre 6h51 et 7h37, le mari appelle 7 fois l'épouse.
12:59Elle lui répond par texto, comme si elle répondait à une question sur les filles.
13:04Oui, elle mange à la cantine.
13:07Je te téléphone à la fin de la semaine.
13:10Ultime signe de vie de Laetitia Delecluze.
13:13Les experts décryptent les communications.
13:15Ils s'aperçoivent que des conversations échangées,
13:18les portables du mari et de l'épouse ont borné sur le même relais,
13:24comme si Laetitia ne s'était jamais éloignée de son domicile,
13:29à croire que l'un et l'autre étaient encore à proximité.
13:35Les enquêteurs entendent les petites filles.
13:37Elles n'accusent pas la mère de famille de maltraitance.
13:40Leur maman jouait avec elle.
13:42Elle venait dans la chambre quand l'une avait peur du noir.
13:44À propos du soda qui a entraîné leur séjour à l'hôpital,
13:47la fille aînée assure qu'elles n'ont jamais été malades.
13:51Ce n'est pas leur maman, mais leur papa qui leur avait donné cette boisson.
13:56Leur mère n'était pas présente à ce moment-là.
13:58De nouvelles expertises sont diligentées à l'hôpital sur le dépistage du somnifère
14:02chez l'une des enfants.
14:04Après vérification, le laboratoire reconnaît s'être trompé.
14:09Trompé ? Une erreur ? Un faux positif selon les experts ?
14:14Incroyable hasard qui a profité au mari.
14:20Mardi 30 septembre 2014, 26 jours après la disparition de Laetitia de Lecluse,
14:26Daniel Rudenko, 44 ans, est interpellé chez lui, placé en garde à vue.
14:30Une perquisition est menée dans la maison.
14:32Un chien spécialisé dans la détection de cadavres fait le tour des pièces.
14:37Puis, il marque, brutalement l'arrêt, au sous-sol, dans la cave,
14:41à hauteur d'un meuble de rangement, en fouille, sous une dizaine de centimètres de terre battue.
14:48Les enquêteurs extraient des sacs plastiques.
14:50Ils contiennent des morceaux d'une jambe et puis un pied sectionné,
14:55enveloppés dans une bâche plastique.
14:57Une grande partie du corps, la tête, le tronc, le bras gauche, apparaît.
15:01Et enfin, deux jambes qui ont été sectionnées.
15:04Il s'agit du corps de Laetitia de Lecluse.
15:06La légiste indique que la victime a reçu un coup de couteau au cœur,
15:10puis elle a été démembrée.
15:12Rudenko garde le silence.
15:14Il évoque un accident.
15:16Quinze jours plus tard, devant la juge d'instruction d'Epinal, Aurélie Valente,
15:21le mari explique que les faits se sont déroulés le 4 septembre au matin,
15:25vers 7h40, 7h45.
15:28Il était avec sa femme dans la buanderie.
15:30Il s'est baissé pour lasser sa chaussure.
15:33Quand il s'est relevé, il a vu Laetitia avec un couteau dans la main droite.
15:38Elle le menaçait.
15:39Il l'a désarmée et puis il lui a porté un seul coup de couteau.
15:42Il ne voulait pas la tuer.
15:44L'épouse est tombée dans ses bras.
15:46Il a caché le corps.
15:47Le soir, il a creusé un trou avec une grosse cuillère
15:50pour ne pas réveiller les enfants.
15:54Il a finalement coupé les jambes avec une scie jaune
15:57et avec un couteau de cuisine.
15:58Le trou était en effet trop petit pour abriter le corps entier.
16:05Un récit d'épouvante livré par Daniel Rudenko,
16:08mais des aveux qui ne satisfont pas forcément la juge d'instruction.
16:13Est-ce que les faits se sont vraiment déroulés comme le dit le mari ?
16:16Et puis, pourquoi, si c'était un coup de colère,
16:20pourquoi ne pas avoir laissé le corps intact
16:22et puis avoir appelé tout simplement la police, la gendarmerie ?
16:27On va voir qu'il y a encore beaucoup de questions
16:29qui vont se poser dans cette enquête.
16:32Alors, il y a un premier point qui est indéniable
16:34et je vous appelle Maître Gérard Welser.
16:37Vous êtes l'avocat de Daniel Rudenko.
16:39Il y a un point qui est indéniable.
16:40Vous défendez cet homme, mais ce sont les textos
16:44rédigés de façon crédible pour laisser penser
16:47que Laetitia est vivante.
16:49Ça veut dire quoi ?
16:49Ça veut dire une mise en scène.
16:51C'est bien ça, Maître Welser ?
16:52Oui, M. Richard, c'est effectivement une mise en scène.
16:55M. Rudenko, accablé par ce qui s'était passé,
16:59l'a reconnu après à l'audience de la cour d'assises.
17:02Il avait fait une mise en scène pour faire croire
17:04que Laetitia était toujours vivante.
17:06Il y a autre chose aussi qui est étonnant.
17:09Il dit avoir rédigé les SMS le 3 septembre, on est d'accord.
17:14Et pourtant, il aurait tué uniquement sa femme
17:16le lendemain matin, le 4 septembre.
17:21Je ne comprends pas.
17:22Je ne comprends pas pourquoi il rédige ces faux textos.
17:25Il a déjà en tête de tuer sa femme, donc le lendemain.
17:28Non.
17:29Au cours de l'audience du procès,
17:31M. Rudenko a été interrogé sur ces points.
17:33C'est vrai qu'il n'a pas eu de réponse cohérente.
17:35Donc, on ne sait pas trop exactement ce qui s'est passé.
17:39Sergio de Gouveia.
17:41C'est intéressant ce que raconte effectivement cet homme,
17:44Daniel Rudenko.
17:46Il dit que Laetitia de Lécluse tient un couteau.
17:49Elle le menace.
17:51Évidemment, il n'y a aucun témoin à cette scène.
17:52Il est seul à pouvoir raconter tout ça.
17:56Moi, je dirais qu'il dit ce qu'il veut finalement,
17:58Daniel Rudenko, dans cette affaire.
18:00Lui seul, c'est vraiment ce qui s'est passé
18:02lors de ce terrible huis clos dans cette buanderie.
18:06Est-ce que Laetitia l'a vraiment menacé ?
18:08On n'en sait rien.
18:10Est-ce qu'ils se sont vraiment disputés autour d'une histoire de médicaments ?
18:12On ne le sait pas non plus.
18:14Est-ce qu'elle est vraiment morte,
18:16comme il a pu le dire, juste après le coup de couteau ?
18:18C'est pareil, certainement pas.
18:19Puisque certains experts ont même dit
18:21qu'elle a dû survivre pendant quelques minutes, visiblement.
18:24Donc, elle aurait eu le temps d'appeler des secours.
18:26Donc, étant donné que malheureusement,
18:28Laetitia de Lécluse n'est plus là,
18:29on doit se contenter de la version de Daniel Rudenko.
18:34Voilà, on est un peu pauvres de ce côté-là.
18:37Il n'y a rien d'autre pour confirmer ses dires,
18:39hormis sa parole.
18:40Tout à fait.
18:41Maître Gérard Welser, comment expliquer cette folie meurtrière ?
18:46J'ai envie de dire.
18:47Parce qu'il peut détester sa femme.
18:49On a compris qu'effectivement, il faisait tout pour lui nuire,
18:52qu'il y a ses faux textos,
18:53il y a ses accusations d'empoisonnement qui ne tiennent pas, etc.
18:56Comment expliquer qu'il veuille détruire à ce point cette femme ?
19:02Oui, vous posez la bonne question.
19:03Comment expliquer que cet homme, qui n'a pas de casier judiciaire,
19:07qui a d'excellents renseignements sur son travail,
19:10qu'il passe à cette scène incroyable et mortelle,
19:14malheureusement, pour Laetitia ?
19:15Alors, je tiens à préciser tout de même que ce qu'il a indiqué,
19:18la querelle qu'il a eue,
19:19et le fait qu'il y ait eu seulement,
19:22je mets seulement entre guillemets,
19:23parce que malheureusement, ce coup a été mortel,
19:25un coup de couteau,
19:26montre que la version qu'il a donnée,
19:28en disant qu'on s'est disputé,
19:30et les experts lors de la reconstitution
19:32ont dit que les déclarations de M. Ronenco
19:36étaient compatibles.
19:37Maintenant, ceci dit,
19:38il y avait une ambiance catastrophique entre les époux,
19:41et puis lui avait peur de perdre ses enfants,
19:45et puis il a commis des faits irréparables.
19:48Mais juste un petit point, Maître Welser,
19:50qu'est-ce qu'il vous dit là-dessus,
19:51sur le dépeçage du corps ?
19:53Pardon du mot, c'est horrible,
19:54mais il faut l'appeler comme ça.
19:55Qu'est-ce qu'il vous dit ?
19:56Il vous dit,
19:57il fallait absolument que je la cache,
19:58ce n'est pas possible ?
20:00Oui, il était paniqué.
20:01La version de Daniel Rodenco,
20:03c'est, je ne voulais absolument pas qu'elle meure,
20:06j'ai porté un coup,
20:08parce qu'elle avait le couteau,
20:09je l'ai repris,
20:09on s'est disputé,
20:10j'ai porté un coup.
20:11J'ai été paniqué en voyant qu'elle était décédée,
20:14je ne voulais pas que les enfants voient ça,
20:16je ne voulais pas qu'on sache
20:18que c'était moi le responsable,
20:20et à ce moment-là,
20:21d'une manière invraisemblable,
20:23il a procédé au démembrement du corps,
20:26ce qui fait d'ailleurs que la peine
20:27qu'il a eue devant la cour d'assises
20:30est montée.
20:31Bien sûr,
20:32on verra évidemment un peu plus tard au procès
20:33ce qui va advenir de cet homme.
20:35Sergio Degouveia,
20:36journaliste à Vosges Matins,
20:37vous êtes également avec nous.
20:39Un petit mot quand même
20:40sur cet incroyable rebondissement
20:42à l'hôpital.
20:43Les filles,
20:44elles n'ont jamais été empoisonnées,
20:45c'est une erreur incroyable.
20:46Il a eu presque de la chance,
20:48j'ai envie de dire,
20:49cet homme de Rudenko,
20:51parce qu'il avait dit
20:51qu'elles ont été empoisonnées.
20:52Et la science semblait leur donner raison.
20:56Oui,
20:57il a bénéficié d'une novenne incroyable.
20:59Parce que ce qui s'est passé,
21:00c'est qu'a priori,
21:00comme vous dites,
21:01elles n'ont jamais été empoisonnées.
21:03Tout ça a été bien entendu
21:05un stratagème
21:05dans le cadre de cette séparation
21:06où il voulait garder à tout prix
21:08des filles à ses côtés.
21:09Donc,
21:09il fallait une nouvelle fois
21:10salir la mer.
21:12qui les a emmenées à l'hôpital
21:14prétextant cet empoisonnement
21:15après l'absorption d'un soda
21:18au basodiazépine.
21:20Et là,
21:21malheureusement,
21:21à cause d'un faux positif,
21:23comme vous le dites,
21:24il s'est révélé
21:24qu'une fille
21:26s'est révélée positive
21:27au niveau des urines
21:28avec de la présence
21:29de basodiazépine.
21:30C'est vraiment un effet
21:31miraculeux pour lui.
21:32C'est vraiment un miracle
21:33qu'il ait cette pièce
21:34dans ses mains
21:35qui pourrait peut-être
21:36le permettre
21:37d'obtenir la garde
21:38puisque là,
21:39à cause de ce pseudo-repoisonnement,
21:41on pourrait croire
21:41que cette mère de famille
21:43est vraiment une mère de famille
21:44indigne d'appliquer des mères.
21:45C'est ça.
21:45Donc,
21:46il en a profité
21:46d'où son dépôt de plainte
21:47par la suite
21:48pour empoisonnement
21:49sur ses filles,
21:49entre autres.
21:51Un mari dépensier
21:52qui jouait au casino.
21:55Laetitia Delécluse,
21:56la maison de l'horreur.
21:57Si elle part,
21:58jamais elle n'aura les filles.
21:59L'enquête de l'heure du crime.
22:00Pourquoi Daniel Rudenko
22:01a décidé de tuer sa femme
22:03dans cette cave ?
22:04Est-ce qu'il espérait
22:05la garder pour lui,
22:06pour l'éternité ?
22:07C'est à suivre
22:08dans un court instant
22:09sur RTL.
22:10Merci d'écouter RTL.
22:19RTL.
22:22Votre radio.
22:24L'heure du crime.
22:26Présenté par Jean-Alphonse Richard
22:27sur RTL.
22:29Le corps présentait
22:30une trace
22:30au niveau du thorax,
22:32une trace de blessure
22:33qui pouvait correspondre
22:35au coup donné
22:35par un objet contendant,
22:37un coup de couteau par exemple.
22:38Est-ce que c'est
22:39ce coup qui a donné la mort ?
22:41C'est encore trop tôt
22:42pour le dire.
22:44Retour.
22:45Dans l'heure du crime
22:45sur l'affaire Laetitia Delécluse,
22:47cette mère de deux petites filles
22:48a été poignardée
22:49puis en partie dépecée
22:50en septembre 2014
22:52dans les Vosges.
22:53Son mari avait maquillé
22:54le meurtre en disparition.
22:56Il a avoué le coup fatal
22:57mais il part d'un accident.
22:59Le mobile reste flou.
23:03Lundi 13 octobre 2014,
23:05un mois et demi
23:05après la mort de Laetitia Delécluse,
23:07ces obsèques ont lieu
23:08dans le petit cimetière
23:09de Marc,
23:10dans le Pas-de-Calais,
23:11la commune de naissance
23:13de la victime.
23:14En dépit des aveux du mari,
23:16les gendarmes essaient toujours
23:17d'établir le scénario
23:18hexa du meurtre
23:19et trouver le mobile.
23:21Pas la jalousie !
23:22Laetitia Delécluse
23:23n'avait aucun amant.
23:24Et s'il s'agissait de l'argent ?
23:26Daniel Rudinco
23:27ne travaillait plus
23:28mais vivait depuis des mois
23:30sur le salaire,
23:311400 euros mensuels
23:33et sur les économies
23:34de l'épouse.
23:35Il en profitait bien
23:36et il dépensait sans compter.
23:38Il s'était offert
23:39un coûteux écran plat
23:41de télévision.
23:42Il jouait aussi régulièrement
23:44dans les casinos
23:45de la région.
23:46En 10 mois,
23:46il a laissé
23:4724 000 euros
23:48sur les tapis verts.
23:50À ce rythme,
23:51le couple était évidemment
23:52sur-endetté.
23:53Laetitia n'aurait pas
23:54supporté
23:55que son époux
23:56finisse par vider
23:57les comptes d'épargne
23:58des filles.
23:596 000 euros au total,
24:01juste pour se faire plaisir.
24:02Les enquêteurs
24:03savent encore
24:04qu'avant de passer
24:05à l'acte,
24:06Daniel Rudinco
24:07avait trouvé
24:08un bail de location
24:09pour un nouvel appartement
24:11où comptait vivre
24:12sa femme.
24:13Si elle part,
24:14jamais
24:15elle aura les filles,
24:16avait-il confié
24:17à un de ses amis.
24:21Mardi 9 juin 2015,
24:23Daniel Rudinco
24:23est conduit
24:24à la maison familiale
24:25de Ramonchamp
24:26pour une reconstitution.
24:27Il confirme
24:28que le meurtre
24:29a eu lieu
24:29le 4 septembre
24:31au matin,
24:31entre 8h moins le quart
24:33et 8h moins le 5.
24:35Selon ces gestes
24:36chronométrés,
24:37la séquence du crime
24:38aurait duré
24:38un peu plus de 6 minutes.
24:40L'époux refuse
24:41de participer
24:42à la séance
24:42du démembrement,
24:44opération
24:44qui aurait pris
24:45entre 40
24:47et 80 minutes.
24:48Les experts
24:49pensent que Rudinco,
24:50physiquement bien
24:51plus puissant
24:52que son épouse,
24:53aurait pu la désarmer
24:54si elle avait tenu
24:55un couteau.
24:56Nul besoin
24:57de la frapper.
24:58L'expert légiste
24:59assure que la victime
25:01n'est pas morte
25:02sur le coup.
25:03Elle aurait eu
25:03le temps
25:04d'être transportée
25:05à l'hôpital
25:06et aurait peut-être
25:07été sauvée
25:08si les secours
25:09avaient été appelés.
25:10Mon client
25:11est pétri de remords,
25:12il ne comprend pas
25:12comment il est arrivé
25:14à cette issue fatale.
25:15Commande son avocat,
25:16Gérard Velzer.
25:20Sergio de Gouveia,
25:21journaliste
25:22à Vosges Matin.
25:23On vous retrouve
25:23dans cette heure du crime.
25:24Daniel Rudinco,
25:26l'enquête
25:27commence un petit peu
25:28à le dessiner.
25:29Il a tué,
25:30sans doute
25:31parce qu'il ne pouvait
25:32plus supporter
25:33cette femme,
25:34mais surtout
25:35parce qu'elle risquait
25:36de partir
25:36et qu'il allait
25:37tout perdre.
25:39Il allait tout perdre
25:40sur deux plans.
25:41Il allait tout perdre
25:42sur tout,
25:43enfin il allait surtout
25:44perdre ses deux filles
25:45auxquelles il était
25:45très attaché.
25:46Il y avait vraiment
25:47une lutte
25:48entre Leticia de Lécluse
25:50et Daniel Rudinco
25:51sur la garde
25:52de ses enfants.
25:53Il pensait
25:54que de toute manière
25:55la séparation
25:55était inéluctable,
25:57mais il ne voulait
25:57surtout pas
25:58être séparé
25:58de ses deux filles.
25:59Il y a également
26:00l'aspect financier.
26:01Comme vous le disiez
26:02tout à l'heure,
26:03il était accro au jeu,
26:0424 000 euros au casino.
26:06Il faut bien penser
26:06que chaque mois,
26:07le couple ramenait
26:081 400 euros.
26:09Autant dire que c'était
26:10Leticia de Lécluse
26:10qui ramenait tout le salaire.
26:12Sauf qu'ils avaient,
26:14en ce qui concerne
26:14les charges
26:15et les crédits à rembourser,
26:16ils avaient 2 400 euros
26:18à débourser
26:18tous les mois.
26:19Donc ils creusaient
26:20un déficit,
26:21c'était à l'appel,
26:21c'était même plus
26:22avec les petites tuyères.
26:23Donc il risquait
26:24de se retrouver également
26:25dans un arasme financier
26:26incroyable
26:26et abordonné
26:27par sa femme
26:28et surtout ses deux filles.
26:29Donc il allait tout perdre, oui.
26:31Encore une question
26:32pour vous Sergio de Gouveia.
26:33Il y a peut-être
26:34un déclic aussi
26:35dans cette affaire.
26:35Il va fouiller,
26:36je crois,
26:37dans la voiture
26:37de son épouse,
26:38peu avant de passer
26:39à l'acte
26:40et puis il va trouver
26:41un bail de location
26:42au nom de Leticia de Lécluse.
26:45Ça, c'est une possibilité
26:47que c'est déclenché
26:48chez lui
26:48une envie de tuer immédiate.
26:51Ça a été probablement
26:52un déclic
26:53qui s'est rendu compte
26:53que finalement
26:54ce n'était pas
26:54que des paroles en l'air
26:55qu'elle allait vraiment partir.
26:57Pas très loin, c'est vrai.
26:59Le bail en question,
26:59c'était pour un appartement
27:00dans des HLM
27:01à 3-4 minutes
27:03en voiture
27:03du domicile conjugal.
27:05C'était pas très loin
27:05mais c'était très clairement
27:07le signe avant-coureur
27:08que ça y est,
27:10elle allait partir
27:11et probablement
27:11avec ses deux filles.
27:13Donc pour lui,
27:14à ce moment-là,
27:15il faut faire quelque chose.
27:16Malheureusement,
27:16il n'a pas pris
27:17les bonnes options.
27:18Maître Gérard Velser,
27:19vous êtes avec nous
27:20également dans l'heure du crime
27:20et je vous remercie
27:21d'être avec nous en direct.
27:22Vous êtes l'avocat
27:23de Daniel Rudenko.
27:25Est-ce que vous êtes d'accord
27:26avec Sergio Degouveia ?
27:27Ça peut être un déclic
27:28cette histoire
27:28de bail,
27:29d'appartement,
27:30de départ immédiat.
27:32Pour lui,
27:32il fallait passer à l'acte.
27:34Oui,
27:35j'ai bien entendu
27:35ce qu'a dit
27:36M. Degouveia.
27:37Alors,
27:37la version de Daniel Rudenko
27:39qui a été quand même
27:40déclarée compatible
27:41par les experts
27:42lors de la reconstitution,
27:43la version,
27:44lui,
27:44il déclare
27:46à l'instruction
27:47et au procès.
27:48Nous nous sommes disputés,
27:50il y a eu ce petit couteau,
27:52j'ai voulu l'enlever,
27:53j'ai donné un coup,
27:54je ne voulais pas tuer.
27:55Alors,
27:56est-ce qu'il dit vrai ou pas ?
27:57C'est vrai qu'il était
27:59très attaché
28:00à ses enfants
28:00et qu'il a perdu la raison
28:03à un moment.
28:04Il a perdu la raison,
28:05il y a quelque chose
28:06d'effrayant
28:06dans ce que déclarent
28:08les experts.
28:09Maître Welser,
28:10moi ça m'a beaucoup frappé,
28:12elle aurait pu être sauvée
28:13cette femme,
28:14elle n'est pas morte
28:15tout de suite.
28:15On pensait qu'il y avait
28:16ce coup de poignard
28:17qui avait été fatal
28:18mais non,
28:19elle a pu survivre
28:20pendant de longues minutes,
28:22il aurait pu la sauver.
28:24Oui,
28:25vous avez raison M. Richard,
28:26c'est d'ailleurs
28:26ce qu'a joué
28:27contre M. Rudenko
28:28au cours du procès.
28:30Les experts ont bien conclu
28:32qu'elle n'était pas morte
28:34sur le coup
28:34et que s'il avait appelé
28:36des bons...
28:37Alors,
28:37ce qui est vrai,
28:38c'est que lui expliquait
28:38que dans des circonstances
28:40comme ça,
28:41on n'a plus de logique.
28:42Mais ce que vous dites
28:43est vrai,
28:43elle aurait peut-être
28:44pu être sauvée.
28:45Et ça,
28:46c'est assez effrayant,
28:47vous en convenez,
28:48M. Welser.
28:50Encore une question pour vous,
28:51vous dites,
28:52il exprime des regrets.
28:54C'est un peu tard,
28:55mais quand vous l'avez
28:58face à vous
28:59qui vous parle,
29:00vous confirmez
29:01que c'est quelqu'un
29:01qui exprime des regrets,
29:03sincère ou pas ?
29:04Ah oui,
29:05je pense qu'il est...
29:06Vous savez,
29:07moi je ne suis pas juge,
29:09mais les regrets
29:09qu'il exprimait
29:11montrent que vraiment,
29:13il avait l'air très sincère
29:14au cours du procès.
29:15Il a d'ailleurs admis
29:16ce qu'il avait toujours contesté,
29:17la mise en scène
29:18avec les SMS.
29:19Il a dit tout ce qui se passait,
29:21tout ce qui s'était passé.
29:24Et les regrets sont vraiment,
29:26d'après ce qu'on a pu voir,
29:28ils sont réels.
29:29Mais de toute façon,
29:30il n'y a plus de raison.
29:31Quand vous commettez
29:31des tels faits,
29:33que vous démembrez un corps,
29:34sachant que le code pénal,
29:35je ne sais pas si vous voulez
29:36qu'on en parle maintenant,
29:38démembrez un corps,
29:39au niveau pénal,
29:40c'est une peine maximale
29:41de deux ans de prison.
29:43Mais,
29:43ce qui a joué contre lui,
29:45c'est que démembrez un corps,
29:47ça vous fait monter tout de suite
29:48l'autre peine
29:48pour le meurtre,
29:49parce que c'est sauvage.
29:50Non,
29:51bien sûr,
29:51c'est indicible même,
29:53j'ai envie de dire.
29:54Sergio de Gouveia,
29:55journaliste à Vosges Matins,
29:56avec nous également
29:57dans l'heure du crime.
29:59Lorsque la famille
30:00de Laetitia de Lecluse
30:01apprend les conditions épouvantables
30:03dans lesquelles
30:05ce drame s'est déroulé,
30:07je suppose que c'est un...
30:09tout le monde est abattu,
30:10y compris dans ce coin
30:11où tout le monde se connaissait,
30:12où tout le monde connaissait
30:14Laetitia de Lecluse.
30:16C'est vrai que le procès
30:18a permis de mettre en lumière
30:19tous les détails
30:21très glauques
30:22du dépeçage
30:24des membres de Laetitia de Lecluse.
30:26Même des membres de la famille,
30:27lorsqu'ils sont arrivés au procès,
30:30ne connaissaient pas
30:31tous ces détails.
30:32Donc ça a été un véritable électrochoc
30:34pour la plupart des membres
30:36de cette famille qui étaient là
30:37et qui sont sortis
30:38dès la première suspension d'audience
30:39en pleurs,
30:40pour ne pas l'oublier.
30:41Et on va en parler évidemment
30:42de ce procès
30:43puisque le mari
30:44va être jugé.
30:46Laetitia de Lecluse,
30:48la maison de l'horreur.
30:49Ma sœur a été démembrée,
30:50traitée comme un animal.
30:52Je souhaite qu'il souffre
30:53autant que nous.
30:54L'enquête de l'heure du crime.
30:55On se retrouve dans un instant
30:56sur RTL.
30:57Tous les jours,
30:59toute la journée,
31:02c'est RTL.
31:06L'heure du crime,
31:07présentée par Jean-Alphonse Richard
31:09sur RTL.
31:11Au programme de l'heure du crime,
31:12la mort de Laetitia de Lecluse,
31:13en septembre 2014,
31:15son mari a avoué
31:16l'avoir poignardé
31:17puis en partie dépecé.
31:19Il soutient qu'il s'agissait
31:20d'un accident.
31:21Il avait tout fait
31:22pour maquiller le meurtre
31:23en disparition.
31:24Il est jugé
31:25trois ans après les faits.
31:29Mardi 20 juin 2017,
31:31Daniel Rudenko,
31:3247 ans,
31:33comparé devant la cour d'assises
31:34des Vosges,
31:35à Epinal.
31:36Haute stature,
31:37cheveux courts,
31:38lunettes rectangulaires,
31:39l'ex-mari de Laetitia de Lecluse,
31:42reconnaît les faits,
31:43mais continue à évoquer un accident.
31:45Je n'ai pas voulu la mort
31:47de ma femme,
31:48répète-t-il.
31:49Il garde le plus souvent
31:50la tête baissée,
31:51il tient un mouchoir en papier,
31:52dans sa main,
31:53il verse régulièrement
31:54quelques larmes.
31:55Je ne dirai aucun mal
31:57de Laetitia
31:57pendant le procès,
31:58promet-il.
32:00Rudenko retouche son scénario.
32:02C'est bien autour de 22h
32:04le 3 septembre,
32:05et non au matin du 4
32:07qu'il a commis le meurtre.
32:08On lui demande pourquoi
32:09il n'a pas appelé les secours.
32:11Réponse,
32:11j'ai pris son pouls,
32:13elle était décédée.
32:15L'avocat des deux filles
32:16du couple lui lance,
32:18ça fait quel effet
32:19de découper la femme comme on aime ?
32:21Réponse,
32:21tête baissée,
32:22c'est horrible.
32:23Tony,
32:24le frère de Laetitia
32:25de Lecluse
32:25est indigné.
32:26Ma sœur a été démembrée,
32:28traitée comme un animal.
32:29Il ajoute,
32:30on nous a livré Laetitia
32:31dans une boîte,
32:32sans pouvoir lui faire
32:33un bisou
32:34pour lui dire adieu.
32:35Je souhaite qu'il souffre,
32:36autant que nous.
32:40Daniel Rudenko
32:41reconnaît avoir tout mis
32:42en œuvre
32:42pour faire croire
32:43à un départ volontaire
32:44de Laetitia.
32:45Il a fabriqué
32:46des textos,
32:47inventé une histoire
32:48d'empoisonnement.
32:49Il avait raconté
32:50cette fable
32:51à tout le monde,
32:52proche et amie de Laetitia,
32:53puis aux enquêteurs.
32:54Il faisait croire
32:55que son épouse
32:56était toujours de ce monde.
32:57Il m'a même dit
32:58qu'il dormait
32:59la porte ouverte
33:00au cas où elle viendrait
33:01à rentrer,
33:02déclare un voisin.
33:03Le frère
33:04et la sœur de la victime
33:05parlent d'un manipulateur
33:06hors pair.
33:07Une ancienne collègue
33:09de Laetitia de Lecluse
33:10témoigne.
33:11Laetitia m'a dit un jour
33:12« Je ne sais pas
33:13ce qu'il se passe.
33:14Il est beaucoup plus calme
33:16que d'habitude.
33:17Il me prépare quelque chose.
33:19Je ne sais pas
33:19ce que c'est,
33:20mais ça va être
33:21du lourd. »
33:25Le pressentiment
33:25de Laetitia de Lecluse,
33:27le pressentiment fatal,
33:28on va voir
33:29dans le prochain chapitre
33:30de l'ordre du crime
33:31quel va être
33:32le verdict.
33:33Alors,
33:34il faut tout d'abord
33:35dire un mot
33:35sur cet accusé.
33:36Sergio de Gouveia,
33:37journaliste à Vosges Matins,
33:38vous avez suivi
33:39toute cette affaire.
33:40Il paraît affligé
33:41dans ce box.
33:42Il est courbé,
33:44il relève rarement
33:44la tête.
33:46Est-ce qu'il cherche
33:47à ce qu'on s'appuie
33:48un petit peu
33:49sur son sort,
33:50même si c'est compliqué ?
33:51Je rappelle
33:51qu'il a dépecé
33:52sa femme.
33:54Oui,
33:54c'est vrai
33:55qu'il passe
33:57le temps
33:57de ce procès
33:58très souvent
33:59le dos courbé.
34:01Il essuie
34:02quelques larmes.
34:03Est-ce que
34:04c'est une situation
34:05qu'il adapte
34:06donc
34:09ce positionnement
34:10par circonstance
34:11parce qu'il sait
34:11qu'il risque gros ?
34:13Est-ce que c'est sincère ?
34:14La problématique
34:14c'est que si c'est sincère,
34:16personne ne le croit
34:16vraiment
34:17car il a quand même
34:18une réputation
34:19derrière lui,
34:19notamment auprès
34:20des proches
34:20de Laetitia,
34:21de personnes
34:22quand même
34:23intelligentes,
34:24opportunistes
34:24et surtout
34:25manipulateurs.
34:26Donc,
34:26ça fait beaucoup
34:27et il a beau
34:29s'échiner justement
34:31à dire
34:31qu'il regrette
34:32que c'est qu'un simple accident,
34:33personne ne le croit
34:34vraiment dans la salle.
34:35Le mensonge,
34:37ça pèse sur lui,
34:38Sergio de Gouveia.
34:39Il a beaucoup menti,
34:40il a manipulé.
34:42Là,
34:42c'est compliqué
34:43ensuite de croire
34:44quelqu'un
34:44lorsqu'il essaie
34:46à nouveau
34:48retisser une histoire.
34:50Mais il a menti
34:51même en amont
34:52de ce qu'il a pu
34:54faire.
34:55Il a menti
34:56notamment,
34:56on revient
34:57sur l'histoire
34:59des benzodiazépines,
35:00il a menti également
35:01en dressant
35:02un portrait
35:03exécrable
35:04de la mère de famille,
35:05comme quoi
35:06elle était violente,
35:06qu'elle tirait
35:07sa fille par les cheveux,
35:09qu'elle leur mettait
35:09des claques
35:10et par la suite,
35:11on ne parle même pas
35:12du meurtre
35:12où là,
35:13il y a ses textos,
35:14il y a le fait
35:15qu'il dit à tous ses voisins
35:16qu'elle est partie
35:17avec un homme
35:17dans un 4x4 beige
35:19alors qu'il n'y a rien
35:20du tout,
35:21il n'y a rien de cela.
35:22Tout est ficelé,
35:23tout est tissé
35:24de mensonges.
35:25Oui,
35:25c'est une fable,
35:26c'est une histoire
35:27qu'il raconte
35:28et qu'il a raconté
35:28longtemps.
35:29Elle a un petit peu
35:30tenu cette histoire
35:31puis ensuite,
35:32tout s'est écroulé.
35:33Maître Gérard Velzer,
35:34vous êtes avec nous,
35:35avocat de Daniel Rudenko.
35:37Alors,
35:38éploré peut-être,
35:40mais manipulateur aussi,
35:42pas facile pour vous
35:43qui êtes son avocat
35:44de défendre
35:45un tel personnage,
35:46Maître Velzer ?
35:47Oui,
35:48vous savez,
35:48avec mon associé
35:48Maître Stéphan,
35:49on regardait
35:50M. Rudenko
35:50et puis,
35:51on se disait
35:52la même chose.
35:53Un accusé,
35:53lorsqu'il est effondré
35:54comme l'était
35:55M. Rudenko,
35:56certains vont dire
35:57« Oh, il joue la comédie ».
35:58Et puis,
35:58s'il n'est pas effondré,
35:59on va dire
35:59qu'il est cynique.
36:00Vous savez,
36:01l'attitude d'un accusé,
36:02vous ne savez jamais.
36:03Nous,
36:03nous avons vu
36:04qu'il était effondré,
36:05il a dit toute la vérité
36:06qu'il voulait dire
36:07devant la cour d'assises
36:09et puis,
36:10l'attachement aux enfants,
36:11vous savez,
36:12Rudenko
36:13a perdu son père
36:15alors qu'il avait
36:15un an et demi
36:16et puis,
36:17sa maman est décédée
36:18après d'un cancer
36:19en 92.
36:20Je pense que
36:22l'attachement
36:23qu'il avait aux enfants,
36:24c'est devenu du délire
36:25et qu'il l'a amené
36:26à commettre
36:27l'irréparable.
36:28Il lâche quelques détails
36:30mais on ne peut pas dire
36:31qu'il donne
36:32une explication
36:33très précise,
36:34j'ai envie de dire,
36:35de ses gestes.
36:37Est-ce qu'il en est capable
36:39de donner cette explication ?
36:41Ou bien,
36:42encore une fois,
36:43est-ce qu'il reste
36:44de son côté
36:47sans vouloir dire
36:48quoi que ce soit ?
36:49Je pense qu'il y a un moment
36:51l'accusé
36:52n'était pas capable
36:54vraiment de s'exprimer
36:55normalement.
36:57Passer devant
36:57une cour d'assises
36:58c'est déjà difficile.
36:59Dans les conditions
37:00dans lesquelles il passait
37:01pour des faits
37:02qui paraissaient atroces
37:03et qui étaient atroces,
37:05il avait honte,
37:07il était recourbé sur lui.
37:10Bon,
37:10je pense qu'il n'était pas capable
37:12de s'exprimer vraiment.
37:14Sergio de Gouveia,
37:15évidemment,
37:16la famille de Laetitia,
37:17elle est là.
37:18Ils sont bien présents.
37:20Ils attendaient ce moment
37:21avec,
37:22j'ai envie de dire,
37:22non pas impatience,
37:23mais en tout cas
37:24avec une grande attention.
37:26Il y a beaucoup de regards
37:27entre la famille de Laetitia
37:29et puis l'accusé,
37:31Daniel Rudenko.
37:33Absolument,
37:34puisque Daniel Rudenko
37:34leur a quand même enlevé
37:36une fille,
37:37une sœur
37:38et ils veulent obtenir
37:40des explications.
37:41Ils le regardent
37:42tout le long du procès.
37:44Il y a quand même
37:44quelqu'un en particulier
37:45qui porte
37:46toute la famille de Laetitia.
37:49C'est Tony.
37:50C'est Tony le frère
37:51qui lui,
37:52lorsqu'il va venir à la barre,
37:53va essayer d'obtenir
37:55lui aussi des réponses
37:56auprès de Daniel Rudenko.
37:57Il veut savoir
37:58si c'est cette histoire
37:59de médicaments
38:00qui a entraîné
38:02l'innommable.
38:04Daniel Rudenko
38:04dit que c'est ça.
38:06Sauf que Tony
38:07n'en revient pas.
38:08Il le dit clairement
38:09en plus,
38:09même si c'est brutal.
38:11Tu as été obligé
38:11de la désosser
38:12pour ça.
38:14Il ne comprend pas
38:15l'attitude
38:16de Daniel Rudenko
38:16par rapport
38:17à cette histoire
38:18qui finalement
38:18était également
38:19montée de toute pièce.
38:20Il y a
38:21une incompréhension
38:22totale
38:22de la part
38:23de la famille
38:23de Laetitia.
38:23Oui et puis
38:24ils sont abasourdis
38:25évidemment.
38:26Le temps a passé
38:27mais ils sont
38:27complètement
38:28encore une fois
38:28dans l'incompréhension
38:29et dans la sidération.
38:30Mais ça on comprend
38:31évidemment
38:31les familles
38:33devant les cours d'assises.
38:34Maître Gérard Welser.
38:36Un petit mot
38:37ce n'est pas du juridisme
38:38mais un petit mot quand même.
38:39On n'a jamais imaginé
38:40la préméditation
38:41de ce crime
38:42parce qu'après tout
38:43il aurait pu préparer
38:44le crime
38:44en rencontrant
38:45les faux empoisonnements
38:46etc.
38:46en préparant
38:47un petit peu
38:48le terrain.
38:48Ça n'a jamais été évoqué ?
38:50Ça n'a jamais été évoqué
38:52et puis
38:54franchement
38:54le dossier
38:55ne montrait pas ça.
38:56D'accord.
38:57Vous savez
38:58ça avait été prémédité
38:59parce que lui
39:00a plaidé
39:01nous avons plaidé
39:01avec Maître Stéphan
39:02les coups mortels
39:03puisqu'il y a eu un coup.
39:05Quand vous voulez
39:06donner la mort à quelqu'un
39:07vous ne donnez pas seulement
39:08un coup
39:08avec un petit couteau.
39:10Vous donnez
39:10plusieurs coups.
39:12Et en l'espèce
39:12donc à votre question
39:13je ne pense pas
39:14M. Richard
39:14mais je ne sais
39:16pas tout.
39:17Oui mais sûr
39:18on ne sait pas tout
39:18il garde ses secrets.
39:19Effectivement
39:20votre client
39:20c'est un homme secret
39:21c'est le moins
39:22qu'on puisse dire
39:22en tout cas manipulateur.
39:24Sergio de Gouveia
39:25dernière question pour vous
39:26journaliste à Vosges
39:28matin
39:28la victime
39:29elle était inquiète
39:30Laetitia de Leclus
39:32elle s'attendait
39:32à quelque chose
39:33elle va même dire
39:34quelque chose de lourd
39:35elle avait compris
39:35que quelque chose
39:36de grave
39:37pouvait lui arriver.
39:39Ça faisait déjà
39:39quelques semaines
39:41voire quelques mois
39:42qu'elle avait peur.
39:44Elle s'était confiée
39:45à ses amis
39:46à ses collègues
39:47à certaines
39:47de ses collègues
39:48de travail
39:49comme quoi
39:50ce n'était plus possible
39:51c'était devenu
39:52un enfer quotidien
39:54et que
39:54vous l'avez dit
39:55tout à l'heure
39:55il était
39:56sur ses derniers temps
39:57il a dit
39:57la veille
39:58je crois du meurtre
39:58il a dit justement
39:59qu'il était plus calme
40:01que d'habitude
40:01c'était pas normal
40:01et donc voilà
40:02il préparait sans doute
40:03quelque chose
40:04donc elle était prise
40:05par cette angoisse
40:05et malheureusement
40:06elle était obligée
40:08de rester dans ce domicile
40:09conjugal
40:10c'était un engagement
40:11qu'elle avait fait
40:12auprès du juge
40:13aux affaires familiales
40:15puisque donc
40:15il y avait une procédure
40:16de divorce
40:17qui devait s'enclencher
40:18elle ne pouvait pas
40:18quitter le domicile
40:19conjugal
40:20comme ça
40:21sinon c'était perdre
40:22une éventuelle garde
40:23de ses enfants
40:23donc elle est obligée
40:25d'y rester avec
40:26cette peur
40:27cette hantise
40:28que finalement
40:28Danyane Rudenko
40:29s'en prenne à elle
40:30c'était une femme
40:31en quelque sorte
40:32une femme piégée
40:33après 4 jours de procès
40:35le verdict
40:37Laetitia Delecluse
40:38la maison de l'horreur
40:39monsieur Rudenko
40:40l'a enterrée
40:41moi je n'enterrerai
40:43même pas un chien
40:44comme ça
40:44l'enquête de l'art du crime
40:45je vous retrouve
40:46tout de suite sur RTL
40:55Dans l'heure du crime
41:01le meurtre de Laetitia Delecluse
41:03cette maman de 38 ans
41:05mère de deux petites filles
41:06a été tuée d'un coup de couteau
41:07puis dépecée en 2014
41:09son mari avait tenté
41:11de travestir l'histoire
41:13à travers une disparition
41:15il a avoué sans évoquer
41:17un geste volontaire
41:18et réfléchi
41:18il est jugé
41:20voici le verdict
41:25Vendredi 23 juin 2017
41:26Daniel Rudenko
41:27est condamné à Epinal
41:29à 20 ans de prison
41:30il ne bronche pas
41:31avant que les jurés
41:33se retirent
41:34il avait simplement déclaré
41:35de toute façon
41:36c'est moi le coupable
41:37ses avocats
41:38avaient plaidé
41:39la mort non intentionnelle
41:40il n'y a eu
41:42qu'un seul
41:42et unique coup
41:43sans aucune trace
41:45de violence
41:45s'il avait eu
41:46l'intention de tuer
41:47il n'aurait pas eu
41:48qu'un seul coup
41:49avec un banal couteau
41:51de 7 cm
41:52disent-ils
41:54au cours du procès
41:55maître Laurent Bentz
41:57avocat de la famille
41:58de Laetitia
41:58avait raconté
41:59que la maman
41:59était destinée
42:00à rester en petits morceaux
42:02dans la cave
42:03moi je n'enterrerai
42:05même pas un chien
42:06comme ça
42:06disait-il
42:07l'avocat concluait
42:08la seule chose
42:09que cet homme
42:09n'a pas su lui ôter
42:11ou n'a pas pu
42:12lui ôter
42:13c'est sa mémoire
42:14qui reste
42:15auprès de la famille
42:17je pense qu'il aurait pu
42:18tenir beaucoup plus longtemps
42:19Rudenko
42:20il était parti
42:21pour tenir
42:21une vie entière
42:22et au fond de moi
42:24je suis convaincu
42:24qu'il ne l'aurait
42:25jamais déplacé
42:26pour Rudenko
42:27l'essentiel était
42:29que Laetitia
42:30ne puisse pas partir
42:32la voix de maître
42:33Laurent Bentz
42:34avocat de la famille
42:35de Laetitia
42:35de Lecluse
42:36dans l'émission
42:37enquête criminelle
42:39maître Gérard Velzer
42:40vous êtes avec nous
42:40avocat de Daniel Rudenko
42:42l'un des avocats
42:43de Daniel Rudenko
42:45qu'est-ce que vous avez pensé
42:46de ce verdict
42:4820 ans de prison
42:50écoutez
42:50madame l'avocat général
42:52avait demandé
42:5325 ans de prison
42:54et monsieur Rudenko
42:55encourait la perpétuité
42:56il était normal
42:58que monsieur Rudenko
42:59ait une peine
43:01importante
43:02nous l'avions dit
43:03d'ailleurs en plaidant
43:04et les 20 ans
43:05de réclusion
43:05vous savez
43:05la bonne justice
43:06c'est quand
43:07les personnes
43:08sont
43:10satisfaites
43:10entre guillemets
43:11monsieur Rudenko
43:12n'a pas fait appel
43:14et la peine
43:15nous semblait
43:16lui semblait
43:17méritée
43:18alors je sais
43:19que les échanges
43:19entre un avocat
43:20et son client
43:21sont privés
43:22mais
43:22qu'est-ce qu'il vous disait
43:24vous
43:24avant ce verdict
43:25lors du procès
43:26quand vous pouviez
43:27lui parler
43:27etc
43:28accéder à lui
43:29est-ce qu'il était
43:30dans l'optique
43:32d'accepter sa peine
43:34comment se comportait-il
43:36écoutez
43:36je ne vais pas vous dire
43:38tout ce que vous me disiez
43:39monsieur Rudenko
43:39comme vous l'avez dit
43:40monsieur Richard
43:40mais ce qui est sûr
43:41c'est qu'il savait
43:43qu'il allait avoir
43:43une peine importante
43:45et il était prêt
43:46à l'accepter
43:47il pensait à ses enfants
43:49et puis il pensait
43:50au mal qu'il avait fait
43:52Sergio de Gouveia
43:53vous êtes journaliste
43:54à Vosges Matin
43:54et vous nous accompagnez
43:55depuis le début
43:56dans cette histoire
43:57dans cette heure du crime
43:58la famille n'a pas eu
43:59toutes les réponses
44:01le couteau
44:02en tout cas
44:03c'était bien
44:03le sien qui a tué
44:06comment est sortie
44:07de ce procès
44:07cette famille
44:08la famille de Laetitia
44:09de Lecluse
44:11la famille est ressortie
44:14un peu sur sa faim
44:15dans le sens où
44:16oui il y a eu
44:17le meurtre a été reconnu
44:19il a été condamné
44:20donc à 20 ans
44:20pour ce meurtre
44:22mais comme disait
44:23la soeur de Laetitia
44:24de Lecluse
44:25lui il a pris 20 ans
44:26eux ils ont pris
44:27perpétent
44:28on l'entend malheureusement
44:29trop régulièrement
44:30dans ces affaires
44:31sinistres
44:32et concrètement
44:33pour eux
44:34ce n'est pas assez
44:35et ils restent sur leur faim
44:36également en ce qui concerne
44:37le contexte
44:38dans lequel
44:39s'est produit
44:40ce meurtre
44:41car ils restent persuadés
44:42que cette histoire
44:43de médicaments
44:44n'est certainement pas
44:45la raison
44:46pour laquelle
44:47il y a eu
44:48cet accrochage
44:49dans la buanderie
44:51qui s'est terminé
44:52par ce drame
44:53donc aucune réponse
44:54une peine
44:55qui ne désatisfait pas
44:56bien entendu
44:56et aucune réponse
44:58qui aurait pu
45:00les convaincre
45:01en tout cas sur
45:01l'origine
45:02de ce drame
45:03on n'en a pas
45:04beaucoup parlé
45:05pas assez
45:06d'ailleurs
45:06j'ai envie de dire
45:07dans cette heure du crime
45:08Sergio de Gouveia
45:09ce sont les
45:10petites filles
45:11de ce couple
45:13et les petites filles
45:14notamment de Laetitia
45:15de Lecluse
45:15elle y était très attachée
45:16et Daniel Rudinco
45:18aussi
45:18voulait absolument
45:19lui aurait aimé
45:19garder ses filles
45:22elles
45:23elles sont
45:24les victimes
45:24directement collatérales
45:26de cette horreur
45:29elles se sont retrouvées
45:30quelque part orphelines
45:31donc plus de
45:32plus de maman
45:34les juges ont retiré
45:35donc l'autorité
45:36parentale
45:37donc à Daniel Rudinco
45:38elles ont été par la suite
45:40hébergées
45:41accueillies
45:41chez Tony
45:42donc le frère
45:43de Laetitia
45:44avant de prendre
45:45a priori
45:45le chemin
45:46d'un davidage d'enfants
45:47dans le Pas-de-Calais
45:48le département d'origine
45:49de Laetitia
45:50de Lecluse
45:51la suite
45:52on ne la connait pas
45:53très bien
45:53mais voilà
45:54donc c'est une vie
45:55malheureusement d'orphelines
45:56qu'elles ont connues
45:57en partie en tout cas
45:58même s'il y avait
45:58la famille de Lecluse
45:59qui pouvait leur rendre visite
46:00régulièrement
46:01il est bon de le souligner
46:04parce qu'effectivement
46:04il y a toujours
46:04des victimes collatérales
46:06dans ce genre
46:07d'affaires
46:08maître Gérard Welser
46:11on a entendu
46:12ce que disait
46:12maître Laurent Bentz
46:13c'est l'avocat
46:14de la famille
46:14de Laetitia de Lecluse
46:16je trouvais qu'il parlait
46:17très bien
46:17et il disait
46:18qu'effectivement
46:19il voulait garder
46:20ce corps
46:20dans sa cave
46:21est-ce que vous avez
46:23compris ça aussi
46:24les choses comme cela
46:25c'est-à-dire que
46:26enfin il avait à elle
46:28elle ne pourrait plus
46:29partir
46:29jamais
46:30elle voulait partir
46:31mais là
46:31elle ne partirait plus
46:33oui vous savez
46:35M. Richard
46:35c'est toujours difficile
46:36d'interpréter
46:37ce qui s'est passé
46:41M. Rudenko
46:42a commis
46:42l'irréparable
46:43il a été
46:44catastrophé
46:46la victime
46:47Laetitia
46:47et vous avez raison
46:48de parler des enfants
46:49qui sont
46:50d'autres victimes
46:51qui avaient 9 ans
46:52et 7 ans
46:52à l'époque
46:54voilà
46:54que voulait-il
46:56au niveau psychologique
46:57ou psychiatrique
46:58je me garde toujours
46:59d'essayer de trouver
47:00ou d'interpréter
47:02des situations
47:03le drame est là
47:04la justice est passée
47:06et c'est très bien
47:06qu'elle soit passée
47:07Et il est toujours
47:09incarcéré
47:10votre client
47:10M. Gérard Welser
47:12Je pense
47:13je pense
47:14alors vous savez
47:14que nous les avocats
47:16M. Richard
47:17vous connaissez bien
47:19on ne
47:20c'était
47:21un procès
47:22qui a eu lieu
47:23il y a 9 ans
47:24je vous avoue
47:24que je n'ai plus
47:26d'informations
47:27Bien sûr
47:27Qu'est-ce qu'il a voulu faire
47:29votre client
47:29M. Gérard Welser
47:30avec le recul
47:31on se dit
47:32c'est une vengeance
47:33mais une vengeance
47:34tellement terrifiante
47:35qu'elle va au-delà
47:36de l'imagination
47:37qu'est-ce qu'il cherchait
47:38à faire
47:38encore une fois
47:39en détruisant cette femme
47:40et en essayant
47:41de la camoufler
47:42Je pense
47:44qu'il n'y a plus
47:45de logique
47:45je pense qu'il est
47:47rentré dans une phase
47:48où il n'y a plus de logique
47:49il se trouve
47:50il donne un coup de couteau
47:51sa femme meurt
47:54et au lieu
47:55d'appeler les secours
47:56il va cacher
47:57le corps
47:58pour ne pas savoir
47:59c'était sûr
47:59qu'il allait être retrouvé
48:01la qualité des enquêteurs
48:03faisait qu'on n'allait pas
48:04leur faire
48:05avec ses faux SMS
48:06avec ses faux
48:06c'était sûr
48:07mais il n'y a plus de logique
48:08il était rentré
48:09dans une logique
48:11criminelle
48:12et il n'y a plus de logique
48:13et après interpréter
48:14ce qu'il veut
48:15on ne sait pas
48:16lui seul le sait
48:17et encore
48:18et encore
48:19effectivement
48:19en tout cas
48:20ce secret
48:20il est bien gardé
48:21il sortira sans doute
48:22jamais
48:22Sergio de Gouveia
48:24journaliste à Vosges
48:25matin
48:25je vais terminer
48:25cette émission
48:26avec vous
48:27quel est le moment
48:28qui vous a le plus marqué
48:29dans cette histoire
48:30vous faites beaucoup
48:30de faits divers
48:30Sergio de Gouveia
48:31vous connaissez bien
48:32la chose judiciaire
48:33qu'est-ce qui vous a
48:33le plus marqué
48:36qui m'a le plus marqué
48:37c'est que
48:38j'ai rendu visite
48:39à Daniel Rudenko
48:40dans les jours
48:41qui ont suivi
48:41la disparition
48:42de Laetitia de Lécluse
48:43pour récupérer une photo
48:43pour faire un appel
48:44à témoin
48:44dans notre quotidien
48:45dans notre journal
48:47j'ai quelqu'un
48:48qui m'a fait face
48:49je lui demandais
48:50juste une photo
48:50il a commencé
48:51à m'expliquer
48:52pourquoi elle était partie
48:53et me montrer
48:54des textos
48:56avec des larmes
48:57aux yeux
49:00et là
49:00finalement
49:01avec le recul
49:01on se dit
49:02que c'était là aussi
49:02une mise en scène
49:03c'était de la comédie
49:05et ça c'est quand même
49:06assez troublant
49:07on se rend compte
49:07que finalement
49:08il a manipulé tout le monde
49:09il a baladé tout le monde
49:10depuis le départ
49:12merci beaucoup
49:13Sergio de Gouveia
49:14et maître Gérard Velzer
49:15d'avoir été tous les deux
49:16les invités de l'heure du crime
49:17merci à l'équipe de l'émission
49:18rédactrice en chef
49:19Justine Vigneault
49:20préparation Marie Bossard
49:21Lili L'Abbaye
49:23réalisation en direct
49:24Jonathan Griveaux
49:25Merci à tous

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