00:00Alors, plusieurs choses. D'abord, l'état quand même de fatigue de mes collègues, parce qu'il faut bien se
00:04rappeler que le 17 octobre est arrivé après quatre semaines de mobilisation,
00:08notamment des lycéens et des étudiants, que pour le 17 octobre, il y a déjà des repos qui ont sauté
00:13et que là, pour le coup, pour demain, tous les repos ont sauté.
00:17Voilà, donc...
00:18On a rappelé vos collègues qui étaient en repos.
00:20Oui, tout à fait, les compagnies républicaines de sécurité qui étaient neutralisées, elles ont été réactivées.
00:24Tous les collègues dans les bacs Brigade d'Anticriminalité, tous ceux qui doivent notamment faire ce qu'on appelle du
00:31chute de chute, de l'interpellation,
00:32pour combiner avec les unités de matière de l'ordre, elles vont être sur le pont, dans les grandes villes
00:36et dans les villes moyennes,
00:37parce qu'il faut bien se rappeler que le 17 octobre, ça a été aussi terrible dans des villes de
00:43moins grande importance que Marseille, Paris, Lille, par exemple.
00:48Il y a eu à Reims, il y a eu des trucs incroyables que nous ont raconté des collègues.
00:54Ils ont été attaqués, encerclés parfois.
00:57Il a fallu se débrouillir, c'est pour ça que tous ceux qui veulent qu'on nous supprime les armes
01:01intermédiaires,
01:02il faudrait qu'ils viennent faire un tour pour voir comment ça se passe quand une manifestation ou plutôt une
01:08guérilla urbaine ou une insurrection démarre dans un endroit,
01:11parce que c'est ça la réalité des choses.
01:13Et puis moi, je rappelle quand même qu'on en est à 1800 blessés dans nos rangs.
01:17C'est énorme.
01:17À titre de comparaison, les Gilets jaunes, c'est 2493 blessés en l'espace de 70 samedis.
01:23C'est quelque chose de l'intensité.
01:25Exactement, exactement.
01:26Donc quand j'entends parler comme quoi il y a des violences policières,
01:30tout ce lexique antiflique primaire,
01:34en plus là, évidemment, on a l'événement d'Orléans,
01:37puisqu'on attend pratiquement, je crois, 30 000 manifestants qui, à mon avis, vont être chauffés à blanc aussi par
01:45certains groupes que l'on connaît bien.
01:47Bon, ça va être une journée qui s'annonce compliquée en espérant qu'il n'y ait pas trop de
01:53casse
01:53et qu'on puisse encore une fois procéder à de l'interpellation, mettre à disposition de la justice,
01:58à condition, évidemment, qu'il y ait une suite pénale.
02:01Et là, pour l'instant, des dernières remontées qu'on a sur les bilans dans les juridictions,
02:07voilà, plus, il ne faut pas oublier que tous les mineurs,
02:09puisque la première vague, c'était 90% de mineurs,
02:12je vous rappelle que la césure pénale, en fait, les condamnations, elles n'arrivent pas tout de suite.
02:17C'est-à-dire qu'on dit d'abord est-ce qu'il est coupable ou pas,
02:19et puis après, un an plus tard, généralement, on attribue une peine.
02:24Simplement, sur le dispositif, est-ce que vous êtes quand même un peu rassuré,
02:27parce qu'on a l'impression qu'on a quand même mis les moyens
02:29qui n'avaient pas forcément été mis le week-end dernier ?
02:32Est-ce que c'est de nature à vous faciliter le travail, si vous me permettez l'expression ?
02:35Alors, c'est un plus, il y a 10 000 de plus que ce qui avait été mobilisé le 17
02:40octobre.
02:41Après, c'est évidemment la problématique que les consignes du ministère de l'Intérieur,
02:46et notamment du ministre, soient suivies des faits dans toute la chaîne hiérarchique.
02:49Et vous savez que, d'où c'est ce qu'Alliance, c'est ce qu'on dénonce,
02:52de ce qui a été fait, notamment au préalable, avant le 17 octobre.
02:56C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on a fait un recours contre l'État,
02:59notamment en responsabilité, parce qu'il y a eu des dysfonctionnements,
03:03il y avait des décisions et des ordres qui étaient contraires
03:06par rapport à ce que disait le ministre.
03:08Donc, j'espère que tout le monde a bien entendu ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur ce
03:11soir,
03:12et que ce sera la réalité de ce qui sera ordonné ou dit dans nos collègues
03:17lorsqu'ils seront en difficulté sur le terrain.
03:20Alors, l'eau.