00:00Vous allez nous expliquer tout ça. Tout d'abord, qui sont ces hommes qui ne quittent jamais Emmanuel Macron ?
00:05Bien Anthony, ils appartiennent à une unité d'élite que l'on appelle le GSPR, le groupe de sécurité de
00:11la présidence de la République.
00:13C'est une unité qui a été créée en 1983 sous François Mitterrand.
00:17Et attention, ce ne sont pas de simples gardes du corps.
00:20Parmi eux, des gendarmes du GIGN et des policiers du service de la protection.
00:25Leur mission, anticiper le danger avant même qu'ils ne se présentent.
00:29Il y a environ 80 des policiers et des gendarmes qui sont réunis et qui sont chargés de protéger le
00:35chef de l'État dans sa vie officielle comme dans sa vie privée.
00:39Et leur mission ne s'arrête pas au président.
00:41Son épouse bénéficie elle aussi d'une sécurité rapprochée, bien qu'elle n'exerce aucune fonction officielle.
00:49Car tout le paradoxe de ce métier, Anthony, c'est justement de protéger le président sans pour autant donner l
00:54'impression de l'enfermer.
00:55Et qui est-ce qui protège le palais de l'Élysée lui-même ?
00:58Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas le GSPR.
01:02Cette mission relève, elle, du commandement militaire de la présidence de la République avec plus de 210 militaires renforcés par
01:09des gardes républicains.
01:11Et autour du palais, la préfecture de police sécurise également le quartier.
01:16Mais il y a aussi les uniformes, les sabres, les cérémonies dans la cour de nord que l'on aperçoit
01:20entre autres ici.
01:21Savez-vous que la grande relève de la garde, qui est une tradition pratiquement disparue depuis 1996, a été remise
01:28à l'honneur en 2023 ?
01:30Désormais, chaque premier mardi du mois, 32 militaires défilent devant les grilles de l'Élysée.
01:36Les Parisiens peuvent ainsi assister à ce spectacle.
01:39Alors il paraît que sous l'Élysée, mais là vous me l'apprenez, il existe un véritable bunker.
01:44Bunker, absolument, Anthony, sous les salons, sous les lustres, sous les dorures, se cache un véritable bunker, son nom, le
01:50PC Jupiter.
01:52C'est un poste de commandement souterrain qui est protégé derrière d'épaises portes métalliques,
01:58qui a été conçu pour permettre au pouvoir de fonctionner même dans les circonstances les plus graves.
02:04Et ce n'est absolument pas un décor de cinéma.
02:07On y trouve des salles de réunion, des bureaux, des moyens de communication ultra secrets.
02:12Certains visiteurs ont même comparé ces couloirs à ceux d'un sous-marin.
02:17C'est notamment depuis ce centre stratégique que le président peut donner l'ordre d'engager l'arme nucléaire.
02:23Imaginez la responsabilité.
02:25En 1979, Valéry Giscard d'Esta avait exceptionnellement autorisé des caméras à filmer les lieux.
02:31Et Emmanuel Macron, me direz-vous, voilà, on aperçoit ici le reportage, le seul reportage qui a été autorisé par
02:38Valéry Giscard d'Esta.
02:39Et Emmanuel Macron, me direz-vous, il y a notamment réuni des conseils de défense pendant la crise du Covid.
02:45Vous imaginez, Anthony, à quelques mètres plus haut, il y a les dorures de la République et en dessous les
02:49décisions les plus redoutables de l'État.
02:51Et lorsque le président quitte l'Elysée, comment ça se passe ?
02:54C'est là que le GSPR joue tout son rôle.
02:56Il va préparer les déplacements, il va travailler avec les autorités locales, il va accompagner le chef de l'État
03:01au contact des Français.
03:03Mais protéger un président au milieu de la foule, c'est une toute autre histoire.
03:07Souvenez-vous du 14 juillet 2002.
03:09Jacques Chirac descend les Champs-Élysées, debout dans son common car.
03:13Soudain, un homme sort une carabine dissimulée dans un étui à guitare.
03:18Il vise le président, il tire.
03:20Et savez-vous qui contribue à lui sauver la vie ?
03:22C'est un simple spectateur qui se précipite et qui détourne le canon de l'arme.
03:26D'autres vont intervenir, le tireur va être très vite maîtrisé.
03:29Jacques Chirac ne va absolument rien remarquer.
03:31Lorsqu'on lui apprendra qu'il vient d'échapper à une tentative d'assassinat, il répondra simplement « Ah bon
03:35? »
03:36Deux mots et tout le flègme de Jacques Chirac.
03:39Alors, Anthony, en fait, derrière les uniformes, derrière les voitures officielles, derrière les bunkers que l'on vient de voir,
03:45il y a surtout une réalité beaucoup plus grave, c'est que protéger, en fait, le président de la République,
03:50c'est pas seulement protéger un homme, vous l'avez compris,
03:52c'est protéger une institution et derrière elle, toute la continuité de l'État.