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Au lendemain de l’attaque qui a fait un mort et cinq blessés dans les Yvelines, quels éléments fondent la qualification terroriste et que sait-on de la menace que représente l’ultradroite en France ? L'analyse du journaliste Mathieu Delahousse, spécialiste des questions de police et de justice.

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Transcription
00:00Et un grand bonjour de la part de l'équipe de Recto Verso, le magazine de France Inter le week
00:04-end.
00:05Le samedi c'est Recto, retour sur l'actualité de la semaine.
00:08Et la France a vécu hier un acte de terrorisme raciste selon les mots du président de la République.
00:14Trappé verrière dans les Yvelines, un orme, tir, alarme automatique, un mort, cinq blessés, hospitalisés en urgence absolue.
00:22C'est un tournant pour notre nation, dit Emmanuel Macron.
00:25Retour sur les faits, sur cette menace aussi d'un terrorisme anti-musulman repéré par les services de renseignement depuis
00:32une dizaine d'années.
00:34Nous sommes avec Mathieu Delahousse, grand reporter au Nouvelle Ops, spécialiste des questions de police et justice.
00:40Acte 2 de la mobilisation sociale aujourd'hui.
00:42Beaucoup de manifestations interdites après les violences du week-end dernier.
00:46Comment préserver nos libertés de manifester dans le contexte de tensions de ce mois d'octobre ?
00:51Ce fut l'un des débats de la semaine.
00:53Notre deuxième invité est Arthur Desnouveaux, ancien président de l'association Life for Paris, créé après l'attentat du Bataclan.
01:00Au nom de ceux qui cassent, on nous incite à nous rassembler moins, dit-il.
01:05Dans un livre, Arthur Desnouveaux pose le diagnostic d'une France où s'effrite tout ce qui nous rassemblait jusque
01:11-là.
01:12Même les mots peuvent être piégés, même entre amis.
01:15C'est le sujet d'une pièce de théâtre aussi drôle qu'inquiétante.
01:18Quatre amis attendent l'avion des vacances dans l'aéroport pour une question de taille de valise.
01:23Une vilaine insulte fuse et le groupe explose.
01:26Le texte qui vient de paraître est signé Lola Lafon qui sera avec nous en fin d'émission.
01:30Recto Verso numéro 16.
01:32Bon week-end et bienvenue.
01:33France Inter.
01:37Recto Verso.
01:43C'est peu après dix heures que la police a été alertée.
01:46Trappes et verrières dans les Yvelines, un homme tire sur les passants.
01:49Le bilan ce matin est d'un mort et cinq blessés.
01:52Le parquet national antiterroriste est saisi.
01:55L'enquête ajoute la circonstance aggravante de racisme.
01:58Il a été arrêté rapidement dans sa cavale meurtrière.
02:01C'est un tournant dans la vie de notre nation, commente Emmanuel Macron.
02:05Notre premier invité ce matin est Mathieu Delahousse, grand reporter au Nouvelle Obs
02:09qui travaille depuis de longues années sur les questions de police et justice.
02:12Auteur entre autres chez Fayard de la Chambre des coupables sur ces jeunes gens qui voulaient porter le djihad en
02:18France.
02:18Bonjour Mathieu Delahousse.
02:19Bonjour.
02:20Alors la déclaration du président de la République hier soir à Trappes a été vivement critiquée.
02:24C'est la première fois, dit-il, qu'un acte terroriste est planifié pour tuer nos compatriotes
02:29en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne.
02:31Il a semblé oublier les attaques contre l'école Osaratora à Toulouse, l'hypercachère ou encore l'assassinat du père
02:37Hamel.
02:37Mais retenant tout de même ce mot de tournant, vous le reprendriez ?
02:40C'est toujours un tournant, hélas, un acte terroriste parce que je pense que c'est l'état dans lequel
02:45on est tous ce matin.
02:47Après un attentat, au lendemain d'un attentat, il y a la sidération de l'opinion publique.
02:50On voudrait ne pas y croire.
02:51Il y a les politiques qui parlent beaucoup, parfois avec des inexactitudes.
02:56Et effectivement, celle qui a été prononcée par le président de la République est une erreur factuelle au niveau juridique
03:03puisque deux fois déjà le parquet national antiterroriste avait allié cette circonstance de terrorisme et d'actes
03:09visant des personnes en raison de leur race ou de leur religion supposée ou réelle, puisque c'est comme ça
03:15que le texte le dit.
03:17Ces deux fois ont été appuyés sur argent en 2025, après une attaque contre une mosquée qu'on a oubliée
03:22peut-être,
03:23mais où il y avait eu un mort.
03:24Et puis également, deux autres cas avaient été retenus dans des affaires de djihadisme.
03:28C'est l'attaque de Zint-Etienne-Durouvray, dont on se souvient aussi, 2016, le père Hamel.
03:33Et puis l'attaque de la basilique de Nice en 2020.
03:36Et donc il y a la sidération, il y a les erreurs et puis les réactions politiques.
03:40Et puis pendant ce temps-là, il y a dans le silence le parquet national antiterroriste, la sous-direction antiterroriste
03:45qui travaille pour faire parler aujourd'hui le suspect, pour comprendre.
03:50On revient sur le travail qui va être mené dans les heures et les jours à venir.
03:53Parquet national antiterroriste saisi.
03:55Au fond, qu'est-ce qui donne à cet événement son caractère terroriste ?
03:59Qu'est-ce qui justifie que le PNAT soit saisi ?
04:01Alors le terrorisme a une définition extrêmement précise dans le code pénal.
04:06Ça aussi, parfois, on l'oublie dans les passions qui nous emportent, mais c'est de troubler gravement l'ordre
04:11public par l'intimidation ou la terreur.
04:14Et ensuite, des tas de critères se retrouvent pour le définir aux yeux de la loi.
04:18Sinon, ça ne tient pas et il arrive parfois que le PNAT abandonne ce genre de qualifications.
04:23Et évidemment, il y a d'abord la nature des faits.
04:27Là, il semble de façon assez claire, puisque pour le coup, le président de la République l'a dit, reprenant
04:31des notes de façon exacte,
04:32que l'auteur des faits attrapés à Verrières hier a opéré une forme de discrimination terrifiante et morbide lors de
04:41sa déambulation avec son arme semi-automatique,
04:45puisqu'il a évité des gens qui, manifestement, ne correspondaient pas aux cibles qu'il voulait atteindre.
04:50Et puis ensuite, il s'en est pris très clairement à cette victime de 26 ans qui a laissé la
04:57vie et puis s'est acharnée de plusieurs balles sur cette petite fille de 12 ans.
05:00Donc, il a choisi ses cibles et ça, ça fait partie des définitions claires qui permettent d'établir la définition
05:07du terrorisme et le racisme également par les critères que je viens d'évoquer.
05:10Il y a eu un peu de confusion sur le profil de l'assaillant hier. Quel va être là le
05:14travail dans les heures et les jours à venir des policiers ?
05:17Alors, il y a encore aujourd'hui beaucoup de confusion sur lui parce qu'en réalité, on a peu de
05:23choses.
05:23Je dis, on a peu de choses médiatiquement, mais les services, pour le moment, sont en train de faire parler
05:28sa mère qui a été placée en garde à vue,
05:30le faire parler lui, 96 heures de garde à vue, ça va durer longtemps. Il n'était pas manifestement en
05:35état hier de parler, il m'a le faire.
05:36Parler ses supports numériques, parler ses voisins, parler ses employeurs et on va comprendre qui il était.
05:44C'est la grande difficulté qu'on a vue ces dernières années sur ce terrorisme-là, mais aussi sur le
05:50terrorisme islamique et de nature radicale, évidemment.
05:54C'était la façon dont on a pu voir des surgissants, c'est-à-dire des gens qui ne sont
05:59pas fichés par les servis de renseignement et pas même fichés par la justice.
06:02Celui-là est manifestement fiché par la justice pour des délits de droit commun, conduits en état d'ivresse, des
06:08choses comme ça.
06:08Mais la grande difficulté, c'est que le terrorisme, pendant très longtemps, a été un sport de long terme avec
06:16une façon d'aller chercher des éléments qui prenaient beaucoup de temps pour se constituer,
06:22des adhésions dans des réseaux, des écoutes téléphoniques qui duraient longtemps.
06:25Là, ça va plus vite ?
06:26Là, ça va plus vite, mais ça a été le cas dans beaucoup d'attaques au couteau, d'attaques qui
06:30se sont déroulées aussi avec des revendications dont on parlait tout à l'heure sur un autre spectre du terrorisme.
06:36Mais c'est des gens qui, entre guillemets, pour être très simple, arrivent de nulle part.
06:40Caractère terroriste, circonstance aggravante de racisme, est-ce que ça nous mène automatiquement ou très probablement vers une mouvance d
06:47'ultra-droite ou vers un profil qui pourrait être d'une mouvance d'ultra-droite ?
06:50La difficulté, ce sera de caractériser cette mouvance.
06:53Mais encore une fois, comme cet autre terrorisme dont je parlais tout à l'heure, parfois il n'y a
06:56pas d'étiquette, il n'y a pas de raison sociale, il n'y a pas de dossard.
06:59Cette période est terminée et c'est bien ça qui rend les choses très difficiles.
07:03Ce sont des gens, dans les deux cas d'attentat, qui baignent dans une idéologie très forte, très marquante, qu
07:09'ils ont beaucoup ressassée, avec lequel ils se sont beaucoup nourris et qui les ont amenés à ce passage à
07:15l'acte.
07:15Passage à l'acte, si on reparle de cette affaire-là, très prémédité.
07:18Parce que quand on part de chez soi en mettant des bouteilles de gaz et un minuteur et en s
07:22'étant armé, c'est qu'on est effectivement dans une préparation.
07:25Une des questions de l'enquête, ce sera de savoir s'il y a eu des repérages, pourquoi vendredi, pourquoi
07:30un quartier proche de mosquée, etc.
07:32Tout ça, ce sont des détails qu'on ne connaît pas.
07:34Mais est-ce qu'il y a une mouvance déterminée pour reprendre votre question ?
07:36Oui.
07:37On le verra, mais ce n'était pas forcément le cas dans des affaires récentes, puisque, effectivement, il y a
07:43une forme d'idéologie qui nourrit ces personnes qui passent à l'acte, sans qu'elles soient étiquetées.
07:50Mais c'est une idéologie qui baigne dans l'information, information de la presse généraliste, mais beaucoup plus souvent des
07:57réseaux sociaux, d'une forme de tunnel informationnel dans lequel ils se retrouvent.
08:02Et s'exaltent, y compris les personnes ici.
08:04Ils s'exaltent eux-mêmes, ils s'exaltent entre eux.
08:06Et je me souviens d'avoir fait plusieurs procès comme journaliste concernant des individus d'extrême droite.
08:14Aujourd'hui, la défense de ces individus consistait souvent à dire que les éléments qui étaient saisis sur Facebook, qui
08:22étaient saisis sur Telegram, sur leur messagerie, finalement étaient, oui, des conversations racistes.
08:27Oui, des conversations extrêmement violentes envers les personnes racisées, immigrées, etc.
08:32Mais l'argument de la défense était de se dire que finalement, c'était un discours qu'on entendait dans
08:35la société ordinaire.
08:37Et c'est bien là que la difficulté se pose, c'est qu'on se trouve dans une capillarité qui
08:41n'est pas mathématique, qui n'est pas formalisée,
08:44mais entre une pensée d'ultra-droite très marquée et des pensées qui semblent banales.
08:49Et c'est bien ça.
08:50C'est la banalisation du discours qui amène le passage à l'acte.
08:52Et une atmosphère, je voudrais qu'il nous reste très peu de temps qu'on parle de cet article que
08:56vous avez publié hier soir sur le site du Nouvel Ops.
08:58Le terrorisme anti-musulman est depuis dix ans un sujet de préoccupation constante des services de renseignement et de la
09:04justice anti-terroriste.
09:05Quels éléments justifient cette inquiétude ?
09:08Alors, depuis 2015, date des attentats islamistes radicaux qui ont frappé la France,
09:14beaucoup de ces gens d'ultra-droite se sont réunis dans une volonté de se mettre dans une logique de
09:22vengeance.
09:23Et très vite, à la fois le parquet national antiterroriste, la Cour d'appel de Paris et les services se
09:27sont mis en avant sur le fait que ce risque existait en forme d'une vengeance.
09:33On les appelle les néopatriotes. Ce sont des gens qui sont convaincus d'être des précurseurs.
09:38Ils sont peu nombreux judiciarisés puisqu'il y a eu, pour le moment, 10% d'activité du PNAT.
09:44On peut considérer que 70% c'est le djihadisme.
09:47En revanche, ce sont des gens qui sont convaincus d'être précurseurs et qui s'influencent de façon directe ou
09:53indirecte de grands mouvements
09:54qui ont donné lieu à des attentats, mais aussi à des écrits, des manifestes extrêmement documentés aux Etats-Unis.
10:00Il faut se référer à ce que disait Brennan Tarrant en 2019, qui est celui de Christchurch en Nouvelle-Zélande.
10:05Aux Etats-Unis, tous ces écrits ont circulé, avec notamment la méthode d'aller faire des fusillades dans des quartiers,
10:11mais aussi d'aller à la confrontation de façon très forte.
10:15Et il y a un autre idéologue, si on peut l'appeler comme ça, de ce mouvement qu'il qualifie
10:20d'accélérationniste.
10:21C'est une affaire d'aujourd'hui. C'est une affaire de gens qui veulent accélérer la confrontation entre les
10:25communautés
10:26parce qu'ils pensent qu'on n'y arrivera pas, qui a théorisé cet homme, ce qu'il appelle le
10:29djihad blanc,
10:30qui ne veut rien dire, mais qui est totalement terrifiant, c'est-à-dire d'employer les mêmes méthodes
10:34que ceux qui ont commis les attentats de 2015 pour les appliquer aujourd'hui dans l'optique d'une grande
10:40confrontation.
10:41Tout cela, évidemment, n'est pas formalisé.
10:43On ne sait absolument pas si c'est formalisé dans l'auteur qui est aujourd'hui en garde à vue,
10:46mais il y a ce courant de pensée qui existe.
10:49Et cette idéologie du grand remplacement qui influence aussi les hommes de cette mouvance.
10:55Merci beaucoup Mathieu Delahousse.
10:57La chambre des coupables, c'est chez Fayard, sur ces jeunes gens qui voulaient porter le djihad en France.
11:02Dans un instant, réflexion sur les mythes de la République qui s'effondent,
11:07sur ce que nous n'avons plus en commun et comment le climat actuel risque d'aggraver cela.
11:11Arthur Desnouveaux, ancien président de l'association Life for Paris, c'est notre invité.
11:21D'abord, l'un des titres qui est devenu la bande-son des manifestations lycéennes Aya Nakamura et la rafleuse
11:26Sexy Nana.
11:28C'est toujours ma faute, tu dis, que si je te perds, je vais subir, que j'en fais trop,
11:36je comprendrai ma faute.
11:38Je le mérite bien, d'après lui, je fais trop la go, mais je suis cul.
11:41Je suis pas dit, t'es pas compagnie, oh, papi, t'as papier kit.
11:47Remercie, mes go me remercie, je l'ai laissé dans son gourmand, donc qu'est-ce tu au NS ?
11:53Est-ce que t'as la méthode pour sexy Nana ? Mode d'emploi, il faut avoir pour sexy Nana.
12:00Moi, je suis matrixée, je suis matrixée, mais pas ta Nana.
12:03Sexy Nana, sexy Nana.
12:07Ma baby, c'est sexy Nana, Chanel, Gucci, Prada, shopping, galerie, spaché, bradant.
12:13Je vais cacher les affaires, je vais cacher les affaires, je vais cacher les affaires, je vais emprunter.
12:17Je prends plus d'une heure pour s'appéter, je la casse, mais ça a pété.
12:20Je vais m'bérouiller, mettre face à Haiti.
12:22J'allais fraquer même le samedi, pas du temps pour la guerre, c'est un petit.
12:25J'ai pas exprès, en cabine, c'est un type.
12:27En cabine, c'est un type, ils vont savoir plus, je vais lui montrer un truc.
12:30Elle prend, je regarde, je suis passager, maintenant je me suis assagi.
12:34Je connais la pandémie, le chat il court quand la souris passe.
12:37On sourise sous la carapace, tourner, tourner dans la pièce.
12:40J'ai déjà mes gants, faut me donner la dresse.
12:42Je suis connu, c'est pas pour faire du rap.
12:43J'ai des billes pas au percance, je le serre avant qu'il part en vacances.
12:46Je lui laisse des fleurs, on me demande à booker.
12:48Clique la semaine, je suis overbooké.
12:50On te laisse à poil, on va pas trop looker.
12:53Le petit sens, pas meurre, c'est ma vie qui coule.
12:54Toujours hyper, c'est un mot et c'est cool.
12:56C'est pénurie ou pas, le produit, c'est cool.
12:58Clique pas, mais ça reste cool.
12:59Que t'as la méthode pour sexy nana, mode d'emploi il faut avoir pour sexy nana.
13:05Moi j'suis matrixé, j'suis matrixé, mais pas ta nana.
13:08Sexy nana, sexy nana.
13:11Ror, ror, ror, ror.
13:12Ma paye, c'est une sexy nana.
13:14Chanel, Gucci, Prada, j'soupe une galerie, c'est pas chez Prada.
13:18Mais elle cache les affaires, j'peux en quoi ?
13:20J'me cache les affaires, j'peux en bras.
13:22Viens, prends plus d'une heure pour ça péter.
13:26Elle est trop fraîche, ma nana.
13:27Tu les éteins toutes, les éteins tous.
13:29Je vais jamais faire, ma nana.
13:31J'ai la carte depuis le collège.
13:32T'es pour quoi ?
13:33Avant de me parler, rien de formation.
13:36C'est mieux pour tout finir.
13:37Ror, ror.
13:40Ayana Kamoura et la rafleuse sexy nana sur France Inter.
13:46Recto, verso.
13:50Bruno Duvic.
13:53En deux mots, une semaine de tensions vues d'un bout de France.
13:57Le quotidien, Ouest France, édition Les Sables d'Olonne, Vendée, raison personnelle.
14:01Et à travers les pages, un regard plus large sur le Grand Ouest, région a priori tranquille.
14:05A la une lundi, le chaos.
14:06Même à la Roche-sur-Yon, préfecture de Vendée, les violences ont tout écrasé.
14:10Les manifestants avaient pourtant des choses à dire.
14:13Dans le cortège de Chaland, sous préfecture.
14:15Catherine, auxiliaire de vie, je touche le SMIC.
14:18On en a pour 300 euros d'essence.
14:19Il faut choisir entre travailler ou nourrir sa famille.
14:23C'est du jamais vu.
14:24Mardi, récite un rassemblement contre la violence.
14:26200 personnes sur la place de l'hôtel de ville des Sables.
14:29La France qui se serre les coudes.
14:30Ce sont aussi les 500 personnes réunies sur la grande plage.
14:34Dans le cadre d'octobre, rose.
14:35On récolte de l'argent pour les maladies et la recherche.
14:38Vendredi, reportage dans une laverie de Rennes.
14:41Le client s'appelle Gaël.
14:4343 ans, il travaille dans un foyer pour adultes handicapés.
14:46La laverie parce qu'il y a peu de place dans son studio de 18 mètres carrés.
14:50Gaël est agacé par ses médias qui disent que tout va mal.
14:53Il a la peau foncée.
14:54Le racisme, ça se sent.
14:56Mais on ne sait jamais vraiment si c'est ça.
14:58Comme ceux qui cherchent une place dans les transports.
15:00Et évitent de s'asseoir à côté de toi.
15:03Samedi, ce matin, manifestation interdite dans le centre de la Roche-sur-Yon.
15:06Le cortège de la CGT devra défiler un peu à l'extérieur.
15:10Alors que la tuerie de Trappes est à la une.
15:12En dernière page, sujet magazine, à Lagnon, Côte d'Armor.
15:15Depuis dix ans, un collectif tisse des liens entre musulmans et chrétiens.
15:20L'assassinat du père Hamel en 2016 a été le déclencheur.
15:23Le dimanche suivant, plusieurs musulmans assistaient à la messe.
15:26Avant ça, on ne se connaissait pas du tout, dit le diacre de la paroisse.
15:30Commentaire d'une des membres actives d'un moment terrible est né quelque chose de très beau.
15:459h30
15:47On a appris il y a quelques instants que la plateforme des Gilets jaunes appelait un nouveau rassemblement.
15:53Ce sera une journée d'ampleur, lycéens, étudiants, syndicats, gilets jaunes, quartiers populaires, paysans.
16:00Mouvement climat, infirmières, pompiers.
16:02Je pense que le gouvernement ne prend pas la mesure de cette colère.
16:06Nous déploierons les forces sentinelles, évidemment.
16:08Il nous faut renforcer les unités déployées en mobilisant la BRI, le RAID, le GIGN, les hélicos, les centaures, les
16:15engins, leurs sourdots.
16:16Les règles sont simples.
16:17La recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir.
16:20Les gens qui veulent continuer à manifester, quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut,
16:24on interdira.
16:25Pour protéger nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments publics.
16:30Et notre deuxième invité va nous aider à recoller les morceaux, si c'est possible, fixer quelques idées après cette
16:36semaine de tensions sociales, d'images de violences et d'incertitudes politiques.
16:40Acte 2 de la mobilisation nationale contre la vie chère, vous venez de l'entendre, cela se déroule dans un
16:45cadre beaucoup plus contraint que la semaine dernière, après les pillages de samedi et dimanche.
16:52Bonjour Arthur Desnouveaux, il y a beaucoup de raisons pour lesquelles on avait envie de vous entendre ce samedi.
16:57Nous avons fait votre connaissance dans un autre moment de grandes tensions en France, contexte radicalement différent.
17:03Vous étiez au Bataclan le 13 novembre 2015, vous avez ensuite pris la tête de l'association Life for Paris.
17:08Vous avez publié cette semaine dans le monde une tribune intitulée « Encore une fois, au nom de ceux qui
17:13cassent, on va nous inciter à manifester moins, à nous rassembler moins, à contrôler davantage ».
17:19Vous sortez aussi un essai intitulé « L'impasse réflexion sur la radicalisation du débat et les mythes de la
17:25République qui s'effondrent ».
17:27Un facteur de radicalisation, ce sont les réseaux sociaux que vous regardez de très près.
17:32Question d'abord, vous aviez eu cette expression après le 13 novembre « Le terrorisme, c'est la tranquillité impossible
17:38».
17:383000 commerces pillés, dégradés ou cambriolés à travers le pays, 2400 interpellations.
17:43Est-ce que dans un contexte radicalement différent, il y a aussi le sentiment d'une tranquillité impossible en ce
17:48moment en France ?
17:50Je ne suis pas certain que ce soit de la même nature que ça procède, parce que ça se déroule
17:57quand même en marge de manifestation, donc on sait quand ça va arriver.
18:00La grande force, malheureusement, du terrorisme, c'est que ça peut arriver n'importe où, n'importe quand, contre n
18:05'importe qui, avec n'importe quelle modalité.
18:06On l'a vu tristement hier. Non, moi j'ai envie de dire qu'en ce moment, ce qu'on
18:10vit, c'est plutôt l'unité impossible.
18:12Et ça, c'est grave, parce que c'est quand même la base, évidemment, de toute société, la base de
18:17notre République.
18:18Et on a perdu le sens de l'unité, parce que l'unité, elle ne se décrète pas.
18:23L'unité, elle doit se construire en étant convaincue que chacun est indispensable pour la faire.
18:29Et il me semble que c'est ça qu'on perd en voyant ces images-là.
18:32Il y a plein de raisons pour lesquelles on est en train de perdre l'unité. On va les détailler.
18:36Le philosophe Pierre-Henri Tavoyot, à votre place, à ce micro il y a quelques jours sur France Inter, parlait
18:41d'embryons de guerre civile.
18:43Est-ce que vous iriez jusque-là ?
18:45Il ne me semble pas qu'on en soit à avoir des camps qui s'affrontent.
18:48Il me semble que si on regarde les choses un peu factuellement, il y a beaucoup de manifestants pacifiques qui,
18:53eux, s'inscrivent dans la loi.
18:54Il y a ensuite des factieux qui, eux, veulent s'opposer à la loi, aller brûler la mairie de Limoges.
18:59Et puis, il y a une frange qui est assez nouvelle, en tout cas par sa taille, qui, elle, est
19:04juste indifférente à la loi.
19:06C'est ce qu'on appelait, si on veut faire de la philosophie, l'anomie à une époque.
19:10Et qui consiste à dire, en fait, moi, la loi ne m'intéresse pas.
19:14J'ai envie de piller, je pille.
19:15Peut-être que dans un cas infime, j'ai besoin de piller.
19:18Et puis quand je pille, d'ailleurs, je me filme et puis je le mets sur les réseaux sociaux.
19:21Et ça enclenche quelque chose de nouveau.
19:23Il ne me semble pas que ça, ce soit encore la guerre civile.
19:26On pourrait avoir un débat un peu plus important, je pense.
19:29C'est ce qu'a dit Mathieu Delahousse avant.
19:31Sur l'accélérationnisme, l'attentat d'hier qui, lui, voudrait déclencher la guerre civile.
19:36Là, j'ai quand même plutôt l'impression qu'on est dans des couloirs de nage qui, pour l'instant,
19:41ne se rendent pas dedans.
19:42Alors, je le disais, les manifs d'aujourd'hui se déroulent dans un contexte juridique beaucoup plus contraint.
19:48Enfin, dans votre tribune du Monde, vous partez d'une évolution entre deux moments lors de cette terrible année 2015.
19:53Attentat de janvier 2015, Charlie Hebdo, Montrouge, Hypercachère.
19:57Plus d'un million et demi de personnes marchent pacifiquement le 11 janvier à Paris.
20:01Quatre millions en France pendant le week-end.
20:03Dix mois plus tard, les attentats du 13 novembre.
20:06Personne ne peut défiler.
20:07L'état d'urgence est en place.
20:08Et cette évolution mérite réflexion, écrivez-vous.
20:11Quelle réflexion ?
20:12On a déclenché l'état d'urgence par peur.
20:16Et c'était probablement justifié.
20:17On l'a déclenché pour deux semaines.
20:19On a aboli tout un tas de droits fondamentaux.
20:21On a déclenché tout un tas de perquisitions qui n'ont pas aidé à régler le problème du 13 novembre.
20:25Ce n'est pas ça qui a réglé ça.
20:27Mais face à la peur, on a en fait pris cette habitude de réduire les droits de tous.
20:32C'est ce qui se passe en ce moment ?
20:33C'est très clairement ce qui se passe en ce moment.
20:35Je pense qu'il ne faut pas non plus être angélique.
20:37Il y a des moments où on doit le faire.
20:41Mais dans ce cas-là, il faut quand même que le discours politique soit à la hauteur.
20:43Qui dise, écoutez, je restreins vos libertés.
20:46C'est grave.
20:47J'en ai conscience.
20:48Et je vais tout faire pour qu'elle revienne le plus rapidement possible.
20:51Cet implicite-là, je ne l'entends plus.
20:53A l'époque, l'état d'urgence, on nous avait quand même vendu qu'il était là pour deux semaines.
20:56La réalité, c'est qu'il a duré deux ans.
20:57Mais au moins, il a fallu se justifier de manière régulière.
21:00C'est ça.
21:00Ce que vous dites, c'est que les mesures juridiques et les pratiques, au fond,
21:02on les applique en principe ponctuellement.
21:05Et puis en fait, elles s'inscrivent dans les mentalités, voire dans le droit.
21:08Là, on est en train de créer un précédent sur la possibilité pour un président de la République
21:13de descendre dans l'arène et de décider de quelle manifestation il autorise,
21:16quelle manifestation il n'autorise pas, sur des bases pas claires, sans promesse que ça revienne.
21:20Je ne vais pas vous faire un dessin.
21:22On ne sait pas qui dirigera le pays demain.
21:24Mais ce précédent-là pourrait être utilisé pour toute autre chose.
21:27Et donc, ces libertés fondamentales, il faut quand même y toucher avec la main tremblante.
21:31Ça ne m'a pas l'air d'être ce qui est en train de se passer.
21:33Alors, il y a ce que vous dites à l'instant.
21:35Et puis, il y a ces commerçants dont les magasins ont été pillés,
21:38qui, au-delà de la peur physique qu'ils ont dû ressentir,
21:40ont perdu en quelques heures le fruit d'un des travails samedi dernier,
21:44sans la certitude d'être pleinement remboursés,
21:46de pouvoir recommencer comme si de rien n'était.
21:48Il y a eu des attaques contre des bâtiments publics.
21:50Vous évoquiez la mairie de Limoges.
21:52On est au cœur d'un autre droit fondamental.
21:54Quel droit à la sécurité ?
21:56Au nom de ces gens-là et de tout cela,
21:59on peut se dire qu'au fond, deux précautions valent mieux qu'une ?
22:02Oui, encore une fois.
22:03Oui, mais non, je sens.
22:04Non, oui, mais à condition d'expliquer pourquoi est-ce qu'on a raté le week-end dernier.
22:08Pourquoi est-ce qu'après les gilets jaunes,
22:10on n'a pas mis en place une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre ?
22:13Pourquoi est-ce qu'on n'a pas les outils juridiques ?
22:14On a quand même entendu le garde des Sceaux dire qu'il fallait utiliser
22:17la loi contre le narcotrafic et la criminalité organisée
22:20pour faire durer les gardes à vue des pilleurs.
22:23Ça, c'est un détournement de l'état de droit.
22:25Et donc, évidemment que ces commerçants ont droit à ça.
22:27Évidemment qu'il faut mettre le maximum de policiers
22:29pour empêcher que ça se reproduise là.
22:30pas, mais il faut aussi un discours de vérité
22:33et dire écoutez, on n'est pas en état
22:36d'à la fois assurer des manifestations pacifiques
22:38et d'assurer la tranquillité des commerçants.
22:41Donc on fait un choix.
22:42Mais ça nous engage aussi à faire des réformes profondes de ce point de vue-là.
22:46C'est cette deuxième partie que je n'ai pas entendue.
22:48Mais évidemment, il faut que les commerçants soient protégés
22:50et que d'ailleurs, on ne leur intime pas
22:53une forme d'autodéfense,
22:54ce qui est un peu en train d'arriver
22:55et qui là serait peut-être un prémice de la guerre civile.
22:58Vous regardez de très près les réseaux sociaux
23:02et étudiez de près l'intelligence artificielle
23:05en tant que conseiller d'Arlequin AI
23:07dans lequel vous avez investi également
23:10et qui veut proposer un modèle différent
23:13de moteur d'intelligence artificielle.
23:16Est-ce que ce qui circule sur les réseaux sociaux,
23:18au fond, de la parole sur les réseaux sociaux
23:20au climat de tension qu'on connaît actuellement,
23:22est-ce que vous faites un lien direct
23:24et comment vous l'établissez ?
23:25Je pense qu'il y a beaucoup de choses
23:27qui se passent sur les réseaux sociaux.
23:29La première, c'est que les réseaux sociaux,
23:30ils ont permis à la critique
23:32de devenir la seule manière de réfléchir.
23:34On est vraiment passé du cogito ergo sum
23:36au critico ergo sum,
23:40qui n'est pas tant
23:41je critique donc je suis
23:42que je critique donc j'existe.
23:44Et là-dedans, il y a quand même
23:46une nuance qui a complètement disparu.
23:48Il n'y a plus d'espace pour les modérés
23:49et on intime en permanence à chacun
23:51de choisir son camp
23:52sans possibilité d'être ailleurs
23:54que dans les extrêmes.
23:55Ça, c'est la première chose
23:56que les réseaux sociaux font
23:57et ça, c'est beaucoup vrai sur xTwitter.
24:00Ensuite, il y a la force des images
24:02et des algorithmes,
24:03de ces bulles de filtre
24:04et c'est cette catégorie de manifestants
24:07dont je parlais tout à l'heure
24:07qui ont l'air désintéressés par la loi,
24:09complètement indifférents,
24:10qui en fait voient en partie
24:12les pillages comme un jeu,
24:14qui voient ces vidéos de pillages
24:15remises en permanence
24:17par leur algorithme
24:18qui mélangent ça d'ailleurs
24:19avec des mèmes,
24:20avec le fait de danser
24:21devant des barricades en feu
24:22et ainsi de suite
24:23et qui, eux, participent
24:25d'une certaine forme
24:26de sortie de la société
24:28par ces plateformes
24:29qu'on régule très mal
24:30avec en plus des jeunes
24:31qui ne sont pas encore
24:32pleinement citoyens,
24:33qui n'ont pas les droits
24:34qui vont avec
24:34et qui donc se retrouvent
24:36plus là-dedans
24:36que dans des discours institutionnels.
24:39Et ça, ça pose quand même
24:40la question de la régulation
24:41des plateformes,
24:42de la régulation de leur contenu.
24:43Mais c'est là aussi
24:44qu'il faut être prudent
24:45et pas dire
24:46on va interdire
24:47les réseaux sociaux
24:48pour tout le monde
24:48dès qu'il y a des troubles.
24:50Pareil, ça fait partie
24:51des libertés des gens
24:51d'aller sur ces réseaux.
24:53Cela dit, vous dites
24:53que même les attentats
24:55du 13 novembre
24:57donnent lieu
24:58à des discours
24:59de récupération politique,
25:02idéologique
25:03et que donc, au fond,
25:04même quelque chose,
25:05un événement aussi fondamental
25:08et a priori rassembleur
25:10hélas que le 13 novembre,
25:11aujourd'hui,
25:11donne lieu
25:12à des clivages
25:13et des divisions.
25:15Expliquez-nous
25:16comment vous l'avez repéré.
25:17Moi, alors,
25:18je l'ai repéré
25:18tout simplement
25:19parce qu'à chaque commémoration,
25:20je vois arriver
25:21des récits autour du Bataclan
25:23qui maintenant
25:23sont d'ailleurs
25:24beaucoup repris
25:24aux Etats-Unis
25:25et qui essayent
25:26de créer de la division,
25:27qui essayent
25:28de faire de l'essentialisme
25:29sur les terroristes
25:30et de ramener ça
25:31à tous les musulmans
25:32et ainsi de suite.
25:33Alors que tous ceux
25:33qui ont suivi l'affaire
25:34et le procès
25:35savent que c'est faux.
25:36Et en fait,
25:37ce qui se passe
25:37dans ces moments-là,
25:39c'est qu'on a vraiment
25:40une machine
25:40qui se met en route
25:42pour aller créer
25:43des narratives
25:43dans tous les sens.
25:44Et pourquoi est-ce
25:45que ça fonctionne bien
25:46avec le terrorisme ?
25:46Pourquoi est-ce que ça fonctionne bien
25:47après les émeutes ?
25:48C'est parce qu'en fait,
25:49les victimes suscitent
25:50une émotion
25:51qui est sans égale
25:52dans notre société.
25:52On est une société
25:53où il n'y a plus de héros,
25:54où tous les mythes républicains
25:55de l'ascenseur social
25:56et ainsi de suite
25:57sont un peu usés
25:58et où en fait,
25:59la douleur de la victime
26:00reste une puissance
26:03tellement évocatrice
26:03que tout le monde
26:04essaye de s'y raccrocher.
26:05Et malheureusement,
26:06je pense que cette puissance-là
26:07tellement émotionnelle,
26:09elle est vraiment coupée
26:12à l'émotion.
26:12Ça aboutit à ça ?
26:13Oui, quand on gouverne
26:14et surtout qu'on légifère
26:15à l'émotion,
26:16on privilégie le temps court,
26:18voire même la prévention
26:20de la violence,
26:21la prévention
26:22de toute expression politique
26:23à une réflexion
26:25plus poussée
26:25sur le long terme.
26:26Alors, ce qui est intéressant
26:27à propos de ce statut
26:28de victime,
26:29c'est que vous avez choisi
26:30de dissoudre
26:31l'association
26:32Life for Paris
26:33pour justement
26:34ne pas s'enfermer
26:35dans un statut de victime
26:37parce qu'au fond,
26:37vous estimiez que
26:38dix ans après les attentats,
26:40le travail d'accompagnement,
26:41d'accompagnement juridique
26:42avait été fait
26:43et que ne restait
26:44que cette figure morale,
26:46si j'ose dire,
26:46de la victime
26:47et pour le débat,
26:49il n'est pas sain
26:50de rester une victime.
26:51C'est ça le sens
26:52de cette dissolution ?
26:53Exactement.
26:54La puissance de la victime
26:56en tant qu'oracle
26:57qui peut avoir une place
26:58dans le débat politique
26:59me paraît très enfermante
27:00et très dangereuse.
27:01J'ai été victime,
27:02c'est ça qui a fondé
27:03le début de mon chemin,
27:04mais moi, en tout cas,
27:05j'avais le luxe
27:07parce que la justice
27:08avait fait son travail,
27:09parce que le devoir
27:10de mémoire était fait,
27:11de pouvoir dire
27:12j'ai été victime
27:12et je ne le suis plus
27:13et c'est un luxe
27:14qu'on partageait assez
27:14pour décider de dissoudre
27:15notre association.
27:16Il ne faut pas non plus
27:17que ce soit une injonction.
27:18Quand la justice
27:19n'est pas passée,
27:19quand la société
27:20ne reconnaît pas,
27:21quand on est en deuil,
27:23il y a sûrement
27:23une part de victimité
27:24qui reste un peu plus
27:25que pour moi.
27:26Pour autant,
27:27je pense qu'il ne faut pas
27:28qu'elle devienne constitutive
27:29et une définition
27:31de qui on est.
27:32Et c'est très important
27:33de faire la part des choses
27:34entre je traite ma victimité
27:36et j'essaye
27:37de redevenir quelqu'un d'autre.
27:39Mais voilà,
27:39j'y renonce à un moment
27:40parce que sinon,
27:41j'enferme moi-même
27:42mais aussi la société
27:43quelque part
27:44dans un discours
27:45qui est uniquement victimaire
27:46et qui n'apporte
27:47aucun progrès.
27:47Je fais le lien
27:48entre ce que vous disiez
27:49sur critico ergo sum.
27:52J'existe parce que je critique
27:54et au fond,
27:54l'absence de héros.
27:55La figure de la victime
27:56remplace l'absence de héros.
27:59Cette critique systématique
28:01contribue à saper
28:03les mythes de la République.
28:04Vous disiez
28:04l'ascenseur social
28:05et on voit bien
28:06la logique qui consiste
28:07à dire que voilà,
28:08l'un des mythes républicains,
28:09l'ascenseur social
28:10se dégrade
28:11mais tout est soumis
28:13à la critique.
28:14Vous citez des exemples
28:15dans le bouquin.
28:16tout est soumis
28:17à la critique
28:17et plus rien
28:18ne nous rassemble
28:19au fond.
28:20Cité Jules Ferry
28:21par exemple.
28:22Bien sûr,
28:22mais donnez-moi
28:23n'importe qui
28:24et je vous trouverai
28:24une critique
28:25à formuler contre lui.
28:26C'est ça qui est terrible
28:26et je suis même sûr
28:27que si je fais une recherche
28:28sur les réseaux sociaux,
28:29je trouverai quelqu'un
28:30qui a déjà fait cette critique.
28:31C'est-à-dire
28:31la révolution française
28:32c'est super
28:33mais il y a la terreur
28:34et il y a les guerres
28:34de Vendée.
28:35Jules Ferry,
28:36oui,
28:36l'école formidable
28:37mais le colonialisme.
28:38Il y a toujours
28:38oui mais.
28:39Voilà,
28:40on a la grande figure
28:41de De Gaulle
28:41et puis on va la ramener
28:42à d'autres choix
28:43qu'il a pu faire
28:44à une époque.
28:45Et en même temps,
28:45alors allez-y,
28:45pardon.
28:46Non,
28:46et je pense qu'on oublie
28:48à quel point la France
28:49c'est formidable.
28:49Enfin moi,
28:50j'ai quand même été victime
28:50de terrorisme.
28:51Les institutions
28:52m'ont aidé à me relever,
28:53la médecine,
28:53on m'a indemnisé,
28:54la justice,
28:55on a une recherche formidable,
28:57on a un modèle social formidable
28:58et en fait,
28:59je crois que c'est aussi ça
29:00ces manifestations.
29:01C'est de dire
29:01j'aime la France,
29:02je ne vois pas
29:03dans quel avenir
29:04elle se projette
29:05telle qu'on la gouverne
29:06aujourd'hui.
29:06Sur la critique
29:07qui sape les mythes,
29:08en même temps,
29:09vous êtes le premier
29:09à appeler à la nuance.
29:10C'est avoir un regard
29:12nuancé sur l'histoire
29:13de dire que Jules Ferry,
29:14oui,
29:15c'est l'école gratuite,
29:16laïque, obligatoire
29:16et le colonialisme.
29:18C'est ça la nuance,
29:18non ?
29:19Bien sûr,
29:20mais c'est ce qui fait aussi
29:21qu'on a toujours le droit
29:21de citer Jules Ferry
29:22sans être amené
29:23à ce qui aujourd'hui
29:25le salit quelque part.
29:26Et donc,
29:27on peut toujours dire
29:28que Jules Ferry
29:28est quelqu'un
29:29qui a apporté
29:29des progrès formidables,
29:31même si,
29:32par certains autres côtés,
29:33mais le vrai problème
29:34aujourd'hui,
29:35c'est qu'on nous interdit
29:36juste de citer Jules Ferry.
29:38Et c'est là
29:38que ça devient dangereux.
29:39On en vient à dire
29:40si vous n'avez pas
29:41un brevet
29:42plus blanc que blanc,
29:43en fait,
29:43vous n'avez pas le droit
29:44de citer dans le débat public.
29:45Il y a des gens
29:46qui ont des bonnes idées
29:46à un moment
29:47et puis qui après se perdent
29:48ou l'inverse.
29:49Il y a quand même
29:50une notion
29:50de chemin de vie
29:52qui fait qu'il faut
29:53pouvoir se rattacher
29:54aux bonnes idées
29:55sans avoir
29:56de certificat de pureté.
29:58Sinon,
29:58effectivement,
29:59tout le monde
29:59est discrédité
30:00et c'est un peu
30:01ce qui est en train
30:01de se passer aujourd'hui.
30:02Est-ce qu'il y a encore
30:03une possibilité
30:03d'universalisme
30:05dans ce cadre-là ?
30:07Je crois que oui,
30:08mais c'est la même chose
30:09que pour l'unité.
30:10L'universalisme,
30:11ça ne se décrète pas.
30:12Ça se construit,
30:14ça se vit
30:14et c'est important
30:15de rappeler
30:16que dans l'universalisme,
30:17chacun est indispensable
30:18et pas que chacun
30:20est utile.
30:20Il y a une notion
30:21d'utilitarisme
30:22qui est en train
30:22d'arriver
30:23dans le débat public
30:23avec des gens
30:24qui seraient utiles,
30:25d'autres pas,
30:25dont la parole ne...
30:26Non.
30:27On est une société,
30:28on prend tous les Français,
30:29du moins tous ceux
30:30qui respectent la loi
30:30et c'est ensemble
30:32qu'on construit
30:33de manière égalitaire
30:33une société.
30:35Sinon,
30:35on n'y arrivera pas
30:36et c'est probablement
30:37un des grands problèmes,
30:38c'est que la médiation politique
30:39ne fonctionne pas
30:39et qu'il y a beaucoup de gens
30:40qui se disent
30:40je ne suis représenté
30:41par personne.
30:43Restorez la fierté,
30:45vous passez par l'étape
30:46de la France
30:46des pavillons.
30:48Expliquez-moi le lien
30:49entre les deux
30:49parce qu'au fond
30:50là on vient de manier
30:50de grands principes
30:51et puis là tout d'un coup
30:52dans le livre
30:53vous revenez sur le terrain
30:55vraiment c'est le cas de le dire
30:56ça passe par là aussi
30:57expliquez-moi.
30:58Je pense qu'il faut trouver
31:00ce qui rassemble les Français
31:01et si vous leur demandez
31:02ce qu'ils veulent
31:03il y a cette possibilité
31:04de vivre dignement
31:04et de bien finir
31:05leur fin de mois
31:05et il y a la possibilité
31:07de posséder un chez eux
31:08alors qu'il y a un peu
31:09cette France pavillonnaire
31:10mais qui est cette notion
31:11de j'aimerais avoir
31:12un bout de territoire
31:13qui soit à moi
31:14qui soit mon territoire aussi
31:16sur lequel je suis maître
31:17dans le cadre de la République
31:19et ça fait partie aussi
31:20des choses qui sont très difficiles
31:22quand on entend les gens
31:23sur le pouvoir d'achat
31:24c'est que c'est difficile
31:24de se loger
31:25ça coûte extrêmement cher
31:26et on a probablement
31:27raté quelque chose
31:28on ne construit plus du tout
31:29de logements neuf
31:29on ne fait plus rien de tout ça
31:31alors qu'être Français
31:33ça passe aussi souvent
31:34par avoir de l'immobilier
31:36avoir un endroit
31:36dans lequel on se dit
31:37qu'on va pouvoir bâtir
31:39un foyer
31:39et inviter ses amis.
31:40Merci beaucoup Arthur
31:41des nouveaux
31:42d'être venu dans les studios
31:43de France Inter
31:43L'impasse c'est aux éditions
31:45Rio Bravo
31:46et on trouve sur le site du Monde
31:47cette tribune également
31:49dont nous avons parlé
31:50à suivre l'écrivaine Lola Laffont
31:51merci de votre collaboration
31:53quand un mot sème la zizanie
31:55dans un groupe d'amis
31:55c'est le texte d'une pièce de théâtre
31:57qui vient de paraître
31:58d'abord mesdames messieurs
31:59les Rolling Stones
32:00sur France Inter
32:01Never Wanna Lose You
32:11extrait du dernier album
32:12du groupe britannique
32:14Never Wanna Lose You
32:19Gold dust in my fingers
32:23Watch to pour away
32:27Money, blood and treasure
32:30Where it's gonna just gain faith
32:34It's not just in my shoebox
33:05Friends I can't recall
33:06Never Wanna Lose You
33:12Never Wanna Lose You
33:14Promise me
33:15Promise me
33:16You're always gonna stay
33:21Never Wanna Lose You
33:24Never Wanna Lose You
33:26Never Wanna Lose You
33:29Never Wanna Lose You
33:32Never Wanna Lose You
33:34Never Wanna Lose You
35:24Alors que le mien, le Adolphe français, s'écrit P-H-E
35:26Mais c'est pareil
35:29Je pensais que pour un normalien
35:30Tu serais un peu plus à cheval sur l'orthographe
35:32Non, à l'oreille, c'est pareil
35:34Vincent, ce que Pierre veut dire
35:36C'est que les gens ne vont pas entendre Adolphe
35:38Ils vont entendre Adolphe
35:40Tu comprends ? Comme dans éléphant
35:42J'aime bien quand tu me parles comme un attardé mental
35:45Excuse-moi, mais il faut être
35:46Attardé mental pour ne pas comprendre qu'on ne peut pas
35:48Appeler son fils Adolphe
35:51Extrait du prénom
35:52Quand un mot, ici un nom propre, sème la zizanie
35:54Dans un groupe de copains
35:55Parfois c'est un nom commun
35:56Trois femmes, un homme, quatre amis, quarantenaires
35:59Ils partent en voyage et attendent un avion
36:01Qui n'arrive pas dans un aéroport
36:02Une belle bande d'amis
36:03Ils s'appellent tous les jours
36:04Quand ils ne sont pas ensemble
36:06Ils se connaissent comme le moindre recoin
36:08D'un paysage accidenté
36:09Ils aiment se consoler dans ce monde décousu
36:12Mais un mot, un seul, un seul mot
36:14Lancé à une hôtesse de l'air
36:16Déclenche une dispute
36:17Et les non-dits, les frustrations, les incompréhensions
36:20Ressortent malgré l'affection
36:22Bonjour Lola Lafon
36:22Bonjour
36:23Cette bande d'amis, c'est vous qui l'avez imaginée
36:25Dans une pièce de théâtre dont le texte
36:27Merci de votre collaboration vient de paraître
36:29Aux éditions Les Solitaires Intempestifs
36:31La pièce sera créée dans quelques jours
36:33Au théâtre du Rond-Point
36:34Ce mélange d'enfermement, de vieilles histoires
36:37Et d'affection, d'habitude ça se passe en famille
36:39Là vous avez choisi une bande d'amis
36:41Pourquoi ce choix-là ? Pourquoi choisir des amis ?
36:43Parce que je crois que...
36:45En tout cas, j'ai l'impression que l'amitié
36:47C'est vraiment une valeur
36:50Qui est, en tout cas, qui est au centre de ma vie
36:52J'ai l'impression que j'ai plus vécu finalement
36:55Avec mes amis à l'âge que j'ai
36:57Que avec ma famille
36:59Et qu'on a l'impression qu'avec les amis
37:01Les liens sont très forts
37:03Et pourtant, depuis quelques années
37:06Je crois que les amitiés sont mises à rude appreuve
37:08Par les mots et par les avis
37:11Les opinions politiques
37:13On ne peut plus rien dire
37:14Comme on dit quelquefois au Café du coin
37:16Parce que dans cette pièce, chaque mot
37:18Il y a un mot qui déclenche la dispute
37:19Mais chaque mot est piégé
37:21Chaque pronom, le nous ou le vous
37:23Ça peut relancer la dispute
37:25On ne peut plus parler ?
37:26On a beaucoup de mal à dialoguer
37:29Et c'est pour ça que c'était très amusant
37:30Et très intéressant d'écrire un dialogue
37:32Et de voir sur scène des amis
37:35Qui vont dialoguer pendant une heure quarante
37:37Parce que j'ai l'impression qu'on a beaucoup de mal à dialoguer
37:39En fait, on confond le dialogue
37:41Avec des monologues qui s'affrontent
37:43Dans la vraie vie, en tout cas
37:45On parle, chacun à son tour
37:46Et on n'écoute pas l'autre
37:47On n'écoute pas
37:48Et comme disait votre invité précédent
37:51On est un peu obsédé par donner son opinion
37:54Mais le dialogue, ce n'est pas ça
37:55C'est échanger
37:57Ce n'est pas que l'opinion
37:58Est-ce qu'il y a des mots interdits ?
38:00Ce qui, le cas échéant
38:01Pour l'écrivaine que vous êtes
38:03Est problématique ?
38:04Non, je ne crois pas qu'il y a des mots interdits
38:06Mais on voit en revanche
38:08À quel point les mots sont
38:10Il y a eu un moment où on s'est dit
38:12Non mais c'est terminé
38:13Plus personne ne lit
38:13Les mots ne comptent pas, etc
38:15Et on voit par exemple que Trump
38:17Il a pris les mots très au sérieux
38:19Quand il en a interdit
38:20Et puis j'ai écouté un homme politique
38:22Il y a deux jours
38:23Sur votre antenne
38:24Qui a dit cette phrase assez terrifiante
38:26Il a dit
38:26Il faut arrêter avec les mots
38:28Sous-entendu
38:29Les mots ce serait un bien dispensable
38:32Ce qu'il faut c'est de l'action
38:33Mais on n'a que des mots
38:34On a ça et c'est précieux
38:37Alors il y a un domaine
38:38Dans lequel les mots sont particulièrement piégés
38:41Ce sont les rapports hommes-femmes
38:42Tu pètes un plomb
38:44Dit le seul homme de la bande
38:45A l'une des trois autres
38:46Alors bien sûr
38:47Quand une femme argumente
38:48Répond-elle
38:49Elle pète un plomb
38:50C'est le sujet par excellence
38:52Sur lequel il devient difficile
38:53De dialoguer
38:54Comme vous disiez
38:55Sans s'écharper
38:56Ah non je pense qu'il y en a d'autres
38:57Mais c'est vrai que les mots révèlent
38:59Beaucoup de nous
39:01Dans les relations amicales
39:02C'est-à-dire qu'on peut dire
39:04On peut se proclamer féministe
39:06On peut se proclamer plein de choses
39:08Et après ce qui compte
39:09C'est pas seulement ce qu'on fait
39:11C'est la manière dont on parle à l'autre
39:12Et en l'occurrence dans la pièce
39:14Dans « Merci de votre collaboration »
39:16On va voir comment des gens
39:17Qui se disent de gauche en tout cas
39:21Vont très très mal parler à l'hôtesse
39:23Et que ça va déclencher un truc
39:25Voilà comment on parle à quelqu'un
39:27Qui est employé
39:27Comment on parle à l'autre en fait
39:29On va revenir sur le côté bande de gauchistes
39:33Il y a un phénomène
39:34Qui me semble un peu d'époque aussi
39:36Entre ses amis
39:36C'est que c'est un peu une course
39:38Qui sera le plus choqué
39:39Par l'attitude et les mots des autres ?
39:41Ah oui, c'est amusant
39:42Oui, peut-être
39:43Peut-être que vous avez raison
39:44C'est qu'ils sont un peu survoltés
39:47En tout cas au départ
39:48On va assister à leurs échanges
39:49Très survoltés
39:50Parce que chaque mot
39:51C'est la peur de rompre
39:52C'est la peur que le lien n'existe plus aussi
39:55Allez, pour le plaisir
39:56Autre extrait de film
39:57Encore des amis qui s'engueulent
39:58Vincent, François, Paul et les autres
40:00La scène du gigot
40:02Alors ?
40:03Tu disais la banlieue ?
40:04En tout cas les gens qui habitaient là
40:05Ils se sont expulsés eux
40:06Sans histoire
40:07Dans l'herloge ?
40:09C'est pas une rigolade pour eux
40:10En attendant qu'on les éjecte un peu plus loin
40:12C'est l'évolution urbaine
40:14C'est inévitable
40:16Ah, autrefois
40:16C'était autre chose
40:18Fallait pas rire avec le progrès social
40:19Sinon ils se fâchaient
40:20Non mais je fais pas entendre déconner toute ma vie
40:23Recevoir des leçons imbéciles
40:24Jusqu'à la fin des temps
40:25Écoutez un écrivain qui n'écrit rien
40:27Un boxeur qui veut pas boxer
40:28N'y vole pas de qui coucher avec n'importe quoi
40:31Merde !
40:32Et Michel Piccoli se fâche
40:34Devant la caméra de Claude Sauté
40:35C'était en 74
40:36Il y a de ça aussi
40:37Lola Lafon dans votre bande d'amis
40:38Au fond les idéaux
40:40Auxquels on renonce progressivement
40:41On est sensible aux mots
40:43Parce qu'on a renoncé aux actes
40:45Oui et finalement
40:46On est dans un moment
40:47Moi j'ai l'impression
40:48Qui est finalement très différent
40:50Du film que j'adore
40:51De Claude Sauté
40:52C'est qu'on est à un moment donné
40:53Où la vraie question
40:55Ça va être
40:55A quoi on participe ?
40:57C'est-à-dire dans tout ce qui se passe
40:58Et dans tout ce qui est
41:01Un nouvel ordre mondial
41:03En fait tous les pays
41:04Qui passent un par un
41:05À l'extrême droite
41:06Des régimes autoritaires
41:07Etc
41:09Il y a effectivement
41:11Le côté des chefs d'état
41:13Etc
41:13Mais il y a nous aussi
41:14Il y a nous
41:15Qu'est-ce qu'on fait au quotidien ?
41:16À quoi on participe ?
41:17Et la grande interrogation
41:18C'est de savoir
41:20Vraiment est-ce qu'on peut
41:20Se remettre en cause
41:21Et de voir
41:21Même dans les amitiés
41:22Est-ce qu'on ne participe pas
41:25Au mouvement ambiant ?
41:26Et effectivement
41:26Je reviens toujours là-dessus
41:28Mais en s'adressant vraiment
41:30Comme à une subalterne
41:31À une employée
41:32Etc
41:32En fait c'est ça qui compte
41:34D'autant qu'il y a la question
41:36Des jobs à la con
41:36Aussi
41:37Des bullshit jobs
41:38Voilà
41:38Des bullshit jobs
41:40Ils ont tous plus ou moins
41:41Alors certains plus que d'autres
41:42Et ça crée des clivages entre eux
41:45Ils ont tous cette fragilité-là
41:47Cette incertitude-là
41:49Il y a ça aussi
41:49Qui crée le contexte
41:50Et les tensions entre les amis
41:51Oui parce que chacun
41:53Dans cette petite bande
41:54C'est très bien
41:55Que quand on est
41:56Dans un job à la con
41:58En fait on le sait
41:59En fait c'est complètement
42:00Illusoire d'imaginer
42:01Que les gens qui travaillent
42:03Des heures
42:04Dans quelque chose
42:05Qui n'a pas de sens
42:05N'en sont pas conscients
42:06Et donc on ne va pas faire
42:08La leçon pour dire à quelqu'un
42:10Tu sais
42:10Tu contribues à quelque chose
42:12Etc
42:12De problématiques
42:13Donc tout ça
42:14Ça va être remis en cause
42:15Dans leur débat
42:16Je ramollis
42:17Je préfère passer une soirée
42:18Avec une personne de droite intelligente
42:20Qu'avec une personne
42:21Cône de gauche
42:22Dit l'un des personnages
42:23Est-ce que c'est votre cas ?
42:24Est-ce que vous vous découvrez
42:27Plus à droite que vous ne pensiez ?
42:28Mais on est toujours
42:30Quelqu'un qui est à droite
42:31De quelqu'un d'autre
42:32Ou quelqu'un qui est à gauche
42:32De quelqu'un d'autre
42:33Mais effectivement
42:34Moi j'ai l'impression
42:35Que ces dernières années
42:36Je me suis dit
42:37Que la brutalité
42:39De certains arguments
42:41Quand bien même
42:42J'en serais proche
42:43Elle m'est insupportable
42:44Que j'ai besoin
42:45Que dans les échanges
42:48Il y ait quelque chose
42:48Qui revienne
42:49À quelque chose
42:50De l'écoute
42:51Et de la possibilité
42:52D'être modifiée par l'autre
42:53Ce qui est vraiment
42:54Quelque chose
42:54Qui me paraît
42:55Très très difficile
42:56Là effectivement
42:57Je le crée
42:57Parce que c'est moi
42:58Qui ai créé la pièce
42:59Et que j'ai envie
42:59Qu'il soit modifié
43:00Les uns par les autres
43:00Vous avez votre mécanique
43:01Mais en fait
43:02Je trouve qu'au-delà
43:03De nos opinions
43:05Il faut quand même
43:06Pouvoir écouter une phrase
43:07Jusqu'au bout
43:07Ce qui est un sport
43:08Franchement
43:09Il y a un des personnages
43:10Qui à un moment
43:11Dit
43:11J'aimerais en fait
43:12Trouver un baby gros
43:13Aller me mettre
43:14Dans une grande grenouillère
43:16D'adulte
43:16Vous avez cette tentation
43:17Là aussi
43:17Dans un monde de tension
43:19Et où c'est compliqué
43:20De se parler
43:20Oui évidemment
43:21J'aimerais bien
43:22Un baby gros
43:23Mais en vérité
43:24Je trouve aussi
43:27Extraordinaire
43:27Dans tous les sens du terme
43:29Ce qui est en train
43:29De se passer aujourd'hui
43:30C'est-à-dire que
43:31La tentation du repli
43:32Justement
43:33Elle est complètement
43:34Mise à mal
43:35Par la grandeur
43:37Et l'énergie
43:38Des lycéens
43:39Des étudiants
43:39Et des gens
43:39Et moi je voudrais
43:40La saluer encore une fois
43:41En fait
43:42Et les remercier
43:45Lola Lafon
43:46Merci de votre collaboration
43:47C'est aux éditions
43:48Les solaires intempestifs
43:49La pièce sera créée
43:50Dans quelques jours
43:51Au Théâtre du Rond-Point
43:52Et après
43:52Elle sera au Théâtre de l'Atelier
43:53Entre le 15 janvier
43:54Et le 28 février
43:55Merci beaucoup
43:55D'être venue
43:56Merci à vous
43:57Dans Recto Verso
43:58Nous parlerons
44:00De ce contexte
44:01Social tendu
44:02Nous y reviendrons
44:03Avec nos invités
44:04Merci à l'équipe
44:05De cette émission
44:06Rédaction en chef
44:06Utich Raniti
44:07Jade Belag
44:08A la programmation
44:09Caroline Prota
44:10A la documentation
44:10Avec notre stagiaire
44:12Agathe Bardinet
44:12Valentine Chedebois
44:14Assigne la programmation musicale
44:16Céline Hila
44:17A la réalisation
44:18Et ce matin
44:18Avec nous à la technique
44:19C'était Nicolas Delmas
44:20Sous-titrage Société Radio-Canada

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