00:00En studio avec nous, je le disais, Éric Revelle, qui est journaliste,
00:03et Michel Fayad, analyste de politique et géopolitique.
00:06Éric Revelle, tout d'abord, comment vous sentez cette journée, si je puis dire,
00:08parce que, bon, on voit bien que ça manifeste,
00:11on nous parle de 136 rassemblements, me semble-t-il, si mes souvenirs sont bons.
00:16C'est en tout cas plus que la semaine dernière.
00:20Est-ce que vous avez le sentiment que cette fois,
00:22la doctrine mise en place par le ministre de l'Intérieur peut fonctionner ?
00:27C'est-à-dire que cette mobilité des forces de l'ordre,
00:28cette présence renforcée, etc.
00:30Alors, il y a quelque chose de très nouveau, à mon sens,
00:32dans ce qu'a annoncé tout à l'heure le ministre de l'Intérieur,
00:36c'est ce qu'il appelle le contrôle en profondeur des flux.
00:39Et je vais vous expliquer pourquoi c'est très nouveau.
00:41C'est très beau comme phrase, je trouve.
00:42C'est assez joli, mais vous allez voir, c'est assez efficace.
00:44C'est-à-dire que l'idée de la police, c'est de ne pas laisser rentrer dans les centres
00:47-villes,
00:48c'est de contrôler avant.
00:49Par exemple, contrôler sur des aires d'autoroute,
00:52un peu comme on pourrait faire avec des supporters casseurs.
00:55Donc là, vous avez beaucoup de gens qui ont été interpellés,
00:57même pas en commençant à manifester,
01:00mais en amont des centres-villes.
01:02C'était le cas d'ailleurs sur la route vers Orléans,
01:04puisqu'il y a deux autocars qui ont été arrêtés,
01:10qui sont une association en fait.
01:13Ces autocars transportaient des gens qui représentent une association
01:17qui représente les étrangers en France.
01:20Et il y a carrément des contrôles d'identité qui ont été faits,
01:23parce qu'il pourrait y avoir des OQTF qui seraient prononcés nous dit temps.
01:27Et des clandestins.
01:28On verra.
01:29Ce que je veux dire, c'est que cette différence de doctrine de maintien de l'ordre,
01:32pour moi, est très importante.
01:34Alors, pourquoi ne l'a-t-on pas fait d'ailleurs la semaine dernière ?
01:37On peut se poser la question.
01:38Parce que quand le ministre de l'Intérieur, et vous l'avez repris,
01:40mon cher Christophe, dit qu'on a pris des armes,
01:43des armes par destination, des boules de pétanque, etc.
01:46C'est au moment de ces contrôles en profondeur que les forces de l'ordre
01:49ont pu empêcher ces casseurs de rentrer,
01:53et donc les interpeller avec des preuves, j'allais dire.
01:55Mais il y a un autre sujet que je voulais, si vous me le permettez,
01:58je voulais poser une question à Thierry Véron,
02:00c'est qu'au-delà de tout ce qui s'est passé le week-end dernier,
02:04des commerçants qui parfois ont tout perdu,
02:07y compris le fait qu'ils se sont endettés pour ouvrir le commerce.
02:10Mais ce week-end, vous avez aussi, malheureusement,
02:14l'effet collatéral de ce qui s'est passé le week-end dernier.
02:17Parce que vous avez beaucoup de vos collègues
02:18qui sont victimes de pertes d'exploitation,
02:21parce que comme toute la France est claquemurée,
02:23en fait, les commerçants ne voient pas des clients venir,
02:26et pour eux, ça se traduit de nouveau par une seconde vague de pertes,
02:30qui est une perte d'exploitation non pas due aux casseurs,
02:32mais au fait que les gens ont peur de venir dans les commerces.
02:35Thierry Véron.
02:36C'est le deuxième effet qui se coule.
02:39Voilà, c'est ça qui est en fait important.
02:41Parce qu'effectivement, il y a des villes qui aujourd'hui,
02:44les centres-villes sont complètement bloquées.
02:47Donc par exemple, on parlait d'Orléans évidemment,
02:50là c'est clair et net,
02:51aujourd'hui, les commerces,
02:54ce n'est pas la peine qu'ils ouvrent,
02:55puisque personne ne va venir en centre-ville d'Orléans a priori.
02:58Personne ne va venir de l'extérieur,
02:59personne ne va venir faire ses courses pour Halloween,
03:02pour Noël, que sais-je encore.
03:04Et il n'y a pas qu'à Orléans.
03:05Et puis il y a la peur.
03:06Alors, si on se met à la place,
03:07moi je me mets à la place du consommateur,
03:09et Dieu sait si j'en suis un le week-end,
03:11voilà, je l'avoue,
03:14je ne vais pas non plus aller m'aventurer,
03:16par exemple, dans Paris,
03:18ne serait-ce que ça,
03:19je ne vais pas aller m'aventurer dans Paris pour faire des achats.
03:21Donc ça, c'est un vrai problème.
03:22Alors en fait, dans Paris,
03:23il y a les zones où il y a le parcours,
03:26mais dans d'autres arrondissements,
03:29ça peut se faire.
03:31Et c'est de cela que je parlais.
03:33C'est qu'en fait,
03:34effectivement,
03:34ceux qui sont détruits,
03:37je lance même un appel au maire de Paris,
03:39pour qu'il utilise des locaux commerciaux vacants,
03:43pour que certains puissent les occuper,
03:46et pouvoir faire un peu de business.
03:49Et ça, c'est la première fois que vous demandez ça ?
03:52Non, on l'a déjà demandé.
03:53Oui.
03:53Vous avez une réponse déjà ou pas ?
03:55C'est en pourparler.
03:57C'est en discussion.
03:58Donc l'Amérique-Paris pourrait libérer des locaux qui sont vacants,
04:01pour les commerçants qui ont tout perdu,
04:04samedi dernier par exemple.
04:05Tout à fait.
04:05Ça, c'est en cours, en discussion.
04:06Ça, c'est en cours, absolument.
04:07Sauf que ce qui compte dans le commerce,
04:09c'est quand même l'emplacement, pardonnez-moi.
04:10Ah oui.
04:10Alors, je suis d'accord.
04:11C'est-à-dire que si on vous ouvre des locaux...
04:13Ah bah, oui, tout à fait.
04:14C'est évident.
04:16Après, ça dépend quel type de local,
04:17ça dépend quel type d'activité,
04:19quel type de marchandise.
04:21C'est sûr que...
04:22Mais l'idée, c'est si on pouvait arriver à trouver des solutions.