- il y a 22 heures
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ÉducationTranscription
00:00...
00:12Solitaire, un peu trop fier, pour vivre au présent
00:16Tu te demandes à quoi ça sert, passer tout ce temps
00:21Cet arpège est un piège, on en sort comment
00:25On réfléchit, on assiège
00:28Bernard Lavillier, sa vie c'est la musique
00:34D'où vous est venu le goût du voyage ?
00:37Du départ je crois, à partir du moment où j'ai voulu me faire une sorte d'identité
00:42J'ai voulu me barrer de chez moi, de Saint-Etienne
00:44Je suis parti directement au Brésil
00:46Là je suis tombé sur la musique
00:49La musique brésilienne était tellement dans la vie du Brésil quotidien
00:52Que le marapé, je l'écoutais déjà avant
00:55La musique latino-américaine, mais brésilienne en particulier
00:58Fait plus partie de la vie
01:00Disons qu'en France, la musique fait partie de la vie, mais pas à ce point
01:04Les gens ne connaissent pas 500 chansons populaires par cœur ici, c'est pas vrai
01:07Au Brésil c'est comme ça
01:09Donc le Brésil, la musique, le fait d'être loin et d'être content d'être loin
01:14Et d'être agréablement surpris par le pays
01:17Je ne m'attendais pas du tout à quelque chose d'autre
01:19Et en même temps, ça n'avait rien à voir avec ce que je pouvais imaginer
01:25Mon père adorait la musique latino-américaine
01:27Le samedi matin était un jour particulier parce qu'il travaillait évidemment à l'usine
01:31Et le samedi matin il ne travaillait pas, il était avec nous
01:34Il y avait un programme spécial sur la radio
01:37Qui diffusait ce qu'on appelait à l'époque la musique typique
01:40C'est-à-dire cha-cha, rumba, etc
01:42Et lui dansait tout seul d'ailleurs, c'était assez marrant
01:45Il prenait un bocal de café comme ça et puis il rythmait dessus
01:55Tu ne connais pas mais t'imagines
01:58C'est vraiment magnifique une usine
02:00C'est plein de couleurs et plein de cris
02:02C'est plein d'étincelles, surtout la nuit
02:04C'est vraiment dommage que les artistes
02:07Qui font le spectacle soient si tristes
02:09Autrefois y'avait des rigolos
02:11Ils ont tous fini dans un lagon
02:13Le ciel a souvent des teintes étranges
02:15Le nom des patelins se termine par ange
02:17C'est un vieux pays pas très connu
02:19Il n'y a pas de touristes dans les rues
02:25Viens dans ce pays
02:28Viens voir où j'ai grandi
02:32Comprendra pourquoi la violence et la mort
02:35Sont tatoués sur mes bras comme tous des corps
02:39Tout leur pardonner et me tenir tranquille
02:41Il faudrait renier les couteaux de la vie
02:46Vous, le fils de Saint-Etienne
02:49Vous étiez ravi de fuir le côté tourneur P3 ?
02:52C'était un peu le quotidien
02:54Oui, une sensation terrible
02:56Que la vie allait être finie
02:58A partir du moment où
02:59On rentrait à la manufacture d'armes de Saint-Etienne
03:01On en sortait à l'âge de la retraite
03:02Et que la vie allait s'écouler péniblement
03:05Entre ces deux moments-là
03:06Et puis, mais non, j'avais sans doute
03:09Cette envie folle de partir
03:15Les vieux allemands tristes
03:17Et les marins sous
03:20Elles venaient du nord
03:21Et croyaient que la misère
03:24Ici
03:27C'était moins dur
03:29Pendant que les grands
03:31S'affrontent
03:34À coups de calibre
03:36De whisky glacé
03:39Dans les grands salons
03:41De leblanc
03:42Ou dit pas Néam
03:43Petit
03:46Tu peux crever
03:48C'est un gringo
03:49Que non fala brasileiro
03:53Il est un gringo
03:54Qui non fala brasileiro
03:56Oh yeah
03:57Je suis devenu chauffeur de camion
04:00C'était une vie assez raide
04:01Assez dure
04:02On part au lever du jour
04:05Et on s'arrête
04:06Au coucher du soleil
04:07Parce que de toute façon
04:08Sur ces pistes-là
04:09On roulait pas la nuit
04:11Donc c'est une vie
04:13De mécanique pure
04:14Et une vie
04:16Faut faire très gaffe
04:17Où on met les pieds
04:18Parce qu'on passait
04:19À travers
04:20Avec du fret
04:20À travers des villages
04:23D'affamés
04:24Il y avait beaucoup
04:25De braquages de camions
04:26À cette époque-là
04:27Il y en a toujours
04:28Pas la trouille ?
04:30Bah non
04:30Quand on a 19 ans
04:32Et qu'on est parti
04:34Pour l'aventure
04:35Si on a peur
04:36Il faut vite rentrer chez soi
04:37Et vous vous retrouvez
04:38Dans la galère
04:39Au Brésil
04:41Dans la galère
04:42Je me suis retrouvé
04:42Assez vite
04:43Parce que j'étais pote
04:44Avec Carlos Mariguel
04:45Qui était un
04:47Un député communiste
04:49Hors la loi
04:50Parce que c'était
04:50La loi militaire
04:51Depuis 1964
04:52Les militaires
04:53Avaient pris le Brésil
04:54Donc c'était
04:54C'était un régime militaire
04:56Un régime
04:58Rien de violent
04:59Donc je me suis fait extrader
05:00Au bout d'un an
05:01Vous rentrez en France
05:02Vous avez 20 ans
05:02Pourquoi en Bretagne ?
05:04Il y avait
05:05Des restaurateurs
05:06Qui avaient besoin
05:07D'avoir un mec comme moi
05:08Qui chantait
05:09Donc j'étais devenu
05:10Chanteur de restaurant
05:11À Saint-Malo
05:12Je faisais la manche
05:13Dans les restaurants
05:14De la rue de la Soif
05:16Jusqu'à
05:16Le Scotiens-du-Gay
05:17Donc
05:18Et je gagnais bien ma vie
05:19Parce qu'au fond
05:20J'étais tellement à part
05:22Qu'ils voulaient que moi
05:24Les gens
05:25Déjà à l'époque
05:27C'est une certaine ambiance familiale
05:29Parce que c'est une ville
05:30Entourée de remparts
05:32Malgré tout
05:32Où tout le monde se connaît
05:34C'est une sorte d'île
05:35Avec les avantages
05:36Et les inconvénients
05:37Des îles
05:38Puisque tout se sait
05:39En permanence
05:39Il y a quelque chose
05:40D'assez
05:42À l'époque
05:42De très accueillant
05:43À Saint-Malo
05:44Et puis Léo Ferré
05:45Lui habitait
05:46L'île du Guéclin
05:47Depuis
05:48Je ne sais pas
05:49Quelle année
05:4970
05:50Un peu avant
05:55Il y a eu une amie de ma mère
05:56Qui pour mon anniversaire
05:57Je devais avoir 12 ans
05:58M'avait acheté un disque
06:00Avec un gros chien
06:01Une sorte de Saint-Bernard
06:03Je crois
06:04Et c'était un disque
06:04De Léo Ferré
06:06Léo Ferré
06:06C'est une partie de ma vie
06:08Mais pas de mon adolescence
06:10Le tout début
06:11De mon adolescence
06:12Et c'est sans doute pour ça
06:13Qu'après j'ai écrit
06:14Certaines choses
06:15Que j'ai ensuite rencontré Ferré
06:16Ce qui est quand même
06:17Une aventure extraordinaire
06:18La marée gelée dans le cœur
06:20Qui me remonte
06:22Comme un signe
06:23Je meurs de ma petite sœur
06:25De mon enfant
06:26Et de mon signe
06:28Un bateau ça dépend comment
06:30On l'enrime au port de justesse
06:32Il pleure de mon fier maman
06:35Des années-lumières
06:37Et j'en laisse
06:39Je suis le fantôme
06:41Jersey
06:42Celui qui vient
06:43Les soirs d'offrir
06:45De lancer la brume
06:47De mon baiser
06:48Et te ramasser
06:50Dans ses rimes
06:51Comme le tréma
06:53De juillet
06:54Où luisait le loup
06:56Solitaire
06:58Celui que je voyais
07:00Briller
07:07Aux doigts du sard
07:09De la terre
07:15J'ai des pleins de moments
07:16Où j'ai pas chanté du tout
07:18Entre 70 disons
07:21Et 76
07:23J'ai pas vraiment
07:25J'ai pas vraiment eu de cachetons
07:27De rien du tout
07:27Je me démerde disons
07:29Quand tu signes chez Barclay
07:30C'est le top
07:31De départ
07:32Le top de départ
07:33Je crois
07:34Je crois que c'est le top de départ
07:35Parce que d'abord
07:36J'ai un directeur artistique
07:37Qui s'occupe réellement de moi
07:38Il y a une maison de disques
07:40Derrière moi
07:40Ça parait bizarre
07:41Mais il y a quand même
07:42Eddie Barclay
07:43Qui avec Bruno Cocatrix
07:46Qui était très ami
07:47Avec Bruno Cocatrix
07:48Le patron d'Olympia
07:49Il y a une machine
07:50Qui se met en route
07:51Et surtout
07:52Il me donne les moyens
07:53C'est tout con
07:54Il me donne les moyens
07:55D'acheter une sono
07:55Un camion
07:56Et des affiches
07:57Pour tourner
07:58Parce que ce qu'on veut faire
07:58C'est tourner un maximum
08:00Qu'en font tous les jeunes groupes
08:01Aujourd'hui
08:01On a fait exactement la même chose
08:0330 ans avant
08:05Ce qui me lance
08:05C'est Les Barbares
08:06Ton premier album
08:07Rock
08:08Oui
08:09Et Engagé
08:10Ouais c'était plutôt révolutionnaire
08:11Engagé
08:12Parce qu'on n'était pas engagé
08:13Encarté
08:14On n'était pas
08:15J'étais pas directement engagé
08:17Avec le parti communiste
08:18Ni avec l'extrême gauche
08:21Qui se reconnaît
08:22L'extrême gauche
08:23Se reconnaît beaucoup
08:24Dans ce que je fais
08:24Mais je ne suis pas vraiment
08:26Trotskiste
08:27Je suis plutôt du côté
08:28De la fédération anarchiste
08:29Que du côté
08:30Les Maus Pontex
08:31Ou des mecs de 68
08:34Qui perdaient beaucoup de temps
08:35Et disent
08:36Courir je trouvais moi
08:37Donc
08:37J'étais pas tellement
08:38Baba cool moi finalement
08:43Pourquoi est-ce que tu dis
08:44De l'album suivant
08:45Qui autant que je le souviens
08:45S'appelle
08:4615ème round
08:48Souvenir de boxe
08:49Pourquoi est-ce que tu dis
08:50Que c'est ton album fétiche
08:51Quand je fais 15ème round
08:52C'est vraiment
08:53Une musique de groupe
08:54D'ailleurs je sais
08:55Que tous les artistes français
08:56De ma génération
08:57De la génération un peu plus jeune
08:59Ou plus vieille
09:00Qui écoutait de la musique
09:00A l'époque
09:01Qui étaient très frappés
09:02Par le son qu'on avait
09:03Sur cet album
09:04C'était vraiment
09:05Un son de groupe
09:05C'est-à-dire un travail
09:08En profondeur
09:09En studio
09:10Dans les studios Barclay
09:11Avenue Hoch
09:11A l'époque
09:12On avait quand même
09:12Les moyens
09:13Donc on avait sorti
09:14Un son de groupe
09:15Très puissant
09:15La preuve que ça sonne
09:17Et que c'est suffisamment
09:18Décalé quand même
09:18Pour être reçu
09:19Ici dans ce lieu
09:20Puisque c'est ton premier Olympia
09:2377
09:2477 octobre
09:2577
09:26Un lundi
09:27Puisque c'est le lundi
09:27Que ça ferme
09:28Mais il fallait y venir
09:29A l'époque
09:29C'était pas si facile
09:31Non ça paraissait énorme
09:32Immense
09:32De toute façon
09:33N'importe qui
09:34Aujourd'hui
09:35On s'est tellement
09:36Surdimensionné
09:37Le spectacle
09:37Que l'Olympia
09:38Apparaît comme
09:39Une sorte de club
09:40De cabaret
09:40Mais à l'époque
09:42Il y avait
09:43Le palais des sports
09:43Et l'Olympia
09:44Mais c'était surtout
09:45L'Olympia qui comptait
09:46J'arrêtais pas
09:46A ce moment là
09:47Donc je reviens en marche
09:48Je fais 8 jours
09:49Mais j'ai écrit déjà
09:49De nouveaux titres
09:52Finalement à ce moment là
09:53On faisait 300 concerts par an
09:54Et j'écrivais sur la route
10:01Quand est-ce que tu découvres
10:02La Jamaïque ?
10:0379
10:04J'avais eu la sensation
10:06A ce moment là
10:06Que les musiciens m'avaient dit
10:09D'ailleurs sans nous
10:10Tu n'es rien
10:12Je leur ai dit
10:13Attendez mes cocos
10:13Vous allez voir
10:14Donc je me suis tiré
10:17Parce que je me suis dit
10:18Si je me fais enfermer
10:19Par un groupe
10:20Je ne pourrai plus être libre
10:22Je ne pourrai plus qu'à ce que je veux
10:23Et de toute façon
10:24Si j'ai envie de faire du reggae
10:26C'est sûrement pas
10:26Avec des musiciens français
10:27Que je vais faire du reggae
10:28Donc je me suis dit
10:29Comme j'ai toujours fait
10:30Je vais aller sur place
10:32Je vais découvrir le reggae
10:33Chez les Jamaïcains
10:34Je vais essayer
10:35De rencontrer Marley
10:36Ce que j'ai réussi à faire
10:37Je vais essayer
10:37D'encontrer Jimmy Cliff
10:38Voilà ce que j'ai fait
10:39En avril 79
10:41Je me suis barré
10:42Deux mois en Jamaïque
10:44Pour essayer de comprendre
10:45Comment ils faisaient leur musique
10:46A quoi ça correspondait
10:48Qui étaient ces fameux Jamaïcains
10:50D'où ils sortaient
10:51Ceux qui chantaient
10:52De quel niveau social
10:54Comment étaient ces fameux ghettos
10:56La gueule qu'avait l'île
10:57Enfin tout ça
10:59J'avais besoin d'écrire sur place
11:00Donc là je démontre d'abord
11:02Que je peux me passer de mon groupe
11:03Si j'ai envie de faire des trucs
11:04Non pas que je voulais les virer
11:05Mais je voulais leur montrer
11:06Que je pouvais aussi écrire
11:07Auteur, compositeur, producteur
11:09Parce que là je suis tout seul
11:10Donc je produis
11:11Et je n'ai pas Richard Marsan
11:12Je suis tout seul
11:13Et je reviens avec deux trucs
11:15Kingston et Stand the Ghetto
11:16Bon à ce moment là
11:17Ils se disent
11:18Oh quand il s'en va
11:20Il est rentable le garçon
11:21Stand the Ghetto ça a été
11:23C'est énorme
11:24Et puis je le chante toujours
11:24Stand the Ghetto
11:25C'est un truc que tout le monde connait
11:26Et je l'ai écrit en 5 minutes
11:27En Jamaïque
11:29Parce qu'on avait le studio
11:30A 9h du matin
11:31Donc je l'ai écrit
11:32J'ai dû me lever vers 5h
11:33Parce que j'avais qu'un seul titre
11:34Donc je l'ai écrit le second
11:35Je me suis dit
11:37Qu'est-ce que je peux bien trouver
11:39J'ai fini par trouver
11:41Ce refrain
11:42I am I love
11:43The island in the sun
11:44Je me suis dit
11:46Simpliste
11:47Mais c'est efficace
11:48Si tu danses
11:50Reggae
11:51Si tu penses
11:53Reggae
11:54Tu balances
11:55Reggae
11:57Sans défense
11:58Reggae
11:59C'est spécial
12:01Reggae
12:01Reggae
12:03Infernal
12:03Reggae
12:04Reggae
12:05Ça commence
12:06Ça cogné
12:07Reggae
12:07Pas mon cœur régulier
12:10I am I love
12:12The island in the sun
12:15I am I know
12:17When and where I go
12:20But it is so hard
12:22To free my kids
12:26But it is so hard
12:28To stand the ghetto
12:30Anyway, anyway, anyway, anyway
12:32Hey, you live in the ghetto
12:34That is no paradise
12:35Up there, wake it up
12:36And it is so sorry
12:38All that is a work
12:39We cannot feel nice
12:40Tout le monde danses
12:42Tout le monde ne trente
12:43Tout le monde fume et tu bois
12:45Vraiment
12:46Tout le monde fume et tu bois
12:47Vraiment
12:47Tantane
12:47Ça enchaîne
12:48Vraiment
12:48Vraiment
12:49Dans les rambas
12:50On bois
12:51Vraiment
12:52Vraiment
12:52Ça cause
12:53Reggae
12:54Ça explose
12:56Reggae
12:57C'est la soul
12:58Reggae
13:00J'y déboule au reggae
13:02Rastaman
13:03Proprétement, ensuite, à New York, j'ai quatre trucs à faire à New York, deux rock et deux salsa.
13:08Et j'ai un mois pour le faire.
13:12Donc, démerde-toi.
13:19J'ai rien écrit, évidemment, comme d'habitude, je m'inspire du terrain.
13:23Donc, j'ai écrit le rock en premier, Trafic.
13:26J'ai écrit l'autre qui s'appelle New York Rock City.
13:31Ça, c'est de là, c'était facile, du rock.
13:34Mais les salsas, là, j'ai ramé, j'ai beaucoup ramé.
13:37Parce que j'avais du mal à rentrer.
13:39La salsa, c'est ton ton, ton ton ton, et la samba, c'est pas loin.
13:44Donc, à la guitare, j'arrivais toujours à faire des samba.
13:47Et j'arrivais pas vraiment à choper la basse et la cloche de la salsa.
13:51Il m'a fallu du temps.
13:52Puis, en plus, comme il fallait que j'écrive quatre chansons sur New York, en réalité,
13:58je suis arrivé à me débrouiller, à aller fréquenter dans des jeux clandestins des Porto-Ricains.
14:03Et une Porto-Ricaine s'appelait Rachel,
14:06qui m'a présenté les musiciens qui jouaient dans des clubs, mais lower side,
14:11à l'époque, où là, c'était hyper...
14:13Il n'y avait pas beaucoup de blancs au mètre carré, je peux te dire.
14:15Et là, il y avait des musiciens.
14:16J'ai rencontré des musiciens.
14:18J'ai vécu à Spané-Charlem.
14:20Et je me suis inspiré du...
14:22Je suis obligé de vivre sur place, moi.
14:23Sinon, je ne peux rien raconter.
14:25Et c'est parti du...
14:28Je lui ai dit au barman, je lui ai dit, mais c'est quoi la salsa ?
14:30Il me dit, c'est une latine de Manhattan.
14:32Et voilà, je me suis dit, merde, ça y est, je l'ai, c'est une latine de Manhattan.
14:37Et oui, la salsa, c'est une latine de Manhattan.
14:39Il n'y avait pas une plus belle métaphore, une plus belle mimage que celle-là.
14:43Ça donne quand même Stan The Ghetto et la salsa dans Ogringo, dans l'album Ogringo.
14:47Et Trafic.
14:48Et Trafic.
14:49Trois tubes dans le même.
14:50Ouais.
14:51Pas beaucoup, c'est passé assez rare les albums, il y en a trois.
14:54Tout le gog était là.
14:56Ceux de Poitoulico, ceux de Cuba.
14:58Les macros de Harlem.
15:00Les revendeurs de coke ou de coca.
15:03Ceux qui vont au soleil.
15:05Avec des femmes blanches dans les villas.
15:07Et ceux qui mangent pas.
15:09Ça fait comme des nababs à l'opéra.
15:12Ah, la bala.
15:14Hé.
15:15C'est une latine.
15:18Del Maradam.
15:20Del Alési.
15:22Del Macadam.
15:24Un coup de fouet.
15:26Encore.
15:27Et au tapas.
15:29Qui te soulève.
15:31C'est.
15:31C'est la fatale.
15:34C'est des frangines portent les cœurs.
15:37Qui dans le spa des arènes.
15:39Des rencontres et autres.
15:40Non, noire.
15:41Et les superbes, c'est la salsa.
15:44Allez.
15:52Quand je me suis rendu compte, après le gringo, que j'étais capable de partir pratiquement seul,
15:57d'écrire tout seul, de trouver les musiciens, et d'arriver à faire un album cohérent.
16:03Cohérent d'ailleurs qui ne l'était pas, parce que ce que m'avait dit Springsteen, que je connais bien,
16:07qui était à Power Station, dans le studio d'à côté, il y avait quatre studios à Power Station,
16:12qui a un gros, gros studio de rock à New York, le plus beau son de batterie que je connais
16:16se fait là-bas,
16:18il m'avait dit, mais quoi, tu fais pour vendre du rock'n'roll et de la salsa aux mêmes
16:21personnes, toi ?
16:22Mais j'ai dit, parce que je ne sais pas si ça va marcher d'ailleurs,
16:26mais c'est sûr que les Portoriquains, ils n'auraient pas acheté du rock'n'roll,
16:31et les blacks, ils n'auraient pas...
16:34C'est un homme assez curieux, sur le même album, d'avoir quatre styles musicaux différents.
16:38Et c'est vrai qu'on te dit, tu fais quoi dans la vie ?
16:41Tu fais du blues, tu fais du rock, tu fais de la salsa, de la bossa nova, la musique brésilienne,
16:46et moi je fais un peu de tout sur le même album.
16:48Bernard, quand on a comme ça des années si riches, si occupées,
16:54ce n'est pas normal que tout d'un coup, en 80 ou 80, tu dis, là j'ai un
16:57coup de déprime ?
16:58Parce que je pense que Los Angeles ne m'a pas réussi, moi, personnellement.
17:05Donc, il faut être né à Los Angeles pour supporter cette ville,
17:09où tu ne peux pas marcher à pied, c'est une ville très étendue,
17:14totalement différente de New York, on s'y retrouve toujours.
17:17New York, c'est européen, entre guillemets, bien sûr que c'est américain, New York, mais...
17:22Mais ce n'est quand même pas pour ça que l'album, tu l'appelles État d'urgence ?
17:26Non.
17:27Tu ne m'as pas répondu, alors pourquoi État d'urgence ?
17:30D'abord, je trouve que c'est un beau titre.
17:34Il y a une chanson qui s'appelle État d'urgence.
17:36Il y a aussi Idée Noire, autant que je me souvienne.
17:38Idée Noire, oui, que je fais, qui est quand même encore...
17:43Que je ne peux plus jouer, parce qu'il faudrait que j'ai une percussionniste qui chante.
17:47Je n'ai pas envie d'employer une choriste qui fasse un...
17:49C'était Nicoletta.
17:50C'était Nicoletta, qui n'est pas une choriste, déjà.
17:52Qui n'est pas une choriste, elle ne serait pas contente.
17:54Moi, je trouvais qu'elle avait une super voix, Nicoletta, là-dedans,
17:57et qu'elle était parfaite dans le rôle de cette femme,
17:59qui voit son mec devenir plus ou moins fou, petit à petit,
18:03se détacher d'elle, mais se détacher même de lui-même.
18:05C'était quoi, Idée Noire, déjà ?
18:07Le mec, il disait...
18:09Je veux m'enfuir !
18:10Elle lui répondait, quand tu es dans mes bras, je veux m'enfuir !
18:13Elle lui répondait, est-ce que tu rêves de moi ?
18:15Je veux m'enfuir !
18:17Un jour, tu partiras, je veux m'enfuir !
18:19Tout seul, tu finiras !
18:20De toute façon, les vrais, ils te disent toujours ça.
18:22Tu finiras tout seul, enfoiré !
18:24Autre défi, une école du spectacle.
18:27Alors moi, j'ai eu le casino de Paris, il faut le savoir, en 84.
18:30J'avais des amis qui avaient ça,
18:32et ils me disent, il faudrait, ça serait bien que tu prennes ce truc.
18:36J'ai dit, mais qu'est-ce qu'on va faire là-dedans ?
18:39Je ne veux pas devenir directeur de salles, moi, je suis un artiste.
18:42Il faut que je bouge, il faut que je sois en tournée, il faut que j'écrive.
18:45Et finalement, j'ai fini par accepter, parce qu'en contactant des amis,
18:50moi, j'étais très ami avec Clémenti, avec Philippe Léotard,
18:53qui étaient prêts à donner des cours aussi.
18:55Je me suis dit, on va faire une espèce d'école de spectacle.
18:58Moi, je donnais des cours de composition.
18:59J'étais là toute la semaine avec eux.
19:01Alors après, ça s'est mal passé au casino de Paris,
19:04puisque les propriétaires, ils ont laissé le toit tomber sur les sièges.
19:09Donc, je n'ai plus payé le loyer, donc je me suis retrouvé au placard.
19:12Bon, parce que je me suis un peu battu avec le gérant.
19:16Et l'école a continué ?
19:18Oui, ici.
19:19Juste, c'était hallucinant.
19:21Juste après, quand je me suis fait virer du casino de Paris,
19:25d'abord, je me suis retrouvé à l'Olympia.
19:26J'ai appelé Paulette, la femme de Bruno.
19:29Bruno étant mort, madame veuve cocatrice, qui est une femme charmante.
19:33Et elle m'a dit, viens ici, il n'y a pas de raison que toi, le grand artiste,
19:37tu ne puisses plus donner tes cours.
19:39Tu es chez toi.
19:39Combien est-ce que tu as fait d'Olympia ?
19:42J'ai dû le faire sept ou huit fois, l'Olympia.
19:44Facile, facile, tu ne comptes pas les petites fois.
19:47Pas les petites fois, mais huit fois.
19:48Tu comptes les années, quoi, plutôt.
19:49Oui, huit fois.
19:51Huit fois.
19:52Comme les vierges de Babylone,
19:55ils cherchaient dans la fumée,
20:00dans les cartes, les médiums,
20:04dans la force, les marées.
20:10Tu marchais dans la tempête.
20:13Tu buvais des alcools morts.
20:18Tu croyais le reconnaître.
20:22Mais tu le rêvais encore.
20:27Ça doit quand même te manquer, à ce moment-là, les voyages.
20:31Oui, mais cette histoire de cours,
20:34qu'est-ce que je fais ?
20:35Je suis en tournée,
20:36je suis patron du casino de Paris,
20:39je fais des allers-retours.
20:41C'est le contraire de ma définition du voyage.
20:44Mais je me barre quand même, évidemment.
20:46Donc je vais en Argentine, à ce moment-là.
20:48Je vais en Afrique.
20:49C'est la première fois que je reste assez longtemps en Afrique.
20:51Ça, c'est 85.
20:53Il est tranquille et brutal.
21:00Silencieux quand il se pose
21:02entre Dieu et l'animal.
21:08Sous la pourrillon dans l'ombre
21:10de longs muscles de métal.
21:16En me seul, en me sombre,
21:19où est le bien et le mal ?
21:25Noir comme le diable
21:29Chaud comme l'enfer
21:34Insaisissable
21:37Seigneur de guerre
21:41Oui, tu m'en fends
21:44En même temps, j'ai créé un album, quand même en passant,
21:47qui s'appelle, le titre, j'adore,
21:49Tout est permis, rien n'est possible.
21:52Donc les philosophes me disaient,
21:54mais Bernard, tout est permis, donc rien n'est possible.
21:57Ou tout est permis, mais rien n'est possible.
21:59L'Afrique, ça t'apporte quelque chose ?
22:02Ah oui, de toute façon, bien sûr.
22:05L'Afrique, en tout cas, les tambours de Dundia et Rose, c'est toute une affaire.
22:09Moi, j'ai envie d'écrire à base de ces tambours.
22:12J'ai toujours rien écrit, c'est toujours pareil.
22:14Je pars toujours feuille vide, avec ma guitare sous le bras.
22:17C'est Dakar, ça.
22:19Ça, c'est Dakar.
22:20C'est Dakar et Saint-Louis.
22:22C'est entre les deux que ça se passe, finalement.
22:24Et c'est une belle rencontre avec Doudou,
22:28qui, finalement,
22:30je reste un long moment,
22:31je suis venu sans chauffeur,
22:33je suis le chauffeur de Dundia et Rose,
22:34parce qu'il n'a pas le permis,
22:36et que sa femme, qui est enceinte, conduit très mal.
22:38Donc, finalement, il se fâche avec une de ses femmes,
22:40et c'est moi qui conduis le chef tambour de Dakar,
22:43dans sa 504 Peugeot.
22:45Moi, je suis chauffeur de Doudou.
22:46Donc, voilà.
22:47Ça m'a donné le voleur de feu.
22:50Ça m'a donné noir et blanc.
22:52Noir et blanc.
22:55C'est une ville que je connais,
22:57une chanson que je chantais.
23:00Il y a du sang sur le trottoir.
23:06Et noir et blanc devient un tube.
23:08C'est écrit à Dakar, bizarrement, noir et blanc.
23:11Chanté en Igala, parce que
23:14Zongosoul, qui vient de Brazzaville,
23:16il fait un stage, il est prof d'anglais,
23:18il fait un stage d'anglais à la Sorbonne,
23:21et il vient au studio,
23:22et je lui ai dit,
23:23traduis-moi ça en tant que ta langue,
23:25puisque normalement,
23:26ça devait être les frères Touré-Cunda
23:28qui devaient me répondre, en Wall-Off.
23:29Sauf comme ils sont arrivés deux jours après,
23:31les Touré-Cunda,
23:33j'ai donc utilisé la voix de Zongosoul.
23:37C'est une ville que je connais,
23:40une chanson que je chantais,
23:43une chanson qui nous ressemble,
23:45C'est la voix de Mandela,
23:53le tempo d'Octe Fela,
23:56écoute chanter la foule avec tes mots qui roulent et font battre son câble.
24:01De n'importe quel pays,
24:03de n'importe quelle couleur,
24:06la musique est un cri qui vient de l'intérieur.
24:34C'est l'album de la quarantaine,
24:35c'est l'année de la quarantaine aussi,
24:36c'est la fête de l'humain,
24:38c'est une tournée gigantesque indépendamment de ça.
24:41Oui, oui.
24:42Je ne sais plus combien de dates,
24:43mais c'est une énorme tournée
24:45et je tourne un peu partout,
24:47en plus, dans le monde entier.
24:48Est-ce que c'est parce que cette tournée était gigantesque
24:51que tu fais cet autre tube
24:53dans l'album suivant,
24:54qui doit être le 13ème,
24:55si j'ai bien compté,
24:56et qui s'appelle If ?
24:57Et tu te souviens du tube de If ?
24:59Oui, On the Road Again,
25:01mais oui, bien sûr.
25:03Ça a collé bien avec le tournée.
25:04Oui, avec moi,
25:05et puis avec la tournée.
25:06Mais parce que là, je ne me suis pas...
25:08Mais je m'arrête rarement, de toute façon,
25:09parce que finalement,
25:10d'un album sur une tournée,
25:12les voyages que je fais au milieu,
25:14là, je vais repartir à Beyrouth dans quelques jours.
25:16Après, j'ai la Memphis,
25:17parce que je n'ai toujours pas écrit sur Memphis,
25:19je n'ai pas eu le temps.
25:20J'y ai vécu un moment,
25:20mais je n'ai pas eu le temps d'écrire pour l'instant.
25:22Pour moi, le fait d'arrêter de chanter sur scène,
25:25c'est très dangereux,
25:26parce que ça m'empêche d'écrire.
25:28Bizarrement, il y a des gens qui se kiffent,
25:29qui tournent.
25:30Il y a sûrement des gens que tu as interviewés
25:31qui tournent,
25:32qui s'arrêtent pour écrire.
25:33Moi, j'ai besoin de tourner et d'écrire en même temps.
25:36Un bateau blanc,
25:37la jungle verte.
25:40Ça, c'est écrit un peu comme ça, en l'artidule.
25:43Voix chuchotées,
25:44bruit des insectes.
25:46Ça, c'est écrit comme ça.
25:48Palmier géant,
25:50noir sous la lune,
25:52d'ici,
25:52et à le coup de ferraille.
25:54Qu'est-ce que je fous ?
25:56How she means city.
25:58Moi, je le récite, Sandra.
25:59C'était un mec qui avait une...
26:01Il faisait des poèmes extrêmement courts,
26:03très concis,
26:04et avec très peu de couleurs, de mots.
26:07Il y a une couleur, un tissu,
26:09une lumière,
26:10et on y est, quoi.
26:12Pas un mot de trop.
26:18Ensuite, autour des années 90,
26:21j'ai l'impression quand même que là,
26:23tu as donné un petit coup de frein.
26:26Oui.
26:27Ah oui, parce que je pars en Asie pendant très longtemps.
26:29Donc, je ne connaissais pas l'Asie.
26:31En 90, je reste un an.
26:34Donc, effectivement,
26:36je navigue un peu dans toute l'Asie,
26:37et j'écris quand même un album en 91,
26:40qui s'appelle Solo.
26:42Donc,
26:43finalement, le dernier est 89.
26:46Oui, il n'y a pas une vraie pause.
26:49On ne peut pas dire que j'ai passé 5 ans à réfléchir.
26:51Donc,
26:53Solo,
26:54c'est Saigon,
26:55c'est...
26:55J'écris sur...
26:57Je l'enregistre solo,
26:58j'enregistre à Manille.
26:59Il faut quand même être barjot,
27:01pour aller enregistrer à Manille.
27:03Le studio était assez bon,
27:04et je me balade là-bas,
27:06avec les Philippins,
27:06qui sont les seuls,
27:08de cette partie d'Asie du Sud-Est,
27:10qui swingent.
27:11Les autres, non.
27:11Pourquoi l'album du milieu des années 90 ?
27:14Tu l'appelles le chant des possibles ?
27:16Alors,
27:16le chant des possibles,
27:17c'est une définition particulière,
27:20parce que c'était la somme de tous les possibles,
27:25puisque je sens déjà,
27:26là,
27:26on est dans la crise actuellement,
27:28mais je sens déjà qu'à l'époque,
27:2993,
27:31ça se dégrade très sérieusement.
27:33Il y a des tas de choses qui sont en train de bouger.
27:36La chute de l'URSS
27:37fait bouger les lignes terriblement.
27:41Musicalement,
27:42je trouve qu'on est dans une période pas très flamboyante,
27:45c'est le moins qu'on puisse dire.
27:46Autant en 70-80,
27:48musicalement,
27:49ça bouge beaucoup.
27:50En 90,
27:52je ne sais pas grand-chose.
27:54Mais politiquement,
27:55c'est très bizarre ce qui se passe.
27:57Là,
27:58on commence à avoir les troisièmes couteaux qui débarquent.
28:00Devant nous l'an 2000,
28:01quelques heures nous séparent.
28:03N'en parlez pas,
28:04m'a-t-on dit.
28:06Et pourtant,
28:07ce silence a comme un balancement maudit
28:09qui vous met la pendule à l'heure.
28:11C'est le moment,
28:12c'est pas trop tout,
28:13pour parler des troisièmes couteaux.
28:16Finalement,
28:16ce qui se passe en France,
28:17c'est ce qui se passe dans le monde entier en réduction.
28:19Après,
28:19c'est un peu départemental ce qui se passe en France.
28:23D'ailleurs,
28:24le président actuel,
28:25lui,
28:25préférait être président du monde.
28:26On le sent bien.
28:27La politique mondiale l'intéresse plus
28:29que la politique franco-française,
28:32je dirais.
28:33Et moi,
28:33la politique franco-française,
28:35depuis,
28:35on est en 90,
28:3791,
28:3893,
28:39ça ne me passionne pas tellement,
28:40mais à la fois,
28:41il y a des choses sociales qui se passent dans ce pays
28:43qui m'intéressent,
28:44parce qu'il se passe aussi dans d'autres.
28:46Alors,
28:46c'est marrant,
28:47est-ce que ça commence par la France
28:48ou est-ce que ça commence par d'autres pays ?
28:49C'est ça qui est intéressant quand on bouge.
28:52Finalement,
28:52on se rend compte que
28:54tout s'uniformise,
28:56je veux dire,
28:57quelque part,
28:57tu vas dans n'importe quelle,
28:58t'approches de n'importe quelle grande ville,
29:00t'auras les mêmes
29:02grands supermarchés,
29:03les zones,
29:04les zones industrielles
29:05se ressemblent terriblement.
29:06Finalement,
29:06si t'es parachuté
29:07dans la zone de Mexico,
29:09tu vas avoir du temps
29:11à savoir que t'es au Mexique,
29:12je dirais,
29:12pratiquement.
29:13Ils prennent,
29:14ils se gavent,
29:15ils se tuent.
29:16Privialité derrière les mots,
29:18la réussite dans les crocs,
29:20ils sont là à tous les niveaux,
29:22c'est le règne des troisièmes coutus.
29:35Est-ce que tu reconnais le lieu ?
29:36Ah oui,
29:37forcément,
29:38ils sont bien plus beaux,
29:39parce que ça a été tout refait à l'identique,
29:41c'est vraiment la partie classée
29:43de l'Olympia.
29:43L'Olympia,
29:44c'est quand même le nom,
29:45c'était un bal,
29:46n'oublions pas que dans les années 1900,
29:48l'Olympia,
29:48c'était un bal,
29:49ce n'était pas encore un musical.
29:51C'est devenu un musical dans les années 50,
29:53avec Bruno.
29:54et donc ça,
29:55c'était un endroit de répétition,
29:57un endroit où ils venaient voir des verres aussi,
30:01quand ils faisaient des soirées à l'Olympia,
30:03c'était ici que ça se passait,
30:04et moi,
30:05je l'avais utilisé comme lieu de répétition,
30:07et c'était ma petite école de composition,
30:10avec la scène derrière nous.
30:11J'ai tout testé,
30:13j'ai tout testé,
30:13toutes les salles possibles à Paris,
30:15qualité de la salle,
30:17qualité du son,
30:18qualité de la vision,
30:19l'Olympia,
30:20c'est quand même,
30:21il y a des fois des règles d'or,
30:22comme ça,
30:23comme dirait les scientifiques,
30:24c'est une équation parfaite.
30:26Il y a des gens que tu aurais aimé amener avec toi,
30:29ici par exemple Jimmy Cliff.
30:31Alors Jimmy Cliff,
30:34alors lui,
30:34c'est un cadre tout à fait à part,
30:36je vais raconter l'histoire,
30:37ça intéressera peut-être les gens,
30:39il se trouve qu'en 91,
30:43Pascal Negre,
30:44que tout le monde connaît maintenant,
30:45avant était mon attaché de presse,
30:47et il achète Barclay,
30:48enfin il n'achète pas,
30:49il devient directeur de Barclay,
30:50et il achète Highland,
30:52avec Jimmy Cliff,
30:53et quand il écoute,
30:55j'y vais à l'hôtel à ce moment-là,
30:56parce que je voyageais tout le temps,
30:57et je lui fais écouter,
30:58Melody, Tempo, Harmony,
31:00I do it for me to give you my soul,
31:02il me dit,
31:03t'as fait ça avec des français ?
31:05J'ai dit oui,
31:06avec mon groupe en Belgique,
31:08il me dit ça,
31:10il me dit,
31:11qu'est-ce que tu penses de Jimmy Cliff ?
31:13Je lui dis,
31:13putain,
31:13c'est pas moi que je ne l'ai pas vu,
31:15mais je pense que du bien,
31:16mais tu veux faire quoi ?
31:17Il me dit,
31:18Melody, Tempo, Harmony,
31:19et à ce moment-là,
31:20j'encontre Jimmy Cliff
31:21à l'hôtel Warwick,
31:22je m'en souviens toujours,
31:23qui se souvient de moi,
31:24je lui amène le disque,
31:26il l'écoute,
31:27et je lui dis,
31:28attends Jimmy,
31:28c'est pas le tout,
31:30il ne me dit pas oui,
31:30comme tous les Jamaïcains,
31:32vous ne savez pas dire non,
31:33mais il faut un producteur,
31:35et finalement,
31:36on a produit 100 jamaïques,
31:37j'étais en pleine tournée,
31:38on a fait,
31:39j'ai dû le faire en 4 jours,
31:41ça,
31:41c'est dans le ghetto,
31:43et je repars au Brésil après,
31:45et quand je suis revenu du Brésil,
31:47avec ma mère,
31:48qui s'était pété la hanche,
31:49et ma fille,
31:49qui avait attrapé une amibiose,
31:51elle se vidait,
31:52j'ai cru que j'allais perdre ma mère,
31:54et ma dernière fille,
31:55je soigne tout le monde,
31:56on ramène tout le monde,
31:57qui n'était pas encore soigné d'ailleurs,
31:58à Paris,
31:59ma soeur me dit,
32:01mais disons,
32:01tu te gaves toi,
32:02t'as pas honte,
32:03je dis quoi,
32:04moi je m'occupais surtout de ma mère,
32:05et de ma fille,
32:07elle me dit,
32:07mais t'as un tube énorme,
32:09mélodie,
32:10t'aimes pour Harmonie avec Jimmy Cliff,
32:11et moi,
32:11c'était sorti,
32:12mais moi j'avais oublié,
32:13en même temps,
32:14là,
32:14ça m'arrive sur un plateau,
32:15c'est un tube,
32:16tout le monde chante que ça,
32:17en disant,
32:17la villier,
32:19tout le monde m'invite partout,
32:20comme si j'étais devenu d'un coup un génie,
32:23alors que,
32:23c'est un truc qui tourne,
32:25c'était pas un génie,
32:25t'as fait une chanson,
32:26c'est bien tombé,
32:27il y avait le bon groupe,
32:28il y avait le bon producteur,
32:29et puis Jimmy Cliff,
32:31et puis c'était la bonne chanson,
32:32puis voilà,
32:32c'est pas pour autant
32:33que je suis devenu Victor Hugo,
32:34faut pas exagérer.
32:52Bye bye big money,
32:53et fini la musique.
33:33Il y a des chansons qui se développent elles-mêmes,
33:35c'est-à-dire que,
33:36c'est même plus les médias qui sont responsables,
33:38c'est plus personne,
33:39c'est le public qui s'en empare,
33:41et le public à ce moment-là fait ce qu'il veut.
33:42Les mains d'or,
33:43c'est l'écriture de,
33:44ça se rapproche de l'écriture des barbares,
33:46je dirais,
33:46du stéphanois des barbares,
33:48c'est vrai que la mélodie,
33:49c'est pas une mélodie à moi,
33:50c'est Pascal Arroyo qui a écrit la mélodie,
33:52j'ai écrit le texte,
33:54en quelques minutes,
33:55et on n'était pas là encore,
33:57on n'était pas au stade
33:58où on en est aujourd'hui socialement,
33:59mais on était déjà dans des gros, gros problèmes,
34:02on commençait à avoir des taux de chômage
34:03complètement hallucinants,
34:05on commençait à avoir des gros problèmes
34:06d'écart entre le haut et le bas.
34:08On dirait le soir,
34:10des navires de guerre,
34:12battus par les vagues,
34:15rongés par la mer,
34:17tombés sur le flanc,
34:19giflés des marées,
34:22vaincus par l'argent,
34:24les monstres d'acier,
34:26je voudrais travailler encore,
34:29travailler encore,
34:32forger l'acier rouge,
34:34avec mes mains d'or,
34:37travailler encore,
34:39travailler encore,
34:41assier rouge,
34:43et mains d'or,
34:45je ne peux plus exister là,
34:47je ne peux plus habiter là,
34:49je ne sers plus à rien,
34:51moi,
34:52il n'y a plus rien à faire,
34:54quand je ne fais plus rien,
34:56moi,
34:56je coûte moins cher,
34:58que quand je travaillais,
35:01moi,
35:01d'après les experts.
35:03C'est bien dans le carnet de bloc,
35:04il y a énormément d'invités.
35:05Ah oui,
35:06parce que dans le carnet de bloc,
35:06il y a Césaria Evora,
35:08qui m'a fait le plaisir de chanter,
35:10j'avais écrit une chanson sur sa voix,
35:13alors,
35:13je veux voir son producteur,
35:15je lui dis,
35:15voilà,
35:15j'écris ça,
35:17moi,
35:17je ne connais pas Césaria,
35:18je l'ai croisé dans des télés,
35:19mais on ne peut pas connaître les gens
35:20aussi vite,
35:22j'ai dit,
35:23il faut lui faire écouter ça,
35:24en tout cas,
35:25je la chanterai tout seul,
35:25ce n'est pas un problème,
35:26et au contraire,
35:28elle a voulu chanter avec moi,
35:30ce qui était quand même assez extraordinaire,
35:31parce que,
35:32quand on était en train de chanter tous les deux,
35:34je la prends dans mes bras,
35:35mais comme,
35:37enfin,
35:37tu sais bien,
35:38je suis punique,
35:39elle me dit,
35:39mais,
35:40tu peux me serrer plus fort,
35:41en portugais,
35:42elle me dit,
35:42tu peux me serrer plus fort,
35:43les vieilles,
35:44ça ne s'accroche pas.
36:45On oublie la mort, on s'en va
36:48Ce qui est assez sympa dans les concerts, c'est d'avoir quand même des invités.
36:51Et Césaria est venue chanter.
36:53Elle est venue, on lui a fait une petite loge sur scène,
36:56parce qu'elle avait très mal aux jambes.
36:59C'est un peu les mystères de Paris, le Grand Rex.
37:03Les loges sont dans un sous-sol très proche des catacombes au Grand Rex.
37:08La sussure est une forme de lutter
37:14Contra la dureza d'une vie à ma gueule
37:22Tristesse à ta vraie fête
37:36Qu'est-ce qu'il y avait comme invité encore ?
37:37Il y avait dans cet album-là, il y avait Ticot Jaffa Koli,
37:42il y avait ce chanteur de reggae de Côte d'Ivoire
37:46qui est plus ou moins en rupture de bord à l'époque, en tout cas avec son gouvernement.
37:50Il dit toujours dans ses chansons et dans pas mal d'interviews que j'ai vues
37:53que c'est très difficile de vivre dans certains pays d'Afrique.
38:13Bernard, c'est quand même plus de 30 ans de carrière.
38:16Je pense que Bernard fait partie aussi de ceux qui ont lancé le reggae en France.
38:20Donc moi, en tant que jeune Africain qui évolue en France aujourd'hui,
38:26c'est vraiment un honneur pour moi.
38:29Je dis que c'est vraiment cool de la part de Bernard.
38:31Je me suis planqué comme un renard
38:35Trains d'atterrissage d'un avion
38:37Dans le conteneur d'un bagneur
38:41Dans la chambre arrière d'un camion
38:44Question de peau
38:46Question de veines et de couleurs
38:51Question de trop
38:52Question de chance
38:54Marge d'erreur
38:58Arrivée
39:00Au fond des corridors
39:05Travaillée
39:06Au noir jusqu'à la mort
39:11Clandestin
39:13Traquée par la police
39:18Silencieux
39:19Silencieux
39:20Au bord du précipice
39:25Alors Léo Ferré, c'est une obsession l'amitié de Léo Ferré.
39:28C'est-à-dire que j'ai connu Léo par la musique, ensuite j'ai tourné avec Léo, avec Magma.
39:33On foutait quand même le bordel à l'époque.
39:36Et Léo Ferré avec ses bandes simplement, il a des bandes magnétiques.
39:39Et moi avec mon groupe, avec 15ème round.
39:41Donc ça rapproche les tournées ou ça éloigne définitivement.
39:44Il y a des gens qui se détestent en tournées.
39:46Et nous, on est devenus vraiment potes.
39:48De toute façon, tu l'admirais depuis ton adolescence.
39:51Oui, mais on peut admirer les gens de loin.
39:53Quand on les connaît de près et dans une tournée qui est assez étrange, où on joue du rock progressif,
39:58où Léo Ferré chante le temps du tango sur ses bandes.
40:00C'est un peu spécial comme genre de rencontre.
40:03Et finalement, comme les autres parlaient cobaïen, les autres parlaient anglais, moi je parlais français, on parlait de poésie tous
40:09les deux.
40:09On a fini par s'entendre, devenir potes de tournée.
40:12C'est-à-dire qu'on se voyait tous les soirs, puisqu'on montait tous les soirs sur scène.
40:16Ça durait quand même, le concert devait durer 8 heures ou 9 heures, puisqu'il y avait 4 groupes.
40:21Oui, mais de là quand même à lui consacrer un album, c'est-à-dire à reprendre ses chansons.
40:29C'est un travail exceptionnel pour l'avillier de chanter du ferré, sans le gâcher.
40:35Ah non, j'ai essayé de ne pas le gâcher, surtout pas.
40:38Une robe de cuir, comme un fuson, aurait du chien sans le faire exprès.
40:46Et dedans, comme un matelot, une fille qui tende un air anglais.
40:56C'est extra, un maudit blues qui chante la nuit, comme un satin de blanc marié.
41:06Et dans le port de cette nuit, une fille qui tende et vient mouiller.
41:16C'est extra, c'est extra, c'est extra.
41:28C'est extra, des cheveux qui tombent comme le soir, et de la musique en bas des reins.
41:41Ce jazz qui jase pour le noir, et ce mal qui nous fait du bien.
41:49J'ai essayé de faire un gros travail parce qu'au départ, quand je suis à Beyrouth pour écrire samedi
41:55soir à Beyrouth, où j'écris solitaire,
41:57cette chanson qui est sur l'écriture, qui se mord la queue, comme Léo a pu en écrire aussi d
42:02'ailleurs sur l'écriture.
42:04Et il y a le producteur qui m'appelle et il me dit, on le fera pas, c'est trop
42:09cher.
42:10Trois jours après, il me rappelle et il me dit, finalement, on va le faire dans cette formule.
42:14Ce que moi j'avais dit, c'est hors de question, il nous faut une partie au piano au début,
42:18comme quand Léo était seul avec son pianiste ou seul au piano,
42:21une partie psychédélique, Amour Anarchie, le chien, cet extra, la zonana, et il nous faut la partie symphonique de Léo.
42:28On n'aura pas tout Léo, moi je voudrais donner une image de ce qu'a fait la création de
42:33Léo Ferré, dans toute son ampleur.
42:36Et finalement, on a réussi à le faire, donc j'ai arrêté d'écrire samedi soir à Beyrouth, pour me
42:41replonger dans le projet Léo,
42:43parce qu'il fallait quand même réécrire tous les arrangements symphoniques, pour les mettre à l'heure, pour les réécrire
42:50au piano, des contrebasses...
42:53Ça va, je joue un peu avec, parce que je peux pas rester tout le temps.
42:58Donc les répéter parallèlement ?
42:59Les répéter, choisir les textes...
43:0225 !
43:0325 textes, et puis complexe, très complexe.
43:07J'ai pas pris les choses les plus faciles.
43:10Et surtout, essayer d'éviter que les choses se répètent, ou que ce soit didactique, disons.
43:14J'avais envie que ça soit vivant, comme lui pouvait l'être,
43:17que ce soit accessible à mon public, parce qu'il y avait mon public qui est venu me voir aussi,
43:21et pas que le public de Léo Ferré.
43:23Et en plus, que ça renouvelle le genre, c'est-à-dire que dans l'interprétation,
43:27ça soit ma façon d'interpréter.
43:28De leur vocation de parure, quand le couteau vient s'immiscer,
43:32dans leur castagnette figure, et je voyais ce qu'on pressent,
43:37quand on pressent l'entrevoyure, entre les persiennes du sang,
43:42et que les globules figurent, une mathématique bleue,
43:46sur cette mer jamais étale, d'où nous remontent peu à peu.
43:52Donc c'est quand même, on a l'impression qu'il ne s'arrêtera jamais le Lavillier.
43:57Non mais c'est vrai que ça fait beaucoup, tu vois, mais c'est tellement passionnant à la fois de...
44:02Moi j'aimerais avoir suffisamment de pognon pour entretenir un orchestre à la maison en permanence,
44:06comme ça, je leur dirais, bon les mecs, on va faire ça, tu vois.
44:12Et j'aimerais bien, moi, avoir ça. D'ailleurs, à une époque, je voulais avoir un cabaret à Paris,
44:17avec un orchestre immobile, comme ça, qui reste là, et qui joue avec plein d'artistes.
44:23J'ai pas pu le faire, pour l'instant, ça veut pas dire que je le ferais pas.
44:26Ça fait peur à tout le monde, parce que la nuit, le cabaret, les musiciens, ça fait beaucoup.
44:34Avec le temps, avec le temps va, tout s'en va, et l'on se sent blanchi, comme un cheval
44:46fourbu,
44:47Et l'on se sent glacé, dans un lit de hasard, et l'on se sent tout seul peut-être,
44:57mais peinat,
44:59Et l'on se sent floué, par les années perdues.
45:10Alors vraiment, avec le temps, on aime plus.
45:27Le Bataclan, Bernard, c'est quand même plein d'invités sur scène.
45:31Oui, assez plus compliqué, parce que, au fond, je m'étais pas rendu compte que la scène était aussi petite
45:35que ça.
45:35Et qu'on avait pas de recul. On est contre le mur.
45:38Donc c'est une scène pas profonde, un peu comme le Grand Rex, d'ailleurs.
45:42Mais c'est assez sympa, parce que, finalement, le Bataclan, c'est un ancien café-concert.
45:47Alors j'avais Benabar, qui est venu me chanter,
45:49« Je suis snob, je suis snob, c'est vraiment le seul défaut que je gomme. »
45:54L'Avillier aime partager sa scène avec les nouvelles générations.
45:58« Je suis snob. »
46:00« C'est vraiment le seul défaut que je gomme. »
46:06« Ça demande des moites urbains, c'est une vie de galérien. »
46:11« Mais quand je sors avec les deux gardes, c'est toujours moi qui regarde. »
46:15« Je suis snob. »
46:17« Forcément, snob. »
46:20« Tous mes amis le sont en estampé, c'est bon. »
46:24« Chemise d'Ougandi, chaussures de Zébu, cravate d'Italie et méchant complet vermoulu. »
46:31« Un rubis aux doigts, deux pieds pas celui-là, les ongles tout noirs et un très joli petit mouchoir.
46:44»
46:46« Mon oncle fameux bricoleur faisait tant d'amateurs des bombes atomiques. »
46:51« Un vrai génie, un vrai génie, qu'est-ce qu'on travaille en pratique ? »
46:55« Il pense venir toute la journée au fond de son atelier pour faire ses expériences. »
47:00« Ils rentraient chez nous, ils se mettaient en trance et nous racontaient tout. »
47:03« Et pour fabriquer une bomba, mes enfants, croyez-moi, c'est vraiment de la tarte. »
47:08« La question du détonateur se résout dans un quart d'heure, c'est la seule qu'on écarte. »
47:12« En ce qui concerne la bomba, je sais pas beaucoup plus vache, mais une chose me tourmente, »
47:15« C'est celle de ma fabrication, donc un rayon d'action de 3m50. »
47:20« Eh William ! Vous manquez de tenue ? Qu'alliez-vous faire ? »
47:27« En la 13e avenée, il a senti que c'est irrémédiable, Monsieur William. »
47:45« Il entendait déjà crier le diable, Monsieur William ! »
47:51« Aux alentours, il n'y avait personne qu'en trombone. »
47:58« Chantons la peine des âmes, un aveuglant gémissant. »
48:06« Dans le savoir a marché dans le sang, puis dans la nuit a disparu. »
48:11« C'était peut-être le destin qui sont dans les dents, les rues. »
48:29« Il me taillait un costard, c'est pas pareil. »
48:32« Et en même temps, c'est la gloire. »
48:34« C'est comme passer au guignol, quoi. »
48:36« Fatal Picard, c'est Bernard Lavillier. »
48:41« T'as déjà lu tous les bouquins pour en lire un nouveau, faut que t'en écrives un. »
48:45« Bernard Lavillier. »
48:48« T'as même écrit le table sur des bambous, mais tu sais ça, nous on s'en fout. »
48:52« Un mélange d'Indiana Jones, Léo Ferré et Garcima, en moins mort. »
48:58« Il paraît que ton vrai nom, c'était Nick Caraguas. »
49:01« Et qu'après ils ont appelé le pays grâce à toi. »
49:04« Et si un jour t'es trop musclé, et que ça devient illégal. »
49:07« Et si un jour il te met en tôle, moi je viendrai te chercher. »
49:11« Avec tous tes enfants, on se donnera la main, et on fera une chaîne de l'amitié. »
49:16« Tout autour de la terre, Bernard Lavillier. »
49:20« T'as même connu MacGyver à l'époque où t'étais coiffeur. »
49:25« Bernard Lavillier. »
49:27« T'es à moitié stéphanois, et à moitié colombien. »
49:30« Et à moitié espagnol, et à moitié jamaïcain. »
49:34« Et à moitié chaoline, et à moitié un chef indien. »
49:37« Bernard Lavillier. »
49:40« Et à moitié porteuricain, ça on a failli l'oublier. »
49:45« C'est plutôt sympa de se faire tailler par des mômes qui ont 20 ans,
49:49et qui taillent plutôt moi que quelqu'un d'autre. »
49:52« Et de cette manière, c'est-à-dire en leur ajoutant. »
49:55« Ça faisait penser à la chanson de Zorro est arrivé. »
49:59« Un côté un peu comme ça, où Tonton Cristobal est revenu. »
50:03« Ça fait penser à une chanson de Pierre Perret, plutôt. »
50:06« Bernard Lavillier. »
50:08« Et tous les mômes de 15 ans, ils connaissent mon nom grâce à Fatal Picard, finalement. »
50:13« Tout à l'heure, tu as eu un lapsus. »
50:15« Tu as dit, je voudrais avoir une maison pour pouvoir y installer mon orchestre. »
50:18« Ah oui. »
50:19« Mais ma question, c'est... »
50:21« Maison de tolérance. »
50:22« Non mais toi, tu as une maison. »
50:24« Hein ? »
50:24« Toi, tu as une maison. »
50:27« On loue pour l'instant. »
50:29« J'en ai une à Paris. »
50:31« Mais ça ne m'a jamais porté bonheur, une maison. »
50:34« C'est toujours un problème de posséder une maison. »
50:37« J'ai toujours l'impression que je l'ai autour du cou quelque part. »
50:40« Je préfère avoir un bateau. »
50:41« Au moins, ça se déplace. »
50:42« C'est pas comme une baraque. »
50:44« Ou alors, il faudra trouver qu'un Suédois me trouve une maison en bois déplaçable, modulable à merci. »
50:52« Je voudrais citer du Bernard Lavillier. »
50:55« Ce que je cherche, c'est pas ce que tu crois. »
50:57« Ce que j'écris, c'est pas ce que tu crois. »
51:00« C'est un cri d'alarme, des mots d'amour. » »
51:03« Ah oui. »
51:03« C'était il y a une petite dizaine d'années, ça. »
51:05« Ouais, c'était en 80... »
51:08« C'était dans IF. »
51:09« C'était là où j'avais fini par écrire dans cette fameuse... »
51:14« Cet hôtel de passe qu'il y avait à la gare de Lausanne. »
51:16« On the road again, oui. »
51:18« Et j'avais fait cette chanson. »
51:20« À trois ou quatre du mat, le pianiste qui est mort malheureusement maintenant. »
51:23« Beaucoup plus jeune que moi en plus. »
51:26« Il est mort, il avait 35 ans. »
51:28« Et il me dit, je n'ai que ça. »
51:30« C'était un grand spécialiste d'écrire 16 mesures. »
51:32« Après, il fallait se démerder. »
51:34« Je finissais le reste. »
51:35« Parce qu'en fond, il a fait... »
51:42« Ça fait un peu quantique. »
51:49« Il m'avait dit, oui, mais c'est pour te racheter du coup de pucelle au paradis. »
51:52« Parce que moi, j'ai un côté ecclésiastique. »
51:54« Il était très drôle, c'était un chilien. »
51:57« Donc j'ai improvisé complètement le texte en parlant. »
52:01« Et après, j'ai écrit le refrain. »
52:04« Donc ça, c'est un cri d'alarme, des mots d'amour. » »
52:10« Ça te va, ça ? »
52:11« C'est assez ecclésiastique comme truc. »
52:14« Parce qu'il y a un côté quantique. »
52:16« L'histoire d'Anzelo de Gayle part d'une mélodie que lui a faite,
52:21mais qui partait un peu trop après chez Peter Gabriel. »
52:25« Ça partait chez Sting. »
52:27« Et j'ai pris qu'un bout de sa mélodie pour que ce soit crédible. »
52:30« Et je veux dire, on ne peut pas avoir trois ou quatre chansons dans la même. »
52:33« C'est impossible. »
52:33« Alors, je la mets là, comme ça. »
52:39« Donc c'est ces accords-là qui tournent en rond. »
52:43« Et qui montent en spirale. »
52:45« Nous étions jeunes et larges d'épaule. »
52:49« On dit joyeux, insolent et drôle. »
52:53« On attendait que la mort nous frôle. »
52:56« On the road again, again. »
52:59« On the road again, again. »
53:03« On the road again, again. »
53:26« On the road again, again. »
53:30« On the road again, again. »
53:34« On the road again, again. »
53:44« La mer revient toujours au rivage. »
53:49« Dans les blémures, il y a des fleurs sauvages. »
53:53« N'y pense plus, tu es de passage. »
53:56« On the road again, again. »
54:00« On the road again, again. »
54:04« Nous étions jeunes et larges d'épaule. »
54:08« On dit joyeux, insolent et drôle. »
54:12« On attendait que la mort nous frôle. »
54:15« On the road again, again. »
54:19« On the road again, again. »
54:23« Ami, sais-tu que les mots d'amour voyagent mal de nos jours ? »
54:33« Tu partiras encore plus lourd. »
54:38« On the road again, again. »
54:43« On the road again, again. »
54:49« On the road again, again. »
54:54« On the road again. »
54:58« On the road again. »
54:59« On the road again. »
55:03Longue route, encore Bernard.