00:00Merci pour votre confiance et votre fidélité. Bon réveil avec votre radio locale ici à Orléans.
00:04Il est 8h moins le quart. Cécile Dacosta, c'est le jour d'après à Orléans.
00:09On peut dire après un week-end sous haute surveillance et sous haute protection.
00:12De nombreuses restrictions, des ponts fermés, stationnement interdit,
00:15commerce fermé aussi tout le week-end en marge du Congrès du Rassemblement National au Complexe Comet.
00:21Week-end marqué également par plusieurs manifestations contre l'extrême droite.
00:25Un grand cortège encadré par les syndicats au nord de la Loire samedi.
00:29Une plus petite mobilisation hier à bonne distance de l'arène à comète et pas de débordement constaté.
00:34Bonjour Mariam Fontoni.
00:35Bonjour Cécile Dacosta.
00:36Vous êtes sous-préfète et directrice de cabinet du préfet du Loiret et de la région Centre-Val-de-Loire.
00:40Vous vous attendiez à un week-end très tendu. Il a été plutôt calme finalement ?
00:45Il a été calme parce que nous avions mis en place un dispositif exceptionnel avec des renforts de toute la
00:50France.
00:51Ce qui nous a permis de garantir à la fois les libertés publiques, les libertés de réunion,
00:57la liberté de manifester, la liberté politique et également l'ordre public.
01:01On parle de 3000 membres de forces de l'ordre mobilisés sur Orléans pendant ces deux jours.
01:05Est-ce qu'il y a eu des interpellations dans l'Orléanais ? Quel type de personnes peut-être ?
01:09Il n'y a pas eu d'interpellations liées au rassemblement.
01:12Il y a eu deux interpellations pour des motifs connexes,
01:15mais pas d'interpellations liées à des affrontements avec les forces de l'ordre ou quoi que ce soit.
01:19En revanche, il y avait des gendarmes mobilisés aux alentours d'Orléans, sur les grands axes, dans les gares.
01:23Il y a eu des saisies faites ?
01:26Les gendarmes mobilisés en périphérie d'Orléans ont effectué 20 000 contrôles d'identité
01:33et 16 000 véhicules également ont été contrôlés.
01:37Ça a donné quand même lieu à la saisie de deux armes à feu,
01:39de 41 armes blanches et de 211 armes par destination.
01:44Armes par destination, ce sont des boules de pétanque, des fusils de paintball,
01:48des fusils airsoft, etc.
01:49Des choses qui peuvent faire très mal sans que ce soit catégorisé comme des armes.
01:52Et ça, on est sûr que c'est des gens qui allaient venir à Orléans en marge des manifestations, etc.
01:58Oui, en tout cas, vous n'avez pas de raison de venir avec de tels objets.
02:04On n'attrape pas ça tous les week-ends.
02:06Donc là, clairement, les gens avaient l'intention de venir à Orléans
02:08pour en découdre avec les forces de l'ordre, pour empêcher la tenue d'un meeting politique.
02:13Donc notre responsabilité en tant qu'État, c'était de garantir l'ordre public
02:16et de s'assurer que ceux qui manifestaient, ceux qui tenaient leur meeting politique,
02:20pouvaient le faire en sécurité, puisque nous sommes dans une démocratie
02:22et que les libertés publiques doivent être garanties.
02:24On a vu un centre-ville d'Orléans à l'arrêt quasiment ce week-end.
02:28Est-ce qu'au final, comme certains le disent,
02:30le dispositif de sécurité n'était pas un petit peu disproportionné,
02:33puisque tout s'est passé dans le calme ?
02:35Il était proportionné et c'est pour ça que ça s'est passé dans le calme.
02:37S'il y avait eu la moindre dégradation, on nous aurait dit
02:39que le dispositif n'était pas suffisant.
02:42Donc là, il ne s'est rien passé.
02:44C'est très heureux, mais c'est surtout le fruit d'un long travail de préparation.
02:48Ça faisait plusieurs mois que nous travaillions sur ce week-end.
02:51Et donc nous sommes contents que l'objectif ait été atteint
02:54et qu'il n'y ait eu aucune dégradation, aucun affrontement.
02:57C'était vraiment notre objectif majeur.
02:58Un mot sur les commerçants.
03:00Le but de ce dispositif était notamment de les protéger, eux.
03:03Ils ont quand même dû fermer un samedi.
03:07Certains se sont même barricadés ou ont investi dans des planches de bois.
03:10Qu'est-ce que vous leur dites ?
03:12Certains expriment leur lassitude, leur incompréhension, même après ce week-end-là.
03:16Nous avions pu échanger en amont également de ce week-end
03:19avec les représentants des commerçants ainsi qu'avec l'UMI.
03:22Nous avions garanti un dispositif de sécurité très important.
03:26Après, il y a aussi certaines personnes qui ont choisi de fermer
03:28par crainte des débordements, ce qu'on peut comprendre.
03:31En tout cas, le dispositif qui était en place permettait
03:34de garantir la sécurité de tout le monde.
03:35Il y a des restaurateurs qui ont ouvert, qui ont travaillé.
03:40C'est sûr que les conditions étaient vraiment exceptionnelles
03:42et ce ne sera pas le cas.
03:45La nécessité de tenir à ce point-là la ville était,
03:48pour des raisons vraiment exceptionnelles,
03:50mais liées à des risques avérés.
03:51Nous avions vraiment des informations comme quoi certains
03:53essayaient vraiment de passer à la fois pour faire des dégradations,
03:57mais aussi pour vraiment empêcher la tenue du meeting politique.
03:59C'est pour ça qu'on a mis en place ce dispositif
04:01et notamment la fermeture des ponts.
04:03Et finalement, ces personnes-là, les black blocs, les casseurs,
04:05on ne les a pas vues à Orléans ?
04:07Vous estimez qu'ils ont fait demi-tour ?
04:08Ou est-ce qu'il y a pu avoir aussi des informations erronées
04:10qui vous sont parvenues sur le risque encouru ce week-end ?
04:14Je crois que les saisies que nous avons mentionnées tout à l'heure
04:16montrent que l'analyse n'était pas erronée.
04:18Par contre, en effet, des gens ont fait demi-tour
04:19puisqu'ils n'avaient plus rien pour casser
04:21ou pour s'en prendre aux forces de l'ordre.
04:23Et nous avons vu des gens qui ont fait demi-tour,
04:25des gens qui ont été bloqués sur les ponts.
04:27Donc nous avons vraiment eu un dispositif dissuasif
04:30et je pense que nous pouvons nous en réjouir.
04:32Mariam Potoni, un mot sur le dispositif
04:34qui a été mis en place aux abords du meeting
04:37du Rassemblement National hier.
04:39On a appris que des bus TAO ont été réquisitionnés
04:42pour emmener des sympathisants du RN jusqu'à l'Arena Comet.
04:45C'est le parti qui a demandé ça, qui a demandé cette réquisition ?
04:48Ce n'est pas le parti qui a demandé cette réquisition.
04:51Nous avons mis en place un système sous réquisition
04:53puisque l'autorité organisatrice de mobilité,
04:55c'est-à-dire Orléans Métropole,
04:56nous a informés vendredi qu'ils n'étaient pas en capacité
04:59d'assurer les transports publics ce week-end.
05:01Or, nous avions des personnes qui allaient participer
05:04à un meeting politique qui était menacé.
05:07Il y avait des menaces sur les réseaux sociaux,
05:09sur le fait que certains voulaient s'en prendre à eux.
05:12Donc nous avons pris la décision de mettre en place
05:14un système qui permet de les acheminer
05:16à leur meeting politique
05:17sans qu'ils soient mis en danger dans le centre-ville.
05:20Dans ce cas-là, qui paye pour affrêter ces bus-là ?
05:22C'est les pouvoirs publics ?
05:24C'est le Rassemblement National ?
05:26Puisque c'est quand même un événement privé,
05:28le congrès du RN ?
05:30C'est un sujet qui sera vu avec Orléans Métropole.
05:32Merci beaucoup Mariam Fontenier
05:34d'avoir été avec nous ce matin
05:36pour parler de tout le dispositif de sécurité
05:37prévu ce week-end à Orléans.