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  • il y a 14 minutes
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00La Sanguine, c'est le film qui va vous scotcher sur votre fauteuil,
00:03qui va vous faire vous contorsionner, vous cacher les yeux, probablement,
00:08puisque c'est un film de body horror, on va parler de tout ça ensemble.
00:11Vous, vous venez de la finance, Marion.
00:13À quel moment vous vous êtes dit « je vais devenir réalisatrice »
00:16et qui plus est, de films de genre ?
00:17Je pense à la fin de mes cinq années d'études.
00:20J'ai fait de la finance et c'est vrai que c'était un milieu
00:23dans lequel je ne me reconnaissais pas du tout.
00:25Je ne voyais pas du tout le sens de ce que je faisais.
00:27Et j'avais un rêve de cinéma depuis toujours.
00:31Je suis filmée Phil depuis mon plus jeune âge.
00:34J'adore les films d'horreur aussi parce que je viens d'une famille
00:39qui est plutôt assez stricte, un peu conservatrice.
00:42Et c'est vrai que du coup, le film d'horreur...
00:43C'était interdit.
00:44C'était interdit, personne n'en réel dans la famille.
00:47Et aussi parce que je trouvais qu'il y avait quelque chose de très politique
00:50dans le film de genre et que ça me plaisait.
00:53Un film qui soit aussi bien très divertissant, très ludique,
00:58très jouissif à regarder comme spectatrice
01:00et en même temps qui est un sous-texte très engagé.
01:05Je trouvais que c'était très intelligent.
01:08Et moi, je vais aussi au cinéma comme spectatrice pour être secouée,
01:12pour me prendre une claque et j'ai besoin d'être réveillée.
01:15Je trouve que l'art, ça doit être...
01:17Ça, c'est vraiment ma perception à moi.
01:19Ça doit être radical et ça doit vraiment...
01:22Ça doit vous chambouler.
01:26Photo !
01:27La première médecin de la famille, ça s'immortalise.
01:30Je m'engage à faire de vous des médecins d'exception.
01:33Croyez-moi, ça ne doit pas être de tour pot.
01:40Dépêche-toi !
01:42J'arrête !
01:42Pauline, je suis désolée, je suis en train d'apprendre.
01:45La pauvre petite princesse.
01:47Kim Maram, vous êtes deux internes aux Urgences,
01:49deux collègues, deux rivales aussi.
01:51Comment est-ce que vous avez réagi toutes les deux
01:53quand on vous a proposé ce film ?
01:54Parce que je sais qu'à la base,
01:55vous n'êtes pas forcément fan de films de genre.
01:58Non, du tout.
01:59Mais c'était intéressant d'en faire.
02:01Moi, c'est vraiment ça.
02:02C'était d'aller dans les coulisses et de regarder tout ça
02:05et d'être...
02:06C'était hyper inspirant et c'était vraiment fascinant.
02:08Et donc de pouvoir ensuite le regarder.
02:10Moi, j'ai pu le regarder parce que je l'ai fait.
02:13Sinon, j'aurais pas pu le regarder.
02:17Je me sens pas bien du tout.
02:20Tout le monde n'a pas les épaules pour les urgences, c'est tout.
02:21Vous êtes médecin ou vous êtes malade, Margot ?
02:23Oui, mais c'est ça, c'est presque un discours politique
02:25pour dire que les jeunes doivent muter
02:27pour pouvoir résister au monde extérieur.
02:28Moi, c'est vraiment ça que j'aime dans ce film,
02:30c'est que vraiment, le genre sert le propos et pas l'inverse.
02:34Je trouve qu'on ne fait pas du genre gratuitement, vraiment,
02:37et que c'est des sujets importants aujourd'hui.
02:40Le dépassement de soi au travail,
02:43toujours devoir être plus performant
02:44pour répondre à des standings qu'on attend de nous,
02:48mais en fait, qui font plus sens pour nous aujourd'hui,
02:50de se dire, mais pourquoi se tuer au travail ?
02:51En fait, ça fait écho avec plein de choses qui se passent actuellement aussi.
02:55Vous l'avez déjà ressenti, toutes les deux,
02:57justement, cette pression qui fait mal dans la chair, carrément ?
03:01Pas à ce niveau-là, pas à ce stade-là.
03:05Je crois, moi, j'ai fait un burn-out, j'en ai eu un,
03:09quand j'étais serveuse dans deux restos en même temps
03:12et que j'étais assistante de ma prof et que machin...
03:14Et évidemment, tu rajoutes à ça une peine de cœur adolescente et machin...
03:18Et tout le bordel qui fait que j'ai senti à un moment
03:22que j'étais plus capable de rien faire du tout.
03:26Et donc, j'ai tout cuté et j'ai tout plaqué du jour au lendemain.
03:28J'ai appelé mes deux restos, j'ai dit, je démissionne,
03:30j'ai appelé ma prof d'étape, j'ai dit, je viens plus demain.
03:32Et j'ai vraiment tout plaqué et je suis partie toute seule en Espagne
03:36pendant une semaine comme ça, à essayer de me retrouver moi.
03:40Pour se reconnecter.
03:41Mais non, j'ai pas senti...
03:44La violence qu'elle racontait dans le film
03:46n'est pas quelque chose que j'ai senti professionnellement.
03:48Et puis, je pense qu'on fait quand même un métier assez privilégié.
03:52Enfin, on fait le choix d'être là.
03:55On est quand même dans des conditions,
03:56on est vachement accompagné,
03:57on est vachement soutenu.
03:59En plus, en tant qu'acteur, je veux dire,
04:01on n'est vraiment pas à plaindre en termes de poste
04:04sur un plateau, etc.
04:05Donc, je pense que ce serait...
04:08Comparé à des gens, par exemple, en médecine,
04:10comme Margot, etc.,
04:11qui, en fait, se tuent au travail
04:13pour faire fonctionner un système, etc.
04:15Je pense que ce serait un petit peu mal venu de notre part
04:17de dire que, voilà...
04:19En fait, c'est à nous aussi de mettre le stop.
04:21Moi, si demain, je veux arrêter de travailler là,
04:24parce que c'est trop pour moi,
04:25parce que je ne me suis pas écoutée,
04:27c'est mon choix.
04:28Oui, oui, bien sûr.
04:29On fait un métier qui a ce luxe-là, en tout cas.
04:31Dans le cinéma de genre,
04:33il y a le cinéma d'horreur
04:34et il y a le body horror.
04:36Comment est-ce que vous expliqueriez
04:38ce qu'est le body horror ?
04:39Le body horror, c'est un sous-genre du cinéma d'horreur
04:42qui, vraiment, s'attache à filmer le corps
04:46et ses métamorphoses
04:48de manière microscopique,
04:51presque comme si on était dans un laboratoire.
04:54Donc, ça filme le corps
04:55sous toutes ses coutures,
04:57plus ou moins appétissantes, on va dire.
04:59Est-ce que vous vous reconnaissez
05:00dans toute cette mouvance actuelle ?
05:03Parce que c'est vrai que le cinéma de genre,
05:05franchement, se porte bien.
05:06En France, aux États-Unis,
05:08on a pu voir le succès de Resident Evil,
05:11de Évanouie,
05:12là, il y a Malfaisante
05:13qui vient de sortir avec Jessica Chastain.
05:15Il y a eu le triomphe d'Obsession,
05:17de Backroom.
05:18Il y a eu, évidemment,
05:19le triomphe aussi de The Substance.
05:21Voilà, est-ce que,
05:22en tant que spectatrice et réalisatrice aujourd'hui,
05:25puisque c'est votre premier long-métrage,
05:26vous vous inscrivez dans cette lignée ?
05:28Ça vous correspond ?
05:29Vous vous reconnaissez ?
05:30En tout cas, je reconnais ma génération.
05:31Et je pense que c'est vraiment
05:32le cinéma de genre aujourd'hui.
05:34C'est vraiment le cinéma
05:35de toute une génération,
05:36de la jeune génération,
05:38qui, je crois, déjà se reconnaît
05:40par rapport aux sujets
05:41qui sont abordés
05:42dans les films de genre
05:44et aussi dans la manière
05:45de raconter des histoires.
05:46Et vous incarnez, donc,
05:47la French Touch.
05:48J'espère.
05:49C'est quoi, d'ailleurs,
05:50pour vous, la French Touch ?
05:51Qu'est-ce que ça voudrait dire ?
05:52La French Touch ?
05:53Est-ce qu'on a une French Touch ?
05:55Oui, je crois.
05:56Je pense à Julia Ducourneau,
05:57à Coralie Fargeat.
05:58Je pense à Julia Ducourneau,
05:58elle a vraiment ouvert les portes.
06:00Et je suis très fière
06:02d'avoir Julia Ducourneau,
06:03Coralie Fargeat,
06:04en tout cas,
06:05de m'inscrire
06:06dans une lignée de femmes,
06:07moi,
06:07qui m'ont énormément inspirée,
06:08non seulement par leurs œuvres,
06:10mais aussi par leur parcours,
06:11en fait,
06:12parce que faire du cinéma
06:13de genre
06:13en tant que femme,
06:15c'est quand même très nouveau.
06:16Il faut rappeler
06:17que c'est un style de cinéma
06:19qui a été quand même gouverné
06:21par les hommes
06:23pendant des décennies.
06:24C'est vrai.
06:25Aujourd'hui,
06:25c'est bien renversé,
06:26cette tendance.
06:26C'est renversé
06:27et c'est super
06:28parce qu'elle propose
06:29non seulement
06:29des nouvelles représentations
06:31de corps féminins
06:32à l'écran,
06:32et ça,
06:33c'est hyper important,
06:34et aussi de nouvelles histoires,
06:35où les femmes,
06:37notamment les héroïnes,
06:38ne sont plus uniquement victimes,
06:39mais elles sont actives,
06:41elles sont maîtresses
06:41de leur destin,
06:42et ça,
06:43c'est hyper important aussi
06:44d'avoir des nouvelles histoires
06:46d'horreur.
06:47J'aimerais qu'on parle de Pop.
06:49Oui.
06:49Est-ce que vous pouvez nous expliquer
06:50qui est Pop
06:51et le rôle très important
06:53qu'il aille sur ce tournage ?
06:54Donc,
06:55Pop,
06:55alias Pierre-Olivier Persin,
06:56c'est donc
06:58le maquilleur en chef
06:59des effets spéciaux.
07:01C'est un savant fou.
07:03Quand je l'ai rencontré,
07:04je me suis dit
07:04c'est génial,
07:05j'ai rencontré quelqu'un
07:06qui a un niveau de folie
07:07qui est assez équivalent
07:08à la mienne.
07:09La première fois
07:09que je suis arrivée
07:10dans l'atelier,
07:11vraiment,
07:12c'est un truc de fou,
07:13il y avait le corps
07:13de demi-mondeuse de substances,
07:15il y avait le nez
07:15de Perninette de Montecristo,
07:17enfin,
07:18vraiment,
07:18il y avait un truc fou,
07:19et je me disais,
07:20moi,
07:20je suis en train de participer
07:21à cette artisanale-là.
07:22Dès que j'avais
07:22un petit moment
07:23de perte de patience,
07:24parce que c'était très long,
07:25je me rappelais
07:26à quel point
07:26c'était fou
07:27d'être en train
07:28de vivre
07:29cette expérience.
07:30Vous, concrètement,
07:31vous aviez une prothèse
07:33au niveau de la poitrine,
07:35c'est ça ?
07:35Non, alors moi,
07:35je restais debout
07:36pendant cinq heures.
07:37Cinq heures.
07:38Et c'était
07:39prothèse par prothèse.
07:40Donc chaque extraissance
07:41que vous allez voir
07:42dans le film
07:42était posée une par une.
07:44Il n'y avait pas
07:44de grosses pièces.
07:45Parce qu'il voulait vraiment
07:46que chaque prothèse
07:47épouse le corps
07:48et que je puisse,
07:49moi, vraiment jouer avec
07:50et pas devoir juste
07:51être coincée
07:52dans les prothèses.
07:53Justement,
07:53les prothèses
07:54devaient me servir.
07:55Mais du coup,
07:55c'était vraiment
07:57de l'artisanat.
07:57J'avais l'impression
08:00créée par des créateurs.
08:01Des liages, corsets,
08:03prothèses, tout.
08:03C'est vrai que c'était
08:04impressionnant.
08:04Moi, j'arrivais le matin
08:06et puis je voyais Mara
08:07qui était là
08:07depuis quatre heures
08:08du matin, quoi.
08:09Enfin, c'était fou.
08:10C'était fou.
08:11Tu avais déjà vécu
08:12une journée.
08:12Et puis quand toi,
08:13tu rentres le soir,
08:14tu fais « Salut, Mara,
08:15à demain ! »
08:15Et puis tu la vois,
08:16comme ça.
08:17Il y a autant d'heures
08:17pour tout en voie.
08:19Deux heures.
08:20Tu dis deux heures
08:20comme si c'était rien.
08:21Deux heures.
08:22Mais comparé aux six heures
08:22du matin,
08:23franchement,
08:24c'est vrai.
08:24C'est clair.
08:25Mais à la fin,
08:26j'arrachais.
08:27Au début,
08:28on faisait ça comme ça
08:29et puis à la fin,
08:29on...
08:40Faire un film de genre,
08:42c'est vraiment
08:42un numéro d'équilibriste,
08:43en fait,
08:44parce qu'il faut arriver
08:45à saisir le spectateur
08:47et en même temps,
08:47il ne faut pas non plus
08:48qu'il rejette le film
08:50avec trop de scènes d'horreur,
08:52trop de gore,
08:52etc.
08:53Et donc du coup,
08:54c'est vrai que quand on a
08:55une scène qui est très dure
08:56visuellement,
08:58même psychiquement,
08:59etc.,
08:59je trouve que d'amener
09:00de l'humour
09:01permet aussi
09:03de souffler,
09:04de décompresser un peu
09:05et puis aussi parce que moi,
09:07l'humour,
09:08quand j'ai fait de la finance,
09:09ça a été ma bouée de sauvetage.
09:10La petite soupape, oui.
09:12Alors j'ai un petit questionnaire
09:13pour vous
09:13parce que maintenant,
09:14vous êtes devenu
09:15un peu spécialiste en médecine.
09:17Laquelle de vous deux
09:18survivrait le plus longtemps
09:19à une garde de 24 heures
09:20aux urgences ?
09:21Deux.
09:22Moi, non ?
09:23On est badass, en fait.
09:24Ça va, on tient.
09:25Ça va, ouais.
09:26Qui garde le plus son sang-froid
09:28devant une plaie ouverte ?
09:29Ou une opération
09:30à cœur ouvert ?
09:31Moi, ça va.
09:32Moi, pour l'anecdote,
09:33quand même,
09:34pour le film,
09:34j'ai été trois jours
09:35aux urgences en observation
09:36et je pensais
09:37qu'il n'y avait aucun souci
09:38avec les plaies,
09:39tout ça, machin.
09:40Et ça ne fait même pas
09:41dix minutes que je suis là
09:42et il y a un des médecins
09:43qui me dit
09:43« Viens avec moi,
09:44on a une plaie
09:44en dessous de la bouche
09:45d'un monsieur et tout.
09:46Viens. »
09:47Je fais « Ouais, ok,
09:48grave, pas de souci. »
09:49Il me présente
09:49comme son assistante
09:50et puis il plante
09:51une aiguille dedans
09:52et là, le mec,
09:52il hurle et je fais genre
09:53« J'arrive,
09:54je vais juste faire pipi »
09:55et je suis tombée
09:55dans les pommes
09:56au bout de dix minutes
09:56et je me suis cachée.
09:57Ça fait que dix minutes
09:58que je suis là.
09:59Je ne peux pas lui montrer
10:00que je ne tiens pas le coup.
10:01Vous pourriez voir ?
10:01Au coude comme ça,
10:02une plaie ouverte ?
10:02Non.
10:03Horrible.
10:04Impossible.
10:05Impossible.
10:06Demain, vous re-signez
10:07pour un film de genre ?
10:08Est-ce que ça va devenir
10:09une élection ?
10:10Moi, je crois
10:11que je ne suis pas sûre.
10:12Ah ouais ?
10:12Ouais.
10:13Je crois que je ne suis pas sûre
10:14parce que je crois que...
10:16Après, moi,
10:16je n'ai pas été confrontée
10:17à ce à quoi toi,
10:18tu as été confrontée
10:19mais je pense que physiquement
10:20ou même émotionnellement,
10:21c'est tellement loin,
10:22c'est tellement fort
10:23et tous les traits
10:24sont tellement tirés
10:26que ça me ferait peur
10:27de me relancer là-dedans.
10:29Je crois que j'aime bien
10:29les choses plus...
10:31Plus petites.
10:31Ouais, plus petites en tout cas,
10:33les émotions
10:33qui sont plus naturalistes
10:35ou tu vois.
10:36Pour terminer...

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