00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03La suite à 12h47 sur Europe 1, n'hésitez pas, vous réagissez au 01 80 20 30 9 21 pour
00:09réagir avec Christine Kelly sur Europe 1.
00:11Christine.
00:12Oui, il est 12h47, nous sommes avec Olivier Vial, directeur du Centre d'études et de recherche universitaire,
00:18rédacteur de la Lettre des Radicalités et Sabrina Medjeber en direct sur Europe 1.
00:23Je vais vous parler de ce qu'on a entendu à l'instant, le petit sonon que je vous ai
00:27fait entendre,
00:28Balibagayoko est invité de LCI hier soir et qui a réclamé l'interdiction de laisser les élus RN s'exprimer
00:35durant la campagne présidentielle.
00:37Comment réagissez-vous Olivier Vial ?
00:38En fait, on voit que sur cette question du racisme, la gauche et notamment LFI a épousé totalement une définition
00:45qui porte à confusion.
00:48En fait, il faut se rappeler que le retour de la race dans le débat public, c'est la gauche
00:53qui l'a porté.
00:54C'est la gauche notamment avec les études intersectionnelles.
00:56Et aujourd'hui, quand on utilise notamment l'accusation de racisme pour interdire le débat sur l'immigration,
01:04pour interdire plein de choses qui n'ont rien à voir avec le racisme, qui est pour le coup un
01:08délit,
01:08c'est l'idée qu'il n'existe plus de racisme à proprement parler, mais qu'il n'y a
01:12qu'un racisme systémique.
01:14C'est-à-dire que c'est la société qui fait ça.
01:16En faisant ça, ils ont fait deux choses.
01:17Un, ils sont en train d'amalgamer n'importe quel comportement en les accusant de racisme.
01:22Donc, c'est effectivement une porte ouverte à la censure.
01:24Et surtout, ils interdisent de, justement, s'attaquer au vrai racisme.
01:28Le racisme, c'est celui qui a un comportement et qui commet un acte raciste.
01:32En l'occurrence, la personne qui tire, attrape, il est raciste.
01:36Mais quand on commence à accuser n'importe qui, n'importe quel élu du RN qui n'a tenu aucun
01:41propos de racisme,
01:42d'être raciste et de vouloir l'interdire, c'est quelque chose d'extrêmement idéologique.
01:45Et c'est d'autant plus idéologique qu'on voit bien que dans le cas des élus LFI,
01:52être racisé, c'est d'abord une idéologie.
01:54Parce que si vous êtes black, si vous êtes...
01:56La question que j'ai envie de vous poser, Olivier Vial, c'est qu'être racisé,
01:59on l'entend bien, effectivement, parce que depuis plusieurs temps,
02:02plusieurs années, on voit à quel point la gauche met en avant ce côté,
02:10cette racialisation de la société.
02:11est-ce que pour autant, je veux dire, ça explique le racisme ?
02:17Comment est-ce que ça explique le racisme le fait qu'il est mis ?
02:19En fait, il y a deux choses.
02:19C'est un racisme extrêmement idéologique.
02:22Parce que, je vous disais, par exemple, être racisé pour eux,
02:25n'importe qui n'est pas racisé.
02:27Si vous êtes un policier noir, vous n'êtes pas racisé.
02:29C'est ça.
02:30Vous n'êtes pas ce que vous.
02:31En fait, c'est d'abord adopter l'idéologie de la victime.
02:34Et donc, si vous n'êtes pas dans cette logique-là,
02:36effectivement, pour eux, vous êtes disqualifié.
02:39Et en quoi ça explique le racisme ?
02:41C'est une lecture qui empêche la politique,
02:44puisqu'elle devient simplement identitaire.
02:46Quand vous accusez n'importe quelle chose d'être d'abord une question raciste,
02:49ça veut dire que vous ne pouvez pas négocier.
02:51C'est quelque chose que vous devez combattre.
02:52Et donc, c'est forcément un ferment de violence,
02:55puisqu'on interdit toute forme de débat,
02:57toute forme d'argumentation,
02:58puisque c'est identitaire et plus du tout politique.
03:01Olivier Vial, sur Europe 1, c'est vrai qu'on entend régulièrement
03:04des élus, les filles, par exemple,
03:06qui sortent trois mots, extrême droite, racisme, je ne sais plus quoi.
03:11En fait, dès qu'on dit ça, tout de suite, on est anesthésiés.
03:13On ne peut plus avoir de débat.
03:14On a Estelle qui nous appelle de Gironde et Frédéric.
03:17Bonjour Estelle, dites-nous tout.
03:19Bonjour.
03:20Bonjour Estelle.
03:22Écoutez, oui, moi je voulais réagir à ces propos,
03:24parce que c'est vrai que je trouve toujours qu'il y a deux poids, deux mesures.
03:27Et je suis ravie que les filles et ma petite panneau hier soient attrapes
03:31pour dire justement que les mots ont un poids,
03:34mais ça n'a pas de poids quand c'est par rapport aux forces de l'ordre
03:37ou quand c'est par rapport à des...
03:39Très bien de remarques.
03:42Oui, du coup, c'est ça qui me dérange.
03:44Quand on dit la police, ils ne se sentent pas responsables.
03:47C'est ce que vous voulez souligner, par exemple.
03:48Oui, c'est ça, exactement.
03:50Et quand ils appellent à la désobéissance,
03:51et qu'aujourd'hui, là, on voit qu'il faut manifester contre un congrès.
03:55Je veux dire, comme le disait justement votre intervenant juste avant,
03:59tout l'URN n'a pas des propos racistes.
04:01Et il faut évidemment condamner ceux qui ont des propos racistes.
04:04Et ça, c'est inévident.
04:05Tout l'URN n'a pas des propos racistes.
04:08Je ne connais pas non plus des l'URN qui ont des propos racistes.
04:12Je ne sais pas.
04:12Non, mais il y a eu certains trucs qu'on ne peut pas nier.
04:16Il y a des choses un peu border, quand même.
04:18Et après, il faut quand même avoir deux poids, deux mesures.
04:21Mais il faut évidemment avoir des actions contre les propos qui ne sont pas tenables.
04:25Mais autant à droite qu'à gauche.
04:28Parce qu'appeler à la désobéissance,
04:30quand vous avez des vidéos d'adolescents qui courtent des policiers en hurlant,
04:33« Tuez-les ! »
04:35Bah oui, les mots ont un poids.
04:37Tout à fait.
04:37Et donc, quand on appelle à la désobéissance, c'est ce que ça donne.
04:42Et donc, effectivement, moi, ça me fait peur.
04:44Et aujourd'hui, tout le monde parle des gens qui quitteraient le pays si l'URN passe.
04:48Déjà, si l'URN passe, c'est un suffrage universel.
04:50Donc, ça veut dire que la majorité du pays pense comme ça, quand même.
04:54Moi, c'est l'extrême gauche passe.
04:56– Mais on est au stade où il y en a qui se disent qu'ils quittent la France si
04:58l'URN passe.
04:58Il y en a qui se disent qu'ils quittent la France si l'URN passe.
05:00Et on est à cette polarisation que soulignait Sabrina Medjiburl il y a quelques instants.
05:04– Exactement.
05:04– Merci beaucoup, Estelle.
05:05– Et les gens oublient qu'il y a un entre-deux.
05:07– Et qu'il y a un entre-deux, il faut le rappeler.
05:09– Et bien sûr, bien sûr qu'il y a de la nuance, bien sûr.
05:11Merci de nous avoir appelé de la Gironde, Estelle.
05:14Merci beaucoup qui rappelle ce slogan « La police tue »
05:17et que là aussi, il faut souligner la dangerosité de ses propos.
05:22Frédéric, vous nous appelez de l'Essonne.
05:24– Oui, c'est ça. Bonjour à tous.
05:26– Et vous voulez réagir au propos de Bali Bagayoko.
05:29– C'est ça, je suis un peu écœuré puisqu'il n'arrête pas de tenir de tels propos.
05:36Comment peut-on accepter encore d'interdire aux gens du RN de parler ?
05:44Ce n'est pas possible.
05:45Donc, il appelle à la violence.
05:48Ils sont plus racistes que les élus du RN.
05:52Je ne comprends pas cette façon.
05:55– Qu'est-ce qui vous fait dire qu'ils sont plus racistes
05:57que les élus du RN ? Frédéric ?
05:59– Il y a plusieurs faits.
06:04À chaque fois qu'il y a quelque chose, c'est un problème de racisme.
06:08On n'arrête pas de traiter les élus du RN de fachos.
06:12Mais pour quelles raisons ? Pour quelles raisons ?
06:15Où est le fascisme ? Quelle est la définition du fascisme aujourd'hui ?
06:20Comment osent-ils traiter des gens de fascistes ?
06:23Je veux juste essayer de comprendre comment peut-on accepter
06:27et comment la justice, je ne sais pas, n'intervient pas ?
06:31On ne peut pas laisser dire des gens de chez LFI que le RN est fasciste
06:38ou que les élus sont des fachos ou que les sympathisants sont des fachos.
06:44De quels droits emploient-ils ces termes-là ?
06:47Et pourquoi la justice n'intervient pas ?
06:50– On a laissé faire. Comme la police, tu nous disais,
06:52notre précédente interlocutrice.
06:54Merci beaucoup Frédéric d'avoir appelé en direct sur Europe 1.
06:58Notre émission s'achève. 10 secondes, Sabrina Medjébert pour le mot de la fin.
07:01Et 10 secondes, Olivier Vial.
07:03– Je vais citer Pasolini.
07:05L'antifascisme d'hier, le fascisme d'hier est devenu l'antifascisme d'aujourd'hui.
07:10Voilà, c'est ça.
07:10C'est-à-dire le racisme à géométrie variable,
07:13les indignations à géométrie variable.
07:14En effet, comme l'a souligné Olivier,
07:18il y a en effet simplement dans certains la perception
07:22que le racisme serait ontologiquement l'émanation de la population blanche
07:26en occultant également le racisme intracommunautaire qui existe entre autres.
07:31Donc il faudra en parler pendant des heures de ce sujet.
07:33– Sabrina Medjébert en direct sur Europe 1
07:35que l'on va retrouver mercredi pendant l'absence de Gabriel Kuzel.
07:39Olivier Vial, quelle serait votre conclusion peut-être de cette émission
07:44lorsqu'on entend ces auditeurs qui nous ont témoigné de ce qu'ils vivent
07:48et comment ils ressentent effectivement la société aujourd'hui ?
07:50– C'est qu'effectivement on voit qu'il y a une inquiétude
07:52qui est normale vis-à-vis de cette tension,
07:54mais que cette tension elle n'est pas spontanée.
07:56C'est que quand on a décidé de faire de la conflictualisation une stratégie,
08:00eh bien on a les fruits de cette conflictualisation
08:02et malheureusement ce sont des fruits qui sont très amers.
08:05– Merci beaucoup de faire de la conflictualisation une stratégie.
08:10Bonjour ma chère, Lely, quel est le programme aujourd'hui ?
08:13– Bonjour Christine, bonjour à tous, Europe 1 Info dans quelques instants.
08:15Évidemment on va revenir sur les propos d'Emmanuel Macron,
08:18le gouvernement qui respire après ce samedi qui s'est relativement bien passé,
08:21mais il a reconnu un manque d'anticipation pour le précédent.
08:25On en parle, on en débat dans Europe 1 Info.
08:27– Et cet après-midi à 14h30, les lycéens en rendez-vous avec Sébastien Lecornu.
08:31Vont-ils supprimer Parcoursup ?
08:33C'est une question personnellement que je me pose, on suivra tout ça.
08:36Nous on se retrouve demain exceptionnellement à 10h sur Europe 1.
08:40Demain mardi, rendez-vous à 10h sur Europe 1 pour Christine Kelly et vous.
08:44Merci Sabrina, merci Olivier.
08:45– Merci Christine, merci à tous.
08:47– Merci Christine, à demain de 10h à 13h sur Europe 1.
08:50Et vous pouvez bien sûr prendre la parole demain entre 10h et 13h au 01-90-20-39-21-12h56.
08:58Excellente journée sur Europe 1.