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Avec Julien Dray

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##LE_FACE_A_FACE-2026-10-27##

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News
Transcription
00:00...dans tous ces états, le face à face.
00:04Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h03, et après avoir reçu Kauter Ben Mohamed qui est venu nous
00:10raconter les troubles dans la société marseillaise,
00:13nous avons un ancien dignitaire, moi j'aime bien l'appeler l'éléphant, parce que ça représente bien le symbole
00:21de ces missions, de cette stature politique.
00:24Julien Dray est avec nous en studio.
00:26Bonjour.
00:26Julien Dray, merci d'être ici en direct sur Sud Radio avec nous, vous étiez venu il y a un
00:32mois, vous pressentiez déjà, j'ai réécouté notre échange,
00:36vous pressentiez déjà que la société française n'allait pas tenir comme ça très longtemps, un, parce qu'elle a
00:42des fractures sociales et des douleurs,
00:44dont vous reconnaissiez que la gauche avait pu à un moment donné être un peu à l'origine par quelques
00:50erreurs d'appréciation,
00:51et surtout qu'il y avait des gens qui jetaient de l'huile sur le feu et qui utilisaient l
00:55'allumette avec beaucoup d'apropos par des déclarations justement qui sont un petit peu inflammatoires.
01:04Vous avez vécu le 17 octobre comme nous, vous avez vécu la situation, la tragédie raciste de Trappes,
01:12ça va hélas dans le sens de ce qu'une dérégulation de la société française a annoncé.
01:18Est-ce que, je recevais hier Marc Andevel, journaliste d'investigation qui faisait, qui a écrit un livre,
01:23sur l'argent magique, sur l'implication que le grand capital a eue dans la vie politique française et ses
01:30liens avec le pouvoir ?
01:33Juste là, en deux mots, parce qu'on a un auditeur qui nous appelle, que j'aurais dû prendre avant,
01:37que je vais prendre maintenant,
01:39en deux mots, le tableau que l'on voit aujourd'hui, il est conforme hélas à ce qu'ont lancé
01:44les erreurs successives des différentes gouvernances de la France ?
01:48C'est sûr que c'est une accumulation de choses, avec des couches sédimentaires qui se sont superposées les unes
01:55aux autres,
01:55des problèmes qui n'ont pas été traités, des incompétences qui se sont affichées.
02:00Et maintenant, on est dans un moment assez particulier, parce que je trouve que le moment est un peu morbide.
02:06C'est vrai.
02:08On a l'impression qu'il y a deux trains, lancés à grande vitesse, on sait que ces deux trains,
02:13ça va être un choc terrible pour la société, l'un contre l'autre.
02:16Les deux, on n'en a qu'une idée en tête, c'est s'affronter.
02:20La confrontation.
02:20Et tous ceux qui ont un peu le souci de la République, si je me permets, et de la France,
02:25parce que c'est aussi de ça qu'il s'agit, malgré tout,
02:28ça regarde, ça se dispute pour des mesquineries, et ça ne prend pas conscience de la gravité du moment.
02:34Et c'est ça qui m'inquiète.
02:36Et les anathèmes qu'on se jette à la figure, justement, ces deux trains, des deux trains partent des insultes.
02:41Pour les uns, tout est la faute de Mélenchon.
02:43Pour les autres, tout est la faute du Rassemblement National.
02:46C'est comme ça qu'il faut lire les choses ?
02:48Ces deux extrêmes sont ceux qui mettent le feu au pays ?
02:50Alors, eux, ils mettent le feu au pays dans la mesure où il y a des problèmes qui n'ont
02:54pas été traités.
02:55Il y a des choses qui ont été négligées ou sous-estimées.
02:59On y reviendra peut-être dans la discussion.
03:02Et qu'effectivement, maintenant, on a une forme de jeu de rôle.
03:06Chacun, voilà.
03:07Maintenant, on a une candidate du beau, si j'ai bien compris.
03:09Et on a de l'autre côté un candidat de quoi ? De la laideur ?
03:13Voilà, vous voyez où on en est.
03:15Mais vous savez, ça ressemble à une période historique que j'ai retravaillée depuis qu'on s'est vus,
03:19qui ressemble à la fin de la République de Weimar en Allemagne, en 1932-33.
03:23Bon, tout le monde voyait, tout le monde savait, c'était pas des stupides.
03:26Et ils ont même inventé l'idée de faire venir Hitler comme chancelier.
03:33Qui était minoritaire, attention.
03:34Qui est minoritaire, au hashtag.
03:35Il fait à près de 30%.
03:36Voilà, et qui a perdu, dans les élections qui précédaient, 600 000 voix.
03:40Mais le dénommé von Papen va dire à Heidenburg, on va le nommer au gouvernement,
03:44et il va échouer.
03:46Et alors, les communistes allemands disaient, ça sera notre tour.
03:48Les autres pensaient que ça... Voilà, vous avez vu ce qu'il en a été.
03:50Nous avons Olivier qui nous appelle de Bocquer.
03:53Olivier, vous avez une lecture aussi du drame que nous sommes en train de vivre.
03:58Vous pensez qu'il y a des anathèmes qui sont un petit peu maladroits ?
04:02Oui, oui, mais je vais reprendre l'exemple du train.
04:07Je pense que le train, le premier train, c'est Mitterrand qui l'a mis,
04:10mais il est parti à toute vitesse, mais il ne savait pas où il allait.
04:14Donc c'est grave de dire, après moi, le délu, parce que la requête à 60 ans,
04:18c'était une erreur énorme.
04:19Les 35 heures, c'est le pire qui pouvait arriver à la France.
04:24Donc c'est vrai que là, je plains le futur président de la République,
04:29parce que je ne sais pas comment il va faire.
04:31Dans l'état de la France actuelle, je ne sais pas.
04:33Et je voudrais revenir un peu sur Bercoff.
04:35Tout à l'heure, je disais qu'ils ont trouvé des tracts dans la voiture du tueur.
04:40Le Monde avait annoncé qu'il y avait des tracts dans la voiture de Kevin Thé,
04:44et pour ensuite le démentir en disant non, il n'y avait pas de tracts du Rennes dans la voiture.
04:48Alors, voilà, de lancer des trucs comme ça.
04:50Moi, je viens de prendre mon programme de la semaine.
04:54Et dans le programme de la semaine, du dimanche 25 au vendredi,
04:58il y a huit commentaires ou films sur les nazis.
05:04Alors, c'est peut-être une coïncidence,
05:06mais à chaque fois qu'il y a des élections, il y a des trucs sur la guerre 40,
05:10sur les nazis, les tortures.
05:12Là, j'ai vu qu'il y avait un truc sur Klaus Hartmann-Barbie.
05:15Là, on parle du troisième Reich, l'apocalypse, la destruction des Juifs.
05:19Mais tous les jours, il y a un truc.
05:20Est-ce que c'est un hasard ?
05:22Moi, je peux vous dire que ça dure depuis...
05:24Je suis un passionné de l'émission historique,
05:26et je me félicite que l'histoire, toute l'histoire...
05:28C'est vrai qu'elles sont très nombreuses depuis très longtemps,
05:32en période électorale et en période électorale.
05:35Ça relate un fait.
05:37Ce sont des faits historiques qui se sont produits.
05:39Il est bien que la jeunesse...
05:41Vous savez, il y a une jeunesse qui a oublié ça.
05:42Il y a une jeunesse qui a oublié ça.
05:44Oui, mais je pense que c'est un peu subliminal, ce truc-là.
05:49On remue doucement, parce que c'est vrai que nous, à Bocquer,
05:52on a une farouche opposante au RN,
05:55qui s'est déplacée à Orléans et tout,
05:56qui, tous les jours, sur les réseaux sociaux,
06:00attaque le maire-là, l'ancien maire qui était RN.
06:03De toute façon, tout ce que le RN fait, pour elle, c'est mal.
06:06Bon, elle a 13 personnes qui la suivent.
06:09Mais elle ne s'empêche pas de dire, de dire, de dire.
06:11Et vous savez, quand on dit des choses,
06:14à force, j'appelle ça des lavages de cerveau,
06:16ça rentre dans la tête.
06:18lancer une idée comme ça, vous savez,
06:20vous rentrez dans un bureau,
06:22vous vous disputez avec quelqu'un,
06:24et quand vous sortez, vous vous dites,
06:25en tout cas, moi, on ne m'a jamais pris en train de voler.
06:27Et vous partez.
06:28Vous n'accusez pas le gars de voler.
06:30Vous dites, moi, on ne m'a jamais pris.
06:32Mais c'est lancé.
06:33Non, mais on connaît la pratique.
06:37Olivier.
06:37C'est trop facile.
06:39Olivier, on a reçu votre témoignage,
06:42votre avis est entendu.
06:44Voilà, il vaut ce qu'il vaut.
06:46Bon, pour l'instant, je pense que
06:49les citoyens français ont suffisamment de discernement
06:51pour savoir s'ils sont manipulés
06:53ou si leur cerveau est lavé.
06:55Mais ça n'empêche pas,
06:56certaines officines,
06:57et même, quelquefois,
06:58certains médias de succomber à des tentations,
07:00dans un sens ou dans l'autre, d'ailleurs,
07:02de s'enfermer dans un cliché idéologique.
07:04Merci pour votre témoignage, Julien Drey.
07:07Là, on a un auditeur qui, lui,
07:10sa sensibilité est claire.
07:11Il pense qu'il y a une espèce d'endoctrinement
07:16sur les réseaux sociaux, dans les médias.
07:18Vous pensez qu'il y a, effectivement,
07:19à un moment donné,
07:20certains médias qui vont dans un sens,
07:21d'autres dans l'autre ?
07:22Non, mais je pense que,
07:25dans des périodes comme ça,
07:26chaque média et chaque responsable politique
07:29doit toujours balayer devant sa porte
07:30et commencer à se poser la question
07:32est-ce que mes expressions, mes formules,
07:35mes déclarations n'ont pas été mal comprises,
07:39n'ont pas jeté sur le feu ?
07:40Mais il y a eu une réflexion
07:41d'un de vos collègues, samedi soir,
07:44qui m'a touché,
07:46parce que je pense qu'elle était juste.
07:47Il dit, vous considérez que c'est
07:49telle et telle chaîne de télévision
07:51qui font l'opinion
07:52et que c'est à cause d'elle qu'eux ?
07:53Et lui, il disait non,
07:54c'est l'opinion qui donne la possibilité
07:56à ces chaînes d'exister.
07:58Ça veut dire qu'il y a...
07:59C'est un fait.
08:00Cette équation est très juste, Julien Drey.
08:02Merci de la donner,
08:03parce qu'elle rétablit un petit peu
08:04la réalité des rapports.
08:05Je pense que c'est d'ailleurs
08:06un des problèmes, d'après moi,
08:08d'une partie de la gauche.
08:09Elle se trompe d'analyse de la situation.
08:11La société française ne s'est pas gauchisée.
08:14Elle s'est peut-être radicalisée,
08:16mais elle ne s'est pas gauchisée.
08:18L'adhésion aux valeurs de la gauche
08:20que j'ai connue dans les années 70
08:22est aujourd'hui plus faible
08:24qu'elle ne l'est aujourd'hui.
08:25Ah, c'est un fait.
08:26Le peuple français était plus à gauche
08:28antérieurement qu'aujourd'hui.
08:29Ça, c'est factuel.
08:29Alors, ça ne veut pas dire
08:30que la gauche a disparu,
08:31mais ça veut dire que la gauche
08:32devrait se poser la question
08:33de savoir si elle a bien analysé
08:35la société, ses évolutions,
08:36ou si elle a su répondre
08:37à des attentes qu'exprimait la société
08:39et qu'elle est passée à côté.
08:41Et c'est pour ça que
08:42la chose qui m'énerve le plus,
08:43vous le savez,
08:44c'est l'utilisation,
08:45c'est pour ça que j'ai fait
08:46la référence à Weimar,
08:47l'utilisation à tout va maintenant
08:49du mot fascisme.
08:50Notre auditeur dit l'histoire,
08:52mais connaître l'histoire
08:53qui n'a pas de passé
08:54n'a pas d'avenir.
08:55Or, on a des générations entières
08:57qui utilisent le mot fasciste
08:59à tort et à travers
09:00et qui ne savent pas
09:01ce que ça veut dire.
09:01Du coup, ça le dévalorise.
09:03Le jour, ils vont avoir un vrai facho.
09:05Un vrai facho,
09:05ils ne vont plus savoir
09:07les distinguer.
09:08Alors, bon, voilà,
09:08donc les nuances, ça existe.
09:11Vous savez,
09:12si vous me permettez cette remarque,
09:14j'ai appris une chose dans ma vie.
09:16C'est que le droit à se tromper,
09:20le droit à douter surtout,
09:22c'est un droit fondamental.
09:24Et c'est même un devoir.
09:26Et j'étais un homme bardé de certitudes
09:28quand j'avais 17-18 ans,
09:29mais c'est normal
09:29qu'à 17-18 ans, on ait des certitudes.
09:31C'est normal même
09:33qu'on s'affronte à ses parents
09:35dont on pense qu'ils sont
09:36un peu trop timorés,
09:38ou tendres, etc.
09:39C'est même un conflit utile.
09:41Parce que ça va former notre caractère.
09:43Mais à un moment donné,
09:44quand on a un certain âge,
09:45on doit être capable
09:46d'avoir tiré les expériences
09:48de tout cela.
09:49Et moi, je fais partie
09:50de cette génération
09:51qui doute en permanence.
09:52Vous faites état de la différence
09:53entre certitude et conviction.
09:55Et vous avez eu des convictions.
09:56Oui, parce que j'ai eu des certitudes,
09:58j'ai eu des convictions
09:59et des certitudes.
10:00Maintenant, j'ai des convictions,
10:02mais en permanence,
10:03je me pose la question.
10:04Alors, puisqu'on parle sémantique,
10:06vous êtes un fin connaisseur
10:07de la dialectique
10:08et de la langue française.
10:09Est-ce que tout n'est pas fascisme
10:12et tout n'est pas non plus
10:13communisme ou stalinisme ?
10:15Est-ce que vous faites une nuance
10:16entre racisme et xénophobie ?
10:18Je pense que c'est une nuance
10:19qui va monter en disant
10:21qu'on peut détester un étranger
10:22sans avoir une haine raciale
10:24et puis on peut détester un étranger
10:26pour ce qu'il est.
10:27Un étranger parce qu'il n'a pas
10:29à se trouver ici.
10:30Mais je m'en fous de lui.
10:31Je ne sais pas ce qu'il pense.
10:32Voilà.
10:32Est-ce que c'est une nuance
10:33qu'il va falloir faire ?
10:35Je ne sais pas.
10:35Alors là, vous voyez,
10:36ça fait partie de mes doutes.
10:37Il va falloir que je réfléchisse
10:38de cette manière.
10:39Voilà.
10:40Ce que je sais,
10:41c'est qu'il y a des mots
10:44que je n'emploie pas.
10:45Je vais prendre un exemple.
10:45Je n'emploie pas le mot islamophobe.
10:48Ce mot-là,
10:49je n'emploie pas
10:50parce qu'il a une charge idéologique.
10:52Ce n'est pas simplement
10:53la haine du musulman.
10:54Il a été utilisé,
10:55construit par les mots-là
10:56et il a une charge idéologique
10:57qui vise à embrigader
10:58l'ensemble des musulmans
10:59dans un djihad contre
11:01non pas l'homme blanc
11:02comme le croient certains,
11:03mais d'abord et avant tout
11:04contre la République
11:05et ses valeurs.
11:05Et les lumières.
11:06Et les lumières,
11:07elles ne sont pas blanches.
11:08Elle peut exister,
11:09l'islamophobie,
11:09en tant que telle.
11:10Elle peut exister.
11:11Non,
11:13le racisme anti-musulman,
11:16les discriminations,
11:19tout ce que...
11:20Ça, ça existe.
11:21C'est incontestable.
11:21C'est une réalité.
11:22Voilà.
11:22Et je n'emploie pas ce mot.
11:23Vous voyez ce que je veux dire ?
11:24Parce que je n'ai pas envie
11:24de me retrouver à côté de gens
11:27avec lesquels je n'ai rien à voir.
11:28Le risque, c'est quoi ?
11:29C'est que vous dénonciez
11:30un attentat de nature islamiste
11:32et on vous dit
11:33que vous êtes un islamophobe.
11:35De même que lorsqu'on dit
11:36est-ce que la guerre de l'Ukraine
11:38était vraiment nécessaire,
11:39on vous dit
11:39que vous êtes un agent de Poutine.
11:41Et donc,
11:42on a tendance dans ce pays
11:43à enfermer les gens
11:44dans des concepts
11:46avec des clichés
11:47et ensuite à jeter de l'anathème.
11:48Est-ce que ce n'est pas
11:48un mal très français ?
11:49Vous, vous avez pratiqué,
11:50vous avez subi ça
11:52très longtemps.
11:53Oui,
11:53je pense que c'est un mal français.
11:55En tous les cas,
11:56c'est un mal de la démocratie
11:57aujourd'hui.
11:57C'est-à-dire justement
11:58que ceux qui normalement
12:00doivent transmettre
12:02l'expérience,
12:02le savoir
12:03et donc ce droit au doute
12:05ne le font plus.
12:07Ils ne le font plus
12:07parce que
12:08quand vous avez un président
12:09de la République
12:09qui fait autant de bêtises
12:10dans ses déclarations,
12:12ce n'est pas rien,
12:13je veux dire,
12:14avec des tâtonnements stupides.
12:18Tout ça, ça pèse.
12:19Moi, je vais vous dire
12:21aujourd'hui,
12:22comme je l'ai dit
12:22déjà depuis un certain temps,
12:24si à un moment donné
12:25dans ce pays,
12:27il n'y a pas
12:28comme il y a eu
12:29dans des temps
12:29où la France
12:30était en péril.
12:30Elle l'est en péril.
12:32Voilà.
12:33C'est ça qu'il faut dire.
12:34Elle est en péril
12:34ne serait-ce que déjà
12:36financièrement.
12:36Elle est au bord
12:38de passer sous la tutelle
12:39du Fonds monétaire international.
12:41Voilà.
12:41Et je considère d'ailleurs
12:42que le Rassemblement National
12:45comme Jean-Luc Mélenchon,
12:47à l'arrivée,
12:48c'est le triomphe du FMI.
12:49Parce que les solutions
12:51qu'il propose
12:51ne tiennent pas debout.
12:52Voilà.
12:53Et donc,
12:54ce sera comme ça a été le cas
12:55en Grèce
12:56avec M. Tsipas.
12:59M. Tsipas.
12:59On continue à en discuter.
13:00Vous restez avec nous.
13:01Qui donne vraiment
13:02le tempo de cette mobilisation ?
13:04Les jeunes,
13:05les syndicats,
13:05les partis politiques,
13:06les réseaux sociaux.
13:07Vous en pensez quoi ?
13:08Vous pouvez nous le dire
13:09au 0826 300 300
13:11et nous ici sur ce plateau.
13:13Pour mieux comprendre la question,
13:14nous recevons
13:15le baron noir
13:16Julien Drey,
13:17cofondateur de SOS Racisme,
13:18ancien député.
13:20Sud Radio.
13:22La France dans tous ses états,
13:24Péricault-Légas.
13:26Vous êtes bien sur Sud Radio,
13:27il est 13h19
13:28et nous recevons
13:29Julien Drey,
13:31ancien dignitaire
13:32du Parti Socialiste.
13:34J'ai du mal à dire ancien
13:35parce que pour moi,
13:36vous incordez toujours
13:36le Parti Socialiste
13:37qui n'appartient à personne
13:39mais à ceux qui se sont battus
13:41à l'époque
13:42pour les valeurs de la gauche
13:43autour du programme commun.
13:44Ensuite,
13:45il y a eu beaucoup d'évolution.
13:46Il y a eu 1983,
13:47il y a eu ce tournant,
13:48on va en parler,
13:48vous nous en aviez
13:49parlé la dernière fois
13:50en disant qu'à un moment donné
13:51on est rattrapé par le réel
13:52et il faut être pragmatique.
13:54Là,
13:55Julien Drey,
13:55vous assistez
13:57à cette dégradation
13:58très rapide
13:59du climat social français.
14:00Cette société
14:01qui était en fracture sociale
14:02devient quasiment maintenant
14:03en fracture territoriale.
14:05Qui tire les ficelles
14:06de cette colère ?
14:08Elle est naturelle,
14:09elle est spontanée,
14:10elle devait arriver
14:10ou il y a quand même
14:11des gens qui aiment bien
14:11un petit peu jeter un peu ?
14:12Non, il y a toujours des gens
14:14qui, y compris d'ailleurs,
14:15font croire
14:16qu'ils tirent les ficelles
14:17puisqu'ils ne le tirent vraiment.
14:19Parce que là,
14:20dans la situation actuelle,
14:21bon,
14:21j'ai l'impression quand même
14:22que c'est plus éruptif
14:24spontanément
14:24que de manière décrétée.
14:27Vous savez,
14:27on est dans une situation,
14:28Gramsci avait cette formule,
14:29une situation révolutionnaire,
14:30c'est quand
14:31en haut,
14:32on ne peut plus
14:33et qu'en bas,
14:34on ne veut plus.
14:35Et c'est en ce sens-là
14:36que
14:37quand on applique cette formule
14:38au moment dans lequel on est,
14:39il peut y avoir
14:40même une précipitation.
14:41pose la question,
14:43on va voir avec les lycéens,
14:45même si je pense
14:46qu'ils ont obtenu quelque chose.
14:47Si j'étais un syndicaliste lycéen,
14:48ce que je ne fais plus,
14:49mais si j'étais un syndicaliste lycéen,
14:51je dirais quand même
14:51qu'on a gagné des choses.
14:53Ce n'est pas rien
14:53ce qu'il y a sur la table.
14:54Depuis quand ?
14:55Depuis hier soir.
14:56Avec les déclarations.
14:57Ce n'est pas rien
14:57ce qu'il y a sur la table.
14:58Comme en 1990,
15:00le mouvement lycéen,
15:00après avoir rencontré
15:01François Vitterrand,
15:02avait obtenu
15:03des choses substantielles
15:04et la victoire
15:05avait été actée.
15:06Julien de Réontil,
15:07les moyens de l'EPI.
15:08Jean-Paul Bréguéli,
15:08qui était là tout à l'heure,
15:09ce prof qui a écrit
15:10La Famille du Crétin,
15:11il disait
15:11c'est très bien,
15:12c'est un numéro
15:13de comique extraordinaire,
15:14ils n'ont pas le début
15:14de l'ombre des moyens.
15:15Non, ça ce n'est pas vrai.
15:16D'abord, de l'argent,
15:16il y en a toujours.
15:17J'ai appris ça.
15:19Voilà.
15:19J'ai appris ça.
15:20C'est bien tout le problème.
15:21C'est bien tout le problème
15:22avec les gens qui sont confrontés.
15:23Vous savez,
15:23j'ai appris ça
15:25dans les discussions budgétaires.
15:26C'est-à-dire,
15:27vous votez un budget,
15:27après il y a la régulation budgétaire
15:29et elle,
15:29elle a mis des petites,
15:30comme les fourmis,
15:31elle a des petites niches,
15:33c'est-à-dire pour ça
15:33qu'ils se permettent
15:34à chaque fois de...
15:35Vous voulez dire,
15:35même au sens figuré,
15:36la planche à billets
15:37continue à exister ?
15:38Oui, elle continue à exister,
15:39par ailleurs.
15:40Vous avez bien vu,
15:41ce qui s'est passé
15:41avec l'agence de notation Moody's
15:43est intéressant.
15:44Tout le monde pronostiquait
15:45que la France
15:46allait être rétrogradée.
15:47L'agence n'a pas voulu.
15:49Pourquoi ?
15:50Pas parce qu'elle a regardé
15:51les fondamentaux.
15:52Parce que ça coûterait plus cher.
15:53Parce que ça coûterait plus cher.
15:54Parce que la France,
15:55ce n'est pas n'importe qui en Europe.
15:56Et personne ne peut jouer
15:57la faillite française.
15:59Alors, c'est de ça que joue d'ailleurs
16:00Jean-Luc Mélenchon.
16:01Il dit,
16:01ils n'oseront pas nous mettre en faillite
16:02donc tous mes permis.
16:03Oui, jusqu'à un certain point.
16:05Mais là, on est dans ce moment
16:06où, franchement,
16:08ce qu'ils ont donné
16:08sur les lycéens,
16:09c'est pas...
16:11Voilà.
16:11Ça permet d'améliorer
16:12le quotidien de la vie lycéenne.
16:13Ce n'est pas la révolution.
16:14Mais, moi,
16:16j'ai discuté avec des lycéens
16:17et des lycéennes
16:17par le plus grand des hasards.
16:20Le 17 octobre,
16:21beaucoup de lycéennes d'ailleurs,
16:22elles étaient très déterminées
16:23et il y avait des choses
16:25qui étaient simples.
16:25C'était très intéressant
16:26parce que c'était vraiment le vécu.
16:27Qu'est-ce qu'elles me disaient ?
16:28Les toilettes.
16:29Ça revenait comme référence permanente.
16:31Monsieur,
16:32c'est pas possible.
16:33C'est basique.
16:33En plus, non les défis.
16:35J'insiste pas.
16:36Non les défis,
16:37donc c'est important.
16:38Premièrement.
16:39Deuxièmement,
16:39les profs qui sont absents
16:40et les emplois du temps
16:41de dingue qui découlent de ça.
16:43Donc, elles me disaient
16:44trois, quatre heures,
16:45on ne sait pas quoi.
16:46Et avant,
16:47nous,
16:47dans les lycées que j'ai fréquentés,
16:49on avait ce qu'on appelait
16:50les foyers socio-éducatifs.
16:51On avait les CDI.
16:53Maintenant,
16:53il n'y a plus de foyers
16:53parce que personne n'en veut.
16:55Il n'y a quasiment plus de CDI
16:56parce qu'au CDI,
16:56il faut demander le droit d'eux.
16:58Donc, ils traînent,
16:58ils ne savent pas quoi faire.
16:59Bon, ça,
17:00c'est des choses
17:00qui peuvent être réorganisées.
17:01Ce n'est pas dramatique.
17:03Ce n'est pas impossible.
17:04Et puis,
17:04il y avait évidemment
17:05ce truc terrible
17:06qui s'appelle Parcoursup.
17:07Bon,
17:08la promesse est sur la table.
17:09Là,
17:09il va falloir être vigilant.
17:10mais là,
17:11voilà.
17:11Donc,
17:12à ce stade-là,
17:13ce qu'ils ont mis sur la table
17:15permet d'améliorer
17:15le quotidien des lycées.
17:16Tout à fait.
17:17J'ajoute
17:17qu'elles ont été très discrètes,
17:19vous avez remarqué,
17:20parce que dans la crise lycéenne,
17:21il y avait quand même
17:22des gens qui étaient en cause,
17:23qui étaient ceux
17:24qui dirigeaient les régions.
17:25Parce que c'est elles
17:26qui ont la responsabilité
17:27du bâti.
17:27Les lycées,
17:28les lycées relèves des régions
17:29et les collèges des départements
17:31et les écoles primaires des communes.
17:32que les présidentes
17:33et présidentes de régions,
17:34ils se sont mis
17:35aux abonnés absents.
17:36Très discret.
17:37Pourquoi ?
17:37Parce que,
17:38malheureusement,
17:38ils ont renié les budgets,
17:39notamment les budgets d'entretien
17:41et de rémunération
17:42du personnel d'entretien
17:43dans ces lycées.
17:44Alors,
17:44Anissa,
17:44que pourriez dire d'abord
17:45qui soutient ce mouvement ?
17:47Alors,
17:47plusieurs organisations,
17:48mais chacune avec ses appels
17:49et ses moyens d'action.
17:50D'abord,
17:51vous avez les organisations
17:52de jeunesse,
17:53les lycéens
17:54et renouveaux lycéens
17:55qui appellent par ailleurs
17:56à poursuivre
17:57les 31 octobre
17:58et 5 novembre.
17:59L'Union syndicale lycéenne,
18:01l'Union étudiante,
18:02l'UNEF,
18:02la FAGE et Solidaires étudiants
18:04portent une même plateforme
18:05de revendications.
18:07Ensuite,
18:07les syndicats de salariés,
18:09la CGT apporte une aide
18:10très concrète,
18:11présence devant les établissements,
18:13protection des cortèges locaux
18:14pour les assemblées générales.
18:16Elles poussent à généraliser
18:17la grève le 5 novembre.
18:19Ce jour-là,
18:19la CFDT,
18:20l'UNSA et la FSU
18:22appellent aussi
18:23à faire grève
18:24et manifester.
18:25La CFTC participera
18:27à la mobilisation
18:28selon ses déclarations aussi.
18:30Solidaires soutient
18:31les lycéens.
18:32La Confédération paysanne
18:33a même appelé
18:34les agriculteurs
18:35à rejoindre les blocages
18:36entre acteurs.
18:37Côté politique maintenant,
18:39LFI soutient publiquement
18:40le mouvement
18:41et avait appelé
18:41ses élus à participer
18:42au 24 octobre.
18:44Le PCF
18:45et les jeunes communistes
18:46préparent le 5 novembre.
18:48Le PS et les écologistes
18:49ont également appelé
18:50à rejoindre les lycéens.
18:52A l'extrême gauche,
18:52vous avez les deux NPA
18:53et Lutte Ouvrière
18:54qui apportent aussi
18:55leur soutien
18:55à la mobilisation.
18:57Merci Yannis.
18:57Avant de donner la parole
18:58à Hugo,
19:00Monsieur Drey,
19:02vous qui avez accompagné
19:03des mouvements sociaux,
19:05là vous sentez
19:06qu'il y a quand même
19:07une convergence,
19:09un ras-le-bol.
19:10Alors les Gilets jaunes
19:10ont du mal à redémarrer,
19:11mais le mouvement,
19:12les syndicats,
19:13là vous sentez
19:14qu'il y a une colère,
19:14une clameur populaire
19:15qui est en train
19:16de se soulever.
19:17Je regarde ça
19:18avec un peu de distance,
19:21mais avec un petit sourire
19:22en coin.
19:23Parce que si vous me permettez,
19:24je dirais,
19:24vu tout ce qu'on a dit
19:25sur le baron noir,
19:27je pense que du ton
19:28d'un baron noir,
19:28les choses étaient
19:29comme un peu mieux tenues.
19:30Je vous le conseille.
19:30Et que beaucoup aujourd'hui
19:31qui m'ont très critiqué,
19:33qui m'ont même voulu tuer le père,
19:35ou même brûler,
19:36doivent regretter
19:37de ne pas avoir
19:38des vraies organisations,
19:40étudiantes,
19:40lycéennes,
19:41des vrais partenaires
19:42avec qui discuter.
19:43Parce que,
19:44je regardais la manifestation,
19:46jeudi,
19:47le petit 17,
19:48et il y a quelque chose
19:49qui m'a choqué.
19:50Ce ne sont plus
19:51les manifestations
19:51comme j'ai connues.
19:52C'est un agglomérat
19:54d'individus.
19:55Avant,
19:56vous aviez
19:56ce qu'on appelait
19:57des chaînes.
19:58Les gens se mettaient
19:58en chaînes,
19:59les uns les autres.
20:00Vous aviez des banderoles
20:01collectives.
20:02Et donc,
20:02il y avait un collectif.
20:04Vous voulez dire
20:04une cohésion ?
20:05Oui,
20:05voilà,
20:06j'achède le mot.
20:06Une cohésion
20:07qui renvoyait à ce collectif-là.
20:09Là,
20:09c'est une addition
20:10d'individus.
20:11Et d'ailleurs,
20:12la forme qui est choisie
20:13est révélatrice.
20:14Chacun a son panneau,
20:16son borceau de carton.
20:17On a fait de la société ?
20:18Oui,
20:18je suis d'accord.
20:19L'individualisme
20:21a même gagné
20:21les manifestations.
20:23Mais ça,
20:23c'est très compliqué
20:24parce qu'à partir de là,
20:25moi,
20:25j'étais boulevard
20:26de Frier-de-Land,
20:26je ne vais pas vous cacher.
20:27J'avais des milliers
20:28de lycéens.
20:29Personne ne savait
20:30où ils vont aller.
20:30La seule chose
20:31qui s'est imposée
20:31à un moment donné,
20:31on va chez Macron.
20:33Et puis,
20:34peut-être que le contenu
20:34des cerveaux
20:35est un petit peu
20:35plus structuré et riche.
20:36Oui,
20:37parce que le fait
20:38d'appartenir
20:38à des organisations
20:39faisait que c'était
20:40quand même
20:40des écoles de formation.
20:41Vous parlez du niveau scolaire
20:42également.
20:43Enfin,
20:44moi,
20:44ceux avec qui j'ai discuté,
20:45c'était loin d'être
20:45des gens
20:46qui étaient totalement
20:48abrutis
20:48par leur portable.
20:50Le bon sens,
20:51c'est peut-être
20:51la connaissance.
20:53Il y avait,
20:54bon,
20:54ils ne sont pas,
20:55voilà,
20:55moi,
20:56je n'ose pas dire
20:57de mon temps,
20:58en plus,
20:59ça a été repris,
20:59mon temps,
21:00c'était mieux.
21:01Ce qui était certain,
21:03c'est qu'auparavant,
21:04vous aviez
21:05une discipline collective
21:06qui découlait
21:07de cette appartenance
21:09ou de soutien
21:09à des organisations.
21:11Aujourd'hui,
21:11dans les cycles
21:11que vous avez donnés,
21:13je peux vous le dire,
21:13ça a un témoignage,
21:15autant les organisations
21:16adultes,
21:16ça existe,
21:17dans la jeunesse,
21:18ce n'est que des petits groupes
21:19qui s'autoproclament
21:21porte-parole.
21:22Avant,
21:23il y avait quand même,
21:23je vous donne un exemple,
21:24est-ce que vous avez vu
21:25des assemblées générales
21:26voter la grève ?
21:26Non,
21:27il n'y a pas d'assemblées générales
21:28qui votent la grève,
21:29donc il n'y a pas de débat.
21:30On met des poubelles,
21:31bon,
21:32là,
21:32je pense que d'ailleurs,
21:32les poubelles,
21:33elles ont gagné beaucoup d'argent,
21:34les fabricants de poubelles,
21:34ces derniers temps,
21:36on met des poubelles,
21:37et la minorité
21:38qui a mis les poubelles
21:38qui s'est levée
21:39une demi-heure
21:40plus tôt que les autres,
21:41décide que c'est la grève
21:42et pointe à la ligne.
21:42Julien Dré,
21:43les réseaux sociaux
21:43permettent à chacun
21:44de faire un petit royaume
21:45et un petit parti.
21:47Oui,
21:47mais dans les réseaux sociaux,
21:48si vous aviez des organisations,
21:48on pourrait aussi,
21:50bon,
21:52on pourrait aussi
21:53s'en servir
21:53de manière actuelle.
21:54On continue
21:55à en discuter.
21:55Hugo,
21:56je vous donne la parole,
21:56on fait une petite pause,
21:57je vous donne la parole
21:58immédiatement après
21:59le retour de pause.
22:00Un mouvement divisé,
22:01comme vient de le dire
22:02Julien Dré.
22:03A votre avis,
22:04vous,
22:04qu'espèrent gagner
22:05les partis
22:06qui soutiennent
22:06cette colère
22:07des avancées sociales,
22:08un affaiblissement
22:09du gouvernement
22:10ou un avantage
22:11pour la présidentielle ?
22:12Appelez-nous
22:13au 0826 300 300
22:15et partagez vos réflexions.
22:16Radio,
22:17la France dans tous ses états,
22:19Péricault et Gass.
22:20Vous êtes bien sur Sud Radio,
22:22il est 13h31,
22:23je reçois Julien Dré,
22:25dit le baron noir,
22:26mais il n'est pas si baron,
22:27il n'est pas si noir
22:28que ça
22:28et ça le met en colère
22:30parce qu'il trouve
22:31que c'est très injuste
22:31et on en discute
22:32de façon assez passionnée
22:34parce que Julien Dré
22:35qui n'a plus rien
22:37à prouver,
22:37il se livre,
22:38il dit ce qu'il pense
22:40et effectivement,
22:41ce qu'il pense
22:42correspond hélas
22:43souvent à la réalité.
22:44Nous avons Hugo
22:45qui nous appelle
22:46dans le Gard à l'Est,
22:48c'était une ville ouvrière,
22:49il y avait des mille
22:50autrefois à l'Est.
22:52Hugo,
22:53qu'est-ce que vous pensez
22:53de ce mouvement de jeunesse ?
22:55Tout d'abord,
22:56bonjour à tous
22:56et merci d'accueillir.
22:59Moi, je pense que
23:00ce mouvement
23:00a tout à fait lieu d'être.
23:03Il était temps d'ailleurs
23:04que la jeunesse
23:05se mobilise
23:07puisqu'aujourd'hui,
23:08on peut défendre
23:08effectivement
23:09l'éducation nationale
23:10et ce qui s'y passe
23:10aujourd'hui
23:11dans les lycées,
23:12les facs,
23:13etc.
23:13mais je pense que
23:14la colère
23:15va bien au-delà.
23:16Vous êtes enseignant ?
23:17Hugo,
23:17vous êtes enseignant ?
23:19Non,
23:19je suis papa
23:20de trois enfants
23:21et grand-père également.
23:22Donc,
23:22vous connaissez bien
23:23le sujet ?
23:24Tout à fait
23:25et plus particulièrement
23:26le milieu scolaire
23:27pour les personnes
23:29en situation de handicap.
23:30D'accord.
23:31Donc,
23:31il y a des choses
23:31à dire effectivement.
23:32Donc,
23:32moi,
23:33je suis mobilisé
23:34pour ce mouvement,
23:35je suis ce mouvement
23:36et il va falloir également,
23:38il va falloir,
23:38de mon point de vue,
23:39bien entendu,
23:39ce que je dis,
23:40il n'y a aucune vérité
23:41si ce n'est la mienne,
23:43que ce mouvement
23:44prenne beaucoup plus ampleur
23:45et que ce gouvernement
23:47recule face à un pas en arrière
23:48et vienne un petit peu
23:49lâcher du lest.
23:51Maintenant,
23:51je suis un petit peu déçu,
23:52c'est sur tous les anathèmes
23:54que l'on peut apporter
23:55à tous ceux
23:56qui seraient un petit peu
23:58précurseurs,
23:58ceux qui iraient pousser
24:00dans la violence,
24:01ceux qui voudraient
24:02récupérer à leur compte,
24:04etc.
24:04J'ai envie de dire
24:05à toutes ces personnes
24:06qui ont ce courant de pensée-là,
24:08finalement,
24:08eux-mêmes,
24:09qu'est-ce qu'ils font finalement
24:10si ce n'est
24:10quelque part
24:11de vouloir réussir,
24:12de justifier,
24:13de vouloir faire les justiciers
24:15de ceux qui ont plus
24:16la vérité que d'autres,
24:17de dire que la France insoumise
24:20inciterait à aller
24:22récupérer la jeunesse.
24:23Mais ces mêmes personnes,
24:24qu'est-ce qu'elles font réellement ?
24:25Qu'est-ce qu'elles proposent réellement ?
24:27Est-ce qu'elles sont dans la rue ?
24:29Est-ce qu'elles mettent
24:30sur la table des propositions
24:31qui vont nous permettre
24:32aux prochaines élections,
24:33par exemple,
24:33qui sont très proches,
24:35de faire avancer notre pays
24:37sur les questions sociales ?
24:38Je suis quelqu'un
24:39qui est profondément à gauche.
24:40Je ne suis ni un communiste,
24:42je ne suis ni un insoumis,
24:43ni un socialiste.
24:44Je fais, on va dire,
24:46un mélange, un mix
24:47de ces propositions
24:48et pour lesquelles
24:49j'irai apporter, on va dire,
24:51mon soutien à celui
24:51qui me correspondra le mieux.
24:53Donc, je n'ai pas
24:54d'étiquette réellement.
24:55Vous avez toujours voté à gauche ?
24:56Hugo, vous avez toujours voté à gauche ?
24:58J'ai toujours voté à gauche,
24:59effectivement.
25:00Je me suis toujours forcé
25:02à aller voter,
25:02bien que malheureusement,
25:04parfois,
25:04cette fameuse démocratie du vote,
25:07c'est d'aller voter finalement
25:09au deuxième tour.
25:10On a tous connu ça.
25:11Oui, par défaut.
25:12Pour le moins pire.
25:13On élimine au deuxième.
25:16Voilà, donc,
25:17c'est là aussi
25:17où la façon démocratique
25:19aujourd'hui me dérange
25:20quand on voit
25:20que des personnes
25:22qui vont voter,
25:22il y a des votes aujourd'hui
25:24qui ne sont pas pris
25:26dans les suffrages exprimés.
25:27Je parle du vote blanc,
25:28par exemple.
25:28Bien sûr,
25:29très bon sujet.
25:30Et malheureusement,
25:33ce vote-là,
25:35lorsqu'on nous incite
25:36à aller s'exprimer,
25:37c'est un vote
25:37d'expression populaire.
25:38C'est un vote de rejet.
25:40Malheureusement,
25:40il n'est pas entendu.
25:41Et quand moi,
25:42j'ai les résultats
25:43du deuxième tour
25:44d'une élection présidentielle
25:45où on a cette part de fromage
25:47qui est divisée en deux
25:48sur 100 %,
25:49on va avoir 52
25:50contre 48 %,
25:51par exemple,
25:52on a oublié
25:53de mettre dans ce fromage
25:54ces votes de part blanc
25:55qui ont toute leur importance.
25:58Puisque sur un nombre de votants,
25:59est-ce que la personne
26:00qui sera élue
26:01aura la réelle légitimité
26:04au pourcentage
26:05de votants ce jour-là ?
26:07Vous soulevez, Hugo,
26:08un vrai problème
26:09de notre démocratie.
26:10Je pense qu'un jour,
26:11il faudra s'y attaquer.
26:13Pour autant,
26:14pour autant,
26:14Hugo,
26:16vous regrettez
26:18une gauche prolétarienne
26:21de masse
26:22motivée et légitime.
26:23Vous trouvez
26:23qu'elle n'est plus
26:24représentative
26:25du peuple ?
26:26Moi,
26:27je pense qu'elle l'est
26:28en partie.
26:28Maintenant,
26:28il ne faut pas
26:29tout mélanger,
26:30il ne faut pas
26:31faire d'amalgame.
26:32Aujourd'hui,
26:32dans une manifestation,
26:33il y a des gens
26:34qui vont avec
26:34de bonnes intentions.
26:35Donc,
26:36il ne faut pas
26:36mettre tout le monde
26:37dans le même panier.
26:38Il y a des gens
26:38qui sont là vraiment
26:39pour mettre le désordre,
26:41pour casser,
26:41pour brûler.
26:42Mais il y a une majorité
26:43de gens qui ne sont pas
26:44là pour ça,
26:45qui veulent manifester
26:46pacifiquement.
26:47Il y a aussi,
26:48du côté des forces de l'ordre,
26:49des personnes qui sont
26:50mal avisées,
26:51mal attentionnées.
26:52Les numéros Rio
26:53ne sont pas affichés,
26:54etc.
26:54Donc,
26:55chacun a sa part
26:56de responsabilité.
26:57Je ne suis pas
26:58en train de dire
26:58que l'un est meilleur
27:00que l'autre.
27:01Je dis qu'il faut
27:02analyser des choses
27:04convenablement
27:04à tête reposée
27:05et sortir la légitimité
27:08des uns et des autres
27:09dans les erreurs
27:09qu'il faut tous
27:11à un moment
27:12ou à un autre.
27:12Et ce qui me dérange
27:13le plus dans cette société
27:14également,
27:15quand on entend
27:15nos politiciens,
27:16on parle beaucoup
27:17de fake news
27:18quand on voit
27:19des informations
27:20sur les réseaux sociaux,
27:21etc.
27:21Mais si je prends
27:22aujourd'hui
27:23trois politiciens,
27:24trois partis politiques
27:25différents
27:25et qu'on entend
27:26leurs propos
27:27sur un sujet spécifique,
27:29on aura trois paroles
27:30différentes.
27:31Moi,
27:31j'ai envie de savoir
27:32qui est celui
27:32qui nous formule
27:34une fake news
27:35à ce moment-là.
27:36Puisqu'en théorie,
27:37lorsqu'on parle de chiffres,
27:38lorsqu'on parle
27:40de sondages
27:41qui ont été réalisés
27:42avec sérieux,
27:43on ne peut pas mentir
27:44et avoir des idées différentes.
27:45Il peut y avoir
27:45des analyses,
27:46d'abord il peut y avoir
27:47des erreurs
27:47et ensuite il peut y avoir
27:48des analyses divergentes
27:49sans que ce soit
27:50une fake news.
27:52Les divergences,
27:52oui,
27:53maintenant quand il y a
27:53des faits établis
27:54et qu'on va sur
27:56des idées différentes,
27:57c'est là où on se perd.
27:59Et tout à l'heure
27:59vous parliez effectivement
28:00qu'on est de plus en plus
28:04individualiste
28:04parce que la société
28:05a voulu qu'on soit
28:06comme ça.
28:06C'est qu'on l'a créé
28:07aussi cette société
28:08pour qu'on soit moins
28:09les uns avec les autres,
28:11pour qu'on se rencontre
28:12le moins possible,
28:13pour qu'on s'organise
28:14le moins possible
28:15pour mettre à mal
28:16ce système.
28:17Le fait de nous diviser
28:18va être utilisé
28:20par qui ?
28:21Forcément,
28:22par un système
28:22qui n'a pas besoin
28:23de nos avis,
28:24par un système
28:25qui avance finalement
28:26comme un rouleau
28:26compresseur
28:27et qui avance ses pions.
28:28Hugo,
28:29le libéralisme
28:30et le consumérisme
28:30ont quand même
28:31beaucoup modifié
28:32la donne
28:32et la gauche
28:33a sa part de responsabilité
28:34dans sa dégradation.
28:36Donc si je vous comprends bien,
28:37il faudrait peut-être
28:38remettre tout à zéro,
28:39tout à plat
28:40et faire l'équivalent
28:41d'état généraux
28:42pour redonner
28:43et redistribuer
28:43les valeurs.
28:44Merci Hugo
28:45pour votre tribunal.
28:46Je voudrais que
28:47Julien Dray...
28:48Vous avez dit
28:49beaucoup de choses
28:49et je pense
28:50qu'il y a
28:50certaines idées
28:51qui interpellent
28:53Julien Dray.
28:54Retrouver
28:55de la légitimité...
28:56Dans les propos
28:58de notre auditeur,
29:00il y a une question
29:01latente
29:02qu'un jour
29:03il faudra poser.
29:04Est-ce que les institutions
29:05de la Ve République
29:05sont adoptées
29:06à un monde moderne
29:07comme nous le sommes
29:08aujourd'hui ?
29:09Je ne le crois pas.
29:10Est-ce que cette élection
29:11présidentielle
29:12n'est pas la pire
29:13des choses ?
29:14Ce que je pense.
29:16Vous voulez dire
29:16au suffrage
29:17universel
29:17qui donne
29:18au chef de l'État
29:19un pouvoir régalier ?
29:20Qui crée
29:21la verticalité.
29:23Vous élisez un chef
29:24et à partir de là
29:25tout s'aligne
29:26derrière le chef.
29:27Voilà.
29:28Et je pense
29:28que ce n'est pas ça
29:29une vraie démocratie.
29:30Ça peut être rectifié.
29:31Les pouvoirs
29:31du président de la République
29:32peuvent être un peu réduits.
29:33On remet l'article 20
29:34en valeur
29:35qui dit que le gouvernement
29:36déterminait qu'on est la politique.
29:37Et lui reste arbitre
29:38à l'Élysée
29:39sans décider
29:40de qui fait
29:40les sous-préfets.
29:41J'attends de voir
29:44la praticabilité
29:45de cette interprétation
29:47de la Constitution
29:47me semble-t-il...
29:49Vous savez,
29:49j'ai souvent raconté
29:50cette anecdote
29:51qui m'a été racontée
29:53par un grand juriste.
29:55Un monsieur
29:56que je respecte énormément
29:57qui s'appelle Pierre Mazot.
29:58Quand se pose la question...
29:59Grand gaulliste
30:00et grand gaulliste.
30:00Grand gaulliste
30:01et grand alpiniste.
30:02Député de la Savoie.
30:02Et grand juriste.
30:03Quand se pose la question
30:05quand le général
30:06discute avec Michel Debray
30:08de la modification
30:09de la Constitution
30:09Michel Debray
30:10est très réticent
30:11à l'élection du président
30:12de la République.
30:13En 62.
30:13En 62.
30:15Et De Gaulle hésite.
30:17De Gaulle dit
30:17bon, on va faire ça
30:18parce que sinon
30:18c'est le Sénat
30:19qui va décider
30:19et c'est...
30:20Gaston Monnerville
30:21qui était président du Sénat.
30:22Non mais c'était l'autre là.
30:23Je ne me rappelle plus son nom
30:24à chaque fois, j'oublie.
30:24Bon enfin, on le retrouvera.
30:26Et il dit on va faire ça.
30:27Mais vous savez,
30:27il faudra quand même
30:28l'enlever après moi
30:28parce que c'est quand même
30:29dangereux ce truc-là.
30:31Michel Debray est Premier ministre,
30:32ils vont faire le référendum.
30:34Un jour, vous interviewerez
30:36Pierre Mazot,
30:36il est encore vaillant
30:37et heureusement
30:38et j'espère que ça va durer
30:39encore longtemps
30:40mais il vous racontera
30:41cette anecdote,
30:41il ne l'a pas inventée.
30:43C'est pourquoi je pense
30:44qu'à un moment donné
30:44ou à un autre,
30:45la question de ce que j'ai appelé
30:46à l'époque la Sixième République
30:47qui a maintenant été
30:48là aussi galvaudée
30:49par tout le monde,
30:50c'est-à-dire une vraie
30:50République parlementaire
30:51pourrait être un débouché
30:53à la situation.
30:54Le problème, c'est qu'il y a
30:55tellement de candidats
30:55à la Présidente de la République
30:56et ils pensent tous
30:57qu'ils sont des sauveurs suprêmes.
30:59Personne ne va vouloir
30:59faire la Sixième République.
31:01Parce que même,
31:01regardez,
31:02même Jean-Luc Mélenchon
31:03qui se revendique
31:04de l'héritage commun
31:05puisque nous l'avions conçu
31:06à l'époque ensemble,
31:07maintenant il nous explique
31:09qu'il va être d'abord
31:10élu Président de la République,
31:11qu'il faudra trois ans
31:12et qu'après,
31:13au bout de trois ans,
31:14on verra ce qu'il en fera.
31:15Donc lui-même est déjà
31:15dans la logique,
31:16ce qui est normal
31:17pour un léniniste
31:18du parti sauveur
31:20et du parti
31:21qui va guider tout
31:22à la place des autres.
31:22On en avait parlé
31:23quand vous étiez la dernière fois.
31:27Oui, parce qu'au début,
31:29il était séduisant.
31:30Et quand vous êtes,
31:32comme moi,
31:32toujours tenté
31:33de convaincre
31:34et de transmettre,
31:36parce que ça,
31:36c'est mes traditions familiales
31:37et c'est ma tradition personnelle,
31:39c'est vrai que c'était
31:40un garçon intéressant.
31:42Intéressant,
31:42intelligent,
31:44respectueux,
31:44à l'époque,
31:45extrêmement respectueux,
31:46curieux.
31:47Bon, alors on dirait
31:48peut-être tout ça
31:48et voilà.
31:49Il vous dit
31:50qu'il va y aller à l'époque ?
31:51Alors, on a une conversation,
31:53j'avais été malade
31:53et donc je reviens le voir
31:54après, en 2016,
31:56en mai 2016
31:57et il me dit
31:58il faut que je te dise quelque chose
31:59parce qu'on ne s'était plus parlé
32:00depuis un certain temps.
32:01J'ai décidé d'être candidat
32:02à la présidence de la République.
32:03Je le regarde
32:03avec des yeux hallucinés.
32:05Je me dis
32:05mais comment ça ?
32:06C'est quoi ce truc-là ?
32:07D'abord, pour être honnête,
32:08je lui dis
32:08mais qu'est-ce que tu vas faire d'Hollande ?
32:09Il me dit
32:09à juste titre,
32:10il a bien vu le coup.
32:11Il me dit
32:11mais Hollande ne sera pas candidat
32:12et moi je ne veux pas soutenir
32:14Manuel Valls
32:15donc je vais être candidat.
32:17Je lui dis
32:17d'accord
32:17mais quel est l'intérêt ?
32:19Je vais être candidat
32:20non pas pour être président d'ailleurs.
32:21Je vais faire 7 ou 8%
32:23et puis je prendrai date.
32:24Je lui dis
32:24non mais ça c'est stupide.
32:26Sois député,
32:27apprends le métier
32:27si vous me permettez,
32:29apprends à connaître la France.
32:30Tu ne connais pas le pays.
32:31On ne peut pas être président de la République
32:32si on n'est pas imprégné
32:34de cette identité.
32:35Il me dit
32:35mais tout ça
32:36c'est vieux,
32:37c'est dépassé
32:38donc il a été élu
32:39donc il disait
32:39vous voyez j'ai eu raison.
32:41On a Franck
32:42qui nous appelle de Valence
32:44et je ne sais pas
32:45si Franck est un dréiste
32:47mais peut-être
32:48qu'il est assez sensible
32:49à vos propos.
32:50Bonjour Franck.
32:52Oui bonjour,
32:53bonjour Perico
32:53et bonjour Julien Dré.
32:55Merci de nous appeler,
32:56merci de nous appeler Franck.
32:57Alors ?
32:58Je suis un fan de Julien Dré déjà.
33:00Alors je suis très heureux.
33:01J'en ai un, ça y est.
33:02Il y en a quelques-uns.
33:03Allez, on va.
33:04Écoutez,
33:05parce que j'écoute beaucoup
33:06avec beaucoup d'attention Julien Dré.
33:08Alors,
33:09je suis électeur socialiste
33:11bien dépité
33:12depuis assez longtemps
33:13parce que je me demande
33:15où le parti socialiste va
33:17et après avoir abandonné
33:19une partie du peuple de gauche
33:20et j'en suis le plus désespéré
33:22parce que je pense que
33:24ce vrai parti socialiste
33:25dont on a besoin,
33:26il a encore toute sa place
33:28à la prochaine élection présidentielle
33:30mais je n'ai pas la conviction
33:31de mon point de vue
33:32que pour le moment,
33:33on a le bon candidat.
33:34Écoutez,
33:35c'est comme ça,
33:35je suis,
33:36c'est pour ça que j'écoute
33:37beaucoup les analyses
33:39de M. Dré
33:39et de Julien Dré
33:40parce que
33:41elles sont toujours pleines
33:42de bon sens,
33:44de réflexion,
33:44d'histoire aussi
33:46parce que pour comprendre
33:47le présent,
33:47il faut connaître le passé
33:49et je pense
33:50tout ça à son importance.
33:52Alors,
33:53la démocratie,
33:54alors je ne suis peut-être
33:55pas tout à fait d'accord
33:56avec ce que vient de dire
33:57M. Dré
33:59concernant la 6ème République.
34:00De mon point de vue,
34:01qui n'engage que moi,
34:02je pense que
34:03cette 5ème République,
34:04elle était adaptée
34:05à une bipolarisation
34:06de la vie politique française
34:09à partir du moment
34:10où on avait
34:10deux camps politiques
34:12qui étaient destinés
34:13à gouverner le pays.
34:16Ce qu'on appelait
34:17la droite
34:18et la gauche
34:19avec les partis
34:20majoritaires
34:21comme le Parti Socialiste
34:22et le RPR
34:23qui est devenu
34:24après l'UMP,
34:25le Mouvement
34:26pour la Majorité Présidentielle.
34:27Mais dès lors
34:28que le président
34:30de la République actuelle
34:31est passé par là
34:31et il a complètement
34:33déconstruit tout ça
34:34par sa politique,
34:35par son comportement,
34:37c'est-à-dire
34:37qu'on n'a plus
34:38ces partis politiques
34:39qui étaient destinés
34:40destinés à gouverner
34:41qui ont été
34:42quasiment dissous,
34:45répandus façon puzzle
34:47comme aurait dit
34:47Yodiard,
34:48on arrive maintenant
34:49à une bipolarisation
34:50du système
34:51qui est par les M.
34:53Alors,
34:54on se pose la question,
34:55deuxième tour,
34:56on fait quoi
34:56entre l'LFI
34:57et le RN ?
34:58Je ne peux pas
34:59me résoudre
35:00à cette idée unique
35:02de devoir choisir
35:03entre ces deux partis
35:05extrêmes
35:05au deuxième tour
35:06de l'élection présidentielle.
35:07Alors,
35:08c'est là où peut-être
35:08M. Drey,
35:09justement,
35:09cette analyse
35:10poursuivre
35:11en disant
35:11que la démocratie
35:12n'est plus adaptée.
35:13Mais M. Drey,
35:15faites quelque chose
35:15pour qu'on ait
35:16un candidat
35:17du Parti Socialiste
35:18qui redonne
35:19la fierté
35:20du peuple de gauche,
35:22cette espérance
35:23où il a été oublié
35:24ce Parti de gauche.
35:25Je compte sur vous,
35:26M. Drey.
35:26Vous faites Franck,
35:27vous êtes élector
35:28à Valence ou non ?
35:30Oui,
35:31alors je suis élector...
35:31Donc vous avez voté
35:32Rodolphe Pesse
35:33à un moment donné
35:34qui a été
35:34un grand-mère socialiste.
35:36Écoutez,
35:36aller à Rodolphe Pesse
35:38c'était une légende
35:39à Valence.
35:41Julien Drey
35:42l'a bien connu.
35:44On marque
35:45une petite pause
35:46et Julien Drey
35:47réagit à vos propos.
35:48Merci,
35:48merci Franck
35:49d'avoir nous
35:50rappelé sur le sud.
35:51Merci,
35:51qui tire les ficelles
35:54de la colère sociale.
35:55On en parle avec
35:55Julien Drey,
35:56ancien député
35:57et figure de proue
35:57du Parti Socialiste.
35:59On a parlé des organisations
36:00politiques et syndicales
36:01qui soutiennent le mouvement.
36:02Et vous,
36:02quand un élu rejoint un cortège,
36:04est-ce que vous vous sentez
36:05représenté ou utilisé ?
36:07Dites-nous ce que vous pensez
36:08au 0826 300 300.
36:17Vous êtes bien sur Sud Radio,
36:18il est 13h48.
36:19Je reçois Julien Drey
36:21avec lequel nous essayons
36:22de savoir,
36:23de comprendre
36:23qui tire les ficelles
36:24de cette colère.
36:25Julien Drey
36:25nous confirme
36:26que c'est un mouvement
36:27qui vient de beaucoup plus
36:28de profondeur
36:28même s'il n'est pas vraiment
36:30coordonné,
36:30que ça manque de cohésion
36:31mais que ça témoigne
36:32en le cas d'une souffrance
36:33et d'une colère populaire
36:34qui aura inévitablement
36:36des conséquences
36:37sur le paysage politique
36:38dans les jours à venir.
36:40Vous me dites,
36:41vous venez de Julien Drey
36:41avant que je donne la parole
36:42à Nathalie
36:43qui nous appelle de Cap-Breton,
36:44vous me disiez à l'instant
36:45la donne actuelle,
36:47le paysage politique
36:48tel qu'on le voit aujourd'hui
36:50ne sera pas forcément
36:51le même en début d'année
36:52parce qu'il va y avoir
36:53des redistributions inévitables
36:54pour que les gens se présentent,
36:56les candidats se présentent
36:56en ordre
36:57de façon cohérente
36:58à cette élection présidentielle.
37:00On ne peut pas continuer.
37:00Je pense que,
37:00si vous permettez,
37:01la crise sociale,
37:02pour l'instant,
37:03elle n'a pas impacté
37:04la campagne présidentielle.
37:07Les chevaux continuent à courir.
37:08Ils sont à l'heure seuls.
37:09Ils continuent à courir.
37:10Alors bon,
37:11ils font référence
37:12mais elle n'a pas impacté.
37:13Mais si,
37:14l'analyse que vous faisiez
37:15et que je fais aussi,
37:16la profondeur de la crise,
37:18peut-être même l'incapacité
37:19à trouver des solutions
37:21parce que,
37:21dans les jours qui viennent,
37:23on va voir
37:23si les lycéens se contentent
37:24de ce qu'on leur a donné
37:25ou si ils considèrent
37:26qu'il faut aller plus loin
37:27parce qu'au fond d'eux-mêmes,
37:28ils ont envie
37:29que ça aille plus loin.
37:30Si le 5 novembre,
37:31ce que me disent
37:32les organisations syndicales
37:35majeures,
37:36elles me disent
37:36qu'il y a une colère
37:37très forte.
37:38Vous savez,
37:39je le dis toujours.
37:40Vous en avez vu d'autres ?
37:41Oui,
37:41j'en ai vu d'autres
37:42mais j'entends,
37:43moi j'écoute beaucoup,
37:44je trouve que c'est
37:45une des dirigeantes
37:46les plus brillantes
37:46et que c'est celle
37:48qui a une meilleure vision
37:49du dialogue social.
37:50J'écoute beaucoup
37:51la dirigeante de la CFDT
37:52et elle me dit,
37:53elle dit,
37:54moi elle vous l'a dit à vous,
37:56elle dit,
37:56il y a quelque chose
37:57de très profond,
37:58nous-mêmes,
37:59on sent,
38:00chez nos militants,
38:01nos militants,
38:01mais c'est ce que dit
38:02aussi à sa manière.
38:03Elle est plus convaincante
38:04que Mme Binet.
38:05C'est-à-dire que Mme Binet
38:05elle pense toujours
38:06que c'est la révolution.
38:07Elle fait partie
38:07d'un courant que je connais
38:08donc bon,
38:09elle est respectable,
38:10elle a blanchi son harnais
38:12dans des sphères
38:13que je connais bien
38:15mais la CFDT
38:16elle est plus en prise
38:16sur, d'après moi,
38:17une réalité contradictoire
38:19et quand la CFDT
38:21se met en colère
38:21ou dit des choses
38:22ça veut dire
38:22qu'il se passe quelque chose.
38:24Constante de la CFDT,
38:25Nicole Nota,
38:25Laurent Berger,
38:26voilà.
38:27Mais bon,
38:27là on a,
38:30on a Nathalie
38:34qui nous appelle
38:34de Cap-Breton
38:36qui elle,
38:36comme vous,
38:37comme vous,
38:38redoute le scénario
38:39annoncé pour l'instant
38:40à choisir
38:41entre la France insoumise
38:42et la France nationale.
38:43Bonjour Nathalie.
38:44Bonjour Perico.
38:45Merci de nous appeler
38:46sur Sud Radio.
38:48Merci à vous.
38:49Bon, vous êtes inquiète.
38:50Je sens que vous êtes inquiète.
38:51Oui, je suis inquiète.
38:52J'ai écouté avec beaucoup d'attention
38:54Julien Très que je salue.
38:56Bonjour.
38:57Et que je remercie.
38:58Merci.
38:59C'est tout,
39:00vous le saluez,
39:01vous le remerciez.
39:02Oui, c'est une analyse claire.
39:04Vous ne soutenez pas encore
39:05dans sa volonté
39:07de reconstruire
39:08une gauche républicaine.
39:11J'aimerais bien.
39:12Merci M. Macron
39:13d'avoir tué la gauche.
39:15Oui, vous avez raison.
39:16Je te suis dit,
39:17la gauche n'a rien fait
39:18pour ne pas se tuer
39:19elle-même.
39:19Ce qui est vrai aussi.
39:20Vous avez raison aussi.
39:21Je vous écoute Nathalie.
39:22Moi, je suis née en 68,
39:24donc je suis la génération
39:25Mitterrand.
39:27J'ai connu la guerre froide,
39:29la peur, l'anxiété.
39:30Il y avait aussi
39:32beaucoup de grèves
39:33à l'époque
39:34et je m'en souviens très bien,
39:35même si j'ai un âge
39:36maintenant certain.
39:38Je me souviens de tout cela.
39:39J'ai cinq enfants.
39:40Je les écoute
39:41parce qu'ils ont entre
39:4235 et 21 ans.
39:45Je comprends bien
39:46leur anxiété
39:47parce que la colère,
39:48c'est d'abord de la peur.
39:50Je pense
39:51que cette colère,
39:52elle est profonde
39:53mais j'ai quand même
39:54beaucoup, beaucoup de peur.
39:56Il ne faut pas oublier
39:56que le Covid est passé par là
39:58et c'est une génération
40:00qui n'a pas vécu
40:01la même chose que nous.
40:03Donc, il faut essayer
40:04de décomprendre.
40:06Je suis d'accord
40:07avec M. Julien André.
40:07On est quand même
40:08dans une société
40:09extrêmement individualiste,
40:11extrêmement.
40:12Et en même temps,
40:14comme vous le dites,
40:15dans ces mouvements,
40:17ils se retrouvent
40:18mais chacun
40:19avec des désirs différents.
40:23C'est ça
40:24qui est un peu troublant.
40:24On a du mal
40:25à les comprendre
40:26en fait.
40:27Ça se repart
40:28un peu dans tous les sens.
40:29Et vous,
40:29vous avez besoin
40:30de comprendre
40:32des directives plus claires
40:33si je comprends bien.
40:34Ce qui me révolte,
40:35ce qui me révolte,
40:37moi j'aime la politique
40:38parce que j'aime
40:39la philosophie aussi,
40:40c'est-à-dire le sens
40:41de la vie,
40:42le sens de la société.
40:43Je pense d'ailleurs
40:44que la philosophie
40:45devrait pas être enseignée
40:45dès le primaire aux enfants
40:47et pas en terminale
40:49et pas que avec
40:50les grands voteurs.
40:50Mais qu'est-ce que c'est
40:51la philosophie ?
40:53C'est envisageable.
40:54C'est très tout à fait.
40:56Il y a des pédagogues
40:57qui y ont pensé.
40:58En fait,
40:59il n'y a plus de sens
40:59dans cette société.
41:01Les enfants n'ont plus de sens.
41:03Plus de repères.
41:04Il n'y a plus de repères.
41:06Ils se repèrent
41:07sur les réseaux sociaux
41:08quand vous y allez vous-même
41:09en tant qu'adultes.
41:10Mais c'est infernal,
41:12c'est innommable
41:13de ce qu'il y a dans le coin.
41:15Donc eux-mêmes
41:16ne peuvent pas s'y retrouver.
41:18D'où aussi
41:19cette violence.
41:21Moi,
41:21ce qui m'inquiète
41:22et ce qui me révolte,
41:23je me refuse,
41:24comme Franck tout à l'heure
41:25et je le remercie,
41:27à voter
41:28entre le Front National
41:29et l'extrême droite.
41:30Je m'y refuse.
41:32Néanmoins,
41:34ce droit de vote,
41:35j'y tiens.
41:36Est-ce que vous vous prononcerez
41:38quand même
41:38ou est-ce que vous aurez
41:40l'option du vote blanc
41:41si vous ne voulez pas
41:42mettre un bulletin
41:43dans une langue
41:43qui ne vous convient pas
41:44ou malgré tout,
41:45il y aura quelque chose
41:46de plus fort que vous
41:46qui vous dira
41:47je ne peux pas voter
41:48à droite
41:48ou voilà.
41:50C'est ça qui me révolte,
41:51Péricault.
41:51C'est qu'en fait,
41:52je n'aurais pas le choix.
41:55Donc,
41:56il faut tout faire
41:56pour que cette option
41:57ne se présente pas.
41:58Mais c'est ça.
41:59Donc,
42:00Julien,
42:01s'il vous plaît,
42:02faites quelque chose
42:03pour nous.
42:03Vous êtes deux à appeler
42:05Julien Dré au secours.
42:06Au secours.
42:06Il ne s'y attendait pas du tout.
42:08Parce qu'il a envie
42:09de prendre sa retraite,
42:10il ne se voyait pas du tout
42:11propulsé devant la scène
42:12comme ce vers de la gauche.
42:14Mais au point où on en est,
42:15on sera peut-être bien content
42:15de l'avoir quand même,
42:16dites-moi.
42:17Je dis Julien,
42:18parce que c'est un joli prénom,
42:18mais faites quelque chose
42:20pour nous.
42:21On a besoin de voter
42:22pour qui on veut
42:23et pas pour qui
42:25on ne voudrait pas.
42:26Vous voyez ce que je veux dire ?
42:27Ce vote,
42:28c'est trop important.
42:29Moi,
42:29je regarde un petit peu
42:30ce qui se passe
42:30aussi dans le monde.
42:32Ce qui s'est passé en Albanie,
42:33c'est incroyable quand même.
42:34C'est ces étudiants
42:37qui vont nier l'élection.
42:38On n'en parle pas assez.
42:40Il faudrait aussi
42:41que les médias
42:43passent attention
42:43à ce qu'ils disent.
42:44Il y a trop de polérité
42:45dans notre société.
42:47Moi,
42:48je me refuse à croire
42:49qu'il y a deux Frances,
42:49qu'il n'y a qu'une seule France.
42:51Elle est multiple.
42:52Comme j'en ai marre
42:53qu'on dise les vieux,
42:55parce que les vieux
42:56ne sont pas tous les mêmes,
42:57qu'on dise les jeunes,
42:58parce que les jeunes
42:59ne sont pas tous les mêmes,
43:00qu'on dise les Français,
43:01parce que les Français
43:02ne sont pas tous les mêmes,
43:03qu'on dise les jeunes.
43:04Il paraît qu'on dit des enfants,
43:06mais ce n'est pas des enfants.
43:08Pourquoi ?
43:09Si je comprends,
43:09Nathalie,
43:10vous vous rejoignez,
43:11vous êtes gaulien tous les deux,
43:12en fait,
43:13le nom que vous désignez,
43:14dont vous ne voulez pas,
43:15c'est la chienlit.
43:16Vous ne voulez pas
43:16de cette chienlit
43:18qui aboutit.
43:19Je trouve que c'est un beau pays,
43:21la France,
43:22on a beaucoup d'atouts.
43:23D'ailleurs,
43:23je trouve qu'on devrait le dire,
43:25plus,
43:26axer plus,
43:27notre discours,
43:27c'est ce qui va bien,
43:29parce que ce discours anxiogène
43:31sur tout va mal,
43:33ça met un petit peu,
43:34quand même,
43:34de l'eau dans le blin.
43:36On écoute Julien Dré
43:37qui a plein de choses
43:38à vous répondre.
43:39Merci,
43:39merci Nathalie
43:40de nous avoir appelé.
43:41Merci.
43:41Je pense que ce qui est intéressant,
43:43c'est ce qui n'était pas prévu,
43:44mais c'est vos auditeurs.
43:46En fait,
43:47l'angoisse qu'ils ont
43:48et que je partage totalement,
43:50on y tient beaucoup.
43:50Je vous ai dit tout à l'heure,
43:52c'est des deux trains
43:52à grande vitesse.
43:53Moi,
43:53je pense que 60 à 65%
43:56de la France
43:56ne veut pas de ça
43:57et ne voudrait pas avoir
43:58à choisir.
43:59Moi,
43:59je sais personnellement
44:01que c'est pour moi un drame.
44:02Le matin,
44:03quand je me pose cette question,
44:04je me dis,
44:04je vais voter blanc,
44:05mais ce n'est pas possible.
44:07Il y a des choses,
44:08et j'ai sans arrêt autour de moi
44:09des gens qui me disent alors.
44:11C'est pour ça que je vous ai dit
44:12que je pense
44:12que le paysage présidentiel
44:14va être obligatoirement impacté
44:16et donc modifié.
44:19Je ne crois pas
44:19au sauveur suprême,
44:20mais je crois par contre
44:21que dans l'histoire de France,
44:23il y a un moment donné
44:23où,
44:24c'était ça la force du général,
44:25mais ça était aussi ça
44:26à la force,
44:26à mon donné,
44:27de François Mitterrand,
44:28c'est-à-dire
44:29d'être capable
44:30d'unir le pays
44:30sur un projet.
44:32La question,
44:33de cette élection présidentielle,
44:34c'est redonner du sens.
44:35Vous voulez dire,
44:36Julien Drey,
44:36qu'il y a aujourd'hui
44:37des personnalités
44:37qui se tiennent en réserve
44:38de la République
44:39pour intervenir au mois de janvier ?
44:41Non, je pense qu'il y a des gens
44:41qui doivent discuter ensemble
44:42par-delà un certain nombre
44:44de différences.
44:45Je veux dire,
44:45sur l'éducation,
44:46moi je suis certain
44:46que si on se met autour
44:47de la table
44:48un certain nombre,
44:48on est capable
44:49de faire la révolution éducative
44:50qui a besoin de ce pays.
44:52Voilà.
44:52Sur la réforme de l'État,
44:54sa décentralisation,
44:55on est capable
44:56de faire ça ensemble.
44:57Si on est capable
44:58de faire ça ensemble,
45:03vous inviter
45:03et sur lequel
45:04on dissertera
45:05sur cette radio
45:06du Parlez Vrai
45:06et vous y êtes tout à fait
45:08à votre place.
45:09Merci.
45:10Merci de m'avoir invité
45:10en tous les cas.
45:11Merci également
45:12à Cauter Ben Mohamed,
45:13présidente de Marseille
45:14en colère
45:15qui était avec nous
45:15un petit peu plus tôt.
45:17Merci également
45:17à Jean-Paul Brigeli,
45:18essayiste et auteur
45:19de La Fabrique du Crétin
45:21et l'école sous emprise.
45:22À suivre Brigitte Lai
45:24sur Sud Radio
45:25avec pour thème
45:26La Grève du Sexe.

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