00:00Non, c'est l'impossible de se produire.
00:03Je crois qu'on n'a pas tous les éléments.
00:05Mais quand on voit les images, on se dit la violence du choc.
00:09Ça ne correspond pas à ce qui s'est dit.
00:11Alors, apparemment, il y a eu un problème sur la signalisation de la ligne à grande vitesse.
00:16C'était la première ligne d'ailleurs qui a été installée entre Madrid et Séville
00:21pour les Jeux Olympiques de Séville.
00:23Et donc, apparemment, il y a eu un problème sur la signalisation.
00:26Le centre de contrôle qui supervise le fonctionnement du réseau,
00:31indépendamment des deux compagnies, l'une est privée, l'autre est nationale, la Renfée,
00:37a donné l'ordre de dire, eh bien, on a un problème.
00:40Et en cas de problème, c'est l'arrêt automatique qui se produit.
00:44Et des consignes, comme en France, se sont dit,
00:46vous avez permis de rouler, mais rouler ce qu'on appelle au pas, c'est-à-dire à vue.
00:52C'est-à-dire, vous respectez la signalisation
00:54et vous avancez au maximum à 30 à l'heure.
00:57Donc, à vue, de façon à pouvoir s'arrêter,
00:59et non pas à 240, 260, comme c'est sur la ligne.
01:03Donc, voilà, ça, à mon avis, c'est le mode de fonctionnement normal.
01:06Et apparemment, donc, l'un des trains,
01:09le train qui a été percuté par l'arrière,
01:12était à l'arrêt et n'était pas reparti, apparemment.
01:15Je ne sais pas tous les éléments.
01:17Et derrière est arrivé le TGV,
01:19mais quand on voit la violence du choc,
01:21il ne roulait pas à 30 à l'heure.
01:23Donc, lui, il était apparemment remonté en cadence et en vitesse.
01:27Et là, vu la violence du choc,
01:30et malheureusement, ça s'est produit sur un talus,
01:33c'est-à-dire que les rames percutées
01:35a versé dans le talus,
01:36ce qui explique, bien sûr, le nombre de morts.
01:39Voilà ce que je peux dire en regardant les images.
01:43Et vous avez raison de dire,
01:44il y a un an, il s'était produit,
01:47un autre problème sur la ligne à grande vitesse,
01:49une rupture d'un rail qui n'a pas été décelé.
01:53Donc, un TGV qui déraille.
01:56Les voitures se déportent sur la voie parallèle
02:00et, manque de chance, arrive dans l'autre sens,
02:03pas une rame de TGV, mais une rame normale
02:06qui, elle, circulait à 140, 160 à l'heure.
02:09Et là, ça a été le choc que vous connaissez.
02:11Et encore une fois, ça s'est produit sur un talus,
02:13c'est-à-dire que deux voitures avaient dévalé
02:16tout le nombre de morts.
02:17Donc, on est, la situation n'est pas la même,
02:20mais là, c'est un choc, une percussion à l'arrière
02:22par non-respect des consignes, à mon avis,
02:27de circulation de l'un des conducteurs.
02:29Voilà ce que je peux vous dire.
02:30Mais Michel, est-ce que pour vous,
02:31il va y avoir des implications politiques ?
02:32Est-ce que le ministre des Transports va devoir répondre
02:34quand on a le même drame à quelques mois d'intervalle ?
02:37Je rappelle que Nico Salvador nous disait à l'instant
02:38qu'il y avait au moins 50 morts, au moins 50 morts.
02:41Le bilan ne fait que s'alourdir.
02:44Est-ce qu'il va y avoir des conséquences
02:45pour le gouvernement espagnol ?
02:46Vous avez raison, le précédent accident
02:50avait fait prendre conscience d'un problème
02:53qui était typiquement espagnol sur le réseau.
02:56C'est le problème de maintenance
02:58et d'entretien des voies.
03:01Et donc, la rupture d'un rail n'aurait jamais dû se produire
03:04sur une voie normale.
03:05C'était une rupture, paraît-il, de soudure.
03:07Mais également, on a limité la vitesse maintenant
03:13sur la voie qui va de Madrid à Barcelone,
03:17où les trains ne roulent plus la vitesse du TGV
03:20qui était programmé pour 240-260.
03:23Ils ne roulent qu'à 200.
03:25Donc, il y a bien un gros problème de maintenance
03:28du réseau ferroviaire.
03:30Non pas pour le moment du matériel.
03:33Faites très attention,
03:34il y a une compagnie qui supervise,
03:38c'est le régulateur de tout le réseau espagnol,
03:41et puis il y a des compagnies ferroviaires,
03:43l'une nationale et l'autre privée.
03:45Est-ce que, pour prendre une image,
03:47Michel, je peux dire que c'est comme si deux avions
03:49étaient en train de se percuter en plein ciel,
03:51ou un peu comme quand on voit un avion
03:54se percuter avec un autre au moment de l'atterrissage
03:56et au moment du décollage,
03:57comme ce qui s'est passé d'ailleurs en Espagne,
03:58à Ténérife, qui a été l'un des plus graves
04:02accidents de l'histoire aéronautique,
04:07et vous parliez des conséquences politiques,
04:10mais un drame pareil,
04:12ça peut provoquer pour vous la démission
04:14d'un gouvernement qui n'est pas capable
04:17d'assurer la sécurité de ses usagers
04:19à quelques mois d'intervalle,
04:21deux fois dans la même année ?
04:22Oui, au moins la démission du ministre des Transports.
04:26Voilà, c'est très grave.
04:29Si vous revenez à Ténérife,
04:30Ténérife c'était un accident épouvantable,
04:33ça a été la collision de 2 747,
04:36avec un problème de contrôle,
04:39d'ordre entre la tour de contrôle
04:42et l'un des commandants de bord d'un avion
04:44qui s'est mis à décoller, à démarrer,
04:47alors que l'autre était en train d'atterrir.
04:49Et c'était une énorme catastrophe,
04:50c'était une erreur typiquement humaine.
04:53Et là, quand je vois des images,
04:55en fonction des données que l'on a,
04:57c'est encore un problème d'erreur humaine,
05:01c'est-à-dire de non-observation
05:02de l'un des conducteurs,
05:04des consignes de sécurité,
05:05je pense, qui ont été données.
05:08Alors, faisons très attention,
05:09les systèmes de signalisation espagnols,
05:11à ma connaissance,
05:12sur les lignes à grande vitesse,
05:13ne sont pas ceux que l'on a en France
05:15sur le TGV.
05:16Sur le TGV, tout est supervisé
05:17depuis un centre de contrôle
05:20où on a la totalité de la ligne,
05:21par exemple, Paris-Marseille.
05:23Il n'y a plus de signaux
05:24le long de la voie,
05:25il y a simplement des repères
05:27et sur le tableau de bord du conducteur
05:30s'affiche la vitesse
05:32à laquelle il doit rouler.
05:33Et quand il y a non-respect
05:35de la vitesse ou de l'ordre de signaux,
05:37eh bien, c'est l'arrêt automatique.
05:39Donc, ce type d'accident
05:40ne peut pas se produire
05:41avec notre TGV.
05:43Et j'aimerais savoir,
05:44est-ce que pour vous,
05:45c'est dans l'histoire récente,
05:47et vous observez ces phénomènes
05:49depuis longtemps,
05:49c'est la première fois
05:50que vous voyez un pays
05:50confronté à ce drame
05:52deux fois dans la même année ?
05:55Absolument.
05:55Absolument.
05:56Ça montre bien.
05:57Mais il y a eu des articles
05:58dans la presse,
05:59moi j'avais suivi ça
06:00au moment du dernier accident,
06:01où ils disaient
06:02que le réseau
06:04était très mal entretenu
06:07pour faute d'investissement.
06:08C'est la clé.
06:09La clé de la grande vitesse,
06:11on nous dit,
06:11c'est la maintenance,
06:13l'entretien du matériel
06:14et surtout l'entretien
06:16de la voix.
06:17C'est la clé.
06:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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