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  • il y a 5 minutes
Au moins 30 morts ont été recensés ce mercredi lors d'une collision entre deux trains en Espagne, au sud de Madrid, ont annoncé les autorités. «Le réseau espagnol est très mal entretenu par faute d'investissements. La clef de la grande vitesse, c'est la maintenance et l'entretien de la voie», a réaffirmé Michel Chevalet, journaliste.

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Transcription
00:00Non, c'est l'impossible de se produire.
00:03Je crois qu'on n'a pas tous les éléments.
00:05Mais quand on voit les images, on se dit la violence du choc.
00:09Ça ne correspond pas à ce qui s'est dit.
00:11Alors, apparemment, il y a eu un problème sur la signalisation de la ligne à grande vitesse.
00:16C'était la première ligne d'ailleurs qui a été installée entre Madrid et Séville
00:21pour les Jeux Olympiques de Séville.
00:23Et donc, apparemment, il y a eu un problème sur la signalisation.
00:26Le centre de contrôle qui supervise le fonctionnement du réseau,
00:31indépendamment des deux compagnies, l'une est privée, l'autre est nationale, la Renfée,
00:37a donné l'ordre de dire, eh bien, on a un problème.
00:40Et en cas de problème, c'est l'arrêt automatique qui se produit.
00:44Et des consignes, comme en France, se sont dit,
00:46vous avez permis de rouler, mais rouler ce qu'on appelle au pas, c'est-à-dire à vue.
00:52C'est-à-dire, vous respectez la signalisation
00:54et vous avancez au maximum à 30 à l'heure.
00:57Donc, à vue, de façon à pouvoir s'arrêter,
00:59et non pas à 240, 260, comme c'est sur la ligne.
01:03Donc, voilà, ça, à mon avis, c'est le mode de fonctionnement normal.
01:06Et apparemment, donc, l'un des trains,
01:09le train qui a été percuté par l'arrière,
01:12était à l'arrêt et n'était pas reparti, apparemment.
01:15Je ne sais pas tous les éléments.
01:17Et derrière est arrivé le TGV,
01:19mais quand on voit la violence du choc,
01:21il ne roulait pas à 30 à l'heure.
01:23Donc, lui, il était apparemment remonté en cadence et en vitesse.
01:27Et là, vu la violence du choc,
01:30et malheureusement, ça s'est produit sur un talus,
01:33c'est-à-dire que les rames percutées
01:35a versé dans le talus,
01:36ce qui explique, bien sûr, le nombre de morts.
01:39Voilà ce que je peux dire en regardant les images.
01:43Et vous avez raison de dire,
01:44il y a un an, il s'était produit,
01:47un autre problème sur la ligne à grande vitesse,
01:49une rupture d'un rail qui n'a pas été décelé.
01:53Donc, un TGV qui déraille.
01:56Les voitures se déportent sur la voie parallèle
02:00et, manque de chance, arrive dans l'autre sens,
02:03pas une rame de TGV, mais une rame normale
02:06qui, elle, circulait à 140, 160 à l'heure.
02:09Et là, ça a été le choc que vous connaissez.
02:11Et encore une fois, ça s'est produit sur un talus,
02:13c'est-à-dire que deux voitures avaient dévalé
02:16tout le nombre de morts.
02:17Donc, on est, la situation n'est pas la même,
02:20mais là, c'est un choc, une percussion à l'arrière
02:22par non-respect des consignes, à mon avis,
02:27de circulation de l'un des conducteurs.
02:29Voilà ce que je peux vous dire.
02:30Mais Michel, est-ce que pour vous,
02:31il va y avoir des implications politiques ?
02:32Est-ce que le ministre des Transports va devoir répondre
02:34quand on a le même drame à quelques mois d'intervalle ?
02:37Je rappelle que Nico Salvador nous disait à l'instant
02:38qu'il y avait au moins 50 morts, au moins 50 morts.
02:41Le bilan ne fait que s'alourdir.
02:44Est-ce qu'il va y avoir des conséquences
02:45pour le gouvernement espagnol ?
02:46Vous avez raison, le précédent accident
02:50avait fait prendre conscience d'un problème
02:53qui était typiquement espagnol sur le réseau.
02:56C'est le problème de maintenance
02:58et d'entretien des voies.
03:01Et donc, la rupture d'un rail n'aurait jamais dû se produire
03:04sur une voie normale.
03:05C'était une rupture, paraît-il, de soudure.
03:07Mais également, on a limité la vitesse maintenant
03:13sur la voie qui va de Madrid à Barcelone,
03:17où les trains ne roulent plus la vitesse du TGV
03:20qui était programmé pour 240-260.
03:23Ils ne roulent qu'à 200.
03:25Donc, il y a bien un gros problème de maintenance
03:28du réseau ferroviaire.
03:30Non pas pour le moment du matériel.
03:33Faites très attention,
03:34il y a une compagnie qui supervise,
03:38c'est le régulateur de tout le réseau espagnol,
03:41et puis il y a des compagnies ferroviaires,
03:43l'une nationale et l'autre privée.
03:45Est-ce que, pour prendre une image,
03:47Michel, je peux dire que c'est comme si deux avions
03:49étaient en train de se percuter en plein ciel,
03:51ou un peu comme quand on voit un avion
03:54se percuter avec un autre au moment de l'atterrissage
03:56et au moment du décollage,
03:57comme ce qui s'est passé d'ailleurs en Espagne,
03:58à Ténérife, qui a été l'un des plus graves
04:02accidents de l'histoire aéronautique,
04:07et vous parliez des conséquences politiques,
04:10mais un drame pareil,
04:12ça peut provoquer pour vous la démission
04:14d'un gouvernement qui n'est pas capable
04:17d'assurer la sécurité de ses usagers
04:19à quelques mois d'intervalle,
04:21deux fois dans la même année ?
04:22Oui, au moins la démission du ministre des Transports.
04:26Voilà, c'est très grave.
04:29Si vous revenez à Ténérife,
04:30Ténérife c'était un accident épouvantable,
04:33ça a été la collision de 2 747,
04:36avec un problème de contrôle,
04:39d'ordre entre la tour de contrôle
04:42et l'un des commandants de bord d'un avion
04:44qui s'est mis à décoller, à démarrer,
04:47alors que l'autre était en train d'atterrir.
04:49Et c'était une énorme catastrophe,
04:50c'était une erreur typiquement humaine.
04:53Et là, quand je vois des images,
04:55en fonction des données que l'on a,
04:57c'est encore un problème d'erreur humaine,
05:01c'est-à-dire de non-observation
05:02de l'un des conducteurs,
05:04des consignes de sécurité,
05:05je pense, qui ont été données.
05:08Alors, faisons très attention,
05:09les systèmes de signalisation espagnols,
05:11à ma connaissance,
05:12sur les lignes à grande vitesse,
05:13ne sont pas ceux que l'on a en France
05:15sur le TGV.
05:16Sur le TGV, tout est supervisé
05:17depuis un centre de contrôle
05:20où on a la totalité de la ligne,
05:21par exemple, Paris-Marseille.
05:23Il n'y a plus de signaux
05:24le long de la voie,
05:25il y a simplement des repères
05:27et sur le tableau de bord du conducteur
05:30s'affiche la vitesse
05:32à laquelle il doit rouler.
05:33Et quand il y a non-respect
05:35de la vitesse ou de l'ordre de signaux,
05:37eh bien, c'est l'arrêt automatique.
05:39Donc, ce type d'accident
05:40ne peut pas se produire
05:41avec notre TGV.
05:43Et j'aimerais savoir,
05:44est-ce que pour vous,
05:45c'est dans l'histoire récente,
05:47et vous observez ces phénomènes
05:49depuis longtemps,
05:49c'est la première fois
05:50que vous voyez un pays
05:50confronté à ce drame
05:52deux fois dans la même année ?
05:55Absolument.
05:55Absolument.
05:56Ça montre bien.
05:57Mais il y a eu des articles
05:58dans la presse,
05:59moi j'avais suivi ça
06:00au moment du dernier accident,
06:01où ils disaient
06:02que le réseau
06:04était très mal entretenu
06:07pour faute d'investissement.
06:08C'est la clé.
06:09La clé de la grande vitesse,
06:11on nous dit,
06:11c'est la maintenance,
06:13l'entretien du matériel
06:14et surtout l'entretien
06:16de la voix.
06:17C'est la clé.
06:18Sous-titrage Société Radio-Canada
06:20Sous-titrage Société Radio-Canada

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