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  • il y a 7 minutes
Le multiple champion de motocross, Pascal Dorseuil, s'apprête à remettre en jeu son titre de champion du monde vétérans lors du Glen Helen Raceway à San Bernardino en Californie, du 30 octobre au 1er novembre. Il nous a livré son état d'esprit avant le grand départ

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Transcription
00:00Je m'espère que Zati peut souhaiter à moi une bonne chance,
00:02qu'en tous les cas, que ça se passe aussi bien que l'an dernier.
00:04Si le résultat est là, c'est que du panache.
00:07S'il n'y est pas, on aura au moins été jouant jusqu'au bout
00:10et de vouloir remettre le titre en jeu.
00:18Effectivement, l'an dernier, j'avais mes 50 ans
00:19et je me suis dit que je veux faire une épreuve mondiale vétéran.
00:22Je suis parti un petit peu comme ça avec ma femme,
00:25un petit peu à l'aventure et puis on est revenu avec le titre.
00:27L'aventure était tellement belle que cette année, je remets mon titre en jeu.
00:31Et puis l'état d'esprit, il est plus combatif que l'an dernier
00:34parce que là, je sais à quoi m'attendre.
00:36Je sais aussi que mes adversaires vont m'attendre.
00:43Pour moi, à mes yeux, qui viennent de la rivière Saint-Louis,
00:45les parents qui ne font pas de moto,
00:46personne dans la famille des Dorseuils ne fait du sport mécanique,
00:50surtout anciennement, ça représente une consécration,
00:53ça représente une récompense de toutes mes années de sacrifice
00:56où on s'est donné des heures, des heures, des heures d'acharnement.
00:59On a loupé un petit peu les sorties, les boîtes de nuit,
01:03les gros repas, les fêtes pour pouvoir avoir une hygiène de vie correcte.
01:06Et pour moi, c'est l'apothéose.
01:13La moto dans la famille, je n'en avais pas.
01:15Donc moi, je viens d'une famille, on va dire très pauvre.
01:18Je n'ai pas honte de le dire, mais j'ai eu les vraies bases.
01:20C'est en restant à la maison,
01:21qu'en voyant les copains passer avec des motos à l'époque,
01:24que moi, avec mon vélo, je partais sur les circuits
01:27pour essayer de les voir faire un tour ou deux.
01:30Et puis, on a sympathisé.
01:31De temps en temps, j'avais un petit tour de moto.
01:33Et puis, l'année d'après, ça s'est fait comme ça.
01:35Il y a un copain qui s'est blessé.
01:36Il m'avait proposé de me prêter sa moto sans que mes parents le sachent,
01:39parce qu'on n'avait pas les moyens de payer cette moto
01:42et la réparation de cette moto si cette dernière s'avérait en panne.
01:49Moi, je faisais partie des pousseurs.
01:51Donc, je faisais partie des gens qui, avec l'inconscience,
01:55on allait dans les zones individuelles de Saint-Pierre, notamment.
01:59Et on faisait tous les week-ends la pousse.
02:00J'avais moi aussi un Peugeot 103 avec un gros kit, comme on l'appelait.
02:04Et il y a eu énormément d'accidents.
02:06Il y a eu des décès, il y a eu des départs, il y a eu des douleurs.
02:08Et puis, un beau jour, le motocross en circuit sécurisé
02:12m'a fait connaître l'arrêt de la pousse.
02:15Et je suis heureux aujourd'hui, parce que peut-être que j'aurais été
02:17dans un fauteuil roulant ou plus de ce monde.
02:23Moi, les jeunes, aujourd'hui, j'ai un message fort pour eux.
02:27Donc, la ville ou la route n'est pas un circuit.
02:28Et si vous avez envie de vraiment performer,
02:30vous avez vraiment envie de trouver des sensations,
02:32c'est de venir, en fait, dans des écoles de pilotage,
02:35venir s'afficher à une fédération, à une ligue de moto, par exemple,
02:39ou à un motoclub, et puis trouver des moniteurs
02:42sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour vous aiguiller au mieux.
02:48Moi, je dis toujours, le jargon qui déplait à beaucoup de personnes,
02:51le motocross, le sport mécanique, c'est un sport de riche pour les pauvres.
02:53Parce qu'on n'est pas reconnu.
02:55On n'a pas...
02:56Bon, là, j'ai la chance de partir aux Etats-Unis,
02:57où il y a une culture de sport mécanique,
02:59où le sportif, là-bas, qui fait du sport mécanique est reconnu.
03:04Aujourd'hui, si on n'a pas de partenaire,
03:06si on n'a pas quatre sous de côté, que ce soit dans le motocross,
03:09que ce soit dans le rallye, que ce soit dans le VTT descente,
03:12le matériel coûte de plus en plus cher.
03:14Et pour avoir du matériel, pour être crédible,
03:16il faut être représentatif, il faut avoir en fait les épaules solides
03:19et l'envie de gagner pour pouvoir montrer
03:21qu'on est capable d'aller chercher ce qu'on n'a pas.
03:29Malheureusement,
03:30le sport mécanique ne se porte pas bien localement
03:32depuis un petit moment, depuis l'après-Covid.
03:34Je pense qu'il y a un gros manque d'accompagnement
03:39de la part des instances qui sont au-dessus de nous.
03:41On est affilié à une fédération française de motos
03:43où les coûts restent chers.
03:44Et puis, on va avoir aussi la même identité que celle-ci.
03:48Mais malheureusement pour nous, on n'a pas autant d'adhérents,
03:50on n'a pas autant de licenciés.
03:51Il y a des motoclubs qui font l'effort,
03:52mais je ne crois pas que localement,
03:54ce sont les motoclubs qui doivent faire les efforts.
03:57Je crois que c'est à l'ALRM.
03:59C'est un petit message que j'envoie.
04:01C'est plus pour construire que pour détruire.
04:03Mais je crois qu'il faut qu'on se pose réellement les bonnes questions
04:06et pourquoi on n'arrive pas à obtenir un vivier de futurs pilotes
04:10ou de futurs participants à notre discipline.
04:17Alors, avec l'âge, on va dire qu'il y a plus de calculs.
04:20La sagesse, je n'en suis pas sûr,
04:22parce que là, j'ai repris goût et plaisir à rouler sur une petite 125.
04:27Parce qu'aux États-Unis, je m'attaque aussi à une catégorie qui est bien en dessous.
04:30Parce que tout simplement, il y a un price money qui est intéressant.
04:32Je n'ai pas l'impression d'être plus sage sur la petite moto.
04:35Donc, au contraire, la fougue est liée.
04:36Tant que j'aurai cette fougue et cette adrénaline,
04:39j'irai toujours au bout de 100% de mes capacités.
04:42Là, je me donne l'avantage, je me donne l'endurance,
04:45je me donne le côté expérience qui est beaucoup plus calculateur,
04:48mais pas pour autant avoir fléchi en termes de fougue.
04:58Ce que j'aimerais, c'est d'avoir mon école de pilotage.
05:00Donc, pouvoir avoir un DEE, pouvoir éduquer et montrer le savoir-faire que j'ai.
05:05J'ai déjà le CQP.
05:06Mais mon rêve, oui, ça serait vraiment de continuer à pouvoir rester sur les circuits
05:10et à transmettre ce que j'ai su,
05:12et encore plus avec l'expérience de ces dernières années.
05:14La donnée, elle est toujours là.
05:15Dès que j'ai ma ligne, il y a une grille de départ.
05:17Dès que je vois le panneau 50 secondes et le panneau 5,
05:18on a une sensation qui monte en soi,
05:20que seul un pilote pourrait nous expliquer ça.
05:22C'est cette peur mélangée à cette fougue d'envie de réussir ou envie de ne pas faiblir.
05:27Moi, voilà, tant que cette sensation-là, elle sera toujours là,
05:30je continuerai à m'aligner dans des bonnes conditions
05:32et à condition que la santé soit bonne et aussi que les partenaires soient là aussi.
05:36C'est ça qui est le plus important.

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