- il y a 9 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Au moins 68 morts et des dizaines de blessés provoqués par cette collision entre deux trains à grande vitesse en
00:06Espagne.
00:07C'est un bilan qui malheureusement devrait s'alourdir.
00:10Alors la raison c'est une panne technique du système de sécurité du réseau.
00:14C'est l'origine de l'accident mais il y a sans doute d'autres causes et on va y
00:18revenir dans un instant avec les experts.
00:20Toute l'Espagne est en deuil. Trois jours de deuil national décrété par le pouvoir.
00:24Écoutez ces témoignages de voyageurs.
00:28Nous prenions notre petit déjeuner, on prenait un café.
00:31Quand nous avons ressenti un choc très violent, nous avons tous été propulsés en avant.
00:35Je vais relativement bien. Mon collègue est dans un état bien plus grave.
00:39Heureusement que je prenais un café quand la voiture a percuté la voiture 7
00:42car c'est celle qui est la plus endommagée et où il y a beaucoup de victimes.
00:48L'intérieur du wagon était complètement détruit.
00:51Les sièges arrachés et la plupart des passagers assis face à l'avant ont été projetés dans tous les sens.
00:58J'ai eu de la chance car j'étais assis dans la direction opposée et le choc m'a plaqué
01:02contre mon siège.
01:04Mais c'était terrible.
01:08Avez-vous Marguerite Dumont ? On va essayer de comprendre ce qui s'est passé ce matin.
01:12L'accident s'est produit vers 8h54.
01:14Nous sommes à 150 km de Madrid et c'est ici, vous allez voir, près de la gare d'Urda,
01:21un peu avant 9h.
01:21En effet, que la collision a eu lieu.
01:24Deux trains impliqués.
01:25Un train de la compagnie privée Irio et un train de la Renfe.
01:29C'est la compagnie ferroviaire nationale espagnole à bord, 540 passagers.
01:34Et c'est le TGV de la Renfe qui aurait percuté à pleine vitesse, 200 km heure.
01:39L'autre train alors à l'arrêt sur la voie.
01:41Le choc est extrêmement violent.
01:44On le voit bien sur ces images.
01:45Des wagons sont projetés hors des rails et trois d'entre eux dévalent le talus.
01:50Le bilan humain est particulièrement lourd.
01:53Au moins 68 morts et plusieurs blessés.
01:56Et les recherches se poursuivent car on le voit bien ici, ces wagons sont très difficiles d'accès.
02:01Des victimes pourraient encore se trouver dans les parties les plus profondes.
02:05Alors comment une telle collision a-t-elle pu se produire ?
02:09L'enquête est en cours mais l'on sait déjà que moins de 30 minutes avant la collision,
02:14il y a eu une panne technique du système de sécurité du réseau.
02:18Conséquence, les trains sur la portion concernée ont été arrêtés.
02:22Mais la question centrale est désormais celle de la reprise du trafic.
02:25Le TGV de la Renfe serait reparti sur ordre du centre de contrôle de Madrid.
02:31Une situation pour l'instant inexplicable selon le ministre des Transports.
02:36Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu sur place.
02:41On l'écoute.
02:46Aujourd'hui l'Espagne est en deuil, toute l'Espagne est en deuil et nous exprimons notre plus profonde solidarité,
02:52notre empathie aux familles des victimes ainsi qu'aux blessés toujours hospitalisés auxquels nous souhaitons un prompt rétablissement.
02:58Car derrière chaque personne décédée aujourd'hui se cachent des vies brisées, des familles déchirées et l'angoisse de celles
03:04qui ignorent encore où se trouvent leurs proches.
03:06Et bien sûr, il y a une immense douleur, une douleur que toute la société espagnole partage naturellement.
03:13Alors à l'heure actuelle, bien sûr, on va ensemble essayer de voir quelles sont les causes, pourquoi un tel
03:17accident.
03:18Mais l'heure encore en ce moment même est au secours.
03:22Il faut essayer de récupérer des corps.
03:25On a un bilan qui est encore provisoire, 68 morts.
03:28On a deux trains qui se sont encastrés l'un sur l'autre.
03:34Mathieu Langlois, c'est quoi l'urgence à ce moment-là ?
03:36Là, on est dans le temps de l'urgence, dans le temps du sauvetage.
03:40On se bat tous, enfin tous ceux qui sont les différents services espagnols se battent pour sauver des vies.
03:47On a dit que le bilan était quand même déjà très long.
03:50On peut encore retrouver des survivants ?
03:51Alors là, je pense qu'on est à 7h55, c'était à 8h54 ce moment-là.
03:56On a déjà un temps qui paraît long, mais pour ceux qui sont sur place, ce n'est pas si
04:01long que ça.
04:02Donc il y a d'abord une reconnaissance, une sécurisation de toute cette zone de catastrophe.
04:11Et puis, il y a déjà eu évidemment des blessés qui étaient plus facilement accessibles.
04:15Mais je pense que la reconnaissance de tout le site, elle n'est peut-être à cette heure-là pas
04:20encore terminée.
04:22Donc c'est sûr que le bilan va probablement...
04:25S'alourdir.
04:26S'alourdir.
04:27Et puis, ça a été dit d'ailleurs par le Premier ministre, c'est des blessures dramatiques qui vont demander
04:33des soins très lourds.
04:36Ça va durer des semaines, des mois, et avec évidemment là aussi un risque de voir ce bilan continuer à
04:42s'alourdir.
04:42Les corps sont encastrés ?
04:44Ça doit être très compliqué de les récupérer.
04:46On connaît ça.
04:47Alors on ne dit pas encastrés, on dit incarcérés.
04:50Mais bon, c'est pareil.
04:51C'est-à-dire que ça a été dit d'ailleurs par votre journaliste, c'est que l'intérieur du
05:00wagon, là on voit des photos où on imagine déjà les dégâts extérieurs.
05:04Mais à l'intérieur, c'est des scènes qui sont des scènes totalement chaotiques.
05:08Et l'accès...
05:09Là ce sont des images en direct, c'est ce qui se passe actuellement sur place.
05:12Alors là on voit déjà qu'il y a des moyens lourds qui vont permettre aussi de stabiliser, de sécuriser,
05:16de déplacer éventuellement certains wagons.
05:18De pouvoir aller malheureusement en dessous des deux wagons qu'on voit là.
05:23Mais à l'intérieur, c'est aussi une scène totalement chaotique avec de très nombreux blessés et malheureusement des morts.
05:31Mais à quoi sert cette grue qu'on a fait venir ?
05:33Elle sert soit à stabiliser, soit à mobiliser probablement les wagons qu'on voit.
05:40Je crois qu'il y a un wagon de l'autre côté.
05:43Philomène ?
05:43Il y a un wagon de l'autre côté.
05:45Alors ce qu'il faut préciser, c'est que pour ces opérations de secours, il y a plein de services
05:49qui ont été mobilisés.
05:51Il y a les pompiers, il y a la guardia civile, les équipes de protection civile.
05:54Mais il y a aussi l'armée.
05:56Il y a 200 militaires de l'UME, l'Unité spécialisée dans les catastrophes.
06:01Donc là c'est une catastrophe ferroviaire qui ont été déployées sur place.
06:04Ils ont des chiens de recherche, des drones.
06:06Et c'est notamment eux qui ont apporté ces grues pour dégager les victimes, mais également désormais les corps.
06:13Donc 68 corps pour le moment.
06:16Un dispositif très important.
06:18Et un dispositif, vous l'avez précisé aussi, pour accompagner aussi tous ces rescapés.
06:23Ce que l'on sait, c'est que notamment dans la petite ville d'Ordat, qui se trouve juste à
06:27côté du lieu de la collision,
06:29il y a le gymnase qui a été mis en place pour les rescapés avec des blessures légères.
06:33Il y a aussi l'école de la ville qui a été mise en place pour accueillir toutes ces familles.
06:36Parce qu'aujourd'hui, il va falloir faire des recherches ADN, il va falloir identifier toutes ces victimes.
06:42Et il y a eu, ce qu'on a beaucoup entendu sur cette antenne depuis le début de la journée,
06:45c'est qu'il y a eu un élan de solidarité des Espagnols.
06:48C'est important de le préciser.
06:49Il y a des résidents qui, directement après cette collision, sont venus de leur plein gré apporter des bouteilles d
06:54'eau,
06:55prendre certains blessés dans leur véhicule.
06:57Et il y a également une collecte d'eau et de nourriture par des commerçants
07:02qui a été mis en place à côté pour apporter tout ça à toutes ces personnes
07:05qui se trouvent aujourd'hui dans la petite ville d'Ordat, à côté du lieu de la collision.
07:08Pedro Iniesta Ruiz, vous êtes espagnol, vous êtes représentant ici du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol.
07:14Trois jours de deuil national décrété, c'est à la mesure du choc que représente cet accident ferroviaire.
07:19Et on va le rappeler, il y a malheureusement une série noire en Espagne,
07:22puisqu'en début d'année, en janvier de cette année, il y a eu un accident aussi ferroviaire à grande
07:28vitesse
07:28qui a fait 46 morts.
07:30D'ailleurs, le Premier ministre l'a évoqué tout à l'heure.
07:33C'est effectivement la tragédie qui nous frappe encore.
07:36Et c'est très dur pour le peuple espagnol.
07:38On ne s'était pas encore remis.
07:39On vous l'avoue, de la première tragédie, il y a beaucoup de personnes qui sont décédées à Adamus.
07:44Vous le savez.
07:45Et aujourd'hui, ça se passe la même chose à Castilla-la-Monte.
07:49Mais je peux vous assurer que, comme Philomène le disait tout à l'heure,
07:52le peuple espagnol est un peuple solidaire.
07:54C'est un peuple qui se rend sur place, qui se serre les coudes et qui se serre le manche
07:58pour pouvoir travailler.
08:00Le président du gouvernement nous l'a dit, et je pense qu'on doit tenir compte de cela.
08:04Il faut éclairer jusqu'au dernier point de ce qui s'est passé.
08:08Et aujourd'hui, ce n'est pas le jour pour se balancer les uns aux autres des histoires politiciennes.
08:13Aujourd'hui, c'est le jour de la vérité pour rendre hommage, comme il le mérite, les victimes.
08:19Alors justement, Igor Saheri, il va falloir à un moment donné quand même essayer de comprendre ce qui s'est
08:22passé ce matin.
08:24Pourquoi ces deux trains sont entrés en collision, sachant qu'il y avait une panne une demi-heure avant,
08:29qu'a priori, l'ordre, c'était de ralentir les trains, et que ce train-là n'a pas reçu
08:33cet ordre.
08:33Le train qui a percuté l'autre, celui de la Renfe, le train de la compagnie publique, il va falloir
08:38comprendre pourquoi.
08:39Oui, il y a une série de dysfonctionnements qui, pour l'instant, sont inexplicables.
08:43C'est le ministre des Transports qu'il a encore dit cet après-midi.
08:45D'abord, un dysfonctionnement informatique à trois ordinateurs du système de signalisation qui s'arrête.
08:50Et là, plusieurs trains sont donc à l'arrêt.
08:52Jusqu'ici, tout va bien, si j'ose dire.
08:54Le problème, c'est que le centre de contrôle et de signalisation de Madrid, à Atocha,
09:00reprend le contrôle de cette ligne ferroviaire, et c'est là que l'opérateur, un opérateur,
09:06donne le feu vert au train, au TGV de la compagnie publique, de reprendre sa route,
09:12et donc de reprendre une vitesse qui atteint 150-200 km heure sur un tronçon de 63 km.
09:19Et au bout de 25 km, la collision arrive avec ce train de cette compagnie privée,
09:25qui, lui, est à l'arrêt, qui, lui, est mobilisé à cause de la panne qui a eu lieu quelques
09:29minutes avant.
09:31Et c'est donc ce dysfonctionnement qui n'est pas encore expliqué.
09:34On sait que la Guardia Civil a interrogé déjà cet opérateur qui a pris cette mauvaise décision.
09:39Et on sait aussi que la Guardia Civil est en train d'écouter d'autres membres
09:43qui étaient présents dans ce centre de contrôle d'Atocha à Madrid, à ce moment-là, ce matin.
09:47– Donc Ludovic Pinguano, bonsoir.
09:50On a à la fois une erreur technique, enfin un problème technique, et une erreur humaine.
09:56Enfin, c'est les deux combinés ?
09:57– Oui, peut-être même trois. Il y a peut-être aussi des problèmes organisationnels.
10:00Souvent, on rappelle ce qu'on appelle le gruyère, en fait,
10:05à savoir tout un tas de trous avec des tranches de gruyère
10:07qui font qu'à chaque fois, il y a des défaillances, des dysfonctionnements
10:09sur le plan organisationnel, sur le plan technique, sur le plan humain,
10:12sur le plan environnemental, qui font que ça, plus ça, plus ça, plus ça,
10:15on arrive à ces catastrophes.
10:16C'est très rarement, voire jamais, l'origine d'une seule cause,
10:20mais plutôt de plusieurs. Et là, on l'a vu ce matin,
10:22des dysfonctionnements techniques, des informations qui arrivent
10:24au niveau d'un centre de régulation, peut-être un conducteur de train
10:28qui ne voit pas ou qui n'entend pas les injonctions qui lui sont données
10:31par le centre de régulation. Donc je crois qu'il faut être très prudent
10:33sur les causes de cette catastrophe ferroviaire.
10:36Mais comme le disait Pedro tout à l'heure, ce qui est extrêmement important,
10:38c'est d'avoir le courage d'affronter la réalité
10:41et de tirer tous les enseignements.
10:43Il peut y en avoir beaucoup, c'est une ligne qui est de plus en plus
10:46sollicité parce qu'on utilise de plus en plus souvent le train
10:48parce qu'on prend moins l'avion.
10:49Donc ce sont des lignes qui s'abîment plus vite,
10:54sur lesquelles on a ouvert également la concurrence.
10:57Donc là aussi, ça peut faire partie des causes,
10:59alors indirectes bien sûr,
11:01mais vous voyez, c'est pas, j'allais dire, aussi simple que ça.
11:04En tout cas, je pense qu'on ne peut pas rejeter la responsabilité
11:06sur une seule personne qui, à un moment donné,
11:08aurait pris la mauvaise décision.
11:09C'est bien plus complexe.
11:09Mathieu Langoire ?
11:11Non, mais j'entends ce qu'a dit Ludovic.
11:14Moi, j'insiste encore une fois,
11:15et on parlait de l'unité espagnole,
11:17là on est vraiment dans le temps du secours
11:19et de l'urgence vitale.
11:21Tous ceux qui sont là-bas
11:23et tous ceux qui se battent là-bas,
11:25les pompiers, les équipes soignantes,
11:27ils se battent pour la vie et dans des conditions
11:30pour l'avoir vécu dans d'autres situations.
11:34Ceux qui sont sur place,
11:36à la fois les victimes,
11:37mais aussi ceux qui interviennent,
11:38je peux vous garantir qu'ils ne sont pas du tout
11:40dans le temps de la polémique et dans le temps politique.
11:42Bien sûr, à la limite, ce n'est pas leur rôle.
11:43Et ils trouveraient même ça presque...
11:45Obscère.
11:47Oui, je vous laisse...
11:49Et voilà, c'est important,
11:50parce que l'unité du pays repose aussi
11:52sur ce respect des temps.
11:56Vous l'avez dit, il y a le temps psychologique,
11:58du soutien psychologique qui déjà a commencé.
12:00Mais encore une fois, là, on est vraiment dans l'urgence vitale.
12:02Quand on voit ça, on ne peut pas s'empêcher,
12:04nous ici en France, de d'y penser.
12:06On prend tous le train, on prend des TGV.
12:09Il y a aussi des compagnies publiques et privées.
12:13On se dit, est-ce que ça peut arriver en France ?
12:14Alors tiens, je voudrais vous faire écouter
12:16ce qu'a dit justement le ministre français des Transports,
12:18c'est M. Tabarro.
12:19Il se veut rassurant.
12:23Écoutez, pour l'instant,
12:24il n'y a pas de retour de l'ambassade sur ce sujet.
12:27L'ambassade a mis un numéro
12:29pour pouvoir avoir un certain nombre de témoignages,
12:32le cas échéant, de familles de victimes potentiellement.
12:36Mais il semblerait, à l'heure où je vous parle,
12:37et je prends tout ça avec vraiment beaucoup de précaution,
12:41qu'il n'y ait pas pour l'instant de victimes françaises
12:43qui soient signalées.
12:45Je crois que le nombre des victimes,
12:46pour l'instant, est à 68 morts,
12:49une cinquantaine de personnes
12:50qui sont encore très blessées,
12:53avec une évolution encore possible
12:57de ce triste bilan humain.
13:00Pas de victimes françaises pour le moment.
13:02Et des conséquences sur le trafic
13:04entre la France et l'Espagne, Philomène ?
13:06Oui, on vient de l'apprendre.
13:08C'est la compagnie Ouigo
13:09qui vient d'annoncer une suspension
13:12de tous ces trains à grande vitesse
13:14entre Madrid et l'Andalousie
13:15jusqu'au mois le 2 novembre.
13:17On va écouter aussi ce que dit
13:19le Premier ministre Sanchez quand même,
13:21parce qu'effectivement, il faut penser aux victimes,
13:23aux secours, mais lui aussi, il dit
13:24qu'il va falloir faire la vérité
13:26sur ce qui s'est passé,
13:27d'autant plus que c'est la deuxième catastrophe ferroviaire
13:29dans la même année.
13:30Donc, j'imagine qu'en Espagne,
13:32on s'interroge sur la sécurité de ces trains.
13:35Écoutez le Premier ministre.
13:40La commission indépendante d'enquête
13:41sur les accidents ferroviaires
13:43et les autorités judiciaires font leur travail.
13:45Le ministère lui-même s'efforce naturellement
13:47de comprendre les causes, l'origine
13:49et les raisons de cette terrible tragédie.
13:52Nous irons au fond des choses.
13:53Et s'il y a eu une négligence,
13:55la vérité éclatera.
13:57Si le système de sécurité a connu des défaillances,
13:59nous réagirons avec la plus grande fermeté,
14:02car nous avons subi deux terribles tragédies
14:04la même année sur la ligne ferroviaire
14:06à grande vitesse.
14:10Il y avait quand même un problème
14:12d'un réseau un peu vieilli,
14:15comme en France d'ailleurs,
14:16un réseau de transport qu'il faut rénover aussi.
14:18Il y a un réseau de transport.
14:19Avec de l'argent qui est mis sur la table,
14:20mais peut-être que le temps de réparer,
14:21de rénover, c'est...
14:22Effectivement, il y a une rénovation
14:24qui s'est faite depuis des années.
14:25Ils ont multiplié par presque quatre
14:27les investissements.
14:29Mais ce qui s'est multiplié surtout,
14:30c'est le passage des trains dans les réseaux.
14:32La fréquentation a énormément augmenté.
14:35Donc il va falloir au bout d'un moment
14:36se poser la question.
14:37Si l'augmentation de la fréquentation est telle,
14:40comment on peut réagir
14:41pour que les voies soient adaptées ?
14:43Il se trouve, Olivier,
14:45qu'avant cette collision,
14:47il y avait une grève de 24 heures de prévue
14:49de 6 000 conducteurs
14:50du syndicat national des conducteurs
14:53de la compagnie publique La Renfée
14:57parce qu'il y avait des blocages
14:59sur des réformes structurelles
15:00du réseau ferroviaire
15:01en matière de sécurité.
15:04Ce syndicat a annoncé tout à l'heure
15:06que la grève était maintenue
15:07pour précisément accélérer
15:11de façon urgente
15:12cette réforme nécessaire,
15:13cette collision en atteste
15:15et arrêter de privilégier
15:18l'urgence et la fréquence
15:20de plus en plus importante
15:21sur cette ligne ferroviaire
15:22plutôt que de la sécurité
15:23des chauffeurs de transport.
15:25Ligne entre Madrid et Séville,
15:26rappelons-le, très fréquentée.
15:28Mais n'oublions pas effectivement
15:30que l'heure est au secours,
15:32à la prise en charge des victimes.
15:34Je voudrais vous faire entendre
15:36ce témoignage.
15:37C'est une femme enceinte
15:38qui se trouvait à bord de ce train.
15:43Je suis enceinte d'environ 4 mois.
15:45J'étais dans la première voiture
15:47à l'arrière du train.
15:49C'est pour ça que j'ai eu
15:50autant de chance, je pense.
15:52Bien sûr, il a fallu un moment
15:54à mon cerveau pour réaliser
15:55ce qui se passait.
15:56Au début, j'ai cru que le train
15:57freinait brusquement,
15:58puis la situation a semblé empirer.
16:00Et en regardant par la fenêtre,
16:02j'ai vu ce qu'on peut voir
16:04maintenant sur les images.
16:05J'ai aperçu un wagon déraillé
16:07et calciné.
16:08J'ai paniqué, pour être honnête.
16:10Je me suis mise à hyperventiler.
16:12Heureusement, un collègue
16:13m'a aidé à me calmer.
16:16Alors, les témoignages
16:17comme celui-ci,
16:19on en a plein, là,
16:19parce que, fortement,
16:20il y avait beaucoup de monde
16:20dans ces deux trains.
16:22Il y a des gens
16:22qui ont vu des choses incroyables.
16:24Oui, depuis le début de la journée,
16:25les témoignages,
16:26ils se sont multipliés.
16:28Alors, ce qui m'a beaucoup frappée,
16:30c'est que beaucoup de passagers
16:31de ces trains,
16:32ils parlaient d'objets métalliques
16:34qui volaient,
16:35mais aussi de personnes,
16:36en fait,
16:36qui se sont mises à voler
16:38dans ces wagons.
16:39Et puis, il y a un journaliste
16:40d'El País,
16:42du quotidien espagnol,
16:43Antonio Jiménez Barça,
16:44qui se trouvait à bord du Renfe,
16:46donc le train
16:47qui a percuté l'autre train.
16:48Et ce qu'il a expliqué,
16:49c'est que lorsqu'il est sorti,
16:50lorsqu'il a réussi à sortir,
16:51il faut expliquer aussi
16:52que les passagers
16:53qui ont témoigné,
16:54ils ont dû casser les vitres,
16:55ils ont dû sortir
16:56comme ils le pouvaient.
16:57Et lorsqu'il est arrivé dehors,
16:58en fait,
16:58il a vu presque une scène irréelle,
17:00c'est-à-dire qu'il y avait
17:01le siège d'un des wagons
17:02avec son passager
17:03qui a été pulvérisé
17:05dans un champ.
17:06En fait,
17:06des scènes de chaos
17:07qui pourraient même
17:08s'apparenter à des scènes
17:09de crash d'avion.
17:10Moi, j'ai pu me rendre
17:11dans mon métier
17:12sur des scènes de crash d'avion.
17:13Et en fait,
17:14ces images,
17:14ça rappelle des scènes
17:15de crash extrêmement violentes.
17:18Et ce qu'il disait aussi,
17:19c'est que tout autour,
17:20bien évidemment,
17:20il y avait des gens en sang,
17:22des gens qui avaient le regard
17:22dans le vide.
17:24Alors justement,
17:25ces images en direct,
17:26il faut les commenter
17:27avec vous,
17:27colonel Jérôme Boulanger,
17:29vous êtes porte-parole
17:29de la sécurité civile.
17:30Que font les secours
17:31sur place, là ?
17:32On peut estimer
17:33que la phase d'urgence
17:35est terminée,
17:36qu'il n'y a plus
17:37de secours urgents
17:39à prodiguer.
17:41Là, on voit
17:41qu'il y a des opérations
17:42de levage
17:43qui vont commencer.
17:44On peut donc penser
17:45que les opérations
17:46de désincarcération
17:48à l'intérieur
17:48de ce wagon,
17:50de cette rame,
17:51que ces opérations
17:52sont terminées
17:53parce qu'il y avait
17:53sans doute des victimes
17:54qui étaient incarcérées.
17:56Et puis,
17:57il y a encore
17:57à avoir des gens vivants.
17:58Pardon,
17:58j'ai posé la question
17:59tout à l'heure,
17:59mais on s'interroge.
18:01Très peu de chance,
18:02mais en tout cas,
18:02les opérations de levage
18:03des gens bloqués,
18:04peut-être,
18:05qu'on voit en train
18:06de se faire,
18:07le wagon va être soulevé
18:09pour lever le doute,
18:11pour voir s'il y a encore
18:12quelqu'un sous la rame.
18:14Vous disiez, madame,
18:15que des gens avaient été
18:16propulsés à l'extérieur
18:18du train.
18:18Il se peut qu'il y ait
18:19des gens sous les rames.
18:21Et donc,
18:21il faut faire
18:22ces opérations de levage.
18:23Vous voyez
18:24avec des moyens très lourds,
18:25cette grue très impressionnante,
18:27façon à voir
18:27s'il y a des personnes dessous.
18:29Personnes vivantes,
18:30pourquoi pas ?
18:31Mais dans tous les cas,
18:32il faut que tous les corps
18:34soient dégagés,
18:35les personnes décédées,
18:37les corps des personnes décédées,
18:38de façon, déjà,
18:39à ce que les familles
18:40puissent commencer leur deuil.
18:42Et ça commence
18:43par une identification
18:44et puis une identification
18:46judiciaire aussi.
18:47Donc, tous les corps
18:48doivent être dégagés,
18:50désincarcérés pour certains,
18:51d'autres peut-être prisonniers
18:53sous les rames de train.
18:55Et donc, on voit
18:55ces opérations
18:56très impressionnantes
18:57de relevage.
18:58Oui, et puis opérations aussi,
18:59j'ai envie de dire,
19:00qui peuvent être dangereuses
19:01parce qu'il ne faudrait pas
19:02que les rames basculent
19:04et emportent des secouristes.
19:08Tout à fait.
19:08On a vu sur certaines images,
19:09un peu avant celle-ci,
19:11des étés
19:11qui étaient posés
19:13contre un wagon
19:16de façon, justement,
19:17à stabiliser.
19:18Pour le bloquer, voilà.
19:18Exactement.
19:19Qui ne bouge pas
19:19lorsqu'on manipule.
19:21Je pense que personne
19:21n'est rentré
19:22dans le wagon
19:23avant que ces étés
19:25aient été posés
19:25en termes de stabilité.
19:28Là, c'est incroyable,
19:29ces images,
19:29c'est qu'on voit vraiment
19:29les deux trains
19:30qui n'ont pas la même couleur,
19:31qui se sont percutés.
19:34Le train qui est arrivé,
19:36il roulait à quelle vitesse ?
19:38On parle de 150 à 200 km heure.
19:40Et celui qui était percuté ?
19:41Il était à l'arrêt.
19:42À l'arrêt, c'est ça.
19:44Il était à l'arrêt.
19:44Et on ne parle pas de choc
19:45dans ce cadre-là,
19:46on parle plutôt
19:47d'explosion cinétique.
19:49C'est-à-dire qu'on a un train
19:51qui fait à peu près 400 tonnes
19:52et qui est projeté
19:53entre 150 et 200 km heure
19:55sur un train
19:55qui, lui, est à l'arrêt.
19:56Et c'est le train
19:57qui le puisse toucher dans ce cas-là ?
19:59C'est exactement la même chose
20:00puisque dans ce cadre-là,
20:01sur un plan purement physique,
20:02ce sont les vitesses
20:04qui viennent s'additionner.
20:06Alors, effectivement,
20:07en fonction de la position
20:08des voyageurs
20:09et la façon dont ils vont pouvoir
20:11encaisser cette énergie cinétique,
20:15l'impact sur le corps humain
20:17est très différent.
20:17C'est ce qui justifie
20:18et c'est ce qui explique
20:19déjà ce grand nombre de victimes.
20:22Mais là encore,
20:23il faut juste comprendre
20:25qu'à cette vitesse-là,
20:26on prend un certain nombre de G.
20:27Vous savez, on dit souvent,
20:28moi, quand je suis dans un grand 8,
20:31j'ai pris tant de G.
20:31Le pilote de Formule 1
20:32prend tant de G.
20:33Notamment pour donner un exemple,
20:34le pilote d'avion de chasse
20:36avec sa combinaison anti-G
20:38peut prendre jusqu'à 9 G.
20:39Un train qui circule
20:40entre 150 et 200 km heure
20:42qui va s'arrêter
20:42sur une distance
20:43de quelques mètres,
20:44on arrive à des choses
20:47absolument incroyables
20:48entre 150 et 300 G.
20:51C'est-à-dire que le poids
20:52de notre cerveau
20:53qui fait en temps normal
20:545 kg,
20:55à 150 G
20:56peut peser jusqu'à 750 kg.
20:59En tout cas,
20:59c'est l'effet.
20:59C'est ce qui explique justement,
21:00et là,
21:01je me retourne vers le médecin,
21:03justement,
21:03sur tout un tas de lésions
21:04internes.
21:04Alors, justement,
21:05c'est ma question.
21:06C'est quel type de blessure
21:07on va retrouver sur...
21:08Non, mais ce que dit Ludovic
21:10est vrai,
21:11et c'est vrai qu'entre
21:12les deux trains,
21:12probablement,
21:13les pathologies
21:13ne seront pas exactement
21:14les mêmes.
21:15Quel type de pathologie ?
21:16En gros,
21:16toutes les lésions dues
21:17à la décélération
21:18très brutale,
21:19comme l'a expliqué Ludovic,
21:21nos organes ne supportent pas
21:23une décélération
21:24aussi importante
21:25avec l'énergie
21:25que ça entraîne.
21:27Donc,
21:27il y a des lésions
21:29internes,
21:29en particulier,
21:31qui entraînent
21:32des décès
21:32souvent assez rapides.
21:35Donc là,
21:35je suis d'accord
21:36avec ce que vous avez dit.
21:38Malheureusement,
21:39ces victimes-là,
21:40c'est probablement...
21:42le corps sans vie.
21:44Ensuite,
21:45il y a tous ceux...
21:45Il y a les projections,
21:46donc projections
21:47qui sont soit
21:48le corps projeté,
21:50et on sait qu'il y en a
21:51qui ont été retrouvés
21:51très loin,
21:52soit des objets projetés
21:54sur eux,
21:54créant des traumatismes
21:55principalement pénétrants,
21:57donc des hémorragies.
21:58Là aussi,
21:58le temps...
21:59Des bagages,
22:00des...
22:00N'importe quoi.
22:01Et puis,
22:02surtout,
22:02toute la tôle
22:03à l'intérieur d'un taux,
22:04bien sûr.
22:05Et donc,
22:06là,
22:06on est sur du traumatisme pénétrant,
22:09ce qu'on peut retrouver
22:10sur des attentats,
22:11par exemple,
22:12où là,
22:12de toute façon,
22:13il n'y a pas à discuter,
22:14c'est vraiment
22:14être le plus rapidement possible
22:16sur des blocs opératoires.
22:18Et puis après,
22:19et c'est à la particularité
22:20de ce type d'accident,
22:21il y a des gens
22:21qui sont incarcérés,
22:23qui sont comprimés.
22:24Là,
22:24qu'on ne peut pas juste...
22:26Les premiers équipes de secours
22:28ne peuvent pas faire grand-chose.
22:29Il faut des moyens
22:30beaucoup plus lourds
22:31pour pouvoir d'abord
22:33sécuriser,
22:34pour pouvoir les désincarcérer,
22:35pour pouvoir maintenir aussi,
22:37sur le plan vital,
22:41la physiologie du corps
22:42pour pouvoir faire en sorte
22:44qu'il ne s'aggrave pas
22:45et pour ensuite
22:46pouvoir les transporter
22:47vers les structures hospitalières.
22:49On a souvent
22:49des gros traumatismes,
22:50en particulier thoraciques,
22:52les traumatismes des membres.
22:54C'est pour ça
22:55que je ne suis pas sûr
22:56que le temps...
22:57Pour moi,
22:58on est encore,
22:58évidemment,
22:59dans un temps
22:59du sauvetage
23:01et l'urgence vitale.
23:03Et puis,
23:03de toute façon,
23:04c'est des blessés...
23:04Avant que la nuit tombe,
23:05en plus,
23:06pour pouvoir intervenir...
23:07En plus, c'était l'avantage,
23:08c'est que ça arrivait...
23:09Enfin, c'était l'avantage.
23:10Il faut...
23:11Bien sûr.
23:11Je ne dirais pas ça.
23:12Pourquoi ce que vous voulez dire ?
23:13C'est vrai que c'est arrivé
23:14tôt le matin...
23:15Pour les une la journée
23:15pour intervenir.
23:16Le point positif,
23:18c'était que c'était
23:19une zone qui était très dégagée.
23:20Assez facile d'accès.
23:21Alors, facile pour poser
23:22des hélicos,
23:23pour apporter des moyens lourds.
23:24Donc ça,
23:25pour l'avoir vécu
23:26dans des zones
23:26beaucoup plus contraintes,
23:29c'est un vrai...
23:31C'est pour les secours
23:32une chance.
23:33En revanche,
23:34le désavantage,
23:35c'est qu'on est loin
23:36de beaucoup de choses
23:37et en particulier
23:38des trauma center.
23:39Et donc,
23:40des délais d'évacuation
23:41qui sont plus longs.
23:42Et ça,
23:43c'est une vraie pour...
23:44Ou les hélicos ?
23:45Oui, mais il n'y en a que...
23:46Oui, évidemment
23:47que les hélicos,
23:48c'est un moyen
23:48de projection ultra rapide.
23:50Justement, Olivier,
23:51et ce n'est pas anodin,
23:52la Gordière Civile
23:52a ouvert des bureaux
23:53pour les familles
23:54des victimes
23:54à Madrid,
23:55à Séville,
23:55à Cordoue
23:56et à Tolède
23:56pour l'identification
23:58des personnes disparues
23:59et notamment
24:00avec un prélèvement
24:01d'échantillons d'ADN
24:01pour accélérer
24:02justement ce processus.
24:03Il y a toute la partie
24:05soutien psychologique.
24:06Dans la Sématville,
24:07ils ont ouvert
24:07effectivement aussi
24:08des bureaux
24:09d'assistance psychologique
24:11et juste pour peut-être
24:12pour revenir
24:12sur les images
24:13pour que nos téléspectateurs
24:14y comprennent bien.
24:16En fait,
24:16le train rouge,
24:17c'est le train
24:17de la compagnie privée
24:19IRIO
24:19qui était donc à l'arrêt
24:20et le train blanc derrière,
24:22c'est celui
24:22de la compagnie publique
24:23Renfée
24:24qui est donc arrivée
24:25pour persister...
24:25Et ce train-là
24:26n'aurait pas dû rouler
24:27aussi vite
24:28puisqu'il y avait eu
24:28cette panne
24:29et donc il devait rouler
24:30au ralenti.
24:31À 40 km heure maximum.
24:32Et là, il est arrivé
24:32en pleine vitesse
24:33et donc d'où le choc.
24:35Avant d'écouter
24:36d'autres témoignages
24:37qui nous arrivent
24:38de voyageurs.
24:39On vient d'apprendre
24:40que Renfée,
24:41vous savez,
24:41la compagnie
24:42des trains espagnols,
24:44elle a bloqué
24:44jusqu'à décembre
24:45la vente des billets
24:46entre Madrid
24:48et l'Andalusie
24:48pour pouvoir
24:50enquêter suffisamment
24:51et s'assurer
24:52que toutes les choses
24:53sont bien
24:55pour que le parcours
24:56entre l'Andalusie
24:57et Madrid
24:57puisse se faire
24:58dans les meilleures conditions
24:59de Saint-Denis.
24:59Alors, on va écouter
25:00justement ces témoignages
25:01qui viennent d'arriver.
25:03C'était la folie totale.
25:06J'étais simplement
25:07ainsi là.
25:08Nous étions en route
25:08pour l'Andalusie
25:09en vacances
25:10quand j'ai entendu
25:10un fracas.
25:16Tout s'est mis
25:17à trembler,
25:17des objets tombés,
25:18les gens hurlaient
25:19et pleuraient.
25:19Je ne comprenais pas
25:20ce qui s'est passé.
25:23J'ai alors attrapé
25:24la main de ma femme
25:24et je lui ai dit
25:25« Il faut partir,
25:26je crois que le train
25:27va se renverser ».
25:30Nous sommes donc descendus
25:31et avons constaté
25:32que tout était détruit.
25:33Il y avait beaucoup
25:34de blessés,
25:35des gens avec du sang
25:35sur le visage
25:36et les bras.
25:38Brusquement,
25:39le train a été stoppé
25:40et on est resté là
25:41pendant environ
25:42trois minutes.
25:43Soudain,
25:43on a eu l'impression
25:44que le train faisait
25:45un bond en avant
25:47et on n'a pas vraiment
25:48compris ce qui se passait.
25:49On a regardé à gauche
25:50et on a vu
25:51les câbles tomber,
25:52beaucoup de fumée.
25:53On était complètement perdus.
25:55Finalement,
25:55on a tous eu un peu peur.
25:57On ne savait pas
25:58quoi faire.
25:59Nous avons ouvert la porte
26:00et nous nous sommes dit
26:01« Il faut partir d'ici »
26:02car on ne sait pas
26:03si un autre train arrive.
26:07Alors,
26:08il faut parler aussi
26:08du contexte politique
26:09en ce moment
26:10parce qu'on va bientôt
26:12voter en Espagne.
26:13Des élections législatives
26:14très importantes,
26:15c'est au mois de novembre.
26:16Dans un mois.
26:17Donc forcément,
26:18ce qui s'est passé là,
26:19puisqu'en plus,
26:20c'est la deuxième
26:20catastrophe ferroviaire
26:21dans la même année,
26:22ça va s'inviter
26:23dans le débat politique
26:25et ce n'est pas anodin.
26:27J'imagine que
26:28Pedro Sanchez
26:28qui va sur place,
26:29il y va en tant que premier ministre
26:30mais il est là aussi
26:31parce qu'il va falloir
26:32qu'il réponde
26:33à certaines questions.
26:34Pourquoi un tel accident
26:36a pu se produire ?
26:37Et puis,
26:37je vais vous dire
26:37qu'il y a des partis politiques
26:38qui n'attendent pas
26:40le deuil,
26:40les trois jours de deuil
26:42de ce drame.
26:43D'abord,
26:45tous les meetings
26:46ont été suspendus
26:48à l'exception
26:49de ceux de Vox,
26:50le parti d'extrême droite espagnol
26:52qui a décidé
26:52de maintenir son meeting
26:54aujourd'hui
26:55précisément pour dire
26:56que le premier ministre
26:57Pedro Sanchez
26:58avait beaucoup de choses
27:00à se reprocher
27:01sur ce terrain
27:02du réseau ferroviaire.
27:04Deux accidents
27:05aussi gravissimes
27:06en l'espace
27:07de moins d'un an,
27:08ce n'est pas possible.
27:08L'autre réaction,
27:09c'est celle
27:10du parti populaire,
27:12le PP,
27:12le chef du parti
27:13Alberto Nunez,
27:14Ferro,
27:15je ne sais pas
27:15si je prononce
27:15correctement,
27:16l'Espagne,
27:17a le droit
27:18de savoir
27:18ce qui se passe
27:19avec ses infrastructures.
27:20C'est le moment,
27:21certes,
27:21de respecter les morts,
27:22les blessés
27:23et leurs familles,
27:23mais cela ne signifie pas
27:25ignorer que les Espagnols
27:26se posent des questions
27:27et exigent,
27:28à juste titre,
27:29des réponses.
27:29Fin de citation.
27:30Alors donc,
27:30il y aura une pression
27:31sur le gouvernement,
27:32Pedro Niesa Ruiz ?
27:33Oui,
27:33je trouve que c'est déjà obscène
27:35de voir que l'extrême droite espagnole
27:37profite d'un moment si difficile,
27:38d'un moment des deuils
27:39pour pouvoir faire de la politique.
27:41C'est insupportable.
27:42Et aussi de voir
27:43que le parti populaire
27:44fait la même chose
27:46d'une façon plus douce,
27:47mais encore de la politique politicienne.
27:49On se rappelle
27:49que le parti populaire
27:50et Boxe
27:51ont pactisé
27:51pour aller ensemble
27:53dans certaines circonscriptions
27:54au Sénat.
27:55Maintenant,
27:55ils font campagne,
27:56mais ce n'est pas le moment
27:57de faire campagne.
27:58Oui,
27:58mais à un moment donné,
27:58il faudra quand même répondre
27:59à des questions.
28:00S'il y a eu des erreurs techniques,
28:01des erreurs humaines...
28:02Ça fait dix heures
28:04que la catastrophe s'est produite
28:05et c'est les enquêteurs
28:06qui doivent trouver
28:07leurs réponses
28:08et nous les donner.
28:09Pas les partis populaires
28:10ni Boxe.
28:12Oui,
28:12mais on voit bien
28:13que c'était une émotion
28:15qui est, j'imagine,
28:16nationale
28:16et que les Espagnols
28:18posent des questions,
28:19se posent des questions.
28:20Il va falloir répondre.
28:21Bien sûr.
28:21Et c'est justement
28:22parce que les Espagnols
28:23méritent le respect
28:24de la part
28:25de ces institutions,
28:26de leurs institutions,
28:27qu'il va falloir
28:28que la warrior civile,
28:29que les enquêteurs indépendants
28:31et que tous ceux
28:31qui sont dans les interrogatoires
28:33aujourd'hui
28:33des personnes qui étaient concernées
28:34nous donnent
28:35les bonnes informations.
28:36Ça prend du temps,
28:37une enquête
28:38sur ce type
28:39de catastrophe ferroviaire.
28:41Quand est-ce qu'on saura
28:41la vérité
28:42de ce qui s'est passé ?
28:43Ça va prendre plusieurs mois.
28:44Il y a l'équivalent
28:44en Espagne
28:46du BEA,
28:47du Bureau d'enquête
28:48d'accident en France.
28:49Mais là, déjà,
28:50l'événement qui s'est passé
28:51au début de l'année,
28:53les résultats de l'enquête
28:54n'ont toujours pas été donnés.
28:55Donc tout ça,
28:55ça prend énormément de temps.
28:57Et il faut bien faire
28:58la différence
28:59entre l'enquête
29:00qui est lancée
29:01par ce Bureau d'enquête
29:03d'accident
29:03de l'enquête judiciaire
29:04qui parfois même
29:05d'ailleurs
29:06vient
29:08rendre encore plus difficile
29:09cette enquête
29:10et la rendre encore plus longue
29:11pour rechercher
29:11les différentes responsabilités.
29:12Mais en tout cas,
29:13ce qui me semble vraiment important,
29:14c'est vraiment de comprendre
29:15ce qui arrive à se passer
29:16et surtout de le faire
29:16de façon, je le dis,
29:17toujours très courageuse
29:18parce qu'on parle beaucoup
29:19de retour d'expérience
29:20mais souvent on manque de courage
29:21pour identifier des responsabilités
29:22et il faut que tout le monde
29:23les assume
29:24si on veut que ça ne se reproduise pas.
29:25Un dernier mot.
29:26Juste un petit mot,
29:27c'est que la détresse psychologique
29:29ou en tout cas les émotions
29:30dont vous parlez,
29:31ils ont besoin que d'une chose,
29:32c'est d'informations factuelles,
29:34précises.
29:35Or, vous l'avez dit,
29:36c'est-à-dire que ça prend du temps
29:37et il faut accepter aussi
29:38qu'on n'ait pas
29:39toutes les informations
29:40tout de suite
29:41et la confusion participe
29:43à la détresse psychologique
29:44et donc ceux qui alimentent ça,
29:48voilà, c'est mon avis...
29:50Nous en parlons à hauteur.
29:51Ce n'est pas le bon moment.
29:53Alors, on va essayer
29:53de retrouver sur place
29:55parce que nos équipes,
29:56il y a d'autres équipes
29:56qui viennent d'arriver sur place
29:57et c'est Sonia Carnero
29:58qui est là,
30:00qui est pas loin
30:01de la catastrophe ferroviaire.
30:02Sonia, bonsoir.
30:08Sonia, est-ce que vous m'entendez ?
30:09Bonsoir, Olivier.
30:12On est...
30:13Oui, oui, je vous entends,
30:14Olivier, regardez.
30:15On est en chemin,
30:17il y a un hélicoptère
30:17qui vient tout juste de passer.
30:18Ça se passe juste là-bas,
30:20vous voyez ?
30:21Ce bâtiment,
30:21c'est la station d'Ourda
30:22et ça se passe à ce niveau-là,
30:25à ce niveau-là,
30:26sauf que bien,
30:26tout est bouclé, évidemment,
30:27vous le voyez derrière nous.
30:28Il faut finir à pied.
30:30On est encore en train
30:31de chercher,
30:32évidemment,
30:33des passagers
30:33sous les décombres,
30:34les hélicoptères
30:35qui continuent de faire
30:36des allers-retours.
30:37On vient tout juste
30:38d'arriver sur place
30:39et le bilan,
30:40pour l'instant,
30:41il est celui-là.
30:42Au moins 68 morts,
30:44179 blessés,
30:45Pedro Sanchez,
30:45le président du gouvernement,
30:47le Premier ministre espagnol
30:49qui est venu
30:50cet après-midi sur place,
30:51qui s'est rendu
30:52sur les lieux ici,
30:53tout près d'Ourda,
30:54qui a décrété
30:55ces trois jours
30:56de deuil national
30:57face à cette catastrophe
30:59ferroviaire.
31:00Et pour bien comprendre
31:01ce qu'il s'est passé
31:02dans cet accident ferroviaire,
31:04il faut comprendre
31:05qu'il y a eu une panne
31:06d'un système
31:07ici en Espagne.
31:08Les trains se sont retrouvés
31:10à l'arrêt.
31:11Plusieurs trains
31:12se sont retrouvés bloqués
31:13sur les rails
31:14entre Madrid et l'Andalousie.
31:16Et le problème,
31:17il est là.
31:17Il y a un train
31:18qui a redémarré
31:18et on ne sait pas pourquoi.
31:20Et c'est ça
31:20que l'enquête
31:21devra déterminer
31:22pourquoi ce train
31:23de la compagnie publique
31:24RENFE
31:25a redémarré
31:26et est venu
31:27donc percuter
31:28ce train
31:29de la société privée
31:30IRIO par derrière
31:31après,
31:32vous l'imaginez,
31:33200 km heure
31:35alors que vous voyez ici
31:35les camions de pompiers
31:37qui continuent d'arriver,
31:38des camions de pompiers
31:39regardés sur cette route,
31:40des ambulances,
31:41ce sont les camions jaunes
31:42qui continuent d'arriver
31:43et la police
31:44qui continue de bloquer
31:46tous les véhicules.
31:46Il faut donc terminer
31:48à pied.
31:49Une minute de silence
31:50à 20h devant
31:51toutes les mairies.
31:52Les blessés
31:53qui sont envoyés
31:54ici au gymnase
31:56de cette petite
31:57commune d'Ordat.
31:58Plusieurs dizaines
31:59de blessés
32:00vers tous les hôpitaux
32:01aux alentours
32:02également.
32:03Ça va durer
32:04encore plusieurs heures
32:05toute la nuit
32:06bien sûr
32:07alors que la nuit
32:07est en train
32:08de tomber ici
32:09mais rendez-vous compte
32:10au moins 68 morts,
32:13179 blessés,
32:15544 passagers
32:16impliqués
32:18dans cet accident
32:19évidemment.
32:20On est très pessimiste
32:22en Espagne
32:23bien sûr
32:23quand on écoute
32:24les médias espagnols
32:25que le bilan
32:25pourrait,
32:26devrait même
32:27s'alourdir encore
32:28d'heure en heure
32:28mais pour l'instant
32:29il est celui-ci
32:30au moins 68 morts,
32:32179 blessés
32:33et on continue
32:34évidemment
32:35depuis ce matin
32:36de chercher
32:37les derniers passagers
32:39et bien ici
32:40sous les décombres.
32:41Merci Sonia Carnero
32:43qui vient juste
32:44d'arriver sur place
32:46avec nos équipes
32:47Alain Branger
32:47et Romain Néo
32:48et qui vont vous
32:49faire vivre
32:50les suites
32:51de cette catastrophe
32:52ferroviaire
32:52avec un bilan
32:53malheureusement
32:53qui devrait s'alourdir
32:54dans les heures
32:55qui viennent
32:56en tout cas
32:56les secours
32:57sont toujours sur place.
32:58Merci.
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