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Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, était l'invité de BFMTV.
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00:00Nous sommes avec Michel-Édouard Leclerc. Merci de votre présence.
00:04Tant de sujets à aborder vraiment très concrètement avec vous, M. Leclerc, et Gaëtan Mélin.
00:08Merci, cher Gaëtan, chef du service économie et sociale de BFM TV.
00:14Michel-Édouard Leclerc, nous allons évidemment parler de pouvoir d'achat.
00:16C'est ce qui intéresse en priorité nos téléspectateurs.
00:19Mais je voudrais avoir votre avis, votre regard, à la fois de citoyens et d'acteurs économiques majeurs dans notre
00:25pays,
00:25sur ces mobilisations qui vont se poursuivre de samedi en samedi.
00:30Il y a la crise lycéenne, la crise du pouvoir d'achat, mais aussi, malheureusement, des situations de casse et
00:35de violence.
00:36Pour vous, ce sont des revendications légitimes qui sont en train d'émaner et de s'enraciner dans le pays
00:41?
00:42Alors, d'abord, bonsoir Gaëtan, bonsoir Sonia.
00:46Oui, l'état de la société, c'est anxiogène.
00:50Et puis, ce n'est pas une génération contre une autre.
00:53C'est une anxiété qui se véhicule en famille.
00:58Oui, la société française, elle cherche à la fois des solutions, mais aussi un défouloir.
01:04Et dans ce défouloir, il y a des casseurs et il y a des vrais manifestants.
01:08Et les casseurs, souvent, occultent le vrai questionnement de ces manifestants.
01:14Donc, oui, je me sens complètement solidaire des commerçants, des entrepreneurs, des sociétés de service
01:27qui ont à subir les exactions des casseurs, d'où qu'ils viennent, quelle que soit leur motivation, aux voleurs,
01:33aux politiques.
01:34Mais par contre, je comprends, en même temps, ce besoin de s'exprimer.
01:42Franchement, ça fait trois ans qu'on nous parle des retraites.
01:45Si on avait passé autant de temps pour parler de la jeunesse, on n'en serait pas là, quoi.
01:49Mais comment on arrive à harmoniser tout ça ?
01:51La liberté de manifester, évidemment, mais la liberté de travailler, la liberté de pouvoir en commerce, de vivre de son
01:57commerce.
01:57Je vois que de nombreux commerçants demandent à ouvrir le dimanche, en demandant des autorisations exceptionnelles.
02:02Et d'autres, Michel-Édouard Leclerc, demandent une suspension des rassemblements, au moins jusqu'aux fêtes de Noël.
02:08S'il vous plaît, laissez-nous au moins, pendant cette période, travailler.
02:12Je pense qu'on peut manifester.
02:14Et il appartient aux organisateurs des manifestations d'encadrer tout ça.
02:19C'est à eux de le faire.
02:21Mais non, on ne peut pas empêcher une manifestation.
02:24On est une république, on est une démocratie.
02:28La vie parlementaire et le dialogue entre le parlement et l'exécutif est bloqué.
02:32Moi, je vois ça de ma province.
02:35Et donc, à défaut d'avoir d'interlocuteurs dans le système politique, dans la représentation politique,
02:42ça s'exprime à côté, avec les pieds, en marchant.
02:46D'autres avaient utilisé cette expression.
02:48C'est une marque déposée, aujourd'hui contestée.
02:50Tout à fait.
02:50Et en fait, non, je pense qu'il faut que ces manifestations aient lieu, comme la dernière fois,
02:57dans des lieux où les casseurs ne peuvent pas se cacher derrière les manifestants.
03:04Et après, il faut écouter aussi les messages qui sont délivrés, qui nous interpellent.
03:09Moi, je suis un homme d'action.
03:15Il y a des moments où j'ai envie d'être solidaire, par exemple, auprès de la jeunesse.
03:21Je suis aussi président d'une école de commerce.
03:26Oui, aussi.
03:27Vous êtes quelque part aussi du côté des...
03:28Enfin, il n'y a pas un côté ou l'autre, mais des commerçants également.
03:31Oui, c'est ça.
03:32Mais vous voyez, une société, c'est fragmenté, c'est archipélisé, comme disent les sociologues, comme dit Fourquet et tout
03:39ça.
03:39Mais justement, le rôle du politique, aujourd'hui, ce serait de refédérer ça.
03:43Et ce n'est pas le cas.
03:44Mais aujourd'hui, justement, on voit bien que ce soit les commerces de proximité
03:48ou la grande distribution de toute façon dans son ensemble est en difficulté.
03:51Est-ce que, face à ce qu'on est en train de vivre depuis maintenant plusieurs semaines,
03:56il n'y a pas un moyen de soutenir aussi ces commerçants,
03:59en leur permettant notamment de pouvoir ouvrir, sur la base du volontariat, bien sûr,
04:05le dimanche pour, justement, essayer de récupérer ce commerce ?
04:08Oui, on est bien d'accord.
04:09Il faut faire ce qu'il faut, du point de vue sécuritaire.
04:12Moi, je n'y connais rien en matière de police, d'organisation, de manifestation.
04:16Et quand on veut, on peut quand même.
04:18Il ne faut quand même pas déconner.
04:19Ce n'est pas la révolte de Budapest.
04:23Ce n'est pas, comment ça s'appelait, le truc que Trump avait poussé
04:28pour la manifestation du Capitole.
04:31Mais non, le sujet, c'est de traiter à la base.
04:36Ah oui, donc vous estimez que ce n'est pas la seule issue politique
04:38qu'on pourra, évidemment, tarir un mouvement qui porte aussi,
04:42Michel-Édouard Lecaire, sur la vie chère, sur le pouvoir d'achat,
04:46mais sur le parcours sur...
04:47Ce sont des vrais sujets.
04:48Pardon, Sonia, je vous ai coupé.
04:49Mais c'est des vrais sujets.
04:51Le sujet du pouvoir d'achat, même si le taux moyen d'inflation sur 5 ans
04:57énoncé par l'INSEE, et il n'est pas faux,
05:00c'est le chiffre macroéconomique.
05:03Pour les gens qui dépensent beaucoup dans l'alimentaire,
05:05c'est plus 25% dans l'alimentaire.
05:07Les biens de compte de consommation, j'en sais quelque chose,
05:09je me bats contre.
05:11Mais donc, il faut traiter ce sujet.
05:14Il faut traiter ce sujet à la fois au niveau des revenus, des salaires,
05:19et au niveau des prix.
05:21Et donc, ça ne se traite pas au lance-pierre, dans tous les sens du terme.
05:27Une vraie réponse politique avant d'arriver à l'inflation, au carburant.
05:32Je reste encore un instant sur la politique, même s'il s'est lié,
05:35parce qu'il semblerait, Michel-Édouard Lepa, qu'il y a un duo quand même,
05:38pas improbable, mais imprévu, qui pourrait se constituer
05:41avec, entre vous et l'ancien président, François Hollande.
05:45On va regarder les images.
05:46Il est venu à Landerneau, et c'est vraiment...
05:50Landerneau, c'est le place to be.
05:54Le premier centre Leclerc.
05:56C'est le premier centre Leclerc.
05:57C'est la capitale du pouvoir d'achat, de la distribution moderne,
06:00et c'est aujourd'hui une capitale culturelle,
06:02qui attire la vie politique.
06:04Et tant mieux si, à travers ce prétexte,
06:06on a des formeurs présidents qui viennent...
06:09Mais vous voyez où je vous en veux venir.
06:11Ça prenait des airs de campagne.
06:13Est-ce que vous-même, vous avez déjà perçu,
06:15senti déjà le candidat à fleurer ?
06:18Je ne parle pas de François Hollande, pas de vous.
06:21Au cas où il y aura une confusion.
06:23Oui, on sent que ça le taraude.
06:27Il sort un livre qui s'appelle Unir,
06:29c'est un vrai programme.
06:32Après, il y a beaucoup de candidats.
06:34Mais là, sans dire, est-ce qu'il a votre préférence ?
06:39Est-ce que vous trouvez qu'il peut, dans ce moment-là,
06:41où il faut unir ?
06:42Depuis tout à l'heure, vous nous dites qu'il faut rassembler,
06:44que ce n'est pas les commerçants face aux jeunes,
06:46ce n'est pas les retraités face aux plus jeunes,
06:48qu'il a cette capacité-là.
06:49Vous voulez peut-être qu'on l'écoute d'abord ?
06:51Oui.
06:53Quand est-ce que vous annoncez votre candidature, alors ?
06:55Pas tout de suite.
06:58Je ne suis pas candidat aujourd'hui.
07:00Et puis, s'il y a un candidat qui est en mesure,
07:02je parle des candidats socialistes, je ne parle pas des autres,
07:04qui peut être en capacité de gagner,
07:06pourquoi j'irais le gêner ou le contrarier ?
07:08Un ticket Hollande-Leclerc ?
07:11D'abord, je vous confirme, il est frais comme un gardon,
07:13c'est Ifretti, c'est clair.
07:17Il est très heureux qu'on le sollicite.
07:20Moi, j'étais content, après avoir reçu aussi Gabriel Attal à Landerneau
07:25et d'autres qui viendront.
07:27Donc là, vous êtes en train de dire qu'on recevait tout le monde.
07:30En fait, vous voyez, mon engagement politique,
07:32il n'est pas partisan au sens politicien,
07:35mais je pense que si on veut répondre aux gens qui sont derrière vous,
07:39représentés dans ces illustrations, sur ces écrans,
07:42nous devons, nous, entrepreneurs,
07:44ne pas être que des fédérations gestionnaires de nos corporations,
07:49de nos intérêts immédiats, on doit faire société.
07:51Et donc, moi, j'ai envie, je veux, je sens ça comme un devoir.
07:56C'est ma formation chrétienne démocrate ou chrétienne coupable,
07:59à la Jacques Delors, un peu, là.
08:03Je crois que nous devons être disponibles pour nourrir le dialogue du politique
08:07au moment où le politique n'a pas forcément la perception
08:09de ce qui se passe sur le terrain en termes de pouvoir d'achat.
08:11Donc, faire partie d'un grand mécano, en réalité.
08:13Oui, ça, c'est l'expression de Jean-Louis Borloo.
08:15De Jean-Louis Borloo, qui sera notre invité tout à l'heure.
08:16Oui, j'adore Jean-Louis.
08:19Mais il a raison.
08:21Aujourd'hui, il faut refaire la mécanique des différents acteurs de la société.
08:27Il faut les faire se reparler.
08:28Puis surtout, il faut sortir de cette espèce de truc anxiogène.
08:32La France n'est pas en faillite.
08:34Il faut arrêter ces conneries.
08:35C'est important que des hommes et femmes politiques aillent justement
08:38à la rencontre des territoires, des gens qui n'habitent pas Paris, au final.
08:44Mais oui.
08:45Hollande et Deutulme, tout le monde fait référence à Chirac.
08:50D'ailleurs, on nous embellit notre Chirac.
08:54On a oublié qu'il vient aussi de la fonction publique
08:55et comment il était nommé ministre.
08:57Et aussi, il était du Serail, il était de l'élite.
09:00Non, en fait, oui, je pense que c'est important de refaire société,
09:04d'être avec les gens et pas simplement…
09:06Vous sentez qu'ils sont déconnectés ?
09:08Je ne parle pas, évidemment, de certains en particulier,
09:09mais vous sentez qu'il n'y a pas un enracinement,
09:12un ancrage dans la vie quotidienne, tout simplement,
09:13dont nous allons parler avec les prix, tout ce qui nous concerne ?
09:16Regardez autour de nous, y compris…
09:19Moi, je suis auditeur de BFM.
09:21Si vous avez la gentillesse de m'inviter, je vous regarde beaucoup.
09:24C'est quand même instabilité géopolitique,
09:28c'est quand même des injonctions écologiques, le climat,
09:33c'est des injonctions sociales,
09:34c'est quand même les salaires qui n'arrivent pas à sortir de la trappe à bas salaire.
09:39Ce sont des sujets qui touchaient les parents
09:42et qui, aujourd'hui, touchent une nouvelle génération.
09:45Et donc, pour moi, il n'y a pas de raison de rester.
09:50Et c'est là que les hommes politiques ont du mal.
09:54Ils sont partis dans l'idée que la France était en faillite.
09:56Alors, la grande confusion, c'est ça,
09:58c'est qu'on est en élection présidentielle
09:59alors qu'on est en débat budgétaire.
10:01Et donc, on est en train de discuter,
10:03délire un expert comptable pour sortir la France.
10:06Et on empêche une nouvelle génération
10:09ou une génération qui se photocritique
10:11de repartir avec un projet pour la France.
10:14On a Trump d'un côté…
10:14Mais il faut qu'elle abatte le mur de la dette, non, pour repartir ?
10:17Mais non.
10:18Enfin, dans une boîte comme la mienne,
10:20ce n'est pas le comptable qui fait le plan de développement.
10:22On a des très bons financiers et des très bons comptables.
10:24Mais il faut que le président dans une entreprise,
10:29que ce soit Dominique Schellcher chez Systému,
10:32Thierry Cotillard que vous avez reçu ici,
10:34ils tiennent compte de ce que disent les comptables.
10:36Mais on va chercher du chiffre d'affaires,
10:38on va chercher de l'audimat.
10:39Il faut chercher de la croissance.
10:40Il faut chercher de la croissance.
10:42Parce que c'est la croissance qui va diminuer le poids de la dette.
10:45C'est la croissance qui va secréter…
10:46Pourquoi ils ne viennent pas à ce discours, Michel-Édouard Leclerc ?
10:48Parce qu'ils ne viennent pas à Landerneau.
10:49Il faut passer par Landerneau.
10:50Bien sûr.
10:51On passera par Landerneau avec Gaëtan.
10:53Mais tout d'abord, on va passer par les stations-service.
10:55On veut comprendre ce qui se passe.
10:57Donc, les carburants.
10:58Le gazole qui doit baisser de 12 à 18 centimes par litre
11:00à partir du 1er novembre.
11:01Et ça devrait permettre une économie de 8 à 10 euros en moyenne
11:05sur un plein via la libération des stocks stratégiques.
11:08Le Premier ministre, Michel-Édouard Leclerc, a annoncé que la libération,
11:11ça y est, des 10 millions de barils, pourra commencer là, ce week-end.
11:14Et concrètement, pour nous, ça sera à partir de quand ?
11:18Est-ce que dès que vous vous achetez moins cher, nous, ça nous…
11:22Oui.
11:23Alors, je pense que ce sera plus que ça, l'écart.
11:25Écart, au moins à partir du 1er ou du 2, selon quand les stations soient ouvertes.
11:31Les écarts seront, à mon avis, entre 10 et 17, 18 centimes du litre.
11:37Pourquoi une telle fourchette aussi large ?
11:39Alors, en fait, ce qu'a choisi…
11:41Ce n'était pas ma…
11:42Mon idée, c'était de suspendre les certificats d'énergie.
11:46Ça aurait produit le même effet.
11:47Et puis, ça ne touchait pas la dette de l'État.
11:49C'est nous, émetteurs de distributeurs d'énergie fossile,
11:53qui avons cette pénalité.
11:55C'est ce qui a été choisi par le gouvernement.
11:57Dans ce qui a été choisi, c'est quand même bien,
11:58parce que M. Lecornu était parti que sur des aides ciblées.
12:02Là, il ouvre.
12:04Et d'ailleurs, des aides ciblées qui n'ont pas trouvé preneur tout le temps.
12:09Peut-être avait-il raison de ne pas lâcher trop vite les rênes.
12:12Mais là, on va mélanger du gasoil.
12:1720% de notre gasoil sera 4 fois moins cher que le cours d'aujourd'hui.
12:21Et 80% sera au cours d'aujourd'hui.
12:23On a 3 mois.
12:23C'est-à-dire que les stocks moins chers vont être moyennés dans les stocks plus chers ?
12:26Donc, c'est sux.
12:27Pour faire une moyenne.
12:28Oui.
12:28Ce qui permet, effectivement, d'obtenir un prix en baisse de 10 à 18 centimes.
12:32Oui, mais pardonnez-moi.
12:33Moi, j'attends en monnaie sonnante et très méchante.
12:35C'est-à-dire que l'impact, quand même, de ce qu'a annoncé le gouvernement, c'est…
12:39Entre 10 et 17 centimes, entre 10 et 18 centimes, le jour où on le fait.
12:44Oui, à partir de…
12:45Donc, je vous jure, d'abord que…
12:46Ah oui, tous les distributeurs se sont bien engagés.
12:48Répercuter cette baisse à l'euro près.
12:51Alors, nous, on est prêts.
12:52Mais l'arrêter, à ma connaissance, ça va y être 2 heures, 3 heures.
12:55J'ai l'époque, les centres Leclerc, dès qu'ils achètent moins cher,
12:58au centime de litre, au centime d'euro, on répercutera aux consommateurs cette différence.
13:04Simplement, il faut voir que cette différence, c'est par rapport à un cours qui est celui d'aujourd'hui.
13:09Donc, si demain, le prix du gasoil sur une injonction de Trump remontait,
13:17alors là, l'écart serait grand, encore plus grand.
13:20Et si, par contre, le gasoil descendait,
13:23eh bien, le pas cher dans du carburant qui est encore moins cher,
13:28ça se verra moins à l'écart.
13:29Mais c'est une bonne idée, parce que, de toute façon…
13:33Oui, mais on sent que vous dites que c'est quand même limité.
13:35Mais c'est compliqué.
13:36Oui, donc limité.
13:37Très fragile.
13:38Très fragile.
13:39Oui, oui, c'est fragile, oui.
13:40Mais bon, attendez.
13:43Au moins, on a le mérite de faire quelque chose.
13:45Michel-Édouard Leclerc, c'est un produit d'appel, le carburant.
13:48Est-ce que vous avez noté…
13:49Tout le monde dit ça, ça fait 40 ans que j'entends ça.
13:52C'est un produit de nécessité.
13:54C'est un produit de nécessité, mais c'est aussi un produit d'appel,
13:56parce que lorsque les automobilistes viennent chez vous faire leur plein de carburant,
14:01ils en profitent également pour faire leur course chez vous.
14:03C'est pour cela qu'on dit que c'est un produit d'appel.
14:05Est-ce que vous avez noté une baisse de la consommation dans vos magasins depuis cette flambée des prix des
14:11carburants ?
14:12Baisse de la consommation un petit peu, mais moi, je ne le lis pas forcément au carburant.
14:16Il y a baisse de vente de carburant, puisque c'est Total qui a raflé la mise.
14:20Il n'y a que lui qui peut faire…
14:21Bien sûr.
14:22Il ne vend pas à perte, mais il a un dispositif qui fait que…
14:26Parce qu'il est raffineur et il est ce qui lui permet de…
14:28Et on ne va pas faire de procédure, ce n'est pas le moment, et puis que les Français en
14:31profitent là où il y a du Total.
14:34Mais nous, on ne peut pas suivre ça.
14:36Mais c'est simplement qu'effectivement, moi, je crois que l'État, à un moment donné, il va falloir qu
14:41'il rechange un peu ses modalités de calcul.
14:43Aujourd'hui, on dit que l'État n'a pas les moyens de baisser les taxes sur les carburants.
14:49Mais à un moment donné, ça plombe tellement le budget des ménages et des foyers que ça va aussi empêcher
14:56les recettes de TVA sur la consommation.
14:59Je suis en train de dire qu'ils vont devoir arriver à cette…
15:01Si ça dure, je suis persuadé qu'on sera obligé de trouver un autre système.
15:05Alors, Leclerc est allié avec des groupes italiens, les coopératives italiennes, Copitalia.
15:10On est allié à l'international avec le groupe Réveux Allemagne ou à Old Lez, qui est aussi aux États
15:16-Unis.
15:16Mais on a une centrale d'achat commune, on regarde ensemble.
15:19Et le carburant, on l'achète avec Système U, mais avec coopérative U.
15:23Mais on voit bien que dans les autres pays, il y a cette même réflexion.
15:28Le plus terrible serait la récession.
15:30Le plus terrible serait la panne de croissance.
15:32Donc, à un moment donné, la position du gouvernement est légitime.
15:36On arrête de filer du fric n'importe comment.
15:40C'était pareil pour MaPrimeRénov' et tout ça.
15:42Ce n'était pas suffisamment clair.
15:44Mais là, on va prendre cette baisse.
15:48Vous nous dites qu'on pourra...
15:50Ce week-end.
15:51D'accord.
15:51Ça sera répercuté ce week-end ?
15:53Dès qu'on remplit la cuve.
15:54Oui, très contrairement.
15:56Alors, nous, on a certains magasins qui sont fermés le dimanche.
15:59On va dire dès lundi.
16:01Et pour la plupart, dès le dimanche, d'ailleurs.
16:04Normalement, ça va...
16:04Pas de problème de rupture dans les stations ?
16:06Parce que j'ai vu là, en pleine vacances de la Toussaint,
16:08ce sont 2600 stations qui présentent au moins une rupture temporaire,
16:11près de 700, une rupture de tous les carburants.
16:13Ce sont plutôt des problèmes d'approvisionnement.
16:15Parce qu'effectivement, départ en vacances, donc...
16:18Tout le monde se rupe.
16:19Exactement.
16:20Et puis surtout, effectivement, on essaie de faire le plein, là, dans les stations,
16:23c'est le moins cher.
16:24Oui, sans la jouer technique, vous voyez, le carburant, ça se transporte.
16:28Et donc, quand il y a de l'eau dans le Rhin et le Rhône, c'est par barge.
16:31Là, il y avait...
16:31Maintenant, il pleut, mais il n'y avait pas suffisamment de niveau d'eau.
16:34Donc, on était obligé d'approvisionner par camion.
16:37Donc, il faut partir de dépôts différents.
16:38Pour approvisionner Toulouse, c'est par train.
16:41Nous, notre gasoil, il vient des États-Unis.
16:43Vous voyez aussi, avant, ça venait plutôt du Proche-Orient.
16:48Aujourd'hui, c'est des États-Unis.
16:49Ça venait de Russie aussi.
16:51Et donc, aujourd'hui, c'est des États-Unis.
16:52On va en parler, parce que pour certains pays européens, ça n'a pas changé.
16:55Oui.
16:55On va en parler, parce que la solidarité européenne, on ne la voit pas.
16:58Mais je voudrais...
16:58Non, non, on fait cavalier seul.
16:59C'est pour ça qu'il faut aussi que les Français se rendent compte que ce n'est pas simplement
17:04notre gouvernement.
17:05Il faut savoir que tous les pays d'Europe du Nord, ils gagnent plein de fric et les fonds souverains
17:09et tout ça,
17:09dans l'exploitation des gisements de gaz en mer du Nord.
17:14Et l'Allemagne continue d'acheter, si je me souviens bien, 25% de son gaz en Russie.
17:20Jusqu'au 1er janvier.
17:21Oui.
17:22Enfin, donc, jusqu'à aujourd'hui.
17:25Moi, je pense qu'on a eu raison vis-à-vis de l'Ukraine et tout ça, de jouer plus
17:30la vertu que la compromission.
17:32Mais c'est vrai que nos collègues européens, il faudrait peut-être un peu les réveiller.
17:39Total Énergie, est-ce qu'il faudrait le réveiller ?
17:40Parce qu'il est très réveillé au niveau de ses bénéfices.
17:42Il s'apprête à publier des bénéfices encore plus énormes qu'au trimestre précédent.
17:46Peut-être est-ce que vous en réjouissez ? Je ne sais pas.
17:48Total essaie de déminer la situation d'ailleurs en rappelant à Michel-Édouard Leclerc
17:52le rôle de son plafonnement des prix dans la protection du pouvoir d'achat.
17:57La polémique est un peu partie.
17:58Est-ce que ça vous choque ?
18:00Ou est-ce que c'est légitime quand même de se dire ?
18:03En fait, ça me gratouille, ça me chatouille.
18:05On sent bien, oui.
18:08Monsieur Pouyanné est très fort, mais je partirais bien bretter un peu avec lui.
18:14Mais en fait, ça n'arrangerait pas l'histoire des Français.
18:16Donc, ce n'est pas dans le juridique qu'on va faire ça.
18:19Il faut arriver à trouver.
18:20Nous, ce que nous faisons dans nos Français...
18:23Mais ça vous chatouille, ça vous gratouille quand même.
18:25Oui, oui, oui.
18:26Je ne peux pas te vendre des stations Total, je ne peux pas m'aligner.
18:29C'est en même temps mon fournisseur, il y a quelque chose de bizarre.
18:32Qu'est-ce que Total aurait pu faire par rapport aux distributeurs ?
18:35Est-ce qu'il aurait pu vous vendre du carburant moins cher, par exemple ?
18:38J'ai tiré un trait, d'accord ?
18:40Les polémiques, ça n'apporte rien aux Français, aux consommateurs français.
18:43C'est comme certaines polémiques politiques.
18:45Ils peuvent y aller, ça n'apporte rien.
18:46Moi, je suis un homme d'action, je veux du positif.
18:49Je crois, avec un peu de volonté, qu'on peut quand même sortir de ça.
18:52Et par exemple, ce que nous faisons chez Leclerc en ce moment,
18:54mais c'est pareil, on bagarre dur sportivement, honnêtement et loyalement
19:00avec les autres distributeurs.
19:02Mais on essaye de compenser par des baisses de prix sur le panier moyen,
19:05sur le caddie, ce qu'on ne peut pas donner sur les carburants.
19:08Vous voyez, c'est déjà...
19:09Et c'est ce qui fait que nos magasins, quand même,
19:11prennent des parts de marché encore.
19:13C'est, en tout cas, 180 000 salariés.
19:20Nous, les anciens de Landerneau, les anciens de Provence,
19:23on est devenu le premier distributeur français.
19:24Mais aujourd'hui, on est aussi le premier voyagiste.
19:28On est le premier loueur de voitures.
19:30On joue l'électrique, à fond.
19:33Et puis, la recharge électrique, ça devient notre totem.
19:38Vous appellerez ça, après l'appel, les 0,17, la recharge électrique.
19:41C'est quand même, aujourd'hui, l'entrée dans une nouvelle ère.
19:45Moi, j'ai commencé ma carrière, ma vie dans les centres Leclerc
19:48en inventant le totem avec le prix des carburants.
19:51Vous voyez, c'est le seul prix de l'hypermarché qui est affiché à l'extérieur.
19:54Aujourd'hui, les prix d'un hypermarché sont affichés aussi
19:56sur les drives et sur Internet.
19:58Mais quand même, la borne électrique, la borne de recharge,
20:00Lidl, c'est du coup, nous, on est à 0,17, Lidl est à 0,18.
20:05La comparaison, on peut l'avoir en direct.
20:07C'est parti, c'est parti.
20:08Parlons de l'inflation, Michel-Edouard Leclerc.
20:10Et là, le moral des ménages en a pris un sacré coup.
20:12La proportion des ménages, jugeant que les prix ont fortement augmenté
20:16au cours des 12 dernières mois, a nettement progressé.
20:18Vous aviez prédit, me semble-t-il, que l'inflation pourrait frôler les 4% d'ici à l'année.
20:23On y va, là.
20:23Là, on y va.
20:24En plus, les industriels,
20:30quelle que soit la légitimité de leur discours sur l'augmentation des coûts,
20:35d'énergie, de transport,
20:36je trouve ça, mais franchement, assez con d'aller dire qu'on va augmenter les prix.
20:41Un commerçant ne dit pas,
20:43venez voir mes oranges plus chères.
20:45Je fais allusion à un sketch vieux de la génération précédente de Fernand Reynaud.
20:49C'est même leur intérêt de dire qu'ils vont faire leur maximum
20:52pour qu'il n'y ait pas une répercussion trop inflationniste.
20:55Donc, nous, en tout cas, distributeurs,
20:56on l'a manifesté collectivement.
20:58Vous vous étalez dans le temps ?
21:00Les petites entreprises, on comprend très bien.
21:03D'ailleurs, on connaît leurs coûts de transport.
21:05On a les mêmes transporteurs.
21:06Nous-mêmes, on a ces coûts-là.
21:07On les connaît.
21:08Donc, ce n'est pas de problème pour un traitement différencié.
21:11Les produits agricoles, pareil.
21:13C'est bien les effets de la sécheresse.
21:15De toute façon, nous n'avons pas légalement le droit
21:18de contester l'augmentation de la matière première agricole.
21:22On applique.
21:22Par contre, des multinationales qui n'ont jamais sorti
21:26des résultats aussi fabuleux.
21:29Proportionnellement, c'est autant que Total.
21:31Les grandes multinationales, on va leur demander,
21:34on va négocier durement,
21:35on va leur demander de lisser l'augmentation de leurs coûts
21:38sur l'année prochaine, tranquillement,
21:40et pas de taper les consommateurs
21:43comme on a connu pendant l'Ukraine
21:44ou comme on a connu pendant le Covid.
21:46Vous ne dites pas de hausse des prix
21:47dans les magasins Leclerc d'ici à la fin de l'année ?
21:49Non, il y a des hausses,
21:51ne serait-ce que sur les produits frais, tout ça.
21:53Quels produits sont éparés ?
21:54En gros, si vous voulez,
21:57nous, les jouets de Noël,
21:59on a acheté déjà.
21:59Donc après, il va y avoir ce qui n'est pas arrivé en France
22:03et qui est encore, par exemple, par bateau ou par conteneur,
22:07il y a des augmentations de coûts de transport.
22:09Mais c'est assez mineur souvent dans...
22:12La papeterie a augmenté aussi,
22:14parce que je pense que...
22:15Ce qui est quand même cadeau jouet de Noël,
22:17ça, ça va rester à prix.
22:17Je pense que ce ne sera pas trop inflationniste.
22:20Je pense qu'il y aura des belles choses.
22:21Je ne parle pas des licences.
22:22Les licences,
22:25tous les jouets qui se rattachent à un film,
22:28à Walt Disney...
22:29Mais tout ça, il faut expliquer aussi à nos téléspectateurs,
22:31c'est qu'en fait, tous ces produits ont été achetés
22:33il y a un an maintenant.
22:34Donc à un prix qui était beaucoup plus faible
22:35et que finalement,
22:37les prochaines négociations vont concerner
22:39non pas Noël 2026,
22:40mais bien Noël 2027.
22:42Et là, pour le coup,
22:43il faudra s'attendre à une certaine inflation.
22:46Et puis concernant, pardon,
22:48les produits transformés,
22:49parce que vous parliez des produits frais,
22:50effectivement, on l'a bien vu,
22:51vous avez parlé de la sécheresse,
22:54des difficultés des agriculteurs aujourd'hui
22:56pour nourrir leurs bétails.
22:57Mais on va surtout avoir une très forte inflation
23:01au regard de tout ce qu'on a vécu ces derniers mois
23:04à partir du mois de mars.
23:05Parce qu'il y a une négociation
23:06qui va commencer à partir du 1er décembre.
23:09Très forte, à quel niveau ?
23:10Alors que là, on est déjà à des niveaux...
23:12Et bien sûr, sur certains produits,
23:14certains industriels demandent des hausses
23:16entre 5 et 10%.
23:18Oui, oui, oui.
23:19Moi, j'ai la même réaction que vous.
23:21Ah bah oui, bah...
23:22Écoutez, moi, j'ai été personnellement très choqué
23:25dans la période Covid et Ukraine,
23:27d'avoir eu à encaisser,
23:30enfin, à subir,
23:31ou à faire subir à nos consommateurs
23:33des hauts sous le prix des pâtes,
23:34vous vous rappelez, de 36%,
23:35l'huile de tournesol et tout ça.
23:37Et donc, on ne va pas nous refaire le coup.
23:39Donc ça, avec les grandes entreprises,
23:41on dit multinationales,
23:42c'est quand même des belles marques,
23:43je ne dis pas le contraire.
23:44Donc je comprends que l'Actalis,
23:46Nestlé, Danone,
23:47les bouteilles de lait,
23:49ça coûtait plus cher à fabriquer,
23:50la plasturgie, le PET, tout ça.
23:52La matière première aussi.
23:53La matière première, le lait notamment.
23:56Bah, le lait, il a baissé.
23:57Donc, vous voyez,
23:58c'est même un sujet en sens inverse
24:00pour les éleveurs.
24:02Mais donc, toutes ces grandes boîtes...
24:04Alors, c'est intéressant d'être alliés
24:06avec d'autres Européens,
24:07parce que du coup,
24:08on voit que les fournisseurs tentent
24:10des politiques nationales tarifaires différenciées.
24:13Alors que là, nous,
24:14avec notre centrale d'achat européenne,
24:16on peut comparer,
24:17et on a le droit de le comparer.
24:18Et du coup,
24:18on va faire profiter les consommateurs
24:20des meilleurs prix européens,
24:21des meilleures négociations européennes.
24:22D'accord.
24:22Et dans les magasins,
24:23Michel-Édouard,
24:24si vous deviez décrire
24:25les plus grands changements,
24:26véritablement,
24:27de comportement,
24:28ce serait quoi ?
24:29Quelle évolution vous a marqué ?
24:30Votre regard à vous ?
24:32Ça fait quand même une expérience
24:33de quelques années.
24:34Vous voulez dire que j'ai un peu de bouteille ?
24:35Oui, c'est ça.
24:36Beaucoup d'expérience, évidemment.
24:38C'est vrai,
24:38et j'ai presque 50 ans de métier.
24:42Le premier constat,
24:45c'est que la part de l'alimentaire
24:46dans les dépenses moyennes des ménages,
24:48elle a beaucoup diminué.
24:49Quand je suis rentré dans la distribution,
24:51c'était jusqu'à 25 %.
24:53Aujourd'hui, c'est 12,8 %.
24:55Alors, attention,
24:55les personnes à faible,
24:58à revenu modeste,
25:00proportionnellement,
25:00c'est beaucoup plus.
25:02C'est pour ça qu'ils sont sensibles
25:03à l'inflation alimentaire.
25:05Ce qui est nouveau,
25:05c'est le développement des services.
25:07Donc, je vous parlais des voyages,
25:08je vous parlais des locations.
25:11Alors, dans le portefeuille des ménages,
25:13et indépendamment de ce que nous,
25:14nous commercialisons
25:15dans les hypermarchés et autres,
25:17c'est le logement
25:17qui est aujourd'hui le premier poste.
25:18C'est les dépenses contraintes.
25:20C'est beaucoup de dépenses contraintes.
25:21Et beaucoup de dépenses
25:22qu'on aurait imaginé pas contraintes,
25:24par exemple,
25:24les abonnements à Netflix,
25:26les abonnements à Molotov
25:27sur lesquels on regarde BFM
25:28et tout ça.
25:29Aujourd'hui,
25:29c'est presque 800 euros
25:31par foyer par an.
25:32Donc, vous voyez,
25:33c'est quand même beaucoup.
25:35Et chez certains,
25:36c'est vraiment beaucoup.
25:37Et ça,
25:38on nous dit souvent,
25:39oui, mais bon,
25:40c'est pas une dépense contrainte
25:41que de regarder Netflix.
25:42Oui, mais dans ma génération,
25:44des gosses au lycée
25:46ont discuté du film
25:48qu'on avait vu
25:48dans la salle de cinéma.
25:49Aujourd'hui,
25:50ça fait part.
25:51Le contenu de ce qu'on va voir
25:53et sur lequel on s'abonne,
25:54peu importe les chaînes,
25:56participe de la vie sociale.
25:57Et donc,
25:57c'est un enfant,
25:59un adulte,
26:00un adolescent,
26:01qui n'aurait pas eu accès à ça.
26:03Il est discriminé.
26:04Et vous voyez,
26:04aujourd'hui,
26:05les familles considèrent
26:05que ce sont des dépenses
26:07pas super fêtatoires.
26:08Tout à fait.
26:09Donc,
26:09des dépenses de plus en plus contraintes
26:11parce qu'on a besoin,
26:12d'ailleurs,
26:13dans notre manière de vivre,
26:14pas seulement pour vivre,
26:16pour manger.
26:16Et en même temps,
26:17Michel et Édouard Leclerc,
26:18des salaires qui stagnent,
26:20une inflation qui frappe fort.
26:22Vous nous avez commencé tout à l'heure
26:23en disant,
26:23mais ça va aller,
26:24il faut un discours.
26:25Mais là,
26:26à part un discours de sang et des larmes,
26:27qu'est-ce qu'on peut dire ?
26:29Rassurez-nous.
26:29Qu'est-ce qu'on peut dire ?
26:31Moi,
26:32je pense,
26:32alors c'était une discussion
26:33que j'ai eue avec François Hollande
26:34et que j'ai eue aussi
26:36avec Attal
26:36ou avec M. Linard,
26:38le maire de Cannes.
26:39C'est qu'il faut sortir
26:40un petit peu
26:44des discours idéologiques.
26:46Aujourd'hui,
26:47le salarié,
26:49l'emploi humain,
26:50l'employé humain,
26:51il est concurrencé
26:53par des robots
26:54qui ne payent pas
26:54de cotisations sociales,
26:56par du numérique,
26:57par de l'IA.
26:58D'accord ?
26:59Et donc,
27:00en plus d'un vieillissement démographique
27:02en France,
27:03donc les gens,
27:04si tout le système social
27:05repose uniquement
27:06sur les cotisations
27:09du travail humain,
27:10ça ne va pas le faire.
27:12Et donc,
27:12on est à l'inverse
27:14des films de science-fiction
27:14où les robots
27:15sont censés travailler pour nous,
27:16là on va travailler
27:17pour la robotisation.
27:18Il faut augmenter
27:19les salaires donc ?
27:20Oui,
27:21je trouve que la bonne expression
27:23c'est remettre
27:24le salaire net
27:25au niveau du salaire brut.
27:26Je ne sais plus combien,
27:27il y a 20-23%
27:29de cotisations sociales.
27:30Tout n'est pas vraiment
27:31une cotisation
27:32du même régime.
27:32Pour relancer la consommation.
27:34On dirait
27:34sur 5 ans,
27:35sur 6 ans,
27:36vous voyez la poche
27:37que ça représente,
27:38on la transfère
27:40sur le numérique,
27:42sur les opérations de service,
27:44sur des dépenses
27:44qui ne sont pas contraintes,
27:46qui ont déjà
27:46de la TVA à 20,
27:47ou choisir entre
27:49un hôtel 2 étoiles
27:49ou 3 étoiles,
27:50ou un iPhone à 800,
27:52enfin il n'y en a plus
27:53à 800,
27:53ils sont à 1000.
27:55En moyenne,
27:56un salarié chez Leclerc,
27:57il gagne combien
27:58en début de carrière ?
28:00En début de carrière,
28:01il commence à SMIC plus 10.
28:03On est quand même
28:05l'enseigne qui est
28:06la plus militante
28:06sur l'intéressement
28:07et la participation.
28:08C'est pour ça qu'on était
28:09contre le forfait
28:11supplémentaire.
28:13Tout salarié,
28:14tout entrepreneur
28:15sous l'enseigne Leclerc
28:16doit donner,
28:16dès le premier bénéfice,
28:1825% de ses profits
28:20sous forme d'intéressement,
28:21de participation
28:24aux salariés.
28:25Et je note
28:25dans le débat public
28:26et politique,
28:27ce que vous semblez dire,
28:27c'est que les salaires
28:28supportent trop de charges,
28:29que le travail
28:30ne paye plus en France.
28:31Il faut que le travail paye.
28:32Ce n'est pas simplement
28:33de travailler plus
28:34pour gagner plus,
28:35c'est juste que
28:36quand je travaille bien,
28:36il faut que je puisse,
28:38avec mon salaire...
28:39Attention,
28:39c'est un slogan présidentiel.
28:40Oui, oui, oui.
28:41Travaillez bien
28:42pour gagner plus.
28:44Vivre de son travail.
28:46Mais déjà,
28:47vive de son travail.
28:47Souvenez-vous les agriculteurs,
28:48c'était leur démarche
28:49lorsqu'ils ont manifesté,
28:50ils vivent de leur travail.
28:51Vous voyez,
28:52les agriculteurs
28:52sont des patrons.
28:53La FNSEA,
28:53c'est un syndicat de patrons.
28:55Et donc,
28:55aujourd'hui,
28:56c'est pour ça que
28:57je me sens plus entrepreneur
28:59que patron.
29:00Je pense qu'il faut
29:01que nos collaborateurs
29:02puissent,
29:03en grandissant
29:04dans l'entreprise,
29:05s'acheter un logement,
29:07que le banquier ne dise pas
29:08qu'il faut 10 ans de salaire,
29:09mais 5 ans de salaire.
29:10Il faut qu'il y ait une perspective.
29:11Ça suppose aussi
29:12peut-être de revoir
29:12la législation
29:13entre CDD et CDI
29:15et regarder plutôt
29:17les perspectives de chacun.
29:18Mais ça dit aussi
29:19que c'est important
29:21de résoudre
29:22ce problème salarial,
29:24sortir de la trappe
29:25à bas salaire.
29:27Et du coup,
29:28ça résout aussi
29:29une partie du problème étudiant,
29:31une partie de l'emploi
29:32des étudiants,
29:32que ce soit les étudiants
29:33qui veulent partir
29:34en apprentissage,
29:35en formation,
29:35en alternance,
29:36ce serait beaucoup plus sécurisant
29:38d'avoir cette perspective,
29:39indépendamment
29:40que de gagner de l'argent.
29:42Et puis,
29:43pour notre économie,
29:45c'est quand même
29:45recréer
29:47une dynamique sociale
29:49qu'on ne sent même pas
29:51portée
29:52ni par la gauche
29:53ni par la droite.
29:53– C'était ma question.
29:56Je me suis dit,
29:56mais vous lisez,
29:57vous regardez attentivement
29:58les programmes économiques
29:59des uns et des autres.
30:00– Oui.
30:00– Ce discours,
30:01je l'ai rarement
30:02vraiment entendu,
30:03en tous les cas,
30:04porté de cette manière-là.
30:06Ni du côté,
30:07peut-être que vous êtes
30:08plutôt côté droite sociale.
30:10– Moi,
30:10j'ai été élevé
30:11dans la social-démocratie,
30:13j'étais aux Amis de la Terre,
30:16j'ai été apporter
30:17mon corps morant mazouté
30:18de l'amour au Cadiz
30:19aux sièges de la Chêne
30:20avec Brice Lalonde.
30:22– Vous n'avez pas connu,
30:23vous êtes trop jeune,
30:24mais c'est,
30:24pardon,
30:24c'est un peu condescendant,
30:25mais je me sens impliqué
30:28dans la société
30:28et d'ailleurs,
30:30cette popularité,
30:30cette notoriété
30:31que vous me permettez
30:33d'acquérir,
30:34je veux la mettre
30:34au service de ça.
30:35Enfin, moi,
30:35je trouve que
30:36quand on s'appelle Leclerc,
30:37on a une mission.
30:37– Vous parlez d'une forme
30:38d'engagement quand même.
30:39Vous voulez accompagner
30:39le débat politique.
30:40– Et donc,
30:41puisqu'on m'a attribué
30:41un rôle politique,
30:42je ne cherche pas
30:43à aller dans la représentation politique,
30:45mais dans l'action
30:46et donc à nourrir
30:47à travers des engagements.
30:48Par exemple,
30:49avec mes collègues de Leclerc,
30:50on est parti sur Leclerc 2035,
30:52moitié moins d'émissions de carbone.
30:54On n'a pas de modèle économique,
30:56les charges électriques,
30:57on n'a pas de modèle économique.
30:58C'est sûr qu'aujourd'hui,
30:59on discute
31:00de coûts d'électricité,
31:01mais ce que l'argent gagnait,
31:03ce que l'État gagnait
31:04sur le carburant,
31:05il va bien nous mettre
31:06une taxe après
31:06quand tout sera électrique.
31:07– Mais si vous deviez
31:08vous adresser,
31:09Michel Dorelcar,
31:10imaginons,
31:10la caméra est là,
31:11vous devez vous adresser
31:12aux plus jeunes.
31:13On voit bien
31:13qu'il y a vraiment
31:13une génération qui se lève
31:15et qui a de véritables angoisses.
31:17Les jeunes aujourd'hui,
31:18ils voient aussi
31:19ce qui se passe dans leur famille
31:20et ils peuvent légitimement
31:22se demander
31:22si un jour,
31:22ils toucheront une retraite.
31:24Et en même temps,
31:25à leurs parents
31:25ou aux grands-parents,
31:26on leur dit
31:26non mais,
31:27il va falloir casquer
31:28tout ce que vous avez accumulé là,
31:30le fruit de votre...
31:31Eh bien,
31:31c'est maintenant
31:31qu'il faut faire un effort
31:32d'un côté et de l'autre,
31:34la tenaille entre les deux.
31:35Qu'est-ce qu'on dit ?
31:36– L'effort,
31:37c'est ma génération
31:38qui ne l'a pas fait,
31:39qui ne l'a pas proposé.
31:40D'accord ?
31:40Et même en tant que parents,
31:42on a un peu idéalisé
31:45le fait que l'État
31:46allait s'occuper de nos enfants,
31:47éducation,
31:48retraite, etc.
31:49Donc,
31:49il faut sortir de ce...
31:52– L'État ne peut plus tout du tout.
31:53– Il faut que l'État
31:53revienne sur le régalien,
31:54la sécurité, etc.
31:55Il faut aussi
31:56qu'on décentralise tout ça
31:58parce que quand Paris est bloqué,
32:00nous en province,
32:01on discute toujours
32:02du stade de foot à Brest
32:04ou du repeuplement des Landes.
32:05Donc,
32:06Paris n'est pas la France, quoi.
32:08C'est un peu con
32:09à dire comme ça,
32:10mais c'est un peu bête
32:11à dire comme ça.
32:11– Il faut le rappeler.
32:12– Et donc,
32:13aujourd'hui,
32:14il faut laisser les régions
32:16trouver leur rythme,
32:17peut-être un programme éducatif différent,
32:20un rapport...
32:21Il faut remettre
32:22ce que n'avait pas fait Macron.
32:24Il faut remettre
32:25des corps intermédiaires
32:26en situation de dialoguer,
32:27faire écran aussi.
32:28– Il faut décentraliser.
32:29– Il faut décentraliser.
32:30– Dans un pays
32:30extrêmement centralisateur
32:32qui veut tout garder, etc.
32:33Je crois que vous serez
32:34d'ailleurs demain
32:35au présent au salon des...
32:36ou bientôt,
32:37au salon des maires.
32:38– Oui, on sera présent
32:40au salon des maires
32:41parce que pour nous,
32:42les maires, aujourd'hui,
32:43sont des élus incontestés,
32:45transparents.
32:46Alors, pour le coup,
32:46on n'est pas dans la querelle budgétaire
32:47parce que même s'il y a
32:48des difficultés
32:49à établir les budgets,
32:50les municipalités
32:51sont en équilibre.
32:52Les collectivités
32:53sont en équilibre.
32:54C'est la loi qui le veut.
32:55Et donc, aujourd'hui,
32:56on peut parler de fond
32:57avec les élus locaux
32:58alors qu'aujourd'hui,
33:00avec les élus nationaux,
33:02sortant du débat budgétaire,
33:03il faudrait parler
33:03d'un grand plan logement.
33:05Pourquoi laisser ça
33:06à des oppositions
33:07ou il faut le faire.
33:08Il faut créer un fonds souverain
33:09pour développer.
33:10Il manque 2,5 millions
33:12de logements en France.
33:13Ce qui manque,
33:13c'est un marché à prendre.
33:15D'accord ?
33:15C'est le marchand qui le dit
33:16mais c'est comme ça.
33:18– Je vous propose,
33:18il nous reste quelques minutes.
33:20Vous acceptez que M. Borloo,
33:22ancien maire,
33:23ancien ministre et ancien maire,
33:24– J'ai une très grande admiration
33:24pour lui et Martine Aubry
33:26dans ce qu'ils ont fait
33:27dans le nord de la France.
33:29– Si, voilà,
33:30qui nous rejoint
33:31parce que…