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  • il y a 1 heure
Alors que les mobilisations et blocages du mouvement lycéen se poursuivent depuis la mi-septembre, Sébastien Lecornu a demandé la tenue d'une déclaration suivie d'un débat sur "l'avenir du processus d'orientation et d'affectation des lycéens dans l'enseignement supérieur", actuellement organisé par la plateforme Parcoursup. L'occasion pour les députés de revenir sur les annonces faites par le gouvernement lundi 26 octobre, en réponse aux revendications des lycéens. Parmi ces annonces figurait notamment le remplacement de Parcoursup d'ici à 2028. Retrouvez les temps forts de ce débat.

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Transcription
00:00:03...
00:00:08... pour SUP, largement critiqué par les lycéens et par les enseignants.
00:00:13Le gouvernement a annoncé son remplacement d'ici à 2028.
00:00:17Écoutez les positions de chacun.
00:00:19La parole est à monsieur le Premier ministre.
00:00:30Merci Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Monsieur le Président de la Commission, Mesdames et Messieurs les députés.
00:00:38Depuis plus de trois semaines, des lycéens, des étudiants nous interrogent sur la place que notre pays leur prépare.
00:00:45Nous leur devons des réponses et ce débat doit permettre à chacun de dire lesquelles, très concrètement, il est prêt
00:00:52à construire et qui est prêt à voter les mesures indispensables.
00:00:58Ces jeunes ont grandi avec l'épidémie de la Covid, l'isolement, un nouveau contexte géopolitique marqué par des guerres
00:01:06nouvelles,
00:01:07l'éruption de l'intelligence artificielle dans nos vies et, bien sûr, l'anxiété climatique.
00:01:13Ils entendent parler de crise, mais rarement des opportunités qui souffrent à eux.
00:01:17Elles existent pourtant.
00:01:18A l'approche de l'élection présidentielle, certains sentent instinctivement qu'une décision majeure pour leur avenir se prépare,
00:01:26sans avoir le sentiment de pouvoir y prendre part d'une manière ou d'une autre.
00:01:31Cette inquiétude mérite mieux que des leçons.
00:01:33Elle mérite aussi mieux que les calculs de celles et ceux qui, parfois, trouvent un intérêt électoral à entretenir.
00:01:39A force de courir derrière la jeunesse pour recueillir sa colère, une partie de la classe politique finit par lui
00:01:43refuser toute autre perspective,
00:01:45avec facilité et parfois même opportunisme.
00:01:49Comme si elle avait au fond davantage besoin de son désarroi que de sa réussite.
00:01:54Certes, des choses ont été faites, sûrement insuffisantes.
00:01:57Mais ne mentons pas aux jeunes.
00:01:59Jamais la nation n'a investi autant dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur.
00:02:03Ce sont d'ailleurs deux des rares ministères qui verront encore leur budget augmenter l'année prochaine.
00:02:10Des efforts ont été faits pour réduire le nombre d'élèves par classe.
00:02:12Même s'il est évident qu'il faut désormais aller plus loin et plus vite, nous y reviendrons.
00:02:17Et les réformes du baccalauréat comme de Parcoursup ont permis, en leur temps, en son temps,
00:02:22de sortir de situations qui étaient problématiques pour de nombreux lycéens
00:02:25qui finissaient, je le rappelle, tirés au sort dans des formations qu'ils n'avaient pas demandées.
00:02:30Et on l'a oublié parfois un peu trop vite dans le débat récent.
00:02:34Cela ne doit pas nous empêcher de faire notre introspection, de corriger les erreurs
00:02:38et surtout, surtout, d'écouter les jeunes qui ont de toute évidence des choses à nous dire
00:02:43et des ambitions légitimes pour leur avenir.
00:02:45Nous devons à cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions.
00:02:50Elle a des capacités, des idées, une volonté d'agir.
00:02:53Et notre responsabilité de lui donner prise précisément sur son avenir.
00:02:57C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode et sans filtre.
00:03:00Plus de 100 000 contributions venues de près de 3 000 lycées
00:03:03ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'Éducation nationale.
00:03:06Elles enrichissent et complètent le dialogue avec les organisations représentatives
00:03:09et les élus lycéens.
00:03:1271 % des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire.
00:03:1656 % l'état des bâtiments.
00:03:1931 % les difficultés de remplacement.
00:03:21Derrière ces chiffres, il y a des demandes précises
00:03:24auxquelles il faut répondre jusque dans chaque établissement.
00:03:28Certaines dépendent du gouvernement ou du Parlement,
00:03:31mesdames et messieurs les députés,
00:03:32d'autres, enfin, des conseils régionaux.
00:03:35Il y a trois semaines, devant les Français,
00:03:37j'avais fixé une échéance des décisions à la fin du mois d'octobre.
00:03:41Nous y sommes précisément.
00:03:44Les mesures que nous avons annoncées avec les ministres lundi dernier
00:03:47forment une réponse à l'ensemble de ses attentes.
00:03:49Elles vont du professeur que l'on retrouve devant sa classe,
00:03:52à la place que l'on trouve dans l'enseignement supérieur,
00:03:55du temps nécessaire pour déjeuner le midi,
00:03:57à la bourse qui permet de poursuivre ses études dans de meilleures conditions.
00:04:01Elles prennent au sérieux ce que les jeunes nous disent de leur quotidien,
00:04:04autant que leurs aspirations.
00:04:06Cette cohérence compte.
00:04:08Un élève qui a confiance dans son avenir
00:04:10est d'abord un élève qui apprend dans de bonnes conditions.
00:04:13Les revendications des lycéens sont cohérentes.
00:04:15C'est un tout au fond qui se tient.
00:04:18C'est pourquoi nous plafonnerons les classes de seconde générale
00:04:21et technologique à 28 élèves.
00:04:23Dès 2027, dans la moitié des lycées les moins favorisés.
00:04:26Puis en 2028, dans tous les lycées publics de France.
00:04:29Nous créerons 500 postes supplémentaires de professeurs
00:04:32et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit remplacé.
00:04:36Des amendements en ce sens seront déposés dans le projet de budget pour 2027.
00:04:41Les emplois du temps seront revus.
00:04:43Une pause déjeuner d'une heure garantie.
00:04:45Et la place du contrôle continu, réexaminée en profondeur.
00:04:49La santé mentale continuera à être une priorité
00:04:51grâce à la création de 500 postes de psychologues,
00:04:54d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027.
00:04:58Un milliard d'euros d'investissement de l'État
00:05:00sera consacré aux bâtiments des universités.
00:05:024 milliards d'euros de prêts à taux préférentiel
00:05:05aideront les conseils régionaux à rénover leurs établissements scolaires
00:05:08avec une attention toute particulière
00:05:10pour les territoires d'outre-mer.
00:05:11Nous ouvrirons 15 000 places supplémentaires dans le supérieur en 2027,
00:05:16en 2028.
00:05:1710 000 en BTS, 4 000 en IUT,
00:05:201 000 dans les formations de santé.
00:05:22Cette répartition est à discuter désormais avec les partenaires sociaux.
00:05:26Dès la rentrée 2027,
00:05:28les bourses suivront l'inflation,
00:05:30pour ne pas renier précisément le pouvoir d'achat.
00:05:33Nous proposons aussi de renforcer,
00:05:34dans les instances qui animent leur système scolaire,
00:05:36de l'établissement au conseil supérieur de l'éducation,
00:05:39la représentation lycéenne,
00:05:41notamment celle de la voie professionnelle.
00:05:43Faire confiance aux jeunes doit avoir des conséquences
00:05:46en leur donnant une vraie place dans les enceintes
00:05:47où les décisions qui les concernent sont prises.
00:05:51Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028,
00:05:54c'est entendu.
00:05:55Mais dès la campagne 2027,
00:05:57c'est-à-dire celle qui sera accessible aux élèves
00:05:59dès ce mois de décembre 2026,
00:06:01les critères d'admission devront être compréhensibles
00:06:04et chaque refus expliqué est motivé.
00:06:07La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers.
00:06:11L'orientation, c'est un long processus
00:06:13qui commence dès la 5e avec la découverte des métiers.
00:06:16Ce processus doit être plus soutenu au lycée
00:06:18et ce, dès la seconde.
00:06:20Et finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat
00:06:23pour viser la réussite des jeunes dans le supérieur,
00:06:26s'assurer qu'ils auront des débouchés
00:06:27et, le cas échéant, leur offrir la possibilité
00:06:30de se réorienter en cours de cursus.
00:06:33Se tromper de voie à 18 ans
00:06:35ne doit pas condamner la suite d'un parcours.
00:06:38Mais ce chantier exige une clarification politique.
00:06:41Derrière les critiques de l'outil Parcoursup,
00:06:44certains veulent, pour l'accès aux études supérieures universitaires,
00:06:48une sélection plus affirmée.
00:06:50D'autres veulent, au contraire, la supprimer intégralement.
00:06:54On peut en effet dénoncer ensemble un système
00:06:56et vouloir ensuite de systèmes profondément opposés.
00:07:00Il faut maintenant rentrer dans le détail,
00:07:03Mesdames et Messieurs les députés,
00:07:05c'est l'objet précisément de ce débat ce soir.
00:07:08Qu'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français ?
00:07:11Quel rôle voulez-vous lui confier ?
00:07:13Quels critères d'admission proposez-vous ?
00:07:15Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ?
00:07:18Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ?
00:07:21Comment accompagner ensuite les étudiants
00:07:23vers la réussite, y compris professionnelle ?
00:07:25Pour le gouvernement, les exigences doivent être connues
00:07:29et les décisions explicables.
00:07:31Les revenus des parents, le lieu de résidence
00:07:33ou le manque d'informations ne doivent pas décider
00:07:36à la place du travail et des aspirations d'un jeune.
00:07:39Ce débat, organisé formellement sur la base
00:07:41de l'article 51, 50-1 de la Constitution,
00:07:44pardonnez-moi, doit permettre d'identifier
00:07:46une voie de passage au Parlement.
00:07:47S'il faut une loi, sur quelles règles
00:07:50pouvons-nous réunir une majorité ?
00:07:52Pour quelle évolution de l'orientation
00:07:54est de l'accès aux supérieurs ?
00:07:55Nous venons chercher des propositions
00:07:57et des engagements précis.
00:07:58Pas des slogans ou des promesses
00:08:00sans fondement sérieux.
00:08:02La méthode pour les semaines qui viennent est fixée.
00:08:05Dès demain jeudi, les ministres réuniront
00:08:07les représentants lycéens une nouvelle fois
00:08:09et les conseils régionaux sur la question des bâtiments.
00:08:12Quelles urgences ?
00:08:13Quels travaux ?
00:08:14Pour quel calendrier ?
00:08:15Les conseils régionaux ont la responsabilité
00:08:17des lycées depuis 1983.
00:08:19L'État les accompagnera,
00:08:20mais en respectant la décentralisation.
00:08:23Je reverrai avec les ministres
00:08:25les représentants des lycéens et des étudiants
00:08:27dans moins de 15 jours.
00:08:29Nous ferons le point sur les engagements pris,
00:08:31les difficultés à lever pour les mettre en œuvre
00:08:33et les décisions suivantes.
00:08:35Nous établirons, mesure par mesure,
00:08:37ce qui relève du règlement,
00:08:39notamment pour l'organisation des enseignements
00:08:40et des modalités du contrôle continu,
00:08:42ce qui exige des crédits votés
00:08:43dès le budget pour l'année prochaine 2027
00:08:46et ce qui nécessiterait une modification de la loi
00:08:49pour l'accès aux supérieurs,
00:08:51avec pour chaque mesure un responsable
00:08:54et une échéance précise.
00:08:56Le comité de réforme associant désormais
00:08:58lycéens et enseignants autour des ministres
00:09:00présentera de premières recommandations
00:09:01courant novembre,
00:09:02nourries, je l'espère,
00:09:04de vos propositions opérationnelles ce soir.
00:09:06Mesdames et Messieurs les députés,
00:09:08ce gouvernement, vous le savez,
00:09:09je le répétais à de nombreuses reprises,
00:09:10n'est candidat à aucune élection
00:09:11dans aucune échéance électorale.
00:09:13Il n'a aucune raison, donc,
00:09:15de faire des promesses intenables.
00:09:17Sa crédibilité se mesurera
00:09:19à l'aune de décisions précises,
00:09:21finançables et applicables
00:09:22dès la rentrée prochaine.
00:09:23Une grande partie de ces mesures
00:09:24sera traduite par des amendements
00:09:26gouvernementaux au projet de loi de finances.
00:09:28Chacun pourra les améliorer
00:09:29et devra assumer ses propositions,
00:09:31leurs coûts, ses votes,
00:09:33ainsi que la manière de le financer.
00:09:35Voilà pourquoi, une nouvelle fois,
00:09:37j'ai souhaité ce débat en transparence.
00:09:38Il n'est pas question de refaire le masque
00:09:40de la création de Parcoursup.
00:09:42Son remplacement est déjà décidé.
00:09:44Maintenant, il faut dire ce que nous voulons construire.
00:09:47Les questions peuvent sembler techniques.
00:09:48Les réponses engagent notre conception
00:09:50de l'égalité, du mérite,
00:09:52de la liberté.
00:09:53Tout cela, confronté au réel.
00:09:56Comment départager les candidats ?
00:09:59Par une sélection assumée ?
00:10:01Point d'interrogation.
00:10:02En acceptant de revenir au tirage au sort ?
00:10:04Point d'interrogation.
00:10:06Cette sélection doit-elle concerner
00:10:07toutes les formations,
00:10:08ou bien certaines seulement ?
00:10:10Et comment éviter de dévaloriser les autres ?
00:10:12Là aussi, point d'interrogation.
00:10:13Voulons classer les candidats
00:10:15ou les orienter plus fortement ?
00:10:17Jusqu'où garantir leur libre choix ?
00:10:19Point d'interrogation.
00:10:20Et quels prérequis pour exiger
00:10:22leur admission ?
00:10:24Gardons-nous une plateforme nationale commune ?
00:10:26Question posée.
00:10:27Ou acceptons-nous la multiplication
00:10:29des procédures locales
00:10:31et le risque d'une opacité accrue ?
00:10:33Quelle place donner aux besoins du pays
00:10:35et de ses métiers
00:10:36sans étouffer les aspirations individuelles ?
00:10:38Le même dispositif doit-il accueillir
00:10:40les nouveaux bacheliers,
00:10:41ceux qui se réorientent,
00:10:42mais aussi ceux qui reprennent
00:10:44leurs études plus tard ?
00:10:45Le baccalauréat doit-il rester
00:10:47le premier grade de l'enseignement supérieur ?
00:10:49Ou bien devenir seulement le diplôme
00:10:51qui clôt le lycée ?
00:10:52Comment prendre en compte
00:10:53la révolution de l'intelligence artificielle
00:10:55qui va détruire des emplois
00:10:56et en créer d'autres ?
00:10:57C'est aussi notre responsabilité
00:10:59de ne pas former des cordes entières
00:11:00de jeunes à des métiers
00:11:01qui n'existeront plus bientôt.
00:11:03Et à l'inverse,
00:11:05de nous assurer que les jeunes Français
00:11:06soient bien formés
00:11:08pour relever les nouveaux défis
00:11:10qui nous attendent.
00:11:11Et bien sûr,
00:11:12il y a le défi démographique
00:11:13qui est devant nous.
00:11:14Il touche actuellement
00:11:15l'enseignement scolaire,
00:11:16mais ne manquera pas
00:11:17de toucher l'université
00:11:18à horizon de 10 ans.
00:11:20Comment nous assurer
00:11:21que nous formerons suffisamment
00:11:23d'ingénieurs,
00:11:23de soignants,
00:11:24d'artisans ou d'enseignants
00:11:25pour répondre aux besoins
00:11:26de notre population
00:11:27et faire tourner l'économie de demain ?
00:11:29C'est sur ces choix
00:11:30que nous attendons
00:11:31chaque groupe politique.
00:11:33Du concret,
00:11:34du précis,
00:11:35du sérieux,
00:11:36loin des postures faciles.
00:11:39Les ministres de l'enseignement supérieur,
00:11:40Philippe Baptiste,
00:11:41et l'éducation nationale,
00:11:42Édouard Geffray,
00:11:43vont préciser ses engagements.
00:11:45Aux jeunes qui nous écoutent,
00:11:47nous attendons beaucoup de vous.
00:11:49Vous avez le droit
00:11:50d'attendre beaucoup de nous.
00:11:52A nous de vous donner
00:11:52des raisons concrètes
00:11:53de croire que vos efforts
00:11:54ouvriront réellement des portes.
00:11:57Je vous remercie.
00:11:58Merci beaucoup,
00:11:59Monsieur le Premier ministre.
00:12:02La parole est à présent.
00:12:03Monsieur Édouard Geffray,
00:12:05ministre de l'Éducation nationale.
00:12:16Madame la Présidente,
00:12:18Monsieur le Premier ministre,
00:12:19Messieurs les ministres,
00:12:20Mesdames et Messieurs les députés,
00:12:22l'École de la République,
00:12:23vous le savez,
00:12:23fait la promesse
00:12:24d'amener chaque élève
00:12:25au bout de ses potentialités
00:12:26et par conséquent
00:12:27lui offrir un avenir.
00:12:28Cela suppose qu'elle lutte
00:12:30par conséquent
00:12:30contre toute forme
00:12:31d'assignation sociale,
00:12:33territoriale ou de genre.
00:12:35Cette exigence
00:12:36s'emporte trois nécessités.
00:12:38La première,
00:12:39c'est de permettre
00:12:39des parcours de formation
00:12:40diversifiés à partir du lycée
00:12:41pour que les jeunes
00:12:42puissent s'orienter librement.
00:12:44La deuxième,
00:12:45c'est de les accompagner
00:12:45pour qu'ils mûrissent
00:12:46leur projet d'orientation
00:12:47vers la poursuite d'études
00:12:48ou l'insertion professionnelle.
00:12:50Et la troisième,
00:12:51c'est de leur donner accès
00:12:52aux mêmes informations
00:12:53et aux mêmes possibilités
00:12:54de découverte des formations.
00:12:56Car on ne peut choisir
00:12:59ce que l'on ne connaît pas
00:13:00ni nourrir d'ambitions
00:13:01qu'on n'a pas eu
00:13:01la possibilité d'imaginer.
00:13:03Il y a donc un continuum
00:13:04du collège jusqu'à l'université,
00:13:07de l'orientation
00:13:08jusqu'à l'affectation
00:13:09et à la réussite
00:13:10dans le supérieur.
00:13:11Je me permets
00:13:12d'insister là-dessus.
00:13:14Sur Parcoursup,
00:13:15le débat se concentre
00:13:16souvent sur la question
00:13:17de l'affectation.
00:13:18Or, l'enjeu est bien
00:13:19que celle-ci
00:13:19ait été suffisamment
00:13:20préparée et mûrie en amont
00:13:21et qu'elle débouche
00:13:22sur un parcours
00:13:23dans lequel l'étudiant
00:13:24réussit en aval.
00:13:26Et c'est précisément
00:13:27l'ensemble de ce processus
00:13:28qui suscite l'inquiétude
00:13:30des lycéens
00:13:30à travers la question
00:13:32ou le totem
00:13:33de Parcoursup.
00:13:34Les années lycées
00:13:36ont toujours été
00:13:36et seront toujours
00:13:37des années de choix,
00:13:38donc de réflexion personnelle
00:13:40intense sur son propre avenir.
00:13:42Et l'IA vient encore
00:13:43accroître
00:13:44cette sensation de vertige
00:13:45en promettant,
00:13:47parfois,
00:13:48à tort ou à raison,
00:13:49la disparition
00:13:50de pans entiers
00:13:51d'activités professionnelles
00:13:52au cours des prochaines années.
00:13:54Et cette perspective
00:13:56rétroagit évidemment
00:13:57sur les inquiétudes
00:13:59à juste titre
00:14:00de nos élèves
00:14:01et ils nous l'ont
00:14:01très clairement exprimé.
00:14:04En amont,
00:14:04donc,
00:14:05de Parcoursup,
00:14:05sur lequel le ministre
00:14:06d'Inseignement supérieur
00:14:07reviendra,
00:14:08je veux donc parler
00:14:09du processus global
00:14:10d'orientation
00:14:11qui permet à chaque jeune
00:14:12de découvrir
00:14:13ses aptitudes,
00:14:14ses appétences,
00:14:15de connaître
00:14:15les formations
00:14:16et de construire
00:14:18progressivement
00:14:18son projet.
00:14:20D'abord,
00:14:21donc,
00:14:22un mot peut-être
00:14:22pour vous dire
00:14:23où nous en sommes.
00:14:23Les évolutions apportées
00:14:25ces dernières années
00:14:25ont permis objectivement
00:14:27de renforcer considérablement
00:14:29la liberté de choix
00:14:30et l'attractivité
00:14:31de différentes spécialités
00:14:32professionnelles,
00:14:33générales ou technologiques.
00:14:34D'abord,
00:14:35au collège,
00:14:35avec le plan pluriannuel
00:14:36d'éducation
00:14:37à l'orientation
00:14:38qui s'organise
00:14:39dans chaque établissement
00:14:40et qui permet désormais,
00:14:41dans 80% des établissements
00:14:42qui se le sont appropriés,
00:14:4488 pardon,
00:14:45de mettre en place
00:14:46les quatre demi-journées
00:14:47annuelles dédiées
00:14:48à l'orientation.
00:14:50Ensuite,
00:14:50au niveau du choix
00:14:51à la fin de la troisième,
00:14:52d'abord vers la voie professionnelle.
00:14:54Je voudrais partager
00:14:54avec vous une bonne nouvelle.
00:14:55C'est assez rare
00:14:56que celle-ci soit soulignée
00:14:58lors de nos échanges.
00:15:00C'est que désormais,
00:15:0137% des familles,
00:15:03après 20 ans
00:15:04de baisse continue,
00:15:0537% des familles
00:15:07et des élèves
00:15:08formulent le vœu
00:15:09en fin de troisième
00:15:10de rejoindre
00:15:10la voie professionnelle.
00:15:12C'était 32%
00:15:13il y a cinq ans.
00:15:15C'est la meilleure preuve
00:15:16que la voie professionnelle
00:15:17n'est plus
00:15:17qu'elle a été
00:15:18longtemps considérée
00:15:19à tort,
00:15:20c'est-à-dire
00:15:20une voie par défaut.
00:15:21Et ce n'est pas par hasard
00:15:22non plus,
00:15:23c'est parce que
00:15:23sur les 25 000 places
00:15:24créées depuis 2023
00:15:25en voie professionnelle,
00:15:2713 000 l'ont été
00:15:28dans les métiers
00:15:29de l'industrie.
00:15:30Du côté de la voie générale
00:15:32et technologique,
00:15:33j'ai commencé
00:15:33par la voie professionnelle
00:15:34car c'est souvent l'oublié,
00:15:35y compris dans les discussions
00:15:36récentes.
00:15:37Du côté du lycée général
00:15:39et technologique,
00:15:40donc,
00:15:41vous savez que la réforme
00:15:42du lycée
00:15:43a remplacé
00:15:43les trois anciennes
00:15:44filières S,
00:15:46ES et L
00:15:47par un bouquet
00:15:48de spécialités
00:15:49avec à la rentrée
00:15:502023 près de 300
00:15:51combinaisons
00:15:52de trois spécialités
00:15:53qui étaient suivies
00:15:53en première.
00:15:55Le champ des possibles
00:15:56s'est de fait
00:15:56considérablement ouvert
00:15:57et les élèves
00:15:58disposent d'une plus
00:15:59grande liberté
00:15:59dans la construction
00:16:00de leur formation
00:16:01avec à la clé
00:16:02des cursus
00:16:03beaucoup moins marqués
00:16:04sociologiquement
00:16:05et de vrais choix
00:16:06pour les élèves.
00:16:07Nul n'ignore
00:16:07que 75%
00:16:09des enfants de cadre
00:16:10allaient dans
00:16:11l'ancienne filière S
00:16:12contre seulement
00:16:1320% des enfants
00:16:14d'ouvriers
00:16:15et d'employés.
00:16:16Désormais,
00:16:17le choix des spécialités
00:16:18a considérablement
00:16:20réduit
00:16:20ce caractère sociologique
00:16:21des parcours
00:16:22au lycée.
00:16:23Et après la terminale,
00:16:25parcours super rendu
00:16:26l'offre de formation
00:16:27plus visible
00:16:27avec 25 000
00:16:29formations post-bac.
00:16:31Cette transparence
00:16:32permet à chaque lycéen
00:16:33où qu'il vive
00:16:34d'accéder
00:16:35à une information
00:16:36commune,
00:16:37universelle
00:16:38et de connaître
00:16:39toutes les formations
00:16:40susceptibles
00:16:41de l'intéressé.
00:16:42Troisième élément
00:16:43qu'il ne faut pas oublier
00:16:44en matière d'égalité
00:16:45des chances aussi
00:16:46et d'ancrage
00:16:47de nos élèves
00:16:47dans des parcours
00:16:48supérieurs,
00:16:49nous avons développé
00:16:50les cordelles
00:16:50de la réussite
00:16:51avec plus de 180 000
00:16:52élèves bénéficiaires
00:16:53dans plus d'un tiers
00:16:54des établissements
00:16:54en urbain
00:16:55comme en rural
00:16:56et singulièrement
00:16:57en éducation prioritaire
00:16:58comme dans le rural
00:16:59éloigné.
00:17:02Tout ceci,
00:17:03évidemment,
00:17:04suffit-il à dire
00:17:05que notre système
00:17:06est efficace
00:17:06en matière d'orientation.
00:17:07Évidemment,
00:17:08non,
00:17:09pas complètement.
00:17:10Il reste évidemment
00:17:10beaucoup de choses
00:17:11à faire.
00:17:12En réalité,
00:17:13l'orientation repose
00:17:13sur plusieurs acteurs.
00:17:14L'information,
00:17:15vous le savez,
00:17:16a été confiée
00:17:16aux régions
00:17:16depuis 2018.
00:17:18L'accompagnement repose
00:17:19sur ceux qui connaissent
00:17:20les élèves,
00:17:20notamment les professeurs
00:17:21principaux,
00:17:22qui sont au nombre
00:17:23de deux en classe
00:17:24de terminale,
00:17:25générale et technologique,
00:17:26et sur les psychologues
00:17:27éducation nationales,
00:17:28ce qu'on appelle
00:17:28les psiennes et d'eau,
00:17:29qui dépendent
00:17:30des centres d'information
00:17:31et d'orientation.
00:17:32Ils sont 4700,
00:17:33pour répondre
00:17:33à une question
00:17:34qui vient d'être posée,
00:17:36ainsi que sur des outils numériques,
00:17:37notamment la plateforme Avenir
00:17:38développée par l'UNICEP
00:17:39il y a deux ans.
00:17:41De la même façon,
00:17:43le dispositif Avenir Pro
00:17:44a été généralisé
00:17:45en cette rentrée
00:17:46dans le lycée professionnel
00:17:48pour permettre aux élèves
00:17:49qui souhaitent
00:17:50s'insérer professionnellement,
00:17:51et ils sont nombreux
00:17:52en voie professionnelle,
00:17:53et leur voie professionnelle
00:17:54historiquement a été construite
00:17:55pour ça, de pouvoir le faire
00:17:56en étant, à juste titre,
00:17:58accompagnés.
00:17:59Pour autant,
00:18:00beaucoup reste à faire.
00:18:01D'abord,
00:18:02seuls 27% des lycées
00:18:03indiquent que tous
00:18:04leurs professeurs principaux
00:18:05à tous les niveaux
00:18:06ont été formés à l'orientation,
00:18:07ce qui signifie
00:18:08que nous avons un devoir
00:18:09de formation en la matière.
00:18:11Ensuite, seulement 52%
00:18:13des établissements
00:18:14informent et associent
00:18:16les familles à la réflexion
00:18:17en matière d'orientation,
00:18:19ce qui là aussi est trop peu.
00:18:21Et enfin, les régions
00:18:22acteurs clés de l'information
00:18:22sont encore 14 sur 17,
00:18:25à avoir conclu un partenariat
00:18:26avec l'éducation nationale
00:18:28en matière d'orientation.
00:18:29Des améliorations
00:18:31sont donc nécessaires.
00:18:32La première, évidemment,
00:18:34c'est de mieux accompagner
00:18:35les générations
00:18:36qui sont les plus nombreuses
00:18:37démographiquement,
00:18:38celles qui sont actuellement
00:18:39au lycée.
00:18:40J'ai beaucoup entendu
00:18:41ces dernières semaines
00:18:42qu'il fallait supprimer
00:18:43les suppressions de postes
00:18:44programmées dans le projet
00:18:46de la finance,
00:18:46sans que personne, d'ailleurs,
00:18:48n'ait dit
00:18:48pour en faire quoi.
00:18:50Nous avons fait le choix
00:18:51avec le Premier ministre
00:18:51non seulement de les supprimer
00:18:54dans le second degré,
00:18:54mais de créer 500 postes
00:18:56supplémentaires
00:18:56pour plafonner les effectifs
00:18:58en classe de seconde,
00:19:00qui sont les classes charnières,
00:19:01et pour limiter la taille
00:19:02des groupes en première
00:19:03et en terminale,
00:19:05notamment dans les spécialités
00:19:06qui sont les plus nombreuses.
00:19:08Le deuxième enjeu,
00:19:09c'est évidemment
00:19:09de densifier l'accompagnement
00:19:10à l'orientation.
00:19:11Vous savez qu'au lycée,
00:19:12tous les élèves bénéficient
00:19:14d'un temps théorique
00:19:15de 54 heures
00:19:15d'accompagnement
00:19:16à l'orientation par an.
00:19:17ce temps aujourd'hui
00:19:18n'a pas le même contenu
00:19:20et la même densité
00:19:21d'un établissement
00:19:22à un autre.
00:19:23Et donc l'enjeu de l'année,
00:19:25c'est évidemment
00:19:25de consolider
00:19:26les programmes d'orientation
00:19:28qui ont été mis en place
00:19:29dans les lycées,
00:19:30et donc la quasi-totalité
00:19:31des lycées ont développé,
00:19:32pour pouvoir densifier
00:19:34ces 54 heures,
00:19:35effectivement,
00:19:36et de permettre
00:19:36un accompagnement personnalisé.
00:19:38C'est le sens,
00:19:39notamment,
00:19:39aussi,
00:19:40des programmes de formation
00:19:41que nous lançons,
00:19:42et de la nouvelle certification
00:19:43orientation-parcours-insertion
00:19:45que nous avons ouvert
00:19:45à la rentrée de 2026
00:19:47à destination des professeurs
00:19:48qui souhaitent la développer.
00:19:50C'est aussi le sens
00:19:51du renforcement
00:19:52de la place
00:19:52des psychologues
00:19:53d'éducation nationale,
00:19:54dont nous proposons
00:19:55pour la deuxième année consécutive
00:19:56de renforcer les effectifs,
00:19:57et sur lequel
00:19:58le Premier ministre
00:19:59a eu l'occasion
00:20:00d'annoncer l'autre jour
00:20:01200 créations
00:20:02de postes supplémentaires.
00:20:04Et puis, enfin,
00:20:06nous devons regarder en face
00:20:07la question du contrôle continu
00:20:09et des interrogations
00:20:09qu'il suscite,
00:20:10notamment en cas
00:20:11de parcours sup.
00:20:12Le contrôle continu
00:20:13a été pensé
00:20:14pour ne pas concentrer
00:20:15l'enjeu du baccalauréat
00:20:16sur le jour J,
00:20:17sur le jour de l'examen.
00:20:18Et à l'époque,
00:20:19une consultation
00:20:20à laquelle plus de 80 000 lycéens
00:20:21avaient répondu
00:20:22avait clairement acté
00:20:24cette nécessité
00:20:25de la part de ceux
00:20:26qui connaissaient
00:20:27l'ancien système
00:20:28et qui le vivaient
00:20:29comme un système
00:20:31de pression finale intense.
00:20:35Et le contrôle continu,
00:20:36il ne faut pas l'oublier non plus,
00:20:37car tout ceci actuellement
00:20:38est très vite occulté,
00:20:40s'est traduit objectivement
00:20:41par l'amélioration
00:20:42des résultats des élèves
00:20:43au baccalauréat.
00:20:45Mais il peut aussi
00:20:46renforcer le stress.
00:20:47C'est un fait
00:20:48de nombreux élèves.
00:20:49Sur les 100 000 contributions
00:20:50qui nous ont été mentionnées,
00:20:51de très nombreuses
00:20:52ont fait part
00:20:53de la pression
00:20:54que représente
00:20:55chaque semaine,
00:20:56dès début de la première,
00:20:57le fait d'avoir
00:20:58des évaluations
00:20:59qui, in fine,
00:21:00comptent pour le bac
00:21:01à l'auréat.
00:21:02ce n'était pas
00:21:03la logique initiale,
00:21:04évidemment,
00:21:05et nous avions d'ailleurs
00:21:06dès 2021
00:21:07mis en place
00:21:07des projets
00:21:08d'évaluation
00:21:08d'établissement
00:21:09renouvelés en 2025
00:21:10qui devaient permettre
00:21:11lycée par lycée
00:21:12un travail
00:21:13sur l'évaluation.
00:21:15Le fait est
00:21:17que ce système
00:21:18s'est mis en place
00:21:19très inégalement
00:21:20selon les établissements
00:21:21et que nous pouvons
00:21:22nous satisfaire
00:21:23d'un système
00:21:23qui ferait
00:21:24de la préparation
00:21:24de l'avenir
00:21:25une pression constante
00:21:26sur le présent.
00:21:28Et c'est pour ça
00:21:28que cette question
00:21:29du contrôle continu,
00:21:30nous l'ouvrons
00:21:31et nous l'ouvrons
00:21:32en vue de la rentrée
00:21:332027,
00:21:34pas 2028.
00:21:35Nous l'ouvrons
00:21:36pour la rentrée
00:21:372027.
00:21:38Nous l'ouvrons
00:21:39au calme,
00:21:40avec sérénité.
00:21:42Nous avons
00:21:42deux mois de travaux
00:21:43devant nous
00:21:44avec les représentants
00:21:46lycéens,
00:21:46avec les élus lycéens,
00:21:48avec les orientations
00:21:49syndicales
00:21:49pour travailler
00:21:50sur cette section.
00:21:51Non pas pour faire
00:21:52disparaître
00:21:52le contrôle continu
00:21:53car il permet
00:21:54justement aussi
00:21:54de ne pas tout jouer
00:21:55sur une épreuve.
00:21:56Il rencontre aussi
00:21:57de la progression
00:21:58de l'élève
00:21:58mais pour faire en sorte
00:21:59qu'il ne se fasse pas
00:22:00au détriment
00:22:01de celui-ci.
00:22:03La réflexion
00:22:04est donc ouverte
00:22:04soit pour le limiter
00:22:05soit pour prévoir
00:22:06par exemple
00:22:07un droit à l'erreur
00:22:07comme certains le suggèrent.
00:22:09Je n'ai pas de tabou
00:22:09en la matière
00:22:10mais en tout cas
00:22:11ce qui est certain
00:22:11c'est qu'il a besoin
00:22:13d'être actuellement
00:22:14repensé dans la perspective
00:22:15de Parcoursup.
00:22:16Voilà,
00:22:17Mesdames et Messieurs
00:22:17les députés,
00:22:18avant de passer le relais
00:22:20au ministre
00:22:20de l'Assemblée
00:22:20au Philippe Baptiste
00:22:21suivant ainsi
00:22:22l'ordre chronologique
00:22:23du cursus
00:22:23de nos élèves
00:22:24ce que je voulais
00:22:26partager avec vous.
00:22:28Avec peut-être
00:22:29un dernier point.
00:22:30Nous venons
00:22:31d'un système
00:22:32que tout le monde
00:22:32a oublié
00:22:33semble-t-il
00:22:33et que pourtant
00:22:34la plupart d'entre vous
00:22:35ont dû connaître
00:22:36même les plus jeunes
00:22:37où les élèves
00:22:38choisissaient
00:22:39leur filière au bac
00:22:39en fonction
00:22:40de leur milieu social.
00:22:41Où les élèves
00:22:42poursuivaient leurs études
00:22:44là où leur milieu social
00:22:45les envoyait
00:22:46parce qu'ils candidataient
00:22:47dans ce qu'ils connaissaient.
00:22:49Nous avons désormais
00:22:51des lycéens
00:22:52qui choisissent
00:22:53leur cursus scolaire
00:22:54et peuvent
00:22:55émettre des vœux
00:22:56cohérents
00:22:56qui choisissent
00:22:57leur spécialité
00:22:58en fonction
00:22:59de leur goût
00:22:59et non plus
00:23:00en fonction
00:23:00de la connotation
00:23:01sociologique
00:23:02d'une filière.
00:23:03Cela
00:23:04c'est une promesse
00:23:05d'ouverture
00:23:05mais aussi
00:23:06d'exigence
00:23:07parce qu'il ne s'agit
00:23:08pas de faire croire
00:23:09à chacun
00:23:09qu'il peut le faire
00:23:10d'un coup
00:23:10sans préparation
00:23:12n'importe quel cursus scolaire
00:23:13mais qu'en revanche
00:23:16des choix
00:23:16de spécialité
00:23:17générale
00:23:18ou professionnelle
00:23:19librement choisis
00:23:20doivent pouvoir
00:23:21déboucher
00:23:21sur un parcours
00:23:22dans l'enseignement
00:23:23supérieur
00:23:24librement choisi.
00:23:25Notre devoir
00:23:26c'est de faire en sorte
00:23:26qu'en orientation
00:23:27donne confiance
00:23:28plutôt qu'elle alimente
00:23:29l'inquiétude
00:23:30et qu'elle permette
00:23:30à chacun de se passer
00:23:31dans un avenir
00:23:32qu'il choisit
00:23:33plutôt qu'il ne le subit.
00:23:34Je vous remercie.
00:23:35Depuis plus d'un mois
00:23:36les jeunes sont dans la rue.
00:23:37Que demandent-ils ?
00:23:38Des choses qu'un gouvernement
00:23:39digne de ce nom
00:23:40devrait garantir
00:23:41au nom de la promesse
00:23:43républicaine.
00:23:44Des professeurs
00:23:44devant chaque classe
00:23:45des lycées
00:23:46où l'on a
00:23:47ni trop froid
00:23:48en hiver
00:23:49ni trop chaud
00:23:50au printemps.
00:23:51Des équipes
00:23:52éducatives complètes.
00:23:53Une place garantie
00:23:54dans le supérieur
00:23:55et la fin
00:23:56de parcours sup.
00:23:57Et quand ils ont reçu
00:23:58en réponse
00:23:59des grenades
00:24:00des LBD
00:24:01des gaz lacrymogènes
00:24:03jusqu'ici
00:24:03votre gouvernement
00:24:05les a ignorés
00:24:06intimidés
00:24:07réprimés
00:24:08au lieu de les respecter.
00:24:10Depuis 4 ans
00:24:11j'alerte
00:24:11nous alertons
00:24:12sur parcours sup
00:24:14cette machine
00:24:14à broyer.
00:24:15Aucun des 7 ministres
00:24:16de l'éducation nationale
00:24:18ne nous a écoutés.
00:24:19Et si nous avons
00:24:20enfin le débat
00:24:21dans cet hémicycle
00:24:22c'est grâce
00:24:23à la mobilisation
00:24:24sans faille
00:24:25des lycéens
00:24:26et des lycéennes
00:24:27qui ont manifesté
00:24:28pour défendre
00:24:29leurs droits.
00:24:30Alors aujourd'hui
00:24:31nous voulons croire
00:24:33que l'heure
00:24:33est venue
00:24:34de les entendre.
00:24:35Monsieur le ministre
00:24:36vous l'avez dit vous-même
00:24:37changer parcours sup
00:24:38ne sert à rien
00:24:39si nous n'ouvrons pas
00:24:40davantage de place
00:24:41dans le supérieur.
00:24:42Un million de candidats
00:24:43en 2026
00:24:44un record
00:24:45et paradoxalement
00:24:46l'offre recule
00:24:47année après année
00:24:4843 000 places
00:24:50de moins
00:24:50en 2025
00:24:5110 300 de moins
00:24:52cette année
00:24:53à la mi-juillet
00:24:54126 500 jeunes
00:24:56n'avaient
00:24:57aucune proposition
00:24:59c'est une pénurie
00:25:00organisée.
00:25:02Alors dans vos annonces
00:25:03monsieur le ministre
00:25:04les calculs
00:25:04ne sont pas bons.
00:25:0515 000 places
00:25:07à la rentrée
00:25:082027
00:25:08quand les organisations
00:25:09étudiantes
00:25:10et lycéennes
00:25:11en demandent
00:25:12250 000.
00:25:14Vous allez supprimer
00:25:15le nom du lycée
00:25:16d'origine
00:25:17en 2028
00:25:189 ans
00:25:19après que le défenseur
00:25:20des droits
00:25:20a jugé
00:25:22que ce critère
00:25:23était discriminatoire.
00:25:25Il était temps
00:25:26mais effacer
00:25:27le nom du lycée
00:25:28n'efface pas
00:25:29les inégalités
00:25:30elles sont déjà
00:25:31dans les notes
00:25:31dans les filières
00:25:32en France
00:25:33l'établissement fréquenté
00:25:34explique près de 40%
00:25:36des écarts de niveau
00:25:38entre élèves.
00:25:39Parcours sup
00:25:39c'est aussi une machine
00:25:40à fabriquer du renoncement.
00:25:42Une lycéenne
00:25:43de ma circonscription
00:25:44me l'a écrit
00:25:44elle rêve de Sciences Po
00:25:46mais elle envisage
00:25:47de ne pas faire d'études
00:25:48du tout.
00:25:48Pourquoi ?
00:25:49Parce qu'elle est lucide
00:25:50et ce sait en concurrence
00:25:51avec des élèves
00:25:52venant de meilleurs lycées
00:25:53qui ont plus d'opportunités
00:25:55qu'elles
00:25:56et aussi parce qu'elle se dit
00:25:57qu'un bac plus 5
00:25:58l'endettera pendant des années
00:26:00sans garantie d'emploi.
00:26:01Voilà ce que devient
00:26:03l'égalité des chances
00:26:04des jeunes qui se trient
00:26:05eux-mêmes
00:26:06avant que l'algorithme
00:26:07ne le fasse.
00:26:08vous annoncez aussi
00:26:10de l'information
00:26:10sur la réorientation
00:26:12dès le premier semestre.
00:26:14On va donc mieux expliquer
00:26:15aux jeunes
00:26:16comment essayer
00:26:16d'entrer dans une formation
00:26:18qu'on leur refuse
00:26:19ou dans une formation
00:26:21qu'il et elle refuse.
00:26:24Car il peut arriver
00:26:25de se tromper de voix
00:26:25après le bac
00:26:26quand on n'a pas été
00:26:27bien aiguillé.
00:26:28Un autre témoignage local
00:26:29celui de Candice
00:26:31l'illustre.
00:26:32Quand elle a cherché
00:26:33à se réorienter
00:26:34elle explique
00:26:35avoir dû affronter
00:26:36seule la complexité
00:26:38de la procédure.
00:26:40On lui avait recommandé
00:26:41de multiplier les vœux
00:26:42pour ne pas se retrouver
00:26:44sans études.
00:26:45Mais elle n'en a formulé
00:26:47que deux.
00:26:48D'abord parce qu'elle
00:26:49craignait de suivre
00:26:50une formation
00:26:51qui ne l'intéresse
00:26:52pas du tout
00:26:53en assumant
00:26:54le coût d'une année
00:26:55d'études
00:26:55et aussi parce qu'elle
00:26:57ne pouvait pas financer
00:26:58le loyer d'un logement.
00:27:00Aujourd'hui
00:27:01elle a intégré par défaut
00:27:03une licence de philosophie
00:27:05dans l'objectif
00:27:06de tenter
00:27:06une seconde fois
00:27:07d'entrer en psychologie
00:27:09en novembre
00:27:10sans la moindre garantie
00:27:12d'y être admise.
00:27:13Je la cite
00:27:14« Je n'ai jamais eu
00:27:16de difficultés particulières
00:27:17à l'école.
00:27:18Mes notes
00:27:19et mes appréciations
00:27:20ont toujours été bonnes.
00:27:22Pourtant
00:27:23je dois me battre
00:27:25pour accéder
00:27:26à la licence
00:27:26que je souhaite.
00:27:27Étudier
00:27:28ne devrait pas être
00:27:29un privilège
00:27:30que l'on mérite
00:27:31en croisant les doigts
00:27:32met un droit. »
00:27:36C'est l'exemple
00:27:37de Candice
00:27:37et un cas
00:27:38parmi des dizaines
00:27:39des centaines
00:27:39de milliers d'autres
00:27:40qui redisent toujours
00:27:42sensiblement
00:27:43la même chose.
00:27:44Le stress,
00:27:45les portes fermées,
00:27:47le manque de moyens,
00:27:49le refus
00:27:49ou l'obligation
00:27:50de se tourner
00:27:51vers les sirènes
00:27:52du privé,
00:27:53la frustration
00:27:54et trop souvent
00:27:55à la fin
00:27:56le renoncement
00:27:57au projet professionnel.
00:27:59malgré plusieurs stages
00:28:01pour enrichir
00:28:02leurs connaissances
00:28:03et valoriser
00:28:03leurs dossiers,
00:28:04trop de candidats
00:28:05essuient
00:28:06plusieurs refus
00:28:07et se retrouvent
00:28:08bien loin
00:28:09sur les listes
00:28:10d'attente
00:28:10des universités.
00:28:12Les jeunes
00:28:13se heurtent
00:28:14à une réalité
00:28:14cruelle,
00:28:15l'égalité des chances
00:28:17n'est plus que
00:28:17de la poudre
00:28:18de perlimpinpin.
00:28:20Parcoursup
00:28:20ne rend pas service
00:28:21aux jeunes,
00:28:22il ne rend pas
00:28:23non plus
00:28:23le service
00:28:24à la société.
00:28:25Prenons l'exemple
00:28:26des instituts
00:28:27de formation
00:28:28aux soins infirmiers.
00:28:29Avant 2009,
00:28:30il y avait un concours
00:28:30d'entrée
00:28:31où les jeunes
00:28:32présentaient
00:28:32leur motivation
00:28:33face à des soignants.
00:28:35Parcoursup
00:28:35l'a supprimé.
00:28:37Résultat,
00:28:37les élèves
00:28:38découvrent le métier
00:28:39en cours de route
00:28:39et décrochent
00:28:40entre 20 et 30%
00:28:43d'abandon
00:28:43en première année
00:28:44alors qu'il nous manquera
00:28:4580 000 infirmières
00:28:47en 2050.
00:28:49Abrogé Parcoursup,
00:28:50nous l'avons réclamé.
00:28:51Ce que nous demandons
00:28:53est clair,
00:28:53un système
00:28:54qui arrête
00:28:54de mettre
00:28:54les élèves
00:28:55sous pression
00:28:56deux ans avant le bac.
00:28:57Un droit d'accès
00:28:58au premier cycle
00:28:59pour tout bachelier
00:29:00avec une priorité
00:29:01dans son académie.
00:29:03Un système
00:29:04qui prenne mieux en compte
00:29:05l'expérience
00:29:06et la motivation
00:29:07et rétablisse
00:29:08des moyens humains
00:29:08pour le mesurer.
00:29:10Des places en BTS
00:29:10et en BUT,
00:29:11des moyens
00:29:12enfin pour l'université.
00:29:13Les jeunes
00:29:14ne réclament pas
00:29:14un meilleur algorithme,
00:29:16ils réclament
00:29:16une place
00:29:17dans la société
00:29:17et le droit
00:29:18de construire
00:29:19leur avenir.
00:29:20A vous maintenant
00:29:21de les écouter.
00:29:22Merci beaucoup
00:29:23monsieur le député.
00:29:25La parole est à présent
00:29:27à monsieur Franz Gums
00:29:28pour le groupe
00:29:29Les Démocrates.
00:29:38Merci.
00:29:40Madame la Présidente,
00:29:41Monsieur le Premier ministre,
00:29:44Messieurs les ministres,
00:29:46Messieurs les collègues,
00:29:47depuis plusieurs semaines,
00:29:49les lycéens se mobilisent
00:29:50partout en France,
00:29:51c'est vrai,
00:29:53au-delà des débordements
00:29:54que nous regrettons tous,
00:29:55ils nous disent
00:29:56quelque chose de profond,
00:29:58leur angoisse
00:29:59face à l'avenir.
00:30:01Avec les députés
00:30:02et les démocrates,
00:30:03nous avons pris soin
00:30:04de rencontrer
00:30:04la jeunesse mobilisée
00:30:05dans nos permanences
00:30:07dans les lycées
00:30:08et dans les universités.
00:30:10Nous avons vu
00:30:11combien Parcoursup
00:30:12est devenu
00:30:12le symbole
00:30:14de cette angoisse.
00:30:15Avec Pierrick Courbon,
00:30:18j'ai conduit
00:30:19pour la Commission
00:30:20des affaires culturelles
00:30:21et d'éducation
00:30:21une mission flash
00:30:23sur Parcoursup.
00:30:25Nous avons entendu
00:30:26des lycéens,
00:30:28des étudiants,
00:30:28des parents,
00:30:29des enseignants,
00:30:30des chefs d'établissement,
00:30:31des universités,
00:30:33des chercheurs
00:30:34et d'autres partenaires.
00:30:36Et je veux d'abord
00:30:37vous dire ici,
00:30:39la suppression
00:30:40de Parcoursup
00:30:41n'a pas été
00:30:42un des sujets,
00:30:44un sujet aussi répandu
00:30:46qu'il paraît l'être
00:30:47aujourd'hui.
00:30:49Notre conclusion
00:30:50tient en une phrase.
00:30:52Parcoursup n'est ni
00:30:53une machine
00:30:54à broyer la jeunesse,
00:30:55comme on dit,
00:30:56mais ce n'est pas
00:30:57non plus
00:30:57une solution miracle.
00:30:59Et cela,
00:31:00me semble-t-il,
00:31:01restera vrai
00:31:02quel que soit
00:31:03le nom
00:31:03de son successeur.
00:31:06Ce n'est pas
00:31:07une machine à broyer
00:31:07parce que Parcoursup
00:31:08porte des améliorations
00:31:10par rapport
00:31:11à ses prédécesseurs.
00:31:13Souvenons-nous
00:31:13d'APB.
00:31:14Quand une filière
00:31:15était trop demandée,
00:31:16on tirait les étudiants
00:31:17au sort.
00:31:18C'est donc le hasard
00:31:19qui décidait
00:31:20de l'avenir d'un jeune.
00:31:21Ce n'est plus le cas.
00:31:23Aujourd'hui,
00:31:23l'immense majorité
00:31:24des lycéens
00:31:25trouvent une place,
00:31:26pas toujours celle souhaitée,
00:31:27c'est vrai,
00:31:28mais une place tout de même.
00:31:30Et la plateforme
00:31:31a aussi ouvert
00:31:32des portes
00:31:33qui restaient fermées.
00:31:35Grâce au quota,
00:31:37près de 19 400 lycéens
00:31:38boursiers
00:31:39ont été admis
00:31:40dans une formation
00:31:41qu'ils n'auraient pas
00:31:42obtenue sans eux.
00:31:44Derrière ces chiffres,
00:31:46il y a des visages
00:31:47des jeunes
00:31:48qui ont trouvé leur voie.
00:31:50Mais ce n'est pas non plus
00:31:51une solution miracle,
00:31:52disais-je.
00:31:54Parcoursup est un outil,
00:31:55une machine.
00:31:56Il ne crée pas le problème,
00:31:58il le révèle.
00:31:58Et ce problème,
00:32:00c'est l'inadéquation
00:32:01entre l'offre de formation
00:32:03et la demande des jeunes.
00:32:06Inadéquation
00:32:07en nombre de places.
00:32:08D'abord,
00:32:09les filières
00:32:09les plus demandées
00:32:10n'en ont pas assez.
00:32:12En droit,
00:32:13en Paris 1,
00:32:14j'ai trouvé
00:32:1519 000 candidats
00:32:16qui ont été classés
00:32:17pour 745 places.
00:32:21Inadéquation
00:32:22géographique ensuite.
00:32:24Les ultramarins,
00:32:25par exemple,
00:32:26pourraient préférer
00:32:27aller à Montpellier
00:32:28ou à Toulouse
00:32:29car les hivers,
00:32:31ils sont moins rigoureux.
00:32:33Mais ne trouvent pas
00:32:34la place,
00:32:35ils ne trouvent de place
00:32:36qu'au Havre
00:32:36qui est à Lille
00:32:37qui sont par ailleurs
00:32:38de Belleville.
00:32:43Nous avons massifié
00:32:44les candidats,
00:32:46mais nous n'avons pas
00:32:47massifié l'accueil.
00:32:49Ce problème est très difficile
00:32:50à résoudre.
00:32:51Et je me méfie
00:32:52de ceux
00:32:53qui prétendent
00:32:54le contraire.
00:32:55Je pense à cet étudiant
00:32:57que j'ai rencontré,
00:32:58que nous avons rencontré,
00:32:59un élève brillant
00:33:00qui a obtenu
00:33:01un très bon bac,
00:33:02un bac avec
00:33:03une très bonne note.
00:33:04Mais ses notes
00:33:05de première
00:33:05n'étaient pas
00:33:06à la hauteur.
00:33:08Or,
00:33:08c'est sur ce dossier
00:33:09de première
00:33:09arrêté au printemps
00:33:11que les formations
00:33:12l'ont jugé.
00:33:13Il n'a pas obtenu
00:33:14la formation
00:33:15qu'il voulait.
00:33:16Son excellent bac
00:33:17arrivait trop tard.
00:33:18Lui-même avoue
00:33:20que c'est dès la première
00:33:21qu'il aurait dû
00:33:21fournir plus d'efforts.
00:33:23Il a manqué
00:33:24de conseils stratégiques.
00:33:26L'autre faille,
00:33:27c'est donc
00:33:27l'accompagnement.
00:33:29Quand on laisse
00:33:29l'orientation aux familles,
00:33:31tout le monde le sait,
00:33:31l'inégalité est totale.
00:33:33L'enfant dont les parents
00:33:34connaissent l'enseignement
00:33:35supérieur,
00:33:36sait quelle filière visée,
00:33:37comment rédiger ses voeux,
00:33:39les autres se débrouillent
00:33:41tout seuls
00:33:41ou renoncent.
00:33:43Parmi les lycéens,
00:33:44sans réponse positive
00:33:45à la fin
00:33:45de la phase principale,
00:33:47un sur deux
00:33:47n'a reçu
00:33:48aucun accompagnement
00:33:49pour préparer
00:33:50la phase complémentaire.
00:33:51C'est ce que nous révèle
00:33:52le questionnaire
00:33:53de la mission Flash
00:33:54auquel plus de 1 600 personnes
00:33:56ont répondu.
00:33:57C'est pourquoi
00:33:58je veux dire
00:33:58un mot
00:33:59des fausses promesses.
00:34:00Certains expliquent
00:34:01aux lycéens
00:34:02qu'il suffirait
00:34:03de supprimer
00:34:04Parcoursup.
00:34:05Je ne pense pas
00:34:05que ce soit vrai.
00:34:07Supprimer une plateforme
00:34:08ne crée pas
00:34:08une seule place
00:34:09sans licence.
00:34:10Cela ne recrute pas
00:34:11un seul psychologue.
00:34:12Cela ne forme pas
00:34:13un seul professeur.
00:34:15beaucoup se joue
00:34:16avant Parcoursup,
00:34:18d'ailleurs.
00:34:18Sur ce point,
00:34:19le gouvernement a fait
00:34:20des annonces
00:34:21que je salue
00:34:21faisant sienne
00:34:23certaines des propositions
00:34:24de notre rapport.
00:34:25Un accompagnement
00:34:26à l'orientation
00:34:27dès la classe de seconde
00:34:28ou encore une lettre
00:34:29de motivation
00:34:31demandée seulement
00:34:31si elle est utile.
00:34:33Ce sont quelques avancées
00:34:35importantes
00:34:35et vous pourrez compter
00:34:36sur notre groupe,
00:34:38M. le ministre,
00:34:38pour veiller
00:34:38à leur mise en œuvre.
00:34:40Je voudrais simplement
00:34:41partager quelques pistes
00:34:42pour les prolonger.
00:34:43Il faut rendre
00:34:44effectives
00:34:45les 54 heures annuelles
00:34:46d'orientation
00:34:47qui sont prévues
00:34:48par les textes.
00:34:49Non pas plus,
00:34:51mais il faut mieux
00:34:51former les professeurs
00:34:52principaux à qui
00:34:53l'on confie beaucoup
00:34:54sans toujours leur donner
00:34:55des outils.
00:34:57Il faut veiller
00:34:57à l'attractivité
00:35:00des métiers
00:35:00de l'accompagnement.
00:35:02Les 500 postes
00:35:03de psychologues,
00:35:03d'infirmiers
00:35:04et d'assistants
00:35:04de services sociaux
00:35:05sont une très bonne nouvelle.
00:35:07Cela nous invite toutefois
00:35:08à accompagner
00:35:09cette création
00:35:10de postes
00:35:10d'un travail
00:35:11sur les conditions
00:35:12d'emploi
00:35:12pour que chaque poste ouvert
00:35:14trouve preneur.
00:35:15Beaucoup se jouent
00:35:16aussi après
00:35:17parcours sup
00:35:18au moment
00:35:19où les formations
00:35:19examinent les dossiers.
00:35:21C'est là que naît
00:35:21le sentiment d'injustice,
00:35:23un refus
00:35:24sans explication,
00:35:25des critères
00:35:26que personne ne connaît,
00:35:27un premier tri
00:35:28fait sur les seules notes
00:35:29par un algorithme local.
00:35:31Là aussi,
00:35:32je veux reconnaître
00:35:33que le gouvernement
00:35:33a entendu
00:35:35notre mission.
00:35:36Les critères
00:35:36d'examen
00:35:37des formations
00:35:37seront publiés.
00:35:38chaque lycéen
00:35:40saura
00:35:41ce que l'on attend
00:35:42de lui
00:35:42avant de candidater.
00:35:44Nous voulons
00:35:45mieux accompagner
00:35:46notre jeunesse
00:35:47dans leur entrée
00:35:48dans la vie adulte.
00:35:49Nous voulons
00:35:50une orientation
00:35:51qui ne lui ferme pas
00:35:52trop de portes.
00:35:53L'égalité des chances
00:35:54ne se joue pas
00:35:55en un clic
00:35:56sur une plateforme
00:35:57et se construit
00:35:58tout au long
00:35:59du chemin
00:36:00vers l'âge adulte.
00:36:01Je vous remercie.
00:36:02Monsieur le Premier ministre,
00:36:05Messieurs les ministres,
00:36:07Monsieur le Président
00:36:07de nos commissions,
00:36:08mes chers collègues,
00:36:10huit ans,
00:36:11huit ans
00:36:11que nous alertons
00:36:12sur Parcoursup,
00:36:14huit ans
00:36:14que nous dénonçons
00:36:15une plateforme
00:36:17qui angoisse,
00:36:18qui trie
00:36:18et qui sonne
00:36:19des adolescents
00:36:20de s'orienter
00:36:21dès 15 ans.
00:36:22Huit ans
00:36:22que vous nous répondez
00:36:24réussite technique,
00:36:25transparence,
00:36:26mérite.
00:36:27Début octobre encore,
00:36:29vous juriez
00:36:29qu'il n'était pas question
00:36:30d'y toucher.
00:36:31Et puis,
00:36:32la jeunesse s'est levée.
00:36:34Cinq semaines de mobilisation
00:36:35et enfin,
00:36:36vous reculez.
00:36:37Cette victoire,
00:36:38c'est celle
00:36:39de la jeunesse mobilisée
00:36:41et elle signe
00:36:42votre défaite politique.
00:36:44Dès 2021,
00:36:45notre groupe
00:36:46défendait
00:36:47une proposition
00:36:47de loi
00:36:48permettant
00:36:49d'anonymiser
00:36:52le lycée d'origine,
00:36:53de publier
00:36:54les critères
00:36:55de sélection
00:36:55et d'accompagner
00:36:56l'orientation
00:36:57dès la seconde.
00:36:58Votre majorité
00:36:59avait alors
00:37:00tout rejeté.
00:37:01Ce que vous refusiez
00:37:02hier comme exigence
00:37:03minimale,
00:37:04vous le concédez
00:37:05aujourd'hui
00:37:06sous la pression
00:37:07de la rue
00:37:07et vous convoquez
00:37:08ce débat
00:37:08sans vote
00:37:09pour nous demander
00:37:10et maintenant
00:37:11que fait-on ?
00:37:11Vous venez chercher
00:37:13auprès de nous
00:37:13la solution
00:37:14d'un problème
00:37:14que vous avez créé
00:37:15à six mois
00:37:17de votre départ
00:37:18en sachant très bien
00:37:19que vous ne le réglerez pas.
00:37:21Nous allons quand même
00:37:22vous répondre.
00:37:23Supprimer
00:37:23par poursup
00:37:24est inévitable
00:37:25tant ce dispositif
00:37:27est massivement
00:37:28rejeté.
00:37:28Il est devenu
00:37:29le symbole
00:37:30de votre échec.
00:37:31C'est le visage
00:37:32d'une pénurie
00:37:33que vous avez organisée.
00:37:34En 2026,
00:37:361,046,000 candidats,
00:37:38soit 66,000 de plus
00:37:40en un an.
00:37:41Pendant ce temps,
00:37:43les places reculent.
00:37:44Le 11 juillet,
00:37:45126,000 jeunes
00:37:47n'avaient aucune proposition.
00:37:48A la fin de la procédure,
00:37:5156,000
00:37:52n'avaient toujours rien.
00:37:54Supprimer
00:37:54par cours sup
00:37:55sans ouvrir de place,
00:37:57c'est changer
00:37:57le nom du tri.
00:38:00Et ce tri,
00:38:00il trahit la loi.
00:38:02L'article L612-3
00:38:04du Code de l'éducation
00:38:05le dit en toutes lettres.
00:38:06Le premier cycle
00:38:07est ouvert
00:38:07à tous les titulaires
00:38:09du baccalauréat.
00:38:10Pourquoi ?
00:38:10Parce que depuis
00:38:121808,
00:38:13le baccalauréat
00:38:14est le premier
00:38:14grade universitaire.
00:38:16A savoir,
00:38:17son bac,
00:38:17c'est avoir
00:38:18le droit d'entrer
00:38:20à l'université.
00:38:21La loi promet
00:38:23une place
00:38:23à chaque bachelier
00:38:24et vous organisez
00:38:26la pénurie
00:38:26qui trahit cette promesse.
00:38:28Regardez les Outre-mer.
00:38:30Ce sont le miroir
00:38:31grossissant
00:38:32de votre politique.
00:38:33A Mayotte,
00:38:35puis j'aurais pu parler
00:38:35d'autres territoires
00:38:37d'Outre-mer,
00:38:38ou en Guyane,
00:38:39il y a moins de place
00:38:40en première année
00:38:41que de bacheliers.
00:38:4381% des candidats
00:38:45maorais
00:38:46sont contraints
00:38:47de formuler
00:38:47un vœu
00:38:48dans l'hexagone
00:38:49et qui part.
00:38:51Les enfants
00:38:51des classes supérieures
00:38:52fautent deux places.
00:38:54Partir à des milliers
00:38:55de kilomètres
00:38:55n'est pas un choix.
00:38:57C'est un exil
00:38:58réservé
00:38:59à celles et ceux
00:38:59qui peuvent se le payer
00:39:00un tri social organisé.
00:39:03Cette pénurie
00:39:04est organisée
00:39:06méthodiquement
00:39:06en trois temps.
00:39:07Le premier temps,
00:39:08on sépare.
00:39:09On met à part
00:39:10les filières sélectives,
00:39:11les classes préparatoires
00:39:12et grandes écoles
00:39:13hors de l'université.
00:39:15Les moyens publics
00:39:16consacrés à un élève
00:39:17de classe préparatoire
00:39:18est de 19 070 euros par an
00:39:21et un étudiant
00:39:22à l'université
00:39:2312 460 euros.
00:39:26Et cette séparation
00:39:27se lit sur la carte.
00:39:29Dans mon département,
00:39:30la Seine-Saint-Denis,
00:39:31seuls 28 % de jeunes
00:39:32ont accès
00:39:33dans leur secteur
00:39:34à un lycée
00:39:34proposant
00:39:35une classe préparatoire.
00:39:36Et à Paris,
00:39:37100 %.
00:39:38Les enfants
00:39:39des milieux favorisés
00:39:40d'un côté,
00:39:42les autres,
00:39:43de l'autre.
00:39:44Deuxième temps,
00:39:45on comprime.
00:39:47Avec la loi LRU,
00:39:48on met en place
00:39:49l'autonomie budgétaire.
00:39:5119 ans plus tard,
00:39:52quel bilan ?
00:39:53L'État transfère
00:39:54des dépenses
00:39:54et des responsabilités
00:39:55qui ne compensent pas
00:39:56et met sous pression
00:39:57peu à peu
00:39:59nos universités.
00:40:00Évidemment,
00:40:01dans ce contexte,
00:40:02les universités
00:40:03gèlent les recrutements,
00:40:05ferment les formations
00:40:06et suppriment des places.
00:40:09Troisième temps,
00:40:10le privé.
00:40:11Le privé ramasse la mise.
00:40:13Les jeunes refusés
00:40:14par l'université publique
00:40:16deviennent sa clientèle cible.
00:40:18Plus d'un étudiant sur quatre
00:40:19est aujourd'hui inscrit
00:40:20dans le privé.
00:40:21Parcours sûr,
00:40:22parcours supulsaire même
00:40:23de vitrine,
00:40:24en ouvrant grand la porte
00:40:26à des formations
00:40:27en alternance
00:40:27agréées par le ministère
00:40:29du Travail
00:40:29et non par celui
00:40:30de l'enseignement supérieur.
00:40:33Et en amont,
00:40:34faute de services publics,
00:40:35de l'orientation,
00:40:36ce sont les prépas privés
00:40:38et les coachs
00:40:39à plusieurs centaines d'euros
00:40:40qui vendent aux familles
00:40:41un remède à l'angoisse
00:40:42que vous avez créé.
00:40:44Un marché
00:40:44qui n'est pas loin
00:40:46de l'arnaque.
00:40:47Séparés,
00:40:48comprimés,
00:40:49puis livrés au marché.
00:40:50Voilà la méthode.
00:40:52Vous ne l'avez jamais assumée,
00:40:53mais elle porte un nom,
00:40:54la privatisation
00:40:55de l'enseignement supérieur.
00:40:57Chaque place
00:40:58que vous refusez
00:40:58à l'université publique,
00:41:00vous la vendez au privé.
00:41:02Pourquoi tout cela ?
00:41:03Parce que derrière Parcoursup,
00:41:05il y a une idée.
00:41:06Cette idée,
00:41:07c'est que tout le monde
00:41:08n'aurait pas besoin
00:41:09d'aller à l'université,
00:41:10qu'il n'y aurait pas
00:41:11assez d'argent
00:41:12et que, de toute façon,
00:41:13ce ne serait pas souhaitable
00:41:15parce qu'il faudrait
00:41:16des chaudronniers,
00:41:17des soudeurs,
00:41:17des techniciens
00:41:18pour réindustrialiser le pays.
00:41:20Et vous avez raison,
00:41:22nous en avons grand besoin.
00:41:24Mais qui pense
00:41:24qu'ils doivent être exclus
00:41:26des savoirs universitaires,
00:41:28sans doute les mêmes
00:41:30que ceux qui ont considéré
00:41:31que les futurs bacheliers
00:41:32professionnels
00:41:33devraient passer moins
00:41:35de temps en classe
00:41:35et plus de temps
00:41:36en entreprise.
00:41:38Alors, je vous pose la question.
00:41:39Que craignez-vous
00:41:40que nos futurs ouvriers
00:41:41puissent découvrir
00:41:42dans les filières
00:41:43de sciences sociales
00:41:44que vous méprisez tant ?
00:41:45Craignez-vous
00:41:46qu'ils comprennent
00:41:47la société dans laquelle
00:41:48nous vivons
00:41:48et les politiques de classe
00:41:50que vous mettez en œuvre ?
00:41:51Oui, ce que vous craignez,
00:41:53et nous savons que c'est aussi
00:41:54ce qui fait peur
00:41:55à l'extrême droite,
00:41:56qui, eux,
00:41:57qui se prétendent
00:41:58des amis des travailleurs,
00:41:59vous craignez
00:42:00que ces jeunes découvrent
00:42:01que la richesse produite
00:42:02naît avant tout
00:42:03de leur travail,
00:42:04qu'ils découvrent
00:42:05que leurs parents,
00:42:06qui galèrent à remplir
00:42:07le caddie après 40 ans
00:42:08de travail,
00:42:09ont une espérance de vie
00:42:10de 10 ans inférieure
00:42:11à celle des couches supérieures
00:42:13et qu'ici même,
00:42:14pendant ce temps-là,
00:42:16ont refusé
00:42:16de taxer le capital
00:42:17au prétexte
00:42:18qu'ils rémunèrent un risque.
00:42:20Voilà notre désaccord.
00:42:21Ils ne se limitent pas
00:42:23à Parcoursup.
00:42:24Vous voulez faire des formations
00:42:25post-bac,
00:42:26une chaîne de tri
00:42:27au service du patronat ?
00:42:29Nous, nous voulons
00:42:30une université publique
00:42:32de l'émancipation,
00:42:34lieu de rencontre
00:42:35de tous les bacheliers.
00:42:37Cette logique de tri
00:42:38commence au lycée.
00:42:40Parcoursup et la réforme
00:42:42blancaire de 2018
00:42:43forment un tout.
00:42:45L'une a été pensée
00:42:47pour alimenter l'autre.
00:42:50Qu'a produit cette réforme ?
00:42:52Des emplois du temps
00:42:53éclatés.
00:42:55Un groupe de classe
00:42:56disloqué
00:42:57où un élève
00:42:58peut changer
00:42:59six fois de classe
00:43:00dans la semaine.
00:43:02Cette réforme
00:43:03a servi,
00:43:04a aussi servi
00:43:05à supprimer
00:43:06des heures de poste.
00:43:0818% des heures
00:43:09de maths
00:43:09en lycée générale
00:43:10et 14 heures
00:43:11d'heures
00:43:12en SES.
00:43:13En huit ans,
00:43:15les épreuves du bac
00:43:15ont changé
00:43:16cinq fois
00:43:17de format
00:43:17ou de calendrier
00:43:18sans même compter
00:43:20les modifications
00:43:20qui ont été liées
00:43:21au Covid.
00:43:22Résultat,
00:43:23plus personne
00:43:24ne sait
00:43:25à quoi correspond
00:43:26le bac.
00:43:26Et quand le diplôme
00:43:27national ne vaut plus rien,
00:43:29c'est le nom
00:43:29de l'établissement,
00:43:31du lycée
00:43:31qui fait le tri.
00:43:33Il faut abroger
00:43:34cette réforme
00:43:34et rétablir
00:43:35un bac national
00:43:36avec des épreuves
00:43:37terminales anonymes.
00:43:38Rendre un bac
00:43:39au bac
00:43:40sa valeur
00:43:40de première grade
00:43:43universitaire
00:43:43et ainsi
00:43:44rendre son sens
00:43:45au droit d'accès.
00:43:47C'est la première
00:43:47garantie d'égalité
00:43:49devant des études
00:43:50supérieures.
00:43:51Mais ouvrir les portes
00:43:52ne suffit pas
00:43:53si l'on ne peut
00:43:54pas subvenir
00:43:55à ses besoins
00:43:56durant ses études.
00:43:57Vous le reconnaissez
00:43:58vous-même,
00:43:59l'enseignement supérieur
00:44:00s'est massifié.
00:44:01Il ne s'est pas
00:44:02démocratisé.
00:44:03Près d'un étudiant
00:44:04sur cinq
00:44:05vit sous le seuil
00:44:06de pauvreté
00:44:06et près de la moitié
00:44:08travaille.
00:44:09L'échec
00:44:09est souvent dû
00:44:10à un emploi
00:44:12subi
00:44:12et un loyer
00:44:13exorbitant
00:44:14dans le parc privé
00:44:14faute de place
00:44:15dans les crousses.
00:44:17Ajoutons à cela
00:44:18que du fait
00:44:19de vos politiques
00:44:19d'austérité
00:44:20et de la désaxation
00:44:21des barèmes
00:44:22d'accès aux bourses,
00:44:23ce pays compte
00:44:2487 000 boursiers
00:44:25en moins
00:44:26qu'il y a 5 ans.
00:44:29Démocratiser
00:44:29l'université,
00:44:30c'est donner
00:44:30aux étudiants
00:44:31le pouvoir
00:44:31de vivre.
00:44:32Pour cela,
00:44:34nos revendications
00:44:34sont claires.
00:44:36Tout de suite,
00:44:36des bourses indexées
00:44:38et versées
00:44:38sur 12 mois
00:44:39à l'image
00:44:40de ma proposition
00:44:41de loi
00:44:41qui a été adoptée
00:44:42dans cet hémicycle
00:44:43il y a quelques mois.
00:44:44Là encore,
00:44:45vous voulez que les enfants
00:44:46d'ouvriers
00:44:47travaillent tôt.
00:44:48Nous voulons
00:44:48qu'ils aient le temps
00:44:49d'apprendre.
00:44:50Nos exigences immédiates
00:44:51sont claires
00:44:52et elles sont les mêmes
00:44:53que celles des jeunes
00:44:54qui vous ont fait
00:44:54reculer dans la rue.
00:44:56250 000 places
00:44:58dès la rentrée
00:44:592027
00:44:59comme le demandent
00:45:01les organisations
00:45:01lycéennes et étudiantes.
00:45:03Vous en annoncez
00:45:0315 000,
00:45:04presque toutes
00:45:05hors licence générale.
00:45:06C'est 6%
00:45:07de ce qu'il faut.
00:45:08Un système
00:45:09d'affectation
00:45:10publique
00:45:10et transparent.
00:45:11La fin du contrôle
00:45:12continu
00:45:12et une procédure
00:45:14close en juillet.
00:45:16Un véritable service
00:45:17public
00:45:17de l'orientation
00:45:18avec un conseiller
00:45:20pour 500 élèves
00:45:21pour en finir
00:45:22avec le marché
00:45:23du coaching
00:45:23et des prépas privés.
00:45:26Vous allez nous parler
00:45:27de coûts.
00:45:27Vous avez su trouver
00:45:296,5 milliards
00:45:30pour la défense.
00:45:31Préparer l'avenir
00:45:32ne peut se résumer
00:45:33à préparer la guerre
00:45:34et préparer l'avenir
00:45:35c'est donner
00:45:36à toute une génération
00:45:38les moyens d'étudier.
00:45:39La jeunesse
00:45:40vous a fait reculer
00:45:42une fois.
00:45:44Elle peut recommencer.
00:45:45Elle recommencera
00:45:46et nous serons
00:45:46à ses côtés.
00:45:48Je vous remercie.
00:45:50Merci beaucoup
00:45:51Madame la députée.
00:45:53La parole est à présent
00:45:54à Monsieur Maxime Michelet
00:45:56pour le groupe UDR.
00:46:15Merci Madame la Présidente.
00:46:16Monsieur le Premier ministre,
00:46:18Messieurs les ministres,
00:46:19Monsieur le Président
00:46:20de la Commission,
00:46:20Mesdames, Messieurs
00:46:21les députés.
00:46:23Le débat qui nous occupe
00:46:24aujourd'hui
00:46:25est pour notre Assemblée
00:46:25une redite.
00:46:26En février dernier
00:46:27à l'initiative
00:46:28du groupe UDR
00:46:29et de son président
00:46:29Éric Ciotti,
00:46:30ce débat a déjà eu lieu.
00:46:32Nous avions demandé
00:46:34la tenue de ce débat
00:46:34car nous entendions bien
00:46:36sur tous les terrains
00:46:37de toutes nos circonscriptions
00:46:38monter la frustration
00:46:39et l'incompréhension
00:46:41face à une procédure
00:46:42onie et anxiogène
00:46:43par Coursup.
00:46:44Cette frustration
00:46:45nous semblait devoir
00:46:46mener tout au tard
00:46:46à la colère lycéenne.
00:46:47Il fallait lui répondre
00:46:49où s'était condamnée
00:46:50la jeunesse
00:46:50à se jeter
00:46:51dans les bras confortables
00:46:52de l'extrême-gauche
00:46:53dont la démagogie
00:46:54de la non-sélection
00:46:55pour chacun
00:46:56mènera inéluctablement
00:46:57à la démocratie
00:46:58de l'échec pour tous.
00:46:59La mobilisation lycéenne
00:47:01de ces dernières semaines
00:47:02nous a malheureusement
00:47:03donné raison.
00:47:04La colère a succédé
00:47:05à la frustration,
00:47:07colère immédiatement
00:47:08instrumentalisée
00:47:08par l'extrême-gauche,
00:47:09trop heureuse
00:47:10de jeter le désordre
00:47:11dans nos rues.
00:47:12Dès le début
00:47:13de cette mobilisation,
00:47:14le gouvernement
00:47:15aurait dû conditionner
00:47:16l'ouverture du dialogue
00:47:17à la fin des désordres,
00:47:19comme je vous y avais appelé,
00:47:20M. le ministre,
00:47:20le 6 octobre
00:47:21dans cet hémicycle même.
00:47:23En gouvernant
00:47:24sous la pression
00:47:24de la rue,
00:47:25vous avez entamé
00:47:26un dialogue
00:47:26avec le chaos
00:47:27qui vous a mis
00:47:28dans la main
00:47:28de l'extrême-gauche
00:47:29et d'une représentation
00:47:30tronquée
00:47:31et surpolitisée
00:47:32de la jeunesse française.
00:47:33Vous avez même fait
00:47:34le choix d'exclure
00:47:35une partie des représentants
00:47:36tels que reconnus
00:47:37par notre texte
00:47:38de la jeunesse étudiante,
00:47:39à savoir l'uni
00:47:40et propulsé au rang
00:47:41de représentants
00:47:43des influenceurs
00:47:44de réseaux sociaux
00:47:44dont le président
00:47:45de la République
00:47:45disait pourtant
00:47:46le même jour
00:47:46qu'ils abîment
00:47:47notre démocratie.
00:47:48Le dialogue
00:47:49que vous avez entamé
00:47:50ne peut finir
00:47:51qu'en duel,
00:47:52duel que vous ne pouvez
00:47:53que perdre,
00:47:53car la surenchère
00:47:54démagogique
00:47:54de l'extrême-gauche
00:47:55ne se contentera jamais
00:47:57de vos concessions,
00:47:57elle veut votre capitulation.
00:47:59Vous tracez enfin
00:48:00des perspectives
00:48:01pour un avenir
00:48:02dont vous ne serez
00:48:03pas responsable
00:48:04puisque vous ne serez
00:48:05plus aux responsabilités
00:48:06dans six mois.
00:48:08Dans Parcoursup,
00:48:09il faut distinguer
00:48:09la plateforme
00:48:10et la procédure.
00:48:11La plateforme
00:48:12est utile
00:48:13et même nécessaire.
00:48:14Elle a connu
00:48:15des améliorations,
00:48:16rassemble un nombre
00:48:17considérable de formations,
00:48:19centralise les voeux
00:48:20de plus d'un million
00:48:21de candidats.
00:48:21La procédure,
00:48:22quant à elle,
00:48:23est un naufrage,
00:48:24souffrant d'opacité
00:48:25et de mécaniques
00:48:26byzantines
00:48:27qui font planer sur elle
00:48:27l'accusation
00:48:28d'algorithmes aveugles
00:48:30et surtout car elle
00:48:31se nourrit
00:48:32des dossiers
00:48:32Parcoursup,
00:48:33devenu une source
00:48:34d'anxiété permanente
00:48:35pour les élèves,
00:48:36leurs familles,
00:48:36mais aussi une activité
00:48:38chronophage pour les établissements,
00:48:39les professeurs
00:48:40et les administrations.
00:48:41Le baromètre commandé
00:48:43par le ministère lui-même
00:48:44témoigne de cet échec
00:48:45puisque la procédure
00:48:47est jugée par 82%
00:48:48des lycéens
00:48:49comme une procédure stressante,
00:48:51par la majorité d'entre eux
00:48:52comme une procédure opaque,
00:48:53tandis que seulement
00:48:54moins d'un tiers
00:48:55la considèrent comme équitable.
00:48:56Cette procédure
00:48:57souffre de très nombreux défauts.
00:48:58Parcoursup
00:48:59souffre tout d'abord
00:49:00du contrôle continu
00:49:01qui entendait réduire
00:49:03l'anxiété des épreuves du bac
00:49:04mais n'a réussi
00:49:05qu'à généraliser
00:49:06cette anxiété
00:49:07à toutes notes reçues
00:49:08provoquant d'innombrables tensions
00:49:10entre élèves et professeurs
00:49:11mais surtout entre professeurs
00:49:12et familles.
00:49:13Parcoursup
00:49:14souffre également
00:49:14de la réforme du bac
00:49:15de Jean-Michel Blanquer.
00:49:17Cette réforme
00:49:17a surchargé
00:49:18les emplois du temps
00:49:19en les rendant complexes
00:49:20mais elle a surtout instauré
00:49:21à la fin de la seconde
00:49:22un choix déterminant
00:49:23et angoissant
00:49:24parmi trop de spécialités
00:49:25dont l'une choisie
00:49:26pour être abandonnée.
00:49:28Parcoursup
00:49:28souffre aussi
00:49:29dans la droite ligne
00:49:29de cette fausse promesse
00:49:30de libre choix
00:49:31de la non-hiérarchisation
00:49:33des voeux
00:49:34qui produit
00:49:35des listes d'attente
00:49:36d'une longueur insensée.
00:49:38Ces listes d'attente
00:49:39infligent à certains élèves
00:49:40la violence
00:49:40d'un fatidique jour
00:49:42des résultats
00:49:42Parcoursup
00:49:43sans réponse positive
00:49:45mais aussi
00:49:46des positions vertigineuses
00:49:47sur listes d'attente
00:49:48que tous les secrétaires
00:49:49de scolarité de France
00:49:50et Jean Fus
00:49:51sont amenés
00:49:52à devoir expliquer
00:49:53avec pédagogie
00:49:53à des familles désespérées.
00:49:56Parcoursup
00:49:56souffre encore
00:49:57de deux phases
00:49:58interminables
00:49:59de mai à septembre
00:50:00où les élèves
00:50:01d'un moins bon niveau
00:50:01académique
00:50:02doivent attendre
00:50:03que les excellents dossiers
00:50:04admis en tête
00:50:06de tous les classements
00:50:07dans toutes les formations
00:50:08libèrent leur place
00:50:09pour appeler
00:50:09les candidats suivants.
00:50:10Parcoursup
00:50:11souffre enfin
00:50:11d'un calendrier
00:50:13qui ne permet pas
00:50:14d'intégrer
00:50:14les résultats du baccalauréat
00:50:16organisés
00:50:16après les résultats
00:50:17Parcoursup
00:50:18si ce n'est
00:50:18sous la forme byzantine
00:50:19d'un dispositif
00:50:20meilleur bachelier
00:50:21qui ne fait qu'ajouter
00:50:22l'opacité
00:50:23de la procédure.
00:50:24Ce calendrier
00:50:25qui était aussi
00:50:26celui d'APB
00:50:27il faut bien le reconnaître
00:50:28a totalement dévalorisé
00:50:29le baccalauréat
00:50:30et a donné une place
00:50:31majeure
00:50:32au contrôle continu.
00:50:33En un mot
00:50:34il est temps
00:50:35de reconnaître
00:50:35que la procédure
00:50:36Parcoursup
00:50:36est un faux
00:50:37monnayage scolaire.
00:50:39Les dossiers
00:50:39Parcoursup
00:50:40sont de la fausse monnaie
00:50:41offerte à nos lycéens.
00:50:43Fausse monnaie
00:50:44malheureusement
00:50:44annonciatrice
00:50:45de diplômes
00:50:46eux-mêmes dévalorisés.
00:50:47Cette fausse monnaie
00:50:48vous la reconnaissez
00:50:49vous-même
00:50:49Monsieur le Ministre
00:50:50puisque parmi vos mesures
00:50:51vous annoncez
00:50:52l'anonymisation
00:50:53des établissements
00:50:54d'origine
00:50:54et la pondération
00:50:55nationale des notes.
00:50:57Faudrait-il comprendre
00:50:58dès lors
00:50:58que tous les établissements
00:51:00ne noteraient pas
00:51:00de la même manière
00:51:01et que certaines notes
00:51:02ne seraient pas
00:51:03le témoignage sincère
00:51:04du niveau académique
00:51:05des élèves.
00:51:06Une note
00:51:07qui ne vaut rien
00:51:08malgré une valeur faciale
00:51:09élevée
00:51:10cela s'appelle
00:51:10de la fausse monnaie.
00:51:12En proposant
00:51:13une pondération nationale
00:51:14vous ne proposez
00:51:15qu'une nouvelle usine
00:51:16à gaz
00:51:16une nouvelle
00:51:17monstruosité
00:51:18technocratique.
00:51:19Et fort de cette pondération
00:51:20vous proposez
00:51:21l'anonymisation
00:51:22qui ne règlera rien
00:51:23mais complexifiera
00:51:24toujours davantage
00:51:25l'examen des dossiers.
00:51:27Alors nous partageons
00:51:28pourtant vos intentions.
00:51:29Oui
00:51:30il faut une échelle
00:51:32d'évaluation nationale
00:51:33commune
00:51:33à tous les élèves
00:51:34de France.
00:51:35Oui
00:51:35il faut que l'établissement
00:51:36d'origine
00:51:37ne soit pas
00:51:37un facteur discriminant.
00:51:39Cela a un nom
00:51:40cela a été créé
00:51:41il y a 118 ans
00:51:42par l'empereur Napoléon
00:51:43cela s'appelle
00:51:44le baccalauréat.
00:51:45Pour mettre fin
00:51:46à la dévaluation
00:51:47des dossiers
00:51:47de nos lycéens
00:51:48il est urgent
00:51:49de rendre au baccalauréat
00:51:50son rôle essentiel
00:51:52de certification
00:51:53des compétences
00:51:54acquises
00:51:55dans l'enseignement secondaire
00:51:57et de premier grade
00:51:58de l'enseignement supérieur.
00:52:00L'outil
00:52:00d'orientation
00:52:01d'admission
00:52:02et nous le disons
00:52:03de sélection
00:52:04dans l'enseignement supérieur
00:52:05c'est le baccalauréat.
00:52:07Le principe
00:52:08de la sélection
00:52:08nous l'assumons
00:52:09car il faut dire
00:52:09en vérité
00:52:10aux jeunes de ce pays
00:52:11si leurs compétences
00:52:13acquises
00:52:13peuvent leur permettre
00:52:14de réussir
00:52:15dans la filière choisie.
00:52:17Le refus
00:52:18de la sélection
00:52:18n'est qu'un mensonge
00:52:20une démagogie
00:52:21qui amène
00:52:21la moitié
00:52:22des étudiants
00:52:22de première année
00:52:23à échouer
00:52:24et une nation
00:52:25comme la France
00:52:25ne peut pas
00:52:26se contenter
00:52:27de cette statistique
00:52:27déplorable.
00:52:28Cette statistique
00:52:29est la conséquence
00:52:30d'une massification
00:52:31impensée
00:52:32qui produit
00:52:33simultanément
00:52:34beaucoup d'échecs
00:52:34et beaucoup de frustrations
00:52:36y compris parmi
00:52:36les cortèges
00:52:37de surdiplômés
00:52:38sans déboucher professionnel.
00:52:40A toute cette jeunesse
00:52:42à laquelle on a menti
00:52:43sur son niveau acquis
00:52:44ou sur les perspectives
00:52:46des formations suivies
00:52:47la gauche
00:52:48et l'extrême gauche
00:52:49racontent la fable
00:52:50d'un système
00:52:50tout entier pensé
00:52:51contre eux
00:52:51alors que c'est
00:52:52la démagogie
00:52:53de la non-sélection
00:52:54qui alimente
00:52:55ces drames personnels
00:52:56car la sélection
00:52:57ce n'est pas le tri
00:52:58des origines sociales
00:52:59mais le tri
00:53:00des compétences
00:53:00acquises
00:53:01pour garantir
00:53:02la réussite
00:53:03des étudiants.
00:53:04L'orientation
00:53:05c'est certifier
00:53:06des compétences
00:53:07et comprendre
00:53:08les appétences
00:53:08personnelles
00:53:09pour tracer
00:53:10une voie
00:53:10de formation.
00:53:12En somme
00:53:13le système
00:53:14d'orientation
00:53:14et d'admission
00:53:15dans la séance supérieure
00:53:16a besoin
00:53:16d'adéquation
00:53:17adéquation
00:53:19entre les ambitions
00:53:19de chacun
00:53:20et le contenu
00:53:20des formations
00:53:22adéquation
00:53:22entre l'exigence
00:53:23des formations
00:53:24et les capacités
00:53:25de chacun
00:53:25adéquation
00:53:26entre l'offre
00:53:27de formation
00:53:27et les débouchés
00:53:28professionnels
00:53:29et enfin
00:53:30adéquation
00:53:30entre l'offre
00:53:31de formation
00:53:31et les besoins
00:53:32de la nation
00:53:33française.
00:53:34Aujourd'hui
00:53:35face au défi
00:53:36de l'IA
00:53:36ou de la
00:53:37réindustrialisation
00:53:39la nation
00:53:40a ainsi besoin
00:53:40d'ingénieurs
00:53:41et de techniciens
00:53:43alors il est essentiel
00:53:44de fournir
00:53:45dans le secondaire
00:53:46et dans le supérieur
00:53:46les formations
00:53:47adéquates.
00:53:49En faisant
00:53:50le choix massif
00:53:50de la filière
00:53:51générale
00:53:51comme voie
00:53:52de réussite
00:53:53privilégiée
00:53:53comme signe
00:53:54de reconnaissance
00:53:54sociale
00:53:55mais comme voie
00:53:56trop souvent
00:53:57sans issue
00:53:57l'éducation nationale
00:53:58a fait le choix
00:53:59général
00:53:59de l'échec
00:54:00et de l'inadéquation.
00:54:02Nous avons
00:54:03le besoin urgent
00:54:04dès lors de revaloriser
00:54:05les voies professionnelles
00:54:06et technologiques
00:54:07parce que la nation
00:54:08a besoin des compétences
00:54:09acquises au sein
00:54:10de ces filières.
00:54:12Les principes
00:54:13qui doivent fonder
00:54:14la réforme du système
00:54:15d'orientation
00:54:15et d'admission
00:54:16sont donc simples.
00:54:18L'orientation
00:54:19dans les collèges
00:54:19et les lycées
00:54:20doit devenir
00:54:20une cause nationale
00:54:21notamment par la formation
00:54:23des professeurs
00:54:23en la matière.
00:54:24Le baccalauréat
00:54:25doit redevenir
00:54:26la porte d'entrée
00:54:27dans l'enseignement
00:54:28supérieur
00:54:29afin que le recrutement
00:54:30dans celui-ci
00:54:31soit réalisé
00:54:32sur la certification
00:54:33sincère et équitable
00:54:34des compétences
00:54:35acquises.
00:54:36L'enseignement supérieur
00:54:37doit pouvoir
00:54:38sélectionner
00:54:39son recrutement
00:54:40sur des critères
00:54:41transparents de niveau
00:54:42dans les disciplines
00:54:43essentielles
00:54:44à la réussite.
00:54:45Pour réussite
00:54:46en licence d'histoire,
00:54:47il faut avoir le bac
00:54:48mais faut-il encore
00:54:49ne pas avoir
00:54:49six de moyenne
00:54:50en histoire.
00:54:51Enfin,
00:54:52l'offre de formation
00:54:53dans l'enseignement supérieur
00:54:53doit être réinterrogée
00:54:55non seulement
00:54:56pour donner
00:54:56des voies d'excellence
00:54:57et des hauts niveaux
00:54:58pour la poursuite
00:54:59des études,
00:55:00des bacheliers
00:55:00professionnels
00:55:01et technologiques
00:55:02mais aussi
00:55:02pour correspondre
00:55:03aux besoins
00:55:03de l'économie
00:55:05et de la nation.
00:55:06Il est urgent
00:55:07Monsieur le Premier Ministre
00:55:08d'arrêter de mentir
00:55:09à la jeunesse de France.
00:55:10Depuis trop d'années
00:55:11leurs dossiers
00:55:12sont de la fausse monnaie,
00:55:13les mensonges confortables
00:55:14de politiques
00:55:15trop usillanimes
00:55:16pour affronter
00:55:16la réalité du décrochage.
00:55:18Demain,
00:55:19avec Marine Le Pen,
00:55:20nous leur dirons la vérité,
00:55:21nous les prendrons
00:55:22enfin au sérieux,
00:55:23nous leur promettrons
00:55:24le relèvement général
00:55:25du niveau
00:55:25et nous leur garantirons
00:55:26que chacun
00:55:27puisse réussir
00:55:28selon ses acquis,
00:55:29ses compétences
00:55:30et ses talents.
00:55:30Je vous remercie.
00:55:31Merci beaucoup
00:55:32Monsieur le député.
00:55:34La parole est à présent
00:55:35à Monsieur Roger Chudeau
00:55:37pour le Rassemblement national.
00:55:51Madame la Présidente,
00:55:53Monsieur le Premier Ministre,
00:55:54Messieurs les Ministres,
00:55:54chers collègues,
00:55:56Parcoursup,
00:55:57pour paraphraser Karl Marx,
00:55:59on pourrait dire
00:56:00en souriant,
00:56:01un spectre
00:56:02entre les lycées,
00:56:04Parcoursup.
00:56:04De quoi s'agit-il ?
00:56:07L'article L612.3
00:56:09du Code de l'éducation
00:56:10institue pour les bacheliers
00:56:11une préinscription
00:56:13dans les établissements
00:56:15d'enseignement supérieur.
00:56:16Cette disposition
00:56:17est partie intégrante
00:56:18de la loi
00:56:19Orientation et réussite
00:56:20des étudiants
00:56:20du 8 mars 2018.
00:56:22L'ambition de cette loi
00:56:23était de,
00:56:24je cite,
00:56:25mieux accompagner
00:56:25les étudiants
00:56:26et favoriser leur réussite
00:56:28dans les filières
00:56:29d'enseignement supérieur
00:56:29qu'ils ont choisi.
00:56:31Il s'agissait alors
00:56:32de corriger les errements
00:56:33de l'algorithme APB
00:56:34et surtout de mettre
00:56:36un terme à l'échec massif
00:56:37des néo-bacheliers
00:56:38en première année
00:56:39d'université.
00:56:4050% d'entre eux
00:56:41échouaient en première année.
00:56:43Qu'en est-il aujourd'hui ?
00:56:44Après cette année
00:56:45de Parcoursup,
00:56:46l'échec en première année
00:56:47est toujours aussi massif.
00:56:49Un étudiant sur deux
00:56:50échoue toujours
00:56:51en première année.
00:56:52Moins de 40% d'entre eux
00:56:53parviennent au bout
00:56:54de 4 ans
00:56:55à décrocher une licence.
00:56:57Que faut-il en conclure ?
00:56:59La préaffectation
00:57:00dans l'enseignement supérieur
00:57:01est inopérante
00:57:02puisqu'elle ne place
00:57:03que la moitié
00:57:04de nos étudiants
00:57:04dans des conditions
00:57:05favorables à leur réussite.
00:57:07Cette préaffectation
00:57:08dans son architecture actuelle
00:57:10est un échec
00:57:10patent.
00:57:11Un de plus,
00:57:12me direz-vous.
00:57:14Pouvons-nous pour autant
00:57:14nous passer d'un algorithme
00:57:16de préaffectation ?
00:57:17Pour le remplacer par quoi ?
00:57:19Par des fiches en carton
00:57:20dans les boîtes à chaussures ?
00:57:21Nous ne pouvons pas
00:57:22au XXIe siècle
00:57:23nous passer des outils
00:57:24d'analyse,
00:57:25des candidatures
00:57:26que fournissent
00:57:26les systèmes d'information
00:57:28et l'intelligence artificielle.
00:57:30Au fond,
00:57:30Parcoursup
00:57:31n'est qu'un outil
00:57:32que nous proposons
00:57:33nous au Rassemblement National
00:57:33de modifier profondément
00:57:35afin qu'il soit transparent,
00:57:37pertinent,
00:57:37juste et efficace.
00:57:39Ces défauts,
00:57:39parlons des défauts,
00:57:40ces défauts portent
00:57:41sur ce qui se passe
00:57:42ou plutôt ne se passe pas
00:57:43en amont
00:57:44et dont mes collègues
00:57:45Tesson et Pérez
00:57:46nous parlerons tout à l'heure.
00:57:47Mais dans l'espèce,
00:57:48ils portent
00:57:48sur la complexité
00:57:49de Parcoursup,
00:57:50son architecture,
00:57:52son calendrier
00:57:52et surtout
00:57:54sur ce qui se passe
00:57:55dans les établissements
00:57:56d'enseignement supérieur
00:57:57après la préaffectation
00:57:58car c'est là
00:57:59que gît le lièvre.
00:58:01La complexité,
00:58:02tout d'abord.
00:58:0325 000 formations
00:58:04offertes au catalogue,
00:58:05les 20 vœux
00:58:06et leurs possibles
00:58:0720 sous-vœux des élèves
00:58:08ne sont pas hiérarchisés.
00:58:09En amont de la procédure,
00:58:10les lycéens de seconde
00:58:11ont dû choisir
00:58:12des trios de spécialités
00:58:13parmi 300 combinaisons possibles.
00:58:16Qui peut s'y retrouver ?
00:58:17L'architecture,
00:58:18maintenant.
00:58:19Pour accéder
00:58:20à l'enseignement supérieur,
00:58:21l'algorithme personnalise
00:58:22la candidature.
00:58:23Sur le plan académique,
00:58:24les notes du bulletin scolaire,
00:58:26des épreuves anticipées
00:58:27du bac,
00:58:27les notes du contrôle continu
00:58:28sont prises en compte.
00:58:30Or,
00:58:30ces critères sont biaisés.
00:58:31Le contrôle continu,
00:58:32par exemple,
00:58:33est aléatoire.
00:58:34Il varie en fonction
00:58:35de l'établissement
00:58:36et du style de notation
00:58:37du professeur.
00:58:38De fait,
00:58:39le baccalauréat
00:58:40n'est plus qu'une formalité
00:58:41substantielle
00:58:41car les résultats
00:58:42aux épreuves terminales
00:58:43ne sont pas pris en compte
00:58:44par l'algorithme.
00:58:45Pire,
00:58:46les épreuves de spécialité
00:58:48qui traduisent
00:58:48les choix d'orientation
00:58:49futurs des lycéens
00:58:50sont passés en juin
00:58:52et donc ignorés
00:58:53du système
00:58:54qui préoriente
00:58:55vers les formations
00:58:56auxquelles
00:58:58les étudiants
00:58:59se destinent.
00:59:00Il s'ensuit
00:59:00que les critères académiques
00:59:01sont en réalité
00:59:02inopérants
00:59:03pour que l'algorithme
00:59:04fasse oeuvre utile
00:59:05car il n'est pas nourri
00:59:06des données essentielles
00:59:08à son efficacité.
00:59:09C'est là,
00:59:10selon nous,
00:59:10le principal défaut
00:59:11de Parcoursup.
00:59:12Le calendrier,
00:59:14la campagne ouvre
00:59:15en janvier,
00:59:15se conclut en avril.
00:59:16Durant toute cette période,
00:59:17les lycéens ne pensent
00:59:18qu'à cela,
00:59:19au détriment
00:59:19de l'acquisition
00:59:20des connaissances.
00:59:21Dès avril,
00:59:22l'absentéisme devient massif
00:59:23car tout est joué.
00:59:25Parcoursup
00:59:25désorganise,
00:59:26en fait,
00:59:27une année de terminale
00:59:28déjà bouleversée
00:59:28par la réforme
00:59:29blanquière de lycée.
00:59:31Venons-en enfin
00:59:31à ce qui se passe
00:59:32après la préaffectation.
00:59:34Chaque formation
00:59:35d'enseignement supérieur
00:59:35traite à son tour,
00:59:37selon ses propres critères,
00:59:39les centaines
00:59:39ou parfois les milliers
00:59:40de préaffectés.
00:59:42Il existe
00:59:43de très nombreux
00:59:43algorithmes maisons,
00:59:44parfois de simples
00:59:45tableaux Excel,
00:59:47des commissions d'admission
00:59:48qui planchent
00:59:48sur les dossiers papiers
00:59:49et tout cela
00:59:50sans coordination,
00:59:52sans contrôle,
00:59:53sans transparence.
00:59:54Le sentiment d'arbitraire,
00:59:55de loterie
00:59:56qu'éprouvent
00:59:56les lycéens
00:59:57trouve là
00:59:58légitimement sa source.
01:00:00Alors,
01:00:00que faire,
01:00:01M. le Premier ministre ?
01:00:01Vous vouliez des propositions,
01:00:02les voici.
01:00:031.
01:00:04Réduire à un nombre acceptable
01:00:05le nombre de formations
01:00:06du catalogue.
01:00:072.
01:00:07Le baccalauréat
01:00:08doit redevenir
01:00:09un examen
01:00:09de bon niveau académique
01:00:10dont les résultats
01:00:11aux épreuves terminales
01:00:12doivent être intégralement
01:00:13pris en compte
01:00:14par Parcoursup
01:00:14car c'est le sens
01:00:15et la logique
01:00:16de cet examen.
01:00:173.
01:00:17Il doit être mis fin
01:00:18à la prise en compte
01:00:20du contrôle continu.
01:00:21Le calendrier doit être
01:00:22resserré en fin d'année,
01:00:23à l'époque de l'IA,
01:00:24qu'on ne me dise pas
01:00:25que c'est impossible.
01:00:264.
01:00:26Le système de sélection
01:00:27des étudiants
01:00:28mis en place
01:00:28dans les établissements
01:00:29d'enseignement supérieur
01:00:30doivent être labellisés
01:00:31par l'autorité académique
01:00:32et leur usage réel
01:00:33contrôlé par celle-ci.
01:00:35Un semestre de propédeutique
01:00:37doit être proposé
01:00:37aux étudiants
01:00:38afin de leur permettre
01:00:39de vérifier leur choix
01:00:40d'orientation
01:00:40et le cas échéant
01:00:41de se mettre
01:00:41au niveau d'exigence
01:00:42académique du supérieur.
01:00:44Parcoursup
01:00:45est affecté
01:00:45par construction
01:00:46de graves défauts
01:00:47qui est en fait
01:00:48une usine à stress.
01:00:49Soyez certains
01:00:50qu'en 2027,
01:00:51le gouvernement
01:00:51de Marine Le Pen
01:00:52et Jardane Berdella
01:00:53mettra fin à ce gâchis
01:00:54et rétablira la sérénité
01:00:56qui doit présider
01:00:57aux études
01:00:57dans nos lycées.
01:00:58Je vous remercie.
01:00:59Merci beaucoup
01:01:00Monsieur le député.
01:01:02La parole est à présent
01:01:03à Madame Violette Spilboud
01:01:05pour le groupe
01:01:05Ensemble pour la République.
01:01:21Madame la Présidente,
01:01:23Monsieur le Premier Ministre,
01:01:24Messieurs les Ministres,
01:01:25Monsieur le Président
01:01:27de la Commission,
01:01:28chers collègues
01:01:28et chers représentants
01:01:30des lycéens
01:01:31et des étudiants.
01:01:33On a un système
01:01:34qui va mal,
01:01:35on en souffre
01:01:36et on a la sensation
01:01:37de ne jamais être écouté.
01:01:39Ces mots,
01:01:40une lycéenne
01:01:41de ma circonscription
01:01:42à Lille
01:01:42me les a dit
01:01:43pendant les blocages.
01:01:44Elle demandait,
01:01:45comme beaucoup d'autres,
01:01:46qu'on la prenne
01:01:47au sérieux
01:01:48et qu'on agisse.
01:01:49Alors prenons-la au sérieux,
01:01:51prenons-les au sérieux
01:01:52avec des faits.
01:01:5382% des lycéens
01:01:55jugent Parcoursup stressant.
01:01:5729% seulement
01:01:59le trouvent équitable.
01:02:01Cet été,
01:02:01plus de 32 000 jeunes
01:02:03sans solution
01:02:03ont dû saisir
01:02:04une commission d'accès.
01:02:05C'est une crise de confiance.
01:02:08Pour autant,
01:02:09tout n'est pas à jeter.
01:02:11Parcoursup a mis fin
01:02:12au tirage au sort
01:02:13et comme le rappelait
01:02:15récemment
01:02:15Jean-Michel Blanquer,
01:02:16le taux d'échec
01:02:18en fin de première année
01:02:19est passé de 60%
01:02:20en 2017
01:02:21à 50% aujourd'hui.
01:02:23Alors c'est un progrès réel
01:02:25même si c'est encore
01:02:26largement insuffisant.
01:02:28Et la réalité d'aujourd'hui,
01:02:29malheureusement,
01:02:30c'est la phrase
01:02:31que l'on entend le plus.
01:02:32Je suis content du résultat
01:02:34mais j'ai eu tellement peur.
01:02:37Il faut donc corriger
01:02:39ce qui fait peur
01:02:40et refondre
01:02:41tout un processus
01:02:43de sélection
01:02:43et d'orientation.
01:02:44Car supprimer
01:02:45Parcoursup
01:02:46sans solution
01:02:47ce serait une catastrophe.
01:02:48Ce sont les présidents
01:02:50d'universités françaises
01:02:51qui le disent.
01:02:52Promettre l'abolition
01:02:53sans alternatif
01:02:54ce serait dangereux
01:02:55et le stuatuco
01:02:57n'est pas notre ligne
01:02:58non plus.
01:03:00Depuis le 10 octobre,
01:03:01notre président de groupe
01:03:02Gabriel Attal
01:03:03a posé les leviers
01:03:04principaux
01:03:05pour Parcoursup.
01:03:06Moins de pression
01:03:08du contrôle continu,
01:03:09davantage
01:03:10d'épreuves terminales,
01:03:11plus de chances
01:03:12pour les filières
01:03:13professionnelles
01:03:14et d'innovation,
01:03:15plus d'accompagnement
01:03:16humain.
01:03:18Alors messieurs
01:03:18les ministres,
01:03:19vos annonces de lundi
01:03:20vont dans le bon sens.
01:03:22Avec mes collègues
01:03:23du groupe
01:03:23Ensemble pour la République,
01:03:25déjà pour la session
01:03:26de 2027,
01:03:27nous vous demandons
01:03:28deux avancées
01:03:29fondamentales.
01:03:31La transparence
01:03:32et l'équité.
01:03:34Une transparence
01:03:35réelle d'abord.
01:03:36Un refus expliqué,
01:03:37c'est un rang,
01:03:39des critères,
01:03:40un seuil.
01:03:41Pas un message type.
01:03:42La décision de sélection
01:03:43doit rester celle
01:03:45des établissements
01:03:45qui jugent en conscience,
01:03:47mais leurs outils
01:03:48de classement
01:03:48doivent être publics
01:03:50comme la Cour des Comptes
01:03:51le demande depuis 2020.
01:03:53Et puis ensuite,
01:03:54une équité
01:03:55de la sélection.
01:03:56Conscient de l'importance
01:03:57de chaque évaluation,
01:03:58les professeurs,
01:03:59vous le savez,
01:04:00gonflent les notes
01:04:01pour ne pas porter préjudice
01:04:02à l'orientation
01:04:03de leurs élèves.
01:04:04La notation finit
01:04:05par perdre de sa valeur,
01:04:06à tel point
01:04:07que certaines formations
01:04:08du supérieur
01:04:09attribuent à chaque dossier
01:04:10un coefficient
01:04:11en fonction du lycée
01:04:13d'origine,
01:04:13recréant ainsi
01:04:14opacité et inégalité.
01:04:16Alors,
01:04:17il faudra répondre
01:04:18à cette attente
01:04:19très forte
01:04:20de nos lycéens
01:04:21pour qu'il y ait
01:04:22moins de discrimination
01:04:22en fonction du lycée
01:04:24d'origine,
01:04:24en réfléchissant
01:04:26avec eux
01:04:26à une objectivation
01:04:28nationale des résultats.
01:04:29Mais attention,
01:04:31ne renonçons pas
01:04:32à une école exigeante
01:04:33qui permette
01:04:35de choisir
01:04:36son orientation,
01:04:37d'être mieux accompagnée
01:04:38et la vraie reconnaissance
01:04:39de qualifications
01:04:40et de compétences.
01:04:42Je veux aussi,
01:04:43Monsieur le Premier ministre,
01:04:44Messieurs les ministres,
01:04:45vous relayer l'alerte
01:04:46de mon collègue
01:04:47Sylvain Maillard
01:04:47à la suite des échanges
01:04:49avec la conférence
01:04:50des grandes écoles.
01:04:51Il faudra revoir
01:04:52le calendrier
01:04:53de Parcoursup
01:04:54au niveau européen,
01:04:55au regard des enjeux européens.
01:04:57Alors que certains
01:04:58établissements européens
01:04:59répondent aux candidats
01:05:00déjà en février,
01:05:01nous,
01:05:02avec Parcoursup,
01:05:02nous ne répondons
01:05:03qu'en juin.
01:05:04Résultat,
01:05:05nous perdons des élèves
01:05:06et des talents
01:05:07pour la France.
01:05:08Et au-delà de 2027,
01:05:10on doit aussi
01:05:11se dire les choses.
01:05:12Le débat de ce soir
01:05:13ne porte pas seulement
01:05:15sur une plateforme.
01:05:17Remplacer Parcoursup,
01:05:18c'est en vérité
01:05:19aborder des questions
01:05:21qui divisent profondément
01:05:22dans notre pays
01:05:23et ici,
01:05:24dans notre hémicycle.
01:05:25Comment réformer
01:05:26notre enseignement supérieur
01:05:27pour aller davantage
01:05:29vers les filières
01:05:30qui mènent
01:05:30au métier d'avenir,
01:05:31évaluer chaque filière
01:05:32évaluer leur débouché ?
01:05:35Que doit être
01:05:36le baccalauréat de demain ?
01:05:38Un examen national
01:05:39qui compte vraiment
01:05:40ou une moyenne
01:05:41de contrôle continu
01:05:42dont la valeur
01:05:42varie d'un lycée
01:05:43à l'autre ?
01:05:44Comment articuler
01:05:46le lycée,
01:05:47ses spécialités
01:05:48et le premier cycle
01:05:49du supérieur ?
01:05:51Comment faire face
01:05:52à la transformation
01:05:53des formations
01:05:53et des métiers
01:05:54avec l'intelligence artificielle ?
01:05:57Ce ne sont pas finalement
01:05:58des questions techniques,
01:06:00ce sont des choix
01:06:01de société.
01:06:03Ils ne se décideront pas
01:06:05en six mois
01:06:05dans un groupe de travail
01:06:06ou même dans le comité
01:06:08de réforme
01:06:08qui va être mis en place.
01:06:10Ils appellent
01:06:11à un vrai débat démocratique
01:06:13et c'est devant les Français
01:06:14lors de la prochaine
01:06:15élection présidentielle
01:06:16qu'ils devront être tranchés.
01:06:19Monsieur le Premier ministre,
01:06:20pouvez-vous nous assurer
01:06:21que les travaux engagés
01:06:23prépareront ces choix
01:06:24sans les préempter
01:06:25et qu'ils associeront
01:06:27largement le Parlement ?
01:06:28Car nous,
01:06:29avec tous nos collègues
01:06:30du groupe Ensemble
01:06:31de la République,
01:06:32nous avons beaucoup
01:06:33de choses à dire
01:06:33et à proposer sur ce sujet
01:06:35tout au long du processus.
01:06:37Et ce processus,
01:06:38le cœur de son sujet,
01:06:39c'est l'orientation.
01:06:40On compte aujourd'hui
01:06:41un conseiller d'orientation
01:06:43pour plus de 1 000 élèves.
01:06:44Les 54 heures annuelles
01:06:46prévues au lycée
01:06:47sont inégalement assurées.
01:06:50Le second professeur
01:06:51principal de terminale
01:06:52n'existe pas partout.
01:06:54Et résultat,
01:06:55plus d'un candidat sur deux
01:06:57affirme ne pas avoir
01:06:58été accompagné
01:06:59pendant la phase d'admission.
01:07:01Ceux qui peuvent
01:07:03payent même
01:07:03un coach privé.
01:07:05Les autres se débrouillent.
01:07:07Ça, c'est l'injustice.
01:07:08Nous demandons donc
01:07:10une refonte complète
01:07:11de l'orientation.
01:07:12Des conseillers d'orientation
01:07:14en nombre suffisant,
01:07:15des conseils régionaux
01:07:17et des régions
01:07:17qui ont cette compétence
01:07:18depuis 2018,
01:07:19mais qui doivent être
01:07:21pleinement associés
01:07:22à la refonte
01:07:23engagée aujourd'hui
01:07:24par votre gouvernement.
01:07:26Un accompagnement
01:07:27renforcé
01:07:27et personnalités
01:07:28et, dès la seconde,
01:07:30mentorat,
01:07:31tutorat,
01:07:32stage de découverte
01:07:33professionnel
01:07:34dans les classes.
01:07:35et un véritable assistant
01:07:37IA,
01:07:38intelligence artificielle,
01:07:40qui devra accompagner
01:07:41chaque élève
01:07:42pour lui faire découvrir
01:07:43des formations
01:07:43qu'il ignore.
01:07:46Accompagner,
01:07:47suppose aussi simplement,
01:07:49c'est une évidence,
01:07:50des professeurs.
01:07:51Les lycéens nous l'ont dit
01:07:53et nous les avons entendus.
01:07:55Depuis des années,
01:07:56notre groupe,
01:07:57Ensemble pour la République,
01:07:58défend,
01:07:59budget après budget,
01:08:01des amendements
01:08:03préservant la rémunération
01:08:04des enseignants
01:08:05et le maintien
01:08:06du nombre d'enseignants
01:08:07malgré la baisse démographique.
01:08:09Un professeur
01:08:11devant chaque classe
01:08:12et des classes
01:08:12qui ne soient pas
01:08:13surchargées.
01:08:14Ce n'est pas un sujet
01:08:16à côté de Parcoursu,
01:08:17c'en est la fondation.
01:08:19Et pour le PLF 2027,
01:08:21les amendements
01:08:21que nous avons portés
01:08:22avec Anne Jente
01:08:23en commission éducation
01:08:25la semaine dernière,
01:08:26qui ont été adoptés
01:08:27en ce sens,
01:08:28doivent être,
01:08:29je vous le demande,
01:08:30retenus
01:08:30dans le budget final,
01:08:32M. le Premier ministre.
01:08:33Enfin,
01:08:34les places
01:08:35dans le post-bac.
01:08:36Les 15 000 places
01:08:37annoncées prochainement
01:08:38devront se poursuivre
01:08:39avec une programmation
01:08:41pluriannuelle intelligente.
01:08:43Assumons
01:08:43de fermer
01:08:44des formations
01:08:45qui ne conduisent pas
01:08:46suffisamment
01:08:47à l'emploi
01:08:47pour pouvoir renforcer
01:08:49celles qui proposent
01:08:50les métiers d'avenir.
01:08:53Mes chers collègues,
01:08:55devant ces charmants commentaires,
01:08:57je vais bientôt conclure,
01:08:58mais j'aimerais rappeler
01:09:00que l'évolution
01:09:01de Parcoursup
01:09:01évoquée dans ce débat
01:09:03est loin
01:09:03de satisfaire
01:09:04l'ensemble
01:09:05des autres revendications
01:09:06de la jeunesse.
01:09:07Car les inquiétudes
01:09:09de nos jeunes
01:09:09ne commencent pas
01:09:10sur Parcoursup.
01:09:11Elles commencent
01:09:12bien avant,
01:09:13tout au long
01:09:14du parcours scolaire.
01:09:15La consultation nationale
01:09:16dont vous avez publié
01:09:17les résultats
01:09:18le montre,
01:09:19messieurs les ministres.
01:09:20Les lycéens
01:09:21et les étudiants
01:09:21nous alertent
01:09:22sur les journées
01:09:23scolaires déséquilibrées,
01:09:24sur les barres timents
01:09:26inadaptées,
01:09:27sur les classes
01:09:28surchargées,
01:09:29sur les professeurs
01:09:30absents,
01:09:31l'insuffisance
01:09:32de remplacement,
01:09:33mais aussi
01:09:34sur la dégradation
01:09:35du climat scolaire,
01:09:37la violence
01:09:37à l'école
01:09:38et les difficultés
01:09:39de santé mentale.
01:09:40Je voulais commencer
01:09:41tranquillement,
01:09:43poliment,
01:09:43mais je vous ai écouté
01:09:45et c'est exaspérant.
01:09:47Vous avez
01:09:48le plus gros mouvement
01:09:50de jeunesse
01:09:50depuis des décennies
01:09:51et vous n'êtes capable
01:09:52que de ça,
01:09:53mais vous êtes
01:09:55caricaturalement mauvais.
01:09:56Monsieur le ministre
01:09:57de l'enseignement supérieur,
01:09:58dire qu'il n'y a que
01:09:5970 personnes
01:10:00recalées de Parcoursup,
01:10:01vous vous rendez compte
01:10:02de ce que vous dites ?
01:10:04Monsieur le ministre
01:10:05de l'éducation nationale,
01:10:06dire qu'ils vont avoir
01:10:07une heure de pause
01:10:08pour déjeuner,
01:10:08mais dans certains décès,
01:10:10ce n'est pas suffisant
01:10:10une heure.
01:10:1128 par classe
01:10:12uniquement pour les secondes
01:10:14parce que pour les premiers
01:10:15ou pour les terminales,
01:10:16ils n'ont pas un problème
01:10:17de classe surchargée,
01:10:18mais descendez
01:10:18de votre tour d'ivoire.
01:10:20C'est insupportable
01:10:21d'avoir à écouter
01:10:23vos discours
01:10:24mais si déconnectés
01:10:25de la réalité.
01:10:27Évidemment,
01:10:28évidemment qu'il n'y a
01:10:28aucun lycéen
01:10:29dans ce pays
01:10:30qui s'est dit
01:10:30« Ah tiens,
01:10:31je me suis mobilisé
01:10:32depuis des semaines
01:10:32et des mois
01:10:33et j'ai obtenu
01:10:34ce que je voulais. »
01:10:35Mais évidemment
01:10:35qu'il n'y a aucun lycéen
01:10:37qui va dire ça.
01:10:37Vous savez très bien
01:10:39que vous n'avez pas annoncé
01:10:39ce qu'ils veulent.
01:10:40Et qu'est-ce qui vous permet
01:10:41de dire que les jeunes
01:10:42vont finalement
01:10:42rentrer dans leur classe ?
01:10:43Après tout ce qu'ils ont fait,
01:10:45évidemment qu'ils ne vont pas
01:10:46retourner dans leur classe.
01:10:47Vous voyez ça ?
01:10:48Ça s'appelle
01:10:49un manque de respect.
01:10:50Et vous avez
01:10:51un immense problème
01:10:53de respect
01:10:53vis-à-vis
01:10:54de la jeunesse française.
01:10:55La première chose
01:10:56que vous devriez faire,
01:10:57monsieur le Premier ministre,
01:10:59c'est présenter
01:10:59des excuses.
01:11:00Présenter des excuses
01:11:01pour avoir dit
01:11:02qu'ils étaient manipulés
01:11:03par la France insoumise,
01:11:04ce qui insinue
01:11:05qu'ils ne savent pas
01:11:06penser par eux-mêmes.
01:11:07Présenter des excuses
01:11:08pour les avoir caricaturés
01:11:10comme des brûleurs
01:11:11de poubelles.
01:11:12Et surtout,
01:11:12présenter des excuses
01:11:13pour les violences policières,
01:11:15pour les coups de matraque,
01:11:16pour le gaz lacrymogène,
01:11:18pour les gardes à vue abusives,
01:11:19pour les sanctions disciplinaires,
01:11:20pour ceux que vous avez
01:11:21fait mutiler et éborgné.
01:11:22Les jeunes sont tous solidaires
01:11:25des ados que vous avez mutilés
01:11:26et éborgnés
01:11:27et pour qui vous n'avez pas eu
01:11:28un mot de compassion.
01:11:30Alors si vous n'avez pas
01:11:31la dignité de démissionner
01:11:32après ce que vous leur avez fait,
01:11:34ayez au moins la dignité
01:11:35de présenter des excuses
01:11:36à ces jeunes
01:11:37et à leurs familles.
01:11:38Question de respect
01:11:39sur la manière
01:11:40de faire vos annonces.
01:11:41Vous n'auriez pas dû
01:11:42faire ces annonces
01:11:43devant des influenceurs.
01:11:45Vous auriez dû le faire
01:11:46devant un lycée d'outre-mer,
01:11:47premier à s'être mobilisé,
01:11:49qui se bat pour le droit
01:11:50à être considéré,
01:11:51pour le droit à l'égalité,
01:11:52et même pour le droit à l'eau.
01:11:54Vous n'auriez pas dû oublier
01:11:55de parler des lycéens
01:11:56de la voie professionnelle
01:11:57et de leurs problèmes de stage.
01:11:58De même pour les alternants.
01:12:00Vous n'auriez pas dû oublier
01:12:01de parler du manque
01:12:02d'infirmières
01:12:02et du manque de conseillers
01:12:03d'orientation.
01:12:04Vous n'auriez pas dû oublier
01:12:05de parler des AESH,
01:12:07des enfants en situation
01:12:08de handicap.
01:12:08Vous n'auriez pas dû oublier
01:12:10de parler de ce que vous faites
01:12:11aux étudiants étrangers
01:12:12avec les APL
01:12:13et avec les frais d'inscription.
01:12:14Vous n'auriez pas dû mentir
01:12:15sur l'indexation
01:12:17des bourses sur l'inflation
01:12:18où vous ne rattrapez pas
01:12:19les trois dernières années de gel
01:12:20et même vous continuez
01:12:22de geler leurs APL.
01:12:23Vous n'auriez pas dû mentir
01:12:25au sujet du 8h-18h
01:12:26sur lequel vous ne faites rien
01:12:27alors que c'est une
01:12:28des principales revendications
01:12:29de ce mouvement.
01:12:30Vous n'auriez pas dû mentir
01:12:32sur le bâti scolaire
01:12:33puisque pour beaucoup
01:12:34de départements et de régions,
01:12:35elles n'ont pas toutes
01:12:36les capacités financières
01:12:37pour débloquer le prêt
01:12:38qui doit servir
01:12:39à la rénovation des bâtiments.
01:12:40Et vous n'auriez pas dû mentir
01:12:41sur le nombre de professeurs
01:12:42qui est clairement insuffisant
01:12:44pour garantir à tous
01:12:45un prof devant chaque classe.
01:12:46De même sur la santé mentale.
01:12:48500 profs et 500 psys,
01:12:50ça n'en garantit pas
01:12:51à tous les élèves.
01:12:52Ils ne vous demandent pas
01:12:53un Macbook dans chaque classe.
01:12:55Ils ne vous demandent pas
01:12:56une cantine gastronomique.
01:12:57Ils vous demandent simplement
01:12:58l'égalité scolaire.
01:13:00Et même après un mois
01:13:01de mobilisation,
01:13:02vous êtes incapables
01:13:03de leur fournir.
01:13:04Surtout, monsieur le Premier ministre,
01:13:06vous devez arrêter
01:13:06de prendre les gens
01:13:07pour des idiots.
01:13:08Dire que vous allez abroger
01:13:09Parcoursup en 2028,
01:13:11c'est-à-dire au moment
01:13:12où vous ne serez plus là,
01:13:13c'est prendre les gens
01:13:14pour des idiots.
01:13:15Dire qu'on ne peut pas
01:13:16abroger Parcoursup
01:13:17parce que sinon,
01:13:18on ne pourra pas traiter
01:13:18les dossiers,
01:13:19je pourrais dire
01:13:20que cette rhétorique
01:13:21n'est pas de votre niveau,
01:13:22mais je crains
01:13:22que ce soit le cas.
01:13:23Personne ne parle
01:13:24de supprimer une plateforme
01:13:26de centralisation des dossiers.
01:13:27Ce n'est pas ça le sujet.
01:13:29Le sujet,
01:13:29c'est au service
01:13:30de quelle politique
01:13:31se met cette plateforme.
01:13:33Parcoursup est une plateforme
01:13:34de sélection
01:13:35au service de votre vision
01:13:37politique libérale.
01:13:38Vous avez baissé les moyens
01:13:39dans les lycées
01:13:40et les universités publiques
01:13:42pour faire émerger
01:13:43les écoles privées
01:13:44dont le chiffre d'affaires
01:13:45a explosé
01:13:46de plus de 150%
01:13:47depuis que le président
01:13:48de la République
01:13:49est à l'Elysée.
01:13:50Bonus,
01:13:51vous les avez abondés
01:13:52de subventions publiques
01:13:53et en plus maintenant,
01:13:54ils peuvent directement
01:13:54faire des propositions
01:13:55dans Parcoursup.
01:13:56Ce qui fait que vous avez
01:13:57trois types de jeunes.
01:13:58Ceux qui sont acceptés
01:13:59dans le public
01:14:00et pas toujours avec la filière
01:14:01qu'ils veulent vraiment faire.
01:14:02Ceux qui ont été recalés
01:14:03mais qui ont les moyens
01:14:04de payer le privé
01:14:05et ceux qui n'ont rien du tout.
01:14:06Et pour savoir
01:14:07qui aura quelle filière,
01:14:09vous avez fait une réforme
01:14:10des lycées
01:14:11qui organise cette compétition
01:14:12entre adolescents
01:14:13de 15 à 18 ans
01:14:14pour savoir
01:14:15qui aura accès
01:14:16à la filière
01:14:16qui détermine
01:14:17le reste de sa vie.
01:14:18C'est pour ça
01:14:19que vous avez ces chiffres
01:14:19sur la santé mentale
01:14:20des jeunes
01:14:21parce que cette compétition
01:14:22n'est pas adaptée
01:14:23à des adolescents.
01:14:24A ça, les jeunes
01:14:25vous opposent une autre vision.
01:14:26L'éducation ne doit pas
01:14:27être un marché privé
01:14:28mais un service public
01:14:29d'intérêt des jeunes.
01:14:30Vous savez,
01:14:30Monsieur le Premier ministre,
01:14:31l'été dernier,
01:14:32les jeunes ont vécu
01:14:33la canicule
01:14:34la moins chaude
01:14:34du reste de leur vie.
01:14:35Le réchauffement climatique,
01:14:37c'est tristement leur avenir
01:14:38et ils l'ont tous les jours
01:14:39en tête.
01:14:39Pour affronter ce défi,
01:14:41on va avoir besoin
01:14:42d'ingénieurs,
01:14:43on va avoir besoin
01:14:43de médecins,
01:14:44d'infirmiers,
01:14:44d'aides-soignants,
01:14:45de géographes,
01:14:46de météorologues.
01:14:47Je vous donne ces exemples
01:14:48pour que vous compreniez
01:14:50qu'il ne s'agit pas
01:14:51d'ouvrir des places
01:14:51à l'université
01:14:52pour se faire plaisir
01:14:53mais d'avoir un haut niveau
01:14:54de formation
01:14:55pour affronter
01:14:56le dérèglement climatique.
01:14:57Si vous ne savez pas
01:14:58appliquer les revendications
01:15:00des jeunes,
01:15:00Monsieur le Premier ministre,
01:15:02je vous en prie,
01:15:02la porte,
01:15:03elle est juste ici.
01:15:04Il y a une majorité
01:15:05dans le pays
01:15:06qui ne demande que
01:15:07à vous voir partir
01:15:07et vous feriez des heureux.
01:15:09Sur les bancs
01:15:09de la France insoumise,
01:15:10j'ai au moins 5 noms
01:15:11de personnalités qualifiées
01:15:13pour appliquer
01:15:13les revendications
01:15:14des jeunes
01:15:14et occuper votre poste
01:15:16donc ce n'est pas un problème.
01:15:17Vous n'avez pas
01:15:18rependu en revendications
01:15:19donc les manifestations
01:15:20vont continuer
01:15:21et il se trouve
01:15:22que la prochaine manifestation
01:15:23c'est samedi
01:15:24et que c'est Halloween.
01:15:26Donc si les jeunes
01:15:26viennent toquer
01:15:27à votre porte
01:15:27et vous demandent
01:15:2810 milliards ou un sort,
01:15:29j'espère que vous aurez
01:15:30eu le temps
01:15:30de faire les courses.
01:15:31En attendant vos excuses
01:15:32et les 10 milliards,
01:15:33à samedi,
01:15:34Monsieur le Premier Ministre.
01:15:36Merci beaucoup
01:15:36Monsieur le député.
01:15:38La parole est à présent
01:15:39à Monsieur Pierrick Courbon
01:15:41pour le groupe socialiste.
01:15:56Madame la Présidente,
01:15:58Monsieur le Premier Ministre,
01:15:59Messieurs les Ministres,
01:16:00Monsieur le Président,
01:16:00chers collègues,
01:16:02près de deux mois
01:16:03après le début
01:16:04de la mobilisation lycéenne,
01:16:05vous avez enfin fait
01:16:06quelques annonces
01:16:06en direction de la jeunesse.
01:16:08Les députés socialistes
01:16:09veulent d'abord saluer
01:16:10la formidable mobilisation
01:16:11d'une jeunesse inquiète.
01:16:13Quant à son avenir,
01:16:14une jeunesse
01:16:15qui ne se résout pas
01:16:16à subir des choix politiques
01:16:17mais qui veut bien être actrice
01:16:19des décisions
01:16:19qui la concernent.
01:16:20Alors comme souvent,
01:16:21nous ne pouvons que déplorer
01:16:22qu'il ait fallu
01:16:23des semaines de cortège,
01:16:24de blocus,
01:16:25une première réponse
01:16:26uniquement répressive
01:16:27avec des milliers
01:16:27de gardes à vue discutables,
01:16:29des mains arrachées
01:16:29et des vies brisées
01:16:30pour que vous preniez
01:16:31la mesure de ce qui se passe
01:16:32dans le pays.
01:16:33Nous pensons en ce moment
01:16:34à celles et ceux
01:16:35qui ont payé de leur chair
01:16:36leur engagement
01:16:37comme Fares à Saint-Etienne.
01:16:40Bravo au mouvement lycéen
01:16:42qui a obtenu
01:16:42en quelques semaines
01:16:43ce que nous n'avons pas réussi
01:16:44à obtenir
01:16:45par notre travail parlementaire
01:16:47depuis dix ans.
01:16:48Alors vous avez fait le choix
01:16:49de promouvoir maladroitement
01:16:50vos solutions
01:16:51de sortie de crise
01:16:52en contactant dimanche
01:16:53de jeunes influenceurs
01:16:54sur les réseaux sociaux.
01:16:55Un nouveau geste de défiance
01:16:57pour les corps intermédiaires,
01:16:58les associations,
01:16:59les syndicats de lycéens
01:17:01et un sacré paradoxe
01:17:02quand on y pense
01:17:03pour un gouvernement
01:17:04qui a voulu légiférer
01:17:05pour interdire
01:17:06l'accès aux réseaux sociaux
01:17:07aux moins de 15 ans
01:17:07et qui a souhaité
01:17:08l'interdiction
01:17:08du portable au lycée.
01:17:11Depuis le début
01:17:12de la mobilisation,
01:17:13les députés socialistes
01:17:13ont exigé
01:17:14des réponses politiques,
01:17:15un débouché nécessaire
01:17:16aux revendications
01:17:17des jeunes.
01:17:18Il y a de premiers
01:17:19bougés de votre part
01:17:20et entre les partisans
01:17:21du statu quo,
01:17:22tel Jean-Michel Blanquer,
01:17:23qui ne trouve rien
01:17:24de mieux à dire
01:17:24que c'est pire ailleurs,
01:17:25alors finalement taisez-vous
01:17:26et ceux du tout ou rien
01:17:28nous prendront
01:17:29tout ce qu'il y aura
01:17:30à prendre pour notre jeunesse
01:17:31qui n'a pas le luxe
01:17:33d'attendre
01:17:33les hypothétiques
01:17:34suites de l'élection
01:17:35présidentielle.
01:17:36S'il est urgent
01:17:37d'éviter l'enlisement
01:17:38du conflit,
01:17:39nous restons plus que sceptiques
01:17:40sur certaines des annonces
01:17:41qui ont été faites
01:17:42dont il ne faudrait pas
01:17:43qu'elles ne constituent
01:17:44que des écrans de fumée.
01:17:45Sur la création de postes
01:17:47dans l'éducation nationale,
01:17:48les 800 suppressions
01:17:49de postes initialement
01:17:50annoncées dans le secondaire
01:17:51sont annulées
01:17:53et sont maintenues à ce stade,
01:17:54ce n'est pas acceptable.
01:17:55Nous redisons
01:17:56que l'ensemble des moyens
01:17:58libérés par la baisse
01:17:59de la démographie
01:17:59doit être immédiatement affecté
01:18:01à la priorité
01:18:02qui consiste à mettre
01:18:03des preuves
01:18:04devant chaque élève.
01:18:05Sur la question
01:18:05des emplois du temps,
01:18:06les emplois du temps
01:18:07si complexes
01:18:08induits par la réforme Blanquer,
01:18:10rien de concret
01:18:11si ce n'est la garantie
01:18:12d'une heure de pause méridienne,
01:18:14mais quelle concession,
01:18:15merci beaucoup.
01:18:16Sur la question
01:18:17du bâti scolaire,
01:18:18grand seigneur,
01:18:19vous octroyez un prêt
01:18:20aux régions,
01:18:20mais dans le même temps,
01:18:22vous portez
01:18:23atteinte à leur capacité
01:18:24budgétaire
01:18:25dans certaines mesures
01:18:26du PLF,
01:18:26vous pourriez y renoncer,
01:18:28ce serait déjà
01:18:28un bon début.
01:18:29J'en viens maintenant
01:18:31au sujet central
01:18:32de l'orientation
01:18:33et de Parcoursup.
01:18:34Les socialistes,
01:18:36de façon constante,
01:18:37demandent la suppression
01:18:38de Parcoursup.
01:18:38Oui,
01:18:39il faut supprimer
01:18:40Parcoursup
01:18:41parce qu'il constitue
01:18:41derrière la réussite technique,
01:18:43un échec politique
01:18:44manifeste
01:18:45par rapport aux objectifs
01:18:47que le législateur
01:18:48lui a assignés.
01:18:48Je vais y revenir.
01:18:50Alors oui,
01:18:51il y a encore quelques mois,
01:18:52nous avons,
01:18:53avec mon collègue Gums,
01:18:54conduit un travail
01:18:54sur Parcoursup
01:18:55dont nous avons remis
01:18:57les conclusions
01:18:57en février
01:18:58dans l'indifférence générale.
01:19:00Ni le ministère
01:19:01de l'éducation nationale,
01:19:02ni celui de l'enseignement
01:19:03supérieur non dénié
01:19:04ne serait-ce qu'accusé
01:19:06réception de nos 51 propositions
01:19:08de nature transpartisane
01:19:10pour améliorer la plateforme
01:19:11dans un monde
01:19:12où il ne vous était pas
01:19:13encore envisageable
01:19:14de la supprimer
01:19:14ou de la remplacer.
01:19:15Oui,
01:19:16monsieur le ministre,
01:19:17il n'y a qu'il y a
01:19:1715 jours
01:19:18que vous avez pris contact
01:19:19pour échanger
01:19:20sur nos travaux.
01:19:21Alors n'hésitez pas,
01:19:22messieurs les ministres,
01:19:23à sortir ce rapport
01:19:24de dessous les armoires
01:19:25qu'il cale peut-être
01:19:26dans vos bureaux
01:19:27pour voir comment
01:19:28nos propositions
01:19:29pourraient être
01:19:29utilement déployées
01:19:30dans l'année de transition
01:19:32que doit être 2027
01:19:33vers la suppression
01:19:34de Parcoursup.
01:19:36Tous les sujets au cœur
01:19:37de la colère lycéenne
01:19:38du moment
01:19:39étaient déjà
01:19:40clairement identifiés.
01:19:41La question du calendrier
01:19:42de Parcoursup
01:19:43qui est davantage articulé
01:19:44autour du rythme
01:19:45des adultes
01:19:46que de l'intérêt
01:19:46des lycéens
01:19:47est en corollaire
01:19:48le stress
01:19:49d'un interminable processus
01:19:50à étage
01:19:51ou la peur
01:19:52de rater une étape
01:19:53règne en maître,
01:19:54stress qui se cumule
01:19:55avec la mise sous tension
01:19:56permanente générée
01:19:57par le contrôle continu
01:19:59et qui affecte
01:20:00la santé mentale
01:20:01de milliers de jeunes
01:20:02à travers le pays.
01:20:03Nous avons aussi pointé
01:20:04l'inégale qualité
01:20:05de l'accompagnement
01:20:06d'un établissement
01:20:07à l'autre
01:20:08et fait le constat
01:20:09sans appel
01:20:09que ce sont
01:20:10comme souvent
01:20:10ceux qui ont le plus besoin
01:20:12d'être accompagnés
01:20:13qui le sont le moins.
01:20:14En matière d'accompagnement
01:20:16l'insuffisance
01:20:16de la formation
01:20:17des professeurs principaux
01:20:18saute aux yeux
01:20:19ainsi que le manque criant
01:20:21des psy-EN.
01:20:22Vous le savez aussi
01:20:22Monsieur le Ministre
01:20:23les 54 heures consacrées
01:20:25à l'orientation
01:20:27sont loin d'être
01:20:27effectives partout
01:20:28et les 4 demi-journées
01:20:30du plan avenir
01:20:31demeurent pour beaucoup
01:20:32d'élèves un simple mirage.
01:20:34La critique principale
01:20:36réside cependant
01:20:36dans l'opacité
01:20:37le manque de transparence
01:20:38de la plateforme
01:20:39l'impression quelque part
01:20:41de jouer son avenir
01:20:42sur un résultat d'algorithme
01:20:43c'est effectivement
01:20:44un peu plus complexe
01:20:45que cela.
01:20:46Les algorithmes nationaux
01:20:47de Parcoursup
01:20:48ne permettent que
01:20:48la mise en correspondance
01:20:50des demandes
01:20:50avec les offres de formation
01:20:51et interviennent
01:20:53à posteriori
01:20:53pour éventuellement
01:20:54modifier l'ordre
01:20:55des sélections
01:20:56des commissions
01:20:56d'examen des voeux
01:20:57par la réinjection
01:20:59des quotas de boursiers
01:21:00et des quotas territoriaux.
01:21:02C'est davantage
01:21:02l'existence
01:21:03d'algorithmes locaux
01:21:04propres aux formations
01:21:05qui est la plus décriée
01:21:07car la transparence
01:21:08sur les critères d'analyse
01:21:09les modalités
01:21:09de traitement algorithmique
01:21:11et le moment
01:21:12de la prise en compte
01:21:12de tel ou tel critère
01:21:14reste largement insuffisante
01:21:16voire inaccessible
01:21:17et cela est inacceptable.
01:21:19J'en viens maintenant
01:21:20à la question de savoir
01:21:21si Parcoursup
01:21:22répond aux objectifs
01:21:23qui lui ont été assignés.
01:21:24La réforme de l'accès
01:21:25au premier cycle
01:21:26du supérieur
01:21:27introduite par la loi
01:21:28ERE de 2018
01:21:29poursuivait un triple objectif
01:21:31répondre aux critiques
01:21:32de la plateforme antérieure
01:21:33APB
01:21:33améliorer les taux de réussite
01:21:35en licence
01:21:35et garantir un droit d'accès
01:21:37et ainsi démocratiser
01:21:38l'accès à l'enseignement supérieur.
01:21:40Sur ces trois objectifs
01:21:41le constat est sans appel
01:21:42les principales critiques
01:21:44sont strictement les mêmes
01:21:45les taux de réussite
01:21:46en licence
01:21:46et je ne parle pas
01:21:47d'en première année de licence
01:21:48mais bien à l'issue de la licence
01:21:50ne se sont améliorés
01:21:51que de façon très marginale
01:21:52et quant à la démocratisation
01:21:54de l'accès au supérieur
01:21:55la persistance
01:21:56des inégalités socio-culturelles
01:21:58et le poids
01:21:58des déterminismes sociaux
01:21:59n'apparaissent pas atténués
01:22:01depuis le déplacement
01:22:02de la plateforme.
01:22:04Quand un outil
01:22:05messieurs les ministres
01:22:05ne remplit pas
01:22:06les objectifs
01:22:07pour lesquels
01:22:07vous l'avez créé
01:22:08une évaluation objective
01:22:10aurait naturellement dû conduire
01:22:12à sa suppression
01:22:12par la force des choses
01:22:14nous y voilà.
01:22:15Si ce débat
01:22:16ne permet pas
01:22:17de poser toutes les vérités
01:22:18sur la table
01:22:19il ne sert à rien.
01:22:21Oui
01:22:21beaucoup de jeunes
01:22:22sont angoissés
01:22:23pour leur avenir
01:22:23à raison
01:22:24ils voient que 40 ans
01:22:26de démagogie égalitaire
01:22:27ils ont conduit
01:22:28dans une impasse
01:22:29depuis des décennies
01:22:30vous les poussez
01:22:31à passer le bac
01:22:33à aller à la fac
01:22:34à viser des bacs plus 4
01:22:35des bacs plus 5
01:22:35des bacs plus 12
01:22:36pour quel résultat ?
01:22:38Si cette crise révèle
01:22:39bien quelque chose
01:22:40c'est précisément
01:22:40le fiasco
01:22:42de la massification
01:22:43débridée
01:22:44et démagogique
01:22:45inspirée par Bordieu
01:22:46que vous avez aimé citer
01:22:47et mise en oeuvre
01:22:48depuis François Mitterrand.
01:22:49La première chose
01:22:50à offrir à nos jeunes
01:22:51c'est d'abord la vérité
01:22:52et la première vérité
01:22:54c'est que le fond du problème
01:22:54n'est pas Parcoursup.
01:22:57Et d'ailleurs
01:22:57nos collègues
01:22:58Pierrick Courbon
01:22:59et Franz Gums
01:23:00l'ont bien démontré
01:23:01dans leur mission
01:23:02dans le cadre
01:23:03de notre commission
01:23:03des affaires culturelles
01:23:04et de l'éducation
01:23:05Parcoursup
01:23:06n'est pas la machine
01:23:07à broyer les jeunes
01:23:08qui a été décrite
01:23:08par certains
01:23:09à dessein
01:23:10ou par ignorance.
01:23:12Parcoursup
01:23:12n'est qu'un outil
01:23:13le vrai sujet
01:23:14c'est plutôt
01:23:15la politique
01:23:15qu'il y a derrière.
01:23:17Oui
01:23:17il manque de transparence
01:23:18et d'information
01:23:19objective
01:23:20sur les débouchés réels
01:23:21les débouchés professionnels
01:23:22des diplômes proposés
01:23:24c'est vrai
01:23:24mais faire croire
01:23:25que sa suppression
01:23:26réglerait tout
01:23:27c'est mentir aux jeunes.
01:23:29Vous pouvez l'appeler
01:23:30Capsup
01:23:31Bidule Pro
01:23:32Parcours Flou
01:23:33vous pouvez l'appeler
01:23:33comme vous voulez
01:23:34ça ne changera rien.
01:23:35Lyon 1 reçoit par exemple
01:23:3750 000 candidatures
01:23:38par an
01:23:39pour 10 000 places
01:23:40Vous ne pouvez pas
01:23:41faire sans un outil
01:23:43de tri et de sélection
01:23:43pour gérer
01:23:44la massification scolaire
01:23:45que vous avez voulu
01:23:45Vous ne pouvez pas
01:23:47faire sans un outil
01:23:48qui permette
01:23:48d'aider les universités
01:23:49à gérer les flux
01:23:50que vous avez voulu envoyer
01:23:51dans l'enseignement supérieur
01:23:52Tout ce que vous racontez
01:23:53de la démagogie
01:23:54est du mensonge
01:23:56Plus encore
01:23:57plus encore
01:23:57il faudra toujours
01:23:58faire des choix
01:23:59lorsque les demandes
01:24:01dépassent
01:24:01les places disponibles
01:24:03Et donc le vrai débat
01:24:04celui qu'on aurait
01:24:05dû avoir
01:24:05Monsieur le Premier Ministre
01:24:06aujourd'hui
01:24:06c'est celui
01:24:07de la sélection
01:24:07à l'université
01:24:08C'est ça le débat
01:24:09de fond qu'on devrait
01:24:09avoir dans un grand
01:24:10pays comme le nôtre
01:24:11C'est l'éléphant
01:24:12au milieu de la pièce
01:24:13La gauche ne veut
01:24:14d'aucune sélection
01:24:15On l'a bien compris
01:24:17Alors chers collègues
01:24:17je vais vous donner
01:24:18un scoop
01:24:19La sélection
01:24:20est inéluctable
01:24:22D'ailleurs
01:24:22ce n'est pas moi
01:24:23qui le dit
01:24:23c'est Mathilde Panot
01:24:25Vraiment
01:24:25vraiment j'ai adoré
01:24:27entendre Mathilde Panot
01:24:28expliquer à Benjamin
01:24:28Duhamel
01:24:29qu'il fallait la sélection
01:24:30à Assas
01:24:31après avoir expliqué
01:24:32que dans les manifs
01:24:34évidemment
01:24:35il ne fallait surtout pas
01:24:36de sélection
01:24:38Quelle ironie
01:24:38J'ai aussi regardé
01:24:39le programme de l'ELEFI
01:24:40Qu'est-ce qu'il y a
01:24:41dans le programme de l'ELEFI
01:24:41Qu'est-ce que vous proposez
01:24:42aux jeunes ?
01:24:43La sectorisation
01:24:44sans sélection
01:24:45Et vous savez
01:24:46comment ça s'appelle
01:24:46Ça s'appelle
01:24:47la ségrégation territoriale
01:24:48C'est ça le vrai scandale
01:24:49Est-ce que vous dites ça
01:24:50aux jeunes dans les manifs ?
01:24:51Est-ce que vous leur dites
01:24:51qu'ils seront assignés
01:24:52à résidence de leur territoire
01:24:53avec vous ?
01:24:54C'est un mensonge
01:24:55éhonté que vous promettez
01:24:56aujourd'hui aux jeunes
01:24:58La sélection
01:24:59Arrêtons les tartufferies
01:25:00La sélection
01:25:01n'est pas le problème
01:25:02c'est la solution
01:25:03La solution
01:25:03pour ne pas envoyer
01:25:04des jeunes dans des voies
01:25:05sans déboucher
01:25:05La solution
01:25:06pour leur dire clairement
01:25:07les règles du jeu
01:25:08et arrêter de leur mentir
01:25:08Il faut être très clair
01:25:10Si vous ne faites pas
01:25:11la sélection à l'entrée
01:25:12vous la faites à la sortie
01:25:13par l'échec
01:25:14Et c'est ça qui se passe
01:25:15aujourd'hui
01:25:16A peine 31% des étudiants
01:25:17finissent leur licence
01:25:18en 3 ans
01:25:1960% ne la finissent pas
01:25:20en 4 ans
01:25:21C'est un vrai massacre
01:25:22Alors franchement
01:25:23qu'est-ce qu'il vous faut
01:25:23de plus aujourd'hui ?
01:25:25La vérité
01:25:26c'est qu'il faut
01:25:26une sélection assumée
01:25:28transparente
01:25:29fondée sur des règles
01:25:30républicaines
01:25:31méritocratiques
01:25:32connues et égales
01:25:32par tous
01:25:33et pour tous
01:25:36Avec une véritable orientation
01:25:37dès le collège
01:25:38des passerelles
01:25:38et un droit à la seconde chance
01:25:39parce qu'on a aussi
01:25:40le droit d'échouer
01:25:40et on a aussi le droit
01:25:41de rebondir
01:25:42La vérité
01:25:43c'est que tout le monde
01:25:44n'a pas vocation
01:25:45à aller à l'université
01:25:46Et c'est pas un échec
01:25:48c'est pas grave
01:25:48Et c'est un fils d'artisan
01:25:50qui a grandi
01:25:51dans une famille d'artisans
01:25:52rempli d'artisans
01:25:53qui vous le dit
01:25:53C'est pas grave
01:25:54de ne pas aller à la fac
01:25:55C'est pas un drame
01:25:56On peut réussir sa vie
01:25:57autrement
01:25:58Non
01:25:59Il n'y a pas que la fac
01:26:00pour réussir
01:26:01Et le collège unique
01:26:02a fait 100 fois plus
01:26:03de dégâts
01:26:04ces dernières décennies
01:26:04en 50 ans
01:26:05que par cours sup
01:26:07Et ce qui est flagrant
01:26:07finalement ces dernières semaines
01:26:09c'est le mépris
01:26:10pour toutes les filières
01:26:11techniques et professionnelles
01:26:12que vous avez révélées
01:26:12dans vos interventions
01:26:14Vous ne nous parlez
01:26:14que de l'université
01:26:15Vous hurlez
01:26:16des places
01:26:17des places
01:26:17des places
01:26:18Mais ce n'est pas à la fac
01:26:20qu'il faut ouvrir des places
01:26:21aujourd'hui
01:26:21C'est dans les filières
01:26:23industrielles
01:26:23C'est dans les filières
01:26:24de l'enseignement professionnel
01:26:25C'est dans les filières techniques
01:26:25C'est là qu'on en a besoin
01:26:27C'est là que le pays
01:26:27en a besoin
01:26:28Il faut 5 à 7 000 soudeurs par an
01:26:3020 000 recrutements par an
01:26:32dans la maintenance industrielle
01:26:33En 2030
01:26:34il va nous manquer
01:26:3460 000 personnes
01:26:3560 000 techniciens
01:26:36et agents de maîtrise
01:26:37dans les industries mécaniques
01:26:38Là où il y a du boulot
01:26:39et là où ils seront vraiment payés
01:26:40et bien payés
01:26:40Voilà les besoins du pays
01:26:42Et vous
01:26:43votre réponse
01:26:43c'est encore des places
01:26:44en psychologie
01:26:48Non mais ne faites pas
01:26:49le coup du mépris
01:26:50Moi je suis philosophe
01:26:51de formation aussi
01:26:52Donc ne faites pas ce coup-là
01:26:53Mais la vérité
01:26:54que vous ne dites pas par contre
01:26:55c'est que ces filières
01:26:55sont saturées
01:26:56et qu'il n'y a pas
01:26:57de débouchés derrière
01:26:57Et donc votre réponse
01:26:59aujourd'hui est totalement
01:27:00à côté de la plaque
01:27:01Il est grand temps
01:27:01il est grand temps
01:27:02chers collègues
01:27:03de remettre du bon sens
01:27:04et de l'ordre dans tout ça
01:27:05Je vous remercie
01:27:06Voilà pour les temps forts
01:27:08de ce débat ici
01:27:09à l'Assemblée nationale
01:27:10A très bientôt

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