00:00Moi, je veux rester optimiste parce que même si on a une société qui se fracture,
00:04finalement, quand je vous écoute, vous avez une colère.
00:07Mais canaliser votre colère a peut-être travaillé un peu plus les sujets vers le fond
00:11et pas de réciter des éléments de langage ou de M. Mélenchon.
00:14Parce que M. Mélenchon dit...
00:15Mais ça, on va vous dire, Stéphane, c'est un chou pour descendant.
00:18Non, mais je vais...
00:19Oui, j'ai été poli.
00:21Peut-être, mais c'est bienveillant en tout cas,
00:23parce que j'ai une fille aussi et c'est plutôt de la bienveillance.
00:26Oui, si vous voulez, droite, tout ce que vous voulez.
00:29Mais ce qui me gêne dans votre discours,
00:32c'est que vous avez en face des chefs d'entreprise, et j'en fais partie.
00:35Moi, je suis patron d'une PME.
00:36Et quand on vous dit que, là, samedi, c'est le 31,
00:41le 31, il vous a peut-être échappé que les entreprises sont obligées de payer les salariés.
00:45Et que beaucoup d'entreprises, parce que les mouvements ont cassé,
00:49ont déjà été fragilisés en trésorerie,
00:51et bien le 31, la recette que le chef d'entreprise attend, elle ne va pas rentrer.
00:54Je reviens de Rennes.
00:56Rennes, le centre-ville, la semaine dernière,
00:58j'ai discuté avec des confrères ce matin,
01:00et hier soir, ils ont fait maximum 10% du chiffre d'affaires pour ceux qui avaient ouvert.
01:0510% du chiffre d'affaires.
01:06Quand vous avez une masse salariale qui est aussi entre 30 et 50%,
01:09c'est un cas concret que je vous donne là.
01:11Comment vous faites pour payer vos salariés ?
01:13Et à un moment, cette France qui se fracture,
01:15où finalement, dans le débat, moi, je n'ai pas envie que vous ayez tort,
01:18j'ai juste qu'à un moment, on s'écoute dans nos sujets.
01:21Et là où, peut-être, on peut trouver un chemin,
01:24c'est que, finalement, sur l'échec politique, vous avez deux extrêmes.
01:28L'extrême gauche, qui considère que le capitalisme, les riches et la police sont les problèmes,
01:34et du côté de l'extrême droite, que, finalement, le sujet, c'est l'immigré.
01:39Moi, ça me gêne, cette société antagoniste.
01:41Ça me gêne, cette société où, finalement, on n'arrive plus à s'écouter.
01:43Ça me gêne quand je vous écoute, et je comprends votre combat,
01:47mais ça me gêne qu'on n'arrive pas sur le fond.
01:48Moi, en tant que patron, je vous le dis, mais comme tous mes confrères ici,
01:51on a envie de me payer nos salariés.
01:53On a un coût du travail qui, aujourd'hui, est asphyxiant.
01:55On aimerait pouvoir mieux rémunérer nos salariés.
01:57On parlera les salariés tout à l'heure, effectivement.
01:59Vous pensez que, quand tous les matins, ou chaque jour,
02:01je vais voir 180 de mes salariés, que je leur serre la main,
02:04vous croyez que je n'ai pas envie qu'ils aillent mieux ?
02:06Vous croyez qu'ils ne me disent pas ?
02:07On est devenu, finalement, le bureau social de l'État.
02:10On a remplacé l'État, on paye beaucoup.
02:13Et on est devenu, nous, le médiateur social de la société.
02:17Et ce médiateur social, ce qu'on essaie de vous dire,
02:20ne le cassez pas.
02:21Nos entreprises ne sont pas un problème pour votre pouvoir d'achat,
02:25ne sont pas un problème à la société,
02:27ne sont pas un problème à la solidarité.
02:29Nos entreprises, elles sont juste, peut-être, peut-être,
02:32et entendez-les, s'il vous plaît,
02:33une solution et pas un problème.
02:35Peut-être qu'un moment, on s'écoute.