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  • 2 minutes ago
« Chaque année en France, 1500 exploitations agricoles disparaissent. »

Antoine Boulay est le président fondateur de l’Observatoire du Déclin Agricole et pour l’Autosuffisance, lancé ce lundi 2 février au Sénat. Pour neo, il revient sur les raisons de ce déclin et les solutions possibles pour préserver l’agriculture française.

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Transcript
00:00Messieurs et mesdames les politiques, écoutez-les.
00:02Les Français veulent manger français. C'est simple.
00:04Chaque année, 1500 exploitations agricoles disparaissent.
00:07C'est un signe très concret du déclin agricole qui est vécu partout dans notre pays, sur tout le territoire.
00:11Bonjour Néo, je m'appelle Antoine Boulet et je vous annonce le lancement de l'Observatoire du déclin agricole et
00:18pour l'autosuffisance.
00:19La France est en déclin agricole de plus en plus.
00:21Cette année, en 2025, c'est la première année que même en prenant en compte les vins et spiritueux,
00:25nous serons en déficit commercial. Nous importons plus de denrées agricoles que nous n'en exportons.
00:30La France ne devrait pas connaître de déclin agricole.
00:33La population mondiale augmente, les gens continuent de manger.
00:35La décroissance, ça ne devrait pas exister dans le domaine agricole.
00:38Alors d'où vient le déclin français ?
00:40Il vient du fait que nos agriculteurs vivent une concurrence déloyale.
00:43Les règles que nous imposons à nos agriculteurs français ne sont pas celles qui sont imposées aux agriculteurs européens ou
00:49mondiaux.
00:49Donc forcément, quand on ne joue pas avec les mêmes règles du jeu, on perd.
00:53Il y a trois victimes de ce déclin agricole.
00:54Les agriculteurs eux-mêmes qui ne vivent pas de leur travail, ce qui est insupportable,
00:57et qui pour beaucoup doivent cesser leur exploitation, qui ne peuvent pas la transmettre.
01:01Il y a les français qui mangent moins sainement.
01:03Parce que concrètement, quand on importe des produits qui sont fabriqués ailleurs avec des règles moins exigeantes,
01:08forcément, ce qu'on a dans son assiette, c'est moins sain.
01:09Et troisièmement, la planète. Parce que là aussi, les règles sont moins dures.
01:12On émette plus de CO2 quand on produit du poulet au Brésil ou du bœuf en Argentine, sans compter le
01:16transport,
01:17que quand on produit du poulet ou du bœuf en France.
01:19Face au déclin agricole, il faut faire quatre choses, c'est beaucoup.
01:21Mais d'abord, il faut imposer aux importations les mêmes règles qu'aux biens que nous produisons en France.
01:25Donc il faut maintenant, au niveau européen comme au niveau international,
01:28refuser d'importer des produits qui ne respectent pas nos propres règles.
01:31Il faut simplifier drastiquement les normes qui pèsent sur les agriculteurs.
01:35Il y a ce mot compliqué de surtransposition.
01:37C'est de dire que les règles de Bruxelles, quand on les traduit en droit français,
01:40on les complique, on les alourdit.
01:41Non, les règles de Bruxelles, c'est les règles de Bruxelles.
01:43Il ne faut pas les alourdir, il ne faut pas faire de surtransposition.
01:46Il y a le troisième enjeu qui est les charges.
01:47Les charges qui pèsent sur les agriculteurs sont excessives.
01:50C'est vrai dans d'autres secteurs, c'est vrai pour les agriculteurs.
01:52Et la différence, c'est qu'ils comptent pour entretenir nos paysages.
01:54Imaginons la France sans nos bocages, sans nos élevages, sans nos champs.
01:57Et puis la quatrième chose, il faut aussi que les agriculteurs fassent leur part du chemin.
02:00Il y a des pratiques agronomiques à inventer, à trouver,
02:02qui sont plus adaptées au nouvel environnement.
02:05Mais on ne peut pas demander aux agriculteurs de s'engager dans ces pratiques.
02:08On n'a pas d'abord fait les trois choses.
02:09Les protéger, leur simplifier la vie et réduire leurs charges.
02:11Nous avons, avec l'Observatoire du déclin agricole, réalisé une enquête auprès des Français.
02:16C'est très frappant de voir à quel point ils comprennent bien la situation.
02:18Ils sont conscients dans leur écrasante majorité que les agriculteurs vivent une concurrence déloyale.
02:22Ils sont conscients que c'est mauvais pour la planète, mauvais pour les agriculteurs, mauvais pour les Français eux-mêmes.
02:27Ils sont conscients du fait que les normes qu'on leur impose sont supérieures aux normes de nos voisins européens
02:32et, a fortiori, aux normes imposées ailleurs dans le monde.
02:34Le chiffre qui, à titre personnel, me frappe le plus, c'est que pour 98% d'entre eux, c
02:38'est quand même beaucoup,
02:39avoir des biens alimentaires importés, c'est des biens alimentaires de moins bonne qualité.
02:43Donc de moins bonne qualité, notamment pour la santé.
02:45Moi, je dis l'espoir n'est pas perdu.
02:47Les Français, eux, savent que l'agriculture française est meilleure pour eux.
02:50Messieurs et mesdames les politiques, écoutez-les.
02:52Les Français veulent manger français.
02:54C'est simple.
02:54Les Français veulent manger français, mais on a l'impression parfois que c'est plus cher.
02:57Si c'est plus cher, c'est parce qu'une fois encore,
02:59les normes et les charges imposées aux agriculteurs français sont plus dures,
03:02sont plus élevées que les normes et les charges des agriculteurs espagnols, italiens, même allemands.
03:06Ayant les mêmes règles du jeu que l'Espagne, l'Italie,
03:09vous aurez des produits agricoles français moins chers.

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