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  • il y a 22 minutes
François Ruffin, député de la Somme et candidat "Debout!" à la présidentielle était l’invité du Face-à-Face sur BFMTV et RMC ce vendredi 30 octobre. Il a notamment été interrogé sur l'attentat raciste dans les Yvelines, la situation économique ou encore les profits de Total.

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Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour François Ruffin.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:06Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous êtes député, député debout de la Somme.
00:11Vous publiez un livre dans quelques jours, ça s'appelle Au boulot.
00:15Beaucoup, beaucoup de questions, une France de plus en plus fracturée.
00:18Et demain, des manifestations à nouveau sur le pouvoir d'achat principalement avec le réveil des Gilets jaunes.
00:24C'est le Gilet jaune que vous aviez suivi, vous aviez consacré un film, ça s'appelait Je veux du
00:28soleil.
00:29Vous aviez accompagné ces Gilets jaunes sur les ronds-points. Est-ce qu'aujourd'hui, vous partagez leurs revendications ?
00:34On a aujourd'hui deux Frances. On a une France d'en haut qui se gave et on a une
00:39France d'en bas qui est rationnée.
00:41C'est le pouvoir d'achat qui recule, c'est les gens qui peinent à remplir leur frigo ou à
00:47faire le plein de leur voiture.
00:48Voilà dans quelle France on vit.
00:50Et donc, évidemment, ce qu'on constate là, c'est finalement la convergence des pourrissements.
00:55Sur les Gilets jaunes, Emmanuel Macron a fait le choix de ne pas avoir une réponse politique,
00:59mais d'avoir une réponse policière et de faire à la fin le blabla du grand débat.
01:03Eh bien, ça ressurgit aujourd'hui.
01:05Mais on a eu le pourrissement sur le mouvement lycéen.
01:09Pareil, pas de réponse politique, une réponse policière.
01:11Eh bien, pas de réponse politique, une réponse policière sur les mouvements des retraites.
01:16Après la crise des banlieues, le plan Borloo jeté à l'eau.
01:18Pour vous, tout ça est lié ?
01:19Oui, en fait, il y a comme méthode de gouvernement le choix du pourrissement.
01:24Et donc, en pensant qu'en laissant pourrir, oui, le pouvoir y gagne dans l'instant.
01:31Mais la démocratie et le pays y perdent dans la durée.
01:35Alors, sur la question du pouvoir d'achat, on a eu les chiffres ce matin.
01:38La croissance française est à l'arrêt.
01:42L'économie est à l'arrêt.
01:43C'est même l'expression du ministre de l'Économie.
01:45Moins 0,1%.
01:47Vous allez revenir, j'imagine, sur les résultats de total.
01:49On va y venir.
01:49Mais moins 0,1% pour le dernier trimestre.
01:53Et la consommation des ménages qui recule.
01:56Moins 0,5%.
01:58On parlait à l'instant de la question du carburant.
02:02Lorsque vous entendez certains distributeurs qui disent que dans un certain nombre de stations,
02:08c'est jusqu'à parfois moins 40% de consommation de carburant.
02:11Ça veut dire 40% de moins de trajet.
02:13Ça veut dire des Français qui ont renoncé à un certain nombre de choses ou même de personnes à aller
02:19voir.
02:20C'est en fait un rétrécissement, un rationnement, mais sur plein de choses.
02:24Sur la nourriture, on se prive.
02:27Alors, c'est des marques qu'on ne prend plus.
02:28On ne va plus au resto.
02:29Ça, ça n'existe plus.
02:31Les vacances, on s'en prive également.
02:33C'est évidemment sur les déplacements, mais sur la santé aussi.
02:38C'est des lunettes qui ne sont pas renouvelées.
02:39Et j'entends ça, moi, dans mon quotidien de tous les jours.
02:44Le ministre de l'économie dit que l'économie française est à l'arrêt.
02:47Mais elle n'est pas à l'arrêt.
02:48Quand on est à moins 0%, on recule.
02:51Le pouvoir d'achat y recule.
02:52Moins 0,1 pour le dernier trimestre.
02:54Zéro le trimestre précédent.
02:55Et moins 0,2 ou 3 le précédent.
02:57Il faut faire le bilan maintenant des 10 ans.
02:59Là, c'est la récession.
03:01C'est la richesse par habitant qui est passée sous la moyenne européenne.
03:05En revanche, ce sont les inégalités et la pauvreté qui sont passées au-dessus de la moyenne européenne.
03:09C'est le taux de défaillance des entreprises qui est aujourd'hui record.
03:12C'est la part de l'industrie dans notre pays qui a son plancher 10% du PIB.
03:17C'est la dette qui est record 1 300 milliards d'euros en plus en 10 années de Macronie.
03:22Et tout ça sous les applaudissements des agences de natation et du FMI.
03:28Et le pire, sans doute, dans tout ça, c'est la division de la nation.
03:31L'homme qui était responsable de l'unité de la nation en produit la division.
03:35Et moi, je vais vous dire, il y a un scandale qui va vous paraître un point de détail.
03:39Mais qui, pour moi, symboliquement, politiquement, ne l'est pas.
03:42– Lequel ?
03:43– Après 10 ans de tout ça, Emmanuel Macron, il devrait sortir de l'Élysée en regardant ses pompes et
03:47avec honte.
03:48Et qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il y a dans le prochain budget, là
03:50?
03:519 équivalents en temps plein, en plus, pour les anciens présidents de la République.
03:54Et, dans un petit coin, il a choisi de dire, il faut me chercher des beaux appartements à 2,3
04:02millions d'euros.
04:03– C'est-à-dire, je n'ai pas compris, pardon, à quoi vous dire ?
04:04– Dans le budget, là, Madame de Malherme, comme Emmanuel Macron va être un ancien président de la République,
04:10il va avoir 9 personnes à son service, ça va être des majordomes, ça va être des cuisiniers, ça va
04:15être des chauffeurs.
04:16Là, il est à l'Élysée, il n'en a pas.
04:18Mais je pense que, là, vu son bilan, il ne devrait plus y avoir un rond pour Macron à la
04:23sortie de l'Élysée.
04:24– Ce que je voulais dire, c'est que le fait que, dans le budget de la France, il y
04:27ait, vis-à-vis des anciens présidents,
04:29mais c'est le cas de François Hollande, c'est le cas de Nicolas Sarkozy.
04:32– Alors, moi, j'ai déposé un amendement pour qu'il n'y ait plus un avantage pour les anciens
04:36présidents.
04:36Je veux dire, on a un Nicolas Sarkozy.
04:38– Mais précisément, François Ruffin, vous connaissez trop ces questions-là,
04:41et vous y avez consacré trop de temps et d'études pour prendre ce petit exemple.
04:46Est-ce qu'honnêtement, il est très important, et je ne le méprise pas,
04:49je trouve juste que le fait que vous choisissiez cet exemple-là pour, en quelque sorte, en faire un étendard,
04:54alors que vous savez précisément que le quotidien des Français, il y a mille choses à dire.
04:58– On va en parler, madame de Malherbe, mais je vais vous dire, il y a un principe,
05:02l'exemple doit venir d'en haut.
05:04Ça fait 40 ans qu'on a des gouvernements, qu'on a des présidents,
05:07qui viennent dire aux Français, vous devez faire des efforts, vous devez faire des sacrifices.
05:11Là, dans le prochain budget, ce sont les accidentés du travail,
05:14ce sont les salariés à qui on demande de se serrer la ceinture.
05:19Et vous avez les gens qui leur disent ça en haut,
05:22qui, eux, se prennent des majordomes, se prennent des cuisiniers,
05:25vont avoir plein d'avantages.
05:27Il doit y avoir un ruissellement, un ruissellement du bon exemple qui doit venir d'en haut.
05:31– Le ministre de l'Économie qui dit, la France ira dans le mur sans budget,
05:34est-ce qu'il faudra, malgré tout, le voter ce budget ?
05:37– Là, le budget, c'est un budget de provocation.
05:41C'est un budget de provocation.
05:43211 milliards d'euros d'aides aux entreprises,
05:46à l'intérieur, le crédit impôt recherche,
05:48dont tout le monde sait, du Conseil d'analyse économique,
05:51en passant par Philippe Aguillon,
05:53qui en a au moins la moitié de ces milliards-là,
05:55qui ne servent à rien, qui vont vers les grandes entreprises,
05:58qui n'investissent pas aujourd'hui dans notre pays.
06:00Et pourtant, ça, on n'y touche pas.
06:03Les échos disent, voilà, c'est la première niche fiscale formidable.
06:06Et de l'autre côté,
06:07ce sont les retraités sur lesquels on essaye de gratter,
06:11ce sont les salariés,
06:12ce sont les pompiers,
06:13enfin voilà sur qui on prend aujourd'hui.
06:16Là, aujourd'hui, ce qu'on a,
06:17Madame de Malherme, c'est un budget de provocation.
06:19J'entends bien qu'à six mois de l'élection,
06:21on ne soit pas capable de faire ce dont le pays a besoin.
06:23Est-ce qu'il ne faut pas juste le tenir ?
06:24C'est-à-dire qu'est-ce qu'il ne faut pas juste,
06:26à un moment, avoir un budget minimum
06:28pour au moins que tout continue à fonctionner ?
06:31Ou à tenter de fonctionner ?
06:33Vous trouvez que ça fonctionne, Madame de Malherme ?
06:34En le disant, j'avoue que moi-même, je me suis dit,
06:36il y a de très nombreux dysfonctionnements.
06:38Mais enfin, malgré tout.
06:39Non, là, la copie doit être revue,
06:41au moins de manière cosmétique,
06:43pour qu'il n'y ait pas de provocation.
06:45Je vous dis, sur ces 211 milliards d'euros-là,
06:48en fait, l'exemple,
06:50c'est le MEDEF qui devrait le donner.
06:51C'est le MEDEF qui peut dénouer la situation aujourd'hui.
06:54C'est le MEDEF qui peut dire, oui,
06:55compte tenu du taux d'entêtement de la France,
06:58nous, nous allons montrer l'exemple.
07:00On est prêt à aller chercher 10 milliards d'euros
07:02sur les aides aux entreprises.
07:03Sur les 211 milliards, on va en chercher 10 milliards,
07:05qui aujourd'hui ne servent à rien.
07:07Et comme ça, on va donner l'exemple.
07:09Je dirais, la main,
07:11c'est le MEDEF qui, aujourd'hui, la détient.
07:13Parce que le gouvernement, là, aujourd'hui,
07:15ce qu'il fait, c'est la politique du MEDEF.
07:16Mais le MEDEF, il doit dire, OK,
07:17nous, on est capables de faire des efforts, nous aussi.
07:20Plutôt que de chouiner.
07:22Parce que là, on a un Patrick Martin
07:23qui n'arrête pas de chouiner.
07:24Les entreprises...
07:25Vous parlez du patron du MEDEF.
07:26Mais le CAC 40 fait 70 milliards de profits,
07:30de dividendes versés aux actionnaires.
07:31C'est le record de jamais.
07:32C'est dans les échos.
07:33Record, record.
07:34La France a détenu le record d'échange de dividendes,
07:40de distribution de dividendes de l'Union européenne.
07:42Et voilà, c'est dans les échos de mon ami Bernard Arnault,
07:45championne d'Europe, médaille d'argent,
07:47deuxième dans le monde derrière les Etats-Unis,
07:49devant la Chine, dans le Japon.
07:49Là-dessus, vous avez accusé Total hier.
07:51Total qui a annoncé son bénéfice record,
07:537,45 milliards d'euros sur le troisième trimestre.
07:56Voilà ce que vous avez affirmé hier.
07:59Total annonce un bénéfice record.
08:01Pourquoi faire ?
08:02Le Conseil d'administration, réuni en 2026,
08:04sous la présidence de M. Pouyanné,
08:06a décidé la redistribution d'un troisième à compte sur dividendes
08:09au titre de l'exercice 2026,
08:11d'un montant de 90 centimes par action,
08:13en hausse de près de 6%.
08:15Voilà ce que vous avez dit.
08:16Ce sont des profiteurs de crise,
08:18affirmez-vous, au service des actionnaires.
08:20Total ne paye presque pas d'impôts sur les sociétés en France.
08:23Nos dirigeants laissent faire.
08:24Et je voudrais prendre le temps,
08:25comme je l'ai fait pour lire votre tweet,
08:27de lire la réponse de Total.
08:28Total s'adresse à vous hier soir.
08:30Bonjour M. Ruffin.
08:31Ce que nos résultats, réalisés partout dans le monde,
08:34permettent également de faire,
08:36entre guillemets, pour reprendre votre mot,
08:37le plafonnement des prix à la pompe pour nos clients français.
08:40Déjà 500 millions d'euros, c'est ce que ça leur a coûté.
08:42Des investissements qui contribuent également
08:44à la sécurité d'approvisionnement du pays.
08:46Le partage de la valeur avec nos salariés.
08:49Intéressement, participation,
08:50primes de partage de la valeur,
08:51soutien aux achats de carburants,
08:53dividendes pour nos 80% de salariés
08:55qui sont actionnaires français.
08:57Le retour de nos actionnaires,
08:59dont plus de 700 000 actionnaires individuels français.
09:03Le désendettement de l'entreprise pour préparer l'avenir.
09:05Pour rappel, en 2025,
09:0719 milliards de dollars d'impôts
09:08sur les bénéfices et de taxes de production dans le monde.
09:11Il dit que l'entreprise paye ses impôts
09:13là où elle réalise ses bénéfices.
09:15Voilà la réponse qu'elle vous a faite à vous, M. Ruffin.
09:17D'accord, je remercie M. Pouyanné de cette réponse.
09:21Mais ce sont des profiteurs de guerre.
09:23Enfin, j'ai l'impression quand même
09:24que les salariés de Total sont bien contents.
09:27Ce sont des travailleurs, les salariés de Total.
09:29Madame de Malherme, je vais vous dire,
09:30on a un problème aujourd'hui,
09:31c'est qu'on a une économie à deux vitesses
09:33et qu'on a un salariat du coup à deux vitesses.
09:35Ça veut dire quoi ?
09:36Ça veut dire que les grandes entreprises comme Total
09:39captent en vérité la plus-value.
09:40Elles la sucent comme des vampires.
09:42Elles en laissent très peu à leurs sous-traitants,
09:44leurs sous-traitants et ainsi de suite.
09:46Donc ça veut dire les PME, les TPE.
09:47Et c'est pareil chez Total.
09:49Mais ça veut dire quoi des salariés à deux vitesses ?
09:50Ça veut dire quoi ?
09:51Il y aurait des bons salariés, des mauvais salariés ?
09:52C'est-à-dire que le salarié de Total, c'est quoi ?
09:54C'est un bon droit ?
09:55Vous avez de chez Total à chez RMC,
09:57un salariat à deux vitesses.
09:59Ça veut dire quoi ?
09:59Ça veut dire quoi ?
10:00Je vais vous expliquer.
10:01Ça veut dire que ceux qui sont salariés directement de RMC
10:03ou salariés directement de Total...
10:06Vous parlez de la question des sous-traitants.
10:08Ils en vivent...
10:09Donc François Ruffin, quand ils disent chez Total
10:11et quand ils vous répondent
10:12la partage de la valeur avec nos salariés,
10:14intéressement, participation, prime de partage à valeur,
10:16ça, vous le balayez d'un...
10:18Non, je dis...
10:18Ce sont des travailleurs, ce sont des salariés...
10:20Soit, soit, mais...
10:21Ils se lèvent le matin pour aller bosser dans l'entreprise Total ?
10:24D'une part, regardons ce qui se passe
10:25pour les sous-traitants de chez Total.
10:27Et je le sais parce que j'ai été sur les sites.
10:28Ceux qui ont les tâches les plus plénibles à effectuer,
10:31et y compris des tâches qui peuvent être mortelles,
10:33qui peuvent permettre d'avaler des cochonneries,
10:37eh bien, ce sont très souvent les sous-traitants qui le font
10:39et pourtant, eux, il n'y a pas de treizième mois.
10:41Eux, il n'y a pas de chèque.
10:42Voilà comment ça fonctionne.
10:43Chez Total, comme chez RMC,
10:45la personne qui passe vers le ménage ici le matin...
10:47Ce que vous êtes en train de nous dire,
10:48c'est que dans toutes les entreprises,
10:49il y a les salariés de l'entreprise,
10:50et puis il y a les sociétés auxquelles on fait appel.
10:52Et donc, vous avez une captation de la plus-value
10:54qui se fait par les plus grandes entreprises
10:56et qui, d'abord, distribue d'abord à leurs actionnaires
10:59parce que, je veux dire, l'objectif...
11:01Mais le constat que vous faites ne devrait pas mépriser autant
11:05le fait qu'un certain nombre de salariés
11:07qui restent des salariés,
11:08vous pouvez parler des autres également,
11:09mais les salariés de Total,
11:10lorsque Total vous dit
11:11on partage la valeur avec nos salariés
11:14pour l'intéressement, la participation,
11:16la prime de partage à la valeur...
11:17Excusez-moi, Madame de Malère,
11:18mais moi, mon intérêt, je ne suis pas le syndicaliste
11:20de chez Total.
11:22Je suis aux côtés des salariés de chez Total
11:25quand ils font grève devant leur entreprise
11:27et j'y vais aussi en parlant des sous-traitants.
11:29Mais est-ce que vous ne pouvez pas être aussi à leur côté
11:30quand ils se réjouissent des résultats de leur entreprise ?
11:33Vous avez un gavage comme jamais.
11:36Le taux de marge des raffineurs,
11:37ce n'est pas Total seulement,
11:38c'est Exxon, c'est Shell,
11:40ce sont toutes les entreprises.
11:41Ils ont multiplié leur taux de marge par 4.
11:44Et c'est de la spéculation
11:45puisque ça n'a pas de rapport direct avec la demande.
11:48Ce sont des profiteurs de guerre.
11:50Et en fait, moi, mon problème,
11:51ce n'est pas M. Pouyanné.
11:52Mon problème, c'est le gouvernement.
11:54Ce sont les gouvernements
11:55qui sont complices de ça,
11:57qui laissent faire.
11:58Qui laissent faire un gigantesque gavage.
11:59Comment vous auriez fait, vous ?
12:00Eh bien, il faut lever un impôt spécial.
12:04Là, sur les marges,
12:06mais c'est ce qui s'est passé aussi pendant le Covid.
12:07On a laissé faire, à l'époque,
12:09c'était la grande distribution,
12:10c'était les assureurs,
12:11c'était les firmes numériques qui se gavaient.
12:13On a laissé faire les profiteurs de crise.
12:16On a eu la guerre en Ukraine,
12:18c'était les armateurs qui se sont gavés.
12:20On a laissé faire les profiteurs de crise.
12:22Et là, à nouveau, dans cette crise-ci,
12:24on laisse faire les profiteurs de crise.
12:25Vous savez, on parlait du bilan des 10 ans de Macron.
12:27Mais en vérité, ces actionnaires à Macron,
12:30ils sont contents.
12:31Ça fait 10 ans qu'ils prospèrent.
12:34Ça fait 10 ans que les 500 fortunes de ce pays,
12:36elles sont passées de 20% de PIB
12:37à plus de 35% du PIB.
12:39Est-ce qu'au-delà de ces taxes-là,
12:40est-ce que vous êtes favorable
12:41à la baisse des taxes sur le carburant ?
12:44Vous savez, moi, mon école économique,
12:48c'est l'école de la régulation.
12:50Je suis pour qu'on mette en place des régulations.
12:52La première régulation à mettre,
12:53c'est le contrôle des prix et des marges.
12:55Il ne doit pas y avoir une multiplication par 4.
12:57C'est quoi ? C'est le communisme ?
12:57Non.
12:57C'est ce qui existait dans la France du Général de Gaulle,
13:01dans la France de Valéry Giscard d'Estaing,
13:03dans la France de François Mitterrand jusqu'en 1986.
13:05Ce dont je parle, madame de Malherbe,
13:07ce sont...
13:07Vous êtes notamment favorable
13:08à l'indexation des salaires sur l'inflation.
13:11Par exemple, c'est un deuxième outil de régulation
13:12et qui fait que les Français, ces dernières années,
13:14tous les salariés français n'auraient pas perdu 2, 3, 4, 5 %
13:18de pouvoir d'achat.
13:19Et sur les taxes, je suis favorable à une taxe flottante.
13:22Ça veut dire quoi ?
13:23Ça veut dire que quand le prix du pétrole augmente,
13:26on baisse la taxe pour stabiliser les prix.
13:29Quand le prix du pétrole baisse,
13:31on augmente la taxe pour favoriser les prix.
13:33Et ce qui fait que, dans tout ce dont je viens de parler,
13:36qu'il s'agisse du contrôle des prix et des marges,
13:38qu'il s'agisse de l'indexation des salaires sur l'inflation,
13:41qu'il s'agisse de la taxe flottante,
13:43ça ne coûte pas un euro à l'État.
13:45Simplement, l'État reprend son rôle,
13:47qui a un rôle de régulation.
13:48Une régulation qui nous a apporté,
13:50pendant des décennies, stabilité, prospérité dans notre pays.
13:53François Ruffin, hier,
13:54la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde,
13:57a annoncé qu'elle allait quitter la présidence de la BCE
14:00en février 2027,
14:01c'est-à-dire 6 mois avant la fin normale de son mandat.
14:06Jean-Luc Mélenchon y voit une manœuvre
14:08pour permettre à Emmanuel Macron de négocier
14:09avec le chancelier
14:12ou avec la question de la BCE,
14:15avec l'Union Européenne,
14:16le nom de la prochaine ou du prochain président.
14:18Et c'est également le procès que lui fait le RN
14:20par la voix de Jean-Philippe Tanguy
14:22qui parle d'une dérive illibérale.
14:24Est-ce que vous êtes d'accord ?
14:25Mon problème avec la Banque Centrale Européenne,
14:27c'est le mandat qui lui est donné depuis toujours.
14:30Elle a un mandat dont la priorité
14:34est en vérité le seul objectif
14:35c'est de lutter contre l'inflation.
14:38Et non, ça ne suffit pas.
14:39On doit lutter pour qu'il y ait des investissements
14:41dans les pays européens,
14:42pour qu'à la fois les ménages,
14:44pour que les entreprises,
14:46pour que les États accèdent à du crédit.
14:48Voilà ce qui devrait être l'objectif central
14:50de la Banque Centrale Européenne.
14:51Et donc, moi ce qui m'intéresse...
14:53– Donc le fait que ce soit Christine Lagarde
14:54ou quelqu'un d'autre, ça pour vous peut vous apporter ?
14:55– Moi ce qui m'intéresse, c'est pas, est-ce que ça va être
14:56un Français ou un Allemand
14:58qui va occuper ce poste-là l'année prochaine ?
15:00Mais quel est l'objectif qui lui est donné ?
15:02C'est ça le sujet.
15:04Et vous savez, même, ça a été une manière
15:06d'acheter les Français.
15:07Les Français, de la Révolution française
15:10jusqu'à mai 68,
15:11ont né les troublions en Europe,
15:13y compris sur le vote au traité de 2005.
15:15Et donc, il faut acheter les élites françaises.
15:17– C'est-à-dire quoi ?
15:18On leur dit, on va te donner ce poste ?
15:19– Mais oui, c'est comme ça que ça se passe.
15:21Alors, c'était Jean-Claude Trichet,
15:23c'est Madame Lagarde,
15:24c'est au FMU mi Dominique Stroscan,
15:27c'est Michel Campe dessus.
15:28En fait, on a donné des hochées aux élites françaises
15:31pour qu'elles acceptent pleinement la mondialisation
15:33et une mondialisation.
15:35Là, j'ai entendu, vous avez entendu,
15:36Pascal Lamy, ancien directeur de l'Université,
15:39qui dit, avec la Chine,
15:40on a fait une erreur de parallaxe.
15:41Attendez, ça a coûté des millions d'emplois.
15:44Ma Picardie, ma région a été ruinée
15:47par les choix de M. Pascal Lamy,
15:49par le choix d'ouvrir,
15:50faire la libre circulation des frontières
15:52à l'intérieur de l'Europe
15:53et avec le reste du monde.
15:55Ces gens-là, M. Pascal Lamy,
15:57il devrait y avoir un procès
15:58sur ce qu'il a fait pendant des années et des années
16:01à la tête de l'Organisation mondiale du commerce.
16:03– Vous évoquez la Chine, rien à voir,
16:04mais à la place de Kylian Mbappé,
16:06est-ce que vous vous seriez excusé ?
16:07– Ce qu'on voit là,
16:08c'est le poids du capitalisme chinois
16:10et du nationalisme chinois
16:12qui font qu'un footballeur
16:15qui dit un truc dans un vestiaire,
16:16sous la pression de tout le monde du football,
16:18est obligé de revenir sur ses propos.
16:21Moi, je veux dire…
16:22– Je vous ai posé la question,
16:23est-ce que vous vous seriez excusé ?
16:24Est-ce que vous, vous estimez
16:26que Mao Zedong est un dictateur ?
16:28– J'aurais dit autre chose,
16:28j'aurais dit que Mao Zedong
16:30est à la fois un dictateur
16:33qui a mis en place un pouvoir autoritaire
16:35et en même temps
16:36que c'est le fondateur de la Chine moderne.
16:38Voilà, on a cette difficulté avec.
16:40– Est-ce que le fait d'être fondateur
16:41de la Chine moderne
16:42l'excuse des millions de morts ?
16:44– Ça n'excuse rien.
16:46Je dis pourquoi les Chinois
16:48ont le regard sur…
16:49C'est leur histoire.
16:51Et pourquoi ils ont ce regard
16:52sur cet homme
16:53qui est de la longue marche
16:55au grand banc en avant,
16:57en passant par la révolution culturelle,
16:59qui a sans doute produit pour la Chine
17:00ce qu'il y a de pire
17:01et ce qu'il y a de meilleur.
17:02– Donc vous ne dites pas juste
17:04que c'était un dictateur ?
17:05Vous dites que c'est un dictateur, mais…
17:06– Je dis que c'est un dictateur.
17:07Vous savez, moi, Madame de Malerme,
17:09j'ai lu à la fois
17:10le Alain Perfide
17:10de « Quand la Chine s'éveillera »
17:12et j'ai lu les essais sur la Chine,
17:13très critiques de Simon Less.
17:15Donc je ne me suis jamais senti
17:18maoïste dans ma jeunesse.
17:20Mais il faut regarder
17:21comment ça se fait
17:22qu'on a aujourd'hui la Chine
17:23qui envoie de devenir
17:24la première puissance mondiale.
17:25Comment ça se fait
17:26qu'elle a réussi à reprendre
17:27sa revanche sur son histoire
17:29où elle s'est fait humilier.
17:30– Vous trouvez franchement
17:31que c'est souhaitable
17:31le statut des travailleurs chinois ?
17:33– Absolument pas.
17:34Et vous savez,
17:35s'il y a quelqu'un
17:35qui était critique
17:36sur les alliances
17:38qu'on faisait avec la Chine,
17:39avec l'entrée dont je viens de parler
17:40de la Chine
17:41dans l'Organisation mondiale
17:42de commerce
17:42et qu'il est depuis 25 ans,
17:44c'est moi.
17:45Parce que j'en ai vu
17:45les effets près de chez moi
17:46pour les travailleurs picards
17:48qui sont mis en concurrence
17:49non seulement avec les travailleurs roumains
17:51mais aussi avec les travailleurs chinois.
17:53Et que si face à ça,
17:54on ne met pas en place
17:55des taxes frontières,
17:56des barrières douanières,
17:58des quotas d'importation,
17:59on ne s'en sortira pas,
18:00on continuera à plonger vers le bas.
18:02– Un mot encore sur l'économie,
18:033,4%,
18:05c'est le chiffre qui vient
18:06d'être publié à l'instant
18:07de l'inflation,
18:08plus 3,4%
18:10pour le mois d'octobre
18:10sur un an,
18:11l'inflation qui grimpe
18:13donc à nouveau.
18:13– Vous dire que c'est quelque chose
18:15qui est installé dans la durée,
18:17notamment à cause
18:18du réchauffement climatique
18:19qui va faire
18:20qu'on va avoir
18:20de moindres rendements productifs
18:23dans les champs.
18:24– Et donc,
18:26ça va produire
18:26une augmentation des prix.
18:28Donc,
18:29face à ça,
18:30il faut une méthode
18:31de régulation,
18:32c'est quoi ?
18:32C'est l'indexation
18:34des salaires sur l'inflation.
18:35Et les Français,
18:35ils n'auraient pas perdu
18:36du pouvoir d'achat
18:37sur les dernières années.
18:37Il y a un autre sujet
18:38à mettre sur la table,
18:39Madame de Malherme.
18:40Si on parle de pouvoir d'achat,
18:41il faut parler du logement.
18:42Le logement,
18:43c'est la première dépense
18:44des ménages.
18:44C'est plus 80%
18:46ces 20 dernières années
18:46sur les prix de l'immobilier.
18:48Et pourtant,
18:48ça n'appartient pas au paysage.
18:49Et là-dessus aussi,
18:50il faut de la régulation.
18:52C'est le plafonnement
18:53des loyers partout dans le pays.
18:54– François Ruffin,
18:55Emmanuel Macron,
18:56cette semaine,
18:57disait,
18:58appelé à un sursaut
18:59après l'attentat terroriste,
19:01raciste de Trappes
19:02et de la Verrière.
19:03Il a dénoncé,
19:04je cite,
19:04« une désinhibition
19:06d'un antisémitisme
19:07chez certains,
19:08une désinhibition
19:09du racisme
19:10chez les autres
19:10et une désinhibition globale
19:12de la violence ».
19:13Comment vous réagissez ?
19:14– Je dirais que ça appartient
19:16aussi à son bilan.
19:18Mais d'abord,
19:20dire
19:22mes condéluences
19:23à l'égard de la famille
19:25de Pengo Bossio Wangui
19:27et tous mes voeux de courage
19:29aux autres familles
19:30dans l'épreuve
19:30qu'elle traverse.
19:32Moi,
19:33quand un individu
19:34passe à l'acte comme ça,
19:37avec une affirmation
19:38du racisme,
19:39en disant qu'il veut
19:39s'en prendre
19:40à des Noirs
19:40et des Arabes,
19:41il y a cet homme,
19:44mais il y a aussi
19:45qui l'a armé.
19:46Qui l'a armé
19:48politiquement,
19:48qui l'a armé,
19:50idéologiquement ?
19:51Et quand
19:51AG continue…
19:52– C'est à cette question-là
19:53précisément
19:53qu'Emmanuel Macron répond
19:54qu'il y a eu justement
19:56une désinhibition
19:57d'un antisémitisme
19:59chez les uns,
20:00de racisme
20:01chez les autres.
20:01– Mais d'abord,
20:02et donc,
20:03quand AG continue,
20:04sur les antennes
20:05de CNews,
20:06on parle de Trappistan,
20:08quand Jordan Bardella
20:09parle de République
20:10islamique de Trapp
20:11et qui dit
20:12« C'est le futur
20:12de la France
20:13si nous ne reprenons pas
20:14la main ».
20:15Le meurtrier
20:16n'est pas allé
20:17à Trapp par hasard,
20:18il est allé à Trapp
20:19parce que du côté
20:20du Rassemblement national
20:21et de CNews,
20:22on lui a dit
20:23« C'est là-bas
20:24qu'il faut reprendre la main ».
20:25Pour les uns,
20:25reprendre la main,
20:26c'est peut-être un bulletin,
20:27mais pour lui,
20:28ça a été une arme.
20:29Je vous dis moi
20:30que là,
20:31il y a un racisme d'en bas
20:32qui est armé politique.
20:33Il parle d'un racisme
20:34d'atmosphère.
20:36Ce n'est pas de l'atmosphère,
20:38ce n'est pas diffus,
20:40c'est affiché.
20:42Est-ce qu'on peut
20:42s'en remettre ?
20:43Est-ce qu'on peut
20:43collectivement réussir
20:45à traverser
20:46les prochains mois
20:47dans une forme
20:48de réconciliation ?
20:49J'ai la conviction
20:51que dans le peuple français,
20:53il n'y a non pas
20:54le poison de la division,
20:56mais il y a le choix
20:57de l'unité de la nation.
20:58Maintenant,
20:58je vais vous dire,
20:59je crains que le drame
21:00de Trapp soit
21:01énonciateur du pire
21:03pour notre pays.
21:05Que ce soit
21:06à l'image
21:06de ce qui risque
21:07de se passer
21:08si Marine Le Pen
21:09arrivait au pouvoir.
21:10C'est-à-dire,
21:10je crains presque moins
21:11les décisions
21:12qu'elle prendrait
21:15depuis les ministères,
21:16l'Élysée,
21:17l'Assemblée,
21:18que ce que ça libérerait
21:19de pire dans notre pays
21:20en termes de haine,
21:22de racisme,
21:23de bêtises
21:24et que ça rende
21:27insupportable
21:27la vie de millions
21:28de nos concitoyens.
21:29Merci François Ruffin
21:30d'avoir répondu
21:30à mes questions ce matin.
21:31Candidat à l'élection présidentielle,
21:32députée de la Somme.
21:33Votre prochain livre
21:34au boulot.
21:34Sous-titrage Société Radio-Canada
21:35de l'Élysée,

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