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Dans son édito du 29/10/2026, Charlotte d'Ornellas revient sur les dernières informations autour de l'attentat dans les Yvelines. 

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Transcription
00:00Absolument, et le parquet national antiterroriste a donc ouvert aujourd'hui une information judiciaire des chefs d'assassinat et tentative
00:08d'assassinat commis en raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, ethnie, nation ou
00:13religion déterminée.
00:15Tentative de destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes, ça c'était en raison du
00:19piégeage de son appartement qui s'il avait explosé aurait pu toucher les appartements alentours.
00:25Acquisition, transport et détention non autorisées de matériel de guerre, association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes
00:31d'atteinte aux personnes, le tout en relation avec une entreprise terroriste.
00:36Donc le procureur a précisé que Kevin Té, le suspect, reconnaissait toujours la matérialité de cette action criminelle.
00:43Souvenez-vous, lundi, il avait déjà dit qu'il avait reconnu les faits, mais qu'il reconnaît désormais, ce qu
00:48'il ne faisait pas initialement, avoir visé, je cite, des personnes de type musulman ou africain, nord-africain,
00:54avoir prémédité les faits.
00:56Alors le procureur a détaillé la préméditation qui est assez glaçante.
01:01Il avait remboursé les dettes qu'il devait dans sa famille, il avait, depuis le mois de septembre, fait plusieurs
01:06choses, tout en contestant l'intention terroriste.
01:08Là encore, glaçant, il juge son acte légitime et n'éprouve donc aucun regret.
01:14Rappelons qu'il a tué un homme d'origine africaine, Pengo Bossio-Wangi, qui avait 26 ans.
01:19Il a blessé cette autre personne, dont trois sont toujours hospitalisées, dont une est en urgence absolue encore aujourd'hui,
01:28et plusieurs d'entre elles étaient également d'origine africaine.
01:31Sur son engagement politique, il a précisé naître, je cite, adhérent ou sympathisant d'aucun parti politique.
01:38Quand on lui a présenté les photos, vous saviez qu'on avait vu des collectifs anti-pubes ou pro-palestiniens,
01:43il a expliqué avoir infiltré les gauchistes il y a quelques années, et c'est la raison pour laquelle il
01:48est présent sur ces photos.
01:50Et les enquêteurs, on a le fin mot de l'histoire du monde,
01:54les enquêteurs ont retrouvé à son domicile des autocollants de soutien,
01:58sur lesquels il est inscrit un soutien ORN à la France ou aux forces de l'ordre,
02:02qu'il aurait lui-même créé, le procureur ayant insisté sur le fait qu'il a lui-même généré ses
02:08autocollants,
02:08qu'il les a commandés et fait livrer chez lui, il y a un an.
02:12Le procureur a par ailleurs rappelé qu'il était positif aux stupéfiants, ça on le savait déjà,
02:16il nous a précisé qu'il était consommateur à haute dose depuis ses 13 ans, il en a aujourd'hui
02:21quasiment 40,
02:23mais que le dernier examen psychiatrique a montré que, je cite,
02:27« Kevin T. ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë,
02:30ni de signes directs ou indirects en faveur d'une activité hallucinatoire ou délirante.
02:34Précision extrêmement importante sur le terrain, vous savez, de sa responsabilité pénale. »
02:38On se posait tout à l'heure la question, le procureur a clairement expliqué tout à l'heure
02:42que pour l'instant il n'y avait pas lieu ni de considérer que la responsabilité est altérée
02:46et encore moins évidemment abolie.
02:50Emmanuel Macron, on l'a entendu tout à l'heure, il a réagi sur la chaîne YouTube du Godécrypte
02:55en parlant du racisme d'atmosphère, ciblant très directement l'ERN et les partis proches.
03:02Est-ce qu'il faut s'en étonner de cela ?
03:04On peut constater en tout cas que le président a fait ça et que l'ERN a répondu
03:08que le président était lui-même responsable d'avoir laissé les idéologies haineuses se propager dans le pays.
03:13« On continue depuis ce drame à assister à l'affrontement de tous contre tous,
03:18chacun accusant à peu près son voisin d'être responsable de cette montée protéiforme
03:23et inquiétante de la violence et des haines réciproques,
03:25comme si les mots comptaient de toute façon plus, les mots des uns et des autres,
03:29surtout dans une campagne présidentielle, que la réalité. »
03:32Je fais une parenthèse sur la question du racisme en prenant l'exemple de Crépole.
03:36Tout à l'heure je vous disais, on n'a pas les mêmes débats à chaque fois.
03:39Cette fois-ci, on accuse des gens qui parlent, qui contestent une politique d'immigration
03:44d'être responsables du passage à l'acte d'un homme qui a tué des gens en raison de leur
03:48couleur de peau.
03:49Le chemin est un peu long.
03:51À Crépole, le débat n'était pas de savoir qui était responsable
03:54autre que ceux qui avaient frappé Thomas avec un couteau.
03:58C'était de savoir si le fait que neuf témoins aient entendu « on va planter du blanc »
04:03était légitime, enfin était, comment dire, significatif ou pas.
04:11Vous voyez la différence de débat que nous avons sur deux drames
04:15dans lesquels deux jeunes ont perdu la vie.
04:17C'est la même horreur dans la vie de ces familles.
04:20Je referme cette parenthèse.
04:22Et les accusations sont nettement différentes.
04:24Ah oui, ça n'a rien à voir et même les débats que nous avons n'ont absolument rien à
04:27voir.
04:28Seule la violence est la même.
04:30Sur la question du racisme, le président de la République oublie un peu vite
04:34qu'il a lui-même été accusé de racisme à plusieurs reprises,
04:37qu'il s'est retrouvé représenté derrière des barbelés
04:40et accusé de trahir les droits de l'homme
04:42au moment où était présentée sa loi asile et immigration.
04:47Il a été accusé de racisme parce que son gouvernement proposait une loi sur l'immigration.
04:52En l'occurrence, on contestait les petites restrictions
04:55qui étaient envisagées dans cette loi.
04:57Et plus récemment encore, puisque après ce drame de trappe,
05:00plusieurs figures de la France insoumise ont accusé le gouvernement
05:04et la majorité présidentielle de nourrir, je cite,
05:07« un matraquage raciste responsable de l'attentat de trappe ».
05:11Fermez les guillemets.
05:12Et que cite-t-il ?
05:13Ce qui accuse le président de la République et son environnement à lui,
05:17s'éproche à lui, de racisme,
05:19la loi immigration et l'interdiction de la baïa à l'école.
05:23Peut-être que le président de la République pourrait comprendre
05:25que ce ressort va tous nous rendre fous.
05:28Tous nous rendre fous, en plus de laisser des cadavres au milieu du chemin
05:32de manière régulière.
05:34L'accusation de racisme s'échange donc sur le terrain
05:37de la critique de la politique d'immigration
05:39et au sujet de la volonté de lutter contre l'islamisme.
05:42On ne dit plus dans le débat,
05:44« c'est pas la bonne solution, c'est pas comme ça qu'il faut faire,
05:47vous interdisez la baïa ».
05:48On peut être en désaccord avec l'interdiction de la baïa à l'école,
05:50j'ai pas de problème avec ça.
05:52Simplement dire, « vous interdisez la baïa à l'école »,
05:54ne pas dire, « c'est une mauvaise idée,
05:56mais vous êtes responsable d'un homme qui a tiré 8 balles
05:59dans le corps d'une gamine de 12 ans ».
06:00Est-ce qu'on se rend compte des liens que l'on fait depuis quelques jours ?
06:05Car aucun programme, ni aucune personnalité politique
06:08ne distingue les Français,
06:10ni dans son programme, ni dans ses meetings,
06:12ni dans ses appels divers,
06:14ne distingue les Français en fonction de leur couleur de peau
06:17ou de leur religion supposée,
06:18sauf peut-être chez ceux qui veulent
06:20une discrimination positive à tous égards.
06:23Donc c'est en l'occurrence une discrimination positive,
06:25comme son nom l'indique.
06:26Il n'y a pas non plus d'appel à tuer
06:28en raison de la couleur de peau,
06:29je n'ai jamais entendu quelqu'un le faire.
06:32Emmanuel Macron aurait pu, en revanche,
06:34en tant que président de la République française,
06:35au lendemain d'un drame pareil,
06:37se féliciter de la condamnation unanime de ce drame,
06:41unanime de ce drame,
06:42sans tentative de relativiser
06:45ou de trouver une certaine complaisance
06:47en raison de la situation sociale de cet homme,
06:49des carences économiques de sa vie,
06:52ou même sans tentation aucune
06:54de chercher à salir la victime
06:56pour relativiser l'horreur de sa mort.
06:59Personne ne l'a fait,
07:00le président de la République aurait pu s'en féliciter.
07:02Il aurait pu aussi insister sur l'intervention
07:05franchement admirable de la BAC
07:06dans un pays où on accuse régulièrement
07:09la police d'être raciste.
07:10Quand le drame raciste arrive,
07:11la BAC, en l'occurrence,
07:13arrête le tueur.
07:14Il aurait pu se féliciter
07:16de la minute de silence unanime
07:17à l'Assemblée,
07:18dans un pays qui est accusé en permanence
07:20d'être raciste, précisément.
07:22Il aurait pu aussi insister
07:24sur la mobilisation
07:25de plus de 200 personnes
07:27pour la seule enquête,
07:28ce que a dit le procureur,
07:31dans un pays qui est régulièrement accusé
07:33de subir le racisme systémique.
07:35C'est quand même beaucoup d'investissement.
07:37Vous voyez, dans ce drame,
07:39il a préféré alimenter lui aussi
07:41le ressort électoral le plus abject.
07:45Mais il est vrai que le tueur
07:47aurait choisi trappe,
07:49de frappe et trappe,
07:50parce que c'est, je cite,
07:52un repère d'islamiste, a-t-il dit,
07:54ce que certains ont dit avant lui.
07:58Alors, le procureur a précisé également,
07:59en effet, il a dit,
08:00j'ai choisi trappe à dessein
08:01parce que c'est un repère d'islamiste.
08:03Et en effet, certains l'ont dit avant lui.
08:06Parce qu'évidemment,
08:06on a accusé de manière ciblée
08:09les gens qui l'avaient dit avant lui.
08:10Parce qu'évidemment,
08:11quand on s'inquiète éventuellement
08:12de la montée de l'islamisme,
08:14cela veut dire, bien sûr,
08:15que l'on s'attend à ce que quelqu'un
08:17prenne une arme de guerre
08:18pour aller tuer des gens
08:19en raison de leur couleur de peau.
08:20C'est absolument évident pour tout le monde.
08:23Mais si les gens qui ont dit ça avant lui
08:25doivent être responsables
08:26de son passage à l'acte,
08:27je préviens tout de suite
08:28que le banc des accusés
08:29va être plein à craquer.
08:31On peut commencer, par exemple,
08:33par le journal L'Humanité
08:34qui, en 2003,
08:36pardon, en 2003,
08:37le 8 décembre 2003,
08:38vous le voyez à l'écran,
08:39publiait un article d'investigation
08:41intitulé, ouvrez les guillemets,
08:42« Attrape l'islamisme,
08:44tisse sa toile ».
08:45En 2003, le tueur avait 15 ans.
08:47Donc peut-être que la responsabilité,
08:49il faut la trouver à ce moment-là.
08:50Je ne sais pas si ceux
08:51qui l'ont dit avant lui
08:52sont responsables.
08:54Et ce papier revenait
08:55sur le communautarisme,
08:56les stratégies d'entrisme,
08:57l'offensive religieuse
08:58contre les structures politiques
09:00traditionnelles.
09:00Quelques mois plus tard,
09:01c'est France 2,
09:02qui ont rajouté une couche
09:03avec un envoyé spécial
09:04intitulé « Trappe à l'heure
09:06de la prière ».
09:06On était en 2003, toujours.
09:09Un an plus tard,
09:10en 2003,
09:10c'est l'inspecteur général
09:11Jean-Pierre Aubin,
09:13vous savez,
09:13qui rend un rapport officiel
09:14sur la situation des écoles
09:15face au communautarisme islamiste.
09:18À l'époque,
09:19il anonymise évidemment
09:20les établissements,
09:21mais les établissements
09:22des Yvelines
09:23ont une place de choix.
09:24Et des années après,
09:25quand Didier Le Maire,
09:27vous savez,
09:28parlera de Trappe,
09:29M. Aubin
09:30viendra régulièrement
09:31à la télévision
09:32parlant de son rapport
09:33et citant Trappe
09:34à plusieurs reprises.
09:35Les signaux d'alarme
09:36journalistiques
09:37étaient confirmés
09:37par un rapport
09:39administratif.
09:40C'est également
09:41l'époque à laquelle
09:41Gilles Kepel
09:43entame sa cartographie
09:44de l'emprise religieuse
09:45en citant régulièrement
09:46Trappe jusqu'à publier
09:47un livre.
09:48En 2016,
09:50c'est enquête exclusive
09:51sur M6,
09:51cette fois-ci,
09:52qui se penche
09:52sur, ouvrez les guillemets,
09:53Trappe,
09:54bastion français du djihadisme,
09:56fermez les guillemets
09:56sur le titre.
09:58France Info
09:58en fait le titre
09:59d'un article
10:00au même moment
10:01et France Inter
10:02intitule
10:04son reportage
10:05Trappe,
10:05bastion français du djihadisme,
10:07fermez les guillemets.
10:08Paris Match
10:08signe également
10:09son grand reportage
10:10dans la foulée
10:11et s'inquiète
10:11du repli communautaire.
10:13Un reportage du Figaro
10:14un an plus tard
10:15nous apprend
10:15qu'un rapport
10:16du renseignement français
10:18parle de Trappistan
10:19pour parler
10:20de la ville de Trappe.
10:21L'année qui suit,
10:22ce sont les deux
10:23grands reporters du monde,
10:24Raphaël Baquer
10:24Ariane Chemin
10:25qui signe un livre
10:26sur Trappe
10:26qui est intitulé
10:27La Communauté
10:29dans lequel elle s'inquiète
10:30également de cette
10:31emprise religieuse.
10:33En 2020,
10:34je le citais,
10:34l'ancien prof de Philo,
10:35Didier Le Maire
10:36fait des signalements.
10:37Le Figaro et Marianne
10:38livrent leurs enquêtes
10:39sur, je cite,
10:40l'écosystème islamiste
10:41dans la ville.
10:43En 2021,
10:44c'est le journal
10:44L'Express
10:45qui titre sur,
10:46ouvrez les guillemets,
10:47ce que disent
10:47trois rapports confidentiels
10:49sur le communautarisme
10:50à Trappe,
10:50fermez les guillemets.
10:51Je ne vais pas y passer
10:52la soirée,
10:53la liste,
10:53vous l'avez vu,
10:54est interminable,
10:55mais aucun de ces articles,
10:57vous pouvez me croire
10:58ou aller le vérifier,
10:59aucun de ces articles
11:01n'encourage
11:02à aller tuer
11:02des innocents
11:03au hasard dans la rue
11:04pour répondre
11:05à ce problème.
11:06Aucun de ces articles,
11:08évidemment.
11:09Alors que faut-il conclure
11:10de cette chasse aux sorcières
11:11depuis trois jours
11:11qui explique que
11:12puisque certains
11:13ont constaté
11:14la montée de l'islamisme
11:15à Trappe
11:15et que le tueur
11:16a parlé de Trappe
11:17comme d'un repère
11:18d'islamistes,
11:19ils en sont responsables.
11:20Je pose la question,
11:21est-ce qu'il faut donc
11:22cesser de s'inquiéter
11:23de l'islamisme en France ?
11:25C'est pourtant une idéologie
11:26qui a été revendiquée
11:27à de nombreuses reprises
11:28par des tueurs
11:29aux très nombreuses victimes
11:31et ce n'est pas parce
11:32qu'Emmanuel Macron
11:32les a oubliés un instant
11:33qu'elles ne sont pas
11:35bien réelles.
11:35Sous-titrage Société Radio-Canada

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