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  • il y a 10 minutes
Avec Jérémy Eldid, premier adjoint au Maire de Limoges et Commandant Aurélien Sabourdy, officier des sapeurs-pompiers ayant dirigé les opérations pour maîtriser l’incendie de la mairie de Limoges

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Transcription
00:0010h midi, Sud Radio, à vous de le dire, Stéphanie Demiru.
00:04Bonjour mon cher Gilles Gansman.
00:06Bonjour Stéphanie.
00:07Évidemment on était tous devant nos postes de télévision,
00:11regarder cette mairie de Limoges flambée, c'était le 17 octobre dernier, c'est un vrai traumatisme.
00:18Bah oui, parce qu'on a eu l'impression de revoir Notre-Dame, parce qu'il y a eu la
00:22fameuse flèche qui est tombée.
00:23Et cette image de la flèche de l'hôtel de ville qui tombe, nous a rappelé la flèche de Notre
00:29-Dame.
00:30Qui avait déjà évidemment ému tous les français, et puis on s'aperçoit que c'était un bâtiment incroyable.
00:381883.
00:39Et puis toute une équipe qui travaille, c'est ça le souci.
00:42C'est que voilà, et puis on pourra en parler à l'adjoint au maire de Limoges.
00:48Absolument, on va lui en parler.
00:49Pas un mot de Macron, alors ça c'est formidable.
00:53Il ne peut pas être partout, il vous dira.
00:55On ne peut pas faire des interviews avec des youtubeurs,
00:58et puis à la fois s'occuper d'une mairie détruite.
01:01Et dénoncer les réseaux sociaux par la même occasion.
01:02Et tout comme Notre-Dame, finalement une mobilisation exceptionnelle.
01:07Une mobilisation qui vient des citoyens, comme souvent dans notre beau pays.
01:11La Fondation du Patrimoine a lancé une collecte.
01:13Et bien on est à plus de 626 000 euros qui ont été collectés pour reconstruire cette mairie.
01:21On en parle avec vous Jérémy Eldide.
01:24Bonjour.
01:25Bonjour madame.
01:26Vous êtes le premier adjoint au maire de Limoges, chargé des affaires générales.
01:32Tout d'abord, première question, on a envie de savoir où en est-on ?
01:37Est-ce qu'on peut encore sauver une grande partie du bâtiment ?
01:41Est-ce qu'il a été détruit ?
01:44Alors je vais me permettre en premier lieu de rectifier une partie de vos propos.
01:51Nous ne sommes pas à 600 000, nous sommes à plus de 809 000.
01:54Ah bah vous voyez, moi j'en étais resté ailleurs, donc ça a augmenté depuis.
01:59Ça va très vite, ça va très vite.
02:02Donc on remercie l'ensemble des habitants de Limoges, des citoyens français, des citoyens du monde.
02:08Parce qu'on a des dons qui proviennent d'autres pays aussi.
02:13Parce que ces images ont fait le tour du monde.
02:15Et on remercie l'ensemble de ces participants.
02:18Et dans un second temps, il y aura effectivement les entreprises qui vont faire du mécénat.
02:23Du mécénat, qu'ils soient financiers ou technologiques.
02:26Et vous avez raison de faire un parallèle avec Notre-Dame.
02:29Parce qu'il y a aussi des financeurs et des mécènes sur Notre-Dame qui nous contactent déjà pour participer.
02:35C'est vrai que vous avez raison de me corriger.
02:38Nous on en était restés, vous voyez, aux chiffres d'hier.
02:41C'est vrai qu'on a fait nos petites recherches quand même.
02:43Mais c'est fou.
02:45Qu'est-ce que ça dit ça, Jérémy Eldide ?
02:48Vous avez parlé de Notre-Dame.
02:50C'est vrai que ça avait ému.
02:52Beaucoup de monde avait souhaité participer à cette reconstruction.
02:56Et là, c'est la force aussi des images.
02:59Ça a touché au-delà des frontières de France.
03:02C'est ce que vous nous dites.
03:03Oui, tout à fait.
03:04Ce que ça dit, c'est que c'est le parfait contre-exemple des images que l'on a pu
03:09voir
03:09avec des criminels qui ont souhaité incendier la mairie et les gens qui s'y trouvaient à l'intérieur.
03:16Parce qu'il y avait des policiers, un élu de la République et l'agent de la loge.
03:22Ça dit quoi comme image ?
03:23Ça dit qu'en fait la République est plus forte, que les citoyens sont plus forts
03:27et qu'ensemble on va pouvoir reconstruire cette maison commune.
03:32Il n'empêche, c'est vrai qu'on peut se poser la question
03:35est-ce que finalement c'est aux citoyens de payer ?
03:39Parce qu'il y a eu cet appel aux dons.
03:41Les finances publiques ne suffisent pas ?
03:45Déjà, il faut rappeler qu'il y a 80% qui vont être financés par l'État.
03:50Mais comme vous le savez de toute manière, l'État c'est nous.
03:54C'est nous, donc c'est des impôts.
03:56L'engagement et la demande du maire de Limoges, c'était que cette reconstruction
04:01ne soit pas financée par le budget communal.
04:03Et ça, tout le monde peut l'entendre et que ce soit un effort collectif
04:07de l'ensemble des citoyens.
04:09Pourquoi on a fait une collecte aussi ? Il faut le rappeler.
04:12Déjà, le maire de Limoges a souhaité, avec la Fondation du Patrimoine,
04:15un organisme sérieux et reconnu, acter une collecte dès le départ
04:19parce qu'on voyait naître sur les réseaux sociaux des collectes amateurs
04:25qui pourraient amener une forme de fraude.
04:29Donc, on a voulu, avec la Fondation du Patrimoine, être très réactif.
04:32Et pourquoi on a créé cette cagnotte ?
04:35C'est parce qu'on a reçu de nombreuses demandes d'habitants à Limoges
04:39et plus globalement de citoyens français et de citoyens du monde
04:42pour participer à cet effort de reconstruction.
04:45C'est incroyable. Il y a vraiment une générosité des Français qui ne se dément pas.
04:49On peut parfois en douter quand on voit le climat ambiant.
04:53Mais non, là, vous dites, c'est venu finalement cette collecte,
04:57bon, le besoin de lutter contre la fraude, et vous avez bien raison
04:59parce qu'il y a pas mal d'arnaques sur le sujet.
05:01Et c'est venu finalement des citoyens, cette envie d'aider.
05:05C'est venu des citoyens.
05:07C'est aussi venu des entreprises, comme je vous le rappelais tout à l'heure,
05:11qui prennent contact avec nous pour parfois des dons avec des montants très importants.
05:16Mais ce qui est intéressant de voir, c'est qu'on a des centaines de propositions d'action solidaire.
05:22Pour vous donner des exemples, un chocolatier qui veut créer une boîte de chocolat
05:27avec une photo sur la boîte de la mairie de Limoges,
05:31un artisan coutelier qui veut créer un couteau collecteur
05:35et reverser une partie de cet achat à la Fondation du Patrimoine.
05:41Et ça peut aller jusqu'à des grands groupes du CAC 40 qui nous proposent des dons.
05:47Donc, en fin de compte, il y a une très grande chaîne de solidarité.
05:50Et cette chaîne donne une très belle définition de ce que j'appelle et ce que nous appelons la fraternité.
05:56Est-ce que vous avez eu des dons des casseurs ?
06:00C'est une bonne question. Non, mais je ris jaune, bien sûr.
06:05J'en doute, mais par contre, les casseurs ont reçu notre message.
06:08La République est bien plus forte que leur action criminelle.
06:11Vous avez peur pour ce week-end et les week-ends qui arrivent,
06:15parce que ce serait dommage d'avoir tous ces dons et que de nouveau la mairie soit attaquée ?
06:20Vous savez, je pense que l'État et les forces de police ont fait un travail remarquable
06:28sur les autres manifestations à la suite de celles-ci.
06:32Et nous, on n'en veut pas, comme l'a dit le maire de Limoges aux forces de police,
06:35parce qu'ils se sont retrouvés avec une faiblesse au niveau des munitions.
06:39Ils ne pouvaient pas faire mieux que ce qu'ils ont fait.
06:41Je remercie aussi, je tiens à le dire à vos auditeurs et vos auditrices,
06:45les 13 policiers municipaux qui étaient dans cette mairie en flamme.
06:50Il faut bien l'imaginer.
06:51Ils avaient des caméras piétons.
06:52Pour vous donner un exemple, ils n'avaient pas une visibilité supérieure à un mètre.
06:57Ils étaient là à protéger un agent de la loge, un élu de la République.
07:02Ils cherchaient désespérément une porte de sortie.
07:05Et une fois qu'ils ont trouvé la porte, ils n'étaient pas rassurés
07:08parce qu'ils se demandaient qu'est-ce qu'il va y avoir derrière la porte.
07:12Quand on parle de continuité de service de nos agents,
07:16la continuité de service, pour moi, elle a commencé avec cette action remarquable
07:20de nos policiers municipaux.
07:22Et dans la continuité de la question de Gilles,
07:26vous n'êtes pas inquiet, certes, mais c'est vrai que c'est un sujet du moment.
07:30Il y a 70 000 policiers et gendarmes qui sont mobilisés,
07:33mais surtout dans les grandes villes de France, un petit peu moins dans les villes moyennes.
07:39Est-ce que vous, là, il y a un dispositif important qui est prévu à Limoges ?
07:44On regarde ce qui s'est passé le 17 octobre.
07:46Oui, il y a un dispositif important parce qu'il y a d'autres bâtiments aussi.
07:51On parle de la mairie, mais il y a d'autres bâtiments magnifiques à protéger.
07:55On a l'une des plus belles gares d'Europe.
07:57On a la préfecture, il y a d'autres bâtiments symboliques.
08:01Donc, le maire de Limoges a un contact régulier avec l'État, justement,
08:07pour maintenir un haut niveau de protection pour nos habitants.
08:10Est-ce que vous avez eu des nouvelles d'Emmanuel Macron depuis que votre maire,
08:14vous êtes l'adjoint au maire, a déclaré qu'il n'avait pas de nouvelles ni de SMS ?
08:20Est-ce que désormais, il y a eu un coup de fil de G. Devens ?
08:23De G. Devens ?
08:24De l'américain.
08:25Est-ce que vous avez eu, ça prouve qu'il parle américain, notre maire ?
08:29Enfin, notre maire, le maire de Limoges.
08:31Est-ce que vous avez eu des nouvelles d'Emmanuel Macron à ce sujet ?
08:35Alors, à mon niveau, je n'ai pas eu le maire ce matin,
08:38parce que, vous savez, un SMS, ça va très vite.
08:40Mais, à mon niveau de connaissance, on n'avait toujours pas reçu de messages du président de la République.
08:47Mais, vous savez, je crois qu'il faut plutôt parler des messages positifs.
08:52Par contre, on reçoit des centaines de messages, toujours aujourd'hui,
08:55des centaines de messages de sympathie,
09:00et des centaines de messages de propositions d'action solidaire.
09:05Et je souhaite insister là-dessus.
09:07Nous sommes dans une société qui est fracturée.
09:10Et ce que l'on voit à Limoges, aujourd'hui, c'est un élan de solidarité.
09:13Et je crois qu'il faudrait plutôt parler de ça.
09:14C'est vrai que ça fait du bien de vous entendre, j'avoue,
09:16parce qu'on voit sur les écrans télé les appels à manifester d'Halloween
09:20qui sont assez terrifiants quand on voit les tracts.
09:24Bon, donc c'est bien un petit peu de discours positif.
09:27Et je pense que les Français en ont bien besoin.
09:29Et cet élan de solidarité, comme vous dites, le démontre.
09:33C'était ma première question.
09:35Où en sont ces travaux pour la mairie ?
09:38Est-ce qu'il reste beaucoup à faire ?
09:40Comment ça se passe ?
09:40Et que deviennent surtout les salariés qui y travaillent ?
09:44Alors, pour répondre à votre première question,
09:46là, nous sommes dans une phase, jusqu'à la fin de l'année,
09:49de protection de cette maison commune.
09:51C'est-à-dire qu'on veut arriver à mettre hors d'eau, hors d'air,
09:56cette mairie, pour qu'il n'y ait pas d'autres dégâts
09:59générés par le vent, par la pluie, par la neige, probablement en fin d'année.
10:03Est-ce que là, elle est découverte ?
10:04Le toit est découvert ?
10:06Tout à fait.
10:07Tout à fait.
10:07C'est une mairie à ciel ouvert.
10:10Donc, pour répondre à votre seconde question sur les agents,
10:14il faut savoir que dans notre collectivité,
10:16il y avait une partie des agents qui étaient basés au sein de l'hôtel de ville.
10:20Mais on a des agents qui étaient basés aussi dans d'autres lieux,
10:23un petit peu partout dans notre ville.
10:25Et il y avait environ 250-300 agents dans cette mairie,
10:31mais c'était ceux qui étaient le plus en contact avec nos administrés.
10:35Ces personnes-là sont déjà relogées dans un autre lieu de la ville,
10:39on les a tous réunies, parce qu'on avait,
10:41c'est un lieu que l'on appelle Beaublan,
10:44un espace d'accueil qui permettait de recevoir tous ces agents.
10:47Jérémy, avant de vous laisser filer,
10:51quel est le coût des travaux total ?
10:54Alors, il y aura une seconde phase sur le premier trimestre 2027,
10:59où il y aura des diagnostics qui nous permettront d'avoir un chiffrage.
11:03C'est l'OPIC qui s'occupe de ça pour le ministère de la Culture.
11:07Ils vont assurer la maîtrise d'ouvrage.
11:09Donc, vous imaginez bien que dans une mairie aussi grande,
11:12avec des dégâts aussi importants,
11:14il faudra environ un trimestre pour pouvoir faire,
11:17un, un chiffrage, deux, un calendrier.
11:20Mais vous avez une petite idée quand même.
11:21On s'est engagés à être transparents avec notre population
11:24et leur donner le chiffrage et le calendrier
11:27dès que nous aurons l'information.
11:28Oui, parce que si ça se trouve,
11:29vous allez récolter plus de dons que le coût des travaux.
11:33Merci en tout cas des dons qui sont déductibles des impôts,
11:36j'imagine, on le dit, pour les citoyens
11:39qui seraient tentés de participer.
11:41Merci Jérémy Aldil, on sera dans quelques instants
11:44avec le producteur d'une émission.
11:47Non, non, avec le pompier.
11:48On est le pompier, oui.
11:49Avec Aurélien, qui participe à l'émission de France 3,
11:53qui va être diffusée samedi.
11:55Et ce pompier, c'est lui qui commandait les forces.
11:58Il va nous raconter ce qu'ils ont vu
12:00et puis maintenant aussi, pourquoi, quel regard il a.
12:04Et puis évidemment, est-ce qu'il se prépare
12:06à cette manifestation de ce week-end ?
12:10Parce que les pompiers, on en parle rarement.
12:12On en parle sur Sud Radio, ce sera dans quelques instants.
12:150826 300 300.
12:17Sud Radio.
12:20Parlons vrai.
12:2110h midi, Sud Radio.
12:23A vous de le dire, Stéphanie Demiru.
12:26A vous de le dire, première partie avec Gilles Ganzman.
12:29On parle de ce magnifique élan de solidarité
12:31parce qu'on a vu ces images effroyables de, vous savez,
12:35cette mairie de Limoges, le toit de la mairie s'écrouler le 17 octobre
12:39après avoir été incendié par des membres de l'ultra-gauche.
12:44Deux suspects d'ailleurs qui sont toujours en prise avec la justice, bien évidemment.
12:48L'enquête se poursuit.
12:49Et on avait le premier adjoint au maire de Limoges
12:52qui nous disait avoir recueilli plus de 800 000 euros de dons.
12:56C'est effectivement quelque chose qu'il faut souligner aujourd'hui.
13:01Ces dons, ils devraient encore augmenter
13:03puisqu'une grande émission est programmée sur France Télévisions
13:09à l'initiative de Stéphane Bern
13:10qui, vous le savez, défend depuis des années le patrimoine français.
13:14Elle aura lieu demain soir, Gilles Ganzman.
13:16Demain soir à 20h30, l'idée c'est à la fois de rendre hommage
13:20aux pompiers, aux gens de cette mairie
13:23mais surtout à cette bâtisse, vous l'avez dit,
13:25qui date depuis très longtemps.
13:27Alors demain dans l'émission, on verra des images de l'intérieur,
13:32le témoignage des pompiers,
13:33mais aussi ça sera un appel au don
13:36parce que évidemment ça va coûter beaucoup d'argent
13:38et je trouve ça assez symbolique que le service public
13:41fasse une émission le jour où il y a un samedi
13:45où il y a des manifestations
13:47et qu'il y ait quelque chose d'ensemble.
13:51C'est Limoges Reconstruire Ensemble
13:54qui sera diffusé sur François.
13:57Vous parliez des pompiers il y a quelques instants,
13:59mon cher Gilles.
14:00Eh bien nous sommes avec l'un d'entre eux
14:02et pas n'importe lequel
14:03puisque c'est celui qui a dirigé les opérations
14:06pour combattre l'incendie le 17 octobre
14:09de la mairie de Limoges.
14:10Bonjour commandant.
14:12Bonjour.
14:13Aurélien Sabourdi, officier des sapeurs-pompiers.
14:19On vous a vu sur ces images,
14:21c'était assez impressionnant,
14:23ces opérations d'incendie,
14:26de l'incendie de la mairie de Limoges.
14:28Dans quel état d'esprit vous vous trouvez aujourd'hui
14:30quasiment deux semaines après ce drame ?
14:33On ne peut pas parler d'autre chose.
14:35Oui, oui, c'est un drame.
14:37C'est une opération qui pour nous était majeure.
14:39Écoutez, les opérations d'extinction
14:41ont été finies depuis plusieurs jours.
14:42On est sur les opérations de sécurisation de la mairie.
14:45On finit les opérations d'étainement de sécurisation.
14:48Et on est dans une phase maintenant
14:50où on prend conscience du travail remarquable
14:53qui ont été fait par les équipes cette nuit.
14:54Et on est dans une phase où on se repenche
14:56sur la reconstruction.
14:57Donc on est dans une phase plutôt positive
14:59après un moment de sidération
15:01et de difficulté sur les premières heures.
15:03Justement, vous dites un moment de sidération.
15:05Alors je sais que ce n'est pas le rôle
15:06d'un officier, d'un chef pompier
15:08d'être dans l'émotion à ce moment-là.
15:12Mais j'imagine que ça a dû être
15:13un moment assez éprouvant quand même
15:15sur le plan humain,
15:16même pour vous et vos hommes.
15:18Ah non, mais vous avez entièrement raison.
15:22Le contexte était compliqué.
15:23C'est un bâtiment qui est cardinal,
15:26qui est majeur pour les Limougeaux.
15:27Et on a vite pris conscience
15:29de l'ampleur du sinistre.
15:30Et on a vite vu que la situation
15:32était très défavorable
15:33dans un contexte compliqué.
15:35Vous dire qu'on n'a pas eu d'émotion
15:36et en arrivée, ça serait mentir.
15:39Mais il y a un devoir d'agir
15:40qui s'impose à nous dans ces cadres-là.
15:42Et puis il y a la force du groupe,
15:43il y a la force de l'équipe.
15:44On est formés par ça, on se connaît.
15:46Et c'est justement ça qui nous permet
15:47d'arriver à bout de ces interventions
15:49et en ramenant tout le monde.
15:51Ça l'insiste.
15:52Parce que tout le monde,
15:53on n'a pas eu de blessés.
15:54En saluant le...
15:55Voilà, ça c'est important quand même.
15:56Vous faites bien de le souligner.
15:57Ce sont des opérations dangereuses
15:59pour vous, pompiers.
16:00C'est des opérations extrêmement dangereuses.
16:02Voilà.
16:02Où les équipes s'engagent à la limite.
16:04Voilà.
16:05Vous êtes à la frontière.
16:06Vous êtes carrément à la ligne de bascule.
16:08Et là, il faut saluer
16:09l'engagement de mes équipes,
16:11leur abnégation,
16:12leur courage,
16:14leur technicité
16:14et à la fois les actions
16:15qu'on a menées
16:16qui ont permis de sauver
16:17une grande partie du bâtiment,
16:18une grande partie des œuvres d'art.
16:20Donc, on est plutôt fiers
16:23et contents du travail
16:24qui a été mené cette nuit.
16:25Commandant, justement,
16:27éteindre l'incendie
16:28d'un vieux bâtiment
16:29comme ça
16:30qui a été inauguré en 1883,
16:32j'imagine que ce n'est pas
16:33éteindre l'incendie
16:33d'un bâtiment moderne.
16:35Peut-être que vous êtes plus habitué
16:36évidemment à des bâtiments
16:37plus classiques,
16:38si j'ose dire.
16:40Oui, vous avez raison.
16:41C'est des bâtiments
16:41qui n'ont pas été construits
16:42pour faciliter l'intervention
16:43des services de secours
16:44au 19e, au 18e.
16:45Bien sûr.
16:47Résolument.
16:49Mais on se forme à ça.
16:52On fait des visites,
16:53on fait des manœuvres.
16:55La dangerosité,
16:56c'est quoi la dangerosité ?
16:57C'est que c'est des modes
16:57constructifs qui sont plus fragiles
16:59avec des structures en métal.
17:01C'est des modes constructifs
17:02sur lesquels on a des propagations
17:03par des vides de construction.
17:04Les fumées vont aller
17:05dans beaucoup d'endroits
17:06donc peuvent générer
17:07des propagations
17:08qu'on n'a pas vues,
17:09qui ne sont pas en évidence
17:10et on a plus de mal
17:11à cloisonner le feu.
17:12Donc effectivement,
17:13c'est bien plus engagé pour nous,
17:14c'est bien plus technique,
17:15ça demande beaucoup plus
17:16de prudence
17:17mais on se forme,
17:19on travaille ensemble
17:20et on y arrive à vous
17:21en étant prudents.
17:21Vous dites,
17:23c'est intéressant
17:23ce que vous nous racontez,
17:25vous êtes formé
17:26pour tous les bâtiments
17:27publics historiques
17:28par exemple
17:28de la ville de Limoges.
17:29Vous les connaissez
17:30comme notre poche tous ?
17:31Alors, comme notre poche,
17:33on essaye de l'écouter
17:34comme notre poche
17:35mais effectivement,
17:36la cathédrale,
17:37la préfecture,
17:38les musées,
17:38on a deux très beaux musées,
17:39le musée des Beaux-Arts
17:40et le musée Adrien du Boucher
17:41font l'objet
17:42de plans d'intervention,
17:43font l'objet de visites,
17:45font l'objet
17:45de mise en sécurité
17:47des œuvres,
17:47de plans spécifiques
17:48et on n'aborde pas
17:49des sinistres
17:50dans ces bâtiments-là
17:51comme sur une tour
17:52d'habitation neuve
17:53de 2025.
17:54Voilà,
17:54donc ça fait partie
17:56de notre travail
17:57d'être acculturé
17:58à ce type de sinistre.
17:59Est-ce que vous avez eu peur ?
18:02Alors,
18:04je vais vous dire la peur.
18:05Oui,
18:05on a cette espèce
18:06de peur d'appréhension
18:07mais qui est de la bonne peur.
18:09Voilà,
18:09c'est cette peur
18:10qui vous donne
18:10de l'adrénaline,
18:11c'est cette peur
18:12qui vous met en vigilance,
18:13vous et vos équipes
18:14où les gens comprennent
18:15qu'on est dans une situation
18:16dégradée
18:17et moi,
18:18quand j'interviens
18:19avec une centaine
18:20de mes femmes
18:21et mes hommes
18:21sur ces nuits-là,
18:22j'ai de l'appréhension
18:23pour, comme vous dites,
18:24pour leur sécurité,
18:25pour leur mise en œuvre.
18:26Donc,
18:27on a cette appréhension,
18:28cette peur
18:28mais cette peur
18:29de vigilance,
18:30cette peur
18:30qui nous permet
18:31d'être à l'écoute
18:32de l'autre,
18:32cette peur
18:33qui nous permet
18:33d'être un signal
18:34pour les autres
18:34et d'avancer prudemment.
18:36Donc,
18:36oui,
18:37cette peur de vigilance,
18:38je pense qu'elle est même saine
18:39si vous intervenez
18:40avec cent personnes
18:42dans des conditions dégradées
18:43et que vous n'avez
18:43aucune impression,
18:44aucune peur,
18:45c'est vous qui êtes dangereux,
18:46je pense.
18:48Commandant Sabourdi,
18:49vous restez avec nous,
18:51s'il vous plaît.
18:52On va prendre Olivier
18:53qui nous appelle
18:55de Paris.
18:55Bonjour Olivier.
18:57Bonjour,
18:57bonjour à tous.
18:58Vous venez d'écouter
18:59le commandant Sabourdi
19:00et puis peut-être
19:01le premier adjoint
19:02au maire de Limoges
19:03qui nous expliquait
19:04ces dons incroyables,
19:06ça donne de l'espoir,
19:07plus de 800 000 dons,
19:09nous on en était restés
19:10à plus de 600 000 hier,
19:11ça a pris 200 000
19:12en une journée,
19:13il y a vraiment
19:14peut-être
19:15cet état d'esprit
19:16des Français
19:16à aller au-delà
19:17finalement du mal.
19:20Oui,
19:21je pense honnêtement
19:22qu'on est dans une période
19:23où on a trop de symboles
19:25qui sont négatifs
19:26et pas assez
19:26de symboles positifs.
19:27Or,
19:27j'espère encore
19:28qu'une majorité
19:29de nous,
19:31les Français,
19:32on espère redresser
19:33un peu le bateau
19:34et que des choses
19:36aussi basiques
19:36qu'un pompier
19:37ne doit pas se faire tabasser
19:38quand il va
19:38dans une cité
19:39ou dans un quartier
19:40quelconque
19:41et des magasins
19:43ne doivent pas être pillés
19:44quand on fait
19:44une manifestation,
19:47soit des symboles
19:48plus forts
19:49que ceux qui prônent
19:50la Révolution.
19:50Je ne suis pas
19:51contre la Révolution
19:51mais il faut la faire
19:52jusqu'au bout.
19:53Et si c'était vraiment
19:54la Révolution,
19:54alors dans ce cas-là,
19:55la République,
19:55elle aurait le droit
19:56de se défendre
19:56un peu plus vivement.
19:59Or,
19:59on est toujours
20:00dans un entre-deux.
20:02Sans faire référence
20:03au catholicisme
20:04nécessairement
20:04parce que ce n'est pas
20:05un sujet qui me touche,
20:07refaire Notre-Dame
20:08ou refaire la mairie
20:09de Limoges
20:09par des fonds privés
20:10de gens qui disent
20:11pas en mon nom,
20:12je trouve ça
20:13assez optimiste.
20:15Après,
20:15si je voulais être
20:15un peu taquin,
20:16je dirais que de toute façon
20:17c'est des Français
20:17qui paieraient la réparation
20:19puisque de toute façon
20:20c'est des fonds publics
20:21qui vont la réparer.
20:22Mais je trouve
20:23que le symbole
20:23est vraiment intéressant.
20:24C'est vrai que c'est intéressant,
20:26Olivier,
20:26vous avez parfaitement raison
20:27parce que là,
20:28d'une certaine manière,
20:29les Français acceptent
20:30de payer deux fois
20:31avec leurs impôts
20:32et puis avec des dons
20:34et c'est un pied de nez
20:35en effet
20:36à tous ces casseurs,
20:37ces pilleurs.
20:38Vous le prenez comme ça,
20:39vous aussi ?
20:41Tout à fait.
20:42Si c'est moi
20:42que vous posez la question,
20:43c'est vraiment ça.
20:45Je ne comprends même pas
20:46que maintenant,
20:47après ce qui s'est passé
20:47le 17,
20:49la dernière manifestation
20:51que j'ai faite,
20:51c'était pour la loi intégrale
20:53sur la violence
20:54faite aux enfants.
20:55Il y a des policiers
20:56qui étaient là
20:56qui encadraient
20:57et ils n'ont tué personne,
20:58ils n'ont tâté sur personne.
20:59La police ne tue pas,
21:00la police n'a pas
21:01de geste violent
21:01en dehors d'une attaque frontale.
21:04Et puis moi,
21:05si j'avais dû faire
21:06deux manifestations
21:07sur la loi intégrale
21:08dont la première
21:08s'était mal passée,
21:09j'aurais demandé
21:10à ce que la deuxième
21:10se passe sur le périphérique.
21:12De moi-même,
21:12j'aurais demandé
21:13à ce que le cortège
21:14ne soit plus dans un endroit
21:15qui soit antogène
21:16ou dangereux.
21:17Et ce qui fait que
21:18si à ce moment-là,
21:18des mecs cagoulaient
21:19se retrouvaient dans Paris
21:21pour piller des magasins,
21:22on savait que ce n'était
21:23pas une manifestation,
21:23mais du pillage.
21:24Là, il n'y avait plus
21:25d'interprétation possible.
21:26Quand je vous parlais
21:27de Saint-Bol tout à l'heure,
21:27c'est ça.
21:28Moi, j'en ai un peu ras-le-bol.
21:29Quand on se pose la question
21:29de savoir si un gamin
21:30qui a défoncé une vitrine
21:31est responsable ou pas,
21:32c'est qu'on est descendu bien bas
21:33quand même.
21:35Merci Olivier,
21:35en tout cas de votre intervention.
21:38Commandant Sabournier
21:38est toujours avec nous.
21:40Commandant,
21:41vous avez peur pour demain
21:43parce qu'on nous annonce
21:44encore un week-end
21:44extrêmement tendu.
21:46J'imagine que vos hommes
21:47seront sur le pied de guerre.
21:50Alors peur, non.
21:51J'ai confiance dans les services.
21:52J'ai confiance dans la préparation
21:54qui se met en place
21:54de par les forces
21:55de sécurité intérieure
21:56parce que nous,
21:57les sapeurs-pompiers,
21:57on n'est quand même pas
21:58dans notre rôle
21:59de maintien de l'ordre.
21:59Ça ne nous relève pas
22:00de nos missions.
22:01On prend de la vigilance,
22:02nous, forcément,
22:04vu le contexte.
22:06Mais j'ai confiance
22:07dans l'État,
22:07dans les services
22:08qui vont se mettre en place.
22:09Et effectivement,
22:10on est vigilant,
22:10on a renforcé les effectifs.
22:12Donc, je crois
22:13dans les signes d'espérance,
22:14je crois dans les lendemains
22:15qui chantent
22:15et je pense
22:17qu'on va quand même
22:18arriver à maintenir
22:20les choses
22:20tout en ayant toujours
22:21des manifestations.
22:22Un bon courage à vous
22:23en tout cas
22:23pour ce nouveau week-end
22:25de Tension
22:26et bravo en tout cas
22:27pour ce que vous avez fait
22:28parce que...
22:28On peut saluer les pompiers.
22:30On peut saluer clairement
22:31ces pompiers
22:32qui mènent
22:33un travail remarquable.
22:35Merci à vous.
22:36Merci à vous.
22:37On se retrouve dans quelques instants
22:38avec mes trois débatteurs.
22:39On va parler évidemment
22:40de ce 31 octobre
22:42sous haute tension.
22:43Il y a 70 000 forces de l'ordre
22:44qui sont mobilisées.
22:45Les commerçants, eux,
22:46sont inquiets.
22:48Et puis, parfois,
22:48ils en ont marre
22:49parce que c'est vrai
22:50qu'il y a ceux
22:51qui veulent manifester.
22:52C'est certainement légitime.
22:54Mais il y a aussi
22:54ceux qui veulent travailler.
22:55C'est un droit aussi.
22:57En France,
22:58idem pour les étudiants,
22:59lundi, c'est la rentrée.
23:00Il y a ceux qui veulent
23:01continuer à étudier,
23:02ceux qui veulent bloquer.
23:03Toujours la même question.
23:04La liberté s'arrête
23:06quand commence celle des autres.
23:08A tout de suite
23:08sur Sud Radio 0
23:09826 300 300.
23:11Venez nous donner
23:12de votre avis.

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