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  • il y a 1 heure
Fin septembre, les députés de la commission des affaires culturelles et de l'éducation ont créé une mission d'information sur les mesures et dispositifs mis en oeuvre par l'État pour renforcer la protection des personnels éducatifs à la suite de l'assassinat de Samuel Paty. Mercredi 28 octobre, les députés ont auditionné Mickaëlle Paty, la soeur du professeur d'histoire-géographie, tué le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression et proposé aux élèves qui le souhaitaient de « sortir » quelques instants pour ne pas voir celles-ci. Retrouvez l'intégralité de son audition par les députés.

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00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte fin septembre la Commission des
00:00:13affaires culturelles et de l'éducation a lancé une mission d'information pour revenir sur les
00:00:18mesures mises en place par l'état pour mieux protéger les personnels éducatifs après l'assassinat
00:00:23du professeur Samuel Paty c'était à Conflans-Saint-Honorin en octobre 2020 les députés
00:00:29ont auditionné Mickaël Paty c'est la soeur de Samuel Paty regardez bonjour et merci beaucoup
00:00:35d'avoir accepté cette cette audition que nous menons dans le cadre de la mission éducation
00:00:40culture avec mon collègue monsieur Thierry Tesson qui en est le rapporteur et je suis moi-même la
00:00:43présidente de cette mission et nous avons eu pour ambition d'interroger les dispositifs qui existent
00:00:50au sein de la maison éducation nationale en soutien au personnel de l'éducation qui seraient victimes
00:00:55qui sont d'ailleurs on peut hélas parler au présent victimes de menaces de toutes sortes de toute
00:01:00nature quelle que soit la nature de cette menace qu'elle soit verbale qu'elle soit physique qu'elle
00:01:03soit numérique évidemment tout ceci fait écho à l'effroyable assassinat de votre frère en octobre
00:01:102020 il y a maintenant six ans et nous savons que l'administration et c'est aussi sur ce sujet
00:01:16que
00:01:16nous aurons sont très intéressés de pouvoir vous entendre nous avons besoin de comprendre ce qui était mis en
00:01:20place à l'époque comment vous vous l'avez perçu et puis ce qui vous a semblé perfectible ce qui
00:01:28vous a semblé améliorable car nous avons bien perçu à travers différents témoignages que quelle
00:01:35que soit la nature des agressions il y a des choses qui sont mises en place mais qu'il y
00:01:38a des choses
00:01:39qu'on pourrait compléter voire améliorer voire renforcer l'objectif de tout ça c'est de comprendre
00:01:46d'abord quelle était la nature de toutes les menaces qui pèsent sur nos personnels évidemment
00:01:50avec une fort prisme sur le personnel enseignant et ensuite quels sont les outils dont on dispose
00:01:57aujourd'hui pour les soutenir ensuite ceci nous permettra nous souhaitons au cas de pouvoir faire
00:02:01des propositions pour améliorer dispositifs existants on voit qu'aujourd'hui avec encore ce
00:02:06qui s'est passé tout récemment les menaces et les agressions dont ont été victimes des chefs
00:02:10d'établissement des professeurs dans l'exercice de leur mission qui est d'essayer d'enseigner de
00:02:15transmettre a été particulièrement malmené ils ont été particulièrement malmenés ces dernières
00:02:18semaines on voit que notre mission à toutes les raisons d'exister nous rendrons nos conclusions
00:02:23en février prochain et donc pour le moment comme vous êtes avec ma voix est compliquée je vais
00:02:28m'arrêter là et passer la parole à votre rapporteur monsieur tesson il permet de couper mon
00:02:32micro et je réinterviendrai chaque fois que ma voix me le permettra par avance merci beaucoup
00:02:36d'empathie je crois que vous avez reçu un questionnaire et évidemment je n'ai pas cité je n'ai
00:02:40pas mentionné
00:02:41le rapport du sénat 2024 c'est intéressant aussi de vous entendre sur ce rapport ce que vous en a
00:02:46vu qui avait quand même eu lieu plus de trois ans après l'assassinat de vos frères et comprendre
00:02:51est ce qui était quelque part bien parce que c'était ni trop proche ni trop loin mais voir comment
00:02:56vous l'avez reçu est ce que vous en avez pensé voilà madame patti je m'arrêter là monsieur le
00:03:00rapporteur aussi je vous cède bien volontiers la parole merci madame la présidente bonjour madame
00:03:04patti j'imagine assez que le retour aujourd'hui avec cette audition d'un événement horrible tel
00:03:16qu'il a pu se passer moi-même étant l'ancien chef d'établissement un ancien enseignant d'histoire
00:03:20géo qui plus est j'imagine que ce retour sur ce passé doit vous être très douloureux mais pour cette
00:03:27raison je vous remercie vraiment très sincèrement d'être là parce que votre parole est très importante
00:03:32je pense que nous pourrons en tirer un certain nombre d'enseignements puisque ça reste l'objectif
00:03:37comme l'a dit madame la présidente de notre rapport c'est d'améliorer autant que faire se peut la
00:03:42protection des personnels de l'éducation nationale je vais rentrer dans le vif du sujet si vous le
00:03:49voulez bien moi vous ayez envie de faire une remarque liminaire empathie écoutez j'espère que cette
00:03:57mission permettra effectivement comme tu as été annoncé des mesures perfectibles au sein de l'éducation
00:04:04nationale notamment sur la protection donc du personnel éducatif mais j'annonce quelque part qu'il faut
00:04:12peut-être renoncer à certaines pratiques définitivement pour que on puisse effectivement
00:04:19améliorer cette prise en charge de nos enseignants qui sont à l'heure actuelle terriblement menacés
00:04:26très bien alors dans la série de questions alors je ne les reprendrai peut-être pas toutes peut-être
00:04:34que madame la présidente relera mais on peut indiquer aujourd'hui que la violence est très présente dans
00:04:39les établissements et les derniers événements dans les lycées l'ont encore démontré mais d'après vous
00:04:45quels seraient les les facteurs explicatifs de 7 j'allais dire cet environnement et quel lien faites
00:04:53vous entre cette violence ordinaire à l'école et les attentats terroristes tels que nous avons pu les
00:04:59vivre en france il y avait votre frère bien sûr mais aussi dominique bernard à arras quel lien vous
00:05:05faites entre les deux de votre équipe alors je vais me permettre de lire quelques quelques pages que
00:05:11j'ai écrit par rapport à cette question qui a à mon avis peut-être la plus importante de la
00:05:16somme des
00:05:17questions qu'on m'avait fait parvenir parce que enfin qu'on puisse expliquer en trois lignes donc si
00:05:23vous me permettez je vais je vais lire ce que vous avez écrit donc la violence ordinaire insulte menace
00:05:29pression agression contestation d'enseignement n'est pas un phénomène isolé elle est le produit d'une
00:05:35série de renoncements face à l'islamisme une culture du pas de vagues et d'un abandon progressif
00:05:40de l'autorité de l'école et des valeurs républicaines dès décembre 2015 dans le numéro 7
00:05:47de son magazine francophone d'arra l'islam l'état islamique appelait explicitement à combattre et tuer
00:05:53les professeurs il les qualifiait de corrupteurs l'école républicaine était présentée comme un lieu de
00:05:59mécréance et de perversion les enseignants comme des ennemis à abat cette menace n'est pas abstraite elle
00:06:06cible est précisément ceux qui transmettent la laïcité la liberté d'expression or cette
00:06:11déclaration de guerre contre le corps enseignant n'a entraîné aucun changement structurel durable ni
00:06:17dans la protection des professeurs ni dans la prise de conscience institutionnelle le pas de
00:06:23vague n'est pas une simple prudence administrative c'est une culture une culture profondément ancrée
00:06:28soucieuse avant tout de la réputation de l'établissement et l'éducation nationale on redoute le scandale
00:06:34médiatique la polémique le conflit avec des parents ou des communautés alors on préfère étouffer
00:06:40on minime on qualifie l'enseignant de maladroit plutôt que d'affronter la réalité idéologique
00:06:46derrière résultat l'enseignant isolé devient le fusible donc il vaut mieux sacrifier un professeur
00:06:53que d'assumer un conflit qui pourrait faire des vagues cette crainte s'accompagne d'une peur de la
00:06:58stigmatisation et de l'amalgame on a fini par considérer qu'un individu appartenant à une
00:07:03communauté ne pourrait être réprimandé ou sanctionné sans que cela ne tousse par essence
00:07:08la communauté tout entière ce raisonnement est essentialisant au possible il fige les
00:07:14personnes dans une identité collective et rend impossible tous distinction entre un
00:07:19comportement individuel et un groupe c'est précisément ce mécanisme qui a fait le lit du
00:07:24narratif selon laquelle la france ou l'état serait raciste dès lors qu'il applique la loi ou dépend de
00:07:29la
00:07:29laïcité en refusant de traiter les faits individuels pour ce qu'ils sont on a inversé
00:07:34la charge l'institution se retrouve accusé pendant que les pressions idéologiques progresse à cela
00:07:42s'ajoute la banalisation du mal ordinaire les insultes les menaces les pressions quotidiennes sont
00:07:47devenues tellement fréquentes qu'elles en paraissent presque anodines face à une décapitation on
00:07:52entend parfois c'est rien comparé à ou ce n'est pas la même chose de clamer un passage à
00:07:56l'acte que de le
00:07:57faire cette comparaison interverse minimise la violence du quotidien elle empêche de voir
00:08:02qu'elle prépare le terrain aux actes extrêmes la banalité du mal ordinaire n'est pas l'opposé
00:08:07de l'horreur elle en est le terreau quand on s'habitue à l'intimidation se retrouve désarmé le
00:08:13jour la menace se réalise un autre facteur structurel la notion de communauté éducative
00:08:20introduite par lyonnais jospin en 1989 en mettant parents élèves et enseignants sur un
00:08:25pied d'égalité vous remplaçant parfois la parole de l'enseignant en position d'infériorité on a
00:08:30inversé le rapport d'autorité désormais un professeur doit souvent se justifier face à
00:08:35toute sanction ou brimade qu'il aurait formulé auprès d'un élève la parole de l'enseignant n'a
00:08:40plus le poids qu'elle devra avoir elle est contestable discutable et l'institution
00:08:45attend de lui qui dialogue même avec ceux qui le menacent et le dit comme cette égalisation a
00:08:50affaiblit durablement l'autorité pédagogique elle a ouvert la porte aux pressions idéologiques
00:08:55cette logique est toujours à l'oeuvre on peut en prendre pour exemple par illustration deux
00:09:01publications récentes le compte officiel du ministère de l'éducation nationale rappelle
00:09:06aux parents qu'il faut faire confiance aux professeurs dans un respect mutuel avec du
00:09:10dialogue et de la co-éducation de son côté edouard joffray ministre de l'enseignement affirme que
00:09:16l'institution sera toujours à leur côté tout en précisant que l'on peut demander à rencontrer un
00:09:21professeur pour avoir des explications sur une décision précise ces formulations en apparence
00:09:27bienveillante certes et l'idée que le professeur doit rendre des comptes et entrer dans un dialogue
00:09:32permanent y compris face à des constestations qui peuvent rapidement basculer dans la pression ou
00:09:37la menace elle illustre la persistance de la communauté éducative comme cadre où l'autorité
00:09:42de l'enseignant n'est jamais pleinement affirmé il faut bien admettre que l'attentat contre samuel a
00:09:48libéré une violence qui était jusqu'à leur contenu le tabou a sauté on entend désormais
00:09:54des élèves dire je vais lui faire une patrie les attentats contre samuel et dominique bernard ne
00:10:00sont pas des accidents ils sont le produit d'un système qui a minimisé les signaux faibles et
00:10:04s'est prospéré les narratifs mensongers et refusé de traiter les causes idéologiques
00:10:09l'islamisme n'est pas un partenaire de dialogue c'est un projet politique totalitaire conquérant
00:10:15qui progresse par la pression l'intimidation et l'instrumentalisation des plaintes victimaires
00:10:20nos dirigeants successifs ont cru conserver la paix civile par une série de renoncements
00:10:26qu'ils pensaient sans importance ils ont ainsi renoncé à une société unie et fraternelle pour
00:10:32un vivre ensemble communautariste tribal je pense que ce fut une grossière erreur d'analyse
00:10:41bien empathie effectivement je pense que là vous comment dire votre analyse sans concession pose
00:10:49tout à fait clairement le problème effectivement les voies vers lesquelles nous devrions aller
00:10:57alors dans les questionnements que nous vous avions envoyé il y avait un élément qui concernait la
00:11:03principale du collège et vous estimiez que dans votre livre le cours de monsieur patty il y avait
00:11:12eu une sorte de déformation des faits alors nous on se pose beaucoup la question de parce que la première
00:11:18ligne évidemment lorsqu'il se produit un fait une contestation etc ça revient au chef d'établissement
00:11:24et d'après vous alors à partir de ce fait enfin vous pouvez revenir bien sûr sur votre analyse par
00:11:30rapport à ce qui s'est passé avec la principale mais au delà qu'est-ce qui d'après vous
00:11:35pourrait
00:11:36assister les chefs d'enseignement les chefs d'établissement pardon lorsqu'ils se retrouvent dans une
00:11:41situation de cet ordre moi ce que je pense que à l'époque donc pour la principale du collège de
00:11:49contenance la tonorine elle s'est retrouvée en difficulté face à une pression donc d'un parent
00:11:54d'élèves accompagné d'un islamiste et donc elle s'est retournée assez rapidement donc vers sa
00:12:00hiérarchie pour savoir quelle procédure quel comment il fallait faire et je pense qu'on l'a un petit peu
00:12:07pressé à rédiger ce fait établissement pour qu'il y ait une remontée communitaire puisque c'est un
00:12:15niveau 3 qui a été signalé sans pour autant avoir pris le temps simplement d'entendre mon frère par
00:12:22rapport à ce qui s'était passé réellement donc je pense que c'est cette précipitation qui a totalement
00:12:29erroné en fin de compte cette saisine où elle reprend exactement donc le narratif du père accompagné de
00:12:36l'islamiste ou finalement c'est mon frère qui se retrouve coupable quelque part d'un crime et c'est
00:12:41pour ça que les cases vont être coûtées que les victimes c'est groupe d'élèves et le coupable
00:12:47c'est un personnel de l'établissement
00:12:50voilà très bien très bien alors justement il y avait l'idée quand on lit le rapport de l'inspection
00:12:58générale ce que j'ai fait évidemment je suis moi même pardon je ne me suis pas présenté mais je
00:13:02suis
00:13:02un ancien chef d'établissement un ancien inspecteur académie et donc le fait est que il y avait l'idée
00:13:07d'une maladresse est ce que vous estimez que c'est peut-être un défaut par exemple de consignes claires
00:13:14qu'on donne aux enseignants parce que ce qui me frappe depuis le début de cette mission c'est à
00:13:18quel point et c'est le cas de votre frère qui a fait son travail c'est ce qui est
00:13:22le plus terrible
00:13:23dans cette affaire il a fait son travail il était en fait un défenseur je veux dire de la laïcité
00:13:28en
00:13:28première ligne et c'est ce qu'on demande aux enseignants et est ce que il n'y a pas
00:13:32un défaut
00:13:33là de consignes claires qu'on pourrait donner aux enseignants par rapport à la manière d'enseigner
00:13:38vous voyez c'est vraiment une question qu'on peut se poser moi ce que je pense c'est que
00:13:44j'y
00:13:45reviendrai autant que ça sera nécessaire c'est vraiment cette culture du pas de vagues qui fait
00:13:50que de toute façon on va toujours reprocher à l'enseignant quelque part une maladresse de mal
00:13:57avoir agi et c'est pour ça qu'on lui demande systématiquement après de s'expliquer sur sa façon
00:14:02de faire ou sa façon d'agir en fait donc c'est vraiment c'est l'essence du problème le
00:14:09pas de
00:14:09vagues et j'ai écouté je sais pas combien de fois même à l'époque des faits monsieur
00:14:15blanquer annoncer haut et fort le pas de vagues c'est fini et en fait ça a été répété en
00:14:21bout comme
00:14:21un mantra sauf que en fait plus on le répète plus il existe sur le terrain et ça c'est
00:14:27factuellement
00:14:28vérifiable auprès des enseignants et des personnes de direction qui se retrouvent avec des rectorats
00:14:34qui les poussent à minimiser à surtout pas faire de vagues ne pas faire de bruit d'ailleurs à l
00:14:39'époque
00:14:39des faits la principale avait été entendue donc par le tas zen de l'époque où il y avait écrit
00:14:46un
00:14:46mail spécifiant qu'il fallait peut-être prendre en considération ses propos puisque elle par rapport à
00:14:52d'autres ne faisait pas de vagues d'habitude donc c'est quand même quelque chose qui a pointé encore
00:14:57une fois tu as fait et mais en termes de consignes voyez vous avez un programme à faire alors on
00:15:06a vu
00:15:07alors je pense que d'ailleurs les contestations concernent beaucoup de disciplines mais peut-être
00:15:11en premier lieu l'histoire géographie et l'histoire en particulier puisque oui ça peut être d'ailleurs
00:15:18effectivement les svt comme d'autres mais en histoire géo effectivement il ya certaines parties
00:15:23du programme moi je pense souvent à l'enseignement de l'islam en cinquième qui sont toujours un peu
00:15:28difficiles alors est ce que il n'y a pas un défaut là effectivement de consignes voyez que pourrait
00:15:34donner la hiérarchie c'est à dire parce qu'on sait tous maintenant ce sont des choses qui ont été
00:15:39largement documentées mais c'est que une bonne part des enseignants aujourd'hui se sont sûrs pour éviter
00:15:44des problèmes en classe c'est à tester donc qu'est ce que vous avez comme avis sur ça
00:15:51je vais reprendre justement l'exemple que vous citez qu'au programme de cinquième les trois
00:15:56grandes religions monétaïs est donc abordé au programme mais je vous rappelle que c'est
00:16:01quelque chose qui n'existait pas avant c'est quelque chose qui a été introduit après les
00:16:06années 2000 justement face à une montée des faits religieux on s'est dit que plus on allait en
00:16:11parler à l'école mieux ça allait être géré finalement on se retrouve avec une situation
00:16:15qui est totalement l'inverse de ce qui était attendu préconisé pourtant déjà à l'époque il
00:16:20y avait des voix qui s'élevaient pour expliquer que peut-être les religions n'ont rien à voir avec
00:16:27l'école le cadre de laïque laïque de l'école si je peux me plaindre tout vous attendez une toute
00:16:34petite seconde pardonnez moi ça c'est difficile en zoom alors moi je suis beaucoup plus vieille que
00:16:39vous mais j'ai passé mon bac en 1980 donc c'est pas récent en tout cas je peux vous
00:16:44dire qu'en classe de
00:16:45sixième et cinquième j'avais déjà l'enseignement du christianisme et de l'islamisme et de l'islam
00:16:49pardon que j'avais vu je prends en pas en forme voilà j'avais déjà ça dans alors je sais
00:16:54pas si
00:16:54entre les deux une partie du point mais mes enfants qui ont passé leur bac dans les années 2000 2010
00:17:01on
00:17:01va dire à peu près ont aussi eu en sixième et cinquième ces deux enseignements d'ailleurs
00:17:05une même année que moi le christianisme en sixième et l'islam en cinquième avec l'empire ottoman
00:17:11etc donc c'était à 25 ans dès qu'un on avait ça alors après je ne sais pas mais
00:17:16en tout cas c'était déjà dans le programme
00:17:20alors écoutez
00:17:22moi je suis plus vieux
00:17:28effectivement en cinquième on faisait l'islam mais on le mettait pas en équilibre avec les autres religions
00:17:34c'était décalé et en sixième si je puis ajouter parce que j'étais professeur de lettres il y a
00:17:39les textes fondateurs qui sont étudiés donc des textes issus de la bible mais aussi évidemment des textes soit hébraïques
00:17:47soit de l'islam par contre on rencontrait effectivement dans notre pratique des difficultés par rapport à certains parents qui
00:17:54vont refuser la lecture de textes bibliques etc pour des questions religieuses ça c'est quand même un phénomène qui
00:18:00est apparu après les années 2000 je pense
00:18:02est-ce que vous pensez que malgré ces contestations madame paty il est utile par exemple de d'assurer ses
00:18:08enseignements
00:18:10bah écoutez
00:18:11on va dire que je suis une génération entre où
00:18:15les textes fondateurs
00:18:17des trois régions monothéistes ne faisait pas partie du programme donc il y a bien une période où ça n
00:18:23'a pas été enseigné
00:18:24et en fait je pense que c'est la manière dont les choses sont enseignées qui peuvent poser problème et
00:18:30puis il faut aussi bien comprendre que
00:18:34parler succinctement d'une religion qui n'est pas forcément celle de l'enseignant
00:18:38c'est survolé en fin de compte alors qu'on peut se retrouver avec des contestations
00:18:43puisque les élèves
00:18:45de toutes confessions religieuses peuvent
00:18:48reprendre les dires de l'enseignant
00:18:50comme ils le souhaitent en fait
00:18:51c'est là que ça pose problème
00:18:54c'est qu'on met en difficulté
00:18:55je pense les enseignants
00:18:57en leur demandant de parler
00:18:59de paix religieuse
00:19:00vous savez vous avez souvent en face de
00:19:02on a souvent en face de soi
00:19:04mon expérience est très ancienne maintenant
00:19:06mais lorsqu'on a justement
00:19:08enseigné en cinquième l'islam
00:19:10on avait enfin moi je l'ai enseigné
00:19:12par exemple dans un quartier très difficile
00:19:14bon on avait des contestations
00:19:16mais qui étaient des contestations absolument pas agressives
00:19:18plutôt sur le mode
00:19:19c'est pas vrai ce que vous dites
00:19:21c'est quand vous nous expliquiez à l'époque
00:19:23que Mahomet avait plusieurs femmes
00:19:24des chrétiennes
00:19:25des juives etc.
00:19:27ça passait pas bien
00:19:28et donc la connaissance que les élèves avaient
00:19:30de l'islam était extrêmement rudimentaire
00:19:32et complètement difficile
00:19:34donc vous voyez quelque part
00:19:35de l'enseigner c'est plutôt pas mal
00:19:37parce que là on est sur une approche totalement historique
00:19:39on n'est pas sur une approche de théologie
00:19:41on est sur des choses beaucoup plus historiques
00:19:43donc ça ça peut s'expliquer
00:19:45après bon voilà c'est très compliqué
00:19:48parce que ce que vous dites
00:19:49est une réalité
00:19:50on a très longtemps
00:19:52j'ai été inspecteur
00:19:53et on a vraiment essayé de travailler
00:19:55pour que les enseignants soient armés
00:19:57justement en connaissance historique
00:20:00pour enseigner ces faits religieux
00:20:01et c'est vrai que c'est parfois très compliqué
00:20:04parce qu'on voit bien que
00:20:05certains sont plus à l'aise que d'autres
00:20:07et quand vous faites votre cours
00:20:08il vaut mieux être armé
00:20:09si vous avez des contestations
00:20:10ça je vous rejoins
00:20:11c'est une réalité
00:20:13absolument
00:20:15peut-être
00:20:18vous voulez poser une question chère collègue ?
00:20:20Oui moi j'étais professeur de l'aide jusqu'en 2017
00:20:22et c'est vrai que l'histoire de Samuel
00:20:25a été très perturbante
00:20:27pour l'ensemble des enseignants de France
00:20:28je voudrais le rappeler
00:20:29parce que c'est parce qu'on a été très nombreux
00:20:32à passer des caricatures dans nos classes
00:20:35suite aux attentats de 2015
00:20:36et pour corriger le rapporteur
00:20:38moi j'étais professeur de français
00:20:40mais je pense que des professeurs de maths
00:20:42l'ont fait de physique
00:20:42parce qu'après les attentats
00:20:43on a été de très nombreux
00:20:44à utiliser les caricatures
00:20:47comme pour dialoguer avec nos classes
00:20:49et moi depuis la Mayenne
00:20:50je me pose quand même une question
00:20:52sur la capacité effectivement
00:20:54selon les territoires
00:20:55selon les sensibilités
00:20:57évidemment qu'il faut le faire
00:20:58mais ça n'est pas la même chose
00:20:59de le faire en Mayenne
00:21:00sans doute on prend moins de risques
00:21:01même si maintenant le risque
00:21:02est partout sur le territoire
00:21:04mais c'est vrai que c'était sans doute
00:21:05plus simple de faire ça sur notre territoire
00:21:09que dans d'autres territoires
00:21:10et c'est vrai que ça interroge beaucoup
00:21:13sur comment on peut enseigner la laïcité
00:21:16la liberté d'expression
00:21:17avec ces problématiques
00:21:20mais je rejoins tout à fait Mme Patti
00:21:23sur l'histoire du problème du pas de vagues
00:21:27je pense que depuis le terrain
00:21:28on sait que c'est un grand problème
00:21:30et que sans doute c'est ça
00:21:32qui a provoqué ce drame absolu
00:21:37Mme Patti, une réaction ?
00:21:40Bah écoutez, c'est bien de l'entendre
00:21:44je dirais de manière un peu plus officielle
00:21:46que la culture du pas de vagues
00:21:49est sans doute plus reconnue maintenant
00:21:52qu'à l'époque des faits
00:21:54mais néanmoins je pense que
00:21:56il va falloir un peu plus pour réussir
00:21:59à convaincre nos enseignants
00:22:02que ça n'existe plus
00:22:03puisqu'ils le supportent eux-mêmes
00:22:05je vous donne une anecdote
00:22:07tout à fait grotesque
00:22:08c'est que moi sur mon secteur
00:22:11où j'interviens régulièrement
00:22:13auprès de classes
00:22:13notamment dans le cadre
00:22:16de la projection du film
00:22:17l'abandon de Vincent Garinck
00:22:20je vois parfaitement
00:22:21qu'il y a des réticences du rectorat
00:22:23qui ne souhaitent pas
00:22:26entre guillemets forcément
00:22:27que ce visionnage se fasse
00:22:29ou dans certaines conditions
00:22:32précadrées
00:22:34Alors justement
00:22:34Madame Patti pour rebondir sur ça
00:22:36c'était à la fin du questionnaire
00:22:37mais autant aller directement
00:22:39sur ce sujet-là
00:22:39puisque vous l'abordez maintenant
00:22:41ce film l'abandon
00:22:42que nous avons vu nous-mêmes
00:22:44à l'Assemblée nationale
00:22:45vous étiez intervenue
00:22:46à la fin de la projection
00:22:48et merci d'avoir apporté
00:22:50cette note d'émotion
00:22:52vous vous rappelez que moi
00:22:53j'étais intervenue également
00:22:55parce que ça m'avait beaucoup frappée
00:22:57et pour revenir justement
00:22:57à cet accompagnement
00:22:59ce soutien ou non
00:23:00donc il y a d'une part
00:23:02la réticence des enseignants
00:23:04à aborder certains sujets
00:23:06qu'on vient d'évoquer là à l'instant
00:23:08ensuite il y a la réponse
00:23:10de la hiérarchie
00:23:11lorsque ces enseignants
00:23:11se trouvent être mis en difficulté
00:23:13le film l'abandon
00:23:15je crois montre bien
00:23:16tous ces aspects
00:23:18la difficulté
00:23:18le risque d'autocensure
00:23:20de l'enseignant
00:23:20la réponse de la hiérarchie directe
00:23:24et puis la hiérarchie un peu plus lointaine
00:23:26et les collègues
00:23:27donc ce film l'abandon
00:23:29vous vous dites à l'instant
00:23:31que vous avez mesuré les réticences
00:23:33des rectorats
00:23:34afin de le projeter
00:23:36comment analysez-vous cette réticence
00:23:38qu'est-ce qui à votre avis
00:23:41justifie de leur pas cette réticence
00:23:42et comment vous devez-vous procéder
00:23:44si c'est vous-même qui le faites
00:23:46ou peut-être à travers d'autres associations
00:23:47pour que ce film puisse être diffusé
00:23:50troisième question
00:23:51je ne sais pas si j'ai dû commencer par là
00:23:53pourquoi diffuser ce film
00:23:55auprès de nos jeunes
00:23:56et sur quelle tranche d'âge ?
00:23:58on va essayer de reprendre à rebours
00:24:00donc la tranche d'âge
00:24:03qui a été ciblée
00:24:05c'était à partir de la classe de quatrième
00:24:08donc ce choix pédagogique
00:24:10n'a pas été pris comme ça
00:24:13nous avons sollicité donc des enseignants
00:24:16pour qu'ils puissent eux-mêmes évaluer
00:24:19quel était l'âge entre guillemets
00:24:22requis pour pouvoir voir ce film
00:24:25et également je dirais comprendre
00:24:28ce qui est dedans
00:24:29parce qu'en fait c'est même pas tant l'âge
00:24:31c'est juste avoir simplement
00:24:32la capacité intellectuelle
00:24:35de comprendre cet engrenage
00:24:37ces mécanismes
00:24:38et que ça les emmène à réfléchir
00:24:40donc en fait c'est typiquement l'âge
00:24:43où se développe l'esprit critique
00:24:44donc tout le monde a considéré
00:24:48que c'était primordial
00:24:49qu'on puisse le caler à partir de la quatrième
00:24:51après c'est aux enseignants
00:24:54de choisir quels élèves
00:24:56ils souhaitent emmener en fond de compte
00:24:58voir le film
00:25:00donc voilà sur ce point
00:25:03autrement c'est que
00:25:05pour rebondir par rapport au rectorat
00:25:07c'est qu'en fait les cas que je vous spécifie
00:25:10ce sont des enseignants qui sont moteurs
00:25:12qui ont voulu, qui ont vu
00:25:14et qui veulent emmener leur classe voir le film
00:25:16donc en fait c'est pas simplement
00:25:18des profs qui craignent ou autre
00:25:21donc ceux-là ce sont des enseignants
00:25:23qui ont parfaitement compris
00:25:24l'intérêt pédagogique de ce film
00:25:26et pour déjà être intervenu devant
00:25:28de nombreux élèves
00:25:30dès la classe de quatrième pour certains
00:25:33ça emmène énormément de questions
00:25:35donc c'était primordial
00:25:37que je sois parfois présente
00:25:39ou l'équipe de films pour y répondre
00:25:42donc c'est
00:25:44en fait je me suis aperçu
00:25:46quand un compte
00:25:48malgré le classement PISA
00:25:49qui a tendance à les mettre plus bas
00:25:51qu'ils ne le sont
00:25:52moi j'ai trouvé leur réflexion
00:25:54leur analyse
00:25:55parfois très poussée
00:25:56même jusqu'à ce qu'une jeune fille
00:25:59d'origine maghrébine
00:26:01je ne sais de quelle condition
00:26:03elle dit mais c'est pour ces caricatures là
00:26:05que votre frère il a été tué
00:26:07donc elle-même reconnaissait
00:26:09le tout ça pour ça
00:26:10qu'on a écouté après Charlie
00:26:12c'est ces moments-là
00:26:13où en fin de compte
00:26:13on se rend bien compte
00:26:15du côté grotesque
00:26:17qu'un dessin
00:26:18puisse encore tuer
00:26:20et donc
00:26:20c'est ces échanges là
00:26:22qui me nourrissent
00:26:25me font beaucoup de bien
00:26:26et me permettent
00:26:27d'espérer justement
00:26:29de miser sur cette semestre
00:26:31mais alors du coup
00:26:32dans ce que vous dites là
00:26:33est-ce que ça veut dire
00:26:33que ce film
00:26:35il est difficile
00:26:36qu'il puisse être projeté
00:26:38sans un accompagnement
00:26:40tel que celui
00:26:41que vous pouvez proposer
00:26:42ou que l'équipe du film
00:26:43peut proposer
00:26:44est-ce que vous jugez
00:26:45j'entends dans vos propos
00:26:47qu'un enseignant tout seul
00:26:48même volontaire
00:26:49même moteur
00:26:50comme vous l'avez dit
00:26:51pour présenter le film
00:26:52pourrait être
00:26:54mis en difficulté
00:26:56à accompagner ses élèves
00:26:58dans la compréhension
00:26:59de ce film ?
00:27:00Eh bien écoutez
00:27:00non pas forcément
00:27:01parce qu'il y a des établissements
00:27:02qui s'y rendent tout seuls
00:27:03disons un prof
00:27:04deux, trois profs
00:27:05soit il s'organise à plusieurs
00:27:06avec souvent quand même
00:27:08l'appui de leur chef d'établissement
00:27:11qui est certain
00:27:12de l'intérêt pédagogique
00:27:14j'ose le rappeler
00:27:14mais c'est un peu en ce sens
00:27:17vous savez
00:27:18j'ai un travail à temps plein
00:27:20j'ai des enfants
00:27:21et en fait
00:27:22tout ce que je fais à côté
00:27:23c'est sur mes temps de repos
00:27:25dirons-nous
00:27:26qui n'en sont plus
00:27:27depuis six ans
00:27:27donc j'ai mandaté
00:27:29pour avoir un prix
00:27:31de la laïcité à Blois
00:27:32que je n'ai pas eu
00:27:33où ce financement
00:27:34me permettrait justement
00:27:35peut-être de m'éloigner
00:27:36un peu plus
00:27:37de mon périmètre de secteur
00:27:39c'est
00:27:41je pense qu'on les laisse
00:27:43effectivement
00:27:43comme vous le trouvez
00:27:44un peu seul
00:27:45et c'est pour ça
00:27:46qu'on a fourni avec le film
00:27:47tout un kit pédagogique
00:27:49très détaillé
00:27:50qui a été renforcé
00:27:52donc après
00:27:53avec le ministère
00:27:54qui se l'a approprié
00:27:55et l'a légèrement remanié
00:27:57parce que c'est indispensable
00:27:59en fait
00:27:59sur des sujets
00:28:00qui sont lourds
00:28:01comme ce qui est arrivé
00:28:03ou la laïcité
00:28:04soit il faut maîtriser
00:28:05parfaitement le sujet
00:28:06pour pouvoir en parler
00:28:07mais en fait
00:28:09ça fait des années
00:28:10qu'on laisse nos enseignants
00:28:11seuls
00:28:12devant des classes
00:28:13qui sont parfois
00:28:14plus de 30
00:28:15essayer de défendre
00:28:17une idée
00:28:18qui est la plupart du temps
00:28:20républicaine
00:28:20laïque
00:28:21ou ce que vous voulez
00:28:21c'est à
00:28:22j'ai déjà décrié ça
00:28:24que pour tout un tas
00:28:25de choses
00:28:26on a laissé seuls
00:28:27nos enseignants
00:28:28essayer de relever
00:28:30ce que notre république
00:28:31était en fait
00:28:33est-ce que vous pensez
00:28:34que ce kit pédagogique
00:28:35puisque vous avez dit
00:28:35qu'il avait été étoffé
00:28:37est-ce que vous pensez
00:28:38que ce kit pédagogique
00:28:39devrait être très régulièrement
00:28:40remis à jour
00:28:41dans les années qui viennent
00:28:42parce que ce film
00:28:42on peut imaginer
00:28:43qu'il puisse être diffusé
00:28:44pendant de très nombreuses années
00:28:45il n'y a pas de date
00:28:45de péremption
00:28:47exactement
00:28:47c'est ce que nous souhaitons
00:28:48que ce film puisse être
00:28:50un jour pérenne
00:28:51et être utilisé
00:28:53le plus possible
00:28:54donc ce kit
00:28:55peut être remanié
00:28:56en fonction de
00:28:57de retours
00:28:58que peuvent faire
00:28:59les professeurs
00:29:00ou même des élèves
00:29:01c'est ce qui est fait
00:29:02déjà à certains endroits
00:29:04où ils notent
00:29:05entre guillemets
00:29:06qu'est-ce qu'on pourrait
00:29:07faire de mieux
00:29:08dans ce kit
00:29:09pour aider justement
00:29:10nos enseignants
00:29:11je pense que c'est
00:29:12alors qu'est-ce qu'il fait
00:29:13qui pilote tout ça
00:29:14qui collecte
00:29:16les remontées
00:29:17des enseignants
00:29:18qui ont pu projeter
00:29:18le film
00:29:19et qui ont des commentaires
00:29:20donc un retour d'expérience
00:29:21de leurs élèves
00:29:22qui pilote tout ça
00:29:23alors piloter
00:29:24c'est un bien grand mot
00:29:25mais par contre
00:29:26la personne qui collecte
00:29:28toutes ces données
00:29:29donc c'est
00:29:29Marion de Blaire
00:29:31qui est une des coproductrices
00:29:33du film
00:29:34qui a pris
00:29:35je dirais
00:29:36ce projet
00:29:37à coeur
00:29:38et donc
00:29:40à l'heure actuelle
00:29:41collecte
00:29:41toutes les remontées
00:29:42des établissements
00:29:43soit des enseignants
00:29:44soit des élèves
00:29:45ah oui mais du coup
00:29:46là on est hors de l'éducation nationale
00:29:48hors de l'institution
00:29:49donc le risque est grand
00:29:51l'éducation nationale
00:29:52peut s'en emparer
00:29:53nous ces données là
00:29:54elles sont pour nous
00:29:55à l'heure actuelle
00:29:55mais vous pouvez effectivement
00:29:57solliciter tous les établissements
00:29:58qui ont été voir le film
00:30:00pour faire une remontée
00:30:01bah oui mais moi je me dis
00:30:02peut-être que je suis naïve
00:30:03mais je me dis que si on voulait
00:30:04que le film
00:30:04est vraiment une portée
00:30:06d'envergure
00:30:07auprès de nos 12 millions
00:30:08enfin peut-être pas
00:30:0818 millions d'élèves
00:30:09mais en tout cas les millions d'élèves
00:30:10de plus de 4,2,2,2,2,2
00:30:11à la 15e,4ème
00:30:13et puis leurs petits
00:30:13frères et soeurs
00:30:14qui viendront après
00:30:15il faudrait quand même
00:30:16que l'éducation nationale
00:30:17un moment ou un autre
00:30:18se saisissent du sujet
00:30:20moi quand vous manquez
00:30:21c'est formidable
00:30:21qu'il y ait quelqu'un
00:30:22qui collecte les données
00:30:23ça je trouve ça très très bien
00:30:24mais derrière
00:30:25c'est une coproductrice très bien
00:30:27mais je trouve qu'il faudrait
00:30:28qu'il y ait un travail
00:30:29me semble-t-il conjoint
00:30:30avec l'éducation nationale
00:30:31avec un pilote
00:30:32au sein de l'institution
00:30:33pour pouvoir ensuite
00:30:34rediffuser
00:30:35puis quelque part
00:30:36rassurer aussi les enseignants
00:30:37en disant
00:30:38votre hiérarchie
00:30:39même lointaine
00:30:40à étudier
00:30:41à travailler
00:30:42avec les producteurs
00:30:43pour un kit
00:30:43qui vous est destiné
00:30:45vous pouvez vous en servir
00:30:46n'ayez crainte
00:30:47il est fait pour vous
00:30:48et n'hésitez pas aussi
00:30:49par le voir
00:30:50les voies hiérarchiques
00:30:51qui vont bien
00:30:51à nous faire remonter vos commentaires
00:30:53je trouve ça étrange
00:30:54rien que l'éducation nationale
00:30:54s'en saisisse pas plus que ça
00:30:56mais nous les avons sollicités
00:30:58je ne vais pas endosser
00:31:00la responsabilité
00:31:01que eux
00:31:01n'ont pas prise
00:31:03à l'instant
00:31:03en tout cas
00:31:04ça veut dire madame
00:31:05on les a sollicités
00:31:06dès le départ
00:31:07qui s'empare du sujet
00:31:09madame Patti
00:31:10la manière dont ça se passe
00:31:12c'est
00:31:13ces visionnages
00:31:14et quand vous y êtes présents
00:31:15ce que je trouve d'ailleurs
00:31:16très bien
00:31:16je pense que les élèves
00:31:17doivent être absolument
00:31:19comment dire
00:31:20intéressés
00:31:21donc ça veut dire
00:31:22vous avez vous
00:31:22par exemple des contacts
00:31:23avec un chef d'établissement
00:31:24qui donne l'autorisation
00:31:25du visionnage
00:31:27avec un professeur
00:31:28etc.
00:31:28mais ça s'arrête là
00:31:30je veux dire
00:31:30c'est pas l'inspecteur
00:31:32qui autorise
00:31:33c'est pas le rectorat
00:31:34donc en fait ça reste
00:31:35à un niveau
00:31:36de terrain
00:31:37si j'ose dire
00:31:38oui oui ça reste
00:31:40un niveau
00:31:40de terrain
00:31:41qui est tout même
00:31:42non négligeable
00:31:44néanmoins
00:31:46oui c'est un constat
00:31:48que
00:31:49comme le disait donc
00:31:50monsieur Edouard Geoffrey
00:31:52c'est que donc
00:31:53quelque part
00:31:54il a mis
00:31:56sur Eduscol
00:31:57que le visionnage du film
00:31:58permettait de comprendre
00:31:59ce qui est arrivé à Samuel
00:32:00et que ça peut être
00:32:01un outil pédagogique
00:32:02mais il s'en empare
00:32:04pas plus que ça finalement
00:32:05donc il n'endosse encore
00:32:07je dirais
00:32:08aucune responsabilité
00:32:10sur ce qu'il en suivrait
00:32:12il aurait pu lancer
00:32:13un élan je dirais
00:32:14presque national
00:32:16cette année
00:32:18pour rendre un hommage
00:32:19je dirais conjoint
00:32:21même si je n'aime pas tellement
00:32:23ce mot
00:32:23parce que je trouve que
00:32:25associer Samuel Paty
00:32:26et Dominique Bernard
00:32:27c'est entre guillemets
00:32:29en enlever la force
00:32:30chacun est mort
00:32:32effectivement
00:32:32presque une date
00:32:34d'anniversaire
00:32:35proche
00:32:36néanmoins
00:32:37ce sont deux personnes
00:32:38et pas un seul enseignant
00:32:41c'est très juste
00:32:42justement alors
00:32:44allez-y madame la présidente
00:32:45je vois qu'il y a
00:32:49un élément me semble-t-il
00:32:50absolument déterminant
00:32:52et
00:32:52chacun de ces deux assassins
00:32:55est absolument effroyable
00:32:55je ne les classe pas
00:32:57mais
00:32:58s'agissant de votre frère
00:32:59il y a un élément
00:33:01absolument déterminant
00:33:01c'est que
00:33:02malgré les pressions
00:33:03qui étaient exercées sur lui
00:33:05par le contexte
00:33:07des élèves
00:33:08et des parents d'élèves
00:33:09il a continué
00:33:10à enseigner
00:33:11en disant son principal
00:33:14si je me mets en retrait
00:33:15c'est qu'on leur cède
00:33:16et ça c'est un élément
00:33:18absolument moteur
00:33:20dans l'histoire
00:33:21de votre frère
00:33:22qui est déterminant
00:33:22me semble-t-il
00:33:23voilà
00:33:23il faut défermer la parenthèse
00:33:30je poursuis
00:33:31je poursuis
00:33:32je note là
00:33:32dans cette possibilité
00:33:34de visionnage
00:33:34que ce sont des initiatives
00:33:36d'enseignants
00:33:37alors
00:33:37il y a quand même un aspect
00:33:39dans ce qui s'est passé
00:33:41à Confluence Saint-Honoride
00:33:42c'est l'attitude des collègues
00:33:45et le fait est que
00:33:46on sait tous maintenant
00:33:48parce que c'est très largement documenté
00:33:50qu'il y a eu au milieu
00:33:51de la salle des profs
00:33:52et donc parmi les collègues
00:33:54de votre frère
00:33:55des gens qui
00:33:57l'ont à la fois condamné
00:33:59parfois considéré
00:34:00qu'il s'était mal pris
00:34:02et que quelque part
00:34:04je ne vais pas le dire comme ça
00:34:05mais qu'il avait quand même
00:34:06mal agi
00:34:08notamment
00:34:09l'idée d'une discrimination
00:34:10par rapport aux enfants
00:34:13de religion musulmane
00:34:14qu'est-ce que vous pensez
00:34:15de cet aspect là ?
00:34:18Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
00:34:21Qu'est-ce que vous pensez
00:34:22de cet aspect là ?
00:34:25Je pense qu'on a atteint
00:34:26un niveau de lâcherie
00:34:27sans nous
00:34:30Moi je pense que ça a été motivé
00:34:33par une forme de peur
00:34:35de désir de se protéger
00:34:37peut-être aussi un réflexe zélé
00:34:39et je souligne bien le zélé
00:34:42donc de faire preuve
00:34:43un peu d'un corporatisme
00:34:45du pas de vagues
00:34:46parce qu'il savait très bien
00:34:47que cette histoire
00:34:48allait faire des vagues justement
00:34:50voilà
00:34:51et peut-être parfois
00:34:53à une adhésion
00:34:54à une vision de l'école
00:34:55qui est totalement déformée
00:34:57ou
00:34:58on préfère
00:34:59renoncer à certaines
00:35:00de nos libertés
00:35:02pour espérer avoir la paix
00:35:07Très bien
00:35:08il y a un autre aspect
00:35:10qui a été évoqué
00:35:11c'est les dysfonctionnements
00:35:13des services de renseignement
00:35:15et comment vous les expliquez ?
00:35:17qu'est-ce qui s'est passé ?
00:35:18c'est vrai qu'on regarde
00:35:19le film d'ailleurs
00:35:20dont nous parlions tout à l'heure
00:35:21en fait un peu état
00:35:23on voit bien que ça a un peu flotté
00:35:25et le retour d'expérience
00:35:26qui a été fait
00:35:27a démontré que bon
00:35:29ça n'a pas vraiment bien marché
00:35:31comment vous l'expliquez ?
00:35:33c'est
00:35:35ce ratage
00:35:39moi je pense que
00:35:40en fait
00:35:41ce qui est incompréhensible
00:35:42et qu'il le restera
00:35:43même si
00:35:44un jour il y aura peut-être
00:35:45des sanctions en droit administratif
00:35:47je ne sais pas
00:35:48mais
00:35:49je pense que
00:35:50les informations
00:35:51ils les avaient
00:35:52le problème
00:35:53c'est ce qu'ils en ont fait
00:35:55et
00:35:56ce qui est clairement visible
00:35:58c'est qu'on a un comportement
00:35:59totalement attentiste
00:36:01où on attend de voir
00:36:03s'il va y avoir
00:36:03un crime en fait
00:36:04et
00:36:05c'est ce comportement là
00:36:07je dirais
00:36:07dans sa globalité
00:36:08qui fait que
00:36:09il y a eu
00:36:10une inaction
00:36:12totale
00:36:13des services de protection
00:36:14qui auraient dû
00:36:15lui être administrés en fait
00:36:19Quelle protection
00:36:21vous pensez
00:36:22qu'il aurait
00:36:24dû obtenir votre frère ?
00:36:26Et bien
00:36:27à partir du moment
00:36:28où son nom
00:36:29était livré en place
00:36:30public
00:36:31qu'il y avait clairement
00:36:32des vidéos
00:36:34appelant à agir
00:36:35et ce sont bien les mots
00:36:36contre lui
00:36:38que c'était
00:36:39au niveau des réseaux sociaux
00:36:41c'était exponentiel
00:36:43en fait
00:36:45ça
00:36:45ça suffisait
00:36:46pour avoir deux officiers
00:36:47de la protection en fait
00:36:50donc c'est ça
00:36:51qui est incompréhensible
00:36:52le fait que le collège
00:36:53n'ait pas été sécurisé
00:36:55je dirais que la mairie
00:36:57ne croit même pas
00:36:58une police municipale
00:36:59aux abords du collège
00:37:01aux heures de sortie
00:37:03donc de mon frère
00:37:04c'est
00:37:05c'est un ensemble
00:37:07incroyable
00:37:08je dirais de
00:37:10de lâcheté
00:37:11qui font qu'en fin de compte
00:37:12ils n'ont pas considéré que
00:37:14la vie d'un enseignant
00:37:17valait la vie de tout autre en fait
00:37:20donc dans votre appréciation
00:37:21l'idée c'est que
00:37:23à partir du moment
00:37:23un enseignant
00:37:24se retrouve
00:37:25et si je vous pose la question
00:37:26c'est parce que dans les
00:37:28témoignages
00:37:28que nous avons pu
00:37:29accueillir jusqu'à présent
00:37:29nous avons des situations
00:37:31qui frôlent
00:37:33de pas très loin
00:37:33ce qui est arrivé à votre frère
00:37:35donc
00:37:37ma question
00:37:37c'est pas du tout
00:37:38une hypothèse
00:37:39fantasmée
00:37:40est-ce que vous jugez
00:37:41qu'à partir du moment
00:37:42où un nom
00:37:43est jeté en pâture
00:37:45sur les réseaux sociaux
00:37:47à ce moment là
00:37:48devrait se mettre en route
00:37:49vous avez cité trois éléments
00:37:51police municipale
00:37:52quand il y en a une
00:37:52aux abords
00:37:53des entrées et sorties
00:37:54du collège
00:37:55de l'établissement
00:37:55donc une sécurisation du collège
00:37:57ça va un petit peu avec
00:37:58et des officiers de sécurité
00:38:01pour l'enseignant
00:38:03menacé
00:38:03du coup est-ce que c'est
00:38:05dès que le nom est jeté
00:38:05en pâture selon vous
00:38:07ou est-ce que c'est
00:38:08quand il commence
00:38:09à y avoir une viralité
00:38:10observée
00:38:10il y a deux étapes
00:38:12un peu là
00:38:14je rajouterais également
00:38:15le sujet
00:38:16inflammable
00:38:17parce que ça
00:38:18c'est quelque chose
00:38:20qui est primordial
00:38:20notamment dans ce qui
00:38:21est arrivé à mon frère
00:38:22donc c'était les caricatures
00:38:25et la manipulation
00:38:26par un islamiste
00:38:27donc nos renseignements
00:38:28territoriaux
00:38:29sont parfaitement
00:38:30capables
00:38:31et à même
00:38:32de mesurer
00:38:34la dangerosité
00:38:35de certains propos
00:38:37qui peuvent être tenus
00:38:38donc
00:38:40c'est là
00:38:40que c'est incompréhensible
00:38:41parce qu'en fait
00:38:42même avant mon frère
00:38:44même si après
00:38:44il y a eu la loi
00:38:45dite Samuel Paty
00:38:46qui est une version
00:38:47renforcée
00:38:48qui
00:38:50notamment pour les fonctionnaires
00:38:51mais
00:38:52en fin de compte
00:38:54son nom
00:38:54a été jeté en pâture
00:38:56sur les réseaux sociaux
00:38:56exponentiels
00:38:57avec un sujet
00:38:58inflammable
00:38:59où tous les commentaires
00:39:00en retour
00:39:01appelés à agir
00:39:03avec une haine
00:39:04virale
00:39:05ça a été longuement débattu
00:39:06pendant les procès
00:39:07des kilomètres de messages
00:39:09qui étaient envoyés
00:39:09appelant donc
00:39:11à le tuer
00:39:13doivent être pris au sérieux
00:39:16c'est quelque chose
00:39:17qui à l'heure actuelle
00:39:18n'est plus entendable
00:39:19qu'un enseignant
00:39:20un personnel de direction
00:39:21qui vous voulez
00:39:22qui travaille à l'école
00:39:23puisse être jeté en pâture
00:39:25de la sorte
00:39:28c'est certain
00:39:30nous avons relevé quand même
00:39:31alors au-delà
00:39:32de ce que
00:39:33les auditions
00:39:35que nous avons menées
00:39:36nous ont apporté
00:39:37comme renseignements
00:39:38c'est à dire
00:39:38qu'il y a quand même
00:39:39beaucoup de problèmes
00:39:40et certains collègues
00:39:41vivent des situations
00:39:44totalement inacceptables
00:39:45on a quand même perçu
00:39:46qu'il y avait
00:39:47une réactivité plus grande
00:39:48vous voyez
00:39:49des services de police
00:39:50des services même
00:39:51de l'éducation nationale
00:39:52des rétorats
00:39:53c'est à dire dès qu'il y a
00:39:54une alerte
00:39:55une menace
00:39:56alors avec
00:39:57tous les critères
00:39:58que vous avez donné
00:39:59on peut regretter d'ailleurs
00:40:00que pour votre frère
00:40:01ce n'est pas existé
00:40:02c'est à dire
00:40:03comme vous l'avez très bien dit
00:40:04des mises en cause du cours
00:40:06des rumeurs
00:40:07des réseaux sociaux
00:40:08le nom
00:40:09le lieu
00:40:10enfin toutes ces choses là
00:40:13ça c'est ce qu'on perce aujourd'hui
00:40:14mais on voit bien que
00:40:15il y a une nécessité
00:40:16d'aller très vite
00:40:17vous voyez
00:40:18moi je vois aussi
00:40:19quand on regarde le déroulé
00:40:20le film le démontre
00:40:22de manière terrible
00:40:23c'est à dire que ça s'est passé
00:40:25sur une durée
00:40:26c'est pas un mois
00:40:27c'est vraiment très très court
00:40:29et donc là
00:40:29il faut que tout le monde
00:40:30soit mobilisé pour protéger
00:40:32l'enseignant
00:40:32quand il est en difficulté
00:40:34évidemment
00:40:35mais
00:40:36alors je vais peut-être
00:40:37donner la parole
00:40:37à madame Sicard
00:40:38qui avait une question
00:40:39si je puis me permettre
00:40:40chère collègue
00:40:40alors madame Paty
00:40:41je tiens d'abord
00:40:42à vous remercier
00:40:43pour votre courage
00:40:43et votre constance
00:40:44je vous apporte tout mon soutien
00:40:46dans votre combat
00:40:46qui est évidemment un combat juste
00:40:49après la parution de votre livre
00:40:50vous avez dit au JDD
00:40:52que des centaines d'anonymes
00:40:53vous avez écrit
00:40:55j'imagine qu'il y a parmi eux
00:40:56des parents
00:40:56des enseignants
00:40:57peut-être même des élèves
00:40:59alors 6 ans après l'assassinat
00:41:01de votre frère
00:41:01ces personnes ont choisi
00:41:03d'écrire à sa soeur
00:41:04on peut se demander
00:41:06pourquoi elles ne se tournent pas
00:41:07vers leur rectorat
00:41:08ou vers leur ministère
00:41:09cela dit quelque chose
00:41:11de la confiance
00:41:11ou peut-être de la défiance
00:41:13qu'elles accordent encore
00:41:14à l'institution
00:41:15vous disiez d'ailleurs
00:41:16qu'il y a toujours
00:41:17une politique du pas de vague
00:41:19où l'on met la poussière
00:41:20sous le tapis
00:41:21et que l'éducation nationale
00:41:22n'a aujourd'hui
00:41:23que des gestionnaires
00:41:24de crise
00:41:25uniquement
00:41:25ces centaines de messages
00:41:27sont des témoignages précieux
00:41:28pour notre mission
00:41:29et nous voudrions vous aider
00:41:30à les porter devant
00:41:31cette mission d'information
00:41:32alors quand vous relisez
00:41:34ces courriers
00:41:34quel est leur fil rouge
00:41:36de quoi ces personnes
00:41:37ont-elles le plus peur
00:41:39des élèves
00:41:40des familles
00:41:41des islamistes
00:41:42ou de leur propre hiérarchie
00:41:44en somme
00:41:44que nous racontent ces courriers
00:41:46je vous remercie
00:41:50alors dans les courriers
00:41:51que j'ai reçus
00:41:52je ne vais pas vous cacher
00:41:53que je dirais
00:41:55une grosse moitié
00:41:56ce sont
00:41:58des retraités
00:41:59qui ont travaillé
00:42:00pour l'éducation nationale
00:42:01et qui me racontent
00:42:04à peu près
00:42:04depuis quand
00:42:05entre guillemets
00:42:06cette situation
00:42:06est devenue délétère
00:42:08et pourquoi
00:42:09je l'analyse comme telle
00:42:10et pour en avoir
00:42:11un peu discuté
00:42:12avec des enseignants
00:42:14qui sont encore
00:42:14en activité
00:42:16il y a un petit peu
00:42:17le devoir de réserve
00:42:18qui est brandi
00:42:20à de nombreux enseignants
00:42:22pour les empêcher
00:42:23de s'exprimer
00:42:25donc
00:42:27c'est pour ça
00:42:28que c'est bien
00:42:29que vous ayez pris le temps
00:42:30justement
00:42:30d'écouter les enseignants
00:42:32directement
00:42:33pour que
00:42:34qu'ils se sentent libres
00:42:36de pouvoir s'exprimer
00:42:37face aux difficultés
00:42:39que
00:42:39je dirais
00:42:41que l'éducation nationale
00:42:42au fil de ces décennies
00:42:43n'a pas voulu voir
00:42:45à minimiser
00:42:46on a même
00:42:47je me rappelle très bien
00:42:48à une époque
00:42:49expliqué à monsieur
00:42:50Jean-Pierre Aubin
00:42:51qu'il exagérait
00:42:53alors que
00:42:54il faut quand même
00:42:54se rendre compte
00:42:55que le 14 octobre 2020
00:42:57soit deux jours
00:42:58avant l'attentat de mon frère
00:42:59il était encore
00:43:00en train d'essayer
00:43:01d'alerter
00:43:02sur ce qui allait se passer
00:43:06prémonitoire
00:43:06un peu
00:43:07mais en fait
00:43:08c'est pas de la prémonition
00:43:09c'était juste
00:43:10lui-même
00:43:10il a été inspecteur
00:43:12pendant de longues années
00:43:13il a juste vu
00:43:14entre guillemets
00:43:15au fil des années
00:43:16ce qu'il était en train
00:43:17de se tramer
00:43:18le système
00:43:19qui était en train
00:43:20d'arriver à bout
00:43:21et que
00:43:22au lieu de traiter
00:43:23les causes
00:43:24finalement
00:43:25on continuait
00:43:26de mettre la pochette
00:43:27sur le tapis
00:43:27et surtout
00:43:28on ne voulait pas être
00:43:30affligé
00:43:30d'un quelconque
00:43:32je dirais
00:43:33racisme
00:43:34ou problème
00:43:35avec une religion
00:43:36c'est
00:43:38ça fait 40 ans
00:43:39entre guillemets
00:43:40qu'on laisse les choses
00:43:42en l'état
00:43:43sauf qu'en fin de compte
00:43:44il y a 40 ans
00:43:46et maintenant
00:43:46en fait
00:43:47ça n'a plus rien à voir
00:43:50Madame Patti
00:43:52je reprends la parole
00:43:53dans l'analyse
00:43:55que vous avez faite
00:43:55les personnes
00:43:56que vous avez pu rencontrer
00:43:58donc on entend bien
00:44:00et les témoignages
00:44:01que vous nous rapportez
00:44:02la réserve
00:44:02et la réticence
00:44:04spontanée
00:44:04qu'ont beaucoup
00:44:05d'enseignants et de personnel
00:44:06à témoigner
00:44:08nous sommes nous
00:44:09dans le cadre
00:44:09de notre mission
00:44:11confrontés
00:44:12à la difficulté
00:44:13de recueillir ces témoignages
00:44:14à la fois
00:44:15pour des faits
00:44:16de menaces
00:44:17mais également
00:44:17pour les réponses
00:44:18que l'institution a pu apporter
00:44:20nous voulons savoir
00:44:21comment l'institution y répond
00:44:23comment elle entend
00:44:24les problèmes
00:44:25qui lui sont soumis
00:44:26et comment elle y répond
00:44:27et là
00:44:28nous avons le sentiment
00:44:29j'aimerais avoir votre analyse
00:44:30là-dessus
00:44:31il n'est pas forcément facile
00:44:33d'avoir là aussi
00:44:35le retour d'expérience
00:44:37dans votre analyse
00:44:38avez-vous réussi
00:44:39à interroger
00:44:41à échanger
00:44:42avec des personnels
00:44:43je pense au chef d'établissement
00:44:44je pense au directeur académique
00:44:46je pense au rectorat
00:44:47je pense au référent laïcité
00:44:48il y a beaucoup de personnes
00:44:49qui sont a priori mobilisables
00:44:52autour de ces faits effrayables
00:44:54de menaces
00:44:54est-ce que vous les avez vus
00:44:56un par un
00:44:56est-ce que vous les avez vus
00:44:58ensemble
00:44:58est-ce que vous avez l'impression
00:45:00que certains essayent
00:45:01de contrôler le discours
00:45:03des uns des autres
00:45:04et qui peut-être parfois
00:45:05difficile
00:45:07où vous avez eu des oppositions
00:45:09à rencontrer
00:45:09certaines personnes seules
00:45:10on vous a obligé
00:45:11à les rencontrer avec d'autres
00:45:12comment ça s'est passé
00:45:13pour vous
00:45:13pour essayer de comprendre
00:45:14ce qui s'était passé
00:45:15avec votre frère
00:45:17ben écoutez moi
00:45:18j'attends toujours
00:45:19une invitation
00:45:19donc au ministère
00:45:20de l'éducation nationale
00:45:21qui aurait dû je pense
00:45:22arriver rapidement
00:45:24notamment
00:45:24quand j'ai expliqué
00:45:26que j'avais mené
00:45:27une forme d'enquête
00:45:29par rapport aux événements
00:45:30c'est à
00:45:32ça fait six ans
00:45:33que je joue un peu solo
00:45:34que les chefs d'établissement
00:45:36oui j'en ai rencontrés
00:45:37beaucoup
00:45:38mais à titre individuel
00:45:39je n'ai pas la possibilité
00:45:40d'organiser une réunion
00:45:42comme ça peut être fait
00:45:43justement juste avant
00:45:44la rentrée des classes
00:45:45avec l'ensemble des recteurs
00:45:46où le ministre lance un petit peu
00:45:49je dirais sa campagne annuelle
00:45:52peut-être que j'aurais pu en faire partie
00:45:53peut-être que j'aurais pu du coup
00:45:55avoir la possibilité
00:45:56de dialoguer du coup
00:45:57avec l'ensemble des recteurs
00:45:59qui sont sur notre territoire
00:46:01leur faire essayer de leur faire passer
00:46:03le message que ces discours
00:46:06un peu faussement rassurant
00:46:07que après chaque agression
00:46:09en ce moment où le ministre dit
00:46:11on sera avec vous
00:46:13on sera derrière vous
00:46:14que finalement dans les oreilles
00:46:16ça sonne faux
00:46:18ça sonne faux
00:46:19c'est
00:46:21je pense que
00:46:23ils auraient peut-être
00:46:24eu à en apprendre
00:46:24de ce que j'avais à en faire
00:46:25c'est en fait moi
00:46:26je veux pas détruire un système
00:46:27je veux essayer
00:46:28de réparer le système
00:46:30c'est ça que
00:46:31qui des fois
00:46:32je pense qu'ils ont pas compris
00:46:33en fait c'est
00:46:35je pense que l'existant
00:46:37n'est plus possible en l'état
00:46:39et que
00:46:40pour redorer une confiance
00:46:43il faut en faire beaucoup plus
00:46:45que ces faits d'annonces
00:46:46comme le fait de gérer les crises
00:46:48toujours après
00:46:50c'est factuel
00:46:51à l'heure actuelle
00:46:52par an
00:46:52on a 100 000 enseignants
00:46:55qui sont menacés
00:46:56100 000
00:46:57ce sont des chiffres
00:46:58qui sont hallucinants
00:46:59les demandes de protection fonctionnelle
00:47:02qui je le rappelle
00:47:02ne sont principalement
00:47:04qu'une protection juridique
00:47:05et une aide psychologique
00:47:07explosent
00:47:08et finalement
00:47:09qu'est-ce qu'on a ?
00:47:10c'est
00:47:11c'était en 2022
00:47:12j'ai sorti cette phrase
00:47:13c'est
00:47:15tant que rien ne change
00:47:16c'est que rien n'est fait
00:47:17c'est
00:47:18il faut à un moment
00:47:19se le dire
00:47:19que
00:47:20tout ce qui est mis en place
00:47:22et évidemment
00:47:24n'est pas à la hauteur
00:47:25de l'enjeu
00:47:27donc
00:47:28allez-y
00:47:29est-ce que vous pouvez justement
00:47:31détailler un petit peu
00:47:32ce que vous penseriez utile
00:47:34qui puisse être mis en place
00:47:35pour mieux protéger nos enseignants
00:47:38donc vous parlez
00:47:38on voit bien qu'il y a ce sujet
00:47:39du pas de vague
00:47:40vous avez dit tout à l'heure
00:47:41que c'était beaucoup l'institution
00:47:42pour protéger son image
00:47:44ou pour protéger l'établissement
00:47:45dans votre expérience
00:47:47dans l'analyse
00:47:47dans les échanges
00:47:48que vous avez pu avoir
00:47:49quelles sont vos recommandations
00:47:51pour pouvoir aller au-delà
00:47:53de ce pas de vague
00:47:54et pour pouvoir apporter
00:47:55cette protection
00:47:56dans nos enseignants
00:47:58vous avez parlé de 100 000 enseignants
00:47:59je veux bien que vous me disiez
00:47:59le chiffre
00:48:00la source de ce chiffre
00:48:02qu'est-ce qu'il faut faire
00:48:03qu'est-ce que vous avez compris
00:48:04qu'il fallait faire
00:48:05qui n'est pas fait aujourd'hui
00:48:07en fait je l'avais un peu
00:48:08je m'avais un peu parlé
00:48:09dans le discours
00:48:10un peu introductif
00:48:11donc de cette réunion
00:48:13c'est que
00:48:14c'est l'école de la confiance
00:48:16c'est un principe
00:48:18où en soi
00:48:19je dirais que c'était un peu
00:48:20la fausse bonne idée
00:48:22mais il faut absolument
00:48:24restaurer l'autorité
00:48:25du professeur
00:48:25c'est à dire que
00:48:26s'il sanctionne
00:48:27un élève
00:48:28ou s'il y a
00:48:29un principal
00:48:30qui vous voulez
00:48:30dans l'éducation
00:48:32réprimandable
00:48:32le sanctionne
00:48:33l'exclu
00:48:34lui donne des punitions
00:48:35des heures de colle
00:48:36en fin de compte
00:48:39un rapport
00:48:40qui l'explique
00:48:41ce qui est déjà fait
00:48:42à l'heure actuelle
00:48:43ne doute pas
00:48:44ne peut pas
00:48:45être contesté
00:48:46par un parent d'élève
00:48:49donc
00:48:49je pense qu'il faut
00:48:50rétablir
00:48:51cette frontière
00:48:52qui est nécessaire
00:48:53et que
00:48:54ce n'est pas
00:48:56entre guillemets
00:48:56pour n'importe
00:48:57quelle raison
00:48:58que son enfant
00:48:59a été brimé
00:48:59c'est parce que
00:49:00il a commis
00:49:01des erreurs
00:49:03en ce sens
00:49:04oui mais alors
00:49:05dans ce que vous dites là
00:49:06qu'il ne soit pas
00:49:06contesté par un parent
00:49:07ça paraît tellement important
00:49:09tellement évident
00:49:09mais quelle doit être
00:49:11l'attitude de sa hiérarchie
00:49:13est-ce que
00:49:13lorsqu'un professeur
00:49:14sanctionne un élève
00:49:15aujourd'hui
00:49:15dans les retours
00:49:17d'expérience que vous avez
00:49:18est-il toujours
00:49:19soutenu par sa hiérarchie ?
00:49:21Alors je ne vais pas pouvoir
00:49:23essentialiser ce qui se passe
00:49:24partout sur le territoire
00:49:25je pense que
00:49:27il doit y avoir du soutien
00:49:28comme il n'y en a pas certainement
00:49:31je dirais que
00:49:32tout dépend de la gravité
00:49:33et je dirais le retour
00:49:35plus ou moins agressif
00:49:37des parents d'élèves
00:49:38qui fait qu'il peut y avoir
00:49:39des remontées
00:49:40qui aillent cette fois
00:49:41au rectorat
00:49:42voire jusqu'au ministère
00:49:44en fonction de la gravité
00:49:45des faits
00:49:46qui peuvent orienter
00:49:48entre guillemets
00:49:49le comportement de l'enseignant
00:49:51à qui comme on peut le voir
00:49:53on peut lui demander
00:49:53de s'excuser
00:49:54d'admettre
00:49:55qu'il a commis
00:49:56une maladresse
00:49:56et du coup quelque part
00:49:58revoir sa copie
00:49:59et in fine
00:50:00faire sauter
00:50:01la dite punition
00:50:02ce qui fait qu'en fin de compte
00:50:04ce qu'il a commis
00:50:04n'était pas une erreur
00:50:06en fait
00:50:07c'est bien souvent
00:50:10surtout par des actes
00:50:12d'intimidation
00:50:13des familles
00:50:15on finit par plier
00:50:18on finit par céder
00:50:19parce que c'est parfois
00:50:20plus simple
00:50:21entre guillemets
00:50:21de céder
00:50:23sur des punitions
00:50:24des heures de colle
00:50:25et juste
00:50:26uniquement
00:50:27être concentré
00:50:28sur les cas
00:50:28les plus graves
00:50:30certes
00:50:31madame Bagné
00:50:32vous aviez une remarque
00:50:33à faire
00:50:33oui peut-être des exemples
00:50:35parce que c'est vrai
00:50:35qu'on parle du droit de réserve
00:50:36donc moi j'ai été professeure
00:50:37mais on a des exemples
00:50:38en tête de cas
00:50:39qui ont dégénéré
00:50:41c'est vrai que moi
00:50:42dans mon ancien collège
00:50:42j'ai eu une histoire
00:50:43de comme ça
00:50:44de menace de mort
00:50:45c'était lié à un professeur
00:50:47qui avait fait une remarque
00:50:47sur une tenue très légère
00:50:49d'une élève
00:50:49et ça s'est transformé
00:50:51sur les réseaux sociaux
00:50:53en menace
00:50:54pour des propos sexistes
00:50:55du professeur
00:50:56donc c'est devenu dingue
00:50:58menace de mort
00:50:59etc.
00:51:00et ce que je peux dire
00:51:01comme professeur
00:51:01c'est que l'impact psychologique
00:51:03sur le collègue
00:51:04était monstrueux
00:51:05c'est-à-dire qu'il était
00:51:07en arrêt maladie
00:51:07les professeurs ont manifesté
00:51:09etc.
00:51:10mais toute cette histoire
00:51:11a eu un impact dingue
00:51:12sur sa carrière
00:51:13sur lui-même
00:51:14et c'est pareil
00:51:15j'ai une autre enseignante
00:51:16dont j'ai l'exemple
00:51:17elle a été absente une année
00:51:18parce qu'elle préparait
00:51:19l'agrégation
00:51:19ce qui était normal
00:51:20ensuite elle a eu un problème
00:51:22avec sa hiérarchie
00:51:23vraiment un problème
00:51:24de harcèlement
00:51:24elle dénonce un harcèlement
00:51:25reconnu par la médecine du travail
00:51:27elle est en arrêt
00:51:28pour harcèlement
00:51:29résultat ça donne
00:51:30des parents
00:51:31qui vont manifester
00:51:32faire des articles
00:51:33dans les journaux
00:51:34dénonçant une absence
00:51:34de la collègue
00:51:35pour plusieurs années
00:51:36alors qu'il y a eu une année
00:51:37elle était en formation
00:51:39pour l'agrégation
00:51:40c'était tout à fait normal
00:51:41et il y a eu
00:51:43plein d'articles
00:51:44et elle m'appelle désespérée
00:51:45en me disant
00:51:46mais j'ai une cabale
00:51:47contre moi
00:51:48toute la presse dit
00:51:49que je me suis mal comportée
00:51:50alors que j'ai toujours
00:51:51bien fait mon boulot
00:51:52c'est la première fois
00:51:52dans ma vie
00:51:53que j'ai un problème
00:51:53de harcèlement
00:51:54et que je suis en arrêt
00:51:54pour ça
00:51:55et c'est pareil
00:51:56l'impact sur l'enseignant
00:51:57est dingue
00:51:58et il est laissé
00:51:59en arrêt maladie
00:52:01sans vraiment d'accompagnement
00:52:03donc peut-être insister sur le fait
00:52:05que ce n'est pas rien
00:52:06dans la carrière d'un professeur
00:52:07que d'être mis en cause
00:52:08comme ça
00:52:09de faire l'objet de cabale
00:52:10et qu'à un moment donné
00:52:11il faut vraiment
00:52:11que l'institution
00:52:12prenne en charge
00:52:13l'accompagnement psychologique
00:52:15aussi des personnels
00:52:16le soutien au personnel
00:52:18parce que c'est difficile
00:52:19voilà c'est des exemples
00:52:20concrets
00:52:20que j'ai pu connaître
00:52:22mais qui sont tout à fait
00:52:24terribles
00:52:25et je dois rajouter
00:52:26d'ailleurs
00:52:26c'est une information
00:52:27mais nous avions voté
00:52:28en commission
00:52:30éducation
00:52:31une loi dite
00:52:32de protection
00:52:32des enseignants
00:52:33et dans les dispositions
00:52:35de cette loi
00:52:35il y avait l'idée
00:52:36qu'on ne remet jamais
00:52:38en cause
00:52:38ce qu'un enseignant
00:52:39amène
00:52:40comme problème
00:52:41par exemple lorsqu'il demande
00:52:42une protection fonctionnelle
00:52:44on ne lui dit jamais
00:52:45attendez
00:52:46qu'est-ce qui se passe
00:52:46attendez etc.
00:52:47vous voyez l'idée
00:52:48c'était vraiment
00:52:49d'amener la protection
00:52:50immédiatement
00:52:51quelles que soient
00:52:52les circonstances
00:52:53je pense qu'il y a
00:52:54un certain nombre
00:52:54d'éléments comme ça
00:52:55qui doivent être mis en place
00:52:56assez rapidement
00:52:57je vais dans votre sens
00:52:58je pense qu'il y a des situations
00:53:00j'aime bien l'approche
00:53:01que vous faites
00:53:02qu'on a probablement
00:53:03un peu oublié
00:53:04entre l'élève
00:53:05et l'adulte
00:53:07vous voyez
00:53:07on est dans un système scolaire
00:53:09l'élève au centre du système
00:53:11j'ai connu ça
00:53:11au tout début de ma carrière
00:53:12évidemment
00:53:13vous avez parlé de monsieur Aubin
00:53:14je suis assez d'accord
00:53:15avec vous voyez
00:53:162004 son premier rapport
00:53:17je dois avouer que moi
00:53:18j'étais chef d'établissement
00:53:20à l'époque
00:53:20et je dois faire cet aveu
00:53:22j'avais trouvé
00:53:23que c'était un peu excessif
00:53:25vous voyez comment ça marche
00:53:26et aujourd'hui
00:53:27je l'ai relu
00:53:28du fait de cette mission
00:53:29d'ailleurs nous allons le recevoir
00:53:30j'espère
00:53:30il y avait des problèmes de santé
00:53:31monsieur Aubin
00:53:32j'aimerais bien qu'il soit entendu
00:53:33et je me rends compte
00:53:35en relisant son rapport
00:53:36qui d'ailleurs
00:53:36n'a pas été vraiment publié
00:53:38etc.
00:53:39c'était à l'époque
00:53:40une affaire compliquée
00:53:41mais qu'il avait totalement raison
00:53:43ça c'est un constat
00:53:45qu'on peut faire aujourd'hui
00:53:47très bien
00:53:48est-ce que vous aviez
00:53:50peut-être
00:53:50madame la présidente
00:53:52moi j'ai
00:53:53plein d'autres questions
00:53:54parce que madame Patti
00:53:55c'est plutôt à vous de nous dire
00:53:56si vous avez des éléments
00:53:56vous voyez nous sommes vraiment
00:53:57à la recherche
00:53:58de la compréhension
00:54:00de ce qu'il faudrait faire
00:54:01qui n'a pas été fait
00:54:02ou mal fait
00:54:03ou insuffisamment fait
00:54:04pour améliorer
00:54:06le la protection
00:54:07de nos enseignants
00:54:08et que plus jamais
00:54:09on aimerait
00:54:10un enseignant évidemment
00:54:11ne soit assassiné
00:54:12ça c'est le premier objectif
00:54:14mais le deuxième objectif
00:54:14c'est aussi
00:54:15on aimerait
00:54:16que nos enseignants
00:54:17hélas les menaces
00:54:18on va pas les arrêter
00:54:19par un coup de baguette magique
00:54:20mais qu'en revanche
00:54:21chaque fois
00:54:22qu'une menace
00:54:23puisse être proférée
00:54:23la réponse puisse être
00:54:25à la hauteur
00:54:26du risque
00:54:27de l'impact énorme
00:54:30comme ça vient d'être dit
00:54:32par ma collègue
00:54:33madame Bagné
00:54:33sur la santé mentale
00:54:36finalement
00:54:36de nos enseignants
00:54:37et on peut bien le comprendre
00:54:38donc est-ce que vous avez
00:54:38d'autres éléments
00:54:39que vous auriez voulu
00:54:40nous alerter ?
00:54:42Non je pense que
00:54:43les éléments
00:54:44je vous les ai fournis
00:54:46il faut juste accepter
00:54:47de déconstruire
00:54:48une partie
00:54:49donc du ministère
00:54:50de l'éducation nationale
00:54:51donc en restaurant
00:54:53l'autorité du professeur
00:54:55donc avec
00:54:56on laisse de côté
00:54:58ce que peut dire
00:54:58les parents d'élèves
00:55:00notamment par rapport
00:55:01à des brimades
00:55:03entre guillemets
00:55:03qui pourraient être reprochés
00:55:04je pense que peut-être
00:55:06par rapport à ça
00:55:07je dirais que
00:55:09toutes les contestations
00:55:10devraient être
00:55:10quelque part renvoyées
00:55:12vers les rectorats
00:55:13pour que eux-mêmes
00:55:14pèsent
00:55:15un petit peu
00:55:16scandos
00:55:17donc
00:55:18les principaux
00:55:20les professeurs
00:55:22les surveillants
00:55:23en fin de compte
00:55:23s'il y avait des remontées
00:55:25massives
00:55:25qui étaient
00:55:26demandées
00:55:28comme à l'époque
00:55:29on comptait
00:55:29juste après l'assassinat
00:55:31de mon frère
00:55:31on comptait les atteintes
00:55:32ça les cités tous les mois
00:55:33puis d'un seul coup
00:55:34on les comptait plus
00:55:35c'est
00:55:36en fin de compte
00:55:39ça
00:55:39c'est un peu toujours pas voir
00:55:40où sont les problèmes
00:55:41c'est que
00:55:42il y a des problèmes
00:55:43et il faut arrêter
00:55:44de les minimiser
00:55:45et donc pour cela
00:55:46il faut peut-être
00:55:47entre guillemets
00:55:48demander à faire
00:55:48tout remonter
00:55:50au rectorat
00:55:51et que eux-mêmes
00:55:51le fassent commenter au ministère
00:55:53pour qu'ils prennent
00:55:54vraiment en considération
00:55:57que ce qu'endurent
00:55:58nos enseignants
00:55:59c'est pas rien
00:56:00et que la douleur psychologique
00:56:02d'être menacé de mort
00:56:04est quand même
00:56:05largement sous-estimée
00:56:06en fait
00:56:07et du moins
00:56:08je comprends parfaitement
00:56:09qu'un enseignant
00:56:10qui a été menacé
00:56:11ne puisse pas
00:56:12regagner
00:56:13ses classes
00:56:14en fait
00:56:16il faut voir
00:56:17qu'à Confluence
00:56:18Saint-Honorine
00:56:18les enseignants
00:56:20de Confluence
00:56:20n'ont pas tous repris
00:56:22à la rentrée de novembre
00:56:24néanmoins
00:56:25ceux qui ont repris
00:56:26ont dû se retrouver
00:56:28face à des élèves
00:56:29sans savoir
00:56:30si ces élèves
00:56:30quelque part
00:56:31avaient participé
00:56:32à la cabale
00:56:32puisque l'enquête
00:56:33était encore en cours
00:56:34et ils ont vu
00:56:36au fil des jours
00:56:37des élèves partir
00:56:38et ne plus jamais revenir
00:56:40donc il y a
00:56:41une certaine méfiance
00:56:42que peuvent avoir
00:56:43nos enseignants
00:56:44par rapport
00:56:45aux réactions des élèves
00:56:46et ce qu'ils vont
00:56:47en raconter derrière
00:56:48donc
00:56:50je pense
00:56:51vraiment
00:56:52que
00:56:53il faut
00:56:53ne plus laisser
00:56:55l'enseignant
00:56:56les personnels
00:56:57de direction
00:56:58entre guillemets
00:56:59mettre le haut
00:57:00là
00:57:01aux parents
00:57:02d'élèves
00:57:02qui seraient
00:57:03pleins de revendications
00:57:05notamment
00:57:06face à des punitions
00:57:07que leurs enfants
00:57:09auraient pu avoir
00:57:10je pense qu'il faut
00:57:12ne plus leur laisser
00:57:14cette situation
00:57:15entre les mains
00:57:15parce que moi
00:57:16ça me refait penser
00:57:17à l'époque
00:57:18de la baya
00:57:19où pendant des années
00:57:21les personnels
00:57:21de direction
00:57:22ont dénoncé
00:57:23qu'on leur laissait
00:57:24seul le soin
00:57:25de décider
00:57:26si telle ou telle tenue
00:57:27pour avoir une connotation
00:57:28religieuse
00:57:29il a fallu quand même
00:57:30attendre 2024
00:57:31avec Gabriel Attal
00:57:32pour statuer sur le sujet
00:57:34en fin de compte
00:57:35ces problématiques-là
00:57:37elles sont devenues
00:57:38tellement inflammables
00:57:40qu'il faut que
00:57:40ça émane
00:57:42au niveau supérieur
00:57:43qu'ils prennent réellement
00:57:44leurs responsabilités
00:57:46très bien
00:57:46alors je tiens à rappeler
00:57:48pour les personnes
00:57:49qui écouteraient
00:57:50ces échanges
00:57:51que
00:57:52il y a une consultation
00:57:53citoyenne
00:57:54que nous avons mise en place
00:57:55et qui permet au terrain
00:57:57en tout cas
00:57:58de faire remonter
00:57:59d'éventuelles difficultés
00:58:01que les personnels
00:58:02auraient pu rencontrer
00:58:03je pense que ce corpus
00:58:04d'ailleurs
00:58:04nous avons noté
00:58:05dans le cadre de cette mission
00:58:06que quand les gens
00:58:07nous contactaient directement
00:58:09pour faire état
00:58:09de difficultés
00:58:10rencontrées
00:58:11que c'était parfois
00:58:12assez inquiétant
00:58:13qui démontre
00:58:15que l'existence
00:58:15de cette mission
00:58:17je dis pas ça pour moi
00:58:18mais est totalement utile
00:58:19voilà
00:58:20madame Patti
00:58:21alors je veux
00:58:22madame la présidente
00:58:23un mot de fin
00:58:24c'est possible
00:58:26oui
00:58:26madame Patti
00:58:27je tenais à vous remercier
00:58:29pour faire écho à vos derniers propos
00:58:30souligner combien aujourd'hui
00:58:31même dès l'école maternelle
00:58:33ça doit nous interroger
00:58:34nous avons des parents
00:58:36qui contestent
00:58:36la petite remarque
00:58:38faite sur le comportement
00:58:39de leur enfant
00:58:41pour une sieste
00:58:42pour un mot
00:58:44plus haut que l'autre
00:58:44etc.
00:58:45et que dès l'école maternelle
00:58:46on voit bien que
00:58:46l'autorité de l'enseignant
00:58:48peut être contestée
00:58:49nous avons je pense
00:58:50un gros travail à faire
00:58:51collectivement
00:58:53parents d'élèves
00:58:55enseignant
00:58:57hiérarchie enseignante
00:58:58pour accompagner
00:58:59la reprise en main
00:59:01des responsabilités
00:59:02chacun des uns et des autres
00:59:04et de la confiance
00:59:05qu'on doit porter
00:59:05aussi à l'enseignant
00:59:06si l'enseignant
00:59:07fait une remarque à un élève
00:59:08c'est pas forcément
00:59:09pour lui porter tort
00:59:10mais c'est au contraire
00:59:11pour l'élever
00:59:11pour le grandir
00:59:12ça il y a un gros message
00:59:13à faire passer
00:59:14et à reprendre en main
00:59:16qui est très clairement
00:59:18une dégradation
00:59:18depuis plusieurs années
00:59:20qui témoigne de la difficulté
00:59:21je pense éducative
00:59:22au sein des familles
00:59:23mais également
00:59:24de l'éducation nationale
00:59:25à répondre
00:59:26et à se restaurer
00:59:28cette autorité
00:59:28ancienne
00:59:28merci beaucoup madame Patti
00:59:29pour votre travail
00:59:31votre combat
00:59:31je mesure bien
00:59:32vous entendre
00:59:33combien ce combat
00:59:35que vous menez
00:59:35pour lutter contre le pas de vague
00:59:36est essentiel
00:59:37et combien vous êtes souvent
00:59:39un peu seul
00:59:40à mener ce combat
00:59:41et j'espère que
00:59:42cette mission
00:59:42pourra renforcer
00:59:44la sensibilité
00:59:45au fait que le pas de vague
00:59:46c'est vraiment pas possible
00:59:47on peut le dire
00:59:47mais il faudra le marteler
00:59:48et je pense que ce travail
00:59:49va prendre de nombreuses années
00:59:50j'espère même que personne
00:59:52ne lâchera ce travail
00:59:52merci beaucoup madame Patti
00:59:54merci beaucoup à vous
00:59:55merci madame Patti
00:59:56vous avez toute mon admiration
00:59:58on est à votre disposition
00:59:59n'hésitez pas à revenir vers nous
01:00:01si vous en avez le besoin
01:00:03merci à vous
01:00:04merci beaucoup
01:00:05voilà pour les temps forts
01:00:07de cette audition
01:00:07à très bientôt sur LCP

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