00:00C'est à la une ce matin, cet acte 3 des manifestations partout en France.
00:10Bonjour Général Bertrand Cavalier.
00:13Bonjour.
00:14Et soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio, Général de Gendarmerie,
00:17ancien commandant du Centre National d'Entraînement des Forces de Gendarmerie de Saint-Astier.
00:21Vous êtes un expert en sécurité et spécialiste, si vous le permettez, du maintien de l'ordre.
00:27Ma première question générale, 70 000 policiers, gendarmes mobilisés, des blindés, des unités d'élite.
00:33Le ministre Laurent Nunez parle d'une journée à très haut risque.
00:37Est-ce que vous partagez son inquiétude, tout simplement ?
00:39Faut-il craindre le pire aujourd'hui ?
00:42Oui, je partage son analyse.
00:45Les pouvoirs publics n'ont pas le choix de déployer un dispositif massif de gendarmes et de policiers
00:52pour encadrer les manifestations, mais surtout pour prévenir une réédition d'un scénario du 17 octobre
00:58qui avait été calamiteux pour le pays.
01:01Donc, sans compter que ce soir, il y a également Halloween qui vient se télescoper
01:05avec les annonces de manifestations et les possibilités de troubles.
01:10Non, non, c'est une journée qui est, pour les pouvoirs publics, qui constitue un rendez-vous.
01:19Oui, étonnant, ce mot d'ordre autour d'Halloween.
01:24Les réseaux sociaux fonctionnent désormais comme des accélérateurs de troubles.
01:30Ah oui, les réseaux sociaux, c'est devenu un élément fondamental aujourd'hui
01:35puisque ça permet une mobilisation, ça permet de faire circuler des mots d'ordre
01:39et puis ça permet une surenchère.
01:42Donc, les réseaux sociaux, aujourd'hui, sont scrutés de façon très attentive
01:46par les services de renseignement pour comprendre ce qui peut se passer.
01:51Donc là, il y a quand même des alertes qui ont été diffusées au plus haut niveau.
01:56On se souvient des images du 17 octobre qui ont marqué les esprits
01:59de ces policiers et gendarmes contraints de reculer face aux casseurs.
02:03Et le 24 octobre, une semaine plus tard, Général Bertrand Cavalier,
02:07l'État a considérablement renforcé le dispositif.
02:10Les forces de l'ordre ont-elles désormais repris l'initiative ?
02:16Je crois que le 17 octobre, le président d'un public a reconnu
02:19que les effectifs étaient nettement insuffisants.
02:22Notamment, le terrain n'était pas couvert.
02:24On était resté sur un scénario plutôt classique
02:26d'encadrement d'une manifestation qui pouvait dégénérer
02:30mais n'avait pas été anticipé.
02:33Cette arrivée massive, notamment de jeunes venant de la périphérie,
02:37des banlieues qui sont pour partie agrégés à l'ultra-gauche
02:40mais surtout qui sont venus commettre des pillages.
02:43Donc là, les deux scénarios sont pris en compte.
02:47Mais le scénario le plus critique aujourd'hui,
02:49c'est bien celui d'une submersion des villes par la périphérie.
02:53Il y a cette idée de submersion, effectivement,
02:55parce qu'il est question parfois de...
02:58Alors, des chiffres circulent, je ne sais pas ce qu'ils valent.
03:00Général Bertrand Cavalier, on parle de 300 000 possibles jeunes casseurs.
03:05J'ai envie de vous poser une question ce matin.
03:07Est-ce qu'il faut repenser notre doctrine du maintien de l'ordre
03:11au vu des dégâts qui ont été constatés ces deux derniers week-ends
03:13et particulièrement le premier ?
03:15Nous savons encadrer une manifestation en France
03:17mais savons-nous encore empêcher ces groupes de casseurs
03:20de mettre des villes à sac ?
03:23Alors, l'encadrement de manifestation ne change pas.
03:26On est toujours sur les grands principes du maintien de l'ordre.
03:29Mais là, on est sur une nouvelle donne
03:30au travers d'une approche globale du maintien de l'ordre.
03:34C'est-à-dire comment prévenir ces pillages, ces submersions.
03:39Et là, ce sont des opérations, ce sont des manœuvres
03:42totalement différentes qui imposent le contrôle dans la profondeur,
03:46qui imposent d'abord du renseignement
03:47et qui imposent après de quadriller, de couvrir ces zones
03:51en tenant les points clés
03:53avec un dispositif qui relève de ce qu'on appelle en jarmerie
03:56le quadrillage offensif.
03:58Mais en toile de fond, ça veut dire qu'il y a quand même là
04:02un phénomène extrêmement préoccupant pour notre pays
04:06qui va au-delà simplement d'une conception de manœuvre.
04:11Vous avez vu la décision du Conseil d'État
04:14qui, en quelque sorte, valide l'appel du préfet de police de Paris
04:18et qui annule la décision du tribunal administratif à Paris.
04:22Et cette manifestation parisienne n'en prendra pas Bastille Nation,
04:27donc un parcours de commerce,
04:28et elle passera des portes de Bagnolet à Charenton.
04:32C'est un peu la solution aujourd'hui,
04:34général Bertrand Cavalier,
04:36éviter à tout prix les centres-villes
04:39avec ces commerces qui sont particulièrement visés ?
04:43La grande question, c'est de savoir ce que l'on veut.
04:46Est-ce que l'on veut véritablement préserver la paix publique
04:50et puis préserver tous ces milliers de commerçants
04:52dont beaucoup sont aujourd'hui dans une véritable détresse ?
04:55Donc l'État doit protéger.
04:57La fonction acadienne, par excellence,
04:59c'est quand même de garantir l'ordre public
05:01et de protéger les personnes et les biens.
05:03Donc il est évident aujourd'hui
05:05qu'il est beaucoup plus aisé
05:07d'encadrer une manifestation
05:09quand elle est en périphérie,
05:10ce qui est le cas,
05:11comme d'ailleurs samedi dernier,
05:14et puis ainsi de mieux assurer la sécurité dans les villes.
05:18Parce que dès lors que vous avez une manifestation
05:20qui dégénère à l'intérieur d'une ville,
05:22notamment Paris,
05:25la manœuvre est beaucoup plus complexe.
05:27Ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas
05:29prendre des mesures de contrôle dans la profondeur
05:31et de contrôle de couverture du reste de Paris.
05:35Mais il est évident qu'on s'est étalé
05:36après une décision qui relève du bon sens
05:39et de la sagesse.
05:41Toute dernière question,
05:42vous avez 10 secondes pour répondre.
05:44Général, vous êtes inquiet, tout simplement.
05:48Moi, je suis inquiet à court terme
05:49et à moyen terme.
05:51Parce que là,
05:53ces menaces vont persister
05:55dans un pays
05:56qui traverse aujourd'hui une crise profonde.
05:59Donc oui, oui,
06:00moi je pense que les forces de l'ordre
06:02vont connaître des moments difficiles
06:04dans les gendarmes et les policiers
06:06vont devoir être très engagés
06:07dans les semaines à venir.
06:08Déjà aujourd'hui, mais après.
06:10Merci.
06:11Merci Général Bertrand Cavalier
06:13pour cet éclairage ce matin.
06:15Je le rappelle,
06:15ancien commandant du Centre National d'Entraînement
06:17des Forces de Gendarmerie de Saint-Astier.
06:19Merci.