00:00Un symbole industriel qui a fermé ses portes ce vendredi dans le Pas-de-Calais.
00:04Le site Stellantis, ex-Française de mécanique.
00:08Arrêt définitif, ils y étaient préparés, mais c'est un choc pour les salariés.
00:13Reportage Valentine Meyer avec Sébastien Gorac.
00:19C'est le dernier jour.
00:21Le cœur lourd, ils sont les derniers à franchir ses portes.
00:24Tu t'en maintenances et tu s'arrêtes du jour au lendemain.
00:30Grégory a passé 30 ans dans l'entreprise à gravir les échelons jusqu'à devenir chef d'équipe en maintenance.
00:35Il repart trois sacs à la main, rempli des souvenirs d'une vie de travail.
00:40Mes chaussures de travail, mes bleus, tout ce qui est resté, mon shampoing, tout ça.
00:47Merci bien.
00:49Ultime rassemblement pour dire au revoir à cette grande famille.
00:52Je pense que ça fait du bien d'être là tous ensemble.
00:55Beaucoup ici l'avaient rejoint dès le début de la française de mécanique.
00:59C'est la première veste qu'on a eue, que j'ai eue quand je suis arrivé ici.
01:02C'est la veste française de mécanique.
01:05S'il n'était plus qu'une soixantaine d'ouvriers sur la fin, l'entreprise a employé jusqu'à 6000
01:09personnes.
01:10Implantée en 1969, l'usine de moteur relance l'économie locale et permet de lutter contre le chômage après la
01:17fermeture des houillères.
01:19J'étais jeune et beau.
01:20François et son frère s'en souviennent. Il faisait partie des premiers embauchés.
01:24Numéro d'embauche, 31.
01:25Ah oui, et moi je suis un des premiers aussi.
01:28La française mécanique m'a fait vivre ma famille.
01:33Et ça c'était très important.
01:35C'était tellement vaste, tellement grand, que ça nous donnait beaucoup de possibilités de promotion.
01:41Voir un villebrequin à l'usinage, ou les chemises, ou les pompes à eau, les pompes à huile, pour moi
01:48c'était l'inconnu.
01:50J'ai tout appris.
01:52C'était Peugeot, Renaud, donc tout le monde, on se battait un peu pour travailler à Française Mécanique.
01:58Point de départ du développement industriel local, l'entreprise a fourni à la ville près de 80% de ses
02:04recettes.
02:05Une dynamique difficilement égalable.
02:08Malheureusement nous n'aurons plus ce type d'industrie, ce qu'on appelle l'industrie à papa, avec 5000, 6000
02:12salariés.
02:13Aujourd'hui on doit capitaliser sur plusieurs formes d'emploi, l'entreprenariat, la dynamique de PME, TPE.
02:20En hommage à celles et ceux qui ont fait la richesse de cette industrie, une cérémonie sera organisée le 4
02:26novembre dans la commune.
02:28Et on va revenir à présent sur ces 57 années qui s'achèvent, plus d'un demi-siècle, l'entreprise
02:35spécialisée depuis 1969 dans la production de moteurs thermiques.
02:41Toute une époque, Mathieu Rapes et Marc Graff ont remonté le temps.
02:46Cette usine de la Française de mécanique à Douvrin dans le Pas-de-Calais est la première création de l
02:52'association Peugeot-Renault.
02:54Nous sommes en 1972. De cette fonte encore incandescente, vont naître des milliers de vilebroquins chaque jour.
03:02Dans l'autre bâtiment, les moteurs prennent vie.
03:06Actuellement la surface couverte est de 65 000 m² et l'usine emploie 1100 personnes.
03:1290% des effectifs habitent à moins de 10 km de l'usine.
03:16Inauguration en grande pompe, alors que le bassin minier amorce son déclin.
03:20La construction de cette usine dans le nord a été encouragée par l'État, car dans cette région la main
03:25d'oeuvre souffre de sous-emplois.
03:27Surtout chez les mineurs, car le dernier puits sera fermé en 1974.
03:32La force de la Française de mécanique, c'est sa capacité d'innovation.
03:3752 millions de moteurs sont sortis de ces ateliers.
03:40Le moteur X qui équipe les 104 Peugeot, les R14 et les Citroën Visa.
03:44Le moteur Z, destiné aux 600 caps, coupé 504, R30, Volvo et Talbot.
03:511987, les investissements se poursuivent.
03:55Exemple de ce progrès technique à l'usinage, toutes les tâches répétitives, comme la manutention, sont désormais effectuées par des
04:02robots.
04:02L'usine emploie à son maximum près de 6000 salariés.
04:06Le site est alors à la pointe de la technologie.
04:09Au fil des années, les effectifs se réduisent.
04:13Pourtant, en 2000, on peine à recruter.
04:15Ici, on fabrique près de 8000 moteurs par jour, une production qui ne cesse d'augmenter.
04:20Il faut donc embaucher du personnel, si possible qualifié.
04:23Coup de tonnerre en 2005.
04:25Le cœur historique de l'usine s'arrête de battre.
04:28La fonderie est fermée.
04:30Pour ses 40 ans, l'usine n'emploie plus que 3500 personnes.
04:34Et l'inquiétude monte.
04:36En 2013, Renault est parti.
04:38Certes, un nouveau moteur PSA arrive pour les C4 et 308.
04:43Et pour le fabriquer, les salariés doivent consentir à des efforts.
04:48Alors, en termes de salaire, je veux dire, on va parler en moyenne, ça va être...
04:53Allez, on va dire 20 euros en moyenne qu'ils vont perdre sur leur salaire.
04:56Pas suffisant, celle que l'on appelle désormais Stellantis d'Ouvrin, rétrécie au fil des années.
05:02La fabrication des moteurs thermiques est délocalisée en Hongrie ou en Pologne, la fin d'une ère.
05:08Mais juste en face, une usine de batterie voit le jour.
05:11Il y a eu les mines, il y a eu les filatures et l'automobile.
05:14Et maintenant, on a la chance d'avoir ces batteries, donc c'est génial pour nous.
05:17Mais la mise en route est difficile.
05:19ACC peine à trouver son rythme de croisière.
05:22En début d'année, l'entreprise n'arrivait pas à équiper plus de 1000 voitures par mois.
05:27Bien loin des 10 000 batteries mensuelles espérées pour 2027.
05:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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