- il y a 11 minutes
Avec Delphine Batho publie, avec la contribution de Frédéric Denhez, La Politique de la beauté. Une nouvelle écologie, aux éditions de l’Aube.
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-11-01##
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00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui
00:18donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:21Mon invitée aujourd'hui, Yadalifine Bateau, débutée des Deux-Sèvres, ancienne ministre de l'écologie et coordinatrice nationale de Génération
00:29écologie.
00:30Elle siège aujourd'hui à la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée nationale.
00:35Elle est également candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2027.
00:40Et elle publie, avec la contribution de Frédéric Danré, La politique de la beauté, une nouvelle écologie aux éditions de
00:47l'Aube.
00:48Alors avec Delphine Bateau, on va parler d'écologie populaire, de santé environnementale, de décroissance, de défense, de paysage, de
00:55droit de la nature,
00:56mais aussi de sa candidature à l'élection présidentielle et de la place de l'écoféminisme dans le projet qu
01:02'elle souhaite porter.
01:03Mais avant de vous donner la parole, chère Delphine, je vous propose de nous engager pour une écologie désirable.
01:08Cet été, nous avons vécu le climat qui nous attend.
01:11Le plus chaud jamais mesuré en France depuis 1900.
01:143,6 degrés au-dessus des normales, 53 jours de vagues de chaleur, la plus grande surface brûlée jamais enregistrée.
01:21Et près de 8000 morts de plus qu'en temps normal.
01:24Avec les 4 degrés que l'État anticipe pour la fin du siècle, ce qui nous a paru exceptionnel deviendra
01:28la norme.
01:29Comment expliquer alors que quelques mois plus tard, le sujet ait déjà quitté le débat public ?
01:33Comme si l'écologie était indexée sur le thermomètre, omniprésente à 40 degrés, oublié dès que le mercure redescend.
01:40Nous sommes en ce moment même au cœur des discussions budgétaires.
01:43Et le projet de budget 2027 retire 300 millions d'euros au fonds chaleur qui finance la chaleur renouvelable.
01:49Au printemps, le Parlement avait déjà assoubli la règle qui freine le bétonnage des sols.
01:53Dans les discours, l'écologie est une urgence.
01:55Dans les arbitrages, elle devient une variable d'ajustement.
01:58De son côté, le plaidoyer écologique s'est longtemps construit sur la restriction.
02:01Rouler moins, chauffer moins, consommer moins, prendre moins l'avion.
02:04Des efforts nécessaires, certes, mais pas un projet politique.
02:07Car si l'alerte provoque un sursaut, elle génère rarement un engagement durable.
02:11Les chercheurs se sont d'ailleurs posé la question, qu'est-ce qui nous pousse réellement à agir ?
02:15Ils ont interrogé plus de 6000 personnes dans 24 pays sur tous les continents.
02:19Leur réponse, la menace, oui, mais tout autant, la perspective d'une société plus solidaire et d'un pays qui
02:25progresse.
02:26Autrement dit, ce qui mobilise, c'est ce que l'on vit.
02:28Et le 22 juin dernier, 1352 écoles et collèges ont fermé.
02:31Impossible d'y faire classe sous la chaleur.
02:33Un mois plus tard, en Gironde, plus de 200 000 personnes ont dû quitter leur maison.
02:37Face à ces épreuves, nos villes peuvent nous protéger ou nous exposer.
02:41A Paris et dans la Petite Couronne, le risque de mourir lors d'une chaleur exceptionnelle est supérieur à 18
02:45% dans les communes les moins arborées.
02:47La présence des arbres en ville n'est pas une question de goût, c'est une question de mortalité.
02:51Et souvent, au lieu de transformer nos villes, nous équipons nos logements.
02:55Un climatiseur contre la chaleur, un purificateur contre l'air pollué, de l'air en bouteille par méfiance du robinet.
03:00Des réponses privées, quoi ?
03:02À un problème collectif et à un problème mondial ?
03:0599% de l'humanité respire un air qui dépasse les seuils de l'OMS.
03:09La pollution de l'air tue 7 millions de personnes chaque année.
03:12Aucun purificateur ne protège une atmosphère.
03:15Aucun climatiseur ne refroidit une planète.
03:17Pire, certaines réponses aggravent le problème commun.
03:20En 10 ans, la part des logements climatisés est passée de 14% à 34%.
03:24D'ici 2050, la planète pourrait compter 5 milliards et demi de climatiseurs.
03:29Or, la chaleur générée est retirée des logements et rejetée dans la rue.
03:33À Paris, en pleine canicule, a pu y faire grimper la température des nuits jusqu'à 2 degrés.
03:37D'autres ont fait le choix inverse.
03:39Une réponse collective, contre la chaleur, par exemple, Séoul a démoli une autoroute pour rendre à la ville sa rivière.
03:44Sur ses rives, il fait jusqu'à 4 degrés de moins.
03:47À Medline, en Colombie, 30 corridors verts ont fait baisser la température de plus de 2 degrés.
03:52Contre l'air pollué, Pékin a réduit de 70% ses particules fines en 12 ans.
03:56Contre l'eau sale, 1,4 milliard d'euros ont été investis pour dépolluer la Seine.
04:00Cet été, on y a compté 216 000 baignades.
04:03Ce que ces villes ont fait, les Nations Unies en ont fait un droit.
04:06En 2022, leur Assemblée Générale a reconnu à chaque être humain le droit à un environnement sain.
04:12Un droit proclamé, mais pas encore qu'un droit garanti.
04:15En France comme ailleurs, il dépend encore du quartier et des revenus.
04:19Parce que le lieu où l'on vit se choisit rarement.
04:21La qualité de l'environnement, elle, relève de décisions publiques.
04:24Et c'est une question de justice sociale.
04:27Une écologie désirable, c'est celle qui fait de ce droit une réalité.
04:30Et qui fait de l'avenir un projet qui rassemble.
04:33S'engager pour une écologie désirable, c'est rendre à chacun, où qu'il vive, le droit à la beauté.
04:38Une ville où l'on a envie de rester.
04:41Un air que l'on respire sans crainte.
04:42Car une société ne protège pas le vivant par la seule peur de le perdre.
04:46Elle le protège parce qu'elle a appris à l'aimer.
04:49Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
04:53Aujourd'hui dans la force de l'engagement, mon invité est Delphine Bateau, députée des Deux-Sèvres,
04:58ancienne ministre de l'écologie, coordonnatrice nationale de génération écologie
05:01et candidate à l'élection présidentielle de 2027.
05:04Elle publie la politique de la beauté, une nouvelle écologie aux éditions de l'Aube.
05:09Bonjour Delphine Bateau.
05:10Bonjour.
05:11Alors, la beauté.
05:13L'écologie politique a longtemps parlé au nom de la science, de l'urgence, de la nécessité.
05:18Vous, vous choisissez un mot évidemment beaucoup plus sensible, mais aussi plus subjectif, celui de la beauté.
05:24La beauté comme une catégorie politique plus efficace que le risque, la sobriété ou la décroissance ?
05:31En fait, le risque, on vit dedans.
05:34Nous ne sommes plus dans le moment où ce qu'énonçaient les scientifiques étaient des prévisions pour plus tard.
05:41Les 8000 morts, les 200 000 personnes déplacées, la plus grande catastrophe agricole en France depuis 1945,
05:49notre pays méconnaissable dans ses paysages, des communes approvisionnées par des émions-citernes
05:55parce qu'elles n'ont plus d'eau potable.
05:57C'est une réalité d'aujourd'hui.
05:59Et donc, dans ce moment, le propos d'une nouvelle écologie politique à mes yeux,
06:04ce n'est pas de se contenter de dire attention, attention, c'est la catastrophe,
06:10attention, nous sommes dans une situation d'effondrement écologique.
06:14C'est de proposer une espérance.
06:17C'est de proposer une révolution écologique démocratique, non violente, mais indispensable
06:27pour vivre en harmonie, en paix entre les humains, en sécurité sur le plan physique
06:37parce que notre nourriture, l'eau que l'on boit, notre sécurité physique aussi par rapport aux vagues de chaleur,
06:44en dépendent.
06:46Mais à mon sens, les gens sont aujourd'hui parfaitement conscients des dangers.
06:52Et donc, ce qu'il faut maintenant, c'est proposer une issue de secours
06:57et d'aller chercher une capacité à changer collectivement,
07:04à transformer notre pays par un chemin d'espérance positif.
07:10Et pour moi, la volonté de défendre la beauté du monde, la beauté de notre pays, la beauté de la
07:18nature,
07:18mais aussi la beauté des relations humaines, de tous ces moments collectifs où on se sent intensément vivant,
07:25oui, c'est un moteur pour agir.
07:27Dans le prolongement d'ailleurs de votre édito, auquel je n'ai pas grand-chose à enlever.
07:33Il y aura peut-être quelque chose, on en parlera tout à l'heure.
07:35Alors, plus les températures augmentent et plus les conséquences du règlement deviennent visibles,
07:39et puis les résultats électoraux de l'écologie se dégradent.
07:42Alors, vous faites, j'ai bien vu la distinction entre le rejet des écologistes et le rejet de l'écologie
07:47elle-même,
07:47mais comment vous expliquez que l'écologie recule dans les urnes au moment même
07:51où les alertes de l'écologie et de l'environnement deviennent notre quotidien ?
07:57Parce qu'il y a un problème avec l'écologie politique telle qu'elle est principalement représentée aujourd'hui par
08:05les Verts,
08:07qui n'ont pas réussi à se transformer, notamment après les élections européennes de 2019,
08:16pour devenir une écologie de gouvernement, qui donne confiance, qui s'adresse à tout le monde.
08:21On a aujourd'hui une formation politique concernant les Verts,
08:28qui est très tournée vers un discours qui s'adresse principalement aux militants,
08:33qui parle principalement de sujets politiciens sur l'unité de la gauche, les histoires de primaires, etc.,
08:40et qui parle finalement assez peu du fond des enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique,
08:47de la protection de la nature, de la protection de la santé environnementale,
08:51mais aussi de comment on va transformer notre société en termes de travail, en termes de protection sociale,
08:58en termes de réduction de la dette.
09:00Donc, pour moi, c'est ça la principale explication.
09:04Et c'est important parce qu'actuellement, je circule vraiment beaucoup dans toute la France,
09:10en particulier dans les territoires ruraux.
09:13Ce que je vois, c'est une conscience massive des Françaises et des Français de la gravité de la situation
09:18dans laquelle nous sommes
09:19et de la nécessité que ces enjeux soient enfin pris au sérieux.
09:25Donc, il y a, pour moi, un potentiel énorme.
09:28Et il y a la nécessité de proposer, donc, une nouvelle offre politique pour répondre à cet état de conscience.
09:37Alors, on va revenir sur la nouvelle offre politique que vous représentez.
09:40Mais vous dites aussi que la gauche a échoué parce qu'elle a continué à confondre le progrès avec la
09:45croissance du PIB.
09:46Vous dites, et avec l'augmentation de la consommation.
09:50Vous semblez aussi reprocher au mouvement écologique d'avoir renoncé à leur singularité.
09:55Vous venez de le dire, jusqu'à soutenir, en 2024, un programme du nouveau Front populaire,
10:01toujours fondé sur une hypothèse de croissance irréaliste.
10:04Alors, est-ce qu'une politique écologique peut encore gouverner avec une gauche qui continue de faire de la croissance
10:12la condition du progrès social ?
10:15Pour moi, on a besoin d'en finir avec cette logique d'une écologie d'accompagnement.
10:23Et c'est très frappant dans la manière dont le débat de l'élection présidentielle s'engage,
10:29dans les circonstances que traverse actuellement le pays,
10:32la manière dont le débat tourne autour de la même chose qu'il y a 5 ans, qu'il y
10:38a 10 ans, qu'il y a 15 ans.
10:39Comme si on ne venait pas de vivre l'été qu'on vient de vivre.
10:42Comme si on n'était pas dans un contexte géopolitique qui est radicalement différent.
10:47Comme si une des raisons du mouvement lycéen actuel,
10:51ce n'était pas le traumatisme qu'ont vécu les lycéennes et les lycéens au mois de mai et juin,
10:56dans les établissements scolaires, dans les situations de canicule extrême.
11:01Comme si une des raisons de la dénonciation de la vie chère,
11:06ce n'était pas l'explosion des prix des énergies fossiles et de l'alimentation liée aux pertes de récolte
11:13de l'été 2026 pour notre agriculture.
11:17Donc en fait, tous les jours, le cœur de ce qui anime le débat national,
11:21c'est directement lié aux enjeux écologiques.
11:26Et effectivement, on a un certain nombre de formations politiques.
11:30Donc pour les uns qui continuent de parler quelque part un peu de la théorie du ruissellement,
11:37quand ils ne veulent pas augmenter la TVA.
11:41Et pour les autres, de la relance de la consommation.
11:45Et donc évidemment qu'on a aujourd'hui une augmentation grave de la pauvreté dans notre pays
11:50qui nécessite de protéger les petits salaires et les petites retraites.
11:54Mais on ne peut plus être dans le logiciel de relance du consumérisme et du productivisme.
12:04Alors on va aborder votre candidature à l'élection présidentielle de 2027.
12:10Alors que même que les différentes forces de gauche et écologistes cherchent encore leur stratégie commune,
12:15votre livre qui est un manifeste,
12:17un refus que l'écologie s'efface derrière une union électorale
12:20qui ne remettrait pas en cause tout ce que vous venez d'évoquer.
12:23On va en parler juste après la pause avec cette question.
12:26Est-ce que votre candidature vise à transformer une éventuelle coalition
12:30ou à proposer une offre politique écologique autonome ?
12:33Retrouvez la force de l'engagement.
12:36Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
12:43Sud Radio, la force de l'engagement.
12:4515h, 15h30, Muriel Rius.
12:48Vous écoutez la force de l'engagement sur Sud Radio.
12:51Mon invitée aujourd'hui est Delphine Bateau,
12:52autrice de la politique de la beauté
12:54et candidate à l'élection présidentielle de 2027.
12:57Alors Delphine Bateau, avant la pause, je vous posais cette question.
13:00Est-ce que votre candidature a-t-elle vocation à négocier une place dans une coalition
13:03ou à faire exister jusqu'au premier tour une offre écologique indépendante ?
13:07Peut-être même jusqu'au deuxième d'ailleurs.
13:11Ma candidature a vocation à aller jusqu'au bout
13:14parce qu'elle répond à une nécessité.
13:18La nécessité, c'est qu'il y ait, en 2027, un bulletin de vote
13:23pour la cause du climat, pour la cause de la santé environnementale,
13:27pour la cause de la sortie des pesticides,
13:29pour la cause des économies d'énergie,
13:32pour la cause de la beauté des paysages,
13:34pour la cause de la ruralité.
13:36Et je peux faire une très longue liste.
13:38Le bilan que l'on peut faire de la période qui vient de s'écouler,
13:43c'est que s'il n'y a pas un rapport de force électorale indépendant sur ces enjeux,
13:50ils sont maltraités.
13:51Et on a des lois du plomb, on a des coupes budgétaires sur l'ADEME,
13:55on a une remise en cause du fond vert qui permet aux élus locaux dans les territoires
13:59de mener à bien, par exemple, des travaux d'adaptation au changement climatique des écoles.
14:04Je peux faire une très très longue liste.
14:07Donc vraiment, cette démarche pour moi,
14:09elle correspond à une nécessité de construire en France une nouvelle écologie
14:16qui veut gouverner, qui apporte des réponses nouvelles
14:20à la situation de basculement historique que nous sommes en train de vivre.
14:24D'ailleurs, il y a des mesures, des points que vous évoquez,
14:28que je trouve très intéressants, notamment par exemple sur la pleine santé.
14:31Vous dites qu'il faut avoir une ambition comparable à celle qui avait présidé
14:34à la création de la sécurité sociale.
14:35Vous parlez plus seulement de soigner les maladies,
14:37mais d'empêcher que l'air, l'eau, l'alimentation, le travail et le logement
14:40ne nous rendent pas malades.
14:42Alors, quels droits opposables on pourrait créer
14:44pour faire de cette santé environnementale une véritable conquête sociale ?
14:50Je ne sais pas si c'est une question de droits opposables.
14:52En tout cas, déjà, posons le constat.
14:53On a une épidémie de cancer en France qui frappe des personnes jeunes.
14:58On a le taux, la prévalence du cancer du sein parmi les plus importantes au monde.
15:07Et on a d'autres maladies, les maladies cardiovasculaires,
15:12les maladies neurodégénératives, etc.
15:15Je ne fais pas toute la liste,
15:16dont on sait qu'un certain nombre sont liés à des facteurs environnementaux,
15:20les pesticides, les pifaces, les perturbateurs endocriniens, la malbouffe, etc.
15:26Et donc, moi, mon propos, c'est de dire que, premièrement,
15:30la nouvelle priorité de l'écologie que je propose,
15:33c'est la santé.
15:35Et donc, la santé, aussi bien pour réparer le système de soins,
15:38une de mes grandes priorités, c'est la lutte contre les déserts médicaux,
15:41que pour agir sur les causes des maladies.
15:44Et donc, permettre à tout le monde en France, autant que possible,
15:47d'être en pleine santé.
15:48Et ça se joue par l'accès à une eau potable,
15:52qui ne soit pas empoisonnée,
15:53l'accès à une alimentation saine et bon marché,
15:56produite localement.
15:58Donc, c'est la question de la transformation
15:59de notre modèle agricole et de l'agriculture.
16:02Et c'est aussi d'autres enjeux,
16:03comme par exemple le sport santé.
16:05Vous savez,
16:07on est toutes et tous concernés,
16:09soit directement, soit dans nos entourages,
16:12par le cancer.
16:16On voit ce qui se passe.
16:18Moi, j'ai, par exemple, à l'hôpital de New York,
16:20dans les Deux-Sèvres,
16:21on me dit que la progression du nombre de personnes atteintes de cancer
16:25serait d'environ 4% par an.
16:27Ce qui est en train de se passer,
16:28c'est une véritable épidémie.
16:30On peut agir sur les causes,
16:31et aussi, je voudrais dire que ça représente
16:33la moitié du déficit de l'assurance maladie.
16:36Sur les 20 milliards d'euros de déficit de l'assurance maladie,
16:40on estime, selon un certain nombre d'études
16:42qui ont été présentées,
16:43que la moitié est liée à cette augmentation
16:47des maladies environnementales.
16:48Et donc, il faut qu'on arrête,
16:50quand on parle de politique de santé,
16:52de penser seulement au système de soins.
16:54On doit désormais agir en prévention,
16:57pas seulement en termes de dépistage,
16:59ce qu'on nous dit à nous les femmes,
17:00de faire des mammographies, etc.
17:02mais d'agir sur les causes
17:05de l'augmentation de ces cancers.
17:07Alors, votre république terrestre,
17:08on a beaucoup ce terme d'ailleurs,
17:10je trouve ça très intéressant,
17:12ferait des générations futures
17:13une partie prenante de la souveraineté
17:15et de la nature un sujet de droit
17:17plutôt qu'un simple sujet à exploiter.
17:19Vous proposez d'ailleurs d'inscrire dans la Constitution
17:21le respect des limites planétaires
17:23et un principe d'habitabilité.
17:25Alors ça aussi, c'est très intéressant.
17:26Oui, parce que c'est une nouvelle étape historique
17:30qui s'inscrit dans le prolongement
17:33de la construction républicaine de la France.
17:37Nous avons eu la révolution française
17:39et l'abolition de la monarchie.
17:41Nous avons eu les étapes historiques
17:44de la construction de la République
17:45avec l'école obligatoire, la laïcité,
17:48avec ensuite les congés payés,
17:50le programme du Conseil national de la résistance
17:53et la création de la sécurité sociale.
17:54La nouvelle étape historique,
17:56c'est la République terrestre
17:58et c'est donc la question de notre rapport
18:01à la nature, aux limites planétaires
18:03et à ce qu'on appelle l'habitabilité,
18:07c'est-à-dire le fait que dans toutes les décisions
18:09qu'on prend, on veille à préserver
18:11tous les fondamentaux de notre existence,
18:14l'eau, la nature, la fertilité des sols.
18:19Et oui, c'est un horizon historique
18:22qui est aussi pour moi
18:25un horizon capable de mobiliser
18:28et d'unir notre pays.
18:29Je vois dans les divisions,
18:33les agressivités,
18:35les fièvres identitaires actuelles,
18:38aussi le fait que notre pays,
18:41aujourd'hui, il manque d'un horizon commun.
18:43Il manque d'un but collectif à atteindre.
18:45Et dans le monde dans lequel on vit,
18:47le but collectif à atteindre,
18:49c'est d'être une République terrestre,
18:51d'être un pays qui renoue aussi
18:53avec sa tradition universelle,
18:56de démontrer sur notre territoire,
19:00mais de démontrer aussi à l'échelle mondiale
19:02que c'est possible de vivre autrement,
19:06c'est possible d'agir par rapport
19:08au changement climatique
19:09et d'assurer notre sécurité climatique,
19:11c'est possible de vivre dans une harmonie
19:15avec la nature,
19:16que ça, c'est un facteur de paix
19:18et c'est aussi un facteur de beauté de la vie.
19:23Alors l'harmonie, ça s'oppose à la désinformation.
19:25Vous n'avez que signé une proposition de loi
19:27visant à rétablir l'intégrité de l'information
19:29sur le dérèglement climatique.
19:32Au premier semestre de 2026,
19:34nous avons eu 452 séquences
19:36de désinformation climatique
19:37qui ont été recensées
19:38dans les médias audiovisuels français.
19:40C'est grave ?
19:41Comment est-ce qu'on peut protéger
19:42le débat public contre ces désinformations ?
19:45Est-ce qu'on doit ne plus confier...
19:48Est-ce que c'est le pouvoir politique
19:51qui doit avoir ce rôle d'arbitre
19:52dans la vérité ?
19:56C'est plutôt le rôle de l'ARCOM.
19:58Oui, ça devrait.
19:59Ça devrait être le rôle de l'ARCOM
20:01parce qu'il ne s'agit pas
20:04de défendre ce qui serait
20:06une sorte de vérité politique
20:08ou de vérité étatique.
20:10Là, on est vraiment sur une question
20:13une question totalement factuelle
20:16qui est que la réalité des faits,
20:20c'est la base de la démocratie.
20:21On peut être en désaccord ensuite
20:24sur l'interprétation,
20:26que l'on se fait des faits,
20:27sur les solutions face à telle ou telle réalité.
20:31Mais on voit bien qu'à partir du moment
20:33où il y a de l'obscurantisme,
20:36c'est-à-dire où la réalité est niée,
20:38où elle est déformée,
20:40il en va du bon fonctionnement
20:42de la démocratie.
20:43Moi, je veux que la France,
20:44ça demeure et ça redevienne
20:46le pays des Lumières.
20:47Que ce soit un pays
20:49qui est fier de cette identité-là,
20:53qui se bat à l'échelle internationale
20:55pour le respect et la prise en compte
20:57de la connaissance scientifique,
20:59qui permette d'accueillir aujourd'hui
21:02les scientifiques qui,
21:03à l'échelle internationale,
21:04sont maltraités dans leur pays.
21:07Je pense en particulier aux Etats-Unis,
21:09où un certain nombre ne peuvent plus
21:10poursuivre leurs travaux de recherche.
21:12On doit être la patrie de la science,
21:15de la connaissance,
21:16et plus généralement de la culture.
21:20Alors, ça va être ma dernière question,
21:22parce qu'on arrive au bout de cette conversation.
21:23Dans cinq ans,
21:24quel changement immédiatement perceptible
21:26dans la vie quotidienne
21:27permettrait de dire que la beauté
21:29n'est pas restée un récit de campagne ?
21:30D'avoir sauvé notre agriculture.
21:32Oui.
21:32D'avoir transformé notre agriculture
21:39avec une agriculture provoyeuse d'emplois
21:42dans les campagnes.
21:43Cinq ans, c'est très rapide.
21:45Mais d'avoir accompli en cinq ans
21:48la sortie des pesticides,
21:50d'avoir maintenu et créé des emplois agricoles,
21:55d'avoir franchi une première marche
21:59vers la généralisation de l'agriculture biologique,
22:02de permettre à toutes les Françaises
22:04et tous les Français
22:05d'accéder à une nourriture
22:06qui est bonne pour la santé
22:07et ce, à bon marché.
22:10C'est une évolution.
22:12Vous savez, on est le pays de la gastronomie.
22:14On est le peuple qui passe
22:16le plus de temps à table.
22:18Et tout changement de société,
22:20pour moi,
22:21commence par l'alimentation
22:22et par la sécurité alimentaire
22:24garantie à toutes et tous.
22:26Merci, Delvin Bateau.
22:27Donc, votre livre,
22:28« La politique de la beauté »,
22:29je le rappelle.
22:30« La politique de la beauté,
22:31une nouvelle écologie »
22:32est publiée aux éditions de l'Aube.
22:33La beauté peut sembler
22:34éloignée de la politique.
22:35Pourtant,
22:36elle interroge que nous choisissons
22:38de préserver les lieux
22:39dans lesquels nous acceptons de vivre,
22:41la manière dont nous répartissons le droit
22:42à un environnement sain,
22:44apaisé et habitable.
22:46Elle pose aussi
22:46une vraie question de pouvoir.
22:48Qui peut encore vivre
22:49dans un environnement habitable
22:51et qui doit supporter les espaces
22:53que notre modèle économique
22:54a accepté de dégrader ?
22:55La force de l'engagement,
22:57c'est chaque dimanche
22:58à 15h sur Sud Radio.
22:59Vous pouvez retrouver
23:00l'intégralité de l'émission
23:01sur sudradio.fr,
23:04sur toutes les plateformes de podcast.
23:06Je vous dis,
23:07rendez-vous dimanche prochain,
23:09même énergie,
23:10et bien ça,
23:10les ceux qui font bouger la société.
23:12Chère Delphine,
23:13je vous souhaite
23:13une excellente campagne.
23:14Merci beaucoup.
23:15Et à vous tous,
23:16je vous dis,
23:17à vous toutes et tous,
23:17je vous dis,
23:18à dimanche prochain.
23:19C'était la force de l'engagement.
23:22Avec AJP,
23:24épargne,
23:25retraite,
23:25assurance emprunteur,
23:26prévoyance,
23:27santé.
23:28AJP !